Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Le yuan remporte une première victoire sur le dollar

Tandis que la parité euro/dollar reste relativement stable depuis quelques semaines, il semblerait que ce soit au tour de la parité yuan/dollar d’être chahutée. L’élargissement des écarts autorisés par rapport au dollar devrait permettre à la monnaie chinoise (renminbi) de coller un peu plus à la tendance du marché.

La spéculation sur les marchés de changes anticipant le fait que le yuan puisse détrôner le dollar comme monnaie mondiale de réserve est bien trop prématurée. Le yuan n’est toujours pas librement convertible et le marché obligataire chinois n’a pas du tout la liquidité du marché américain. Les Etats-Unis demeurent la plus grande économie du monde.

La Banque populaire de Chine est loin d’avoir la liberté de décision nécessaire à la banque centrale d’un pays gérant la principale monnaie de réserve mondiale. Ce manque flagrant d’indépendance pourrait être l’une des raisons pour laquelle la banque centrale chinoise, en dépit de ses réserves de change extrêmement élevées (3.400 milliards de dollars) a pu faire traîner aussi longtemps la réévaluation de sa monnaie.

Cependant, à l’heure actuelle le taux de change yuan/dollar semble être à l’aube d’une nouvelle hausse. C’est au milieu de 2010 qu’une lente et hésitante remontée du yuan par rapport au billet vert a vu le jour, remontée qui vient d’atteindre un nouveau record et semble bien vouloir continuer sur cette lancée.

L’évolution du yen par rapport au dollar est tout à fait différente. Le gouvernement d’Abe est fermement engagé à poursuivre sa politique visant à stimuler l’économie à coup de politique à taux zéro, d’assouplissement monétaire et de dévaluation du yen.

Dans l’est de l’Asie, cette politique suscite la méfiance et un bloc “yuan” s’est déjà formé : six des 10 pays de la région (Corée du Sud, Indonésie, Taiwan, Thaïlande, Malaisie, Singapour) ont d’ores et déjà fixé leur taux de change plus par rapport à la monnaie chinoise qu’en fonction du dollar. Seuls Hong Kong, le Vietnam et la Mongolie continuent de suivre le dollar.

La part du commerce de la Chine avec l’Asie du sud-est est passée d’environ 2% en 1991 à 22% actuellement. Pour les voisins de la Chine, la République populaire est devenue le plus grand partenaire commercial. Ainsi l’arrimage de leur monnaie au yuan leur assure l’équilibre des relations commerciales avec le plus grand exportateur du monde dont ils profitent considérablement.

Dans l’Asie du sud-est, l’arrimage à la monnaie chinoise a donc déjà remplacé l’arrimage au dollar.

La Chronique Agora

Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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LEAP : La guerre est déclarée entre le monde économico-politique et la sphère financiaro-bancaire

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 avril 2013

Commentaire de dernière minute !

Depuis le bouclage du contenu de ce numéro [...] avant-hier soir, notre équipe observe de près l’inhabituelle coïncidence de l’effondrement de tous les indicateurs : bourses européennes, américaines et asiatiques, matières premières… et même et surtout or. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous étendre sur ce phénomène. Nous l’interprétons de toutes manières dans la droite ligne de tout ce que nous décrivons dans le présent numéro.

Mais là où ce numéro décrit les choses encore assez calmement, comme encore à venir, nous nous demandons si ces prémisses ne sont pas celles de l’effondrement que nous anticipions pour la période de mars à juin 2013. L’austérité occidentale (séquestre américain + cure d’austérité européenne) dont la croissance chinoise finit par se ressentir avec ces mauvais chiffres annoncés aujourd’hui provoque un effondrement du prix des matières premières et des bourses qui entraîne une chute des actifs bancaires, obligeant les banques à liquider en urgence leurs positions pour obtenir des liquidités.

L’or-papier est bradé et se retrouve menant la danse. Le phénomène est d’autant plus remarquable que, si nous étions dans un processus spéculatif normal, les baisses d’un marché profiteraient à un autre. Nous sommes peut-être au début d’un mouvement de panique dans lequel toutes les positions spéculatives sont abandonnées. Si un effondrement du type de celui de 2008 est bien en train de se mettre en place, la question est : d’où viendront les milliers de milliards qui ont rattrapé in-extremis le système financier en 2009 ?

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Margaret Thatcher: icône libérale… nullité économique

En 1990, Margaret Thatcher fut évincée du leadership du Parti Conservateur britannique. La Dame de Fer, dont le poster orne les toilettes pour hommes de tout Parti Libéral qui se respecte, mit sa considérable intelligence et son pragmatisme réputé au service du privé.

L’industrie du tabac vivait des heures difficiles. Les campagnes de santé publique commençaient à faire effet dans les pays Occidentaux, et Big Tobacco, qui tue chaque année deux pour cent de sa clientèle, voyait d’un œil inquiet les jeunes commencer à se détourner de la cigarette. Qu’à cela ne tienne. Maggie était là, et fut engagée par Philip Morris comme VRP de luxe dans les pays de l’Est et du Tiers-Monde, là où la jeunesse, mal informée, pouvait encore rêver du cow-boy Marlboro sans savoir qu’au moment même, après avoir témoigné en faveur d’une législation anti-tabac, celui-ci mourait d’un cancer du poumon à 52 ans.

Pour la somme coquette de 1 million de dollars par an, l’ancienne première ministre britannique mit sa notoriété et son carnet d’adresses au service de cette noble cause humanitaire. Les temps étaient durs, cependant, et 1 million de dollars par an, pour celle qui avait imposé l’austérité et la schlague aux plus faibles pendant des années, c’était un peu juste.

Aussi la City accueillit-elle avec enthousiasme quelques années plus tard la grande nouvelle.

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Olivier Delamarche : Le Bitcoin, une alternative à l’euro ?

Le 12 avril, Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion est revenu sur l’actualité économique du moment : la BoJ, le marché de l’emploi US, l’euro… Il était interviewé en direct de la conférence FXCM par Sebastien Couasnon dans Intégrale Placements, présenté par Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer, sur BFM Business.

Chine, Japon, Corée du Nord, USA : Bras de fer militaire ou économique ?

Rien ne va plus entre la Chine et le Japon ! Rien ne va plus entre la Chine et les Etats-Unis ! Pendant des années, pour ne pas dire des décennies, on a pu croire que les frictions, les antagonismes traditionnels s’étaient effacés, tant les intérêts économiques des trois pays étaient liés. (…) Or depuis un an, tout a changé !

George Soros : “Le yen risque de s’effondrer”

Le célèbre milliardaire et financier américain George Soros et le gestionnaire du fonds PIMCO Bill Gross mettent en garde contre la politique mise en œuvre par la Banque centrale du Japon (BOJ) afin de contenir l’inflation, qui risque de provoquer l’effondrement de la devise nippone, le yen.

“Si le yen commence à s’affaiblir, et c’est ce que nous observons, les gens qui investissent au Japon voudront retirer leurs fonds à l’étranger. Dans ce contexte, la baisse du yen pourrait déboucher sur son effondrement”,

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La livre sterling, le nouveau maillon faible des devises du «G10»

Le yen bénéficiant d’un répit, la devise britannique reprend le flambeau dans la « guerre des monnaies ».

« La livre prend clairement la pente glissante empruntée par le yen, et risque d’être la prochaine grande monnaie à subir une correction majeure », estime Mansoor Mohin-uddin, responsable de la stratégie sur les changes chez UBS. Les banques les plus influentes du marché recommandent en effet de vendre cette monnaie ou tout au moins de s’[en] tenir à l’écart. Depuis le début de l’année, elle a perdu 5,8% par rapport au billet vert et 7% par rapport à l’euro. Et les position spéculatives à la baisse n’en sont qu’à leurs débuts, ce qui augure d’un potentiel de baisse.

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Gagner la guerre des changes, c’est mourir

Par Myret Zaki

Face à la guerre des monnaies qui fait rage, et dans laquelle le dollar, le yen et la livre sterling se distinguent par les dévaluations les plus agressives, les monnaies qui ne chutent pas à la même vitesse, comme l’euro, sont qualifiées de «dindons de la farce». Ainsi va le raisonnement : si l’Europe n’emboîte pas le mouvement et s’accroche à son «orthodoxie monétaire», elle sera la grande «perdante».

Ce raisonnement erroné et parfaitement inepte s’est répandu comme un feu de paille, laissant croire que les plus malins, ceux qui parviendront à sortir intelligemment leurs économies de la récession, sont ceux qui auront le plus massacré la valeur de leur monnaie, sans nul besoin de procéder à d’autres réformes.

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Japon : Vers la fin du yen?

Certains avaient pensé à la fin du dollar… d’autres à celle de l’euro… mais peu avaient imaginé que le yen pourrait tenir ainsi le bas de cette affiche et alimenter avec vigueur la chronique des devises écrasées et de la guerre des devises au sein des cercles politiques européens, américains ou coréens.

Depuis l’été 2012, dans un revirement de tendance impressionnant, l’euro a progressé de plus de 10% contre la monnaie américaine. Pourtant, l’action la plus importante sur les devises pendant la même période s’est déroulée ailleurs, au Japon: le dollar s’y est renforcé de près de 20% et l’euro d’environ 30%.

La surprise dans la baisse du yen ne tient pas seulement à son côté spectaculaire mais également à son timing. Le yen aurait dû en effet baisser plus tôt. Le Japon pratique les taux zéro depuis longtemps et, à l’inverse de la zone euro, accuse depuis deux ans son plus gros déficit commercial depuis les années 70. Mais cela n’était pas suffisant pour convaincre les investisseurs de fuir le yen.

Il aura fallu attendre que les autorités japonaises annoncent qu’elles poursuivraient un objectif de création d’inflation pour que, graduellement, les investisseurs comprennent que la monnaie nipponne était désormais surévaluée.
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La Chine et le Japon vont débuter l’échange direct de leur monnaie

La Chine et le Japon ont annoncé mardi qu’ils allaient échanger directement leur monnaie à partir de vendredi, ce qui leur permettra de se passer du dollar pour dynamiser leur commerce bilatéral.

Jusqu’à présent, le yuan et le yen s’échangeaient via le dollar qui sert de pivot dans la détermination du taux de change. Ce système, peu pratique, fait que 60% des transactions bilatérales sont actuellement effectuées en dollar.

C’est la première fois que Pékin accepte de tels échanges directs avec une autre monnaie majeure, en dehors de ceux réalisés avec le dollar des Etats-Unis.

“En évitant de passer par une tierce devise, nous allons rendre plus aisé l’usage des deux monnaies, limiter les risques de perte pour les banques, réduire le coût des transactions et stimuler le marché de Tokyo”, a expliqué mardi le ministre nippon des Finances, Jun Azumi.

Cette décision sino-japonaise intervient dans le cadre d’une série d’accords bilatéraux conclus fin décembre, destinés à faciliter et renforcer le commerce et les investissements bilatéraux entre la Chine et son voisin le Japon, respectivement deuxième et troisième puissances économiques mondiales.(…)

Côté chinois, l’échange direct yuan/yen semble entrer dans le cadre de la stratégie à long terme de Pékin visant à développer le rôle international de sa monnaie. Les Etats-Unis accusent régulièrement la Chine de sous-estimer la valeur de sa devise pour favoriser ses ventes à l’étranger.

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(Merci à Yoyo)

Fin annoncée de l’ère du billet vert

« Le parcours du dollar américain est insoutenable, et ne sera pas soutenu », affirme James Rickards, auteur de Currency Wars, paru en février chez Portfolio Penguin. Certains jugent que ce livre a des relents de scénario catastrophe, mais il demeure que plusieurs experts consultés par Finance et Investissement s’entendent pour dire que d’ici environ cinq ans, le règne sans partage du billet vert aura cessé. Toute la question est de savoir si cette fin sera ordonnée ou chaotique.

Vérité - Prochaine sortie

Il est certain qu’à court et moyen termes, le dollar reste le maître. Quand il compare le dollar, l’euro et le yen, Jean-René Adam, chef des placements adjoint et vice-président, marchés nord-américains, chez Hexavest, affirme qu’il « aime mieux détenir des dollars américains, car les États-Unis apparaissent comme la zone la moins mal en point ».

Certes, plusieurs critiquent la Réserve fédérale américaine (Fed) et sa manie d’imprimer de l’argent à qui mieux mieux, mais l’Union européenne aussi s’en donne à coeur joie, et le Japon en fait autant depuis 20 ans. À ce jeu, « les monnaies maintiennent tant bien que mal leurs rapports entre elles », fait remarquer André Marsan, président de Sigma Alpha Capital.

Pourtant, sous ces apparences tranquilles s’agitent de puissants courants de fond qui oeuvrent à transformer radicalement le paysage des monnaies au cours des prochaines années. James Rickards assure qu’une guerre des monnaies se déroule, dont la première salve a été lancée en 2009 avec la première ronde d’assouplissement quantitatif de la Fed. Lire la suite

LEAP : Les cinq orages dévastateurs de l’été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, 15 mars 2012

Joseph Vernet, Une tempête, vers 1770 (cliquez pour agrandir)

Dans son numéro de janvier 2012, le LEAP a placé l’année en cours sous le signe du basculement géopolitique mondial. Le premier trimestre 2012 a largement commencé à établir qu’une époque était en effet en train de se terminer avec notamment : les décisions de la Russie et de la Chine de bloquer toute tentative occidentale d’ingérence en Syrie (1) ; la volonté affirmée des mêmes, associées à l’Inde (2) en particulier, d’ignorer ou de contourner l’embargo pétrolier décidé par les Etats-Unis et l’UE (3) à l’encontre de l’Iran ; les tensions croissantes dans les relations entre les Etats-Unis et Israël (4) ; l’accélération de la politique de diversification hors du dollar US conduite par la Chine (5) et les BRICS (mais également le Japon et l’Euroland (6)) ; les prémisses du changement de stratégie politique de l’Euroland à l’occasion de la campagne électorale française (7) ; et l’intensification des actes et discours alimentant la montée en puissance de guerres commerciales trans-blocs (8). En mars 2012, on est loin de mars 2011 et du « bousculement » de l’ONU par le trio USA/UK/France pour attaquer la Libye.

Mars 2011, c’était encore le monde unipolaire d’après 1989. Mars 2012, c’est déjà le monde multipolaire de l’après crise hésitant entre confrontations et partenariats.

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Achetez du yuan, vendez le dollar

Par Myret Zaki

«Fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales»

Depuis la sortie de “La fin du dollar” en avril 2011, les événements se sont précipités. L’utilisation du dollar dans le commerce mondial baisse brutalement. La part du dollar dans les échanges mondiaux, indicateur plus fiable et plus dynamique que celui de la part du billet vert dans les réserves des banques centrales, se réduit à toute vitesse au profit des monnaies des BRIC (Chine, Brésil, Inde, Russie, Afrique du Sud). «Dès la fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales internationales et, au plus tard en 2016, le commerce mondial s’organisera de manière équilibrée autour des trois devises que sont le dollar (qui ne représentera plus que 35-40% des transactions mondiales), l’euro (30-35%) et le yuan (10%)», prédit une analyse récente du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP). A l’heure actuelle, environ 50% des exportations mondiales sont libellées en dollars, 30% en euros et le reste principalement en yens.

LES BRIC SE PASSENT DU DOLLAR

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Le made in Japan en berne : Les virages manqués de l’industrie électronique nippone

Tokyo, dans le luxueux quartier de Ginza, l’Apple Store ne désemplit pas mais le showroom de Sony, désespérément vide, ressemble davantage à un mausolée qu’à un temple de l’innovation. Tout un symbole. iPhone ou Galaxy à la main, le public n’a d’yeux que pour les nouveautés des entreprises étrangères, Apple, Samsung ou LG. Sacrilège au pays originel de la high-tech. Les Japonais en sont des amoureux convaincus. Élevés à l’excellence, ils se tournent d’emblée vers les produits les plus innovants. Seul hic, télévisions connectées, smartphones, tablettes et autres consoles ne sont plus proposés par leurs prestigieuses marques nationales. Résultats en berne. Sur l’ensemble de l’année, les “big five” – Sony, Panasonic, Sharp, NEC et Fujitsu – devraient cumuler une perte de près de 13 milliards d’euros ! A lui seul, Panasonic a perdu 7,5 milliards et Sharp près de 3 milliards. Pendant ce temps, Samsung et Apple généraient respectivement 11 milliards et 16 milliards d’euros de profits !

L’envolée du Yen

Le Japon a été durement frappé par le tsunami de mars 2011 qui a perturbé ses centres de production, en particulier dans l’électronique. Cette catastrophe a sérieusement affecté les géants nationaux du secteur”, rappelle Didier Coulon, directeur de la société d’études et de conseil Décision. Dans le nord-est du pays, plusieurs usines ont dû suspendre leurs activités momentanément. Ces mesures ont entraîné des pénuries de composants. Plusieurs mois sont passés avant le retour à des capacités de production normales. Autre difficulté : l’envolée du yen coûte cher au “made in Japan”. La guerre des monnaies ronge en effet la compétitivité des leaders du pays. Toyota, Nissan, Nikon en souffrent. Les acteurs de l’électronique n’y échappent pas. D’autres faiblesses plus structurelles complètent le tableau.

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