“Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes”

Marc Roche, journaliste financier, correspondant du Monde à Londres, est l’auteur de “Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes” (2014).

Qu’est-ce que la City de Londres ?

Le mea culpa d’un libéral qui n’a pas vu venir la crise
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Alibaba : Le géant chinois d’Internet à Wall Street

Jack Ma, le richissime patron chinois, pilote une spectaculaire introduction en bourse. Celle de son groupe Alibaba, premier site de e-commerce du monde. Il devrait récolter plus de 20 milliards de dollars et être valorisé entre 150 et 160 milliards de dollars. De quoi traiter d’égal à égal avec Microsoft, Apple ou Facebook.

Pour l’instant, les consommateurs d’Alibaba ne sont que chinois. En entrant à Wall Street, ce géant du Net veut s’attaquer au marché mondial. En termes de chiffres d’affaires, le site de vente en ligne est déjà pourtant l’équivalent “d’Amazon, Paypal et Ebay réunis”, selon Frédéric Martel, spécialiste d’Internet et auteur du livre “Smart”.

Le groupe chinois Alibaba vise un record pour son entrée à Wall Street. Il espère lever 18 milliards d’euros, soit la plus grosse introduction en bourse de l’Histoire.

Pour la super-classe le travail est le nouveau «loisir»

L’économiste français Thomas Piketty, nouvelle star aux États-Unis, montre dans son dernier livre, “Le capital au XXIe siècle“, que les super-riches, les fameux 1%, gagnent plus d’argent de leur patrimoine que de leur travail.

Une oligarchie qui s’enrichit sans lien avec son mérite ou sa capacité de travail, ce qui en fait une question embarrassante au-delà des cercles économistes habituellement critiques du capitalisme.

Mais si une super-classe peut aujourd’hui amasser des sommes colossales sans travailler, une élite du travail s’est en parallèle constituée au début du nouveau millénaire, remettant en cause l’idée selon laquelle plus on gagne bien sa vie, moins on travaille.

Si jusqu’aux années 1960 les salariés les plus éduqués et les mieux payés travaillaient moins d’heures que les autres, ce n’est plus le cas au début du XXIe siècle, selon un article stimulant publié par deux chercheurs du département de sociologie de l’université d’Oxford, Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher.

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Ronnie Moas : « Quelqu’un à Wall Street devait parler des conséquences du capitalisme. »

Depuis la parution de son rapport sur l’éthique et la morale dans la finance, l’analyste de Wall Street Ronnie Moas a été propulsé sur la scène médiatique américaine. En mettant sur la liste noire de son agence Standpoint Research des firmes comme Amazon ou Apple, pour des raisons éthiques, Moas ne s’est pas fait que des alliés parmi les traders et les gestionnaires de fonds.

Quelle est l’activité de Standpoint Research, la firme que vous avez créée ?

Standpoint Research est un centre de recherche financière indépendant : nous n’avons pas de conflit d’intérêts, nous donnons des conseils sur la bourse, principalement à des fonds spéculatifs et des fonds communs de placement. J’ai aussi quelques clients individuels. Les idées sont générées par un modèle informatique à 125 variables que j’ai développé pendant cinq ans. Je le lance toutes les semaines et il génère des idées, pour moi. Ensuite, j’applique des données sur les fondamentaux et des analyses personnelles avant d’arriver à une véritable recommandation.

Typiquement, une recommandation prend la forme d’un rapport de 10, 15 ou 20 pages. Je ne peux donc pas vous recommander un nom comme cela, tout de suite, parce que j’ai besoin de mon modèle informatique tout comme je dois beaucoup travailler le résultat qu’il me donne.

Pendant ces six dernières années, j’ai donné plus de 400 recommandations et il n’y a pas une seule firme à Wall Street qui a été capable d’être aussi précise que moi. Ma précision n’a pas d’égal dans le métier.

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États-Unis : Les (forts) bonus sont de retour à Wall Street

Les bonus à Wall Street sont repartis à la hausse, comme au bon vieux temps d’avant la crise. Ils ont atteint 164 530 dollars en moyenne, soit une hausse de 15 % par rapport à 2012, selon les estimations du contrôleur de l’Etat de New York, Thomas P. DiNapoli, publiées mardi 12 mars. Il s’agit du plus fort montant depuis 2007.

Au total, ce sont 26,7 milliards de dollars que les salariés de Wall Street se sont partagés en 2013. Cette évaluation est établie à partir des données sur l’impôt sur le revenu. Les chiffres ne tiennent donc pas compte des éventuelles stock options, qui ne sont pas prises en compte de la même façon sur le plan fiscal.

Tous les salariés n’ont pas été logés à la même enseigne. Si dans le « fixed income » (les placements obligataires), les bonus ont connu une baisse de 5 % à 15%, selon le cabinet Johnson Associates, les traders sur le marché des actions ont vu leur rémunération progresser de 5 % à 20%.

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Le monde obscur des matières premières

Ils s’appellent Glencore, Cargill, Vitol ou Trafigura. Ils sont peu connus du grand public. Et, pourtant, ce sont eux qui font la loi sur les marchés de matières premières partout dans le monde. Portés par l’appétit vorace de la Chine pour le pétrole, les métaux et les céréales, ils n’ont cessé de prospérer au cours des dix dernières années.

Ils jouent ainsi un rôle clef dans l’approvisionnement d’énergie ou de nourriture à la planète, et ont acquis une influence croissante sur la vie des affaires dans les pays émergents. Ils ont aussi amassé une petite fortune : 250 milliards de dollars de profits lors de la dernière décennie, selon les calculs du « Financial Times ».

Soit plus que les grandes banques de Wall Street, plus que Toyota, Volkswagen, Ford, BMW et Renault réunis. Devenus un maillon essentiel des échanges entre producteurs et consommateurs finaux de matières premières, ces négociants n’ont cessé d’intégrer la chaîne de valeur.

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Un milliardaire américain compare la «persécution» des riches à celle des Juifs

Dans une lettre publiée dans le «Wall Street Journal», Tom Perkins compare le combat mené par les «Occupy» contre les 1% les plus riches des Etats-Unis aux persécutions des nazis contre les Juifs. Scandale.

Le milliardaire américain de la Silicon Valley, Tom Perkins, fondateur de la société d’investissements Kleiner Perkins Caufield & Byers, vient de créer une intense polémique sur les réseaux sociaux en comparant les manifestations contre les riches, qui ont de plus en plus de visibilité aux Etats-Unis, à la persécution des Juifs par les nazis.

Le financier s’était d’abord exprimé dans le courrier des lecteurs le 24 janvier publié par le Wall Street Journal.

«Ecrivant depuis l’épicentre de la pensée progressiste, San Francisco, je voudrais attirer l’attention sur le parallèle qu’il y a entre la guerre menée par les fascistes nazis en Allemagne contre leur «un pour cent», c’est-à-dire les Juifs, à celle menée par les progressistes sur le un pour cent américain, c’est-à-dire les «riches», avait écrit Tom Perkins dans le quotidien américain des affaires.

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Madoff, l’homme qui valait 65 milliards (docu)

Le 11 décembre 2008, Bernard Madoff est arrêté par le FBI devant les caméras. Le monde découvre alors Bernie Madoff, comme l’appellent ses amis, 70 ans, ancien patron du Nasdaq. Jusqu’alors, Madoff est essentiellement connu des spécialistes qui le considèrent comme un génie.

Bernard Madoff s’avère être en fait le plus gros délinquant que Wall Street ait jamais connu. Le montant de son escroquerie s’élève à 65 milliards de dollars. C’est à peu près le PIB annuel de la Croatie.

Le travail contre la finance apatride

par Charles de Meyer

« Et pour qu’elle le soit véritablement, pour que ce capital immobilisé dans les banques ne soit pas immobilisé chez les particuliers, pour qu’il travaille et crée à son tour du travail, il faut qu’il veuille travailler ; pour qu’il le veuille, il faut le mettre en appétit et lui proposer un grand but rémunérateur. Ce but en temps de guerre ne peut être que de conquête. Dans la guerre actuelle, il ne peut-être que la conquête de l’empire commercial allemand, Empire autrement riche que ces plaines de Lombardie que tous les conquérants de l’histoire ont offertes à la convoitise de leurs soldats ! » Charles Maurras, éditorial du 21 août 1914, Les Conditions de la victoire.

« Un peuple a le devoir de demeurer une individualité libre, pour que soit conservée la pluralité des nations libres, sans laquelle est perdue la liberté commune du genre humain. » Henri Hude

Dans un silence médiatique digne des plus grandes heures de l’autocensure politique, deux nouvelles impliquant les argentiers cosmopolites passés maîtres des décisions économiques mondiales ont été révélées cette semaine. La première concerne l’assouplissement des règles dites de Bâle III qui visaient à une meilleure réglementation des couvertures de risques par les grandes banques cosmopolites, la seconde mettait en cause les traders de la Deutsche Bank accusés d’avoir manipulé certains cours à Wall Street.

Ce  retour d’une finance cannibale alors que la commission européenne a du se résoudre à infliger 1,7 milliards d’euros d’amende aux grands groupes ayant manipulés les cours entre l’euro et le yen montre combien les argentiers de l’oligarchie sont devenus la clef de voute des systèmes de domination internationaux qui régissent les lois de production de l’élite et les contraintes assignées aux Peuples réduits à l’Etat de multitude afin d’empêcher toute reprise en main des détenteurs de la légitimité politique.

Dans une société liquéfiée par la dictature des rapports marchands érigés en modèle de l’organisation sociale restaurer ce pouvoir sur ses propres choix implique de trouver un médiat d’expression de sa résistance: le travail en tant que lieu mais aussi en tant qu’investissement de soi dans les limites de sa Nature peut devenir un ressort de l’opposition à la dégradation oligarchique du pouvoir.

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Le trading haute fréquence : « Un choix idéologique et politique »

6 mai 2010, krach éclair à Wall Street. En moins de 10 minutes, près de 1 000 milliards de dollars se sont envolés. Du jamais-vu. Un bug informatique en serait à l’origine. De plus en plus d’opérateurs boursiers effectuent leurs transactions financières via des ordinateurs et des algorithmes ultra-sophistiqués. Véritable « boîte noire » de l’économie moderne, ce système, dénommé trading haute fréquence représente 40% des ordres passés en Europe – 50% sur le CAC 40 – et près de 75% aux États-Unis. Quels sont les nouveaux risques liés à ces techniques ? Entretien avec Gérard Paul, ancien cadre bancaire.

Basta ! : Le trading haute fréquence, c’est quoi ?

Gérard Paul [1] : Le trading haute fréquence (THF) consiste en l’exécution à grande vitesse de transactions financières pilotées par des algorithmes, dit le dictionnaire. Il s’agit d’une modalité du trading automatique. Les opérateurs de marché virtuels peuvent exécuter des opérations sur les marchés boursiers à l’échelle de la microseconde (0,000001 seconde).

La vitesse de transaction du THF était encore de 20 millisecondes à la fin de la décennie 2010. Elle est passée à 113 microsecondes en 2011 (une vitesse 181 fois supérieure, ndlr). A partir de ces moyens techniques, les opérateurs de THF mettent en œuvre des tactiques de trading. Il vaut mieux, à mon sens, parler de « tactique » – à très court terme – plutôt que de stratégie, qui implique une vision de plus long terme.

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Règle de Volcker : Un grand flou à exploiter pour les banques

La règle de Volcker, adoptée cette semaine, limite en théorie la prise de risque des banques et leurs opérations en propre, mais elle ne devrait en réalité pas les affecter beaucoup car les exceptions et possibilités d’en contourner la lettre sont légion.

La règle de Volcker, dont les règles d’application ont été finalement adoptées cette semaine par les agences de régulation financière trois ans et demi après le vote de la loi de réforme financière, vise à limiter les activités spéculatives des banques dont les investissements massifs dans des produits dérivés risqués ont entraîné la faillite de Lehman Brothers et la pire crise financière depuis 1929. Les grandes banques de Wall Street ont dû faire l’objet d’un plan de sauvetage bancaire de dizaines de milliards de dollars du gouvernement américain.

La règle de Volcker, qui n’entrera totalement en vigueur qu’en juillet 2015, impose essentiellement une limite aux activités de dérivés et interdit aux banques assurées par la banque centrale (Fed) et la FDIC, l’un des organismes de réglementation bancaire, de faire du courtage pour leur propre compte (proprietary trading).

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Cinéma : « Le Loup de Wall Street »

En France, les dérives de la finance ont un nom et un visage connu : Jérôme Kerviel. Aux États-Unis, elles ont longtemps porté le nom de Jordan Belfort, joué par Leonardo Di Caprio dans le dernier film de Martin Scorsese.

« Le Loup de Wall Street », film dans lequel Jean Dujardin fait ses débuts à Hollywood, est adapté de l’autobiographie de Jordan Belfort. Paru en 2007 aux États-Unis et deux ans plus tard en France, en pleine crise financière, le livre a fait l’objet d’enchères à Hollywood pour remporter les droits avant même sa parution.

Il faut dire que le livre était écrit pour être porté à l’écran : Belfort y parle moins d’ingénierie financière que d’hélicoptères écrasés sous l’emprise de la cocaïne, de virées avec des prostituées et de lancers de nains pour amuser les traders.

Sur chaque dollar gagné sur les grosses ventes de ses livres – il en a écrit un deuxième – et les droits d’auteur, Jordan Belfort n’a gardé que 50 centimes. En 2004, la justice américaine l’a condamné à quatre ans de prison et à reverser la moitié de ses revenus aux 1 500 investisseurs qu’il a plumés jusqu’à ce qu’ils aient reçu 110 millions de dollars.

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Le nom de Ben Bernanke restera dans les mémoires de la Fed…

Par Philippe Béchade

J’ai déjeuné mardi avec une joyeuse assemblée de gérants et d’analystes mal pensants qui estiment qu’un jour, Ben Bernanke sera considéré comme le responsable d’une des pires crises qu’aura connu le capitalisme au cours des deux derniers siècles.

Son nom, tout comme celui d’Alan Greenspan, restera à tout jamais associé à un désastre financier qu’il n’avait ni vu venir ni cherché à prévenir en 2007/2008. Il demeurera aussi celui qui tenta, pour résoudre un problème de dette, d’en créer encore plus que son pays n’en avait jamais généré au cours du siècle précédent.

La Fed qui a fêté son 100ème anniversaire il y a quelques jours pourrait bien ne pas souffler sa 101ème bougie si jamais les Chinois ou d’autres créanciers exigeaient plus qu’un recours systématique à la planche à billets pour bénéficier de l’assurance d’être remboursés un beau jour.

Mais tout le monde sait bien que les Etats-Unis en sont incapables… donc tout le monde a intérêt à faire semblant qu’ils en ont encore la capacité.

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Olivier Delamarche : « Les profits ne sont que des manips des marchés »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 02 septembre 2013 sur BFM Radio, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Pour Pierre Sabatier:

« La gouvernance américaine a été plus efficace que celle de l’Europe. La crise provenait de là-bas et ils ont réussi à la diffuser chez nous – Cela ne durera pas mais leur position est bien meilleure que celle des européens – Le marché va devenir en forme de tôle ondulée – Des professionnels de la communication vont nous accompagner, nous rassurer… »

Les traders sont prêts à commettre des délits d’initiés

Les promesses de la finance post-crise seraient-elles déjà oubliées ? Une étude menée auprès des traders de Wall Street indique qu’une importante proportion d’entre eux serait prête à renouer avec des pratiques douteuses.

Plus jamais ça : après la crise financière de 2008, les patrons des grands établissements financiers avaient juré, la main sur le coeur, que l’époque des dérives était terminée. Des codes de conduite basés sur l’éthique, l’intégrité et la morale avaient été édictés.

«Notre intégrité et notre réputation dépendent de notre capacité à faire ce qui est juste même quand ce n’est pas facile», assurait JPMorgan Chase. «Aucune incitation ou perspective financières (quel que soit le résultat financier) ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs», renchérissait Goldman Sachs.

Pourtant, moins de cinq ans après la crise, les belles promesses semblent se lézarder. Le cabinet d’avocats Labaton Sucharow a diligenté, à la demande de Jordan A. Thomas, l’un de ses associés qui a naguère été directeur assistant de la Securities and Exchange Commission (SEC, équivalent américain de la FINMA), une enquête sur les professionnels de la finance à New York.
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États-Unis : Emploi, mauvaise nouvelle pour l’économie, bonne nouvelle pour les marchés

Par Françoise Garteiser

La journée de vendredi a été placée sous le signe de l’emploi américain… ou disons plutôt sous le signe du manque d’emploi. Tout est à la baisse : le nombre d’emplois créés, les précédentes statistiques, le taux de participation.

162 000 postes ont été créés (hors secteur agricole) en juillet, selon le département du Travail des États-Unis – alors qu’on en attendait 184 000. Les mois précédents se révèlent tout aussi décevants, avec des révisions dans le mauvais sens : 188 000 emplois créés en juin contre 195 000 en première estimation, et 176 000 en mai contre 195 000 en première estimation là aussi.

Le taux de chômage lui-même recule certes, à 7,4% de la population active contre 7,5% attendus… mais le taux de participation passe de 63,5% en juin à 63,4% en juillet.

Nous voilà donc avec une légère baisse du chômage… mais une diminution des emplois créés, dans une économie qui ne semble vraiment pas tirée de la pire crise économique qu’elle ait connue depuis 1929.

Ne vous inquiétez pas, cher lecteur : selon Todd Schoenberger, associé chez Landcolt Capital, à New York, et cité dans Investir-Les Echos, ces chiffres sont certes “terrifiants pour la rue”, mais “formidables” pour les marchés boursiers.

Mais oui ! C’est élémentaire — et vous savez pourquoi, naturellement. Allez, reprenons tous en chœur avec Todd : “la Fed va continuer avec le QE et remettre à plus tard ses intentions de lever le pied sur les rachats d’actifs”.

Qui eût cru que des Bisounours puissent être aussi cyniques ?

Les marchés dans le vert !
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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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États-Unis : La culture de la cupidité tient bon à Wall Street

Les codes d’éthique établis par les grandes banques américaines ne seraient-ils que de la poudre aux yeux ? Selon une enquête réalisée auprès de professionnels du secteur, une personne sur quatre serait prête à commettre un délit d’initié si elle était sûre de ne pas se faire prendre.

Éthique. Valeurs. Intégrité. Les patrons de Wall Street ont sans cesse ces mots à la bouche. Toutes les banques ont soigneusement élaboré un code de conduite. “Notre intégrité et notre réputation dépendent de notre capacité à faire ce qui est juste même quand ce n’est pas facile”, proclame le dirigeant de JPMorgan Chase. “Aucune incitation ou perspective financières – quel que soit le résultat financier – ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs”, déclare Goldman Sachs.

Mais un nouveau rapport laisse entendre que ces nobles propos ne sont que des paroles en l’air. Il vient d’être publié par le cabinet d’avocats Labaton Sucharow à la demande de Jordan A. Thomas, l’un de ses associés, qui a naguère été directeur assistant de la Securities and Exchange Commission [SEC, l'équivalent américain de l'Autorité des marchés financiers].

Sur les 250 personnes travaillant pour des sociétés financières qui ont répondu au questionnaire – courtiers, gestionnaires de portefeuille, banquiers, gestionnaires de fonds alternatifs, analystes financiers, conseillers en investissement, etc. –, 23 % déclarent avoir “observé ou avoir eu connaissance directement d’actes condamnables sur le lieu de travail”. Si cela ne suffit pas à attirer votre attention, en voilà encore : 24 % des personnes interrogées se disent prêtes à “commettre un délit d’initié pour gagner 10 millions de dollars si elles étaient sûres de ne pas se faire prendre”.

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Les jeunes loups de la finance représentent la pire des menaces

Selon une étude américaine, Wall Street n’a pas tiré de leçon de la crise financière. Un quart des sondés seraient prêts à commettre des délits d’initié.

“Le Loup de Wall Street” de Martin Scorsese (2013)

« Beaucoup d’acteurs dans le secteur financier semblent avoir perdu leur boussole morale. Les professionnels les plus jeunes constituent la plus grande menace pour les investisseurs. »

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, le constat est amer pour Labaton Sucharow, un cabinet d’avocats américain spécialisé dans la défense des « lanceurs d’alerte » qui a publié son second rapport annuel mardi dernier.

De façon confidentielle, cette enquête a sondé la vision de professionnels américains de la finance – traders, analystes, banquiers d’investissement – concernant l’éthique des affaires, les méfaits au sein de leur employeur actuel et le rôle des régulateurs sur les marchés.

Plus de la moitié des interrogés considèrent que leurs concurrents ont commis des malversations. Ils ne sont plus « que » 24% à penser que leurs propres collègues se sont livré à des activités frauduleuses. Plus préoccupant, près d’un tiers parmi eux jugent qu’il peut être nécessaire de violer la loi pour réussir.

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