Myret Zaki : « La BCE a le plus mauvais maître : la Fed »

La Banque centrale européenne (BCE) ne parvient jamais à contenter les marchés et les leaders économiques. Quoi qu’elle fasse, on la compare à sa grande sœur, la Réserve fédérale américaine (Fed), censée être plus jolie et plus douée qu’elle. Une erreur d’appréciation qui sera à l’origine de la prochaine crise financière.

Quand la BCE ne fait pas d’assouplissement, un concert de critiques s’élève contre son manque de proactivité, évident en comparaison de la Fed, qui a eu le “courage” d’employer des grands moyens en sortant le fameux “bazooka” de la planche à billets entre 2009 et 2014.

Et quand la BCE décide, comme aujourd’hui, de faire un assouplissement monétaire, on la désapprouve tout autant, en estimant que la zone euro a de toute façon des problèmes plus grands que les États-Unis et que cette opération ne suffira pas.

La BCE n’a pourtant pas lésiné sur les moyens. En annonçant ce 22 janvier à 14:30 qu’elle va injecter, d’ici septembre 2016, 1100 milliards d’euros (ou 1300 milliards de dollars), elle a pris les attentes les plus optimistes du marché (1000 milliards) et y ajouté une petite prime de 100 milliards pour remercier le marché de sa patience, lui qui n’aurait pas toléré opération moins démesurée.
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Le moment de Minsky : Le film d’horreur financière que personne ne veut voir

Les économistes et les financiers aiment utiliser des mots mystérieux pour noyer le poisson. Ils sont comme les médecins de Molière. Le “moment de Minsky” fait partie de leurs expressions. Ce moment est celui où les investisseurs surendettés sont contraints de vendre massivement pour payer les intérêts de leur dette.

Mais plus ils vendent, plus les prix baissent — et la course au cash pour payer les intérêts entraîne un krach. A ce moment, les prêteurs réalisent que leur débiteur est mort. Il ne paiera jamais : ni les intérêts, ni le principal, foi de cigale.

Cela peut-il se produire aujourd’hui ? Non, pensent les professionnels des marchés. C’est le syndrome du “trop gros pour faire faillite”. Le niveau d’endettement est tel qu’un moment de Minsky entraînerait la GAF, Grande Apocalypse Financière.

Lorsque le moment de Minsky s’annonce, une banque centrale intervient pour éviter la spirale baissière mortelle. C’est ce qui s’est produit en 2008 et en 2011 en Europe en freinant le désendettement.
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Révélations à Wall Street : les enregistrements secrets qui font trembler Goldman Sachs et la Fed (ou quand les pires fantasmes se concrétisent)

Depuis la diffusion de ces enregistrements, les analystes s’interrogent sur les relations un peu trop intimes entre la banque d’affaires et la Réserve fédérale de New York.

Carmen Segarra est entrée à la Fed en octobre 2011 avant d’être licenciée en mai 2012 pour raison “entièrement liée à ses performances”

Des documents audio gardés secrets ont été dévoilés ce vendredi aux États-Unis lors de l’émission de radio “This American Life”. Ils avaient été recueillis un an plus tôt par le site de journalisme d’investigation “ProPublica“.

Ces enregistrements mettent au grand jour les possibles connivences entre la New York Federal Reserve Bank, la Fed, et les institutions financières qu’elle est censée surveiller et contrôler.

Si ces documents étaient authentifiés, cela voudrait dire que le contrôleur était complaisant avec les contrôlés. En clair que la Fed ne faisait pas le travail qui lui était assigné en manifestant une trop grande complaisance envers les organismes qu’elle est censée contrôler” explique Antoine Brunet, économiste et président de la société d’analyse de la conjoncture et des marchés AB Marchés.
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La prochaine bulle Internet se rapproche, et ce sont les capital-risqueurs qui le disent

Quand la bien-nommée société Yo, une appli mobile dont le service consiste uniquement à envoyer la notification «Yo» sur votre téléphone, a levé son premier million de dollars en juin 2014, tout le monde a éclaté de rire. Ce petit million n’est pourtant qu’une goutte d’eau dans l’océan de capitaux qui afflue vers les start-ups du secteur numérique.

Le magazine Wired relaie les inquiétudes des spécialistes qui redoutent une bulle du numérique comparable à celle de 1999. Dans le Wall Street Journal, l’investisseur Bill Gurley a affirmé que l’argent se déversait dans les start-ups à un niveau préoccupant.

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États-Unis : Nouvelle manifestation pour le climat à New York

Plusieurs centaines de personnes ont défilé, lundi 22 septembre, dans le quartier des affaires de New York, avant de bloquer la circulation aux abords de Wall Street. Elles entendaient ainsi attirer l’attention sur les dangers du changement climatique. Peu après la fermeture de la Bourse américaine, les manifestants ont essayé de déplacer les barrières métalliques installées pour les tenir à distance.

Les forces de l’ordre ont alors fait usage de gaz au poivre pour les en empêcher. Elles leur ont, par la suite, donné l’ordre de se disperser, mais quelques dizaines de manifestants ont refusé d’obtempérer et se sont assis sur place. Un par un, ils ont été menottés et emmenés. La police de New York et les organisateurs de la manifestation parlent tous deux d’une centaine d’arrestations.

Le rassemblement baptisé “Flood Wall Street” (“Inonder Wall Street” en Français) avait pour but de dénoncer le rôle du capitalisme financier dans les changements climatiques. La veille s’était déroulée la plus grande “marche pour le climat” jamais organisée dans le monde, qui a réuni 310.000 personnes à New York.

Cette opération coup de poing inspirée du mouvement Occupy Wall Street de 2011 entre dans le cadre de la Semaine pour le climat, organisée avant le sommet, mardi aux Nations unies, qui doit permettre de préparer la conférence climat de Paris prévue en 2015.

Comment la junk food nous rend accros

Le journaliste américain Michael Moss, prix Pulitzer 2010, révèle dans un livre polémique qui sort en France aujourd’hui comment l’industrie agroalimentaire nous rend gros et addicts. En exclusivité européenne, nous l’avions rencontré en mars 2013. Il nous expliquait pourquoi elle s’en tirera néanmoins sans procès.

Minneapolis, 8 avril 1999. Onze dirigeants des plus grandes multinationales de l’agroalimentaire se donnent rendez-vous en secret au trente et unième étage du siège de la firme Pillsbury. Il y a Coca-Cola, Mars, Kraft Foods. À eux tous, ils pèsent 230 milliards de dollars.

Les onze PDG sont de féroces concurrents. Céréaliers, fabricants de chips, de sodas, de plats préparés, ils bataillent depuis des décennies pour conquérir des “stomach shares” - les parts d’estomac des consommateurs – avec leurs alliés de toujours : le sel, le sucre et la graisse. La sainte trinité que l’agroalimentaire utilise pour rehausser le goût et procurer une sensation de plaisir maximum dès la première bouchée.

Des millions de dollars sont dépensés en recherche et développement pour étudier le palais humain, les papilles, leurs connections avec le cerveau, et l’atteinte d’un orgasme gustatif nommé le “bliss point”.
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“Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes”

Marc Roche, journaliste financier, correspondant du Monde à Londres, est l’auteur de “Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes” (2014).

Qu’est-ce que la City de Londres ?

Le mea culpa d’un libéral qui n’a pas vu venir la crise
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Alibaba : Le géant chinois d’Internet à Wall Street

Jack Ma, le richissime patron chinois, pilote une spectaculaire introduction en bourse. Celle de son groupe Alibaba, premier site de e-commerce du monde. Il devrait récolter plus de 20 milliards de dollars et être valorisé entre 150 et 160 milliards de dollars. De quoi traiter d’égal à égal avec Microsoft, Apple ou Facebook.

Pour l’instant, les consommateurs d’Alibaba ne sont que chinois. En entrant à Wall Street, ce géant du Net veut s’attaquer au marché mondial. En termes de chiffres d’affaires, le site de vente en ligne est déjà pourtant l’équivalent “d’Amazon, Paypal et Ebay réunis”, selon Frédéric Martel, spécialiste d’Internet et auteur du livre “Smart”.

Le groupe chinois Alibaba vise un record pour son entrée à Wall Street. Il espère lever 18 milliards d’euros, soit la plus grosse introduction en bourse de l’Histoire.

Pour la super-classe le travail est le nouveau «loisir»

L’économiste français Thomas Piketty, nouvelle star aux États-Unis, montre dans son dernier livre, “Le capital au XXIe siècle“, que les super-riches, les fameux 1%, gagnent plus d’argent de leur patrimoine que de leur travail.

Une oligarchie qui s’enrichit sans lien avec son mérite ou sa capacité de travail, ce qui en fait une question embarrassante au-delà des cercles économistes habituellement critiques du capitalisme.

Mais si une super-classe peut aujourd’hui amasser des sommes colossales sans travailler, une élite du travail s’est en parallèle constituée au début du nouveau millénaire, remettant en cause l’idée selon laquelle plus on gagne bien sa vie, moins on travaille.

Si jusqu’aux années 1960 les salariés les plus éduqués et les mieux payés travaillaient moins d’heures que les autres, ce n’est plus le cas au début du XXIe siècle, selon un article stimulant publié par deux chercheurs du département de sociologie de l’université d’Oxford, Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher.

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Ronnie Moas : « Quelqu’un à Wall Street devait parler des conséquences du capitalisme. »

Depuis la parution de son rapport sur l’éthique et la morale dans la finance, l’analyste de Wall Street Ronnie Moas a été propulsé sur la scène médiatique américaine. En mettant sur la liste noire de son agence Standpoint Research des firmes comme Amazon ou Apple, pour des raisons éthiques, Moas ne s’est pas fait que des alliés parmi les traders et les gestionnaires de fonds.

Quelle est l’activité de Standpoint Research, la firme que vous avez créée ?

Standpoint Research est un centre de recherche financière indépendant : nous n’avons pas de conflit d’intérêts, nous donnons des conseils sur la bourse, principalement à des fonds spéculatifs et des fonds communs de placement. J’ai aussi quelques clients individuels. Les idées sont générées par un modèle informatique à 125 variables que j’ai développé pendant cinq ans. Je le lance toutes les semaines et il génère des idées, pour moi. Ensuite, j’applique des données sur les fondamentaux et des analyses personnelles avant d’arriver à une véritable recommandation.

Typiquement, une recommandation prend la forme d’un rapport de 10, 15 ou 20 pages. Je ne peux donc pas vous recommander un nom comme cela, tout de suite, parce que j’ai besoin de mon modèle informatique tout comme je dois beaucoup travailler le résultat qu’il me donne.

Pendant ces six dernières années, j’ai donné plus de 400 recommandations et il n’y a pas une seule firme à Wall Street qui a été capable d’être aussi précise que moi. Ma précision n’a pas d’égal dans le métier.

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États-Unis : Les (forts) bonus sont de retour à Wall Street

Les bonus à Wall Street sont repartis à la hausse, comme au bon vieux temps d’avant la crise. Ils ont atteint 164 530 dollars en moyenne, soit une hausse de 15 % par rapport à 2012, selon les estimations du contrôleur de l’Etat de New York, Thomas P. DiNapoli, publiées mardi 12 mars. Il s’agit du plus fort montant depuis 2007.

Au total, ce sont 26,7 milliards de dollars que les salariés de Wall Street se sont partagés en 2013. Cette évaluation est établie à partir des données sur l’impôt sur le revenu. Les chiffres ne tiennent donc pas compte des éventuelles stock options, qui ne sont pas prises en compte de la même façon sur le plan fiscal.

Tous les salariés n’ont pas été logés à la même enseigne. Si dans le « fixed income » (les placements obligataires), les bonus ont connu une baisse de 5 % à 15%, selon le cabinet Johnson Associates, les traders sur le marché des actions ont vu leur rémunération progresser de 5 % à 20%.

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Le monde obscur des matières premières

Ils s’appellent Glencore, Cargill, Vitol ou Trafigura. Ils sont peu connus du grand public. Et, pourtant, ce sont eux qui font la loi sur les marchés de matières premières partout dans le monde. Portés par l’appétit vorace de la Chine pour le pétrole, les métaux et les céréales, ils n’ont cessé de prospérer au cours des dix dernières années.

Ils jouent ainsi un rôle clef dans l’approvisionnement d’énergie ou de nourriture à la planète, et ont acquis une influence croissante sur la vie des affaires dans les pays émergents. Ils ont aussi amassé une petite fortune : 250 milliards de dollars de profits lors de la dernière décennie, selon les calculs du « Financial Times ».

Soit plus que les grandes banques de Wall Street, plus que Toyota, Volkswagen, Ford, BMW et Renault réunis. Devenus un maillon essentiel des échanges entre producteurs et consommateurs finaux de matières premières, ces négociants n’ont cessé d’intégrer la chaîne de valeur.

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Madoff, l’homme qui valait 65 milliards (docu)

Le 11 décembre 2008, Bernard Madoff est arrêté par le FBI devant les caméras. Le monde découvre alors Bernie Madoff, comme l’appellent ses amis, 70 ans, ancien patron du Nasdaq. Jusqu’alors, Madoff est essentiellement connu des spécialistes qui le considèrent comme un génie.

Bernard Madoff s’avère être en fait le plus gros délinquant que Wall Street ait jamais connu. Le montant de son escroquerie s’élève à 65 milliards de dollars. C’est à peu près le PIB annuel de la Croatie.

Le travail contre la finance apatride

par Charles de Meyer

« Et pour qu’elle le soit véritablement, pour que ce capital immobilisé dans les banques ne soit pas immobilisé chez les particuliers, pour qu’il travaille et crée à son tour du travail, il faut qu’il veuille travailler ; pour qu’il le veuille, il faut le mettre en appétit et lui proposer un grand but rémunérateur. Ce but en temps de guerre ne peut être que de conquête. Dans la guerre actuelle, il ne peut-être que la conquête de l’empire commercial allemand, Empire autrement riche que ces plaines de Lombardie que tous les conquérants de l’histoire ont offertes à la convoitise de leurs soldats ! » Charles Maurras, éditorial du 21 août 1914, Les Conditions de la victoire.

« Un peuple a le devoir de demeurer une individualité libre, pour que soit conservée la pluralité des nations libres, sans laquelle est perdue la liberté commune du genre humain. » Henri Hude

Dans un silence médiatique digne des plus grandes heures de l’autocensure politique, deux nouvelles impliquant les argentiers cosmopolites passés maîtres des décisions économiques mondiales ont été révélées cette semaine. La première concerne l’assouplissement des règles dites de Bâle III qui visaient à une meilleure réglementation des couvertures de risques par les grandes banques cosmopolites, la seconde mettait en cause les traders de la Deutsche Bank accusés d’avoir manipulé certains cours à Wall Street.

Ce  retour d’une finance cannibale alors que la commission européenne a du se résoudre à infliger 1,7 milliards d’euros d’amende aux grands groupes ayant manipulés les cours entre l’euro et le yen montre combien les argentiers de l’oligarchie sont devenus la clef de voute des systèmes de domination internationaux qui régissent les lois de production de l’élite et les contraintes assignées aux Peuples réduits à l’Etat de multitude afin d’empêcher toute reprise en main des détenteurs de la légitimité politique.

Dans une société liquéfiée par la dictature des rapports marchands érigés en modèle de l’organisation sociale restaurer ce pouvoir sur ses propres choix implique de trouver un médiat d’expression de sa résistance: le travail en tant que lieu mais aussi en tant qu’investissement de soi dans les limites de sa Nature peut devenir un ressort de l’opposition à la dégradation oligarchique du pouvoir.

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Le trading haute fréquence : « Un choix idéologique et politique »

6 mai 2010, krach éclair à Wall Street. En moins de 10 minutes, près de 1 000 milliards de dollars se sont envolés. Du jamais-vu. Un bug informatique en serait à l’origine. De plus en plus d’opérateurs boursiers effectuent leurs transactions financières via des ordinateurs et des algorithmes ultra-sophistiqués. Véritable « boîte noire » de l’économie moderne, ce système, dénommé trading haute fréquence représente 40% des ordres passés en Europe – 50% sur le CAC 40 – et près de 75% aux États-Unis. Quels sont les nouveaux risques liés à ces techniques ? Entretien avec Gérard Paul, ancien cadre bancaire.

Basta ! : Le trading haute fréquence, c’est quoi ?

Gérard Paul [1] : Le trading haute fréquence (THF) consiste en l’exécution à grande vitesse de transactions financières pilotées par des algorithmes, dit le dictionnaire. Il s’agit d’une modalité du trading automatique. Les opérateurs de marché virtuels peuvent exécuter des opérations sur les marchés boursiers à l’échelle de la microseconde (0,000001 seconde).

La vitesse de transaction du THF était encore de 20 millisecondes à la fin de la décennie 2010. Elle est passée à 113 microsecondes en 2011 (une vitesse 181 fois supérieure, ndlr). A partir de ces moyens techniques, les opérateurs de THF mettent en œuvre des tactiques de trading. Il vaut mieux, à mon sens, parler de « tactique » – à très court terme – plutôt que de stratégie, qui implique une vision de plus long terme.

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Règle de Volcker : Un grand flou à exploiter pour les banques

La règle de Volcker, adoptée cette semaine, limite en théorie la prise de risque des banques et leurs opérations en propre, mais elle ne devrait en réalité pas les affecter beaucoup car les exceptions et possibilités d’en contourner la lettre sont légion.

La règle de Volcker, dont les règles d’application ont été finalement adoptées cette semaine par les agences de régulation financière trois ans et demi après le vote de la loi de réforme financière, vise à limiter les activités spéculatives des banques dont les investissements massifs dans des produits dérivés risqués ont entraîné la faillite de Lehman Brothers et la pire crise financière depuis 1929. Les grandes banques de Wall Street ont dû faire l’objet d’un plan de sauvetage bancaire de dizaines de milliards de dollars du gouvernement américain.

La règle de Volcker, qui n’entrera totalement en vigueur qu’en juillet 2015, impose essentiellement une limite aux activités de dérivés et interdit aux banques assurées par la banque centrale (Fed) et la FDIC, l’un des organismes de réglementation bancaire, de faire du courtage pour leur propre compte (proprietary trading).

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Cinéma : « Le Loup de Wall Street »

En France, les dérives de la finance ont un nom et un visage connu : Jérôme Kerviel. Aux États-Unis, elles ont longtemps porté le nom de Jordan Belfort, joué par Leonardo Di Caprio dans le dernier film de Martin Scorsese.

« Le Loup de Wall Street », film dans lequel Jean Dujardin fait ses débuts à Hollywood, est adapté de l’autobiographie de Jordan Belfort. Paru en 2007 aux États-Unis et deux ans plus tard en France, en pleine crise financière, le livre a fait l’objet d’enchères à Hollywood pour remporter les droits avant même sa parution.

Il faut dire que le livre était écrit pour être porté à l’écran : Belfort y parle moins d’ingénierie financière que d’hélicoptères écrasés sous l’emprise de la cocaïne, de virées avec des prostituées et de lancers de nains pour amuser les traders.

Sur chaque dollar gagné sur les grosses ventes de ses livres – il en a écrit un deuxième – et les droits d’auteur, Jordan Belfort n’a gardé que 50 centimes. En 2004, la justice américaine l’a condamné à quatre ans de prison et à reverser la moitié de ses revenus aux 1 500 investisseurs qu’il a plumés jusqu’à ce qu’ils aient reçu 110 millions de dollars.

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Olivier Delamarche : « Les profits ne sont que des manips des marchés »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 02 septembre 2013 sur BFM Radio, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Pour Pierre Sabatier:

« La gouvernance américaine a été plus efficace que celle de l’Europe. La crise provenait de là-bas et ils ont réussi à la diffuser chez nous – Cela ne durera pas mais leur position est bien meilleure que celle des européens – Le marché va devenir en forme de tôle ondulée – Des professionnels de la communication vont nous accompagner, nous rassurer… »

États-Unis : Emploi, mauvaise nouvelle pour l’économie, bonne nouvelle pour les marchés

Par Françoise Garteiser

La journée de vendredi a été placée sous le signe de l’emploi américain… ou disons plutôt sous le signe du manque d’emploi. Tout est à la baisse : le nombre d’emplois créés, les précédentes statistiques, le taux de participation.

162 000 postes ont été créés (hors secteur agricole) en juillet, selon le département du Travail des États-Unis – alors qu’on en attendait 184 000. Les mois précédents se révèlent tout aussi décevants, avec des révisions dans le mauvais sens : 188 000 emplois créés en juin contre 195 000 en première estimation, et 176 000 en mai contre 195 000 en première estimation là aussi.

Le taux de chômage lui-même recule certes, à 7,4% de la population active contre 7,5% attendus… mais le taux de participation passe de 63,5% en juin à 63,4% en juillet.

Nous voilà donc avec une légère baisse du chômage… mais une diminution des emplois créés, dans une économie qui ne semble vraiment pas tirée de la pire crise économique qu’elle ait connue depuis 1929.

Ne vous inquiétez pas, cher lecteur : selon Todd Schoenberger, associé chez Landcolt Capital, à New York, et cité dans Investir-Les Echos, ces chiffres sont certes “terrifiants pour la rue”, mais “formidables” pour les marchés boursiers.

Mais oui ! C’est élémentaire — et vous savez pourquoi, naturellement. Allez, reprenons tous en chœur avec Todd : “la Fed va continuer avec le QE et remettre à plus tard ses intentions de lever le pied sur les rachats d’actifs”.

Qui eût cru que des Bisounours puissent être aussi cyniques ?

Les marchés dans le vert !
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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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États-Unis : La culture de la cupidité tient bon à Wall Street

Les codes d’éthique établis par les grandes banques américaines ne seraient-ils que de la poudre aux yeux ? Selon une enquête réalisée auprès de professionnels du secteur, une personne sur quatre serait prête à commettre un délit d’initié si elle était sûre de ne pas se faire prendre.

Éthique. Valeurs. Intégrité. Les patrons de Wall Street ont sans cesse ces mots à la bouche. Toutes les banques ont soigneusement élaboré un code de conduite. “Notre intégrité et notre réputation dépendent de notre capacité à faire ce qui est juste même quand ce n’est pas facile”, proclame le dirigeant de JPMorgan Chase. “Aucune incitation ou perspective financières – quel que soit le résultat financier – ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs”, déclare Goldman Sachs.

Mais un nouveau rapport laisse entendre que ces nobles propos ne sont que des paroles en l’air. Il vient d’être publié par le cabinet d’avocats Labaton Sucharow à la demande de Jordan A. Thomas, l’un de ses associés, qui a naguère été directeur assistant de la Securities and Exchange Commission [SEC, l'équivalent américain de l'Autorité des marchés financiers].

Sur les 250 personnes travaillant pour des sociétés financières qui ont répondu au questionnaire – courtiers, gestionnaires de portefeuille, banquiers, gestionnaires de fonds alternatifs, analystes financiers, conseillers en investissement, etc. –, 23 % déclarent avoir “observé ou avoir eu connaissance directement d’actes condamnables sur le lieu de travail”. Si cela ne suffit pas à attirer votre attention, en voilà encore : 24 % des personnes interrogées se disent prêtes à “commettre un délit d’initié pour gagner 10 millions de dollars si elles étaient sûres de ne pas se faire prendre”.

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Les jeunes loups de la finance représentent la pire des menaces

Selon une étude américaine, Wall Street n’a pas tiré de leçon de la crise financière. Un quart des sondés seraient prêts à commettre des délits d’initié.

“Le Loup de Wall Street” de Martin Scorsese (2013)

« Beaucoup d’acteurs dans le secteur financier semblent avoir perdu leur boussole morale. Les professionnels les plus jeunes constituent la plus grande menace pour les investisseurs. »

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, le constat est amer pour Labaton Sucharow, un cabinet d’avocats américain spécialisé dans la défense des « lanceurs d’alerte » qui a publié son second rapport annuel mardi dernier.

De façon confidentielle, cette enquête a sondé la vision de professionnels américains de la finance – traders, analystes, banquiers d’investissement – concernant l’éthique des affaires, les méfaits au sein de leur employeur actuel et le rôle des régulateurs sur les marchés.

Plus de la moitié des interrogés considèrent que leurs concurrents ont commis des malversations. Ils ne sont plus « que » 24% à penser que leurs propres collègues se sont livré à des activités frauduleuses. Plus préoccupant, près d’un tiers parmi eux jugent qu’il peut être nécessaire de violer la loi pour réussir.

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Philippe Béchade: “On leur sort le 357 Magnum, on leur met sur la tempe”

Le 17 juillet, Philippe Béchade, rédacteur en chef à la chronique Agora s’est intéressé au Nasdaq 100 qui enchaîne les hausses, dans l’émission Intégrale Placements, présentée par Cédric Decoeur, sur BFM Business. Il revient aussi sur les “bons” chiffres de l’emploi aux Etats-Unis.

Je ne crois pas que la hausse de l’emploi aux Etats-Unis soit le signe d’une véritable amélioration de la conjoncture économique américaine. Depuis février mars, les entreprises américaines ont commencé à comprendre la combine des exemptions d’Obamacare.  Ca signifie quoi ? Ca signifie que si vous avez une entreprise de 50 salariés et que ces gens travaillent moins de 30 heures, vous n’êtes pas obligé de leur payer Obamacare. Obamacare n’est qu’une combine qui permet de faire passer les employés du privé à temps partiel.

Philippe Béchade: Les taux échappent au contrôle des banques

L’absence de volume sur les marchés et les taux qui se tendent malgré les actions des banques centrales a été le thème abordé par Philippe Béchade, analyste, cerclefinance.com interviewé par Cédric Decoeur, dans Intégrale Bourse, sur BFM Business.

Philippe Béchade : « Tous les pays émergents sont en voie de ralentissement »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 19 juin 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Placements“.

« Il n’y a aucune amélioration de l’activité économique. Je ne vois pas comment l’Amérique pourrait tirer seule la croissance. Les retraites aux Etats-Unis sont très basses, le taux de pauvreté parmi les retraités est en train d’exploser. L’effet de richesse de Mr Bernanke n’enrichit que les riches. »

Crime organisé : géopolitique d’un phénomène criminel

Du 4 au 7 avril se tient à Grenoble le 5e Festival de géopolitique et de géoéconomie consacré à “la face obscure de la mondialisation”. L’occasion pour CLES d’interroger l’un des meilleurs spécialistes français des mafias et du crime organisé, le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud, qui voit dans la géopolitique la meilleure grille d’analyse pour appréhender correctement les phénomènes criminels. Plongée dans un monde cynique, impitoyable, qui s’étend à travers toute la planète et monte en puissance.

Par Jean-François FIORINA, Jean-François GAYRAUD

Jean-François Gayraud est commissaire divisionnaire de la police nationale, actuellement auditeur du Centre des hautes études du ministère de l’Intérieur (CHEMI). Jean-François Fiorina est Directeur de l’ESC Grenoble.

Que représentent les mafias au sein du crime organisé ?

 

(…) Le crime organisé dans sa globalité a dans notre monde moderne une importance nouvelle. En effet, la fin de la guerre froide lui a donné une dimension gigantesque, avec un authentique saut qualitatif. Longtemps, ces organisations criminelles ont joué un rôle marginal dans la vie des sociétés.

Aujourd’hui, elles s’invitent au cœur du fonctionnement de la plupart des pays. Elles influencent et transforment mezzo voce, de manière invisible mais puissamment, la vie politique, économique et sociale des pays.

 

Nombre de ces organisations criminelles présentent des particularités qui les rendent redoutables. D’abord, elles sont toutes polycriminelles. Contrairement à une idée véhiculée par la médiasphère, les organisations criminelles s’investissent dans des activités en fonction non pas de leurs préférences, mais d’opportunités et d’incitations, au sens économique du terme, selon un ratio coût/bénéfice.

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Nicolas Doze : La FED songerait à débrancher prochainement

Le 17 mai, Nicolas Doze est revenu sur les propos du patron de la FED de San Francisco qui envisage de “débrancher plus tôt que prévu”, sur BFM Business.

Les américains sont dans une phase où l’on va faire une exit strategy. C’est compliqué parce que l’on ne maîtrise pas tout. En 1994 Greenspan décide de débrancher. 25 points de base de hausse de taux. Et tout à coup les taux américains et les taux longs commencent à repartir vers le haut et l’on se dirige vers une forme de Krach obligataire.

Philippe Béchade : « Le Japon c’est fukushima n°2 »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 15 mai 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Placements“.

« Au Japon, il y a eu 45% de hausse [de la bourse] depuis le 1er janvier, 81% en un an. Il n’y a aucune croissance japonaise au cours des 5 prochaines années qui pourra justifier une telle accélération à la hausse. On assiste à Fukushima n°2, ça va exploser naturellement. »

États-Unis : Philadelphie, la 5ème plus grande ville du pays est en faillite

(Un grand merci à notre lecteur Wisewhite pour la rapidité et la qualité de sa traduction.)

Philadelphie, la 5ème plus grande ville des États-Unis, est en faillite dans les faits ; le maire a tenu une réunion secrète avec Wall Street pour discuter de la cession d’actifs.

Vous savez qu’une ville connaît de sérieux ennuis  lorsque son maire invite Wall Street, mais ni la presse ni les citoyens, à une réunion secrète afin de discuter de l’avenir, y compris pour solder les actifs de la ville.

Le maire de Philadelphie Michael Nutter (NDT : en anglais, Nutter signifie “dingue”), dont la municipalité a la réputation de solvabilité la plus basse des cinq villes américaines les plus peuplées, a tout simplement fait cela.
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La Chine va-t-elle s’effondrer ?

par Paul Krugman

Imaginons le tableau suivant : la croissance récente s’appuie sur un gigantesque boom du bâtiment entretenu par les prix de l’immobilier en forte hausse, montrant ainsi tous les signes habituels d’une bulle. Une croissance rapide en terme de crédit s’est produite – une grande partie de cette croissance ayant lieu non pas grâce au système bancaire traditionnel mais grâce à un système bancaire parallèle non réglementé, non soumis au contrôle du gouvernement ni soutenu par des garanties gouvernementales. Aujourd’hui, la bulle éclate et nous avons de sérieuses raisons de craindre une crise financière et économique.

Est-ce la description du Japon à la fin des années 1980 ? Ou bien de l’Amérique en 2007 ? Cela se pourrait. Mais aujourd’hui je parle de la Chine, qui apparaît petit à petit comme un nouveau point dangereux dans une économie mondiale qui n’a vraiment, vraiment pas besoin de ça en ce moment.

J’étais réticent à donner mon avis sur la situation chinoise, en partie parce qu’il est terriblement difficile de savoir réellement ce qui se passe. Il est préférable d’envisager toutes les statistiques économiques comme une forme particulièrement ennuyeuse de science-fiction mais les chiffres de la Chine sont bien plus fictifs que la plupart des autres. Je me serais volontiers tourné vers de vrais experts de la Chine pour me guider, mais on ne trouve pas deux experts disant la même chose.

Cependant, même les chiffres officiels sont déroutants et les nouvelles récentes sont suffisamment dramatiques pour tirer la sonnette d’alarme.

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Les “deux explosions à la Maison-Blanche” qui ont fait paniquer les robots de Wall-Street

Des pirates informatiques ont détourné mardi le compte Twitter de l’agence américaine Associated Press (AP) pour annoncer qu’une double explosion avait eu lieu à la Maison blanche et que Barack Obama était blessé, ce qui a brièvement fait plonger Wall Street.

Quelques instants après ce message, envoyé vers 17h00 GMT, un porte-parole de l’agence a indiqué qu’il s’agissait d’un faux et Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche, a assuré que le président se portait bien.

Dans les trois minutes qui ont suivi sa diffusion, tous les marchés financiers se sont effondrés et un trader a parlé d’un “véritable chaos”. (Voir graphique)

Le piratage a été revendiqué sur Twitter par L’Armée syrienne électronique, une organisation favorable au président syrien Bachar al Assad qui s’était déjà attribué le détournement des comptes de la National Public Radio américaine, de la BBC, de CBS et de Reuters News.

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États-Unis : « Strike debt », un plan de sauvetage du peuple par le peuple

Par Agnes Rousseaux

Trois ménages sur quatre sont endettés aux États-Unis. Si l’État fédéral est venu en aide aux financiers de Wall Street au bord de la faillite, il n’a pas porté secours aux familles plombées par des frais de santé, un prêt étudiant ou un emprunt immobilier. Le mouvement « Strike debt » a imaginé une solution : retourner les pratiques bancaires aux bénéfices des personnes endettées, en rachetant leurs créances dépréciées pour tout simplement les annuler. Explications.

Le mouvement Strike Debt – « grève de la dette » – vient de réduire à néant plus d’un million de dollars de dettes médicales dans les États du Kentucky et de l’Indiana. Un millier de personnes choisies au hasard, ayant contracté une créance de 900 dollars en moyenne à cause d’une hospitalisation ou d’une opération chirurgicale, ont vu leur dette effacée. Tout simplement.

Et ce n’est pas un miracle : c’est grâce au collectif Strike Debt, issu du mouvement Occupy Wall Street, qui a secoué les États-Unis il y a un an et demi. Ce collectif a décidé de retourner à son avantage, et aux bénéfices des personnes lourdement endettées, une pratique bancaire courante.

Quand les emprunteurs n’arrivent plus à rembourser, englués dans un prêt immobilier à taux variable ou un crédit étudiant à payer alors qu’on est au chômage, les banques cherchent à se débarrasser de cette créance devenue toxique. Pour récupérer une partie de leurs avoirs, elles « vendent » ces crédit à moindre coût à des organismes de recouvrement ou à des marchés spéculatifs.
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Gaz de schiste : Bulle spéculative ou solution miracle ?

Par Alfredo Jalife-Rahme, professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM)

Il n’y a pas de débat sur le gaz de schiste ; s’agit-il d’un miracle de la technologie US, comme nous le crient sur tous les toits les médias anglo-saxons, ce qui relèverait d’un exploit prométhéen, ou bien d’une vulgaire bulle spéculative gonflée par les tenants de la gouvernance financière, thèse défendue par le centre de réflexion géostratégique DeDefensa.org, qui a son siège à Bruxelles ? [1]

Or ce débat a tout lieu d’être, puisque c’est de sa conclusion que dépend la nouvelle place imprenable à laquelle aspirent les USA : puissance énergétique globale capable de rivaliser avec la Russie et l’OPEP, si la manne gazière se confirme, ou tentative publicitaire piteuse pour retarder la décadence de la jadis superpuissance unipolaire ?

Un ami banquier haut placé qui demande à garder l’anonymat est d’avis que le fracking (la fracturation de la roche à 4.000 m de profondeur, grâce à une énorme quantité d’eau) est une autre opération d’intox, car ce n’est absolument pas viable. Il ajoute que les investissements en fracking sont un gouffre, et que les liquidités générées par la vente de pétrole ne suffisent pas à financer la croissance nécessaire à cette nouvelle industrie.

En effet, les puits ouverts par fracking s’épuisent très vite ; pour une production soutenue à un certain niveau, il faut ouvrir constamment de nouveaux puits. C’est indispensable et ne suffira guère qu’à maintenir un niveau de production donné.

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La bombe de la dette vient de grossir

Traduction par notre lecteur Boreas d’un article de Max Keiser, paru le 18 mars 2013 sur le site Russia Today.

Le montant mondial de la dette dépasse l’ensemble des dépôts bancaires dans le monde, et la situation financière actuelle à Chypre est l’inévitable prochaine phase : la confiscation.

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Toute prétention à une « titrisation » de la croissance par les banquiers centraux ou la finance mondiale en conditionnant et reconditionnant la dette, en hypothéquant et ré-hypothéquant la dette, en régulant et en re-régulant la dette, est désormais révolue.

Depuis le début de la reprise du marché obligataire dans les années 1980 (oui, c’est si vieux que ça), les banques centrales et la finance mondiale – le FMI, l’UE et la BCE, pour n’en nommer que quelques-uns – et leurs frères de Wall Street et de la City de Londres ont fait face à chaque crise par une augmentation de la dette et une extension de la maturité de la dette.

Le résultat a été – en 2007 – la plus haute montagne de dette au bilan et hors bilan dans l’histoire : une dette astronomique de 220.000 milliards (si l’on inclut toutes les dettes publiques, privées et contingentes des programmes de prestations non financés) dans l’économie américaine seule, avec ses 14.000 milliards de dollars de PIB. Le volume des dérivés mondiaux de la dette se situe maintenant à plus de 1.000.000 de milliards de dollars, surfant sur un PIB mondial d’environ 60.000 milliards de dollars.

Mais à partir de 2007, puis devenant spectaculairement apparente en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, la capacité des contribuables du monde entier à payer les intérêts ou le principal de la dette a heurté un mur de briques.

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La soif d’eau de Wall Street

Les manœuvres en vue d’un marché global de marchandisation de l’eau doivent être arrêtées. Un tel marché pousserait à la hausse les prix de certains produits alimentaires, bien au-delà des pics enregistrés au cours des cinq dernières années, prévient Frederick Kaufman.

Au début de l’année dernière, j’ai publié un article dans Foreign Policy expliquant comment Wall Street se fait de l’argent sur le dos de ceux qui souffrent des affres de la faim. J’ai procédé à l’historique des marchés financiers des produits alimentaires et relevé que les prix du maïs, du soja, du riz et du blé ont battu des records à trois reprises au cours des cinq dernières années [« How Goldman Sachs Created the Food Crisis », Foreign Policy, 27 avril 2011.].

J’ai scruté les impacts du changement climatique et des biocarburants sur les marchés à terme des céréales et j’en ai déduit que le système mondial des prix des produits alimentaires qui, jadis, bénéficiait aux agriculteurs, aux boulangers et aux consommateurs a été sapé par les dérivés financiers créés par les banques d’investissement.

Ces fonds de matières premières ont effectivement détruit la fonction traditionnelle de « découverte des prix » pour les échanges à terme du blé sur les places de Chicago, de Kansas City et de Minneapolis, et ont fait de ces marchés des machines à générer des profits pour les banques et les fonds d’investissement, tout en orientant à la hausse le prix de notre pain quotidien [1].

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Les Intouchables (VOSTFR exclusivité Fortune)

Dans un documentaire décapant, « The Untouchables », la chaîne publique américaine PBS pose la question à 1.000 milliards de dollars : comment expliquer qu’aucun grand dirigeant de Wall Street n’ait été poursuivi en justice après la crise financière de 2008 ?

(Traduction et sous-titrage: Fortune)