Musique : « Merry Xmas from China »

Toby Smith a voyagé au Vietnam en Chine et au-delà. Il s’est donné pour mission de retracer la piste des biens de consommation qui abreuvent nos grandes surfaces. Il finira par se rendre dans le plus important lieu de rendez-vous des acheteurs businessmen, Yiwu.

La ville n’est pas juste connue pour être le plus large marché de biens au monde mais surtout pour sa production saisonnière de produits à destination de l’occident. Après avoir vu ce qu’il a vu, il a décidé de produire cette petite carte-postale vidéo à destination de l’occident.

TPP : Le traité de libre-échange trans-pacifique devient réalité

Les négociations commerciales trans-pacifiques aboutissent. Les douze pays, engagés depuis 2008 dans des négociations sans fin, ont trouvé un accord, confirmé par le Premier ministre japonais et d’ores et déjà salué par le président américain.

Le TPP réunit l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les États-Unis et le Vietnam.

Sud-est asiatique : Et la paix succédera à la guerre

En novembre 1992, Handicap International s’est mobilisée aux côtés de 5 ONG pour fonder la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL), véritable prémices au traité d’Ottawa.

Le 3 décembre 1997, 112 pays signaient le traité d’Ottawa et s’engageaient donc à ne pas utiliser, à ne pas stocker, à ne pas produire, à ne pas transférer vers d’autres pays des mines antipersonnel. Et surtout, ils s’engageaient à détruire les mines antipersonnel restant en leur possession. Ce traité entrait en vigueur le 1er mars 1999, soit un an plus tard.

Chine : Yunnan-Vietnam, une ligne de chemin de fer française… en Chine

À flanc de montagne, ce train traverse la province du Yunnan, à 3.000 kilomètres au sud de Pékin. Il s’agit d’un train historique.

La ligne Yunnan-Vietnam a été imaginée et construite par les Français entre 1903 et 1910. Avant, le voyage durait 25 jours. Avec le train, seulement trois jours et demi. La France voulait drainer le commerce de la Chine vers ses protectorats et colonie d’Asie du Sud-Est.

Aujourd’hui, il reste sur le tracé de cette ligne, des gares à la française qui séduisent les Chinois. Ils sont nombreux à s’y faire prendre en photo. Le long de la ligne, des ouvriers s’activent. Douanes, hangar, cantines des années 20 sont remis quasiment en l’état.

Vietnam : La plus vaste galerie souterraine au monde

Elle est si vaste qu’elle pourrait abriter un Boeing 747 ! Bienvenue à Hang Son Doong, une des plus grandes cavités souterraines de la planète, située dans le nord-Vietnam. Le photographe Ryan Deboodt a passé huit jours à explorer cette grotte, ses galeries interminables, ses fougères géantes et sa forêt vierge. À l’aide d’une caméra embarquée sur un drone, il a capturé la démesure de ce monde souterrain découvert par une équipe de spéléologues en 2009. Une aventure exceptionnelle, ambiance terra incognito.

Futuremag

Japon : Le pire stage du monde

Le Japon doit faire face à une pénurie de main-d’œuvre, notamment dûe au vieillissement de sa population. Pour y pallier, le gouvernement a mis en place un programme de formations et de stages pour attirer les travailleurs étrangers en provenance de Chine, du Vietnam ou des Philippines.

Enquête sur ce programme. Les “stagiaires” peuvent rester jusqu’à trois ans dans le pays, travaillent sans vraiment apprendre de nouvelles techniques – comme le promet pourtant le gouvernement – et sont payés un salaire de misère.

Asie du Sud-Est : Les cyclos, un fléau de santé publique

En Asie du Sud-Est, le coût social et économique des accidents de deux-roues motorisés est considérable. Pourtant, les autorités ne s’en préoccupent guère. C’est une journée comme une autre, chaude et humide, à Phnom Penh. Chhay Hour, un ingénieur de 26 ans qui travaille chez Cambrew, la première brasserie du Cambodge, est en train de négocier ferme une Honda d’occasion dans le district de Prampir Makara, réputé pour ses centaines de boutiques de deux-roues d’occasion.

Ce sera son premier cyclo. Avant, le jeune homme vivait à Sihanoukville [dans le sud du pays] et se rendait à pied de son logement de fonction à l’usine. Mais il vient d’être muté la capitale et devra désormais parcourir 6 kilomètres et demi par jour. D’où la nécessité d’un deux-roues.

Je demande à Hour s’il a le permis. “Qui a besoin d’un permis ? répond-il en riant. Je n’ai pas l’intention de le passer. Ce n’est qu’un bout de papier. Si la police t’arrête, même si tu as le permis, ils trouveront un moyen de te piquer de l’argent. Si la police t’arrête, tu paies, c’est tout.” Cette attitude et cette forme de corruption légère sont généralisées dans toute l’Asie du Sud-Est. Si la police ne prend pas le code de la route au sérieux, pourquoi les citoyens le feraient-ils ?

Seul un quart environ des conducteurs du Cambodge prennent la peine de passer le permis, et 70 % des motocyclistes ignorent le sens du panneau “stop”, selon une étude récente. Cela explique peut-être que le pays soit l’un des plus touchés par le fléau de santé publique le plus ignoré au monde : la montée en flèche du nombre d’accidents mortels qui a accompagné le boom des deux-roues dans les pays en développement.
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Amérique latine : Le libéralisme revient en force

L’Alliance du Pacifique symbolise-t-elle la montée en puissance de la droite libérale et libre-échangiste dans la région, ou une simple réponse aux déçus des gauches, chaviste ou luliste?

En Amérique latine, les partisans du libre-échange ont désormais leur cénacle: l’Alliance du Pacifique (AP). Dernière née des multiples instances d’intégration régionale que le sous-continent n’a cessé de générer depuis les années 1960, cette alliance, qui regroupe quatre pays dotés d’une façade maritime sur le Pacifique –Mexique, Colombie, Pérou et Chili– est née à l’initiative de Lima en 2011, et a été officiellement créée en 2012.

Contrairement à la plupart des blocs existants, plus ou moins politiques et plus ou moins efficaces (le Mercosur, l’Alba, la CAN, l’Unasur et récemment la Celac…), les objectifs de départ de ces pays, surnommés «Pacific pumas», reposent avant tout sur la promotion du libre-échange avec, à la clé, la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes entre les quatre membres (déjà liés entre eux par des accords de libre échange) et le rapprochement économique avec la zone Asie Pacifique.

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La face cachée de la déco à petits prix

Depuis quelques années, les Français sont mordus de décoration. Tout le monde parle couleur, mobilier, design, des émissions de télévision aux magazines grand public. Et toutes les marques s’affrontent pour gagner des parts de ce marché en pleine expansion. En période de crise, la bataille se livre principalement sur le terrain des prix.

Délocalisation, optimisation des chaînes de production, sourcing mondial, tout est bon pour baisser les coûts de revient. Comment les fabricants français survivent-ils dans cet environnement ? Quelles sont les stratégies des marques pour inciter les consommateurs à acheter toujours plus ? Qu’en est-il de la qualité des produits ?

De la France au Vietnam, des cabinets de tendances aux petits ateliers asiatiques, des usines aux entrepôts, ce document lève le voile sur les coulisses de la déco à petit prix.


Entre relocalisation et délocalisation en Afrique, l’âge d’or de l’Asie est-il terminé ?

L’entreprise suédoise H&M vient d’annoncer la délocalisation de plusieurs unités de production de la Chine vers l’Éthiopie. Dans le même temps, un mouvement de relocalisation en Occident d’entreprises déçues par leur transfert en Asie semble s’amorcer, annonçant peut-être la fin de l’attractivité industrielle asiatique.

Ouvriers éthiopiens sous la supervision de contremaîtres chinois

Le troisième renouvellement de l’accord AGOA – African Growty and Opportunity Act – entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, qui autorise l’entrée hors taxe d’exportations africaines sous certaines conditions, suscitera de nouvelles délocalisations vers l’Afrique, et en particulier l’Éthiopie où un fabriquant chinois de chaussures avait déjà décidé d’investir l’année dernière.

Publiée en 2011 une étude de la Banque mondiale comparant plusieurs pays africains à la Chine et au Vietnam, a montré que l’Éthiopie était d’ailleurs le seul pays capable de concurrencer les pays asiatiques pour des productions à haute intensité de main d’œuvre (comme l’habillement ou la fabrique de meubles).

Ces projets montrent que des pays africains peuvent s’engager à leur tour dans le “vol des oies sauvages” qui a débuté avec le Japon, qu’ont suivi ensuite les Nouveaux Pays industriels d’Asie et ensuite les pays du Sud-Est asiatique et la Chine. Mais cette conjoncture ne doit pas faire oublier le contexte. La Chine est devenue depuis 2010 la première puissance manufacturière mondiale (avec 17% de la production par la valeur ajoutée manufacturière mondiale), devant les États-Unis qui avaient ravi cette place au Royaume-Uni à la fin du XIXème siècle.
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Thaïlande : Une bactérie décime les crevettes et bouleverse les prix mondiaux

Depuis six mois, une bactérie touche les élevages de crevettes de Thaïlande. Près de 40 % de la production sont atteints, de quoi bouleverser le marché mondial.

Apparue dès 2010 dans le sud de la Chine et au Vietnam, une infection bactérienne décime depuis la fin de l’année dernière les élevages de crevettes de Thaïlande et bouleverse les marchés mondiaux. Dans le Royaume, près de 40% de la production, qui est en grande partie destinée à l’export, aurait été atteinte.

Aux États-Unis, l’un des grands consommateurs de crevettes asiatiques, les importations thaïlandaises ont déjà chuté de 23% sur les quatre premiers mois de l’année après avoir déjà connu une mauvaise année 2012. Faute d’offre, les prix en gros des crevettes thaïlandaises auraient augmenté en Amérique de près de 20%.

Mais cette hausse ne compense pas les pertes des grands producteurs thaïlandais qui ont sollicité l’aide des autorités de Bangkok. Selon la maison de commerce Global Aquaculture Alliance, citée par l’agence Dow Jones, la maladie pourrait coûter cette année 1 milliard de dollars à l’industrie crevetticole asiatique. Les experts assurent pour le moment que le syndrome de nécrose hépatopancréatique aiguë (ou EMS), qui touche les crustacés, est inoffensif pour l’homme.

Les Échos

Recul des classes moyennes dans les “pays avancés”

Les inégalités ont progressé dans la grande majorité des pays riches, a averti lundi 3 juin l’Organisation internationale du travail (OIT), dans un rapport qui dénonce l’augmentation des salaires des hauts dirigeants et des profits des grandes entreprises. 

[...] La plupart des pays émergents et en développement connaissent une hausse de l’emploi et une réduction des inégalités de revenus, contrairement aux pays à revenu élevé, indique le rapport annuel de l’OIT sur le travail dans le monde.

À l’inverse, les inégalités de revenus ont augmenté dans les économies avancées au cours des deux dernières années, dans le contexte d’une hausse du chômage mondial – dont l’OIT prévoit qu’il passera de 200 millions aujourd’hui à près de 208 millions en 2015.

Des revenus moins inégaux dans les pays émergents
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Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)

Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.

Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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Vietnam : La crise économique frappe le pays de plein fouet

Familles ruinées en bourse, dépressions qui se multiplient ou bonus de fin d’année payés en chaussettes, de plus en plus de Vietnamiens sont touchés par une crise économique dont ils tiennent le gouvernement communiste pour responsable.

Après avoir lancé en 1986 la transition vers l’économie de marché, le Vietnam était vite devenu un modèle pour les pays de la région, grâce à une forte croissance, un afflux d’investissements étrangers et l’émergence d’une classe moyenne.

Mais le pays est désormais en plein marasme économique, à cause de décennies de mauvaise gestion, selon les experts. Et les Vietnamiens ont perdu leurs économies et leur confiance envers le gouvernement communiste.

Ma famille n’a jamais été dans pire situation (…). Tous nos actifs ont disparu“, commente Nguyen Thi Huong, 37 ans, qui travaille dans l’immobilier. Ses revenus se sont raréfiés avec la stagnation du secteur, et elle a perdu tout son argent dans des investissements immobiliers et en bourse.
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Chine : La montée en puissance du pays futur détonateur de la prochaine Guerre mondiale ?

Alors que le Royaume-Uni et la zone euro sont retombés en récession, les Etats-Unis et le Japon sont menacés du même sort. La Chine, elle, continue de prospérer. En se nourrissant d’un déséquilibre commercial international qui ruine les autres pays de la planète, la Chine sera-t-elle l’élément déclencheur du prochain conflit mondial ?

Si dans les années 30, la récession avait été dans l’ensemble plus accentuée que celle que subissent aujourd’hui les pays développés, c’est essentiellement parce que les dirigeants politiques concernés n’avaient pas réagi à hauteur de l’adversité qu’ils subissaient.

Il n’en va pas de même aujourd’hui. Les dirigeants américains, européens et japonais, pour éviter un remake des années 30, se singularisent au contraire par une succession d’initiatives d’une audace extrême.

Fin 2008, faisant fi de l’état de leurs dettes publiques, ils décidèrent, sous l’égide du FMI et de DSK, une opération de relance budgétaire massive et simultanée qui se termina très mal : effet boomerang, les titres de leurs dettes publiques furent attaquées, obligeant le Royaume-Uni à basculer dans une austérité budgétaire marquée dès 2010 et obligeant un nombre croissant de pays de la Zone Euro à adopter eux aussi des politiques d’austérité jamais vues.

Pour faire baisser les taux longs sur leurs marchés obligataires en dépit de la défiance dont leur dette publique faisait désormais l’objet, la Banque d’Angleterre, la Fed, la Banque du Japon et très récemment la BCE elle-même ont osé pratiquer ce qu’elles s’interdisaient jusqu’alors : faire fonctionner la planche à billets, le financement des Etats par la banque centrale qui leur correspond.

Ce qui est alarmant, c’est que toutes ces initiatives de relance, bien que d’une ampleur jamais vue, n’ont accouché que d’une souris. Certes, l’ampleur de la récession est bien moindre que celle subie dans les années 30. Mais jusqu’à présent, les économies des pays développés n’ont redémarré ni significativement ni durablement. Pire, si on interrompait brusquement les perfusions artificielles qui leur sont administrées, ces économies s’effondreraient et on se retrouverait dans l’affreux scénario des années 30.

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La faim prochaine

Nous sommes maintenant à un an d’émeutes au niveau mondial“, affirment des chercheurs de l’Institut des Systèmes Complexes de Cambridge.

Dans un document de 2011, ce groupe de chercheurs a dévoilé une modélisation expliquant les vagues de troubles qui ont secoué le monde entre 2008 et 2011. Le facteur déterminant a été la flambée des prix des denrées alimentaires. Leur modèle a identifié un seuil précis pour les prix alimentaires mondiaux qui, en cas de dépassement, conduirait à des troubles dans le monde entier.

Toute so­ciété n’est qu’à trois re­pas d’une ré­vo­lu­tion.” – Lev Davidovitch Bronstein dit Léon Trotsky

La Technology Review du MIT explique comment fonctionne le modèle de l’ISC : “La déduction provient du croisement de deux sources. La première est constituée des données recueillies par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies, relative à l’indice des prix des denrées alimentaires. La seconde est la date d’émeutes à travers le monde, quelle que soit leur cause, et cela donne ce graphique” :
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Viêtnam : 40 ans après, l’agent orange fait toujours des victimes

Au Vietnam, 40 ans après, l’agent orange fait toujours des victimes. Utilisé massivement par l’armée américaine pour empêcher les soldats vietcongs de se cacher, cet herbicide s’est infiltré dans les terres. Encéphalite, malformations congénitales, leucémie… Des milliers d’enfants naissent aujourd’hui avec de lourds handicaps.

De 1961 à 1971 l’armée américaine a procédé à des épandages massifs de dioxine sur le Vietnam. Au total, entre 2,1 et 4,8 millions de personnes vivant dans 20.000 villages ont été directement affectées.

40 ans après l’épandage, l’agent orange continue de provoquer des décès, des cancers, des leucémies, ou des malformations à la naissance. La croix rouge vietnamienne estime le nombre de victimes à un million.

http://www.dailymotion.com/video/xl84br

(Reportage France24 – 2011)

Asie : La mer de Chine méridionale, une garnison flottante

La mer de Chine méridionale qui s’étire de Singapour, au sud-ouest, à Taïwan, au nord-est, est très convoitée.

Cette zone stratégique pour le commerce maritime mondial dispose d’un fond marin riche en matières premières. Du coup, elle suscite l’intérêt de plusieurs pays de la région comme la Chine, les Philippines, Taïwan, le Vietnam ou encore la Malaisie. La tension s’accroît entre ces pays.

Explications avec Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement.


Re-made in USA : Les multinationales américaines réévaluent leur course à la délocalisation

La publication par General Motors d’un résultat record de 9,2 milliards de dollars arrive à point nommé dans la course à la présidentielle pour Barack Obama. Le renflouement massif par le Trésor américain ressort comme le meilleur actif de son bilan économique, l’encourageant à faire du “re-made in America” l’un des axes majeurs de sa campagne. Esbroufe politicienne en période d’élection ou reconquête en perspective d’une compétitivité industrielle un temps perdue ? Cette possibilité d’une relocalisation d’emplois de Chine vers les Etats-Unis, qui n’est plus aussi inenvisageable, laisse perplexe.

Marqueur politique

Ce qui s’est produit à Detroit peut être décliné dans d’autres industries [...]. Aujourd’hui il devient plus coûteux de produire dans certains pays comme la Chine.” Par ce discours, le Président américain coupe l’herbe sous le pied de ceux qui fustigent son bilan économique. Alors que 51 % des Américains désapprouvent encore sa gestion de l’économie et 59 % sa gestion du budget et du déficit selon les enquêtes récentes, ce thème offensif et tourné vers l’avenir lui permet de se réconcilier avec le “Corporate America”, rappelant au passage le recul du chômage depuis 5 mois consécutifs.

L’habileté n’a pas échappé aux politiques français, ils jouent des coudes pour s’approprier en pleine campagne le marqueur “made in France”, plus vendeur que celui de la réduction de dette. Cependant, “avant de rechercher la réduction des coûts, les industriels sont guidés par le marché. Ils doivent donc être présents sur le territoire chinois dans les années à venir”, réfute Pascal Colombani, senior advisor chez ATKearney. L’industrie américaine a d’ailleurs perdu des parts de marché dans presque tous les secteurs : aérospatiale et défense, technologies de l’information, équipements de télécommunications, automobile… hormis les services financiers. Alors que les 20 premières multinationales américaines détenaient 33 % de leurs actifs à l’étranger en 1990, cette part est montée à 58 % aujourd’hui. Le pari du 44e Président semble donc osé mais le dernier numéro de la Harvard Business Revue (1) démontre qu’il ne manie pas seulement le marketing politique. La revue décrète la fin de la vogue de l’“outsourcing” et la réévaluation par les multinationales de leur course à la délocalisation.

Perte de compétitivité chinoise

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Vietnam : Financements français et européens pour la première ligne de métro de Hanoï

Addendum : Les 110 millions de l’Agence française de développement proviennent également de l’État français. Le coût total du financement français s’élève donc à 360 millions d’euros.

La Banque d’État du Vietnam a demandé à la VietinBank de débloquer plus de 783 millions d’euros pour le projet de ligne de métro Nhon – Gare-de-Hanoï.

Le plan de financement inclut 293 millions d’euros de la Banque asiatique de développement (BASD), 250 millions d’euros d’aide du gouvernement français et 130 millions par la municipalité d’Hanoï.

Enfin, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) se sont mobilisées à hauteur de 110 millions d’euros pour la première et 73 millions d’euros pour la seconde.

Soumise à une population grandissante et toujours plus motorisée, la capitale vietnamienne cherche à décongestionner son trafic. Le bus ne pouvant plus répondre aux enjeux transports de la ville, un plan directeur ambitionne de créer cinq lignes de métro dans l’agglomération d’ici à 2030. La ligne Nhon – Gare-de-Hanoï est considérée comme une ligne pilote. Longue de 12,5 km (8,5 en aérien, 4 km en souterrain), elle devrait entrer en service au troisième trimestre de 2015. On estime son trafic à 157 000 passagers par jour.

Ville-Rail-Transports

(Merci à Quentin)

La troisième guerre mondiale a-t-elle déjà commencé?

par Myret Zaki

Les provocations se multiplient de part et d’autre. Faire tomber le régime syrien permettrait à Israël d’attaquer l’Iran. Mais cette fois, Chine et Russie se posent en défenseurs de Damas et Téhéran. Israël tente à tout prix d’entraîner dans le conflit Washington, qui résiste.

Bruits de bottes américaines aux portes de la Syrie et de l’Iran; sanctions occidentales contre l’Iran; menaces iraniennes de blocus du détroit d’Ormuz; flambée du pétrole à 125 dollars le brent; embargo occidental contre la Syrie; soutien ouvert des Russes et Chinois à Damas et à Téhéran. Pas de doute, les conditions sont réunies pour une troisième guerre mondiale, dans une région abritant 54% des réserves de pétrole. Et le conflit a, peut-être, déjà commencé. Le survol de la Syrie et de l’Iran par des drones américains (lire l’encadré p.38), le refus iranien d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 22 février, l’attentat manqué prêté à l’Iran contre l’Ambassade israélienne à Bangkok, la détermination de Tel-Aviv à bombarder les installations iraniennes (dès juillet, selon des médias israéliens) pour maintenir son exception nucléaire dans la région, les menaces iraniennes, le 21 février, d’une attaque préventive contre Israël, sont autant d’actes potentiels de guerre.

Dans le camp occidental, il s’agit d’abord d’intervenir contre Damas, puis dans un second temps contre Téhéran. Cette fois cependant, Washington peine à mobiliser l’opinion publique mondiale: les conditions ne sont pas réunies pour un «Irak II». D’une part, les mensonges américains concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak sont encore présents dans les mémoires. Les médias sont-ils aussi manipulés sur la question du nucléaire iranien? Il convient d’entendre au moins les différents sons de cloche. Comme celui de Clinton Bastin, ancien responsable des programmes de production nucléaire américains, qui a tenté en vain d’alerter les autorités et les médias: «Les allégations américaines sont fausses, déclare-t-il au magazine 21st Century Science & Technology fin 2011. L’Iran a une centrale nucléaire, mais n’a pas l’arme nucléaire. Il lui faudrait dix à quinze ans pour l’acquérir. Et même alors, Israël dispose de 400 armes nucléaires, testées et prêtes à l’emploi. Téhéran serait idiot de poursuivre cette voie.» Selon cet expert, le réacteur iranien utilise 20% d’uranium enrichi. Pour devenir une arme, il faudrait qu’il en utilise 90%, ce qui sera très difficile à réaliser; ensuite, il faudrait encore convertir le gaz en métal, technologie complexe et à très haut risque, dont l’Iran ne dispose pas aujourd’hui, et dont l’activité serait immédiatement détectée par l’AIEA. «Les inspecteurs de cette agence, estime Clinton Bastin, sont incompétents en matière de production d’armes nucléaires. Les plans qu’ils ont vus en Iran ne sont pas authentiques, ils ont été entièrement fabriqués par des dissidents iraniens», estime-t-il.

Intimidations russes

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Mondialisation, délocalisations, dumping

Tribune libre de Paysan Savoyard, faisant suite à celles parues les 08 avril 2010, 13 juin 2010 et 24 septembre 2010, ces différents articles composant une série consacrée aux politiques économiques et sociales suivies depuis cinquante ans.

Le processus de libéralisation entrepris dans les pays industrialisés à la fin des années 1970 (voir la tribune parue le 24 septembre 2010) s’est accompagné de la mondialisation de l’économie de marché. La mondialisation est le processus qui conduit d’une part la plupart des pays de la planète à adopter l’économie de marché et qui les amène d’autre part à développer entre eux des échanges économiques croissants, échanges qui concernent les biens, les services et les capitaux.

  • La mondialisation : une application des thèses libérales

La mondialisation constitue une application des thèses économiques libérales :

- Le libéralisme préconise en effet que les différents marchés nationaux soient ouverts les uns aux autres. L’ouverture des marchés est profitable pour deux raisons. Elle accroît la concurrence, puisque les acteurs sont plus nombreux, en bénéficiant aux entreprises efficaces à qui elle permet une augmentation du nombre de leurs clients. Elle permet également à ces entreprises des « économies d’échelle » dans le processus de production. Pour ces raisons, le libéralisme prohibe le système inverse : le protectionnisme.

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Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Asie : Les pénuries d’eau vont s’aggraver et menacer les économies

Les pénuries d’eau vont s’aggraver en Asie, menaçant la production alimentaire et les économies des pays de la région, a prévenu la Banque asiatique de développement (ADB) dont le siège est à Manille.

Les gouvernements, les industries et les populations doivent de toute urgence cesser de gaspiller l’eau s’ils veulent limiter ces pénuries, a souligné Arjun Thapan, conseiller dans le domaine des infrastructures au sein de ADB.

La crise de l’eau va certainement s’aggraver en raison des changements climatiques, l’industrialisation rapide, la pollution, la modification des habitudes alimentaires et la poussée des biocarburants. Cette crise de l’eau aura avant tout un impact sur “la production alimentaire et les investissements dans le secteur de l’énergie” et par répercussion “sur la croissance économique dans son ensemble.”

La consommation en eau dans nos villes, par nos systèmes d’irrigation, nos systèmes de production et notre industrie en général est extravagante“, a déclaré M. Thapan, lors d’une conférence organisée par l’institution financière qui a pour but de réduire la pauvreté et améliorer la qualité de vie au sein de ses pays membres.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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Hausse des salaires : la Chine va-t-elle fermer l’atelier du monde ?

L’empire du milieu réévalue à la hausse les salaires des Chinois sur fond de crise sociale. Si c’est une bonne nouvelle pour le marché intérieur chinois, les vendeurs de vêtements et accessoires au détail songent désormais à délocaliser vers des pays tels que le Vietnam et l’Inde, dont la main-d’œuvre est moins chère. La Chine peut-elle rester l’atelier du monde ?

Les vendeurs de vêtements et accessoires au détail, tels que l’américain AnnTaylor Stores Corp. et Coach Inc., songent à relocaliser une partie de leur production dans des pays bon marché. Même envie chez la marque Guess, qui compte désormais construire sa capacité de production au Vietnam, au Bangladesh, au Cambodge et en Inde.

Le coût de la main-d’oeuvre s’élève à 1,84 dollar par heure en Chine chez les producteurs de vêtements, en hausse de 14% en 2009. En Inde, la main-d’oeuvre se paie plus cher, à 2,99 dollars par heure, en hausse de 17% en 2009. La meilleure opportunité pourrait bien être le Vietnam où la main-d’oeuvre se paie 49 cents par heure avec une hausse de 2% en 2009.

Les récentes augmentations du salaire minimum ont fait augmenter le coût de la main d’œuvre chinoise de 5% à 15% en moyenne cette année (+20% dans la province de Guangdong).

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BP a provoqué la catastrophe en voulant faire des économies

British Petroleum a effectué une série de raccourcis visant à économiser de l’argent et commis des bévues qui ont considérablement accru le danger d’une marée noire destructrice, dans un puits qui avait été qualifié de «cauchemar» par un ingénieur seulement six jours avant l’explosion, indiquent des documents publiés lundi, qui jettent une autre lumière sur les causes du désastre.

Le comité du commerce et de l’énergie de la Chambre des représentants a dévoilé des dizaines de documents internes, qui soulignent divers problèmes sur la plateforme en eaux profondes, dans les jours et les semaines ayant précédé l’explosion du 20 avril. Le comité a fait enquête sur l’explosion et ses conséquences.

Les représentants démocrates Henry A. Waxman et Bart Stupak ont affirmé que des décisions ayant augmenté le risque d’une explosion, semblent avoir été prises par BP, dans le but d’épargner à la compagnie du temps ou de l’argent. Si c’est le cas, ont estimé les deux hommes, l’«insouciance» et la «complaisance» de BP ont infligé un lourd fardeau au golfe, à ses habitants et aux travailleurs sur la plateforme pétrolière.

Par ailleurs, les enquêteurs du Congrès ont identifié plusieurs erreurs commises dans les semaines ayant précédé le désastre, alors que la compagnie prenait beaucoup de retard dans le forage du puits.

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Crash Course – 9

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 9: Une Brève Histoire de L’Argent aux USA

Avant de passer à l’actualité, il est vital de savoir comment nous sommes arrivés ici.

Je vais maintenant présenter une version abrégée de l’histoire monétaire récente des États-Unis. Le but de cette section est de vous montrer que le gouvernement des États-Unis a radicalement changé les règles en temps de crise et que notre système monétaire est vraiment beaucoup plus récent que vous ne le pensez.

Après la panique de 1907, lorsque le banquier privé J.P. Morgan est intervenu en tant que prêteur de dernier ressort, les banques ont commencé à faire pression pour une solution gouvernementale. Il a finalement été décidé en 1913 d’un cartel parrainé par le fédéral, appelé la Réserve Fédérale, qui semble gouvernementale mais ne l’était vraiment pas. Les actions de la Réserve Fédérale devaient être détenues par ses banques membres, et non pas le gouvernement des États-Unis, ni le public, ce qui est toujours le cas aujourd’hui.

Donc, ce que nous appelons la Réserve Fédérale est actuellement le cartel bancaire parrainé par le gouvernement fédéral, autorisée à créer de l’argent “ex nihilo.

Une bulle spéculative alimentée par la Réserve Fédérale jusqu’aux années 1930 a éclaté produisant de nombreuses défaillances de banques, ce qui a réduit la masse monétaire de près d’un tiers en trois ans. Malgré qu’elle était agréé comme prêteur de dernier ressort, la Réserve Fédérale n’a pas su mettre fin à un effondrement catastrophique du système bancaire.

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Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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OTAN + Afghanistan = coût pour la France, plus de 430 millions d’euros par an !

Quel est le coût du retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan ? Quel est le coût de la guerre en Afghanistan ?

Bernard Kouchner au QG de l'OTAN à Bruxelles, décembre 2009

En ce qui concerne cette dernière, il ne faut pas perdre de vue l’excellente analyse du CF2R, le centre de recherche sur le renseignement français, qui n’hésite pas à comparer la guerre en Afghanistan au Vietnam.

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Des guerres de l’eau à l’horizon

La seule véritable «guerre de l’eau» est intervenue entre deux cités-États de Mésopotamie… il y a quelque 4 000 ans.. Mais l’ONU presse les gouvernements d’intégrer la politique hydrique à leur agenda prioritaire.

Quand on entend parler du Yé­men, on pense souvent au recrutement de terroristes d’Al-Qaïda, comme l’auteur de l’attentat raté de Noël dans un avion de la Northwest Airlines. Mais la montée de l’intégrisme n’est pas la me­na­ce la plus grave à peser sur le Yémen. Le plus grand danger auquel doit faire face ce pays, c’est le manque d’eau.

La capitale yéménite, Saana, pourrait bientôt être à sec. «L’eau est la préoccupation principale des Yéménites au quotidien, selon Rianne Tenveen, qui travaille sur le terrain pour le Secours islamique. Ici, les gens passent une bonne partie de leur journée à réfléchir à la façon dont ils vont obtenir de l’eau et à se demander s’ils en auront assez.»

Selon les prédictions, les réserves d’eau de Saana – la capitale du pays – devraient être asséchées d’ici 2015. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le Yémen, mais aussi pour les pays voisins. «Le Yémen est un pays instable et a une économie en lambeau,» affirme Eugene Chausovsky, géopolitologue à la firme de renseignement Stratfor.

Selon l’ONU, le défi est maintenant de faire en sorte que les gouvernements intègrent la politique de l’eau à leur agenda prioritaire, au même titre que l’économie, l’énergie ou la sécurité. La coopération pour le développement doit y contribuer. Les innovations technologiques (notamment pour l’assainissement) et une coopération internationale accrue seront déterminantes pour prévenir les affrontements que pourrait susciter cette ressource en voie de raréfaction.

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Les pays pauvres s’offrent… des armes de guerre

Un rapport de l’Institut international pour la paix démontre que la course aux armements est engagée dans des pays pauvres, tant en Amérique du Sud qu’en Asie du Sud-Est. Les avions de combat figurent en tête des achats.

Dans son rapport annuel sur le commerce des armements portant sur la période 2005-2009, l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, souligne qu’au niveau planétaire, les ventes d’armes ont été supérieures de 22 % à ce qu’elles ont été en 2000-2004.

Une course aux armements a opposé, ces cinq dernières années, des pays pourtant pauvres, où l’argent consacré à l’achat d’armes, avions de combat en tête, aurait pu être utilisé à meilleur escient, constate l’Institut.

A l’échelle mondiale toujours, «les avions de combat ont représenté 27 % du volume total de transferts d’armes» sur la période étudiée. En 2009, les avions de combat ont constitué 40 % des ventes d’armes conventionnelles russes et 39 % des américaines.

«Les commandes et les livraisons de ces armes potentiellement déstabilisantes ont conduit à une course aux armements dans des régions où règne la tension : Proche-Orient, Afrique du Nord, Amérique du Sud, Asie du Sud et Asie du Sud-Est», note le Sipri.

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La Chine surestime-t-elle dangereusement sa puissance ?

Par Ambrose Evans-Pritchard

La Chine a succombé à l’hybris. Elle a confondu la diplomatie soft de Barack Obama avec de la faiblesse, la crise du crédit américaine avec un déclin, et sa bulle mercantiliste avec une montée en puissance. Il y a là comme un écho des querelles anglo-allemandes avant la Première Guerre mondiale, lorsque Berlin avait terriblement mal évalué l’équilibre stratégique des puissances et surjoué ses atouts.

Dans moins d’un mois, le Trésor américain doit statuer sur le fait que la Chine « manipule » sa devise, ce qui, en vertu de la loi américaine, entrainerait des sanctions. Précédemment, Washington avait fait l’impasse, mais nous sommes désormais dans un monde différent, lorsque le taux de chômage U6 atteint 16,8%. [L’indicateur U6 prend en compte le chômage, le sous-emploi et les travailleurs découragés de rechercher un emploi - NDT]

« Il leur sera vraiment difficile d’éluder à nouveau le fait évident que la Chine manipule [sa devise]. Sans une menace crédible, nous n’arriverons à rien », juge l’économiste Paul Krugman, lauréat du prix Nobel.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao reste intraitable.

« Je ne pense pas que le yuan soit sous-évalué. Nous nous opposons à ce que les nations se pointent du doigt les unes les autres, ou même forcent un pays à apprécier sa monnaie », a-t-il déclaré hier [le 13 mars 2010]. Une fois encore, il a exigé que les Etats-Unis prennent des « mesures concrètes pour rassurer les investisseurs » sur la stabilité des actifs américains.

« Certains disent que la Chine est devenue plus arrogante et dure. Certains mettent en avant la théorie d’un soi-disant triomphalisme chinois. Ma conscience reste sereine, malgré les calomnies de l’extérieur », a-t-il affirmé.

Quelques jours auparavant, le Conseil d’Etat avait accusé l’Amérique de turpitudes en série : « aux Etats-Unis, les droits civiques et politiques des citoyens sont sévèrement restreints et violés par le gouvernement. Les droits des travailleurs sont gravement enfreints, ».

« Les Etats-Unis, par leur forte puissance militaire, ont exercé une hégémonie sur le monde, foulant aux pieds la souveraineté des autres pays et violant leurs droits de l’homme. »

« À une époque où dans le monde les droits de l’homme souffrent d’une grave catastrophe provoquée par la crise financière mondiale induite par la crise américaine des subprimes, le gouvernement américain se réjouit d’accuser d’autres pays. » Et ainsi de suite.

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Une nouvelle Magna Carta pour les temps modernes

Par Hugo Salinas Price, Président de la « Mexican Civic Association Pro Silver »

La «Magna Carta» (1215) a été le premier document imposé à un roi anglais par un groupe de ses sujets (les barons) en vue de limiter ses pouvoirs par la loi et de protéger leurs privilèges.

Imaginons le président Obama à la place du roi d’Angleterre et que le groupe du G-20 qui se réunit régulièrement représente les barons d’Obama. Les barons d’aujourd’hui, – les présidents des pays du G-20 -, sont très affairés. Ils ne sont pas satisfaits de la manière dont le roi Obama procède.

Malheureusement, ils n’ont pas la jugeote d’exiger ce dont ils ont réellement besoin, c’est-à-dire un retour à l’étalon or. Mais peut-être n’ont-ils pas la jugeote nécessaire parce qu’ils ignorent que c’est d’un retour à l’étalon or dont ils ont besoin.

La profession d’économiste a été réduite à néant par les interférences de la profession bancaire dans la discussion publique sur les problèmes économiques à un point tel que même les conseillers des barons ont oublié ce qui les a conduit dans la triste situation où ils se trouvent.

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L’Asie inaugure la plus grande zone de libre-échange du monde

A compter du 1er janvier 2010, la Chine et les pays de l’Asean auront supprimé les droits de douane sur 7.000 groupes de marchandises et services, couvrant 90 % de leurs échanges. En Asie du Sud-Est, des industriels redoutent de disparaître sous l’afflux de produits bon marché chinois.

La vie de millions d’entreprises d’Asie va se retrouver bouleversée ce soir, à minuit [31 décembre 2009], lors de l’entrée en vigueur officielle dans la région de la plus vaste zone de libre-échange du monde, [peupl]ée par près de 1,9 milliard d’habitants. Lire la suite

Les chantiers navals sud-coréens perdent leur première place mondiale

L’année 2009 marque la fin d’une époque pour la construction navale sud-coréenne. Elle a perdu la première place mondiale qu’elle occupait depuis février 2000, au profit de la Chine. Entre le 1er janvier et le 9 novembre, les chantiers chinois ont reçu 52,3% des commandes passées, contre 31,8% pour ceux de Corée du Sud.

Le boom de la construction navale durait depuis 2003. Tandis qu’ils enregistraient, avant 2008, une dizaine de commandes chaque mois, les géants Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering (DSME) n’en ont reçu aucune en octobre. Samsung Heavy Industries n’en a obtenu que trois. Le revirement de tendance a déjà causé les cessations de paiements de deux petits chantiers, SNC Shipbuilding et C & Heavy Industries.

Le secteur est très affecté par la baisse du commerce mondial. En 2009, celui-ci devrait se contracter de plus de 10% en raison de la crise économique, un chiffre “sans précédent”, a averti à Séoul, lundi 7 décembre, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Lire la suite