Les pays qui préoccupent les investisseurs

A plus ou moins brève échéance, ces pays pourraient se retrouver en défaut de paiement. Tour d’horizon.

Les pays proches du défaut

Le Venezuela se retrouve complètement asphyxié. Entre la baisse du prix du pétrole qui représente la principale source de devises étrangères du pays, et le fait qu’il doit importer la quasi-intégralité de ses besoins en produits manufacturés, les réserves de changes ont fondu.

Elles ont atteint en juin 16,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau en douze ans. La crainte est donc importante que le Venezuela manque de cash pour faire face à sa prochaine échéance de dette. D’autant qu’il ne peut faire appel aux marchés de dette, sauf à un prix exorbitant, ni au FMI qu’il a quitté en 2007.
Lire la suite

Le Venezuela menacé de cataclysme économique

Le Venezuela, qui tire l’intégralité de ses ressources de l’or noir, est frappé par des pénuries et l’inflation, et menacé de banqueroute.

Un cas d’école. Le Venezuela illustre jusqu’à l’absurde les effets désastreux du « socialisme du XXIe siècle » du régime de feu Hugo Chavez, conjugués aux revers de la rente pétrolière. Assis sur les principales réserves d’or noir de la planète, en incluant les ressources non conventionnelles de l’Orénoque, ce qui ne l’empêche pas, paradoxalement, de subir de régulières coupures d’électricité, Caracas est frappé de plein fouet par la chute des cours.

Le pays tire 96 % de ses revenus à l’exportation du pétrole, qui fournit les deux tiers des recettes de l’État. Le déficit budgétaire atteindrait 20 % du PIB. Lequel devrait reculer de 7 % cette année.

Conséquence de ce revers de fortune conjugué à une politique économique inspirant tout sauf la confiance des investisseurs, la devise est en chute libre.

Sur le marché noir, le bolivar est tombé à 640 pour 1 euro, contre 400 il y a trois mois… et 15 il y a deux ans.

Ce qui renchérit d’autant les produits importés, c’est-à-dire la quasi-totalité des produits consommés au Venezuela, puisque très peu d’industries locales ou d’exploitations agricoles ont survécu au modèle de développement instauré par le prédécesseur du président Nicolas Maduro.

Pire inflation de la planète
Lire la suite

Sables bitumineux : le point tournant

Le pétrole extrait facilement tire à sa fin. Bienvenue à l’ère des sables bitumineux. Dans cette transition, la nature idyllique et les Premières Nations font les frais de cette course effrénée à l’énergie.

Toutefois, personne ne s’attendait à ce que les Autochtones ripostent avec force. Ce documentaire troublant constitue une incursion dans le combat très inégal qui fait rage au sein du plus important problème environnemental de notre génération.

France (2011)

Le Venezuela au bord du défaut de paiement (Màj)

Addendum : l’économie vénézuélienne plombée par la chute des prix du pétrole


Addendum : conséquence de la grave pénurie qui touche les biens de première nécessité, des files d’attente se forment devant les supermarchés et les pharmacies

Pour Krisbell Villarroel, mère célibataire de 22 ans avec deux filles de cinq ans et un an, le quotidien se résume désormais à un réveil matinal, des heures à faire la queue, puis la revente des produits achetés auprès de ses clients, qui paient un supplément pour récompenser ses efforts.
Lire la suite

Venezuela : L’hyperinflation menace

Au Venezuela, le tarif du BigMac a doublé en un an, illustration d’une hausse continue des prix, notamment ceux des aliments et des médicaments, qui fait ressurgir le spectre de l’hyperinflation dans ce pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde.

La Banque centrale ne diffuse plus depuis trois mois les chiffres de l’inflation (elle s’établissait à 63,4% par an fin août, parmi les plus élevées au monde) mais les Vénézuéliens sentent leurs bolivares partir en fumée chaque jour un peu plus dans une économie totalement dépendante de ses importations.

Exemple ‘ En septembre 2013, le fameux hamburger accompagné de frites et d’un soda, très apprécié au pays de la “révolution bolivarienne”, coûtait 125 bolivares. En novembre 2014, il s’affichait à 245 bolivares.

Et si ce sandwich n’a pas disparu des comptoirs, ce n’est pas le cas de nombreux produits alimentaires, qui disparaissent des étals parfois durant des mois.

Sous couvert d’anonymat, une employée de cette célèbre chaîne de restauration rapide nord-américaine a raconté à l’AFP que “pratiquement chaque mois, nous changeons la carte et nous augmentons les prix. C’est cette année que nous l’avons fait le plus souvent”.

“En novembre, un salaire permettait d’acheter 13% de produits de moins qu’il y a 12 mois”, affirme à l’AFP Henkel Garcia, directeur du cabinet Econométrica.

Selon lui, l’inflation entre septembre et décembre pourrait flirter avec les 5% par mois, un pronostic formulé par de nombreux autres économistes.
Lire la suite

Pétrole : « Le cours continuera de baisser jusqu’à ce que les producteurs américains sortent du marché »

La stratégie de l’OPEP sur la production de pétrole brut entraînera un effondrement de l’industrie de du pétrole de schiste américain, a estimé Leonid Fedun, vice-président du géant pétrolier russe Lukoil, dans le cadre d’une interview à Londres.

Fedun a fait cette déclaration à la suite de la réunion des 12 membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) qui a eu lieu jeudi Vienne. Ils devaient discuter de la possibilité de réduire le niveau de production pour tenter de juguler la baisse des cours que l’on observe actuellement.

Depuis le mois de juin dernier, où il était à 115 dollars, le cours du baril de pétrole a perdu plus de 40 dollars, principalement en raison de l’arrivée sur le marché du pétrole de schiste venant des États-Unis, mais aussi de la baisse de la demande de la Chine et de l’Europe. 

Le Venezuela, le Nigeria, l’Iran, l’Irak et l’Equateur, des pays qui ne détiennent pas des réserves financières aussi importantes que les pays du Golfe pour compenser la perte de revenus liée à cette baisse des cours, souhaitaient que l’Organisation décide de réduire sa production pour permettre une remontée des cours. Mais la majorité des pays membres, et notamment l’Arabie Saoudite, ont décidé le maintien du niveau de production actuel.
Lire la suite

Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

Lire la suite

Venezuela : L’industrie automobile s’effondre faute de devises

Les Vénézuéliens, qui disposent d’autoroutes gratuites et d’essence quasiment offerte, peinent à acheter des voitures en raison de la chute vertigineuse de la production locale et doivent les attendre plus d’un an, assis sur des montagnes de bolivares se dépréciant chaque jour.

Les lignes d’assemblages au Venezuela tournent au plus bas, produisant à peine un cinquième des véhicules montés l’année dernière. Quatre des sept assembleurs du pays – Toyota, Ford, Chrysler et Iveco – ont dû peu à peu suspendre leur production depuis février, faute de pouvoir importer des pièces détachées.

En raison du strict contrôle des changes instauré depuis 2003 au Venezuela, tout acteur économique souhaitant disposer de devises pour importer biens et produits doit en faire la demande aux autorités, qui les délivrent au compte-goutte. Le patronat affirme que le secteur automobile a perçu en 2014 seulement 1 % des devises accordées aux importateurs.

En 5 ans, la production a baissé de 50 %
Lire la suite

Venezuela : la classe moyenne contre insécurité et pénurie

Elle tape sur des casseroles, défile dans les rues ou construit des barricades avec des poubelles, la classe moyenne vénézuélienne manifeste à tout âge et sous toutes ses formes depuis le 4 février son ras-le-bol contre l’inflation, les pénuries alimentaires et l’insécurité dans leur pays, une des principales puissances pétrolières de la planète. C’est la pire contestation affrontée par le président Nicolas Maduro, l’héritier d’Hugo Chavez, la figure de proue de la gauche latino-américaine décédée le 5 mars 2013, il y a presqu’un an.

Venezuela : L’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent (Màj)

Addendum (prenant le contrepied de l’article ci-dessous) : Le menu Big Mac de Cararas

[...] Une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

grafico31De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %.

Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

Lire la suite

Le tsunami qui affecte les monnaies des économies émergentes

Les marchés mondiaux des devises ont été très agités la semaine dernière et les monnaies de plusieurs pays émergents ont subi une avalanche de dépréciations. Le rouble est tombé à son niveau le plus bas depuis 5 ans, et le peso argentin a perdu 15%.

http://img4.hostingpics.net/pics/273472tsunami.jpg

Les marchés des changes commencent à réagir à l’arrêt progressif de la politique monétaire américaine de rachat des bons du Trésor, mais aussi au ralentissement de la croissance chinoise.

Mais on assiste également à un changement de méthode. Par le passé, les marchés financiers raisonnaient de façon globale, lorsqu’ils considéraient les pays émergents, les envisageant comme un tout. Mais ce n’est plus le cas, explique Izabella Kaminska du Fiancial Times. Désormais, ils les individualisent de plus en plus pour établir leurs décisions d’investissement.

Au Venezuela, en Argentine et en Ukraine, ce sont les problèmes causés par une gestion critiquable des autorités qui menacent la stabilité économique. Les deux premiers pays sont confrontés à une inflation massive et des relations dysfonctionnelles avec les marchés mondiaux. S’ils échouent à mener des réformes importantes, ils risquent d’entrer dans de très graves difficultés. En Ukraine, beaucoup de choses vont dépendre de la façon dont la crise actuelle évolue.

Lire la suite

Venezuela : Pénuries et inflation

Dans un marché de Caracas, Juan compte une liasse de billets chiffonnés pour régler une douzaine d’oeufs et de la farine de maïs. «Merde! C’est de la folie!», s’énerve-t-il, las de devoir composer avec une inflation record qui culmine à 29% depuis le début de l’année.

Nicolás Maduro, successeur d’Hugo Chavez à la présidence du Venezuela

Et dans les files d’attente, nombreux sont ceux qui perdent leur sens de l’humour. «C’est horrible! Comment un pays pétrolier peut-il tant dépendre des importations? On ne produit rien ici», s’énerve encore un septuagénaire, artiste peintre du quartier de Guarataro, dans l’ouest de la capitale.

Sa frustration, dit-il à l’AFP, «ne vient pas de nulle part». Le Venezuela accuse en effet un taux d’inflation record en Amérique latine, aggravé par des pénuries fréquentes de produits de base. Le papier toilette, le dentifrice, le savon, les couches et les serviettes hygiéniques figurent en tête des articles les plus recherchés par les Vénézuéliens.

Disposant des premières réserves de pétrole au monde, le pays importe la quasi totalité de ce qu’il consomme. Mais les dollars manquent, principalement en raison d’un contrôle rigoureux des changes instauré par les autorités il y a une décennie pour limiter la fuite de capitaux.

Ce contexte, conjugué aux strictes contraintes imposées aux importateurs, place les Vénézuéliens face à de graves problèmes d’approvisionnement.

L’indice des pénuries a été évalué à 19,4%, par la Banque centrale, alors que l’inflation avoisine les 20% depuis plusieurs années.

«On doit faire des miracles»
Lire la suite

Vénézuela : L’inflation provoque une pénurie de papier toilette

L’assemblée nationale du Venezuela a voté mardi un budget spécial de 79 millions de dollars pour tenter de résoudre la pénurie de papier toilette et de produits d’hygiène. La somme devrait permettre d’importer 39 millions de rouleaux de papier toilette, 50 millions de serviettes hygiéniques, 17 millions de couches jetables, 10 millions de pains de savon et 3 millions de tubes de dentifrice.

Les commerces vénézuéliens sont actuellement à court de produits d’hygiène, une pénurie à imputer selon certains analystes au système de contrôle des prix mis en place en 2003 par l’ancien dirigeant Hugo Chavez. L’actuel président Nicolas Maduro maintient cependant que les pénuries chroniques dont est victime le pays sont le résultat d’un complot, orchestré par l’opposition.

Le Venezuela connaît l’inflation la plus importante d’Amérique latine, à environ 25%, selon la BBC. Le prix des biens de première nécessité est plafonné afin que tout le monde puisse y avoir accès malgré la forte inflation, rappelle la chaîne France 24. Ainsi, des centaines de produits ne peuvent se vendre au-dessus d’un certain prix maximum, fixé par l’État.

Comme l’importation du papier toilette – qui n’est pas fabriqué au Venezuela en quantité suffisante – coûte plus cher à cause de l’évolution du taux de change entre le bolivar et le dollar, les entreprises trouvent peu rentable de s’en procurer, puisqu’elles savent qu’elles ne pourront pas revoir à la hausse le prix de vente.

7Sur7

Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
Lire la suite

« Faut-il renoncer à la démocratie ? »

Par Alexandre Latsa

« Faut-il supprimer la démocratie » est une citation du « sage et démocrate » Jacques Attali. Celui-ci a en effet le 18 mars dernier signé un article absolument incroyable où il pose la question de l’opportunité de songer à appuyer, aider et compléter les structures et institutions démocratiques afin de pérenniser leur efficacité.

Jacques Attali prend l’exemple de l’élection verticale et à vie du pape, puis de l’élection de la nouvelle présidence chinoise pour 10 ans, en remarquant que les deux fonctionnent selon le principe du parti unique, en portant au pouvoir quelqu’un du sérail sans consulter le peuple. Ensuite, il constate les échecs du système démocratique italien incapable de permettre l’émergence d’un gouvernement stable après les élections législatives du mois dernier. L’Italie serait d’après lui l’exemple type de l’échec du fonctionnement des systèmes démocratiques, le politique étant contraint de sacrifier l’avenir à long terme du pays (en aggravant la situation économique) pour assurer sa réélection.

Serait-il tombé sous le charme des partis uniques parce que la démocratie montre ses limites? Pas du tout, il propose une troisième voie. Construire (en parallèle des institutions démocratiques) de nouvelles assemblées consultatives, composées de gens choisis, qui nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, ces derniers constitueraient une assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques. Ces assemblées seraient toujours selon lui destinées à équilibrer des pouvoirs politiques qui seraient mieux en mesure d’exécuter leur mission: la gestion de la « cité ».

Lire la suite

L’épopée de l’or noir

Documentaire en 6 épisodes réalisé par Jean-Pierre Beaurenaut et Yves Billon

Envis­agée sous tous ses aspects – géopoli­tique, économique, écologique, technique – l’épopée de l’or noir épouse étroite­ment les péripéties les plus marquantes de la grande his­toire dont elle a pro­fondé­ment mod­i­fié le cours.

Épisode 1 : l’âge d’or des majors

Épisode 2 : le nation­al­isme pétrolier
Lire la suite

Jean-Claude Michéa à propos du décès d’Hugo Chavez

Jean-Claude Michéa, philosophe et essayiste vient de publier aux éditions du Climats “Les Mystères de la gauche, de l’idéal des lumières au triomphe du capitalisme absolu“. Janette Habel, est maître de conférences à l’Institut des hautes études d’Amérique latine.

“En Amérique Latine, contrairement à la gauche occidentale, les différentes gauches ont su conserver un rapport minimal avec la vieille tradition socialiste, dans laquelle la notion de patrie joue un rôle central.”

(Merci à Eisbär)

Venezuela : Caracas rapatrie la quasi-totalité de son or placé à l’étranger (Rediff.)

(Article publié le 31 janvier 2012)

Le Venezuela a rapatrié son dernier convoi d’or déposé à l’étranger, un plan annoncé en août 2012 par le président Hugo Chavez qui souhaitait notamment protéger des réserves estimées à 9 milliards de dollars des turbulences financières en Europe et aux États-Unis.

C’est la dernière phase de ce plan qui s’est déroulé de la Banque centrale du Venezuela (BCV), Nelson Merentes, lors de la réception du convoi à l’aéroport international de Caracas, selon des images retransmises par la chaîne de télévision officielle VTV.

Le Venezuela maintenait 211,35 tonnes d’or principalement dans des banques européennes, d’une valeur totale de 11 milliards de dollars, dont il a rapatrié la majeure partie en 3 convois. Plus de 80% de ces stocks étaient déposés au Royaume uni, principalement dans les coffres de la Bank of England.

C’est un acte de prudence financière, et aussi de souveraineté de détenir l’or ici comme nous l’avions toujours fait, a déclaré M. Merentes, rappelant qu’une bonne partie de ces réserves avait été déposée à l’étranger entre 1986 et 1992.
Lire la suite

Amérique latine : Quand Washington observe Pékin

« Zou chuqu » est une expression officielle utilisée par le gouvernement chinois. Elle décrit l’invitation faite aux entreprises du pays – notamment celles portées vers les marchés internationaux auxquelles il est directement associé – pour qu’elles se déploient et investissent activement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Ce slogan pourrait se traduire par « aller au dehors » ou « sortir au loin ». Il revêt des dimensions géoéconomiques, géopolitiques et géoculturelles intégralement analysées et mises en perspective dans une récente livraison de la publication universitaire britannique The China Quarterly Special Issues [1].

Peu présente dans la région  avant les années 2000, et ce malgré l’existence de relations officielles développées avec plusieurs pays latino-américains depuis les années 1960 – Cuba en 1960, Chili en 1970, Pérou en 1971, Brésil en 1974 -, la Chine est désormais sur le point de détrôner l’Europe en tant que second partenaire commercial de l’Amérique latine, après les États-Unis.

Dans ce numéro consacré aux liens qu’entretiennent la Chine et l’Amérique latine au 21ème siècle, les auteurs (universitaires latino-américains, européens, états-uniens, australiens et chinois) exposent notamment dans quel cadre politique s’inscrivent les relations sino-latino-américaines du point de vue des autorités de la seconde puissance mondiale.
Lire la suite

Le Capitalisme : Un génocide structurel

… ou les mécanismes meurtriers de la mondialisation néolibérale.

Avec la précision d’un procureur aguerri, Garry Leech révèle que la puissance qui gouverne le monde à notre insu est responsable de dizaines de millions de morts chaque année. Ses actes sont froidement calculés ; ses crimes, prémédités ; les preuves, indiscutables.

Mais le monstre n’a pas de visage, ou plutôt il en a mille. Mu par une avidité sans limites, il contrôle tout, avale tout, détruit tout. Son nom : la mondialisation néolibérale ; son géniteur : le capitalisme.

Puisant dans l’histoire bouleversante des paysans dépossédés de leurs terres au Mexique et en Inde, dans celle des Africains qui meurent par millions chaque année faute de soins, Garry Leech démonte méthodiquement les mécanismes meurtriers de la mondialisation néolibérale et livre un réquisitoire implacable sur la nature génocidaire du capitalisme.

Ouvrage essentiel et révélateur, « Le Capitalisme : Un génocide structurel » ne se contente pas de dresser l’acte d’accusation du capitalisme et de remettre en cause la mondialisation néolibérale, il montre aussi comment les révolutions d’Amérique Latine peuvent établir les fondations d’une alternative mondiale viable, plus égalitaire, plus démocratique.

Dans le sillage de la crise financière globale et des coupes sombres budgétaires appliquées par les gouvernements dans le monde entier, tous les « Indignés » de la Terre, qu’ils participent au Printemps arabe, au mouvement Occupy Wall Street, aux révolutions d’Amérique Latine ou aux manifestations contre l’austérité en Europe, trouveront sans nul doute dans ce livre un guide pour continuer le combat.
Lire la suite

Grèce : Des monnaies locales apparaissent…

…comme ce fut le cas en Argentine après la débâcle de 2001.

Quand il devient clair que les économistes tout-puissants n’ont pas grand-chose d’autre à offrir que davantage de coupes budgétaires, davantage de mesures d’austérités, davantage d’insultes, les gens prennent alors conscience que c’est à eux d’agir, et c’est ainsi qu’une véritable créativité humaine prend le dessus. C’est comme cela qu’une crise devient une opportunité.

En conséquence de la crise économique et de la probabilité d’une sortie de la zone Euro, un mouvement n’a de cesse de s’amplifier en Grèce. Quelques villes se servent en effet d’une monnaie alternative pour les aider à affronter les troubles qui agitent le pays. Les participants vendent leurs produits et services dans des Unités Locales et Alternatives, TEM en Grec, et les échangent ensuite contre des produits et services des autres participants au réseau.

L’idée n’est bien évidemment pas nouvelle. En 2001, lorsque l’économie argentine s’est effondrée chaque province a produit sa propre monnaie, se passant ainsi des banques qui avaient fermé leurs portes pour empêcher les gens de retirer leur argent.

C’est dans des moments comme ceux-là que tout le monde se rend compte que son argent à la banque n’existe pas vraiment et que ces chiffres gravés dans le marbre qui apparaissent sur nos comptes ne sont en fait que des sommes électroniques virtuelles s’échangeant à une vitesse hallucinante sur les marchés boursiers mondiaux tout en faisant des profits par la spéculation pour les courtiers.
Lire la suite

Les nouveaux pirates des Caraïbes

Les îles des Caraïbes font de cette mer un repère pour la flibusterie. Les nouveaux pirates perpétuent de manière spectaculaire la très ancienne tradition de leurs ancêtres.

Des pêcheurs reconvertis en trafiquants d’essence qui vont se fournir au Vénézuela où grâce à ses immenses gisements de pétrole, le litre de super ne coûte qu’un centime d’euro. Ils le revendent dix fois plus cher aux plaisanciers ravis de cette bonne affaire !

Des petits états indépendants qui monnayent contre des dollars sonnants et trébuchants leurs voix dans les organisations internationales aux grands pays qui en ont besoin pour obtenir des votes qui les arrangent ; ainsi vous comprendrez pourquoi la Chine a offert un stade grandiose à La Grenade et comment le Japon a refait à neuf tout la poissonnerie du port.

Des policiers corrompus qui ferment les yeux sur le spectaculaire trafic de cocaïne en provenance de la Colombie, des fugitifs recherchés par toutes les polices du monde qui séjournent en toute impunité dans ces micro-États et enfin de vrais pirates qui arraisonnent les yachts des vacanciers pour les piller de fond en comble.

Partie 1:


Lire la suite

Crise systémique : l’heure de vérité approche !

Par Gilles Bonafi

Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance capitale, qui a fait deux lignes dans la plupart des grands quotidiens. En effet, lundi 8 novembre, Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

Lire la suite

Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

Lire la suite

Crise : gagner du temps n’est pas suffisant (2)

Suite et fin de la Tribune de l’économiste Jacques Sapir à propos des mesures de sortie de crise adoptées par nos dirigeants. L’économiste esquisse une alternative à un système monétaire international durablement en crise.

Il convient donc, et ce très rapidement, de s’atteler à la réforme de la zone Euro, mais aussi de se préparer au pire. Le fait que le tabou d’un engagement des Banques Centrales (et de la BCE au premier chef) ait été partiellement levé, est une bonne chose. Mais, soit on s’oriente vers une monétisation d’une partie des déficits (et il est peu probable que l’Allemagne l’acceptera), soit on se rendra rapidement compte que les facteurs de blocage que l’on connaissait avant cette crise perdurent. De même, la question de la compétitivité au sein de la zone Euro reste entièrement posée.

Il faut redonner de la souplesse au système

Tel était le principe d’un Euro monnaie non unique mais simplement commune, venant chapeauter les monnaies nationales, dans un cadre où les parités seraient fixes mais régulièrement révisables. Ceci correspond à la seule solution permettant de gérer l’hétérogénéité des dynamiques économiques, hors d’un budget européen réellement conséquent qui est aujourd’hui une impossibilité politique.

Enfin, il convient de le protéger contre de nouvelles attaques spéculatives et, pour cela, d’introduire à l’extérieur de la zone des mécanismes de contrôle sur les mouvements de capitaux à court terme.

Il est donc nécessaire de maintenir le rythme des changements, tel qu’il s’est manifesté ce dimanche [9 mai 2010]. Mais, ceci se heurte directement à la temporalité des politiques qui comptent en mois, quand ce n’est en années, problème que vient renforcer la crise politique larvée que vit l’Allemagne.

Lire la suite

Au Venezuela, le marasme s’invite sur les étals

Certains aliments manquent de façon récurrente dans le pays pétrolier, aujourd’hui à la traîne de l’Amérique latine

Après avoir dressé le procès-verbal, les fonctionnaires vénézuéliens, flanqués de la police militaire, ont invité Omar Cedeño à les suivre pour assister à un «cours.»

Le boucher, qui vendait au-dessus des prix maximums fixés par le gouvernement «révolutionnaire» de Hugo Chavez, s’attendait à une admonestation. Il a passé presque deux jours en prison, comme des dizaines de ses collègues. «Ils ont fouillé mes vêtements, jusqu’au slip, puis m’ont fait passer dans une cellule,» a raconté le commerçant à l’agence AP.

La scène, vieille de deux semaines, symbolise l’impuissance de l’État pétrolier, cinquième exportateur mondial de brut, à sortir du marasme.

Frappé par la crise mondiale et la baisse des prix du baril, le PIB a chuté de 3,3% en 2009 et, cas unique sur le continent, devrait se contracter selon le FMI de 2,6% cette année.

L’alimentation est directement frappée. Après la vague d’arrestations de bouchers, les steaks ont disparu des étals pendant plusieurs jours. «Qu’ils emprisonnent les grossistes s’ils le veulent, mais nous ne pouvons plus vendre aux prix régulés,» a expliqué un commerçant qui assure travailler à perte.
Lire la suite

Tragédie grecque : vers l’acte final ?

Début de panique hier sur les marchés et dans les capitales européennes : L’Office européen des statistiques ayant révélé que le déficit grec était plus important encore que prévu, les taux longs sont montés à un niveau jamais atteint : 8,802%, presque 3 fois celui des bons du Trésor allemands ! La Grèce est aujourd’hui le pays le plus risqué financièrement après le Pakistan, l’Argentine et le Vénézuela…

Pour les marchés, la probabilité que la Grèce fasse défaut est de 50%. L’agence Moody’s a logiquement dégradé d’un cran la note de sa dette.

Du coup, George Papandréou vient de demander l’activation du plan d’aide de l’Union européenne et du FMI. Coincé entre des taux d’intérêt prohibitifs et une croissance anémiée, le pays ne pourra pas s’en sortir seul. La France avait d’ailleurs inscrit mercredi 3,9 milliards d’euros dans son projet de loi de finances rectificative pour 2010, au titre de sa participation au plan d’aide à la Grèce (6,3 milliards au total). Des milliards “jetés par les fenêtres”, comme le note justement Philippe Herlin. Mais ces mauvaises nouvelles, qui accroissent le risque de contamination à d’autres pays de la zone, ont fait plonger l’euro, au plus bas depuis un an. La Grèce pourra-t-elle éviter le défaut de paiement, et la zone euro la contagion générale ? On voit mal comment.

http://www.dailymotion.com/video/xd1te0

Olivier Demeulenaere

De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

Ce qui se passe en Grèce aujourd’hui est symptomatique d’un système monétaire pour lequel les États n’ont plus droit au chapitre. Bloqués par une dynamique budgétaire asphyxiante, les États se voient contraints de pactiser avec les magouilleurs en col blanc. Le manque structurel de capitaux et les règles d’intégration Européenne ont obligé les Grecs à falsifier leurs comptes sous l’aiguillon intéressé de Wall Street et de politiciens véreux (1).

Pour unifier l’Europe sous la bannière d’une devise unique, on avait créé l’euro avec un péché originel : certains pays – notamment l’Italie et la Grèce – étaient entrés dans la zone euro avec des déficits supérieurs à ceux qu’autorise le traité qui avait créé la devise. Au lieu d’augmenter les impôts ou de réduire leurs dépenses, ces pays ont réduit artificiellement leurs déficits en recourant à des produits dérivés. (1)

Dans le monde de la finance et de la ploutocratie axé sur la gagne, tout n’est plus qu’une question de jeu comptable. On fait passer des recettes pour des dépenses, des crédits pour des débits, des emprunts pour des prêts, etc.

Al Capone ne « valait rien » sans son comptable. C’est toujours le cas de nos jours sauf que la contrebande et la comptabilité se sont développées de manière exponentielle dans tous les sens du terme : taille, étendue, diversité et complexité. Subprimes, titrisation, société écran, comptes offshore, trafic en tout genre (bois, animaux, enfants, organes, drogue, arme) et ce, sur l’ensemble du globe et impliquant des milliers d’intermédiaires, ne sont que quelques exemples de l’ingéniosité de l’homme dans sa quête d’infini mal placé.

Dès 2000 les Ministres européens des finances ont débattu avec âpreté pour savoir s’il fallait ou non rendre publique l’utilisation des produits dérivés par la comptabilité créative (en clair, l’art de trafiquer les comptes en toute légalité – ndlr). La réponse a été négative (1).

Par ministres des finances entendez : Lagarde, Reynders ou Steinbrück que nos médias financiers s’acharnent à encenser régulièrement (2).

«Les politiciens voudraient faire avancer les choses et dès qu’une banque leur donne les moyens de repousser un problème à plus tard, ils tombent dans le panneau», a déclaré Gikas A. Hardouvelis, économiste et ex-fonctionnaire du gouvernement, qui a contribué à la rédaction du dernier rapport sur les pratiques comptables grecques (1).
Lire la suite

Vénézuela: expropriation d’hypermarchés appartenant à Casino

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé dimanche la nationalisation d’Exito, une chaîne d’hypermarchés franco-colombienne Exito, contrôlée par le groupe Casino, qu’il accuse d’avoir augmenté ses prix à des fins « spéculatives » après la dévaluation de la monnaie locale le 8 janvier.

A cause des multiples violations des lois vénézuéliennes, la chaîne Exito appartiendra désormais à la république, c’est une décision irrévocable,” a déclaré Chavez lors de son allocution télévisée hebdomadaire.

Hugo Chavez avait prévenu la semaine dernière qu’il n’accepterait aucune augmentation des prix et que les entreprises prises sur le fait seraient expropriées. Il a précisé que les supermarchés Exito, présents à Caracas et dans plusieurs autres villes, avaient augmenté leurs prix sans justification.

Les magasins appartiennent au groupe colombien Alamcenes Exito, lui-même détenu par Casino. « Jusqu’à quand allons-nous permettre qu’une multinationale vienne faire cela ici ? Cela doit passer sous contrôle de la nation », a expliqué le chef de file de la gauche radicale latino-américaine. Peu après, un hypermarché de Caracas appartenant au groupe Exito avait été le premier magasin investi par la garde nationale et avait été fermé pour vingt-quatre heures. Des dizaines d’autres commerces ont depuis subi le même sort.

Chavez a dévalué le bolivar le 8 janvier dans l’espoir d’aider les entreprises vénézuéliennes à devenir plus compétitives et de revitaliser l’économie du pays, qui a glissé dans la récession l’an dernier avec la chute des cours du pétrole. Cette dévaluation est présentée par les économistes comme un facteur d’inflation.

Au pouvoir depuis 11 ans, Chavez, qui dit s’inspirer de l’ancien dirigeant cubain Fidel Castro, a nationalisé des larges pans de l’économie vénézuélienne, notamment dans les secteurs pétrolier, énergétique et des télécommunications.

Le groupe Casino recule en Bourse de Paris lundi après cette annonce. Il est présent sur le marché vénézuélien depuis 2000, au travers des hypermarchés Exito mais aussi des supermarchés Cada, leaders sur leur segment. Au total, les 60 magasins détenus au Venezuela par Casino y ont réalisé, en 2008, un chiffre d’affaire de 741 millions d’euros, soit quelque 2,6 % du chiffre d’affaire total du groupe.

Les Échos

(Merci à Erwinn et à Pakc)

Venezuela : fièvre consumériste après la dévaluation

Les consommateurs se sont rués sur les magasins au Venezuela pour acheter téléviseurs et autres réfrigérateurs, de peur d’une flambée des prix des produits importés après la dévaluation de la monnaie locale, le bolivar, et l’instauration d’un double taux de change.

Depuis samedi, nous avons triplé nos ventes,” sourit Robinson, propriétaire d’un magasin d’électroménagers pratiquement dévalisé depuis que le gouvernement a annoncé vendredi la dévaluation de sa devise, qui s’échangeait depuis 2005 au taux de 2,15 bolivars pour un dollar. A partir de ce lundi, elle s’échangera à 2,60 bolivars pour un dollar pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique…)

Le gouvernement entend ainsi doper la production nationale dans un pays qui importe la majorité de ses marchandises, mais l’opposition redoute un renforcement de l’inflation qui a déjà atteint 25% en 2009.

Le président socialiste Hugo Chavez a menacé dimanche d’exproprier les commerçants en cas de valse des étiquettes et la garde nationale a occupé lundi un supermarché accusé d’avoir augmenté ses prix de manière abusive.

Lire la suite

La crise monétaire internationale et le traité du “SUCRE”

Jacques Sapir décrypte la crise monétaire, explique pourquoi le remplacement du Dollar (voué à la déchéance) par l’Euro en tant que monnaie de réserve à l’échelle mondiale ne lui paraît pas possible et surtout, décrit une initiative à l’échelle des pays du Sud, pour trouver une solution à la crise déclenchée dans les pays du Nord.

Selon lui, il s’agit de l’un des événements internationaux plus importants de ces vingt dernières années.

L’échec de la tentative de ces derniers jours des Banques Centrales à inverser le cours du Dollar américain, et l’impossibilité d’exercer des pressions efficaces pour une réévaluation du Yuan chinois, indiquent bien que la question des changes est aujourd’hui au-delà de ce que peuvent contrôler les pays du G-20. En particulier, rien ne semble pouvoir arrêter le processus de surévaluation de l’Euro. Les bribes de réglementation sur la question des rémunérations et des bonus qui ont été arrachées ne sauraient ici tromper qui que ce soit.

La crise du Dollar va donc continuer à s’amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l’un des refuges de la spéculation.

Faute d’aboutir à une solution concertée, qui clairement n’est pas possible aujourd’hui, c’est bien vers des initiatives régionales que l’on s’oriente. Dans leurs formes actuelles cependant, ces initiatives ne sauraient constituer qu’un palliatif. Il est même douteux que pour certaines d’entre-elles, et l’on pense ici spécifiquement à l’Euro, il arrive à se constituer en réelle alternative.

Dans ce cadre, une initiative importante a été prise ces dernières semaines. Le traité établissant le SUCRE, ou le Système Unifié de Compensation, ratifié le 16 octobre 2009 par cinq pays à l’initiative du Venezuela, apparaît comme une initiative au poids symbolique extrêmement important. Lire la suite

Entretien avec Aymeric Chauprade : la stratégie énergétique de la Russie

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du traité géopolitique Constantes et changements dans l’Histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense. Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’Histoire.

Nous reproduisons ici l’entretien qu’il a accordé au magazine Le Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH (« La géopolitique de la Russie », in La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 38, sept.-oct. 2008), vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd’hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie.

Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. Lire la suite