Le TAFTA, bienvenue au paradis

En 2015, l’Union Européenne prévoit de conclure avec les États-Unis un accord multilatéral nommé le TAFTA. Ce traité s’avère très dangereux pour les citoyens de tous les pays européens comme pour les américains.

Après une rétrospective historique du capitalisme européen, ce documentaire décrit les tenants et aboutissants de ce grand marché transatlantique.

Jacques Attali : « Integrex »

Comme prévu, l’humanité est et sera de plus en plus nomade. Plus de 200 millions de gens vivent déjà sur un autre continent que celui où ils sont nés. Et, quels que soient les barrières et les murs dressés, ils seront plus de 500 millions dans ce cas en 2050.

“Freedom not Frontex” (Liberté pas Frontex)

Alors, que faire? La tentation naturelle est et sera de refuser ces « envahisseurs », ces « intrus » ; de pourchasser, d’arrêter, d’expulser ceux qui se glissent illégalement dans les trop rares lieux d’abondance et de paix du monde. Qui peut en vouloir à ceux qui fuient la violence? Qui peut en vouloir à ceux qui prennent peur pour leur tranquillité?

Mais fermer les frontières devant les gens entraînera inévitablement leur fermeture, un jour, devant les marchandises, les capitaux et les idées. La dictature et la confrontation en découleront, comme ce fut si souvent le cas dans le passé. De même, ouvrir à tout vent conduirait à des désastres innombrables. Donc, que faire?

La politique vise justement à trouver un compromis entre ces deux extrêmes tout aussi inacceptables. En Europe, une politique de fermeture ou d’ouverture. ne peut être nationale, car il suffit d’une anicroche, dans une maille du filet, pour qu’il soit inopérant.
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Inde : Le secteur pharmaceutique entaché par des scandales

Cet été, 700 marques de médicaments génériques testés par la société indienne GVK Bio ont dû être retirées du marché européen, à la demande de la Commission européenne.

En cause : des “manipulations systématiques de données” lors des essais cliniques. Cette décision intervient suite à la recommandation émise par l’Agence française de sécurité du médicament, en janvier dernier.

Cette nouvelle affaire ébranle la réputation de l’Inde comme leader dans le domaine pharmaceutique.

Céréales et changement climatique

Les récoltes de blé et d’orge en Europe pourraient chuter de plus de 20% d’ici 2040 à cause d’un réchauffement climatique estimé à une moyenne de presque 2 degrés Celsius (3,5°F). Pour le maïs, la perte est estimée à environ 10%, dans un type de culture qui a déjà été affecté par l’augmentation des températures depuis les années 80.

Ces chiffres sont issus d’une étude publiée en mai 2014 et menée par des chercheurs de l’université de Stanford (USA), Frances Moore, doctorante, et David Lobell, professeur associé en géophysiologie environnementale dans cette université californienne, et publiée dans la dernière édition de la revue Nature Climate Change.

Le groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà mis en avant les risques du réchauffement sur l’agriculture dans le monde dans un rapport publié le 31 mars 2014. On pouvait aussi s’inquiéter pour certains types de cultures très dépendantes du soleil, comme la vigne : des annonces avaient déjà été faites sur les conséquences du réchauffement sur le vin.

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Zbigniew Brzezinski : « Ce que je vois en Europe m’inquiète »

Ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter (de 1977 à 1981), Zbigniew Brzezinski est l’un des dirigeants du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), cercle de réflexion américain sur la politique étrangère. Il est notamment l’auteur du Vrai choix. Les États-Unis et le reste du monde (Odile ­Jacob, 2004).

Qui assure la sécurité de l’Europe ?

Personne en particulier : ce devrait être l’Union européenne, sur la base de principes stratégiques partagés et d’engagements stratégiques réciproques. Mais là est le problème puisque, manifestement, il y a des divergences.

C’est donc l’OTAN, et donc les États-Unis ?

Les États-Unis sont évidemment l’acteur le plus important de l’Alliance « atlantique ». Si les États-Unis ne sont pas impliqués, l’Alliance perd toute signification stratégique. Sans les États-Unis, l’OTAN ne peut être ni viable ni militairement crédible.

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La Grèce délaissée par le FMI

La démocratie est censée conférer aux citoyens la possibilité réelle de faire des choix. Tout au long de la crise qui frappe leur pays, les citoyens grecs en ont pourtant été privés. L’Union européenne, et encore davantage le Fonds monétaire international, en sont responsables dans une mesure considérable.

La Grèce s’est vu proposer deux choix difficiles : quitter la zone euro sans financement, ou demeurer en son sein et bénéficier d’un soutien, au prix du maintien de l’austérité. Or, la Grèce aurait dû se voir offrir une troisième option : quitter l’euro certes, mais en bénéficiant de généreux financements.

Il aurait été nécessaire de mettre sur la table cette troisième possibilité, en reconnaissant combien la Grèce trouve un intérêt politique plus large à demeurer dans la zone euro. Même si la sortie de l’union monétaire aurait produit des avantages considérables, un « Grexit » aurait par ailleurs engendré des coûts importants.

Parmi les avantages, il aurait été procédé à une dévaluation massive, permettant de rétablir un certain dynamisme au sein de ce qui était autrefois une économie à croissance rapide. Les coûts se seraient néanmoins révélés terrifiants. Le gouvernement aurait été contraint au défaut de paiement, les banques se seraient retrouvées ruinées, et tous auraient lutté pendant des années pour rétablir la confiance sur les marchés financiers.
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Périco Légasse : « Notre indépendance alimentaire est menacée »

La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsables de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu’aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l’intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu’il conduisait droit dans le mur, a entrainé l’agriculture française vers l’impasse.

S’il est un coupable à désigner en premier, c’est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s’enrichiraient.

S’il est un deuxième coupable, c’est la grande distribution, qui s’est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s’ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passer à l’époque ces deux entités qui se tapaient sur l’épaule pour de grands stratèges et l’agriculture française a cru à ce mensonge.
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Grèce : La misère au soleil

Une carte postale abimée. La Grèce, destination touristique par excellence, est au bord de l’asphyxie. Avec elle, tout un peuple. Un peuple qui, dimanche 5 juillet, a rejeté en masse les mesures d’austérité imposées par ses créanciers. Les Grecs sont désormais face à leur destin.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a présenté ses propositions de réforme. Une dernière chance avant le sommet exceptionnel de dimanche en présence des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro et de l’Union européenne. Une date clé. Un moment historique.

L’échéance ultime pour parvenir à un accord. Olivier Blanchard, expert économiste du FMI a expliqué que l’institution internationale n’était pas en mesure d’accorder un délai de paiement sous peine de violer ses règles relatives aux pays ayant fait défaut sur leur dette. “Quand un pays est en arriérés de paiement, nous ne pouvons plus lui accorder de prêts sous aucune manière“.

L’Europe est donc dans l’attente. Sur place, la population est inquiète et la vie quotidienne devient extrêmement compliquée. Les commerçants ne peuvent plus se fournir auprès des professionnels. Les particuliers, eux, ne peuvent pas retirer plus de 60 euros par jour dans les distributeurs.

L’Allemagne a économisé 100 milliards d’euros grâce à la Grèce (IWH)

Berlin, qui a adopté une ligne dure vis-à-vis d’Athènes, a fortement profité de la crise économique et financière en Grèce, révèle un institut d’études économiques allemand.

Selon des calculs de l’Institut Leibnitz de recherche économique (IWH), l’Allemagne a pu réaliser des économies budgétaires de quelque 100 milliards d’euros depuis le début de la crise grecque en 2010, soit plus de 3% du Produit intérieur brut (PIB).

“Ces économies dépassent le coût engendré par la crise et ce même si la Grèce ne remboursait pas entièrement sa dette”, écrivent les économistes. “L’Allemagne a donc dans tous les cas profité de la crise en Grèce”, poursuivent-ils.

Les experts ont effectué des simulations en partant du constat que les investisseurs confrontés à une crise économique effectuent le plus possible des placements sûrs. “Durant la crise européenne de la dette, l’Allemagne a profité de cet effet de manière disproportionnée”, selon eux.
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Salariés sans frontières

Il est un coin d’Europe, avec, en son coeur, un pays nommé le Luxembourg dont les frontières sont franchies chaque jour par plus de 150.000 travailleurs.

Ce phénomène, exceptionnel sur le vieux continent, se double d’un autre plus général à nos sociétés occidentales : ces salariés français, belges et allemands avalent, tous les jours et à toutes heures, des dizaines de kilomètres pour aller exercer des tâches de services dans le pays voisin pour que d’autres, souvent plus haut placés dans l’échelle sociale, profitent le mieux possible de leur quotidien.

Et dans la mobilité incessante caractéristique de nos sociétés modernes, la souplesse nomade de la vie de quelques uns va désormais de pair avec la disponibilité, mobilité, instabilité permanente des autres.

Union européenne : Le plan secret de Bruxelles pour des sorties « ordonnées »

Il semble que la Commission prépare en coulisse un plan permettant à d’éventuels États membres de se retirer de l’Union Européenne d’une manière ordonnée. Une éjection pure et simple n’étant guère possible juridiquement, la Commission mettrait donc au point une sorte de procédure de divorce. Tout comme l’est déjà l’entrée dans l’UE, la sortie serait financée par les contribuables.

Selon le site Euractiv, généralement bien informé, les travaux de rédaction d’un tel contrat de divorce ont d’ores et déjà été lancés. Euractiv s’appuie sur des sources anonymes au sein de la Commission. De cette façon, les États sortants pourraient être congédiés avec une espèce d’indemnité de départ.

La Commission ne serait donc pas restée les bras ballants devant le désastre grec

Des États-membres tels que la Grèce ou que la Grande-Bretagne pourraient prétendre à un “soutien“ de la part des États restants dans l’UE, “s’ils se décident à quitter la famille de manière ordonnée“. La procédure serait liée à la réalisation de certaines conditions bien définies (“benchmarks“), “similaires à celles du processus d’entrée [dans l’UE]“.

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Grèce : le gouvernement émet des tickets d’approvisionnement pour lutter contre la misère

Le gouvernement a dû émettre des tickets d’approvisionnement alors que l’Eglise et les ONG amplifient leurs efforts.

«En Grèce, les enfants et les familles connaissent l’horreur de la faim et du dénuement», a alerté cette semaine Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, en lançant un appel à la générosité. La situation, qui n’a cessé de se dégrader ces derniers mois, devient en effet dramatique.

Le gouvernement a ainsi décidé de mettre en circulation des cartes alimentaires prépayées, utilisables dans 5000 magasins d’alimentation. Elles sont destinées à près de 150 000 personnes: familles nombreuses, monoparentales, avec enfants handicapés, ou chômeurs de longue durée. Cette mesure a été prise en urgence, car le filet social existant ne suffit plus.

Le rapport 2014 des œuvres sociales de l’Eglise orthodoxe faisait pourtant déjà état de plus de 500 000 personnes secourues par 280 soupes populaires et plus de 75 000 Grecs aidés dans 150 «magasins sociaux», pour un coût total de 120 millions d’euros. Les mairies sont aussi impliquées, dont celle d’Athènes qui a vu la demande en aliments, médicaments et habits exploser ces dernières semaines.
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James K. Galbraith : « L’Europe ne tiendra pas très longtemps »

Une Union européenne bloquée, réactionnaire et mesquine s’est étalée sous nos yeux à l’occasion de la crise grecque. Son effondrement est désormais envisageable.

La brutalité obtuse de la position européenne à l’égard de la Grèce est devenue manifeste la semaine du 6 juillet, lorsque les leaders européens ont rejeté le document de reddition que la Grèce leur avait soumis, et ont exigé au lieu de cela une capitulation sans condition assortie de réparations.

À partir de maintenant, le gouvernement grec devra soumettre à ces institutions les projets législatifs «appropriés», et obtenir leur aval avant de les adopter – et même avant de les rendre publics. En résumé: la Grèce, dès à présent, n’est plus un État indépendant.

Le nouveau diktat – formellement accepté par la Grèce le 15 juillet – exige la mise en place d’un fonds de privatisation censé engranger de «bons actifs» d’une valeur de 50 milliards d’euros (qui, accessoirement, n’existent pas en l’état) ;
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Taxe sur les transactions financières en Europe : Pourquoi ça coince ?

La 3ème conférence sur le financement du développement s’ouvre aujourd’hui ( 13 juillet) à Addis-Abeba, en Éthiopie. Un rendez-vous crucial à quelques mois de la COP 21. Sans réponse financière suffisamment crédible de la part des pays du Nord, difficile en effet d’envisager la signature d’un accord large et contraignant à Paris. Un signal fort serait la mise en place rapide d’une taxe sur les transactions financières (TTF), actuellement négociée par onze pays européens, et dont une partie pourrait être affectée à la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est un serpent de mer. Depuis 2011, et la proposition de la Commission européenne d’imposer une taxe sur les transactions financières (TTF), aucune négociation n’a jamais abouti entre les États membres de l’Union européenne. Face à cet échec, onze pays (France, Autriche, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Portugal, Grèce, Slovaquie, Estonie et Slovénie) se sont portés volontaires pour poursuivre les discussions. Mais là encore, le consensus est difficile à obtenir.

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Bien manger, mais à quel prix ?

Avec 58 milliards d’euros par an, les subventions accordées à l’agriculture représentent le deuxième poste budgétaire le plus coûteux de l’Union européenne. Les intentions de départ étaient vertueuses : aider les petits agriculteurs, stabiliser les prix alimentaires, assurer les approvisionnements et favoriser les exportations.

Quelques décennies plus tard, la situation est catastrophique. Les exploitations de taille modeste ne peuvent plus survivre, tandis que les très grosses, qui pratiquent l’agriculture et l’élevage à une échelle industrielle, prospèrent.

La qualité des produits s’en ressent, sans parler des conséquences sur l’environnement.

Grèce : Tsipras a-t-il vraiment obtenu quelque chose ?

A l’issue d’une interminable nuit de négociations, le Premier ministre grec a accepté de douloureuses concessions. En échange de quoi exactement?

Une misère, une humiliation, un esclavage“. Le cri du cœur est celui de Haralambos Rouliskos, un économiste athénien, après la publication de l’accord sur la Grèce. Après 17 heures de négociations dans la nuit de dimanche à lundi, les chefs d’État de la zone euro se sont mis d’accord sur un scénario de sortie de crise.

Mais celui-ci passe par une cure d’austérité d’une ampleur inédite pour Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a-t-il vraiment obtenu quelque chose en échange ?

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Grèce : Les négociations s’enlisent, la menace d’un Grexit se renforce

Les ministres des finances de la zone euro ont stoppé leurs discussions samedi soir sans trouver d’accord pour sauver la Grèce. Certains pays sont clairement sceptiques sur les capacités des Grecs à faire de nouveaux efforts. La menace d’une sortie du pays de la zone euro s’est renforcée ces dernières heures.

La cruelle absence d’une politique démographique européenne

Empêtrée dans ses difficultés du moment, l’Europe européenne ne voit pas arriver la prochaine crise… démographique.

En prolongeant le déficit actuel des naissances par rapport aux décès, et en excluant tout nouvel appoint migratoire, la population de l’Union est appelée à diminuer de près de 65 millions d’habitants d’ici 2060 selon certains scénarios de démographes. Et l’Europe, qui pesait encore près de 17 % du total planétaire en 1975, n’en pèserait plus que 7,5 % au milieu du siècle. Il est vraiment difficile d’imaginer dans ces conditions un continent européen dynamique et influent. Les remèdes sont connus mais difficiles à mettre en œuvre. Personne n’imagine appeler les Européens à faire des enfants pour nous “sauver” du désastre, et l’immigration ne peut servir que d’appoint. L’Europe devra donc plus que jamais miser sur la qualité de son capital humain, et non pas sur la quantité. “Il n’y a de richesses que d’hommes, oui mais… qualifiés et bien formés” dirait aujourd’hui Jean Bodin.

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J.Stiglitz : « L’Europe contre la démocratie grecque »

La dispute et l’acrimonie qui vont croissantes au sein de l’Europe pourraient passer aux yeux d’un observateur extérieur pour le résultat inévitable de la fin de partie peu amène entre la Grèce et ses créanciers. Les dirigeants européens finissent par exposer au grand jour la véritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus une question de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

Le programme économique que la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) a imposé à la Grèce il y a cinq ans était une aberration. Il a conduit à une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune dépression qui ait été provoquée aussi délibérément et ait eu des conséquences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de chômage parmi les jeunes Grecs dépasse maintenant 60%.

Il est incroyable que la troïka nie toute responsabilité et refuse d’admettre à quel point ses prévisions et ses modèles étaient erronés. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants européens n’aient retenu aucun enseignement de tout cela. La troïka continue à exiger de la Grèce qu’elle parvienne à un budget primaire en excédent (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

Partout dans le monde les économistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l’économie. Même si la dette de la Grèce était restructurée au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, elle resterait en dépression si les électeurs acceptent les propositions de la troïka lors du référendum surprise qui a lieu ce dimanche.
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Grèce : Pourquoi le sauvetage a t-il échoué ?

Alors que la crise grecque est en train d’évoluer, il est important de comprendre qu’un programme d’ajustement structurel réussi a besoin d’une forte propriété nationale. Même si les négociateurs viennent à bout des derniers points de friction, il sera difficile d’avoir confiance en leur mise en œuvre si le peuple grec reste sceptique.

C’est bien à cela que nous avons assisté jusqu’ici. Et sans réforme structurelle, il y a peu de chances que l’économie grecque connaisse une stabilité et une croissance durable, en particulier parce que les prêteurs officiels ne sont pas disposés à prolonger davantage un près d’argent encore plus important que celui qu’ils doivent payer à une Grèce non réformée. (Cela a été le cas pendant la majeure partie de la crise, bien que la presse mondiale n’en ait pas beaucoup parlé.)

L’adhésion de la Grèce à l’Union européenne donne à ses créanciers un effet de levier significatif, mais manifestement insuffisant pour changer le calcul fondamental. La Grèce conserve tout à fait sa condition de pays souverain, elle n’est pas un État à la souveraineté amoindrie.

La « troïka » des créanciers (le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne), n’aiment vraiment pas le genre d’effet de levier exercé sur la Grèce, à l’image de celui pratiqué par la Municipal Assistance Corporation de New York quand cette ville se trouvait au bord de la faillite dans les années 1970.

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Traité transatlantique : la France tente d’imposer son idée d’alternative au tribunal d’arbitrage privé

La France, par le biais de son Secrétaire d’État en charge du Commerce extérieur, a remis à la Commission européenne ses propositions de modifications du Traité transatlantique. Elle propose notamment la création d’une Cour permanente indépendante et souveraine qui aurait comme objectif de régler de façon transparente et éthique les litiges.

Atlantico : Le gouvernement français a proposé son contre-projet aux tribunaux d’arbitrage tels qu’ils sont proposés dans le TTIP. La France propose notamment la création d’une Cour permanente indépendante et souveraine composée de personnalités avec comme objectif de régler de façon transparente et éthique les litiges. Le projet prévoit notamment de nombreux garde-fous pour éviter les conflits d’intérêts. Qu’y a-t-il de novateur et d’intéressant dans le projet français?

Sébastien Jean : Le premier élément vraiment novateur est de proposer de passer de ce qui est actuellement une instance d’arbitrage de nature privée à une institution publique, composée de magistrats qui seraient désignés par les États.

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Les autorités françaises veulent détruire une cabane arboricole

Xavier Marmier, un élagueur de 45 ans habitant la vallée de la Loue est sommé par sa municipalité de détruire sa cabane écologique, auto-construite dans un arbre de son propre terrain, en zone Natura 2000.

Sa bâtisse suspendue est constituée de deux pièces d’une vingtaine de mètres carrés. L’ensemble de 44 m2, suspendu à dix mètres de haut et relié en duplex, constitue un micro-logement simple et confortable. Xavier fait cependant l’erreur de réaliser sa bâtisse sans permis, toléré à l’époque par l’ancienne municipalité de Cléron.

Pratiquement autonome, l’homme vivait jusqu’ici dans une grande simplicité volontaire. Une lampe à l’huile pour simple lumière, des toilettes sèches écologiques et de l’eau de pluie comme source d’eau sanitaire, son impact se limitait à une batterie rechargée une fois tous les deux mois et à un bidon d’eau potable. Pour chauffer son habitat perché mais bien isolé, un petit poêle au bois était amplement suffisant.

« C’était un rêve d’enfant, celui de vivre dans cette forêt que j’aime et de me fondre dans la nature, en suspendant un plateau octogonal en l’air, sans abîmer l’arbre, pour y monter une cabane », explique l’expert en élagage.
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Grèce : après l’annonce d’un référendum, la zone euro refuse de prolonger le plan d’aide au-delà du 30 juin

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé qu’il allait organiser une consultation nationale le 5 juillet sur le projet d’accord d’aide avec les bailleurs de fonds de la Grèce.

La situation se corse. Le plan d’assistance financière de la Grèce va prendre fin le 30 juin, a annoncé samedi 27 juin le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après le refus par Athènes des propositions avancées par ses créanciers pour éviter le défaut de paiement, et l’annonce d’un référendum début juillet.

• L’aide de 12 milliards d’euros en sursis. Alors que les créanciers européens de la Grèce lui proposaient une aide de 12 milliards d’euros jusqu’à fin novembre, si un accord était trouvé sur une série de réformes, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé qu’il allait organiser une consultation nationale le 5 juillet sur ce projet d’accord d’aide avec les bailleurs de fonds de la Grèce. Conséquence, la zone euro a annoncé samedi qu’elle refusait de prolonger une nouvelle fois le programme d’aide grec au-delà du 30 juin.

• Une réunion à 18, sans Varoufakis. Selon le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, la décision de la Grèce d’organiser un référendum ne l’exonère pas du paiement de ses dettes et les ministres de la zone euro vont désormais débattre des suites à donner au rejet de cette proposition d’accord. Décision symbolique, cette réunion se tiendra sans le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis.
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Grèce : comment les créanciers utilisent le Bank Run dans la négociation

La BCE a ce vendredi décidé de relever le plafond de l’ELA de 1,8 milliard d’euros selon d’autres. La Banque de Grèce demandait 3,5 milliards d’euros. Autrement dit, la BCE n’a même pas accepté de ne donner le strict nécessaire. Assez pour faire face pendant quelques jours, mais le scénario chypriote reste d’actualité pour la Grèce. Tout au long de la semaine, les créanciers et la BCE ont tout fait pour déstabiliser les déposants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible.

Le plan des créanciers se déroule-t-il comme prévu en Grèce ? Confronté à une résistance opiniâtre des autorités helléniques sur leurs « lignes rouges », autrement dit principalement sur le refus de réduire les pensions de retraites et d’alourdir fortement la TVA, l’Eurogroupe et le FMI ont tenté une nouvelle offensive durant cette semaine pour « briser les lignes » grecques.

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Un accord gazier scelle le rapprochement de la Grèce avec la Russie

Par la signature d’un accord gazier avec Gazprom, ce vendredi, la Grèce, au bord du défaut de paiement, défie ses partenaires européens qui la pressent de mettre en oeuvres de nouvelles mesures d’austérité.


(Alexis Tsipras en visite à Moscou en avril 2015)

Les Européens ont-ils poussé la Grèce dans les bras de la Russie? Alors que le compte à rebours avant un défaut de paiement se rapproche et que le blocage persiste entre Athènes et Bruxelles, la conclusion d’un accord russo-grec sur la construction d’un gazoduc, ce vendredi, renforce la relation entre les deux partenaires.

Athènes doit rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI le 30 juin, mais les caisses sont vides, et les Européens exigent du gouvernement grec de nouvelles mesures d’austérité en échange d’un versement des 7,2 milliards d’euros promis depuis plusieurs mois.

Dans la perspective chaque jour plus plausible d’un Grexit, la Grèce se tourne donc un peu plus vers Moscou. Pour la deuxième fois en deux mois, le Premier ministre Alexis Tsipras est en Russie depuis jeudi, à la tête d’une délégation de plusieurs ministres clés et de chefs d’entreprise, venus à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Le gazoduc qui embarrasse Bruxelles et Washington
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Face au risque de «Grexit», des Grecs retirent leur argent des banques

Le bras de fer entre le gouvernement d’Athènes et ses créanciers internationaux crée de l’inquiétude chez les Grecs, à tel point qu’ils sont nombreux à retirer leur argent des banques.

Jeudi 28 mai, pas moins de 500 millions d’euros auraient été prélevés en une seule et même journée, selon les derniers chiffres sur les retraits aux guichets.

Le phénomène n’est pas nouveau en Grèce. Entre novembre 2014 et avril 2015, plus de 30 milliards d’euros ont ainsi été retirés des établissements bancaires du pays.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale d’Alexis Tsipras et du mouvement Syriza, de nombreux Grecs ont transféré leurs économies à l’étranger.

Cette fois, ce sont de petites sommes qui sont prélevées. Les Grecs craignent une sortie du pays de la zone euro, le fameux « Grexit », et aussi l’apparition éventuelle d’une double monnaie. Ils préfèrent donc garder leur argent au chaud, sous leur matelas ou dans des petits coffres-forts, « plus fiables que les banques », comme l’a décrété l’Union des vendeurs de coffres-forts, qui voit là une aubaine.

Le contrôle des capitaux mis en place chez les voisins chypriotes et la récession de la Grèce rajoutent l’inquiétude à l’anxiété. Le produit intérieur brut (PIB) grec a reculé de 0,2 %. Les investissements et les exportations sont au point mort, paralysant l’économie. (…)

RFI

Merci à Stormisbrewing

Un bâton dans la roue du libre-échange

TAFTA, CETA, TISA, TPP… Barricadés dans des salles interdites au public, des négociateurs tapissent d’acronymes de nouvelles tables de la loi commerciale susceptibles de faire basculer le destin de plus d’un milliard de personnes.

Grand marché transatlantique (GMT) entre les États-Unis et l’Union européenne, accord de partenariat transpacifique entre l’Amérique du Nord et une dizaine de nations riveraines du grand océan, discussions sur le commerce des services : une nouvelle vague de libéralisation déferle.

Entre 1950 et 2013, zones et accords de libre-échange ont proliféré comme du pop-corn. Le volume des exportations mondiales de produits manufacturés a été multiplié par soixante-seize (1).

Mais la proverbiale crevette pêchée en mer du Nord, décortiquée au Maroc avant d’échouer en barquette dans un rayonnage madrilène a-t-elle vraiment amélioré le sort de l’humanité ? Poser la question à un négociateur du GMT serait faire preuve d’une naïveté si déplacée qu’immanquablement perçue comme agressive.
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Quel futur pour l’euro ?

L’euro, fédérateur ou générateur de crise? Créé à l’origine afin de fédérer les différents États européens entre eux, l’euro qui a subi de plein fouet les récentes crises économiques, est de plus en plus contesté. Bilan de santé d’une monnaie malade et prospective économique.

Granite breton : 1500 emplois perdus en 15 ans à cause de la concurrence étrangère

L’indication géographique protégée va bientôt s’étendre aux produits non alimentaires, ce qui fait rêver certains producteurs.

Calais et ses dentelles, la Bretagne et son granite. Ces deux industries d’excellence seront bientôt réunies sur un seul et même label : l’IGP où indication géographique protégée.

À Calais, derrière les machines importées d’Angleterre au XIXe siècle, les ouvriers sont passionnés par la dentelle qu’ils créent. Le label IGP permettrait de promouvoir leur savoir-faire et d’éviter les contrefaçons. Il servirait alors à reconnaitre la vraie valeur de l’artisanat, mais aussi à se protéger contre la concurrence étrangère.

À Trelivan (Côtes-d’Armor), les entreprises doivent faire face à la concurrence asiatique ou européenne qui est 20 à 30% moins chère. Résultat, les carrières de la région ferment les unes après les autres. “Cela représente 1 500 emplois qui ont disparu sur les 15 dernières années”

, explique Jean-Marie Bégoc, directeur commercial de Socal. Le secteur s’impatiente. Les granitiers espèrent que l’IGP leur fournira plus de visibilité et des possibilités à l’export.

Merci à Pierre

Europe : « Emplois et salaires en hausse grâce aux immigrés »

[...] Michael Clemens est un économiste universitaire, membre senior du Centre for Global Development, cela fait des années qu’il enquête sur l’immigration, et il en est arrivé à des conclusions inattendues.

Parmi elles, sa théorie selon laquelle limiter l’immigration revient à « entretenir le plus gros des fossés entre le bien-être actuel de l’humanité et son bien-être potentiel » est la plus marquante.

Ses calculs indiquent que la liberté de franchir les frontières internationales pourrait doubler le PIB mondial.

Hors des considérations politiques – pourquoi les gens migrent-ils vers des pays riches ?
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Libre-échange ou libres citoyens ?

Le traité transatlantique qui se négocie actuellement entre Bruxelles et Washington suscite les inquiétudes : des choix politiques fondamentaux seront-ils sacrifiés sur l’autel du libre-échange ? Avec cette enquête fouillée, qui interroge économistes orthodoxes ou contestataires, opposants au Tafta et simples citoyens, les enjeux de ce traité capital nous sont exposés.

Arte

Secret des affaires : les lobbies économiques poussent l’Union européenne à la régression

Au début de l’année, les députés français tentaient vainement, au nom du « secret des affaires », d’étendre la mainmise des entreprises sur toute information les concernant, au détriment des salariés, des journalistes et des lanceurs d’alerte. Le sujet refait aujourd’hui surface au niveau des institutions européennes, à travers un projet de directive concocté en concertation étroite avec le petit monde des lobbies bruxellois, et dont le principe est identique : que le secret soit la règle, et l’accès à l’information l’exception. Au risque de remettre en cause les fondements même de l’Union.

En début de l’année, la majorité parlementaire socialiste a souhaité consacrer dans le droit français un principe de protection quasi absolue du « secret des affaires ». Ce projet, qui allait jusqu’à prévoir des peines de prison ferme et des centaines de milliers d’euros d’amende pour les contrevenants, a suscité une forte opposition, notamment parmi les journalistes (lire notre article). Selon les critiques, les dispositions envisagées par les députés faisaient en effet peser des risques énormes sur la liberté d’information en matière économique, la protection des sources et des lanceurs d’alerte et les droits des salariés – le tout pour des bénéfices douteux puisque l’arsenal judiciaire existant pour lutter contre la concurrence déloyale ou l’espionnage industriel est déjà bien fourni.

Devant une telle levée de boucliers, le gouvernement français a fini par reculer. C’était la troisième fois qu’un projet de loi sur le « secret des affaires » était mis à l’ordre du jour du Parlement en France en quelques années, toujours avec aussi peu de succès.

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Perturbateurs endocriniens: le coût de l’inaction

Les perturbateurs endocriniens provoquent de nombreuses pathologies et, en dehors de quelques exceptions, la Commission européenne traîne à réglementer leur utilisation. Dix-huit chercheurs ont donc décidé de calculer le coût économique de ces poisons pour l’Europe et sont arrivés au chiffre effarant de 157 milliards d’euros par an…

Du bisphénol A dans les biberons en plastique, des pesticides organophosphorés sur la peau des fruits, du paraben dans les cosmétiques, du perchlorate dans l’eau du robinet, etc. Ces vingt dernières années, une succession d’études expérimentales et épidémiologique a démontré que de nombreux produits chimiques de notre quotidien sont susceptibles d’interférer avec l’action de nos hormones, et ainsi de nuire à notre santé. Ils peuvent, par exemple, réduire la fertilité, provoquer l’obésité, déclencher des pubertés précoces ou encore faire baisser le quotient intellectuel.

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Les milliards de Moscou

Si la guerre froide est finie, dans certains secteurs, la tension monte entre l’est et l’ouest de l’Europe. De Londres à Moscou en passant par Berlin, ce documentaire dresse un état des lieux des investissements russes. Enquête sur la stratégie employée par le président Poutine et ses hommes d’affaires, tous animés par le rêve de voir un jour émerger une grande Russie.

Des gazoducs aux chantiers navals en passant par le foot et l’immobilier, rien n’échappe à la voracité des oligarques russes. D’autant que le rêve de Poutine d’une grande Russie lui impose de placer habilement ses pions sur l’échiquier européen.

Sa stratégie ? Diviser pour mieux régner, notamment en montant la France contre l’Allemagne et inversement. Berlin compte six mille entreprises implantées en Russie, alors que les Russes gèrent quelque mille sociétés outre-Rhin. L’ancien chancelier Gerhard Schröder, membre du conseil d’administration de la société russe Gazprom, le plus grand groupe énergétique au monde, plaide en faveur d’étroites relations économiques avec Moscou. Quant aux Français, ils se sont réjouis de signer de juteux contrats d’armement avec la Russie… jusqu’à ce que l’embargo lié à la crise de Crimée en Ukraine stoppe la livraison des porte-hélicoptères Mistral destinés à renforcer la flotte de Poutine.

Réalisé par Christian Hans Schulz et Ulli Wendelmann (Allemagne 2015)

Grèce : “La faillite est inévitable”

Dans une lettre adressée au FMI et relayée par le quotidien financier britannique Financial Times, le premier ministre grec Alexis Tsipras révèle qu’il ne pourra pas s’acquitter d’une échéance de 750 millions d’euros. C’est la première fois que Tsipras tire ouvertement la sonnette d’alarme.

Selon le quotidien De Morgen, la Grèce a pu rembourser le FMI uniquement grâce à un fonds d’urgence du même FMI. En théorie, l’état grec devrait rembourser encore 1,5 milliard au FMI en juin. Aussi, l’économiste Geert Noels estime-t-il que la faillite grecque est inévitable.

Interrogé par De Morgen, Noels est d’avis qu’il ne sert à rien d’accorder encore des fonds d’urgence à la Grèce. “Ces derniers mois, on a écrit des bibliothèques entières sur le problème de liquidité et de solvabilité grec, mais à mes yeux la compétitivité particulièrement faible de toute l’économie grecque est beaucoup trop importante. Tant qu’on ne prend pas de mesures fondamentales à ce sujet, on applique un emplâtre sur une jambe de bois“.

D’après l’économiste, le FMI ne peut pas se permettre de faire encore des concessions. L’institution risquerait en effet de perdre sa crédibilité internationale.
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Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

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Google, la fin du travail ?

Après plusieurs années d’enquête, Bruxelles a lancé le 15 avril dernier une procédure contre le géant informatique américain. Elle l’accuse d’abus de position dominante dans la recherche sur internet.

Une solution à l’amiable est toujours possible, mais dans le pire des cas, Google pourrait écoper d’une amende de 6 milliards de francs. Quels enjeux se cachent derrière ce bras de fer entre Bruxelles et Google ? Le point avec Solange Ghernaouti, professeure à l’Université de Lausanne, spécialiste en cybersécurité.

RTS – L’Invité de la rédaction (16/04/2015)

Fuite TTIP/TAFTA: La proposition de l’UE est une menace pour les valeurs démocratiques

Selon une nouvelle fuite(link is external) concernant une proposition de la Commission Européenne pour les négotiations du partenariat de commerce et d’investissement transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis (TTIP), les initiatives législatives des Etats membres de l’UE devront être examinées minutieusement pour leurs impacts potentiels sur les intérêts des entreprises privées.

La proposition fait partie d’un vaste projet de “coopération réglementaire”. Les groupes de la société civile ont déjà dénoncé des versions précédentes de ce plan, le jugeant propice à tuer dans l’oeuf ou à saper en amont les réglementations d’intérêt public. D’après eux, les nouveaux éléments détaillés dans cette nouvelle fuite aggravent le problème.

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Traité transatlantique : Mythes et réalités sur les tribunaux d’arbitrage privés (Màj vidéo)

C’est sans conteste le meilleur argument des opposants au traité transatlantique Tafta/TTIP, qui organisent samedi 18 avril une mobilisation mondiale contre la négociation en cours entre les États-Unis et l’Union européenne : l’intégration au futur accord de l’ISDS, un mécanisme d’arbitrage privé qui menacerait de détruire toutes les règlementations environnementales, sociales ou sanitaires dans le seul but de préserver les profits des multinationales.

Au cœur d’une intense bataille diplomatique et politique au sein de l’UE depuis plusieurs mois, l’investor-state dispute settlement (mécanisme de règlement des différends investisseurs-États) s’attire toutes les critiques : on le tient responsable d’avoir permis à Philip Morris d’empêcher la mise en place du paquet neutre de cigarette en Australie, à Veolia d’avoir contesté la mise en place d’un salaire minimal en Égypte, à Lone Pine d’avoir attaqué l’interdiction du gaz de schiste au Québec et même à Vattenfall de s’opposer à la sortie du nucléaire en Allemagne.

C’est à dire de remettre en cause sur le terrain judiciaire des décisions démocratiques prises par les gouvernements selon la volonté des peuples. De purs mensonges, selon les défenseurs de l’ISDS, qui dénoncent une entreprise de désinformation sur un mécanisme indispensable dans un contexte de mondialisation.

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