L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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Quelque chose vient de se passer

Par James Howard Kunstler

Tout le monde sur cette terre est fauché, sauf peut être Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, quoiqu’il finira peut être plus brisé que fauché par la machine à broyer politique qui est en train de prendre les maux de la planète et de les transformer en une sorte de triste charcuterie destinée à être distribuée aux masses en colère comme un substitut synthétique de pain et de jeux. Appelez cela une obligation d’arbitrage politique synthétique et sans couverture.

Il s’est passé quelque chose la semaine dernière dans le monde et beaucoup de gens l’on ressenti, particulièrement dans les organes de distribution des nouvelles et de fabrication d’opinion, mais ce “ quelque chose ” n’a pas été clairement identifié. La macro-escroquerie des orgies mondiales de pyramides financières à la Ponzi est en train d’être découverte par le public, qui commence seulement à se rendre compte que le trou noir qui en est la conséquence va engloutir tout ce qui nous est familier, niveaux de vie, espoirs, rêves, sans compter de nombreuses vies. L’action politique va se résumer désormais à une frénésie pour déterminer qui et quoi sera englouti ou survivra dans ce trou noir d’anéantissement. Et tout ceci est en train d’apparaître comme un moment clef de l’histoire humaine.

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La crise va toucher tout le monde développé

Le trou noir financier s’élargit. Après la Grèce et le Portugal, l’Espagne a vu sa note abaissée par l’agence Standard & Poor’s, le 28 avril. La dynamique négative semble de moins en moins contrôlable.

La Grèce poursuit son vol en spirale vers une sorte de trou noir. Et elle entraîne à sa suite d’autres pays. “La contagion a commencé,” assurait le Secrétaire général de l’OCDE, Ángel Gurria, et la baisse de la note de l’Espagne par l’agence Standard & Poor’s ne fait qu’ajouter aux incertitudes. La dégradation de la dette souveraine d’un pays comme l’Espagne a notamment pour conséquence une hausse permanente du coût des capitaux. Il en résulte un enchérissement de la dette, qu’elle soit publique ou privée. “Dans un pays aussi endetté que l’Espagne, c’est une très mauvaise nouvelle,” résume Carmen Reinhart, économiste à l’université du Maryland et auteur de l’un des grands livres sur cette crise [This Time is Different, écrit avec Kenneth Rogoff]. Mais cette fois la donne a changé.

Je crains que le Portugal n’aie déjà les plus grandes difficultés à sortir de cette spirale que constitue une attaque spéculative,” explique Charles Wyplosz, de l’Institut universitaire de hautes études internationales à l’université de Genève [Graduate institute of international and development studies]. “L’Espagne a encore quelques semaines pour agir. Le plan d’austérité budgétaire n’est déjà plus suffisant (…). Il faut des accords rapides, des mesures d’urgence, profondes, peut-être suivre l’exemple de l’Allemagne et interdire les déficits publics par la loi ; quelque chose de radical.”

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