Italie : La crise met les habitants sous pression

Durement frappés par la crise, des Italiens font part de leurs préoccupations et de la façon dont ils protestent ou luttent pour s’en sortir.

Piero, 50 ans, ouvrier de Gênes, évoque son récent licenciement. Monsieur Brambilla, chef d’entreprise de Monza, qui vota Berlusconi, doit faire face à la montée des impayés, car ses clients sont devenus insolvables. Franca, jeune mère qui ne recevait aucune aide publique, a créé, via Facebook, un réseau privé centralisant des propositions d’emploi.

Georgia veut absolument sauver de la faillite la petite entreprise familiale dont le mauvais bilan a conduit son père au suicide. Elle a fondé un collectif avec d’autres femmes plongées dans des situations analogues. Giorgia, chauffeur de taxi à Rome, se fait du souci pour son avenir, mais garde toujours une oreille compatissante pour ses clients.

France : L’exil forcé des jeunes italiens

Ils portent un regard acerbe, attristé mais fier sur la situation de leur pays, un jugement dur mais compatissant sur leurs compatriotes. Venus en France pour étudier ou pour trouver du travail, ils restent ici à défaut de pouvoir construire une vie dans un pays qu’ils chérissent presque autant qu’ils en détestent le système politique.

Sally, Paolo, Tania, Matteo et Luca ont tous moins de 30 ans et vivent à Paris. Ils sont nés dans des régions, des familles différentes, mais partagent un destin : celui de l’expatriation. Ils nous racontent leur vision de l’Italie et de sa politique, l’amour aigre-doux qu’ils vouent à leur pays.

Paolo en costume cravate se roule une cigarette en attendant d’aller jouer au foot avec ses amis. Né et grandi à Parme dans le nord de l’Italie il vient d’une famille industrielle qui aime se dire qu’elle a mérité son destin.

Être ici depuis cinq ans, d’abord pour les études, puis maintenant pour son premier travail, ne l’empêche pas de s’intéresser de près à la politique italienne. Il rend grâce à Beppe Grillo, l’ex comique et leader du M5S (Mouvement Cinq étoiles) qui a raflé 25% des sièges lors des récentes élections législatives italiennes, d’avoir enfin osé critiquer la corruption de la gauche.

« On dit toujours que Berlusconi a volé. Mais tout le monde a volé. Le Parti Démocratique (parti socialiste italien) aussi. Et le M5S dénonce ça. Ce qui ne plaît pas aux dirigeants actuels ».

« L’Italie est en train de se planter mais ça me concerne pas. J’ai bien fait de partir avant », assène-t-il.
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Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
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Décroissance : « La liberté de consommer est une illusion bien cher payée »

Par Agnès Rousseaux

« Nous avons réussi à créer de la misère et du mal-être dans des sociétés d’opulence matérielle », assène Vincent Liegey. L’ingénieur et porte-parole du Parti pour la décroissance ne se contente pas de pourfendre le mythe de la croissance infinie.

Lui et les co-auteurs du livre « Un projet de décroissance » proposent d’accorder à chacun une « dotation inconditionnelle d’autonomie » : un revenu d’existence qui pourrait ouvrir bien des horizons. Et une invitation à nous questionner sur le sens de notre société.

Basta ! : Instaurer un revenu de base, aussi appelé revenu d’existence ou allocation universelle, est une revendication qui commence à émerger. Vous faites une nouvelle proposition en ce sens. En quoi votre projet est-il original ?
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Je me souviens…

Texte de notre lecteur Carpe Diem, merci à lui.

Je me souviens de mon premier bulletin de salaire qui comportait 3 lignes.
Je me souviens de mes premiers salaires versés en liquide par le comptable de l’entreprise.
Je me souviens que beaucoup d’entreprises avaient un coffre pour les espèces servant à régler les fournisseurs “au cul du camion”.
Je me souviens d’un temps où “Votre argent m’intéresse” était un slogan publicitaire, pas une déclaration de guerre.
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Les exosquelettes arrivent dans les usines

Issues de la recherche médicale et militaire, le robot dans lequel on se glisse et qui décuple la force musculaire humaine n’est plus de la science-fiction. Des sociétés comme Parker Hannifin, Ekso Bionics, Argo Medical Technologies ou Cyberdyne produisent déjà des exosquelettes motorisés destinés à aider ou à rééduquer les personnes handicapées ou accidentées.

Dans le domaine militaire, les constructeurs Raytheon et Lockheed Martin fabriquent des modèles pour l’armée américaine. Utilisant des technologies licenciées à Ekso Bionics, le HULC (Human Universal Load Carrier) de Lockheed par exemple peut porter jusqu’à 90 kg sur le dos.

Les exosquelettes, ces extensions mécaniques du corps humain, permettent de booster la productivité et la qualité des travaux de manutention de 30 %.

Outres les secteurs médicaux et militaires, les constructeurs voient dans le civil et l’industrie des applications prometteuses pour les exosquelettes : la manutention, le bâtiment, dans des conditions dangereuses ou inconfortables (sites contaminés, incendies, espaces réduits…). Lockheed s’apprête à entrer dans ce marché avec le modèle Mantis.
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Les nouveaux métiers du luxe

Qui n’a jamais rêvé d’avoir un employé à ses petits soins ? Un vol dans l’heure pour Miami, deux places de concert à la dernière minute… Quand on en a les moyens votre concierge de luxe s’occupe de tout… et surtout de l’impossible. Et pourquoi pas aussi s’offrir un personnal shopper ?

Olena, une jeune Franco-Ukrainienne de 30 ans s’est improvisée concierge de luxe. Valérie, architecte et décoratrice d’intérieur, rénove et décore des villas pour des gens fortunés. Quant à Suzanne, riche Américaine installée à Paris, elle est la créatrice du premier site Internet entièrement dédié au luxe, qui analyse les tendances mode, art et déco de la capitale française.

Pour éviter les fautes de goût, être à la pointe de la mode et gagner du temps, certains n’hésitent pas à dépenser des fortunes. De nouveaux métiers ont vu le jour afin de satisfaire les désirs et caprices des classes sociales les plus aisées.

Chômage : Nouveau pic historique en février

Addedum : Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6% le mois dernier, atteignant 3,187 millions. Le niveau record de 1997 est plus proche que jamais. (Libération)

(Merci à Garath)

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi en février pourrait dépasser le record de taux de chômage en métropole (10,8%), enregistré en 1994 et 1997 (3,185 millions). [NDLR: Il s'agirait alors d'un nouveau "record" pour la seule catégorie A, soit la 22e augmentation consécutive pour cette seule classification de chômeurs].

[...] En tenant compte des inscrits exerçant une activité réduite, Pôle emploi recensait fin janvier 4,6 millions de demandeurs d’emploi en métropole (4,9 avec l’Outre-mer). Les demandeurs d’emplois de longue durée (plus d’un an) n’ont jamais été aussi nombreux: près de deux millions, et chaque mois 90.000 chômeurs épuisent leur droit à une indemnisation.

La série de menaces de suicides après la mort par le feu d’un chômeur à Nantes le 13 février a dramatiquement souligné les difficultés de Pôle emploi à faire face, et le désarroi des chômeurs, dont le nombre a augmenté de plus de 10% sur la seule dernière année.

L’Insee prévoit un taux de chômage de 10,6% en métropole mi-2013 (11% avec les départements d’outre-mer). L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont les prévisions sont à plus long terme, entrevoit une «stabilisation fin 2013», autour de 11,25% de la population active.
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Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie

Selon Karl Polanyi, le régime normal des sociétés 
est de subordonner le marché aux besoins des hommes, 
et non l’inverse.

Penseur au parcours très singulier, Karl Polanyi est l’un des fondateurs d’une discipline nouvelle, l’anthropologie économique, qui se consacre à l’étude des échanges dans les sociétés anciennes et ambitionne de théoriser, à l’échelle de l’humanité, ce qu’il en est des rapports entre société et économie.

Pourtant, son œuvre la plus célèbre, La Grande Transformation, ne sort pas du cadre de l’histoire européenne moderne. En fait, il y développe ses intuitions théoriques les plus marquantes pour l’ensemble de son œuvre et s’inscrit dans la lignée des penseurs qui, comme Karl Marx et Max Weber, s’attachent à comprendre la particularité du capitalisme moderne et son impact sur les sociétés qui l’ont adopté.

Libéralisme radical versus 
vie sociale

Pour Polanyi, de 1830 à 1870, l’Angleterre en particulier, mais aussi bien d’autres pays, ont connu le règne du marché « autorégulateur », unifié et étendu à toutes choses. Cet essor du marché libre est, selon Polanyi, un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité. Même si des marchés existaient depuis la nuit des temps, ils restaient sectoriels, fragmentés et subordonnés à d’autres impératifs sociaux : le droit des familles, les traditions, la religion, les frontières domaniales et nationales. Le libéralisme moderne a fait sauter les derniers verrous en transformant la terre, le travail et la monnaie en marchandises comme les autres.

Or l’idéal même de la « société de marché » ne peut, selon Polanyi, mener qu’à une catastrophe. Il cite certains faits historiques : la montée de la misère ouvrière, le travail des enfants, la décomposition des structures villageoises et familiales, la famine en Irlande. Pour Polanyi, ce ne sont pas des accidents de parcours : le libéralisme radical est, écrit-il, une utopie incompatible avec la vie sociale.

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France : L’unique centre d’appels téléphoniques en coopérative

Dans l’univers impitoyable des centres d’appels, une petite entreprise se démarque en arrivant à concilier politique sociale et performance économique. C’est en partie dû à son statut : A Cappella est une Scop, une société coopérative de production. Les bénéfices sont en priorité redistribués aux salariés, et les valeurs sociales y sont prépondérantes.

Les centres d’appels en France, ce sont autant d’emplois que dans l’industrie automobile, soit environ 260.000 salariés. Depuis une dizaine d’années, les plateaux téléphoniques et leurs bureaux en « marguerite » ont poussé partout. Ils appartiennent à des sociétés spécialisées dans la « relation client » (Téléperformance, B2S…) ou sont gérés en interne par toute entreprise qui souhaite fidéliser ses clients ou en conquérir de nouveaux : banques, opérateurs de télécoms, assurances, vendeurs d’électricité ou de gaz, agences de voyages…

Ces centres sont souvent considérés comme des laboratoires où sont expérimentées les techniques de management de demain, visant à obtenir des salariés une productivité et une rentabilité maximales. « L’industrie automobile a été le laboratoire de la soumission des corps. Le nouveau lieu où se forgent les techniques d’asservissement des personnes, ce sont les centres d’appels », estime l’inspecteur du travail Jacques Dechoz.

« C’est là où l’on retrouve aujourd’hui la nouvelle classe ouvrière, et une proportion énorme de fils et filles d’immigrés. » Des salariés souvent jeunes, au statut plus ou moins précaire, payés au Smic ou pas loin, dans un secteur marqué par un fort turn-over.
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Full Option

Dans un monde où la course à la rentabilité règne en maître, quelle est la place de l’humain et des revenus ? Voilà la question essentielle posée par « Full Option », documentaire qui tente de démontrer la déshumanisation progressive et inquiétante des travailleurs dans un monde globalisé.

Le réalisateur s’attache à comparer le « secteur humain » au secteur automobile, secteur qui est en proie à des délocalisations et des sous-traitances toujours plus complexes. Le documentaire part de la Belgique, passe par la Roumanie et atterrit en Thaïlande.

Il part à la recherche du travailleur idéal en appliquant le principe « quand un modèle s’avère peu rentable, on en essaie un autre… ».

Rapidement, le reportage questionne le problème de la division internationale du travail et la mise en concurrence des différents maillons de la chaîne de production, avec comme effet pervers une pression à la baisse sur les coûts du travail, au Nord comme au Sud. Quelle réponse apporter ? Le documentaire invite à l’interrogation et propose des pistes de réflexion et d’action autour de l’agenda du travail décent.

Salaire à vie : L’emploi est mort, vive le salariat!

Et si, de la même manière que le suffrage universel est venu récompenser notre capacité à tous participer à la chose publique, un salaire à vie venait consacrer notre capacité à tous produire de la valeur? C’est l’idée mise en avant par l’économiste et sociologue Bernard Friot.

Imaginez une société où chacun d’entre nous toucherait un salaire à vie, versé de façon inconditionnelle à partir de la majorité. L’échelle des revenus serait de 1 à 4, soit de 1.500 à 6.000 euros.

Le passage d’un niveau à l’autre serait fonction de la qualification, équivalent du grade dans la fonction publique, attestant qu’une personne «peut participer à un certain niveau de création de valeur économique et a donc droit à un tel niveau de salaire». Ces qualifications, dont la liste précise serait sujette à délibérations, incluraient l’ancienneté, la pénibilité, les diplômes…

Cette société existe, du moins sur le papier: elle est l’œuvre de l’économiste et sociologue Bernard Friot, professeur à l’université Paris-X et auteur notamment de L’Enjeu du salaire, qui voit dans ce système du salaire à vie le moteur d’une véritable révolution. Il permettrait en effet de nous libérer de la «convention capitaliste du travail», qui nous réduit au rang de marchandises que l’on échange sur le marché du travail.

Pour cet universitaire, le chantage à l’emploi fait de nous des «mineurs sociaux» qui ne sont pas reconnus comme «producteurs de valeur économique», et le salaire à vie nous transformerait en «majeurs sociaux».
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Usines françaises : L’hécatombe

1.300 petites entreprises qui faisaient le tissu industriel ont disparu depuis 2009. Seuls les salariés concernés se battent… ou se résignent. [...]

Ghislaine Lèchevin, 75 ans, retraitée, et son fils Gérard, 49 ans, CAP d’électromécanicien, chômeur. En médaillon, l’usine FFM de Péronne, dans les années 60, quand elle employait quelque 600 personnes.

Philippe Quévremont a été licencié de la Filature française de mohair de Péronne, dans la Somme, où il a passé trente-trois ans et dont il est devenu le directeur industriel. Il était à trois ans de la retraite.

Depuis, il revient pour vendre les machines, s’occuper. « Quand une usine ferme, on n’existe plus », dit-il. Le lustre passé de l’unique filature de mohair du pays hante les bâtiments du site industriel.

Au faîte de son activité, dans les années 70, l’usine, rachetée par une famille du Nord, emploie plus de 600 personnes, des femmes des environs qui, sitôt le certificat d’études obtenu, intègrent les ateliers.
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Combattez pour ne pas être remplacés !

Il y a seulement 50 ans, Roubaix était peuplée d’ouvriers européens. Aujourd’hui, la ville est occupée à plus de 60% par des maghrébins. Il y a seulement 50 ans, Belleville était encore un quartier populaire parisien. Aujourd’hui, c’est un quartier africain.

Des exemples comme ceux-là, on en compte des milliers en France : chacun a vu, en l’espace de quelques années seulement, son cadre de vie se métamorphoser.

Nous ne vivons pas de simples “changements sociaux”, des “évolutions” qui seraient “dans l’air du temps” et que nous devrions “accepter” sans broncher. Mais on nous impose une véritable et profonde mutation ethno-culturelle, ce qu’on est en droit d’appeler une substitution de population.

Côté départ, les sites de production sont délocalisés et ferment un par un, les cerveaux quittent un pays où la liberté d’entreprise s’éteint à petit feu, les familles d’autochtones fuient d’invivables zones urbaines.
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Ce que le numérique fait au travail… et réciproquement

C’est essentiellement sous l’angle de l’emploi et de la crise économique que la question du travail se pose aujourd’hui dans les médias. Or depuis les années 90, les économies des pays de l’OCDE se caractérisent par une croissance faible (ponctuée de crises économiques régulières) et un taux de chômage élevé. Le temps de travail a diminué de manière constante, l’emploi à temps partiel a augmenté ainsi que le chômage longue durée. La part du travail dans le Produit intérieur brut a elle aussi diminué. De là à croire que le travail rapporte moins, il n’y a qu’un pas…

Une crise du marché de l’emploi qui cache des évolutions plus profondes des pratiques de travail

Vis-à-vis de ces “tendances de fond” observées sur deux décennies dans presque tous les pays de l’OCDE, l’impact des technologies numériques est habituellement pointé à deux titres :

  • Elles constituent le principal support de la globalisation, de la mise en réseau de l’économie et de sa financiarisation, produisant en particulier une très forte interdépendance et une mise en concurrence mondiale des économies comme l’expliquait déjà Manuel Castells dans La société en réseau ;
  • Elle accélère la croissance de la productivité du travail ; productivité qui transforme les tâches, les fonctions nécessaires à l’activité, et en particulier en diminue le nombre. Dès 1995, Jérémy Rifkin dans La fin du travail prévoyait que les TIC, ayant gagné tous les pans de l’économie (suite à l’informatisation massive des entreprises et des marchés financiers durant les années 80) conduiraient à une productivité très forte des entreprises, et une “croissance sans emploi”.

Aujourd’hui même, l’économie numérique, secteur de grande productivité et porteur de croissance, se révèle peu créatrice d’emplois, à l’image de la Silicon Valley en perte nette d’emplois depuis 15 ans. Les auteurs de l’Age de la Multitude y voient là les signes d’un affaiblissement du “travail” au profit de “l’activité” :

Depuis dix ans, on croit que le numérique va créer des emplois. Or il crée peu d’emplois directs, et contribue plutôt à supprimer des bureaucraties ou des rentes. L’optimisation sans précédent qu’il permet (dans le domaine de la consommation, des services) devrait contribuer à faire baisser le travail, au sens ancien du terme. Mais pas l’activité : car en amont du travail proprement dit (produire un service, un bien, un contenu), on voit se développer toute une activité de veille, d’autoformation, d’e-réputation, de connexion, d’échanges, d’expérimentations….

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Radio Courtoisie : “Le malaise est dans l’homme”

Addendum audio du 09/03/2012

Samedi 09 mars 2013 à midi, Pascal Lassalle (assisté de Franck Wilsdorf) recevait dans le Libre Journal des Lycéens sur Radio Courtoisie, Pierre le Vigan pour son ouvrage “Le malaise est dans l’homme – Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne“. La seconde partie de l’émission fut consacrée à une rencontre avec Alain Sanders et Serge Cadal suivie des chroniques régulières.

(Merci à Jérôme)

« Le Malaise est dans l’homme »

Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne. Les souffrances psychiques ne sont pas des maladies. Mais elles peuvent y mener. La condition de l’homme étant tragique, ouverte, risquée, la fragilité de l’homme est inhérente à son être-au-monde.

Toutefois, si le malaise est dans l’homme depuis toujours, le monde moderne et hypermoderne lui donne des formes nouvelles. Les sociétés traditionnelles fonctionnaient sur la base d’un modèle d’intégration sociale, au demeurant inégalitaire, où chacun néanmoins avait sa place, y compris le fou. Les sociétés modernes ont fonctionné sur le mode du refoulement et de la névrose.

La société du travail ne voulait pas connaître les états d’âme, ni même les âmes d’ailleurs. La société hypermoderne combine les exigences du travail et celles de l’autonomie : il faut être productif, il faut être performant, mais aussi « positif ». Il faut donner sa force de travail, mais aussi assumer un certain savoir-être, et non simplement apporter son savoir-faire.

La mobilisation de l’homme dans l’hypercapitalisme est donc totale mais elle n’est plus une mobilisation sous une forme guerrière qui était celle du « soldat du travail ». C’est une mobilisation pour plus de mobilité, plus de fluidité, plus de liquidité. L’hypercompétitivité et la lutte de tous contre tous tendent à devenir la règle.
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Guy Debord : La société du spectacle

« Partout la spéculation est, pour finir, devenue la part souveraine de toute la propriété. Elle s’autogouverne plus ou moins, selon les prépondérances locales, autour des Bourses, ou des États, ou des Mafias : tous se fédérant dans une sorte de démocratie des élites de la spéculation. Le reste est misère. Partout l’excès du simulacre a explosé comme Tchernobyl, et partout la mort s’est répandue aussi vite et massivement que le désordre. Plus rien ne marche et plus rien n’est cru. »

« Cette mauvaise réputation… » (1993), Guy Debord, éd. Gallimard, 1993, p. 107

Lire ici un article de 2008 dont l’auteur ne veut pas que “les identitaires” le “plagient” sur Fortune (nous déplorons que la publicité gratuite que nous lui faisons n’ait pas l’heur de lui plaire, mais devons lui préciser qu’il ne s’agit ni d’identitaires puisque Fortune n’est pas affilié au Bloc Identitaire, ni de plagiat dans la mesure où nous citions notre source. – La rédaction de Fortune).

LA SOCIETE DU SPECTACLE (extraits) :

1
Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.

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L’organisation du travail doit-elle toujours nous pourrir la vie ?

Louis Blanc écrivait en 1850 : « L’organisation du travail, en vue de la suppression de la misère, repose sur le spiritualisme le mieux senti [...] afin que l’excès du malheur n’étouffe plus chez personne les nobles aspirations de la pensée et les jouissances d’un légitime orgueil ».

Face à l’échec manifeste de cette conception de l’organisation du travail, la Fondation Copernic tente de dégager les principales impasses rencontrées aujourd’hui, pour mieux comprendre les raisons de cet échec et tenter de le dépasser.

Intervention du 13 novembre 2012 de Danièle Linhart, directrice de recherche au CNRS. Elle est, notamment, l’auteur de La Modernisation des entreprises (La Découverte, 2010) et a dirigé (avec Josiane Boutet, Henri Jacot et Jacques Kergoat) la rédaction de l’ouvrage collectif Le Monde du travail (La Découverte, 1998 – voir le compte-rendu de Robert Castel dans Le Monde diplomatique),

Nantes : Un chômeur “très précaire” s’immole devant Pôle Emploi

Mercredi 13 février, Djamal Chaab, un chômeur en fin de droits, s’est donné la mort devant le Pôle Emploi de Nantes.

L’homme, âgé de 43 ans, se serait aspergé avec un bidon d’eau de javel rempli d’un produit inflammable en descendant du bus. Il aurait alors parcouru une quarantaine de mètres, en flammes, avant d’atteindre Pôle Emploi. Il est décédé sur le parking.

La révolution du salaire à vie

Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l’avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail. Supprimer la propriété lucrative, redéfinir la valeur et instaurer un salaire à vie pour tous, en prolongeant le principe de la cotisation sociale, déjà présente chez les fonctionnaires, les retraités, et dans la sécurité sociale : telles sont les pistes évoquées par Bernard Friot pour émanciper les individus économiquement et sortir du capitalisme.

« Ne vous indignez pas, nous l’avons tous cherché » (Màj)

Addendum du 25/01/2013: « La fin de l’État-providence ne coûtera rien aux Français, elle leur rapportera »

On ne présente plus à nos lecteurs Max et Pascal Dray. Le premier est PDG d’un groupe français implanté dans de nombreux pays du monde. Auteur d’un ebook gratuit, Ne vous indignez pas, nous l’avons tous cherché (critique et entretien), il souhaite pour l’instant conserver l’anonymat. Le second est chef d’entreprise, docteur en économie et chroniqueur aux Nouvelles de France. Nous les avons réunis pour commenter l’actualité économique et sociale française.

Adeptes du prêt-à-penser, de l’interventionnisme et de l’étatisme, vous avancez aux risques et au péril… de vos certitudes. Les autres, vous allez vous régaler. Bonne lecture !

Suite de l’article sur Nouvelles de France

Max, un entrepreneur, a décidé d’écrire et de partager son « manifeste pour la responsabilité », rédigé autour de 8 principes forts comme « Osons », « Simplifions » ou « Reconnaissons la vraie valeur de la chose publique ». L’auteur ne se fait pas le défenseur de ses pairs ou le héraut d’une doctrine économique. Cet essai est d’autant plus accessible qu’il est gratuitement proposé au téléchargement et à la lecture en ligne.

En identifiant les anomalies et les contradictions de notre système économique, l’auteur a le mérite de frapper juste, de trancher et de proposer, loin de l’anesthésie ambiante et des postures de rebelles de salon. 

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Les décroissants : Être et ne plus avoir…

Fatigués de la course au “toujours plus”, ils ont choisi de vivre mieux avec moins. Une nouvelle éthique de vie qu’ils mettent en actes au quotidien. Témoignages.

Qu’on les baptise « décroissants », « créatifs culturels », « consomm’acteurs », que l’on range le mouvement dans un tiroir intitulé « simplicité volontaire » ou « downshifting », peu importe… Car la dynamique est bien là : de plus en plus de personnes, en Amérique du Nord comme en Europe, veulent cesser de se laisser déborder par une vie qui ne leur convient plus.

Pour l’instant, impossible de chiffrer avec exactitude l’ampleur de la vague, mais des instituts d’études en marketing évoquent déjà une « tendance significative et en expansion (1) ». Aux États-Unis, environ 20 % de la population serait concernée, et plus de dix millions d’Européens auraient déjà modifié profondément leur manière de vivre. « On peut parler d’un étouffement des individus dans cette société dévorée par les objets et la technologie », souligne le psychanalyste Jean-Pierre Bigeault.

Prise de conscience et passage à l’acte

Surconsommation, course à la réussite sociale, ravages de la pollution et diminution des ressources… les décroissants font le même constat que beaucoup d’entre nous : leur vie ne tourne pas rond. Mais eux passent à l’acte. Une montée de conscience qu’explique la psychanalyste Luce Janin-Devillars : « Pour endiguer les ravages de la pollution, certains comprennent qu’il y a une noblesse à réparer ce qui peut l’être, à inverser la tendance du jetable pour préserver l’avenir des générations futures. »
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Allemagne : Critique des “minijobs” et du modèle social

Plus de 7 millions d’Allemands sont employés dans des “minijobs”, mais ces contrats précaires, peu rémunérés et dispensés de charges sociales sont de plus en plus montrés du doigt dans une Allemagne qui s’interroge sur la face obscure de son succès économique. Ces contrats ont notamment été accusés d’alimenter une “bombe à retardement” en condamnant les salariés durablement employés sous ce dispositif à des retraites dérisoires.

Les minijobs, créés dans les années 1970, se sont fortement développés après les grandes réformes du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005. Leur nombre atteignait 7,4 millions fin septembre 2012, sur une population active de 42 millions de personnes. Ils sont l’un des symboles de la flexibilisation du marché du travail en Allemagne, où le taux de chômage a chuté à 6,5% après un pic à 11,5% en avril 2005. Ils ont prospéré au détriment des emplois soumis à cotisation.

Pour répondre aux critiques, le gouvernement d’Angela Merkel a relevé au 1er janvier le plafond de rémunération de ces emplois, de 400 à 450 euros par mois, et les minijobs signés après cette date seront soumis aux cotisations retraite, sauf si les salariés y renoncent expressément.

Mais pour Dorothea Voss, chercheuse à la fondation Hans-Böckler, proche du syndicat DGB, cette mesure ne fait qu’aggraver le problème en “renforçant une forme d’emploi, catastrophique du point de vue de la protection sociale, et qui ne permet pas de vivre décemment“.
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Travail des enfants : L’esclavage des temps modernes

L’Organisation internationale du travail (OIT) a dénombré près de 215 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans exerçant une activité économique. Parmi lesquels plus de la moitié sont exposés aux « pires formes de travail des enfants ».
Après une année placée sous l’égide de l’élimination du travail des enfants d’ici 2016, l’OIT a défini une feuille de route pour mettre fin au travail des enfants, âgés de 5 à 17 ans, qui reste « un défi persistant ». En effet, ce sont près de 127 millions de garçons et 88 millions de filles qui travaillent chaque jour. Sur les 215 millions dénombrés en 2008 (dernière donnée fournie par l’OIT), 115 millions sont contraints à des activités dangereuses, dont 74 millions de garçons et 41 millions de filles.

Parmi le travail des enfants, l’exploitation sexuelle concerne près de 5 millions d’entre eux. L’OIT prend en compte les conditions de travail dangereuses, l’esclavage, ou autres formes de travail forcé, les activités illicites, y compris le trafic de drogue et la prostitution ainsi que l’enrôlement dans un conflit armé.

L’âge minimum légal de base auquel les enfants sont autorisés à travailler est 15 ans (14 ans dans les pays en développement). Pour les travaux légers (quelques heures uniquement et occasionnellement), la limite est fixée à 13-15 ans (12-14 ans dans les pays en développement). Enfin, pour les travaux dangereux, la limite est repoussée à 18 ans (16 ans sous certaines conditions dans les pays en développement).
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«On pourrait ne travailler que 15h par semaine si l’on voulait»

Économiste et auteur à succès, le Tchèque Tomás Sedlácek tient un discours original. Certes, l’économie rend tout efficace, «mais tout dans notre société ne doit pas être efficace».

«C’est comme Central Park à New York. Tout autour règne l’efficience, mais celle-ci est interdite dans le parc qui est strictement réservé à la détente et aux écureuils», explique Tomás Sedlácek, auteur de l’ouvrage «Economics of Good and Evil» («L’Économie du Bien et du Mal»), dans une interview accordée au Tages-Anzeiger.

Au-delà de la métaphore, l’ancien conseiller de Václav Havel et membre du Conseil économique national tchèque rappelle que le rôle de l’économie ne consiste pas d’abord à augmenter le produit intérieur brut. «La première priorité doit être la stabilité du système, mais nous l’avons oublié.»

La solution du chômage partiel

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Allemagne : Où sont passées les mamans ?

Depuis des années, l’Allemagne est confrontée à une dénatalité record. En cause, une politique familiale coûteuse, pléthorique et contradictoire, dont sont victimes en particulier les 30-40 ans.

Des quadras et quinquas diplômées et sans gamin : voilà l’incarnation d’un phénomène allemand suivi de très près par les démographes. En effet, 20% des Allemandes de l’Ouest nées entre 1960 et 1964 n’ont pas d’enfant, 22% n’en ont qu’un. Et la probabilité d’être sans descendance augmente fortement avec le niveau d’études. “Un quart des diplômées de l’enseignement supérieur n’ont pas d’enfant”, résume Christian Schmidt, chercheur à l’institut économique berlinois DIW, “alors que ce pourcentage n’est que de 15% chez celles qui se sont arrêtées au bac.”

Le phénomène inquiète les cercles du pouvoir à Berlin, dans un contexte de rigueur et de réduction des dépenses publiques. Car ce sont précisément les femmes les plus aisées qui ne font pas d’enfant, alors que le nombre de jeunes vivant dans un foyer pauvre, qui dépend donc des prestations sociales, ne cesse, lui, d’augmenter.

Régulièrement, la presse allemande épingle ces “Dinks” (double income, no kids, ”deux revenus, pas d’enfant“), les accusant d’hédonisme et d’égoïsme. La réalité est souvent bien différente.

Éplorée à 50 ans 
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Baisse des salaires dans les pays développés

Les salaires ont baissé dans les pays développés l’an dernier, année de crise économique, alors qu’ils ont continué à grimper fortement dans les pays émergents, selon l’Organisation internationale du travail, qui dénonce le fait que le travail soit de moins en moins rémunérateur.

Les salaires ont baissé de 0,5% en 2011 dans les pays développés, alors qu’ils ont augmenté dans les pays émergents, comme en Asie (+5%), selon le rapport 2012/2013 de l’évolution des salaires dans le monde publié vendredi par l’OIT.

En conséquence, l’OIT relève que le risque de troubles sociaux augmente, du fait du mécontentement populaire. Pour l’OIT, il est essentiel que les salaires augmentent sur le même rythme que la productivité. «C’est une question d’équité et de croissance économique durable». Or, les derniers chiffres montrent que la productivité a augmenté beaucoup plus vite que les salaires dans le monde.

Globalement, tous pays confondus, les salaires ont augmenté de 1,2% en 2011, à comparer avec +2,2% en 2010 et +3% en 2007. Parallèlement à cette croissance ralentie, l’OIT dénonce aussi le fait que «les salariés reçoivent une plus petite part du gâteau», en stigmatisant le fait que la part des salaires dans la richesse nationale ne cesse de diminuer, partout dans le monde.
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Écosse : Calton, capitale de la précarité

Victime de la désindustrialisation des années 1970 et 1980, le quartier ouvrier de Calton, à Glasgow, cumule les records négatifs en terme de chômage, d’espérance de vie et de revenu par habitant. Et les coupes dans les dépenses sociales ne laissent pas beaucoup d’espoir d’amélioration.

Un vent âpre traverse Calton, chassant devant lui des sacs en plastique et autres détritus. Les bâtiments délabrés aux fenêtres condamnées se succèdent dans le quartier. Dans Stevenson Street, une mère adolescente pousse un landau d’un pas traînant. Elle entre chez un marchand de journaux puis en ressort quelques instants plus tard, un paquet de cigarettes à la main. La rue est presque déserte. Seul le Calton Bar donne quelques signes de vie : vers midi, une poignée de clients y sont déjà en train de boire leur première pinte.

Autrefois Calton était un quartier animé, le cœur industriel de l’ouest de Glasgow. De grandes aciéries aux cheminées fumantes dominaient les logements ouvriers. Au People’s Palace donnant sur Green Park, on peut se faire une idée de ce qu’était la vie locale il y a une cinquantaine d’années. Calton était un quartier ouvrier type.

Les photos en noir et blanc qui y sont exposées montrent les appartements exigus où plusieurs familles devaient partager les mêmes toilettes. Non, les habitants de Calton n’ont jamais connu le confort. Mais à l’époque, le travail ne manquait pas.

Au centre commercial pour se réchauffer
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Santé au travail : « Nous sommes face à une forme de crime organisé »

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

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France : L’ornière des aides sociales

En 2009, 11,2 millions de Français ont bénéficié d’aides sociales pour un montant total de 59,5 milliards d’euros. Cela équivaut au budget de l’Éducation nationale soit 1/5 du budget de la France. Ces 11,2 millions de bénéficiaires ont des familles (parents, épouses, enfants, etc…). Ce sont donc au total plus 35 millions de personnes qui bénéficient, d’une manière ou d’une autre, des aides sociales, c’est-à-dire plus de 50% des Français.

Le modèle social français, au prix où il coûte aux contribuables, fonctionne-t-il ?

[…] Pour savoir si notre modèle social français fonctionne, prenons trois indicateurs qui permettront de le juger sur des résultats concrets : le taux de pauvreté, le revenu de solidarité active (RSA) et les « Restos du Cœur ».
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Europe : Dépression généralisée

Une étude récente a montré qu’un Européen sur cinq est déjà passé par un épisode dépressif. A l’heure actuelle, c’est chez les 18 – 30 ans que l’on recense le plus de dépressions.

Rien d’étonnant à cela : après des années de crise, les jeunes Européens sont pris à la gorge par des exigences démesurées et la peur de l’avenir – et ceux qui ont un job ne sont pas épargnés.

Pourtant, il y a quelques années encore, les jeunes adultes passaient pour insouciants : qu’est-ce qui, aujourd’hui, les rend si vulnérables ? Comment réagissent les médecins et les psychologues face à tous ces jeunes patients ?

Europe : Enquête sur le travail des enfants

Dans les pays européens, de plus en plus de familles qui ont vu leurs aides sociales réduites ont mis leurs enfants au travail. Une main d’œuvre profitable pour les employeurs : ils ne font pas grève, ne sont jamais malades, gagnent parfois 75 centimes de l’heure.

En Angleterre, Michael, 15 ans, distributeur de lait trois nuits par semaine avant d’aller à l’école. En Bulgarie, Julianna ,14 ans, travaille aux champs dix heures par jour. En Italie, Giovanni, 13 ans, sert des cafés huit heures par jour.

*”Au petit matin, Giovanni se lève, il console sa petite sœur en pleurs. Il ne reste que trois gâteaux secs à manger pour toute la famille. Il quitte la maison. Pourtant, il n’avouera jamais qu’il a déjà faim…”

Émission “Pièces à conviction” diffusée le mercredi 14 novembre sur F3 à 23h10