Haut-Jura : Être sans avoir

Comment peut-on vivre heureux aujourd’hui? Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd’hui? A 57 ans, Jean-Paul Grospélier n’a qu’un seul regret, c’est d’avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n’y suis jamais retourné ! »

Ce qui sonne comme une provocation n’est pas une ode à la paresse mais plutôt la profession de foi d’un homme qui pratique « sa décroissance » depuis 35 ans.

Le mode de vie autarcique choisi par Jean-Paul a néanmoins un coût que la plupart d’entre nous ne pourrait supporter: celui de cultiver 600 mètres carrés de potager, celui d’être un cueilleur, un glaneur, un menuisier, un boulanger, un mécanicien, un maçon, quand six mois d’hiver vous déposent parfois deux mètres de neige devant la porte.

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États-Unis : Bilan de la légalisation du cannabis au Colorado

Aux États-Unis, le marché du cannabis rapporte déjà des milliards de dollars. Dans le Colorado, cette planante industrie est en plein essor: des entreprises se créent, les emplois fleurissent par milliers et l’État encaisse des dizaines de millions de dollars.

Le 1er janvier 2014, le Colorado est devenu le premier État américain à légaliser le cannabis à des fins récréatives. Un an après, les comptes sont dans le vert grâce aux taxes, 18.000 emplois ont été créés et la criminalité est en baisse.

Placard : Les bannis du boulot

Solitude, dépression, sentiment d’être emprisonné… Et peu de compassion pour ces “bannis du bureau”, vite catalogués comme “fainéants”, “payés à ne rien faire”. le magazine “Complément d’enquête” s’est penché sur un mal bien français: le placard. Aucun chiffre, pas de statistiques, et pourtant les dégâts sont terribles.

L’équipe du magazine a rencontré Charles Simon, payé près de 5.000 euros pendant douze ans par la SNCF, à rester chez lui. Mais ne croyez pas qu’il vive forcément bien cette inactivité forcée. “C’est épuisant de ne rien faire, mais c’est compliqué de se plaindre”, confie-t-il. Il y a aussi Thomas, ancien commercial pris en grippe par son chef et dont les journées sont désormais vides.

Expatriés français : Quelles sont leurs motivations et leurs relations avec la France ?

Selon les estimations, on dénombre entre 1,5 et 2 millions de Français établis à l’étranger, une population en croissance continue depuis plusieurs années. Pourtant, peu d’études sont réalisées auprès de cette cible qui reste assez méconnue. Pour cette raison, Ipsos et la Banque Transatlantique se sont associés pour mener une grande consultation auprès des Français établis hors de France.

Les résultats ont été dévoilés dans le cadre du colloque organisé par Hélène Conway-Mouret, Sénatrice représentant les Français établis hors de France, au Palais du Luxembourg le lundi 5 octobre 2015.

Le travail constitue la première motivation de l’expatriation
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Une étude détruit le mythe de la fourmi travailleuse

Par ses fables, Jean de La Fontaine avait pour ambition de se servir “d’animaux pour instruire les hommes”. La fable qui ouvre son premier recueil est la célébrissime historiette de La cigale et la fourmi, inspirée d’Ésope. Si l’écrivain grec montre, dans son texte, les fourmis en train de s’activer – elles font sécher du grain –, son lointain successeur français ne se donne même pas cette peine et tient pour acquise, tout en la renforçant, l’image de la fourmi travailleuse.

Cette image a pris une telle force que, dans les définitions du dictionnaire une fourmi peut désigner une personne laborieuse et une fourmilière un lieu où s’affairent un grand nombre d’humains. On a d’ailleurs attribué le succès écologique des insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites…) à la division du travail et à la spécialisation des individus qu’ils mettent en place, un mode d’organisation dont Homo sapiens s’est inspiré dans bien des domaines, que ce soit l’industrie, l’informatique, la robotique ou la logistique.

Pourtant, tout cela pourrait bien être bâti sur un mythe car fourmis et travail ne seraient pas autant synonymes que cela, si l’on en croit plusieurs études dont la dernière en date vient de paraître dans le numéro de septembre de la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

Biologistes à l’université d’Arizona, les auteurs de cet article sont partis du constat, posé par plusieurs travaux antérieurs, disant que, dans des fourmilières étudiées, environ la moitié des individus semblaient inactifs. Ils ont donc voulu vérifier si c’était bien le cas et tester plusieurs hypothèses pouvant expliquer cette “oisiveté” comme par exemple un besoin de repos imposé par l’horloge interne ou un excès de travail.
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Artisanat : Un secteur en plein mal-être

La première entreprise de France, c’est ainsi que l’on surnomme l’artisanat. Et pour cause : les artisans et commerçants représentent 3,1 millions de personnes pour un million d’entreprises. S’ils ont été de longues décennies durant au coeur de la vie économique et sociale, ils se sentent aujourd’hui marginalisés.

Des charges trop lourdes qui pèsent sur le marché de l’artisanat. En France, une centaine d’entreprises artisanales baisse le rideau chaque jour.

Éloge de l’oisiveté (Màj)

02/10/2015

Bertrand Russell, philosophe, mathématicien et prix Nobel de littérature, publie en 1932 un essai intitulé « Éloge de l’oisiveté ». Ce livre est un plaidoyer pour une plus juste distribution des richesses obtenues grâce aux progrès techniques de la révolution industrielle. Si ces richesses n’étaient pas accaparées par quelques-uns, le travail pénible serait considérablement réduit et chacun pourrait consacrer son temps à des activités dignes, agréables et constructives.

Le présent spectacle est une réflexion sur la place du travail dans nos vies, sur la valeur de l’argent, sur notre rapport au temps et à l’urgence. Conçu comme un assemblage ludique, on y retrouve bien sûr Bertrand Russell, mais aussi Jean de La Fontaine ou Denis Grozdanovitch, l’auteur du « Petit Traité de désinvolture » et de « L’Art difficile de ne presque rien faire ».

Le comédien Dominique Rongvaux nous y raconte aussi sa propre expérience de jeune diplômé en management confronté aux absurdités du monde de l’entreprise et sa décision de tout abandonner pour changer de vie.

« Éloge de l’oisiveté » est questionnement partagé avec le public. Les machines nous ont soulagé de nombreuses tâches ingrates, pourtant la souffrance au travail ne cesse de croître. Que signifie la sévère désapprobation morale qu’encourent la paresse et les paresseux? Comment résister à la tyrannie de l’efficacité et du rendement? Et si c’était notre liberté individuelle qui était en jeu ?

Nous voudrions rappeler, dans le brouhaha ambiant, que les choix d’organisation de la société sont multiples, que des possibilités existent en-dehors du discours majoritaire et qu’on peut vouloir travailler moins pour vivre plus.

Réflexion autour de la valeur du travail, « Éloge de l’oisiveté » est une flânerie joyeuse à la découverte des routes parallèles empruntées par ceux qui, de tout temps, échappèrent au dogme de l’activisme. Et si l’oisiveté nous mettait sur la voie d’une société plus juste favorisant l’épanouissement de chacun? :

10/09/2013

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Europe : Le désespoir des agriculteurs

Une commémoration se prépare devant la basilique de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne. D’ici au 11 octobre, Jacques Jeffredo, un maraîcher breton, compte installer sur place, 600 croix blanches pour autant de suicides parmi les agriculteurs français chaque année d’après ses estimations. L’“Institut français de veille sanitaire”: estime le nombre de cas à près de 200. C’est la catégorie socio-professionnelle la plus touchée dans le pays.

Jacques Jeffredo a pris l’initiative d’organiser une cérémonie pour honorer leur mémoire et alerter l’opinion. “J’ai beaucoup de collègues qui ont quitté ce monde et j’ai constaté qu’on n’avait jamais eu de journée de commémoration pour eux, j’en étais toujours triste, souligne-t-il, je sentais qu’il y avait une certaine forme d’injustice, pas de reconnaissance vis-à-vis de gens qui se tuent au travail pour nous nourrir tous.

Fin des quotas laitiers, recul de la demande et embargo russe
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Hambach (57) : Les 39 heures de l’usine Smart sèment la division

Dans l’usine Smart de Moselle, le vote sur les 39 heures a eu lieu il y a vingt jours, mais les nerfs sont toujours à vif. Si le oui au 39 heures l’a emporté, beaucoup d’ouvriers sont amers. Si le oui a gagné, c’est grâce aux votes des cadres.

Le vote de l’usine Smart d’Hambach a créé une scission. Clivage entre générations, entre différents statuts, 800 salariés divisés et un village où chacun a choisi son camp.

Il faut sauver les vergers

La saison de la récolte des pommes a commencé. Malheureusement, beaucoup de vergers sont aujourd’hui laissés à l’abandon. Si on compte près de 200.000 arbres dans le pays de Montbéliard, seuls 25% des fruits sont récoltés. Pour pallier ce problème, une association a donc décidé de proposer son aide au propriétaire.

L’association “Verger vivant” propose de récolter les fruits en lieu et place des propriétaires. Une aubaine pour ces derniers, mais aussi pour les employés de cette association. En effet, la plupart étaient éloignées du monde du travail et en grande difficulté.

Chômage: un coaching pour aider les seniors à retrouver du travail

Certaines associations font du coaching pour aider les séniors à sortir du chômage. Elles leurs permettent de se mettre en valeur et de leur redonner confiance en eux, afin de contribuer à ce qu’elles retrouvent le chemin de l’emploi. “Sénior égal compétence, mais il faut savoir la mettre en évidence, la proposée, la communiquer“, explique Ali Arbadji, bénévole chez AGIRabcd.

Dunkerque (59) : A la rencontre des derniers pêcheurs de crevettes

Il est 4h30 du matin à Dunkerque (Nord), lorsque Thierry et Jean-Luc embarquent sur le “Petit pêcheur”. Les deux marins ont commencé dans les années 80, à une époque où Dunkerque comptait encore une petite quinzaine de crevettiers. Aujourd’hui, il n’y en a plus que deux. “La jeunesse veut plus faire ce métier. [...] c’est un métier de vieux !”, plaisante Thierry.

Thierry et Jean-Luc n’ont pas de salaire fixe. Ils prennent 40% du résultat, le reste est pour le propriétaire du bateau. Après 45 minutes de chalutage, premier verdict. Contrairement à certains poissons, la crevette n’est pas soumise aux quotas de pêche. Mais certaines saisons, l’animal se fait rare.

Après sept heures de travail, un peu plus de 80 kilos de crustacés ont été ramassés et triés. C’est plutôt bon pour un début de saison. Malgré les difficultés, ces marins se battent pour conserver quelques années encore cette pêche artisanale.

Israël : L’État hébreu va embaucher 20.000 travailleurs chinois

Le gouvernement israélien a donné son feu vert dimanche à la venue et au recrutement de 20.000 ouvriers chinois spécialisés dans le secteur du bâtiment afin de doper la construction de logements neufs dans le pays. «Il s’agit à mes yeux d’une mesure nécessaire et importante pour faire baisser les prix du logement», a justifié Benyamin Nétanyahou.

Le conseiller juridique du gouvernement, Yehuda Weinstein, a pour part exprimé ses réserves en l’absence d’un accord bilatéral encadrant cette immigration et garantissant les droits des nouveaux arrivants.

L’embauche d’ouvriers chinois par des entreprises israéliennes était devenue presque impossible depuis que l’État hébreu avait décidé, en 2011, de réglementer l’immigration de travailleurs étrangers. Son objectif principal était alors de lutter contre les pratiques illégales de certains intermédiaires, qui imposaient aux migrants de leur verser jusqu’à 30.000 dollars en échange d’un permis de travail.

La situation était devenue si problématique que les États-Unis menacèrent d’inscrire Israël sur la liste des États qui pratiquent la traite des êtres humains. La relance de cette immigration économique fut dès lors suspendue à la signature d’un accord bilatéral entre Israël et la Chine. Mais les deux pays n’ont jusqu’à présent pas réussi à se mettre d’accord sur son contenu.
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Qui sont les employés plus touchés par les baisses de salaire ?

Ça ne va pas fort dans le secteur privé comme dans les entreprises publiques. Selon une étude de l’Insee publiée mercredi 16 septembre, le salaire net moyen a baissé de 0,3% entre 2012 et 2013 si l’on tient compte de l’inflation. 

En 2013, en France, les salariés ont perçu en moyenne, pour un temps plein, 2.912 euros bruts par mois et 2.202 euros nets. Soit une hausse du salaire brut moyen de 1,3 % par rapport à 2012 (contre +0,7% en 2012) et de 0,6% du salaire net (contre + 1,6 % entre 2011 et 2012), “dans un contexte de dégradation du marché du travail qui se poursuit“, souligne l’Insee. Compte tenu de l’inflation, cela correspond à une baisse du salaire net moyen en euros constants.

Le salaire moyen est stable pour les femmes tandis qu’il diminue chez les hommes (-0,4%). “A tous les niveaux de l’échelle salariale, les évolutions de salaire sont plus favorables aux femmes qu’aux hommes“, écrit l’Insee. Le salaire moyen des femmes employées a ainsi augmenté entre 2012 et 2013 de +0,2%.

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Les dopés du quotidien

Le monde du sport est régulièrement secoué par des affaires de dopage. Ces grandes affaires médiatiques révèlent la face sombre de champions prêts à tout pour gagner. Mais ces pratiques ne se limitent pas au monde du sport.

Ainsi, le travail aussi est un environnement propice au dopage. Chaque jour, des millions de Français consomment des produits chimiques pour être plus performants. Certains d’entre eux contiennent des risques d’accoutumance.

Le bilan mitigé des relocalisations

Deux usines sont revenues de Chine il y a deux ans : une usine de Vélosolex à Saint-Lô en Normandie et une fonderie à Dreux près de Paris. Ces deux relocalisations se sont faites à l’époque sous l’œil des caméras. Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg évoquait “un retour exemplaire”.

Les relocalisations, c’était son combat. Mais à Dreux dans l’Eure, la belle histoire a viré au cauchemar. L’entreprise a été liquidée fin août et les 65 salariés ont été licenciés. Un échec cuisant sur lequel les pouvoirs publics ne veulent pas s’exprimer. Sylvain Loiselet, ancien patron, explique que produire en France était possible, mais que les banques et les pouvoirs publics ne lui ont pas donné assez de temps.

L’usine flambant neuve de Vélosolex est installée en Normandie. 38 salariés ont été embauchés. La région a prêté quatre millions d’euros; en échange, l’entreprise s’est engagée à embaucher localement. Mais la relocalisation reste marginale en France. Seuls 2.000 emplois ont été rapatriés en cinq ans.

Europe/États-Unis : Adidas relocalise ses usines… mais elles seront toutes automatisées

Le “Made in China” (ou “Made in PRC“, c’est selon), est en train de passer de mode chez Adidas. L’équipementier sportif prépare le rapatriement d’une partie de ses unités de production en Europe et aux États-Unis. Il se pourrait même que, bientôt, votre adolescent porte des baskets “made in France“. Mais que cache cette nouvelle stratégie de la marque aux trois bandes?

Le problème avec la Chine, c’est que le coût de la main d’oeuvre n’est plus ce qu’il était. En mai 2014, les employés d’une usine fabricant des chaussures Nike et Adidas s’étaient mis en grève pour protester contre la faiblesse de leur salaire. Ils touchaient 1,67 dollar de l’heure (1,49 euro au cours actuel).

Chez les têtes pensantes d’Adidas (et de Reebok qui appartient au même groupe), on s’est alors posé la question suivante : doit-on se délocaliser ailleurs dans quelque pays du tiers-monde où le travail ne coûte quasi rien, ou bien inventer un nouveau modèle économique? C’est la deuxième option qui a été retenue. Ainsi, la marque aux trois bandes va délaisser une partie de ses usines chinoises pour mettre en place des usines entièrement automatisées en Europe et aux États-Unis

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Migrants, réfugiés : Une chance pour l’économie européenne ?

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne veut mettre en place des quotas de répartition des réfugiés. L’Allemagne et la France sont pour, la République Tchèque et la Slovaquie refusent. La France devrait accueillir 24.000 réfugiés d’ici deux ans, alors que l’Allemagne en attend 800.000! Pourquoi un tel différentiel de politique migratoire? Les migrants sont-ils une chance pour l’économie européenne?

L’économie collaborative : Aubaine ou partage de miettes ?

À la croisée de l’innovation sociale et de la culture numérique, l’économie collaborative est en pleine explosion et nous force à repenser nos manières de vivre et de travailler.

Mais Airbnb, Uber, Blablacar incarnent-ils l’avènement d’une nouvelle précarité? Débat vidéo avec l’“économiste atterré” Benjamin Coriat et Diana Filippova, coordinatrice du think tank OuiShare.

Pourquoi la croissance ne suit pas la révolution numérique ?

La révolution industrielle tient dans notre poche. Elle nous relie tous les uns aux autres. Elle est synonyme de progrès technologique, mais le paradoxe c’est que c’est une révolution sans croissance économique.

Les biens de la révolution numérique se limitent aux smartphones. Insuffisant pour soutenir l’activité. Cette révolution ne crée pas d’emplois, elle en détruit. Tous les emplois qui se répètent sont menacés“, prévient Daniel Cohen qui évoque bon nombre d’emplois qui vont disparaître. Les jeunes devront inventer “de nouveaux emplois plus créatifs et donc plus précaires“, poursuit-il.

Italie : À la rencontre des petites mains de “l’or rouge”

En Italie, des centaines de milliers de saisonniers travaillent dans les champs agricoles. Pour quelques dizaines d’euros par jour, ils travaillent quotidiennement entre 10 et 12 heures sous un soleil de plomb et vivent souvent dans des conditions insalubres.

La plupart sont des immigrés clandestins venus d’Afrique. Reportage dans le sud de l’Italie, à Foggia, où la récolte des tomates, “l’or rouge“, est en cours.

Chine : Un modèle à bout de souffle ?

Entretien avec David Baverez, un “business angel”, investisseur dans des start-ups à Hong-Kong (Chine) depuis trois ans. Auteur de Génération tonique (éd. Plon), il y dépeint les atouts de la Chine et les incompréhensions de l’Occident face à son modèle.

La Bourse de Shanghai qui s’écroule à son plus faible taux journalier depuis huit ans (7,63%), les exportations chinoises en baisse et un taux de croissance qui “patine” à 7%… Plus rien ne semble aller dans l’Empire du Milieu. Voilà que les marchés étrangers commencent à se méfier de la Chine, longtemps perçue comme une terre d’accueil pour les investisseurs étrangers. Comment en est-on arrivé là?

On a souvent décrit la Chine comme un eldorado économique, avec une croissance et une productivité imbattables… Comment cette image s’est-elle construite?

David Baverez : Il faut remonter à l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978, deux ans après la mort de Mao Zedong. Le nouveau chef d’État rompt avec l’économie maoïste. Fini la planification, la collectivisation et l’autarcie. Deng Xiaoping lance une politique de “socialisme de marché” pour hisser la Chine au rang des plus grandes puissances mondiales. Le pays rentre dans ses Trente Glorieuses, et connaît une révolution anhistorique, complètement hors norme. Il encourage les investissements extérieurs et légalise les entreprises privées.
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Speed-dating entre ambassadeurs et entrepreneurs français

Un speed-dating inédit a eu lieu mardi à l’occasion de la “Semaine des ambassadeurs“. 170 diplomates français se sont entretenus toute l’après-midi avec des représentants d’entreprises françaises qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’exportation.

L’objectif de cette initiative : amorcer le contact entre des acteurs qui se connaissent mal et soutenir la croissance française.

L’art de la sieste

Art de vivre ou perte de temps ? Sur la plage, dans un hamac ou même dans son lit, la sieste reste le symbole même des vacances. Et si on l’adoptait le reste de l’année, comme en Espagne ? De 14 heures à 17 heures, tout un pays met ses pendules sur pause. Mais cette sympathique coutume est aujourd’hui critiquée: elle laisserait l’Espagne à contretemps du reste de l’Europe.

Un autre pays − et c’est moins connu − l’a inscrite dans sa constitution: la Chine. Dans ses usines, sur ses marchés ou dans ses rues, on s’allonge, parfois à même le sol, pour piquer un petit somme après le déjeuner. Une vision aux antipodes des clichés sur la première puissance économique mondiale !

Et si les Chinois avaient raison ? Car l’exercice serait en réalité très rentable. Les entreprises qui installent des salles de sieste le savent bien: cette pause leur est bénéfique autant qu’aux salariés, dont elle booste la productivité. De Barcelone à Pékin, en passant par New York, petit tour du monde de la sieste.

Le travailleur en miettes ?

Zéro stock, just in time, good practices, qualité totale, promotion par le mérite… : suivez la tendance pour comprendre la déconstruction du système de santé-sécurité au travail. Une opinion de Christophe De Brouwer, professeur de médecine du travail (ULB).

Expression entendue dernièrement présentée comme une évolution du “travail en miettes”, titre du célèbre livre de Georges Friedman décrivant des méthodes de travail parcellisées à l’extrême de concert avec l’interchangeabilité du travailleur. L’individualisation au travail était en marche depuis la fin de la dernière guerre. Suite à la demande importante de main-d’œuvre durant cette période, cette individualisation s’accompagna d’une libération dans la vie privée et de travail.

Mais à partir des années 80, la crise aidant, les impératifs productifs se déplacèrent progressivement, non plus vers la quantité, mais vers la qualité commerciale du produit, compte tenu d’un concurrence de plus en plus globalisée. La relation entre la demande et l’offre de main-d’œuvre s’inversait, et la solitude du travailleur face à ces nouvelles organisations de travail deviendra un lot commun. Cette mutation dans l’organisation du travail s’accompagna d’une demande de polyvalence du travailleur, non pas, comme on l’avait cru, pour répondre à une diminution de la division du travail (Toyotisme), mais au contraire pour accentuer les capacités de flexibilité de l’entreprise.

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Quand les jobs saisonniers sont proposés aux chômeurs longue durée

Serveur ou personnel d’accueil, avec l’explosion du chômage, certains jobs saisonniers ne le sont plus. Désormais ils sont proposés aux chômeurs longue durée et ce ne sont pas les seuls emplois concernés. Aujourd’hui sur un million 200.000 saisonniers employés chaque année, on trouve de plus en plus de chômeurs.

Tokyo freeters

Apparu dans la seconde moitié des années 1980, le terme freeter a d’abord désigné les jeunes Japonais désireux de s’affranchir du modèle traditionnel de dévouement à l’entreprise.

Depuis, à l’image positive véhiculée par ce vent de liberté s’est substituée la réalité plus douloureuse de la précarité. Victimes de la morosité économique, les nouveaux freeters cumulent les emplois et se réfugient dans les cybercafés lorsqu’ils n’ont pas de toit.

Réalisé par Marc Petitjean (France 2010)

Comment se déroule une inspection sanitaire dans un restaurant ?

Comme chaque été, la répression des fraudes veille. Enquête avec des gendarmes accompagnés d’inspecteurs sanitaires, lors d’un contrôle d’ampleur dans un restaurant asiatique de la Côte d’Azur, où plus d’une centaine de couverts sont servis chaque jour. L’inspection y a été organisée à la suite d’une dénonciation d’un ancien employé.

Indonésie : Le mal des mineurs du soufre

Allumettes, savons, nous utilisons du soufre quotidiennement, mais sans connaitre les conditions dans lesquelles il est extrait. Rencontre avec des mineurs indonésiens qui récoltent cette matière au péril de leur vie.

Sur l’île de Java en Indonésie, la montagne est en feu chaque nuit, des flammes bleues qui sous leur halo bleuté cachent du soufre. Un souffre pur en bloc manipulé à mains nus, sans masque par les ouvriers. Ils sont plusieurs centaines à s’enfoncer chaque jour au fond du cratère, au bord du plus grand lac d’acide au monde.

La dernière éruption du volcan Ijen date d’il y a 20 ans, mais c’est à petit feu qu’il emporte ces travailleurs. Cancers, maladies respiratoires, maladies de peau, c’est le prix à payer pour un salaire de cinq euros par jour.

Les robots vont-ils voler nos boulots ?

Et si un robot s’installait à votre place au bureau ? Si votre prochain déjeuner à la cantine était avec un robot ? De la science-fiction ? Pas tant que ça. Ils sont déjà partout, dans les usines, les bureaux, bientôt les magasins, les hôpitaux, et même à la maison.

Enquête sur les robots conçus en France, mais aussi au Japon, où l’on croit qu’ils ont une âme, et en Chine, où il est publiquement assumé qu’ils sont amenés à remplacer la main-d’œuvre. Rencontre avec Michel Serres, philosophe et membre de l’Académie française et Hakim El Karoui, essayiste et consultant.

Les robots vont transformer notre vie quotidienne et notre travail. Selon une étude de l’université d’Oxford, 47% des emplois sont menacés à moyen terme. En France, les robots pourraient détruire trois millions de postes d’ici à 2025.

Lettre à une croissance que nous n’attendons plus

« Le Monde » publie un texte de Manon Dervin (Etudiante à Science Po Rennes), choisi par le Cercle des économistes dans le cadre du concours  » Imaginez votre travail demain – La parole aux étudiants « , organisé à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Ce texte s’inspire d’ « Un Projet de Décroissance ». Merci Manon.

Par Manon Dervin – Texte intégral ICI

Ô très chère Croissance. Ma bien-aimée. Ton retour s’est fait attendre. Ton dogme fondé sur la valeur centrale du « travail  » conditionne encore aujourd’hui toute la vitalité du système économique. Tu fabriques l’Emploi et en tires ta force. Les médias, les politiques et tous les travailleurs retiennent leur souffle. Te chercher a plongé le monde occidental dans une torpeur sans précédent. Une gueule de bois post-crise financière de 2008 soignée à coups de jéroboams de mesures économiques afin de te faire revenir.

Mais aujourd’hui je ne t’attends plus, Croissance. L’âge d’or des « trente glorieuses  » est terminé, le réveil est difficile et la situation pas si facile que ça à accepter. Je pensais te connaître. Qui es-tu vraiment, Croissance ? Je te prie de m’excuser pour les mots qui vont suivre. Il me fallait te conter mes désillusions.

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L’énigme de la productivité française

De nombreuses études se sont penchées sur l’« énigme de la productivité britannique », à propos du ralentissement durable de la croissance de la productivité que l’on a pu observer depuis la Grande Récession au Royaume-Uni. Mais l’énigme de la productivité française, désignant un phénomène assez similaire observé simultanément de l’autre côté de la Manche, a reçu beaucoup moins d’attention.

Certes la productivité du travail est relativement élevée en France lorsqu’on la compara avec celle des autres pays européens. En effet, en 2014, la productivité française était plus élevée que la moyenne de l’OCDE et notamment plus forte que la productivité allemande. La croissance de la productivité du travail est restée assez forte entre 2001 et 2007.

Elle était proche de celle observée en Allemagne, mais légèrement inférieure à la moyenne de l’OCDE. La Grande Récession a mis un terme à cette tendance : depuis 2008, la croissance de la productivité horaire et de la productivité totale des facteurs est particulièrement décevante.

Le taux de croissance annuel moyen de la valeur ajouté par tête a été de – 0,4 % entre 2008 et 2009 ; elle n’a connu par la suite qu’une timide reprise, puisqu’elle ne s’est établie qu’à 1,3 % entre 2010 et 2011, avant de ralentir à nouveau en atteignant 0,8 % entre 2012 et 2014.
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Détresse psychologique au travail, le tabou

Jutta Seiler, puéricultrice depuis vingt-cinq ans, Birte Kreitlow, fonctionnaire du land de Berlin, Günter Ebner, ancien militaire, et René Bidmon, tuyauteur-soudeur, ont en commun d’avoir connu une profonde détresse psychologique liée à leur emploi. Leur maladie a été diagnostiquée burn-out, dépression, trouble bipolaire ou alcoolisme.

France – 2013

« La grande révolution d travail aura lieu hors du salariat »

Le salariat aurait-il fait son temps ? Souvent considéré comme le Graal de la stabilité de l’emploi dans un monde instable, le salariat pourrait bien être en train de vivre ses derniers instants. Selon Denis Pennel, une chose est sûre : la révolution du travail n’aura pas lieu là où on l’attend.

Alors que l’économie mondiale se stabilise, la crise de l’emploi continue d’occuper le devant de la scène. Pourtant, pour Denis Pennel, directeur général de la Ciett et auteur de Travailler pour soi (2013), derrière cet aspect conjoncturel, une révolution structurelle du travail est en train de bousculer les usages. Rencontre à l’occasion de la publication du rapport annuel de la Ciett, confédération mondiale des agences d’emploi privées.

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