Mortin (50) : Une école numérique dans la campagne

À Mortin, aux confins de la Normandie et de la Bretagne, l’école Nové@ forme ses élèves aux métiers de la filière numérique très haut débit depuis sept ans. Les élèves sont encadrés par des professionnels qui leur enseignent du concret. Du BEP au Master 2, l’école propose cinq formations. Tous les cursus prévoient des stages en entreprise et sont financés en partie par Pôle emploi.

La filière devrait recruter d’ici 2030, 25.000 techniciens. “On a besoin de manœuvres, de ressources humaines, qui sont et qui seront non-délocalisables et qu’on retrouvera sur chaque territoire“, indique Marie-Françoise Dujarrier, directrice de Nové@.

La filière est en pleine expansion. Les élèves viennent de tout le grand-ouest et aussi de banlieue parisienne. L’école aide ses élèves à trouver des solutions d’hébergement et procure du travail à 99% d’entre eux.

Ces Français du bout du monde, heureux d’avoir quitté leur patrie

Ils ont tout plaqué pour partir vivre à l’étranger. Ces Français du bout du monde, ou ces expatriés comme on les appelle, ont tous un même point commun : ils ne comptent pas rentrer.

Ils savaient ce qu’ils laissaient mais pas ce qu’ils allaient trouver. Ils ont fui un quotidien qui ne leur correspondait pas pour partir à la rencontre de ce qu’ils sont, ailleurs.

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Pauvreté : De plus en plus de SDF en France

Alors que le nombre de sans-domicile fixe a augmenté de 44% en 11 ans, les femmes et les enfants représentent une part de plus en plus importante parmi cette population, selon une étude de l’Insee publiée mercredi.

Cent douze mille personnes en France n’ont pas d’adresse. Sans logement personnel, elles dorment dans la rue, les jardins publics, les gares, les squats, ou sont hébergées dans des structures d’accueil qu’elles doivent quitter chaque matin. C’est le constat alarmant que dresse ce mercredi l’Insee dans son étude “Portrait social de la France“, qu’elle publie chaque année depuis 2001.

Pour cette population mal connue, ces enquêtes de l’institut de la statistique ont montré au fil des ans une constante augmentation de la population des SDF, laquelle a atteint 81.000 adultes en 2010, accompagnés de 31.000 enfants, soit une hausse de 44% en 11 ans. Une réalité qui doit être encore plus tragique si l’on tient compte des personnes qui ne fréquentent jamais de structures d’accueil ou qui vivent dans des communes de petite taille, qui n’ont pas été prises en compte dans ce rapport.

De plus en plus de femmes
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Bernard Stiegler : « La société automatique »

La numérisation généralisée qui est en cours conduit à l’automatisation intégrale, et ce fait emporte des questions épistémologiques aussi bien qu’économiques, sociales et politiques de première grandeur.

Cette conférence s’attachera tout d’abord à esquisser le contexte de cette métamorphose des sociétés — qui se décline aussi bien du côté du calcul intensif et de la smart city que de la production robotisée, de la neuroéconomie, du corps et de la transformation des conditions de la décision dans tous les domaines.

Elle tentera ensuite de montrer que toute l’organisation économique qui s’était concrétisée au cours du XXè siècle autour de l’organisation fordiste et keynésienne de la production et de la consommation s’en trouve compromise. Elle soutiendra enfin qui, d’une part, loin d’être le contraire de l’automatisation, la capacité de décision la suppose, et d’autre part, seule l’automatisation qui permet la désautomatisation est productrice de valeur durable — c’est à dire de néguentropie.

Biographie de Bernard Stiegler:
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États-Unis : Quand les entreprises espionnent l’activité physique de leurs employés

« Quantifier » l’employé jusqu’au nombre de pas qu’il fait dans la journée, c’est ce que certaines assurances et entreprises américaines imposent. Les salariés portent sur eux des compteurs de mouvements pour mesurer leur activité physique.

Beaucoup utilisent des applications de ce genre sur smartphone, ou des gadgets dédiés, tels que FitBit ou Jawbone. Ces appareils, à première vue ludiques, comptent le nombre de pas effectués par l’utilisateur dans la journée, la distance parcourue et peuvent même à peu près compter le nombre de calories brûlées ou la pression artérielle…

Aux États-Unis, pas moins de 13 millions de ces appareils ont été distribués dans des entreprises, les données étant récupérées par l’employeur… et les assureurs. Ce sont d’ailleurs les assurances santé qui tentent d’imposer ces outils de flicage aux entreprises, sous peine de pénalité de cotisation ou de remises pour ceux qui les utilisent.

Les bracelets connectés et autres trackers d’activité pullulent désormais sur le marché. Ils équipent de plus en plus d’utilisateurs heureux de pouvoir suivre leur activité physique et les résultats de leurs pratiques sportives. Or leur usage n’est déjà plus seulement personnel…
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Réseauter pour travailler

Enquête sur le succès des sites de réseaux professionnels et sociaux pour trouver du travail. L’idée peut paraître farfelue, et pourtant, se créer un carnet d’adresse virtuel peut vous permettre de décrocher un nouveau job.

Le bon vieux CV qui indique la formation, les expériences professionnelles et les langues parlées ne fait plus recette. Aujourd’hui, il faut repenser la façon de se vendre pour décrocher un emploi. Et ça passe par des réseaux tels que LinkedIn et Viadéo. Ces plateformes réinventent entièrement la façon dont on met en avant son expérience et permettent de rester en lien avec d’anciens collègues et chefs.

Ils permettent aussi d’aller à la rencontre de profils professionnels qui intéressent les recruteurs. Un réel atout pour les chasseurs de tête et les DRH qui délaissent Pôle emploi pour dénicher le candidat idéal sur ces sites.

Claudia Senik : « La croissance harmonise le bonheur de tous »

A rebours des théories décroissantes, la chercheuse Claudia Senik affirme que le bien-être est aussi affaire de développement économique. Une thèse qu’elle défend avec chiffres et enquêtes de satisfaction.

Pourcentage de la population notant entre 7 et 10 sa satisfaction de vivre (sur une échelle de 0 à 10), par pays, en 2014 – Source : The Economist

La croissance rend-elle les gens plus heureux ? Question hautement polémique au moment où la France s’enlise dans la récession, où la menace écologique est une urgence et où une partie des citoyens et des chercheurs militent pour un modèle décroissant.

En interrogeant les ressorts de la croissance au regard du bien-être dans son nouveau livre “l’Économie du bonheur”, Claudia Senik, professeure à l’université Paris-Sorbonne et à l’École d’économie de Paris, relance le débat. Cette chercheuse travaille sur un matériau assez nouveau, le bonheur, qui aussi subjectif et insaisissable soit-il, affine la compréhension des comportements humains dans une économie de marché. Ainsi se développe une approche psychologique de la crise, basée sur de grandes enquêtes de satisfaction auprès de la population.

A côté du taux de chômage ou du PIB, le bonheur peut-il devenir un nouvel indicateur économique fiable au point de dessiner l’avenir d’un pays ? Si la croissance n’assure pas le bien-être à long terme, elle a au moins, l’avantage, affirme Claudia Senik, de réduire les inégalités dans ce domaine. Un plaidoyer pour une «valeur d’avenir» qui devrait susciter la controverse.
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La réforme seule n’est pas une solution pour la zone euro

Par Martin Wolf

Il faut en effet non seulement plus de réforme, mais aussi plus de demande.

Les politiques actuelles de la zone euro peuvent-elles se traduire par une forte reprise ? Ma réponse est : non. La zone euro ayant généré 17 % de la production mondiale en 2013 (aux prix du marché), cette réponse a une importance mondiale.

C’est l’Allemagne qui a défini la stratégie économique de la zone euro. Elle se compose de trois éléments : réforme structurelle, discipline budgétaire et régulation monétaire. Jusqu’à présent, cet ensemble de politiques n’a pas réussi à générer une demande suffisante : au deuxième trimestre 2014, la demande réelle dans la zone euro a été de 5 % inférieure à ce qu’elle était au premier trimestre 2008.

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Auvergne : La vérité sur les travailleurs détachés

Ces ouvriers ou employés venus souvent d’Europe centrale ou de Géorgie sont officiellement 145.000 en France aujourd’hui. Mais officieusement, selon un récent rapport du Sénat, ils seraient 300.000.

Le phénomène de ces travailleurs étrangers en Auvergne est récent. Même sur des petits chantiers de rénovation, les artisans doivent faire face à cette concurrence jugée “déloyale”. Depuis plusieurs mois, Thierry Grimaldi, patron maçon, alerte les autorités mais, à sa grande surprise, l’administration lui répond qu’il n’y a pas de travailleurs étrangers. Avec d’autres collègues du bâtiment, il a décidé d’employer les grands moyens et recruté un détective privé.

La présence de ces salariés détachés en France est légale, autorisée depuis une directive européenne de 1996. Selon la loi, pour travailler en France, un travailleur étranger doit être payé au Smic, travailler 35 heures, être logé et nourri. En échange, la société paye les charges sociales dans le pays d’origine, jusqu’à 30 % de moins qu’en France. Mais les abus en tous genres seraient très nombreux.

L’équipe de France 2 a pu le constater en caméra cachée sur le chantier public d’une prison. Un syndicaliste, qui a fait de la défense de ces travailleurs détachés sa bataille, témoigne. Selon la Cour des comptes, ces emplois non déclarés dans le secteur du bâtiment représenteraient un manque à gagner de 380 millions d’euros de cotisations sociales par an.

“L’homme moderne dévaste la vie, la culture, les valeurs”

Le pape François a dénoncé samedi la culture de la “destruction” de l’homme moderne qui le porte à “dévaster la vie, dévaster la culture, dévaster les valeurs, ruiner l’espoir“.

Paul Cézanne, Pyramide de crânes (1898-1900)

Nous sommes capables de dévaster la Terre (…). Et c’est ce que nous faisons (…) dévaster la vie, dévaster la culture, dévaster les valeurs, ruiner l’espoir“, a-t-il déclaré au cours de son homélie pour la Toussaint.

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Laurent Alexandre : « Nos enfants iront-ils demain dans des écoles eugénistes ? »

L’école devra-t-elle devenir eugéniste? Est-elle condamnée à intégrer le développement des neurosciences pour s’adapter à la guerre des cerveaux qui se prépare et réduire les inégalités croissantes de QI à venir ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Pionnier d’internet, il est le fondateur de Doctissimo.fr. Auteur de « La mort de la mort » et de « La défaite du cancer », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements qu’entraînent les NBIC. Il dirige par ailleurs DNAVision société spécialisée dans le séquençage ADN.

(Merci à Ripper2 et à Charles Sannat)

Quand les humains n’auront plus besoin de postuler ! (Version FR)

Depuis la révolution industrielle, l’être humain n’a cessé de créer des machines, afin d’automatiser les tâches difficiles ou rébarbatives. Ceci a amené une abondance qui n’était pas envisageable avant. Aujourd’hui, nous sommes devant un constat qui demande réflexion sur l’orientation que prend notre société.

En effet, l’automatisation de tous les secteurs d’activités posera de véritables problèmes pour l’emploi dans l’organisation sociétale actuelle. Cette vidéo que nous avons traduite et doublée nous montre à quel point ce sujet est crucial et le sera de plus en plus avec l’avancement effréné des technologies d’automatisations.

Piketty et la dépréciation du capital

L’ouvrage de Thomas Piketty (2013) et l’étude qu’il a publiée avec Gabriel Zucman (2014) ont renouvelé l’analyse des inégalités de revenu et de leurs liens avec la croissance économique.

Ils affirment que la part du revenu rémunérant le travail diminue et ils expliquent cette baisse avec la hausse du ratio capital sur revenu national qu’ils appellent β. En environ un siècle, β a connu une évolution en forme de U: il était élevé avant la Première Guerre mondiale, puis il déclina, avant d’augmenter à nouveau au cours des trois dernières décennies. Or la part du revenu national rémunérant le capital (α) est égale au taux de rendement du capital (r) multiplié par β [Milanovic, 2013].

Par conséquent, si le taux de rendement du capital r est durablement supérieur au taux de croissance de l’économie g (c’est-à-dire si r > g) dans un contexte où β est croissant, alors le capital capte une part croissante du revenu national : α augmente. Ce serait le cas aujourd’hui, car la sophistication financière et la concurrence internationale contribuent à maintenir r à un niveau élevé, tandis que les pays avancés connaissent une faible croissance g.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque le processus inclut un effet retour : comme α augmente, non seulement les propriétaires du capital s’enrichissent, mais ils peuvent épargner davantage. La hausse de l’épargne pousse le taux de croissance du capital à davantage s’écarter du taux de croissance du revenu national, si bien qu’elle accroît β.
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L’OCDE adopte la vision de l’économiste Thomas Piketty

Dans son dernier rapport, l’organisation européenne s’inquiète d’une déflation salariale qui creuse les inégalités et ralentit la reprise.

L’analyse de la concentration de la richesse et du retour des inégalités exposée par Thomas Piketty dans son best-seller de 2013 Le capital au XXIe siècle a suscité de vives critiques. Nombre d’économistes anglo-saxons, généralement d’obédience libérale, ont attaqué, en particulier, les chiffres de l’économiste français.

Autorité reconnue dans l’univers des statistiques et généralement critiquée pour son biais «libéral», l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) s’est, elle, au contraire, convertie au «pikettisme».

Elle observe que la crise a généré des inégalités de revenus non seulement du capital mais aussi du travail. Un phénomène qui agit comme un formidable frein sur la croissance et serait une des origines de la faiblesse de la reprise mondiale depuis 2008.

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