Un bâton dans la roue du libre-échange

TAFTA, CETA, TISA, TPP… Barricadés dans des salles interdites au public, des négociateurs tapissent d’acronymes de nouvelles tables de la loi commerciale susceptibles de faire basculer le destin de plus d’un milliard de personnes.

Grand marché transatlantique (GMT) entre les États-Unis et l’Union européenne, accord de partenariat transpacifique entre l’Amérique du Nord et une dizaine de nations riveraines du grand océan, discussions sur le commerce des services : une nouvelle vague de libéralisation déferle.

Entre 1950 et 2013, zones et accords de libre-échange ont proliféré comme du pop-corn. Le volume des exportations mondiales de produits manufacturés a été multiplié par soixante-seize (1).

Mais la proverbiale crevette pêchée en mer du Nord, décortiquée au Maroc avant d’échouer en barquette dans un rayonnage madrilène a-t-elle vraiment amélioré le sort de l’humanité ? Poser la question à un négociateur du GMT serait faire preuve d’une naïveté si déplacée qu’immanquablement perçue comme agressive.
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Travail au noir

D’après un rapport de la Cour des comptes de 2012, cette activité souterraine coûterait 20 milliards d’euros à l’État.

A Marseille, l’Urssaf tente de récupérer les cotisations impayées sur les marchés de la ville. Dans l’ouest de la France, Valérie, restauratrice, revendique le travail au noir et la désobéissance fiscale pour parvenir à s’en sortir.Enfin à Paris, sous l’égide d’un procureur, le Codaf (Comité opérationnel départemental anti-fraude) réalise un contrôle sur un important chantier.

Emploi. c’est la loi de la jungle pour les jeunes polonais

« Le miracle économique polonais ? Magdalena lève les yeux au ciel. Ma foi n’est pas assez forte pour vous le confirmer. » 

Cette jeune femme de 27 ans suit des études d’assistante sociale à Cracovie. Père boucher, mère au foyer, septième d’une famille de dix enfants du sud-est très pauvre de la Pologne, elle s’est toujours débrouillée pour financer ses études. En ce moment elle est nounou dans une famille. Mais, auparavant, elle a travaillé comme commis de cuisine dans trois restaurants de la ville. Avec un de ces contrats de droit privé qui pullulent dans les services. « Ce sont des contrats de prestation, sans cotisations sociales, qui peuvent être rompus du jour au lendemain », indique Stéphane Portet, de S) partner.

En Pologne, près de la moitié des jeunes de 20 à 29 ans sont en contrat précaire. Un record dans l’UE.

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Cinéma : « La Loi du marché »

Il s’appelle Thierry et fréquente les bureaux de Pôle emploi depuis dix-huit mois interminables. Dix-huit mois à traquer les petites annonces et à peaufiner son CV de « senior » condamné au hors-jeu. Dix-huit mois à tenter d’oublier qu’hier, autrefois, il « gagnait sa vie » et pouvait miser sur l’avenir. Dix-huit mois à espérer, à combattre, à s’angoisser. Dix-huit mois à tenter de rester digne aux yeux de ses proches et à ses propres yeux.

Quand Thierry, enfin, retrouve un boulot (vigile dans un supermarché pour un salaire que l’on devine de misère), d’autres « problèmes » surviennent. Chargé de surveiller les clients et les caissières, ce héros de notre (triste) temps se retrouve confronté à de sévères conflits moraux quand il s’agit pour lui de collaborer à une politique de dénonciation érigée en norme et à la loi du profit maximal.

Peut-on tout accepter pour garder son job ? Faut-il bousiller les plus faibles que soi pour espérer conserver la tête hors de l’eau et ne pas retourner dans la case chômage ?

Europe : « Emplois et salaires en hausse grâce aux immigrés »

[...] Michael Clemens est un économiste universitaire, membre senior du Centre for Global Development, cela fait des années qu’il enquête sur l’immigration, et il en est arrivé à des conclusions inattendues.

Parmi elles, sa théorie selon laquelle limiter l’immigration revient à « entretenir le plus gros des fossés entre le bien-être actuel de l’humanité et son bien-être potentiel » est la plus marquante.

Ses calculs indiquent que la liberté de franchir les frontières internationales pourrait doubler le PIB mondial.

Hors des considérations politiques – pourquoi les gens migrent-ils vers des pays riches ?
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Radio Courtoisie : « Chômage et salariat » (Audio)

Le vendredi 22 mai 2015, dans l’émission le “Libre journal des éditeurs” sur Radio Courtoisie, Jean-Paul Naddeo recevait les auteurs: Cédric Porte et Nicolas Chaboteaux pour leur livre “Travailler à tout prix !“, ainsi que Claude Berger à propos de son ouvrage “En finir avec le salariat : Vers une société du partage ?

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Aubervilliers (93) : Les secrets du textile chinois en France

Infiltration dans le nouveau cœur du marché du textile en France. Il se trouve à Aubervilliers en banlieue parisienne. Là, une ancienne friche industrielle a été reconvertie en immense marché de gros de l’habillement. Ici, 1.500 commerces proposent leurs marchandises dans des commerces tenus à 90% par des Chinois.

Mr Wang est à l’origine de cet empire. C’est lui qui a installé la première boutique et aujourd’hui il possède 20% des commerces. Le lieu est devenu incontournable pour les professionnels assurés de faire de bonnes marges, car les fournisseurs cassent les prix.

Mais cette nouvelle plaque tournante du textile en France cache de nombreux mystères, notamment sur la provenance des marchandises. Les journalistes ont ainsi découvert un atelier de couture clandestin où la plupart des travailleurs sont des immigrés clandestins sans papier et vivent dans des conditions déplorables.

Ils n’ont pas de salaire pendant les deux premiers mois de travail et sont ensuite invités à travailler ailleurs. D’autres ateliers du même type rémunèrent leurs ouvriers 50 centimes par robe. Celles-ci sont ensuite vendues… à Aubervilliers.

Le travail est une valeur périmée !

L’Homme a bien-sûr toujours dû travailler pour assurer sa subsistance. Cependant, sous sa forme actuelle, le travail est un concept très récent dans l’histoire humaine. Jusqu’à la fin de la Renaissance ayant vu en 1602 l’avènement de la société par action, l’Homme avait en effet travaillé pour lui même. Artisans créateurs d’objets ou agriculteurs et éleveurs, les hommes échangeaient leurs marchandises contre d’autres biens ou services.

Alexeï Stakhanov

C’est à l’avènement de l’ère industrielle que l’on doit l’apparition du travailleur peu qualifié et facilement remplaçable. Les percées techniques fulgurantes inaugurèrent donc un monde nouveau dominé par une production plus rapide, mais surtout moins chère.

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Chine : Comment faire tenir 51 travailleurs dans une camionnette prévue pour 6…

La police chinoise a récemment fait une découverte peu banale: une camionnette dans laquelle 49 personnes (plus 2 à l’avant) étaient entassées. Le chauffeur, qui risque une forte amende, emmenait ces travailleurs immigrés vers un site de construction.

Chili : Être pilote dans le détroit de Magellan

Le travail d’Erich Guital est le plus inconfortable qu’on puisse imaginer pour un marin: il est pilote dans le détroit de Magellan, cet étroit passage qui sépare la Terre de Feu du continent sud-américain.

Cette contrée austère est réputée pour ses vents et ses intempéries, sa météo ultra-changeante et la violence de ses tempêtes.

Chine : La main d’œuvre humaine plus chère que les robots

Difficultés économiques et démographiques obligent, le robot remplace peu à peu l’homme, pour le meilleur et pour le pire… Selon la Fédération internationale des robots, le marché chinois va croître en moyenne de 25% par an. En 2017, on y comptera plus de 400.000 robots, soit 1 pour 3.000 habitants.

Dans l’atelier de moulure de l’usine d’Yingli, chef de file mondial du panneau solaire, l’ouvrier se fait discret. Très discret. Sur ce parterre de quelques centaines de mètres carrés, 170 machines cylindriques préparent la matière première, le silicium monocristallin, d’autres contrôlent la qualité. Le tout en silence. De temps en temps un ouvrier apparaît, juste le temps de voir si tout fonctionne bien.

À Yingli, dont le site de production principal s’étend sur 66 hectares, l’ouvrier sert surtout à faire le lien entre deux lignes de production et pour le contrôle des réglages. Seules quelques tâches de vérification de la qualité, qu’un robot ne peut pas faire, sont encore manuelles.

« L’automatisation nous a permis de réduire la main-d’œuvre par deux », commente Gu Kaixin, en charge de la sécurité du moulage, la première étape dans la fabrication de panneaux solaires. Ailleurs dans l’usine, ce sont d’immenses bras qui soudent 24h/24, ou encore qui coupent, nettoient et polissent les carreaux qui forment un panneau solaire.
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Le bonheur au travail

La crise économique touche le monde entier, mais dans ce magma de déprime, il existe cependant des entreprises où règne le bonheur. Dans ce film-enquête, nous suivons les salariés pour comprendre les recettes du bonheur dans les secteurs d’activités les plus divers et découvrir des solutions innovantes qui permettent de recréer la confiance, la liberté et la créativité dans le monde du travail.

Aujourd’hui, le niveau d’éducation de plus en plus élevé et la révolution numérique changent la donne. Les salariés, formés et informés, ressentent vivement la frustration d’être considérés comme des pions au sein d’organisations qui peinent à s’adapter à une concurrence mondialisée ou dans un service public dont l’orthodoxie budgétaire impose sans cesse de nouvelles réductions d’effectifs.

Qu’y a-t-il de commun entre le Ministère de la Sécurité sociale belge, le géant indien HCL et Chronoflex à Nantes, leader en France du dépannage de flexibles hydrauliques? Toutes sont des entreprises « libérées », des entreprises dans lesquelles les employés ont la complète responsabilité de décider ce qu’ils jugent pertinent pour effectuer leur travail.

Ces différentes histoires, positives et réjouissantes, mettent en avant certaines constantes : arrêt du système pyramidal, pratiques égalitaires, suppression des contrôles et des chefs, partage de l’information. Puissent-elles en inspirer d’autres.

Comment évoluera la société si les robots prennent tous les emplois ?

De nos jours, de plus en plus d’activités sont réalisées par des machines automatisées et ce mouvement prend de plus en plus d’ampleur. Que se passera-t-il alors lorsque les robots nous auront tous remplacés au travail

Zeynep Tufekci est une chercheuse à l‘université de Caroline du Nord, passionnée de technologie et de sociologie. Elle nous donne sa vision des choses lorsqu’on se pose la question de savoir si les humains devront toujours travailler lorsque les robots nous auront remplacés dans notre travail.

Actuellement, nous avons un manque de personnes pour s’occuper d’autres personnes qui en ont besoin (dans les hôpitaux par exemple). En réalité, le problème vient du fait que ces emplois ne sont pas assez payés pour attirer les travailleurs.

Cette situation est souvent négligée dans tous les secteurs nécessitant une certaine qualification. L’économie de marché impose le fait que les pénuries de travailleurs augmenteront les salaires de ces derniers. Si les employés sont rares, leur valeur augmentera.

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Est-on entré dans l’ère de la croissance faible, voire nulle ?

Les taux de croissance élevés des années d’avant crise – les 5% de croissance des Trente glorieuses – appartiennent-ils à un temps définitivement révolu ? “La seule évocation d’une telle éventualité nous remplit d’effroi”, affirme Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, dans “Croissance zéro”, un essai co-écrit avec Marie Paule Virard (éd. Fayard).

Si nous sommes dans un environnement à 1% de croissance”, avance-t-il, “un jeune qui va renter dans le monde du travail aura la perspective d’avoir tout au long de sa vie le même pouvoir d’achat“.

Areva : 6000 emplois supprimés dans le monde dont la moitié en France

Mauvaise nouvelle pour l’emploi en France : Areva va supprimer environ 6.000 emplois dans le monde, dont plus de la moitié dans l’hexagone. Annonce faite ce matin par l’ancien fleuron industriel français. Comment en est-on arrivé là ?

Mulhouse (68) : Il vit dans sa voiture en attendant de toucher sa retraite

Gérard va avoir 61 ans. Ce Parisien, qui a travaillé pendant plus de 35 ans pour la Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile-de-France, dort parfois dans sa voiture à Mulhouse. Vivant des aides sociales, il attend de toucher sa retraite dans quelques mois.

« Tu devrais aller voir derrière le commissariat. Il y a un homme qui dort dans sa voiture. On l’aime bien. On essaie de l’aider. Son histoire est incroyable. » Gérard est presque devenu la coqueluche de certains policiers mulhousiens. Cet homme de bientôt 61 ans garde toujours le sourire et apprécie de discuter un peu avec des gens. Mais son histoire n’est pas très drôle.

« Vous savez pourquoi j’ai choisi de m’installer ici ? Ma voiture est au moins en sécurité , lâche-t-il hilare. Vous savez, j’étais fonctionnaire, alors en voir d’autres, comme des policiers, ça me rassure. En plus, il y en a certains qui sont très sympas. »

Sa place de parking, c’est son terrain de camping. Sa voiture, c’est sa demeure… et celle de ses deux chiens. [...] Gérard est sans domicile fixe et il mène cette vie de bohème depuis un peu plus de deux ans. Et ne croyez pas que cet homme n’a jamais travaillé.
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États-Unis/Chine : Puissances comparées

Objet de fantasme, l’essor de la Chine sur les plans économique, militaire et technologique soulève de nombreuses questions: jusqu’où ira-t-elle ? Parviendra-t-elle à dépasser les États-Unis pour devenir la première puissance mondiale ? Le dessous des cartes évalue et compare les puissances chinoise et américaine.

Diabète et obésité sont de puissants freins à la croissance mondiale

Selon une étude de Morgan Stanley (en anglais), 18,2 % de la croissance du PIB réel devrait être perdue en moyenne par les pays de l’OCDE sur 20 ans à cause de maladies liées au sucre. Le Chili et les États-Unis seraient les plus touchés.


“Vivre gras, mourir jeune”

Si le diabète promet d’être un marché prospère pour les big pharmas (50 milliards de dollars soit 46 milliards d’euros en 2020), il sera ravageur pour la croissance de nombreux pays. C’est en tout cas ce que pronostique Morgan Stanley dans une étude publiée le 18 mars.

La banque estime ainsi que 0,5 point de croissance du PIB des pays de l’OCDE sera perdu chaque année en moyenne à cause du diabète et de l’obésité, et ce jusqu’en 2035. Au total cela représenterait une perte moyenne de 18,2% de la croissance du PIB réel (ajusté avec les prévisions d’inflation ou de déflation, ndlr)  de ces pays sur 20 ans.

Quant à la croissance des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine, Afrique du Sud), si elle est estimée à 4,5% par an jusqu’en 2035, elle devrait tomber à 4,2% en prenant en compte les impacts des problèmes liés au sucre.
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La face sombre du Royaume-Uni : “Contrat zéro heure à Londres”

Très controversés au Royaume-Uni, les « contrats zéro heure » – qui ne garantissent aucune sécurité d’emploi, ni de salaire – sont au cœur des élections britanniques. Reportage de notre série sur le côté obscur du Royaume-Uni.

« Je pensais que ça serait plus facile », confesse d’emblée Julie, une jeune Française de 21 ans, au visage poupon, arrivée au Royaume-Uni il y a deux mois. « J’aimerais vraiment rester ici, mais je suis épuisée », ajoute-t-elle en souriant comme si elle voulait cacher sa fatigue sous un voile de légereté. En foulant le sol britannique, Julie s’est rapidement familiarisée avec le fameux « zero hour contract », littéralement « contrat zéro heure », qui remporte autant de succès que de critiques.

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Bon premier mai !

Les financiers et les marchands qui dirigent le monde veulent imposer, par le biais des pantins qu’ils mettent au pouvoir pour gérer les affaires, un recul de l’âge de départ en retraite.

Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 63 ans. Ce qu’ils nous proposent donc, avec cynisme, c’est de travailler jusqu’au seuil de la mort.

L’espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d’années en bonne santé qu’une personne peut s’attendre à vivre (à la naissance). Une bonne santé est définie par l’absence de limitations d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l’absence d’incapacités.

L’AVBS est un indicateur d’espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité. Les informations utilisées pour son calcul sont des mesures de prévalence (proportions) de la population d’un âge spécifique étant dans des conditions de bonne ou mauvaise santé et des informations de mortalité par âge. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI).

INSEE

Ça y est, les entreprises commencent à implanter des puces électroniques dans le corps de leurs employés

Une entreprise suédoise a fait greffer à certains de ses employés une puce d’identification sous la peau. Derrière cette initiative vraiment étrange, Epicenter dit vouloir « faciliter la vie » de ses employés. Ils peuvent par exemple passer les portiques de sécurité ou payer leurs repas à la cafétéria plus simplement. Pourtant, certains s’inquiètent d’une telle technologie. En effet, cette puce pourrait devenir un outil de contrôle et de surveillance. DGS vous en dit plus sur ce projet qui fait polémique. 

Finis les badges, les cartes, les clés et les codes, la société Epicenter a trouvé LA solution pour simplifier la vie très compliquée de ses employés. L’entreprise a décidé d’équiper ses employés (volontaires bien sûr) de puces RFID. Ce dispositif, qui a la taille d’un grain de riz, est implanté sous la peau de la main. Les puces RFID sont des puces électroniques qui contiennent entre autres un identifiant et des données complémentaires.

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La piste du corporatisme

Dans le cadre d’un prochain entretien sur le corporatisme organisé par le Cercle Henri Lagrange (du nom de ce jeune militant royaliste d’Action Française, devenu « le prince du Quartier Latin » avant d’aller mourir sur le front en 1915), je me suis plongé dans les archives de la presse royaliste « sociale » et dans la documentation, au-delà du petit monde monarchiste, sur ce qu’ont été les corporations et les idées corporatistes dans l’histoire, en France comme chez certains pays voisins : c’est à la fois passionnant et très instructif, même s’il reste encore beaucoup à étudier et à dire sur ces sujets-là, en fait peu connus du grand public mais aussi des militants monarchistes eux-mêmes.

Thomas III de Saluces – La Foire (Atelier du Maître de la Cité des Dames)

Pourquoi ce manque d’intérêt sur le corporatisme, alors même qu’il peut apparaître, mieux qu’une « troisième voie », comme une juste voie sociale, conciliant production de richesses et protection des producteurs, en particulier des ouvriers et des paysans mais aussi des chefs d’entreprise, harmonisant le souci environnemental avec la qualité du travail et de ses fruits matériels, et évitant les pièges d’un libéralisme sans frein et ceux d’un étatisme stérilisateur ?

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Immigration : Les hommes invisibles

Souvent on ne lui répond même pas. Tout juste si on lui jette un regard. Zahir, 26 ans, originaire du Bangladesh, est l’un de ces vendeurs de fleurs à la sauvette qui écument les terrasses des restaurants des grandes villes.

De l’appartement qu’il partage avec dix compatriotes aux longues soirées pendant lesquelles il essuie des centaines de refus plus ou moins polis, en passant par la boutique où il s’approvisionne clandestinement en roses, des journalistes ont partagé le quotidien de Zahir.

Durée de la journée de travail au Moyen-Âge

En matière de durée de la journée de travail, l’idée qui paraît animer les règlements du XIIIe siècle et qui se justifie par des considérations de bon sens, d’humanité et d’intérêt professionnel sainement entendu, est la suivante : il n’est ni juste, ni avantageux de surmener l’ouvrier ; la fixation de la journée de travail ne doit donc pas être abandonnée à l’arbitraire des patrons, mais doit au contraire être réglementée par les statuts de chaque corporation, conformément à l’équité et aux usages

Cette idée admise, il restait à déterminer les limites de la journée de travail. La presque unanimité des statuts en fixe le commencement au lever du soleil ou à l’heure qui suit ce lever. Pour beaucoup de métiers, le signal précis de la reprise du travail était donné par le son de la corne annonçant la fin du guet de nuit. En revanche, le travail ne finissait pas à la même heure pour tous les métiers. Parfois, il ne se terminait qu’à la tombée de la nuit, c’est-à-dire à une heure variable selon les saisons. Parfois, au contraire, le signal de la cessation du travail était donné par la cloche de l’église voisine sonnant complies, ou par le premier crieur du soir comme pour les batteurs d’archal ou les faiseurs de clous. D’autres métiers quittaient l’ouvrage plus tôt encore, à vêpres sonnées : ainsi des boîtiers et des patenôtriers d’os et de corne.

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Une prime d’activité pour les moins de 25 ans

Un chèque mensuel pourrait être versé aux moins de 25 ans qui travaillent. Un encouragement en forme de prime avec pour objectif de renforcer l’incitation à travailler. François Hollande veut redonner du pouvoir d’achat aux jeunes travailleurs avec la prime d’activité.

Elle concernerait les moins de 25 ans qui gagnent jusqu’à 1 400 euros net/mois. Un célibataire travaillant à temps plein au Smic pourrait toucher chaque mois 130 euros net de prime d’activité. Un million de jeunes devraient bénéficier de la prime d’activité à partir de l’an prochain.

Les étudiants et les apprentis sont, pour le moment, exclus du dispositif, mais François Hollande envisagerait de les inclure. Le coût estimé de la prime d’activité avoisine le milliard d’euros. Un nouveau dispositif qui s’ajoute à une série d’autres mesures déjà en place, comme les emplois d’avenir et les contrats de génération.

Ces retraités qui font le choix de reprendre le travail

Secrétariat, gardiennage, petits travaux : 500.000 retraités ont fait le choix de reprendre une activité cette année, soit quatre fois plus qu’il y a six ans. La motivation ? Le désir d’être utile, l’envie de changement ou le besoin d’argent. Des sexagénaires se lancent même dans la création d’entreprises.

États-Unis : Légalisation du cannabis au Colorado, un bilan en demi-teinte

Le 1er janvier 2014, le Colorado est devenu le premier État américain à légaliser le cannabis à des fins récréatives. Un an après, le bilan est mitigé. Les comptes sont dans le vert grâce aux taxes, 18.000 emplois ont été créés et la criminalité est en baisse.

Mais la police et les hôpitaux doivent composer avec un afflux d’empoisonnements, y compris chez des enfants.

Allemagne : Le pays recherche à l’étranger sa main d’oeuvre

L’Allemagne n’a pas assez de main d’œuvre qualifiée et ce problème va s’intensifier dans les années à venir. Le pays vieillit et il manquera 6,7 millions de personnes sur le marché de l’emploi d’ici dix ans.

Pour y remédier, Berlin veut instaurer une nouvelle culture d’accueil, voire même un système d’immigration sur le modèle canadien avec une grille de points permettant de présélectionner les candidats les plus qualifiés.

Danièle Linhart : « Taylorisme et management moderne, même combat »

À première vue, il n’y a pas de point commun entre la logique du management moderne et celle qui a prévalu dans le taylorisme. La première mise tout sur la subjectivité, la personnalité des salariés et tend à « psychologiser » les rapports de travail. La seconde, inspirée par Taylor, le père de l’organisation scientifique du travail, a aliéné des générations d’ouvriers, les condamnant à être des robots strictement astreints aux tâches et consignes, niant leur être, leur état d’esprit, leurs états d’âme, leurs savoirs.

Et pourtant, malgré les contrastes apparents, c’est la même orientation qui prime pour mieux dominer et accroître les rentabilités : celle d’une déshumanisation systématique des travailleurs d’hier et d’aujourd’hui. Dans un ouvrage paru aux éditions Érès, “La Comédie humaine du travail, la sociologue du travail” Danièle Linhart, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du laboratoire Cresppa de l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, en fait une brillante démonstration.

On constate au fil des pages combien le taylorisme est bien vivace dans les entreprises modernes. Derrière la mascarade de la subjectivité, ces dernières continuent de déposséder de leur métier, leurs expériences les salariés confrontés à de plus en plus de situations de mal-être et de « risques psychosociaux ».

Danièle Linhart invite même à se méfier des employeurs qui, dans « une stratégie du bonheur », se proposent de prendre en charge la vie quotidienne intime des salariés pour les délester des tâches de conciergerie ou autre, afin qu’ils puissent s’adonner au travail dans les conditions les plus optimales.

Car à la dépossession du métier, au travail qui perd son sens, épuise, s’ajoute la mainmise sur la vie privée de l’employé qui, constamment mis à l’épreuve par ses dirigeants, doute de sa propre valeur et de sa légitimité.

« Le métier rend libre »

Daniel Testard est un boulanger atypique. Il ne travaille que deux jours par semaine pour pouvoir s’occuper de son jardin, pratiquer le chant et la musique, écrire et s’exercer à la méditation. Il ne vend pas lui-même son pain : il fait confiance à ses clients qui paient directement leurs achats, dans une corbeille.

Il récupère l’eau de pluie, qu’il filtre et incorpore aux farines de blé anciens, biologiques, qu’il se procure illégalement. « J’ai toujours résisté à l’idée que soit on augmente son chiffre d’affaires, soit on disparaît. » Une pratique construite depuis 30 ans, à Quily, dans le Morbihan, qui vise à bâtir une vie harmonieuse où le travail n’aliène pas mais rend libre.

Un petit livret à la couverture orange, une impression ancienne, un objet que l’on a envie de garder précieusement. Il l’a écrit il y a quelques années, après avoir réinventé son métier. Parce que la formule vaut le coup d’être dupliquée, il voulait la partager… Avec son idée, il est possible de retrouver des commerces dans les villages, de la vie dans les campagnes. Des artisans qui sont heureux et qui ne manquent de rien.

À la base, il y a beaucoup d’envies : être proche de sa famille, produire sa nourriture, avoir du temps pour soi, écrire, avoir deux mois de congé l’été pour partir. La solution, il l’a inventée à partir de ces idées-là. Et au final, cela correspondait bien à son métier passion, à son métier d’origine, la boulange.
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Combien de Français sont-ils victimes de burn-out ?

Trois millions de personnes en France sont au bord de l’épuisement professionnel, soit 12% de la population active. Le burn-out est une maladie qui ne cesse de progresser.

Benoit Hamon a proposé ce dimanche de l’inscrire au tableau des maladies professionnelles afin de responsabiliser davantage l’employeur.

44% du temps passé sur internet au bureau se fait à des fins personnelles

Internet est un outil fantastique. Il a même changé nos vies. Sur le plan personnel et professionnel. Mais comment l’utilise-t-on au bureau, justement ? Le cabinet Olfeo s’est penché sur la question et les résultats de son enquête risquent de ne pas plaire à votre employeur. Pas du tout, même.

Mais avant d’aller plus loin, encore faut-il préciser le cadre de l’enquête. L’étude a été menée dans cinq pays européens, et plus précisément en France, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg. Le cabinet a compilé les données d’une centaine d’entreprises de tailles variables représentant à elles seules plus de 150.000 collaborateurs.

D’après cette étude, les salariés passeraient en moyenne 1h53 sur le web chaque jour. Sans surprise, toutes les consultations ne seraient pas faites à des fins professionnels. En réalité, le surf personnel représenterait même 44% du temps passé sur Internet, ce qui représente environ 50 minutes par jour et… 25 jours par an.

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Norvège : Vivre à Vardø

Les habitants de Vardø, dans l’extrême nord de la Norvège, se battent contre le manque de travail. En dix ans, la petite ville a vu émigrer la moitié de ses habitants. Pourtant, tous ne capitulent pas.
Anita Remme aime sa ville et pour rien au monde elle ne la quitterait. Animée par un enthousiasme communicatif, l’idée lui est venue de créer un festival de batailles de boules de neige ! Dani, une vingtaine d’années, vient de se faire licencier : difficile pour lui de trouver la motivation pour se lever le matin.

De son côté, Valter Thor, le plombier, essaie tant bien que mal de faire vivre son entreprise. Il a un objectif : décrocher le marché de l’école située face à ses bureaux…

Le casse-tête de la croissance

Le monde est confronté à un dilemme majeur. Si une croissance économique rapide, comme celle des 50 dernières années, est essentielle au développement, nous savons aussi aujourd’hui qu’elle peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour l’environnement. Comment pouvons-nous équilibrer les impératifs de la croissance et du développement avec la nécessité de garantir la durabilité ?

La croissance sans précédent du revenu par habitant au cours des vingt dernières années a sorti plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Dans les pays en développement, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu des années 1970 et le taux d’analphabétisme des adultes a été réduit de moitié environ ces 30 dernières années.

Mais cette croissance économique rapide a exercé d’énormes pressions sur l’environnement. Elle a de plus été accompagnée d’inégalités croissantes des revenus qui ont aujourd’hui atteint des niveaux historiques dans plusieurs pays (même si entre les pays mêmes, ces inégalités se sont atténuées). Dans ce contexte, l’on pourrait défendre l’idée qu’une croissance plus lente serait bénéfique pour le monde.

Dans ce cas, la solution est en vue. Selon un nouveau rapport publié par le McKinsey Global Institute (MGI), le vieillissement démographique et la baisse du taux de fertilité dans plusieurs régions du monde pourraient considérablement freiner la croissance mondiale au cours du prochain demi siècle.
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Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Zoom sur ces retraités qui travaillent

À cause de pensions insuffisantes, les retraités sont de plus en plus nombreux à retourner travailler pour arrondir les fins de mois. En France, environ 400.000 retraités continuent à travailler, un chiffre qui a doublé en cinq ans.

Toutefois l’âge de ces nouveaux travailleurs est parfois un plus : les employeurs misent sur leur savoir-faire et leurs longues années d’expérience. Certains pensent désormais travailler toute leur vie…

Royaume-Uni : Malgré la reprise économique, le pays est touché par la faim

En 2013, l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de Britanniques étaient mal-nourris, et qu’un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Aucune région n’est épargnée, pas même la riche ville de Londres, qui compte à elle seule quelque 90 banques alimentaires.

Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n’en finissant pas d’être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ?

Fin 2013, un rapport sur la faim et l’insécurité alimentaire au Royaume-Uni, mené par des parlementaires de tous bords a pointé la forte augmentation des prix des denrées alimentaires et du fioul domestique, à un rythme plus rapide que celui de la hausse des salaires et que celui de l’inflation.

Robert Clarck est un homme qui en impose. Un bon mètre 90, des tatouages bigarrés qui courent le long de ses bras, une voix de stentor qu’il déroule dans une parole rapide et gouailleuse. Pourtant, ce mercredi frisquet d’avril, Robert Clarck n’en mène pas large. C’est la deuxième fois qu’il se rend dans la food bank de son quartier, terme que l’on traduirait littéralement par « banque alimentaire » si l’expression reflétait vraiment l’esprit du lieu.
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