La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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Transition énergétique : Un village alsacien prépare l’après pétrole

Jean-Claude Mensch, maire d’Ungersheim, voit l’avenir en vert. Elu depuis 1989, cet ancien mineur de potasse, a fait entrer la petite commune de 2000 âmes, dans la Transition énergétique.  Calèche emmenant les enfants à l’école, piscine chauffée à l’énergie solaire et restauration bio, rien ne l’arrête. Paris Match est allé à sa rencontre.

Paris Match : Vous avez rejoint le réseau des villes et territoires en transition en 2011. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Jean-Claude Mensch : Je m’inspire du mouvement lancé par Rob Hopkins en 2006. Il sera d’ailleurs présent à Ungersheim le 26 et 27 septembre pour parler de son concept. Cet enseignant en permaculture avait créé un modèle de transition avec ses étudiants à Kinsale en Irlande.

La ville de Totnes en Grande-Bretagne a été la première à utiliser sa méthode pour tenter d’atteindre l’autonomie énergétique et alimentaire.  La commune a rejoint officiellement ce mouvement en 2011 mais elle a commencé sa transition il y a beaucoup plus longtemps, dès les années 90. Le but est d’atteindre l’autonomie énergétique, alimentaire et intellectuelle.  Nous voulons nous éloigner au maximum de la société consumériste.

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Economistes atterrés : la transition écologique au cœur de leur nouveau manifeste

Quatre ans après leur premier manifeste, les Economistes atterrés reviennent à la charge. Cette fois, ils veulent dépasser le constat de l’échec des politiques libérales, pour mettre en avant leurs solutions alternatives. Au cœur de leurs propositions, la question de la transition écologique et les leviers pour la mener à bien.

“Nos sociétés sont à un carrefour, il faut reconstruire nos économies sur un nouveau socle.” A ce titre, “l’écologie ne doit plus être un supplément d’âme. Elle constitue la nouvelle frontière de nos sociétés et donc de nos économies”, estiment les Economistes atterrés dans leur “Nouveau manifeste” (1).

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Et si l’action locale pouvait changer le monde ?

A Bristol, à Fukushima, en France, des héros ordinaires se battent pour rendre la vie meilleure. Et inventer une autre ère énergétique et économique.

Ils sont français, brésiliens, allemands ou canadiens. Ils créent des monnaies locales, des jardins communautaires, des parcs éoliens citoyens, des entreprises coopératives. Ces « lanceurs d’avenir », comme les appelle Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire, Sacrée Croissance !, s’aventurent dans de nouvelles façons de vivre, consommer ou produire, à l’heure où les promesses de l’abondance capitaliste s’évanouissent.

Ils préfèrent le « mieux » au « plus », sèment les graines de ce que pourrait être une société « post-croissance », et revitalisent les questions de l’écologie, de la démocratie et de la politique. Avec un point commun, par-delà la diversité des expériences : ces « héros » ont tous choisi l’action locale.

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Richard Heinberg : “2012, la fin de la croissance”

Sous-titré « s’adapter à notre nouvelle réalité économique », ce livre est paru aux USA en 2011. Il commence par cette citation qui résume notre réalité actuelle : « Quand le dernier arbre aura été abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas » (proverbe du peuple amérindien Cri).

L’idée générale du livre est que la croissance réelle, cumulée et moyenne est derrière nous, même si nous verrons encore des taux de croissance positifs ponctuels dans quelques régions du monde. Pas plus que n’importe quel autre pays, la Chine n’est en mesure de soutenir une  croissance illimitée. La seule incertitude concerne le moment où l’économie se contractera. Mais quand la Chine régressera, l’inexorabilité de la décroissance globale commencera à devenir évidente pour tout un chacun. Voici quelques extraits du livre de Richard Heinberg…

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Le potager géant, c’est l’avenir (Rediff.)

Pour lutter contre sa lente descente aux enfers, une ville d’Angleterre a inventé le jardin collectif. Un triomphe à méditer…

Une poignée de haricots verts devant le commissariat, deux salades ramassées dans des plates-bandes du collège, quelques pommes de terre le long du parking, les oeufs proposés par le voisin et une tarte avec les pommes cueillies sur le trottoir d’en face. Le repas est prêt ! Surréaliste ? Pas tout à fait. Une ancienne ville industrielle du nord de l’Angleterre a transformé en trois ans cette folle utopie en réalité, au point d’être presque autosuffisante en alimentation aujourd’hui !

L’expérience de ces “incredible edibles” ou “incroyables comestibles“, soutenue par le prince Charles himself, essaime rapidement dans tout le Yorkshire et fait déjà des émules aux quatre coins du monde… Les experts du monde entier, du Chili comme de l’Australie, se bousculent chaque semaine dans la petite ville pour essayer de comprendre et d’en prendre de la graine. Comprendre comment de simples végétaux ont pu induire un tel changement de société en si peu de temps.

On cultive pour la collectivité

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Transition écologique : Quand la France rurale revendique l’indépendance énergétique

Voilà quinze ans qu’un petit territoire breton a entamé sa mue écologique. Le Mené est devenu le symbole d’une transition écologique en voie d’achèvement. Sa recette ? Puiser dans ses quelques ressources locales – biomasse, soleil et vent – pour produire une grande partie de l’énergie consommée. Et s’appuyer sur la force des liens sociaux, la créativité de ses habitants et la concertation horizontale. Quitte à déranger certains intérêts.

« Ici, nous ne sommes pas assez riches pour faire les choses chacun dans notre coin », entend-on dans le Mené. Ce petit territoire de moins de 200 km2 et de 7 000 habitants, perdu dans les landes qui séparent Rennes de Saint-Brieuc, n’est accessible ni en train ni par voie rapide. La seule industrie où l’on peut trouver du boulot, c’est Kermené, une industrie d’abattage, filiale de la chaîne de grande distribution E. Leclerc, où travaillent 2 500 personnes, soit un tiers des habitants de la communauté de communes. Le symbole même des zones rurales enclavées dont on parle tant depuis les élections.

« Bref, à première vue, nous avons peu d’atouts », sourit Jacky Aignel, maire de Saint-Gouéno, l’un des sept bourgs de ce petit pays. « Mais nous avons des richesses : le vent, la biomasse, le soleil et, surtout, une très forte envie de faire des choses ensemble. Pour que notre territoire vive, et que nous puissions y rester. » Et c’est ce qui a fait la différence. Progressivement, le Mené construit son autonomie énergétique et crée même des emplois.

3 000 habitations éclairées grâce aux agriculteurs

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