Décroissance : pic pétrolier et concept d’entropie

Alors que l’extraction du gaz de schiste se révèle être une impasse, le pic pétrolier approche à grands pas et les partisans de la décroissance affinent leurs arguments. Parmi ceux-ci, une loi fondamentale de la physique : le second principe de la thermodynamique et son concept central : l’entropie. Adaptée à l’analyse économique, cette loi réduit à néant les rêves d’une croissance infinie dont les premières limites se font effectivement déjà sentir.

PIC PETROLIER – ATTENTION ! – FAITES DEMI-TOUR – AVERTISSEMENT : PLUS D’ESSENCE – POINT DE NON-RETOUR – CONTINUEZ A VOS RISQUES ET PERILS – “Pourquoi personne ne nous a prévenus ?”

Selon ce principe majeur de la physique du XIXe siècle, dans un système isolé, l’entropie (grandeur caractérisant le désordre) ne peut qu’augmenter, ce qui, adapté à l’économie, conduirait inexorablement toute civilisation basée sur une croissance infinie à une ruine certaine. Voyons comment des arguments basés sur ce principe peuvent venir renforcer le constat de raréfaction des énergies fossiles et son impact dramatique sur l’économie.

Thermodynamique et économie : deux domaines historiquement liés
Lire la suite

Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
Lire la suite

Transition énergétique : le contre-modèle allemand

Par Jean Syrota, ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique, ancien directeur de la Cogema, et Etienne Beeker, économiste de l’énergie

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ».

L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations
Lire la suite

« La croissance n’est pas la solution, c’est le problème »

Par Jean Gadrey, économiste et membre en 2008-2009 de la « Commission Stiglitz ».

On nous dit que, sans croissance, c’est la régression sociale, on ne peut pas réduire les dettes, ni le chômage, ni la pauvreté, et l’on n’aura pas les moyens d’engager la transition écologique. Pourtant, je propose de dire « Adieu à la croissance », qui est le titre de mon livre, dont ont peut lire les bonnes feuilles ici.

Il serait temps que les économistes, s’ils veulent être « responsables », prennent en compte les risques écologiques et qu’ils se posent les questions suivantes : et si ce culte de la croissance relevait d’un aveuglement des élites économiques et politiques ? Et si la quête de la croissance, fondée sur des gains de productivité sans fin, était l’un des facteurs de crises, voire la plus grave des menaces à terme pour l’humanité ?

Et si, quoi que l’on fasse, la croissance ne revenait jamais dans les pays « riches » ? Et si une « prospérité sans croissance » était possible et nécessaire pour sortir de la nasse où nous sommes ? Et si notre pays était immensément riche sur le plan économique, ce qui permettrait de faire face à tous les défis, sans croissance, dans le cadre d’une transition ambitieuse ?

Ces hypothèses sont de plus en plus crédibles. Le graphique joint représente l’évolution, depuis 1949, des taux annuels de croissance. On ne peut certes rien en conclure sur les évolutions futures, mais cela pourrait au moins faire réfléchir les dévots de la croissance.

Les causes du plongeon
Lire la suite

La bombe humaine a fait pschitt

La surpopulation est-elle un véritable problème ? Des recherches montrent que nous pourrions bien faire face à un monde en déclin démographique ces prochaines années.

En 2012, la marche apparemment inexorable du monde vers la surpopulation vient d’atteindre une étape cruciale : si on en croit le Bureau du recensement américain, quelque part sur cette planète, le sept milliardième être humain a vu le jour.

Ce chanceux ou cette chanceuse n° 7.000.000.000 fêtera sans doute son anniversaire en mars, et s’ajoute à une population qui pèse depuis un certain temps déjà sur des ressources en nourriture, en énergie et en eau potable limitées. Si cette tendance vient à se confirmer, comme le fait remarquer une série en cinq parties publiée par Los Angeles Times pour marquer l’événement, «pour une grande majorité de l’humanité, les conditions de vie seront plus que moroses».

Mais au même moment, la survenue d’un palier encore plus obscur n’a suscité aucune réaction médiatique : il aura fallu 13 ans à l’humanité pour atteindre le sept milliardième individu. Soit plus longtemps que les 12 ans nécessaires pour le six milliardième – et c’est la première fois, dans l’histoire de l’humanité, qu’un tel intervalle augmente. (Les deux, trois, quatre et cinq milliardièmes avaient pour leur part demandé 123, 33, 14 et 13 ans). Pour le dire autrement, la croissance démographique mondiale s’est ralentie. Et cela pourrait bien continuer. De fait, selon les meilleures estimations des experts, la population totale de la Terre cessera de croître dans l’espace d’une vie humaine.

Avant de se mettre à décroître.

Lire la suite

Consommation de masse et industrie agroalimentaire

Extrait du film Samsâra qui sortira en salles le 27 mars 2013. Ce terme d’origine sanskrit signifie « la roue de la vie », « ensemble de ce qui circule », « transmigration », « transition » mais aussi « courant des renaissances successives ». Le samsāra est donc le cycle des vies. Ce terme existe aussi dans l’hindouisme, le jaïnisme, le sikhisme.

Pour un choc d’efficacité énergétique

Par Pierre Ducret et Jean-Pierre Sicard, PDG et directeur général délégué de CDC Climat

Impitoyable agenda médiatique : à peine la question de la compétitivité évoquée que la transition énergétique la remplace à l’ordre du jour. Les deux enjeux sont pourtant indissociables. Pire, un débat peut masquer un consensus.

Chantier de construction d’une maison en paille à Fleurac en Dordogne, en 2009 (source : http://mamaisonenpaille.blogspot.fr/2007_10_01_archive.html)

On peut redouter que le débat national sur la transition énergétique se focalisera sur le très discuté « mix énergétique », au risque de minimiser la réduction des consommations d’énergie. Alors que l’ensemble des acteurs du débat pourrait s’accorder pour faire de l’efficacité énergétique la priorité nationale qui rendrait notre économie plus compétitive.

Lire la suite

Bruxelles : 45 millions d’euros à l’Algérie

L’UE soutient la transition démocratique. La Commission européenne a débloqué jeudi quelque 45 millions d’euros dans le cadre de programmes de coopération destinés à favoriser la bonne gouvernance et la diversification de l’économie algérienne.

Abdelaziz Bouteflika, le visage de la démocratie algérienne

Le commissaire européen chargé du dossier, Stefan Füle, a assuré vouloir “soutenir l’approfondissement du processus de réformes en Algérie, notamment l’élargissement des libertés fondamentales“, promettant de faire profiter le pays de son expérience en matière de “transition vers une démocratie solide, une économie durable qui profite à tous“.

Un premier programme, doté d’un budget de 15 millions d’euros, interviendra “en faveur de la diversification de l’économie algérienne et appuiera le développement durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture“, a précisé l’exécutif européen dans un communiqué.

Le deuxième programme, doté d’un budget de 30 millions d’euros, “soutiendra la pleine mise en oeuvre de l’Accord d’association et visera à renforcer la bonne gouvernance au sein de l’administration publique“, a précisé la Commission. L’UE, qui s’est engagée à la faveur du Printemps arabe à soutenir la transition démocratique dans les pays de la région, est liée depuis 2005 à l’Algérie par un accord d’association.

Europe 1

Michel Aglietta : « La Chine peut inventer un système original d’harmonie sociale »

Dans La Voie chinoise, capitalisme et empire, Michel Aglietta et Guo Bai renversent l’idée dominante selon laquelle l’empire du Milieu aurait construit sa puissance grâce à sa seule intégration dans l’économie de marché. À la veille de l’ouverture du 18e congrès du Parti communiste chinois, Michel Aglietta trace les grandes lignes économiques et politiques de la Chine qui vient.

Confucius

Votre travail prend à contre-pied les approches des économistes occidentaux sur les réformes en Chine. Vous mettez l’accent sur l’originalité de la voie chinoise. Quelles en sont les dynamiques et les principales caractéristiques ?

Selon ces économistes, le capitalisme s’identifie à l’économie de marché qui revêt un caractère universel. En conséquence, le marché aurait les mêmes effets partout et le miracle économique chinois se serait produit sous l’effet de la conversion de la Chine à l’économie de marché en 1978. C’est une affirmation que nous mettons en cause pour des raisons historiques et théoriques.

La Chine a connu l’économie de marché bien avant l’Europe, dès le IXe siècle. Elle n’a pas pour autant amorcé la révolution industrielle au XVIIIe siècle, alors que sa technologie était l’une des plus élaborées du monde. En 1911, l’Empire s’effondra et Sun Yat-sen mit en place un régime politique à l’américaine. Mais le pays fut rapidement livré au chaos de la guerre civile puis à la dictature du Guomindang en 1927. Cependant, l’effort d’industrialisation resta limité et interrompu par l’invasion japonaise en 1937. Dans ce contexte, il est clair que le marché, à lui seul, n’a pas suffi à engranger le développement.

Vous rappelez que Confucius avait pour objectif 
la paix et la stabilité. Comment cet héritage politique a-t-il traversé les siècles et quel est 
le rôle de l’économie dans ce cadre ?
Lire la suite

Quels enjeux pour le développement durable en Chine ?

Comment la Chine s’engage vers des projets de coopération de très grande envergure avec son étranger proche comme la Russie ou le Kazakhstan dans le domaine du développement durable. Débat entre Emmanuel Meneut et Emmanuel Lincot. Enregistré le 6 juillet 2012.

http://www.dailymotion.com/video/xsfoyo

Indigné ! Et après ?

Nous vivons dans un système qui pense pouvoir agrandir ses richesses sans fin en niant les limites matérielles et humaines. Devons-nous continuer à croître indéfiniment ou rechercher une stabilité ? Nous voilà dans l’impasse: une dette impossible à combler, le mur des ressources qui approche, des politiques dont l’unique objectif est de relancer la croissance et la compétitivité. Alors que faire ?

(Merci à alex1737)

LEAP : France 2012-2014 – Le grand séisme républicain et son impact international

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, du 15 avril 2012

Comme anticipé par le LEAP depuis novembre 2010 [voir un extrait du numéro de cette date], le candidat socialiste (1), en l’occurrence François Hollande, emportera l’élection présidentielle française de 2012 (2). La question qui se pose encore concerne le premier tour de cette élection : Nicolas Sarkozy, le président sortant sera-t-il devant ou derrière Marine Le Pen (c’était aussi l’une des composantes de notre anticipation de novembre 2010) (3) ?

Il est donc temps d’anticiper les conséquences de cette élection tant pour la France que pour l’Euroland et l’UE ainsi qu’au niveau mondial (OTAN, G20, Euro-BRICS) car de facto elle est beaucoup plus importante pour l’évolution du monde actuel, en pleine transition du fait de la crise mondiale, que la prochaine élection américaine qui verra s’affronter Barack Obama et Mitt Romney (deux candidats financés massivement par Wall Street) sur fond de paralysie générale du système politique US (4).

Lire la suite

2012-2016 : Les Etats-Unis insolvables et ingouvernables (3ème partie)

Dans ce troisième extrait, rendu public le 10 avril 2012 et faisant suite à ceux diffusés le 02 avril 2012 et le 28 mars 2012, de son numéro du 15 décembre 2011, le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique poursuit son analyse relative à l’avenir des Etats-Unis pour la période 2012-2016.


Emeute du Black Friday à Fresno (Californie) pour des consoles de jeux vidéos, le 25 novembre 2011

La détérioration du tissu socio-économique et socio-politique des Etats-Unis est un phénomène qui s’est engagé il y a déjà une quarantaine d’années. Dans de précédents [numéros], nous avons souligné l’importance des ruptures du tournant des années 1970 dans la dynamique américaine : fin du lien fixe entre le dollar et l’or, défaite dans la guerre du Vietnam, « impeachment» du président Nixon, dernière période des grandes inventions/aventures scientifiques US (conquête spatiale, Internet…), etc. Lire la suite

La Libye abandonnée à son sort

Désertée par les Occidentaux, la Libye sans Kadhafi risque d’être divisée en deux.

Ce devait être le grand succès international du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais la Libye post-Kadhafi semble inexorablement basculer dans l’impasse. L’annonce surprise, mardi, par des chefs de tribus et de milices de l’est du pays, de l’autonomie de la région de Cyrénaïque a fait l’effet d’une bombe. “La région fait le choix du système fédéral », ont affirmé devant des milliers de personnes près de 300 miliciens et chefs de tribu. Ceux-ci ont désigné un Conseil intérimaire, composé de portefeuilles aussi importants que le Pétrole ou la Défense. À la tête de la nouvelle entité baptisée Cyrénaïque, qui s’étend de la frontière égyptienne à Syrte (centre-nord), a été nommé Ahmed Zoubaïr, cousin de l’ancien roi Idriss al-Sénoussi, renversé par Kadhafi en 1969.

Lire la suite

« Pour les Russes, Vladimir Poutine restera celui qui a stoppé la désintégration du pays »

Alexandre Nekipelov, président du groupe pétrolier Rosneft, et Jacques Sapir, spécialiste de la Russie, directeur d’étude à l’EHESS évoquent l’économie russe.

Il y a bien sûr les chaînes humaines autour du Kremlin pour dénoncer les fraudes électorales, la corruption. La contestation, à vingt-quatre heures de cette élection présidentielle de 2012, reste en revanche moins dictée par l’urgence économique. De 1999 à la crise de 2008, la croissance moyenne du produit intérieur brut a dépassé 6% par an. Après un trou d’air, l’activité est repartie de 4,2% en 2011. Sur ce point, la majorité des Russes restent redevables de la croissance et de la stabilité ayant marqué la décennie écoulée. En dépit des inégalités. De l’emprise des oligarques. De la bureaucratie. Des maux presque secondaires au regard des années terribles ayant suivi l’effondrement de l’URSS : il a fallu attendre 2006 pour retrouver le revenu par habitant connu dans l’ancienne république soviétique de Russie.

« Le passage à l’économie de marché s’est accompagné d’une « primitivisation » de la production, de pertes importantes en capital humain et en capital physique », selon Alexandre Nekipelov. Président du conseil d’administration de Rosneft – le bras armé de l’Etat dans le pétrole – et vice-président de l’Académie des sciences de Moscou, ce dernier est l’un des coauteurs de l’ouvrage (1) dirigé par l’économiste français Jacques Sapir sur les vingt ans de mue forcée de ce qui était présenté, il y a un quart de siècle encore, comme l’autre « grande puissance ». Un livre qui laisse apparaître, entre les lignes, le jugement dual et sans illusions porté par nombre de Russes sur leur futur dirigeant.

Le Temps : Deux ans après une crise financière, dont le choc est parvenu de façon diffuse en Russie, quel rôle joue la situation économique dans les élections de demain ? Lire la suite

A-t-on atteint un « pic des objets » ?

Si l’on devait la caractériser en des termes mathématiques, la trajectoire de notre civilisation serait une courbe exponentielle. Tout au long du XXe siècle, la consommation d’énergie et de ressources naturelles — et donc logiquement les émissions de gaz à effet de serre — s’est accrue de concert avec la démographie.

Mais aujourd’hui, serions-nous arrivés à un plateau ? Aurions-nous commencé à réduire notre consommation, ou du moins à la stabiliser ? La parcimonie serait-elle en voie de devenir le nouveau luxe ? C’est ce que pressent une récente étude, qui estime que la Grande-Bretagne, pays à l’origine de la révolution industrielle et l’une des nations les plus riches au monde, aurait atteint un seuil maximum d’objets possédés par chaque habitant, avant de voir cette quantité décliner. C’est le “peak stuff” (“pic des objets ”), dans la veine du peak oil (pic pétrolier) ou du peak gas (pic gazier).

Au cours de la dernière décennie, et notamment avant la crise économique, la Grande-Bretagne a ainsi moins consommé, tous secteurs confondus : moins de matériaux de construction (- 4 % entre 2000 et 2007), moins d’eau, de papier (- 18 %), de nourriture (surtout de viande), moins de voitures et de trajets, moins de textiles ou encore d’engrais. La production d’énergie primaire a aussi suivi la même tendance à la baisse (- 3 %). Et le pays a aussi produit moins de déchets. Tout cela, alors que le PIB a continué de progresser, de même que la croissance de la population.

Au total, et alors que le volume de l’économie a triplé, le quantité totale de choses que chaque Britannique utilise chaque année — environ 30 tonnes — aurait retrouvé son niveau de 1989, après un “pic des objets” atteint entre 2001 et 2003, livre le site américain Fastcoexist, déniché par le mensuel Terra Eco.

Des tendances similaires auraient commencé à émerger à travers l’Europe, où la consommation d’énergie des ménages en 2009 était de 9 % inférieure au niveau de 2000. En France, en Suède et aux Pays-Bas, la baisse a même atteint 15 %.

Croissance et consommation découplées

Lire la suite

Hier la crise, demain la guerre ?

Pierre Pascallon et Pascal Hortefeux, « Hier la crise, demain la guerre ? La crise va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ? » Éditions L’Harmattan, 292 pages, 28 euros

———————

La crise financière 2007-2008 a été une crise sans précédent par son intensité et sa globalité.

Mais elle n’est pas seulement à lire comme le révélateur des dysfonctionnements et des vices de l’hyper-capitalisme financier mondialisé des années 2000.

Elle est, en effet – comme en persuade une analyse en termes de cycle, de cycle long Kondratieff, en particulier -, lourde de conséquences géoéconomiques et géopolitiques, en ouvrant la voie à une longue et difficile période de transition (2010-2030) marquée par le ralentissement économique, l’accroissement de la rivalité des États, la périlleuse redéfinition de la hiérarchie des Nations.

Il est sûr que la puissance américaine s’érode et se rétracte tandis que s’accélère la  montée en force du monde émergent, de l’Asie notamment. Ce n’est rien moins, en effet, que le renversement de l’ordre mondial régenté par l’hyperpuissance des États-Unis au tournant du XXIème siècle qui se joue et va continuer à se jouer, sous nos yeux, avec l’avènement, on peut le penser, dans les années 2030, d’un nouveau pôle hégémonique autour de la Chine.

Reste que, dans l’Histoire, jusqu’ici, il semble bien que chaque crise, chaque modification de domination, aient charrié avec elles guerres et conflits.

Pourrons-nous, cette fois-ci, échapper à ces dangers ? Rien ne permet malheureusement de l’assurer comme entend en convaincre cet ouvrage.

Theatrum Belli

(Merci à Pakc & à Léonidas)