Mules européennes pour blanche péruvienne

Frappés de plein fouet par la crise, Roberta, la grand-mère espagnole, ou Jérémy, le boulanger français, ont répondu aux sirènes de l’argent facile. Leur mission ? Jouer les passeurs de cocaïne au Pérou. Ils croupissent aujourd’hui dans une prison de Lima.

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Aéroport de Lima, 19 heures. Dans le hall des départs, les vols de nuit en partance pour l’Europe sont déjà annoncés…

Soudain, dans un mouvement imperceptible, un homme et sa valise sont extraits de la foule. Le suspect est dirigé vers le bureau de la Dirandro (Direction antidrogue de la police nationale du Pérou), où il est menotté à la cheville et au poignet. La valise ouverte laisse échapper un tapis de jeu  pour enfants… Il ne faut pas plus de dix minutes aux enquêteurs pour extraire des doublures molletonnées près de 3 kilos de cocaïne pure, soigneusement emballée dans des sachets de plastique noir.

“Cette fois, c’est un Roumain”,

constate le commandant Anderson Reyes, chef du département antidrogue de l’aéroport, où sont saisis en moyenne 8 kg de cocaïne par jour.

“On a aussi des Grecs, des Bulgares, des Français, et bien sûr des Espagnols, les plus nombreux… Cette année, leur nombre a même dépassé celui des passeurs péruviens. Ils nous disent tous la même chose : c’est la crise économique qui les a poussés à faire ça.”

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