Voyage au bout de la viande

Il aura fallu un périple de 7.000 kilomètres à travers l’Europe pour comprendre que la viande dans nos assiettes cache des secrets peu ragoûtants.

Quand les supermarchés et les chaînes discount nous proposent des barquettes de viande, leurs noms bucoliques évoquent des fermes traditionnelles ou des boucheries artisanales. Le produit emballé provient en fait d’usines géantes qui achètent leur viande au meilleur prix sur le marché européen – voire mondial – et font des centaines de millions d’euros de chiffre d’affaire.

La traçabilité devient impossible lorsqu’un porcelet est né en Belgique, engraissé en Italie, abattu en Pologne, transformé en Allemagne et vendu en France.

Un pack de viande hachée peut ainsi résulter du découpage de cent cinquante porcs et soixante bœufs originaires de huit pays distincts !

Les réalisateurs ont remonté une filière européenne pour comprendre le mécanisme qui a débouché en 2013 sur le scandale de la viande de cheval vendue comme du bœuf. Une enquête à rebondissements dans laquelle interviennent des journalistes d’investigation et des lanceurs d’alerte connus pour avoir dénoncé des manipulations et trafics en tous genres.

Réalisé par Jenny Roller-Spoo et Jens Niehuss (Allemagne 2015)

Les routes du cochon (reportage)

Avec 35 kg par an et par personne, le porc est la viande la plus consommée par les Français, principalement sous forme de charcuterie. 70% des saucissons ou jambons vendus dans les rayonnages des supermarchés sont issus de porcs importés.

Ces dernières années, les éleveurs de l’hexagone ont vu se développer la concurrence redoutable de la filière Espagnole, et surtout allemande, avec une viande 20% moins chère. Dans quelles conditions ce cochon « low cost » est-il produit ? Quelle traçabilité pour cette viande ?

Envoyé Spécial du 20/02/2014

Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque (Docu)

Comme la filière industrielle de la viande, secouée par de nombreux scandales, celle du poisson entre à son tour dans des zones de turbulences et de soupçon. Selon l’enquête d’une ONG américaine, un poisson sur trois vendus sur les étals aux Etats-Unis n’est pas conforme à son étiquette. En France, une récente enquête de «60 Millions de consommateurs» révèle que dans un cas sur trois, les étiquettes seraient aussi mensongères.

Réalisé par Lamia Belhacene (2014)

(Merci à NOP)

Comment des chevaux de course dopés ont fini dans nos assiettes

Des propriétaires abusés, et des amateurs de viande de cheval qui avalent de la viande impropre à la consommation. C’est le nouveau scandale alimentaire. Pourtant, le système de traçabilité français est censé être le meilleur d’Europe.

Triste mort pour les chevaux de course. Au lieu de finir leur vie tranquillement, ils se retrouvent bien souvent dans nos assiettes. Certains propriétaires français voulaient une retraite faite de batifolage dans les prés et de foin généreux pour leur fidèle destrier. Et se sont fait avoir par des maquignons peu scrupuleux qui ont racheté leurs bêtes pour, au final, les amener à l’abattoir. Où elles n’auraient jamais dû se retrouver, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires. Mais leur carnet de santé a été bidouillé en Belgique. Voilà le nouvel imbroglio qui secoue le monde équestre. Il ne s’agit plus tant d’un problème d’étiquetage de la viande consommée, comme cela s’est produit l’hiver dernier, que d’un trafic de chevaux écoulés frauduleusement dans l’alimentation humaine. Le scandale a éclaté vendredi 30 août et une enquête est en cours.

Cette nouvelle affaire pose une fois de plus la question de la traçabilité de la viande que nous mangeons. Pour un cheval, la chose est normalement assez simple, du moins jusqu’à l’abattoir.

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RFID : La police totale

RFID : vous avez entendu cet acronyme – ou étiquettes “intelligentes”, “smart tags”, puces à radiofréquence, transpondeurs. Mais que sont-elles exactement ? À quoi servent-elles ? Comment fonctionnent-elles ? Saviez-vous que 2006 était l’année de leur entrée massive dans les entreprises ? Qu’on les injecte à nos animaux ? Qu’elles vous traquent déjà ?

L’idée remonte à la fin des années 1940. Les militaires anglais mettent au point un système d’identification longue distance pour distinguer par radar les avions amis des autres (“Identify : Friend or Foe”). Un demi-siècle de miniaturisation électronique, de mondialisation des échanges, de crises sanitaires, environnementales et alimentaires étend le concept d’identification à celui de traçabilité, désormais appliqué à tout ce que la terre porte d’êtres vivants, de ressources, d’objets.

Saviez-vous qu’elles sont une des premières applications des nanotechnologies, et l’une des spécialités locales, entre le “Pôle de Traçabilité” de Valence et le “Pôle Minalogic” de l’Isère ? Savez-vous que dans quatre ans, sauf révolte, les mouchards électroniques infesteront 30 milliards d’objets – cinq par être humain, Papous compris ? Non ? Alors découvrons ensemble ce bijou de reality-science.

Le premier brevet lié aux RFID date de 1969, déposé aux États-Unis par Mario Cardullo . Jusque dans les années 1980 la technologie reste militaire ou dédiée à la sécurité des sites “sensibles”, nucléaires entre autres. Ensuite le secteur privé la commercialise pour l’identification du bétail avant d’étendre son usage et de standardiser les équipements.

Clonage [animal pour l'alimentation] : Bruxelles propose un moratoire de cinq ans

La Commission européenne va proposer, mardi 19 octobre, un moratoire pour interdire pendant cinq ans le clonage animal destiné à l’alimentation humaine en Europe et demander une traçabilité des embryons et du sperme importés, selon des sources communautaires. Cette proposition ne concerne pas le clonage pour la recherche ni celui pour la préservation des espèces en danger.

Elle vise à apaiser les inquiétudes provoquées durant l’été par la vente au Royaume-Uni de viande d’animaux clonés, mais ne va pas aussi loin que ce que souhaitait le Parlement européen : celui-ci avait demandé en juillet « l’interdiction, à titre préventif, de toute commercialisation de viande ou de lait issus d’animaux clonés ou de leur descendance ». « La viande de clone ne se mange pas » actuellement, a rappelé une source européenne, « un animal cloné coûte entre 15 000 et 20 000 dollars, il sert pour la recherche et n’a pas vocation a être découpé en steaks ». Il n’en va pas de même des embryons et de la semence des animaux clonés.

La majorité des vaches laitières de l’UE sont issues de l’insémination artificielle, mais 98 % des semences utilisées proviennent de l’UE. 3 % seulement sont importées, selon la même source. L’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (AESA), installée à Parme en Italie, considère que la viande ou le lait des descendants des animaux crées par clonage ne représentent aucun danger pour la santé humaine, plaide la Commission.

La commercialisation de la viande et du lait des animaux clonés de la première génération est soumise à une autorisation préalable dans l’UE. Le clonage pour l’alimentation humaine est une technique quasiment inexistante dans l’Union européenne. En revanche, cette technique est très utilisée aux Etats-Unis, au Canada et en Argentine.

L’Union européenne ne peut interdire les importations, car elle contreviendrait alors aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

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