‘La mort est une illusion’ elle n’existe pas telle que nous la concevons

Le scientifique nord-américain de la Wake Forest School of Medicine de Caroline du Nord, Roberto Lanza, affirme détenir des preuves définitives qui démontrent que la vie après la mort existe bel et bien. Lanza estime, en outre, que la mort, d’une certaine manière, n’existe pas telle que nous la concevons.

Après la mort de son vieil ami Michel Besso, Albert Einstein dit : « Voilà qu’il m’a précédé de peu, en quittant ce monde étrange. Cela ne signifie rien. Pour nous, physiciens dans l’âme, cette séparation entre passé, présent et avenir, ne garde que la valeur d’une illusion, si tenace soit-elle ». De nouvelles preuves suggèrent qu’Einstein avait raison, déclare Roberto Lanza dans un billet publié sur son site et cité par le quotidien britannique The Independent.

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Météo : Un business au beau fixe

Elle dicte notre façon de nous vêtir le matin, conditionne nos sorties et peut gâcher nos congés : la météo fait la pluie et le beau temps dans notre existence, en particulier durant les vacances. L’engouement des Français pour les prévisions météorologiques est spectaculaire: c’est l’une des applications les plus consultées sur smartphone.

On supporte difficilement aujourd’hui une averse surprise sur la plage ou lors d’une balade à vélo… Certains font leurs propres prévisions en s’offrant une station météo individuelle, d’autres choisissent leur camping ou leur lieu de vacances en fonction des garanties de remboursement offertes en cas de pluie.

Autrefois, Météo France occupait seule le terrain, mais aujourd’hui, des start-up ont fait de la météo une activité lucrative, en développant ce qu’elles appellent la “business intelligence climatique”.

Elles proposent leurs services aux entreprises météo-dépendantes (fabricants de glaces, de boissons, jardineries, clubs de vacances…) afin qu’elles puissent ajuster leur offre saisonnière. En France, 25% du PIB serait lié aux conditions météo. Enquête sur la science du beau temps… pour éviter la dépression durant ses vacances.

Jacques Attali : « Je rêve d’une société sans retraite »

C’est un signe qui ne trompe pas : il collectionne les sabliers. Jacques Attali, économiste et écrivain, estime que la réduction du temps de travail est un échec de la société industrielle. Ses proches savent avec quelle minutie celui-ci organise son temps, une notion qui le rend philosophe. « Le temps ne passe pas, il n’y a que nous qui passons », affirme-t-il.

Pourquoi collectionnez-vous les sabliers ?

Le sablier est un objet intéressant : le verre c’est du sable, un sablier n’est que du sable, qui renvoie à la mer… d’où tout vient. La collection elle-même est un rapport au temps, un moyen d’aller contre la mort.

Comment s’organise votre quotidien ?

Je n’ai pas de quotidien, ni de routine, aucune de mes journées ne ressemble à la suivante ou à la précédente. Je dors peu et j’ai pour habitude de me lever tôt. Si je mène des activités de natures différentes, ma principale obsession est d’avoir du temps libre et de la solitude, de ménager du temps pour l’inattendu, pour lire, écrire ou faire de la musique. Certains dorment peu et ne font rien de leur journée, donc dormir peu n’explique pas tout, c’est l’intensité du temps qui compte.

Comment faites-­vous pour concilier obligations et moments de solitude ?
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La tyrannie de la vitesse

Nos sociétés ont accéléré la cadence. Accélération technique, accélération des rythmes de vie, accélération des changements sociaux. Comment en sommes-nous arrivés là ? Et si on prenait le temps de penser nos vies…

Des journées trop chargées, à se dépêcher, à courir, pour tenter d’effectuer ce qui, en se couchant, restera à faire. À terminer demain. « Il faudrait allonger les journées ! », dit une collègue. « Le temps passe trop vite ! », se plaint l’autre. « On vit comme des dingues », renchérit la troisième.

« Vous les Occidentaux, vous courez vers la mort ou quoi ? », m’a un jour demandé un Sénégalais. Avant de me conseiller, en wolof : « Danke, danke »(« doucement, doucement »). « Être affamé de temps ne provoque pas la mort, rassurent John Robinson et Geoffrey Godbey, mais, comme l’avaient observé les philosophes antiques, empêche de commencer à vivre (1). » L’existence pleine a besoin de temps pour se déployer.

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Inégaux face au rythme du temps

Travail à la chaîne, le dimanche, la nuit, en horaires décalés… Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie. Les plus favorisés réclament toujours plus de flexibilité pour les autres, au nom de la modernité. Par Louis Maurin, directeur de l’observatoire des inégalités.

Que faites-vous en février ou à Pâques ? Si vous avez la chance de pouvoir vous affranchir du travail pendant une semaine, vous êtes sans doute du bon côté. Celui de la minorité qui dispose d’un peu plus que les cinq semaines légales de congés payés, et des moyens pour prendre le large. Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie, sujet bien plus rarement évoqué que celui des revenus.

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Et l’année commença un 1er janvier

L’année n’a pas toujours commencé au premier janvier en France. La décision fait partie de plusieurs réformes prises par Charles IX pour mettre fin au désordre dans le royaume.

L’année n’a pas toujours commencé au premier janvier. C’est même par une décision royale que le début de l’année fut fixé à cette date. L’édit de Paris pris par le jeune Charles IX en 1563 était une manière d’uniformiser et de mettre de l’ordre dans son royaume en pleine guerre de religion. De quoi nous rappeler que le calendrier, aussi, est politique.

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La montre dans tous ses états

Chaque année, 14 millions de montres sont vendues en France. Outil du quotidien et objet de collectionneurs, elle reste toujours aussi populaire. Comment la montre, un produit de grande consommation, a-t-elle évolué à travers le temps?

Ce n’est qu’en 1904 que la montre passe de la poche au poignet. Louis Cartier lance la première montre à bracelet : l’aviateur se plaignait de ne pas pouvoir lire l’heure en plein vol.

Mais la montre reste un luxe jusque dans les années 70 et l’arrivée du quartz. Une espèce minérale qui vibre à une fréquence rapide et régulière, et qui va détrôner le mouvement à balancier. La production de masse est lancée. La montre s’habille de plastique et devient vraiment abordable dans les années 80.

Aujourd’hui, c’est un accessoire de mode. On peut la personnaliser de A à Z. La montre de demain, elle, sera connectée à Internet. Il s’agira d’un vrai assistant qui nous aidera au quotidien.

Chronobiologie : Amie ou ennemie ?

Notre corps est soumit à une limite: celle du temps biologique. Elle se trouve au cœur de nos cellules pour régir notre cycle de vie, de mort, de jour ou de nuit. Cette limite influe sur notre propre corps et sur notre perception du temps qui s’écoule. Ce documentaire va vous faire découvrir l’histoire de ce temps biologique et de sa science: la chronobiologie.

En 1962 un spéléologue du nom de Michel Siffre s’enfonce dans un gouffre pendant deux mois, sans montre et avec l’impossibilité de voir le temps s’écouler. Au bout de deux mois il est retrouvé épuisé, tel un pantin désarticulé. En survivant de justesse à cette terrible expérience il offre une nouvelle vision du temps biologique et créant ainsi une nouvelle science du nom de chronobiologie. Michel Siffre devint alors le cobaye de ses expériences sur la chronobiologie.

Au Massif du Marguareïs dans les Alpes Maritimes, le spéléologue retourne au gouffre de Scarasson et accepte d’y redescendre pour revivre le frisson de 1962. L’homme se demande alors comment il a pu concevoir une telle expérience dans un froid glacial et surtout sans aucun repère temporel. Pour comprendre cette expérience il faut remonter le temps et se remettre dans le contexte de l’époque, lorsque l’homme ne savait presque rien au sujet du temps biologique.

Au début des années 60, le monde part à la conquête de l’espace, mais pour explorer l’univers il faut aussi explorer les limites du corps humain. Il faut savoir si l’homme est capable de vivre dans d’étroits engins sans aucune vision du jour ou de la nuit.

Les Français perdent une semaine par an dans les transports pour aller travailler

Combien de temps passez-vous dans les embouteillages ou dans les rames de métro ? Selon une enquête publiée lundi 30 juin, les Français mettent en moyenne 23 minutes par trajet pour se rendre sur leur lieu de travail, soit une semaine par an si l’on prend en compte les allers et les retours.

Sans surprise, ce sont les Franciliens qui passent le plus de temps dans les transports en commun et sur la route. Un tiers d’entre eux met plus de 45 minutes pour aller travailler et les automobilistes passent 60 heures par an dans les bouchons.

Pour la super-classe le travail est le nouveau «loisir»

L’économiste français Thomas Piketty, nouvelle star aux États-Unis, montre dans son dernier livre, “Le capital au XXIe siècle“, que les super-riches, les fameux 1%, gagnent plus d’argent de leur patrimoine que de leur travail.

Une oligarchie qui s’enrichit sans lien avec son mérite ou sa capacité de travail, ce qui en fait une question embarrassante au-delà des cercles économistes habituellement critiques du capitalisme.

Mais si une super-classe peut aujourd’hui amasser des sommes colossales sans travailler, une élite du travail s’est en parallèle constituée au début du nouveau millénaire, remettant en cause l’idée selon laquelle plus on gagne bien sa vie, moins on travaille.

Si jusqu’aux années 1960 les salariés les plus éduqués et les mieux payés travaillaient moins d’heures que les autres, ce n’est plus le cas au début du XXIe siècle, selon un article stimulant publié par deux chercheurs du département de sociologie de l’université d’Oxford, Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher.

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«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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La fin du temps

Le temps est-il une illusion, une réalité, un concept? De l’accélérateur de particules du CERN de Genève à des coulées de lave à Hawaï, de la décadence de la ville de Detroit à des rites funéraires en Inde, il existe moult façons de tenter de capter l’invisible, de définir l’indicible.

Peter Mettler invite à un voyage d’exploration hypnotisant, presque psychédélique, secondé par une bande sonore subtile.

La technologie est-elle responsable de l’accélération du monde ?

Par Hubert Guillaud

Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa a été remarqué en France depuis la traduction en 2010 d’Accélération : une critique sociale du temps, complété depuis par une synthèse et mise à jour de ce livre dans Accélération et aliénation

Courir après le temps” de Gilbert Garcin

Pour Hartmut Rosa, le temps a longtemps été négligé dans les analyses des sciences sociales sur la modernité au profit des processus de rationalisation ou d’individualisation. Pourtant, selon lui, l’accélération est la caractéristique de la société moderne.

Dans ses essais, il en livre une taxonomie intéressante expliquant que l’accélération sociale que nous connaissons découle de l’accélération technique, de celle du changement social et de celle de nos rythmes de vie qui se manifeste par un stress, une aliénation toujours plus grande qui nous rend de plus en plus incapables d’habiter le monde (vous pourrez trouver une très bonne synthèse de la thèse de Rosa dans le numéro de janvier 2013 de Rhizome, le bulletin de l’Observatoire des pratiques en santé mentale et précarité).

Invité par l’Insa de Lyon, il donnait en mars dernier une conférence auprès d’une foule d’étudiants à la bibliothèque Marie Curie du Campus de la Doua, sur le thème “la technologie est-elle responsable de l’accélération du monde ?“.
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Baisser le coût du capital pour réussir la transition énergétique

Par Jean-Marc Jancovici

Depuis que les hommes ont acquis la notion du temps et celle, plus récente, de l’argent, ils ont souvent été amenés à répondre à une question désormais incontournable en économie : comment comparer une somme disponible aujourd’hui avec la même qui le sera plus tard ? A question simple, réponse qui ne l’est que rarement : s’il faut patienter pour recevoir de l’argent, il suffit d’en recevoir un peu plus. Certes, mais combien ? Eh bien… ça dépend !

Admettons que vous ayez le choix entre recevoir 100 tout de suite et 100 + n dans un an. Si n est nul, personne ou presque ne patientera et, s’il est très élevé, tout le monde ou presque acceptera de le faire. La valeur de n pour laquelle cela est indifférent pour l’acteur concerné s’appelle le taux d’actualisation.

Ce taux n’est jamais très éloigné des taux d’intérêt en vigueur. Admettons qu’emprunter à un an coûte 3 %, et que l’on vous propose par ailleurs de recevoir 10 % (sans risque et sans inflation) en patientant un an. Vous allez alors patienter… éventuellement en empruntant, puisque le banquier va vous prêter à 3 % et vous allez gagner 10 %. A l’inverse, si le taux d’intérêt est de 15 %, la même opération vous conduirait à payer 15 pour gagner 10, ce que peu de gens accepteront !
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DVD : “Time Out”

Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut “gagner” du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte.

(Merci à Noway)

L’emploi continue de se détériorer aux Etats-Unis

Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée. C’est le secteur public qui, face à des contraintes budgétaires considérables, détruit le plus de postes. Quant au secteur privé, il continue d’embaucher mais moins rapidement que les mois précédents.

Le marché de l’emploi s’est détérioré fortement en septembre aux Etats-Unis, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington, à moins d’un mois des élections législatives. Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, indique le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail.

L’économie a détruit en septembre 95.000 emplois de plus qu’elle n’en créait, indique le ministère, ce qui traduit une progression des emplois perdus de 67% par rapport à août. Les analystes estimaient au contraire que le pays était revenu en septembre à l’équilibre avec un solde nul de créations ou de destructions d’emplois.

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La fuite en avant de la modernité

L’époque n’est pas si lointaine où certains espéraient que l’évolution technique permette d’alléger le travail et de libérer du temps libre. Puissante en Occident durant les années de croissance de l’après-guerre, cette promesse n’a pas été réalisée. C’est même l’inverse qui s’est produit.

"Pluie, vapeur, vitesse", par William Turner (1844)

Nous avons le sentiment de manquer de temps, tout en étant équipés de toujours plus d’appareils qui effectuent des tâches à notre place. Dans une grande ville, la possession d’une voiture entraîne automatiquement une augmentation du temps de transport. De façon surprenante, les nouvelles technologies exigent en réalité du temps supplémentaire. De cette manière, elles accroissent aussi le rythme de la vie.

Au coeur de cette logique paradoxale, il y a le processus d’accélération. C’est la thèse du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa. Il en a défini les dimensions, les causes et les conséquences dans Accélération, un grand livre de théorie sociale qui contient une foule de données intrigantes sur les évolutions de notre rapport au temps.

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USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
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L’agriculture a-t-elle encore un avenir en France ?

Des tracteurs à Paris, l’image est assez rare pour qu’elle mérite d’être signalée. Les céréaliers sont venus manifester leur colère face à la baisse de leurs revenus, qui ont diminué de 60% en deux ans.

La France, pourtant premier producteur européen et deuxième exportateur mondial de céréales (derrière les Etats-Unis), souffre de son agriculture. La maxime “Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France” n’est plus qu’un lointain souvenir. On en arrive même à se demander si le modèle agricole français a un avenir quand cette branche, qui fut si longtemps une source de fierté et de croissance pour tout le pays, vivote au gré des mouvements du marché et des subventions.

Même les céréaliers, pourtant considérés comme les privilégiés du secteur, sont en colère. Leurs revenus sont pourtant supérieurs de moitié à ce que touchent leurs homologues des autres filières agricoles, selon la Commission des comptes de l’agriculture de la nation. On était presque habitué à voir les producteurs de lait ou de fruits et légumes manifester leur mécontentement et leur détresse, mais les céréaliers jamais. Or les prix des céréales sont inférieurs de 23% à la moyenne de ces cinq dernières années.

De la régulation et des aides

Les comparaisons des recettes des exploitants entre 2007 et 2009 semblent dramatiques. Pourtant cette différence est surtout due au fait que 2007 a été une année exceptionnelle. Sous l’effet de la spéculation, les cours s’étaient envolés. L’année dernière est donc, en comparaison, une année catastrophique. Maintenant que le soufflé est retombé, les producteurs reviennent à des recettes du niveau de 1990. Mais, entre-temps, l’inflation est passée par-là.

Les céréaliers mettent directement en cause la spéculation. Pour eux, elle crée une distorsion de prix et rend leur activité trop cyclique. Certains réclament ainsi un prix minimal de leurs produits, qui fonctionnerait comme le smic. Tout au moins une régulation, qui permettrait de lisser leurs revenus, afin de pouvoir faire face aux périodes de vaches maigres.

Plus que cette régulation, c’est de l’argent qu’espèrent obtenir les agriculteurs français. Le gouvernement français a profité de la hausse de 2007 pour abaisser ses aides et ne les a pas relevées depuis la baisse fulgurante des prix. Les céréaliers ne s’y retrouvent pas. Ils sont pourtant, même si leur situation se fragilise, les premiers bénéficiaires des subventions de l’Union européenne.

Un modèle à revoir

Les problèmes de l’agriculture française ne sont pas conjoncturels. Ils ne sont pas survenus avec la crise et, quand l’économie redémarrera, ils seront toujours là. Ils risquent même de devenir de plus en plus profonds.

La compétition avec les autres producteurs européens est presque devenue intenable pour les exploitants nationaux. Les écarts de rémunérations et de temps de travail légaux entre les pays de l’Union et, surtout, au sein même de la zone euro créent les conditions d’une concurrence bancale.

Les exploitants français, pourtant très productifs, ne parviennent pas à tenir les prix que peuvent proposer leurs homologues espagnols et portugais. Ces pays qui opposent la concurrence la plus farouche sont englués dans la crise. Cela ralentit considérablement le fameux rattrapage social qui aurait pu rééquilibrer les forces en présence.

Aux problèmes sans fin du secteur agricole français, il faudra des réponses structurelles. Les observateurs s’accordent pour dire que l’agriculture française doit trouver un autre modèle.

Les producteurs se voient proposer un choix stratégique. D’un côté, les écologistes leur assurent qu’ils doivent s’orienter sur la voie du biologique, afin de conquérir un marché en pleine expansion. De l’autre, les productivistes leur conseillent de prendre le virage des OGM (fortement contesté), qui permettrait de se passer des pesticides, donc réduirait les coûts.

Mais, quelles que soient ces transformations, elles ne se feront pas du jour au lendemain, et, pour l’instant, les agriculteurs survivent à grands coups d’aides et de subventions.

MoneyWeek

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Les 35 heures : une excuse commode, mais inexacte

Les 35 heures sont un bouc émissaire facile pour expliquer la perte de compétitivité des entreprises et la perte d’emploi industriel en France. Mais en regardant de près les chiffres, on s’aperçoit que les causes de la désindustrialisation sont ailleurs.

Dix ans après être devenues la norme légale en matière de durée du travail (1), les 35 heures ne sont manifestement pas digérées par une partie de l’opinion, qui en fait le symbole, voire la cause, du déclin industriel de notre pays. Ainsi, à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’industrie, le 4 mars dernier à Marignane, le chef de l’Etat les a violemment attaquées, avançant qu’elles auraient « détruit l’appareil industriel français ».

Plus récemment, mi-avril, Edouard Carmignac, patron d’une société de gestion d’actifs particulièrement performante, a publié dans plusieurs journaux de la presse nationale une pleine page de publicité dans laquelle il écrivait notamment : « N’est-il pas pour le moins surréaliste que le chef de file de l’opposition en France, ayant largement remporté la dernière consultation, ait été à l’origine de l’instauration des 35 heures ? » Comprenons : les électeurs sont particulièrement débiles de mettre en tête de leurs votes un parti dirigé par celle qui a démoli l’économie française. Qu’en est-il au juste ?

Emploi industriel : la France dans la moyenne européenne

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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Le défi grec : un délai et des obstacles inédits

La Grèce n’est pas le premier Etat à devoir réduire son déficit de 10 points de PIB. D’autres y sont parvenus au cours des quarante dernières années. Mais leur exemple ne suffira pas à rassurer Athènes, qui fait face à un délai et à des obstacles inédits.

En échange du plan de sauvetage sans précédent de 110 milliards d’euros, la Grèce s’engage à suivre une cure intensive d’austérité. Ce plan vise à faire passer le déficit de 13,7% à 3%, et ce, en deux ans… Un programme ambitieux, certains diraient impossible… Pourtant, d’autres pays, comme l’Irlande, la Suède ou la Finlande, ont réussi par le passé à réduire leur déficit.

Ceux qui ont réussi…

Le rapport sur les finances publiques publié par le FMI en novembre 2009, liste les efforts de réajustement budgétaire d’une vingtaine de pays au cours des 30 dernières années (voir le tableau complet ci-dessous).

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Comment l’Allemagne cache son chômage

En France, on célèbre la baisse du chômage allemande. Le journaliste allemand Florian Rötzer décrypte le faux miracle allemand, qui camoufle une restructuration du marché du travail : baisse des contrats de travail à temps plein, augmentation des contrats à temps partiel ou très partiel. Moins de chômeurs officiels, plus de travailleurs pauvres et précaires.

Agence pour l'Emploi

Si on regarde les chiffres de l’agence (fédérale) pour l’emploi (AFE) de plus près, l’image qui se présente à nous est moins réjouissante.

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Les PME ont consenti des sacrifices pendant la crise

Les entrepreneurs français ont personnellement investi 17 milliards d’euros pour sortir de la crise en 2009, selon une étude de l’assureur Hiscox sur les sacrifices consentis par les PME l’an dernier.

Ce calcul est effectué sur la base du nombre de petites et moyennes entreprises de moins de 50 salariés et des résultats de l’étude effectuée par Hiscox en février 2010.

L’assureur a interrogé au total 970 dirigeants de PME en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni sur les moyens qu’ils ont mis en oeuvre pour traverser la crise et leurs anticipations pour l’avenir.

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Sondage – Les Français et l’économie : une nation de schizophrènes ?

Un sondage TNS-Sofres a été réalisé fin octobre pour essayer de décrypter le complexe rapport des Français à l’économie et à l’entreprise. Le résultat en est troublant.

Il a été demandé si certains mots évoquaient des valeurs positives ou négatives. Certains termes sont sans surprise des valeurs-repoussoir : mondialisation, capitalisme, profit, libéralisme (avec respectivement 73, 72, 56 et 53% d’opinions négatives).

D’autre résultats sont plus surprenants : la nationalisation est majoritairement une valeur négative, tout comme le protectionnisme (52%/48%) ; l’entreprise privée (28% négatif) est mieux vue que l’entreprise publique (33%) et que l’administration (51%). Enfin, les valeurs travail/argent/consommation sont plébiscitées (84%/71%/66% de positif), mais aussi… le temps libre (94% de positif).

On peut dire que ces simples attributions sont bourrées de paradoxes : le libéralisme est majoritairement repoussé, mais les nationalisations aussi (retour du “ni-ni” ?) et, plus surprenant, les Français ont plus confiance dans le privé que le public. Le capitalisme et le profit sont conspués, mais pas l’argent et la consommation. Le travail est une valeur-refuge (une des explications de l’élection de Nicolas Sarkozy ?), mais le temps libre aussi (donc, a priori, pas de remise en cause des 35 heures).

Ces multiples paradoxes montrent que les français sont perdus. Mais, surtout, qu’une dichotomie (voire schizophrénie) croissante s’opère entre l’individu-consommateur qui ne veut pas changer son mode de vie (consommation, protection de l’Etat, pollution) et l’individu-citoyen qui ne veut pas subir les conséquences des actes de l’individu-consommateur (capitalisme effréné, taxes, dégradation de l’environnement). Lire la suite