Bernard Stiegler : les enfants face aux écrans

“Le massacre des innocents: pharmacologie des écrans, analyse de leurs pouvoirs à la fois toxiques et curatifs.”

L’exposition aux écrans, mi-poison mi-médicament, requiert des prescriptions thérapeutiques issues d’études approfondies et de larges débats publics. La démission des décideurs équivaut à abandonner les enfants et leurs parents aux seuls intérêts du marché. Cette complaisance pourrait-elle conduire au pire ?

L’ensemble des 11 vidéos de cette conférence est disponible ici

Gunther Anders : De la désuétude de l’homme

La technique désacralise tout même si elle apparaît souvent comme magique et indispensable. La technique actuelle est très différente des sociétés antérieures. Les moyens dont nous disposons sont disproportionnés par rapport à nos capacités d’humains. Les humains sont vite limités, les machines ne le sont pas. La compréhension des finalités de nos ensembles techniques est très difficile.

La technique englobe tout. Notre vie est enserrée dans la technique, qu’elle soit machinique ou organisationnelle. Dans notre vie, selon Gunther Anders, il existe deux types de travail, celui de la journée et celui du soir ou du week-end, du temps libre. Le premier concerne la production, le second celui de la consommation.

La production des marchandises produit aussi la demande, l’offre sollicite la demande. Il y a une sorte d’inversion avec le développement de la science et de la technique. La publicité est en charge de faire écouler la production pour que se réalise le capital. Il y a bien un travail humain au service de la consommation.

Anders parle de l’importance de la télévision dans ces dispositifs. La télévision a pour fonction de produire le monde. Elle prend le relais des grands systèmes religieux et philosophiques. C’est la télévision qui donne maintenant une vision d’ensemble. La télévision nous rend consommateur du monde. Gunther Anders a observé la société américaine, où l’influence de la télévision était perceptible dès les années 40.
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Économie de l’attention : comment résister à l’accaparement de nos cerveaux par les entreprises ?

Écrans publicitaires dans la rue, à la télévision, sur le smartphone jusqu’à l’intérieur d’un article. Courriels et alertes en tout genre, suggestions des moteurs de recherches, conceptions des rayonnages de supermarchés… Commerciaux et services marketing se livrent une guerre sans merci avec pour territoire à conquérir l’attention que l’on accorde à telle ou telle information : notre temps de cerveau disponible. Face à ces sollicitations de tous les instants, de grands principes pour une écologie de l’attention émergent. Réflexions.

Si vous n’avez jamais été dans une école de commerce, il y a de fortes chances pour que vous n’ayez jamais eu de cours intitulés « Psychologie du consommateur et stratégies de persuasion ». En revanche, si vous avez été à l’Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec), ce type d’enseignements, dispensés aux marketeurs, commerciaux et publicitaires, vous apprend quelles sont les « variables qui influencent [la] perception [du consommateur] ».

Quelle part d’attention accorde le consommateur à un produit en fonction de sa place sur un rayonnage ? Comment concevoir et utiliser le storytelling afin de « capter l’attention du consommateur et créer une connexion émotionnelle avec la marque » ? Comment mettre en place un e-mail marketing « afin d’être bien perçues et ainsi susciter l’attention des internautes » ? Telles sont les questions existentielles abordées dans les grandes écoles et les universités, de HEC à Paris Dauphine, en passant par l’École supérieure de publicité.

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Éteignez votre téléviseur ! (Rediff.)

Avec “Network, main basse sur la télévision”, Sidney Lumet nous offre un film intelligent, réfléchi, sur un sujet qui semble encore plus d’actualité aujourd’hui. De plus, il a façonné des personnages ambigus qui correspondent parfaitement a l’intrigue. Les acteurs sont époustouflants, que ce soit Robert Duvall, Faye Dunaway, William Holden ou Peter Finch. Une brillante réflexion sur la télé!

Howard Beale (Peter Finch), présentateur de la chaîne de télévision UBS News, lâche publiquement ce qu’il pense de la société américaine, des mensonges sur lesquels elle repose… Son premier coup d’éclat à la télévision sera dû à sa déclaration lors du 20 h, annonçant qu’il va bientôt se tirer une balle dans la tête en direct, ce qui ferait sensiblement remonter l’audimat.

Howard Beale va rapidement devenir une sorte de prophète des temps modernes des Américains pour qui la télévision est bien plus réelle que leur propre vie, télévision qui a une emprise énorme sur ses spectateurs. Tout ce qui sort de ce petit écran ne peut être que vrai. Mais Howard Beale va finir par lasser, à commencer par les dirigeants de sa propre chaîne, les vérités qu’il énonce étant pour le moins déprimantes (« vos vies sont inutiles », « vous êtes interchangeables », etc.).

Network est une critique acerbe et cynique sur le pouvoir et le monde de la télévision, sur le commerce qu’elle génère, où tout doit se réduire à des chiffres, à des taux d’audience, au détriment de l’humain. Diana Christensen (Faye Dunaway) incarne ce néocapitalisme sauvage, déshumanisé, elle qui réduit sa propre vie et tout ce qui l’entoure à des synopsis de séries B, formatés pour la télévision.

Comment la publicité resserre son emprise sur nos consciences

Dans l’espace public, à la télévision, sur internet, et maintenant dans nos poches : la publicité est omniprésente. Devenant un art en soi dans le perfectionnement de ses formes, la réclame se nourrit désormais de nos données privées – que nous pensions intimes. Nous avons conscience de l’influence potentielle de la pub, mais nous ne doutons pas de l’ampleur réelle de son emprise sur nos vies.

La publicité ne date pas de la dernière pluie, mais elle est un phénomène particulièrement récent dans l’Histoire. L’émergence du régime capitaliste et la révolution industrielle ont donné une accélération sans précédent à la hausse de la production ; pour créer et soutenir la demande, la publicité est née. Dans les années 1830 apparaissent les premiers encarts commerciaux dans les journaux, tandis que les affiches publicitaires commencent elles aussi à recouvrir les murs des villes. Dès la fin du 19ème siècle, la réclame fait l’objet d’une création artistique à part entière, plusieurs peintres renommés étant appelés à travailler dans ce secteur nouveau. Dès lors, elle a pris une place prépondérante, en particulier dans les supports médiatiques à venir. Le cinéma, qui prend rapidement au début du 20ème siècle un large essor populaire, diffuse dès ses débuts des spots publicitaires avant les films. La radio, apparue en France au cours des années 1920, est immédiatement utilisée pour émettre des séquences pour vanter les mérites de produits sur le marché.

Toujours plus travaillée et efficace, la publicité va progressivement occuper une place centrale dans la vie des Français. Aujourd’hui, son périmètre ne cesse de s’élargir et elle occupe des espaces insoupçonnés. C’est d’autant plus important de l’identifier clairement, qu’elle conditionne en profondeur nos comportements et nos idées.

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Les médias numériques réduisent les capacités intellectuelles des enfants [Archive]

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs. Le directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, a déclenché avec son nouveau best-seller «Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants» et ses thèses pointues des échos violents dans les médias. Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet.

Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

Ce n’est pas une nouvelle connaissance que la consommation fréquente de la télévision par des enfants en bas âge, des jeux vidéo et des jeux violents pendant des heures, de téléphoner sans arrêt et d’envoyer SMS avec le portable, la publication insouciante de sentiments, de pensées et de photos dans des réseaux sociaux peuvent avoir des effets négatifs sur les pensées, le comportement et les contacts sociaux des enfants et adolescents.
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« J’ai choisi la décroissance »

Frédéric a 45 ans, un métier, une compagne, une maison. Une vie normale en soi, à ceci près qu’il a construit sa maison et que cette dernière n’a pas l’eau courante, ni l’électricité. Frédéric est décroissant, un mode de vie qu’il a choisi parce qu’il refuse le monde de la surconsommation et de relations virtuelles. Témoignage.

J’ai 45 ans et j’habite depuis juillet 2013 dans une maison que j’ai construite moi-même. Je n’ai ni l’eau courante, ni l’électricité. Ma démarche s’inscrit dans la décroissance, ou la “sobriété heureuse“, comme dirait Pierre Rabhi.

Contrairement aux idées reçues, la décroissance n’est pas un concept de bobos ou de hippies. J’ai un métier, je suis bénévole en soins palliatifs et par ailleurs marathonien. Cette décroissance, pour moi, est une manière de vivre simplement. Une façon de privilégier l’être au paraître, les contacts humains aux contacts virtuels et le partage avant tout.

Je n’ai donc pas de télé, pas de frigo, pas d’ordinateur, pas de lave-linge ni de lave-vaisselle. Je me passe très bien de la télé. Le temps que je ne perds pas à la regarder me permet de m’investir dans d’autres activités. Je la trouve abrutissante, débilitante.
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États-Unis : Les séries TV diffusées en accéléré pour rajouter de la publicité

Aux États-Unis, les chaînes de télévision ont trouvé une nouvelle astuce pour allonger encore un peu plus les pages de publicité. Ainsi, pour insérer plus de spots publicitaires, il suffit de compresser au maximum la durée des programmes en les accélérant.

L’enjeu est énorme aux États-Unis : la publicité à la télévision rapporte plus de 60 milliards d’euros par an. Certaines chaînes infligent aux spectateurs jusqu’à 22 minutes de pub par heure.

Rabbitland

Les lapins sans cerveau ont de la chance. Il ne peut rien leur arriver, car ils se situent tout en haut de l’échelle de l’évolution. Ils vivent dans les ruines de Rabbitland, une démocratie parfaite.

Chaque jour, ses habitants vont voter. Et chaque jour, ils élisent les mêmes représentants. Après avoir voté, ils rentrent chez eux et regardent les résultats du scrutin à la télévision et sont heureux.

Réalisé par Ana Nedeljkovic et Nikola Majdak (Serbie 2013)

(Merci à BA)

Turkménistan : Bouygues, le bâtisseur du dictateur

Absence totale de liberté et culte caricatural de la personnalité n’ont pas empêché le Turkménistan d’entretenir de bons rapports tant avec les Occidentaux qu’avec les Russes ou les Chinois. Ce pays neutre d’Asie centrale, au sous-sol gorgé de gaz, représente un client de choix pour les entreprises étrangères qui savent ne pas poser trop de questions, à l’instar du champion français du bâtiment.

Vingt et un décembre 2006. Les télévisions d’État annoncent en boucle la mort du président du Turkménistan, Saparmourad Niazov. « Nous sommes tous sous le choc », indique alors à l’Agence France-Presse un haut responsable gouvernemental. Chez Bouygues aussi, c’est la consternation. Il y a de quoi. Implanté depuis 1994 dans cette république gazière d’Asie centrale, le groupe français de construction voit s’éteindre un client fidèle.

Autoproclamé « père des Turkmènes », le Turkmenbachi n’a jamais regardé à la dépense. Potentat mégalomane régnant d’une main de fer sur une population réduite à l’obéissance, Niazov n’a cessé de couvrir la capitale d’édifices de prestige. Un opulent palais présidentiel, des ministères somptueux, une banque centrale en forme de lingot, une maison des journalistes agrémentée de son profil…

Prestataire zélé, Bouygues a tapissé la capitale, Achkhabad, d’un écrin de luxe. Au nom de Niazov ou pour le compte de son successeur, l’actuel président Gourbangouly Berdymoukhammedov, aussi prompt à remplir le carnet de commandes du groupe.
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Histoire du foot-spectacle

La passion du football telle qu’on la connaît aujourd’hui serait-elle une invention récente ? En retraçant l’histoire des supporters et celle de la mise en scène du football, Marion Fontaine montre comment le jeu s’est peu à peu transformé en grand spectacle.

En 1978, la première partie de la finale de la coupe de l’UEFA, qui oppose les clubs de Bastia et Eindhoven, se joue en Corse. Jacques Tati est là pour saisir les images d’un spectacle qui déborde le cadre du stade et envahit l’île (Forza Bastia 78. L’Île en fête). Sa caméra suit les préparatifs des supporteurs, les cris, les pétards et les allers-et-venues alimentant une effervescence qui va crescendo, dans une ville toute bariolée de blanc et bleu, et puis qui s’éteint, une fois le match achevé. Ces séquences, retrouvées et montées par la fille du cinéaste, Sophie Tatischeff, témoignent de la forme contemporaine du spectacle du football, celle qui à nos yeux apparaît comme la norme.

TV Lobotomie – Michel Desmurget [Rediff]

Intervention de l’auteur à Lyon le 8 juin 2011. Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie Michel Desmurget, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau.

Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.


Le Tube : Influence de l’écran sur le cerveau (Rediff.)

Au cours de l’année 2002, le cinéaste américain Peter Entell présente sur les écrans de Suisse Romande un film documentaire intitulé « Le Tube ». Dans son film, Peter Entell s’intéresse aux effets physiologiques et psychiques de la télévision. Il ne s’agit pas d’étudier le contenu, les émissions de télévision, mais bien l’objet, le poste de télévision et son incessant rayonnement d’électrons permettant de créer une image à l’écran.

Ce documentaire nous mène de Genève à Boston en passant par Tokyo, avec pour question principale et récurrente :

« Quels sont les effets du tube cathodique sur le cerveau ? »

(Merci à Antoine)

« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
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Bernard Stiegler : « Infantilisation des adultes, puérilisation des enfants »

L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour…

« Pavillon de la publicité » – Exposition Universelle de Paris, 1937

Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines.

Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital.

Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915).

On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l’analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le passage du salaire à la tâche au salaire à l’heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ».

C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne – que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente.
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“Désintoxication numérique” : faut-il se soigner de l’overdose d’écrans ?

En quelques années, les habitudes des citoyens des pays industrialisés ont radicalement changé. Les écrans ont envahi tous les pans de la vie, et certains de mettre en garde contre le trop plein technologique. Sommes-nous tous des candidats potentiels à une cure de désintoxication aux écrans, concept de plus en plus en vogue outre-Atlantique ?

En Amérique du Nord, ce sont des centres de cures de désintoxication qui ouvrent leurs portes aux “drogués de la technologie” ; en Europe, des hôtels qui offrent de confisquer tous vos appareils dès votre arrivée. Des lieux publics vantés “sans wifi”, des écoles françaises qui établissent “une semaine sans écran” : l’addiction technologique est devenue une vraie problématique.

Travail, vie quotidienne, éducation, loisirs : les écrans sont partout et captent l’attention de tout un chacun, avec leur lot de désagréments de plus en plus reconnus — une fois la période du plaisir de la découverte et de la nouveauté passée. Au point que des chercheurs en neurosciences alertent sur les effets délétères des écrans sur le développement des enfants et sur la vie humaine en général. Pendant que des centres de désintoxication au numérique font le plein de “digital addicts” (“accros au numérique”) aux Etats-Unis.

Des études inquiétantes à propos des enfants
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La dépendance au smartphone, un mal croissant chez les jeunes

Êtes-vous facilement distrait par votre smartphone ? Difficile de vous en séparer? Êtes-vous constamment en train de le consulter sans raison particulière ? Il y a des risques que vous soyez accro et même que vous ayez besoin de l’aide d’un psychologue.

A Singapour, comme dans un nombre grandissant de pays, des psychiatres militent pour que l’addiction aux smartphones soit reconnue comme un trouble psychologique. Avec la Corée du Sud, la Chine et Taïwan, la cité-État est l’un des pays d’Asie les plus concernés par ce phénomène.

Singapour et Hong Kong détiennent le record régional du plus grand nombre d’utilisateurs de smartphones par habitant, selon un rapport publié l’an dernier par le cabinet d’étude Nielsen. 87% des 5,4 millions de Singapouriens sont ainsi munis d’un téléphone multifonctions, contre 65% aux États-Unis. Ils passent en moyenne 38 minutes par session sur Facebook, soit presque deux fois plus que les Américains, selon la société Experian.
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Démission en direct sur Russia Today : Épisode de la guerre médiatique contre la Russie ?

Ces dernières semaines, alors que la bataille médiatique fait rage autour de la bataille pour l’Ukraine, le Mainstream médiatique s’est félicité de l’auto licenciement en direct d’une jeune employée de la chaîne étatique russe Russia Today.

Ce geste fut présenté de façon quasi-héroïque par le Mainstream francais. L’acte fut interprété comme le signe d’une résistance (!) contre le pouvoir russe au cœur de son dispositif et les médias présentèrent la jeune et jolie journaliste comme la « femme de la semaine » ou encore celle qui « défia Poutine » (!).

Pour certains journaux alors que la « propagande du régime fonctionnait a plein régime, des voix dissidentes se faisaient entendre », pendant que certains journaux titraient que la journaliste avait démissionné pour protester contre « la politique russe en Ukraine » ou encore car elle était « en colère » et « outrée » par Vladimir Poutine. Des médias français n’hésitèrent pas eux à même parler d’une réelle « fronde » au sein de la chaîne d’État.

La jeune femme, qui travaillait depuis 2 ans et demi à Russia Today, a expliqué qu’elle ne « pouvait plus travailler pour une chaîne financée par le gouvernement russe et qui absout les actions du (président russe Vladimir) Poutine (…) Mais aussi qu’elle était fière d’être Américaine et croyait a la diffusion de la réalité ».

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Happiness, une vie meilleure (Docu)

En 1999, le roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuk annonce à ses sujets sa décision d’autoriser l’arrivée de la télévision et d’Internet dans le petit pays himalayen. Plus de dix ans après, Laya, un village situé à 4000 mètres d’altitude et à deux jours de marche de la route la plus proche, attend son raccordement imminent à l’électricité. Avec elle, Piyangke le sait, arrivera aussi la télévision.

A 8 ans, ce petit garçon vif et rêveur n’a jamais quitté Laya. Mais faute de pouvoir subvenir à ses besoins, sa mère vient de le confier au monastère du village, où il ne goûte guère la discipline de fer et la solitude. «Croyez-vous que la télévision va vous apporter le bonheur ?», interroge le lama. «Oui !», répondent avec ferveur les moinillons.

Réalisé par Thomas Balmès (2013)

Une télé dans le biberon

Les télévisions pour les tous petits – de 6 mois à 2 ans – attirent chaque année de nouveaux parents, convaincus de leurs bénéfices éducatifs.

En regardant de près la façon dont les programmes se fabriquent et justifient leur intérêt, en suivant en France et aux États-Unis les recherches menées concernant les effets sur les très jeunes enfants, le film décrypte les enjeux scientifiques et sociaux de ce nouveau créneau médiatique.

Réalisé par Anne Georget (2010)


Revoir sur ce sujet :

Télévision : La machine à abrutir ne connaît pas la crise

Nous vivons à une époque de stupidité programmée où les nouvelles idoles, résonances de la vacuité, s’appellent Steve Jobs, Paris Hilton, Cristiano Ronaldo, Lady Gaga. Servie par une machinerie implacable, l’inculture de masse régie par l’interdit de penser hypnotise la jeunesse mondiale. Aucune contre-éducation formelle ne peut faire face à ce torrent d’images et de sons cumulatifs qui domine le quotidien de chacun. Sport, télévision, publicité sont devenus les piliers de la manipulation des consciences.

Le soubassement premier de l’hégémonie capitaliste n’est plus fondé sur la coercition mais bien plutôt sur la séduction et la servitude volontaire. Depuis longtemps, l’industrie du spectacle est « le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu ». Elle est le nouvel opium du peuple pour reprendre les mots fameux de Marx relatifs à la religion. Par son caractère distrayant, l’industrie culturelle est un redoutable régulateur social, à la fois manifestation de l’ineptie existentielle et consolation sédative.

Le sport-spectacle mobilise plus que jamais des capitaux invraisemblables et enrégimente des foules magnétisés à leur écran, distraites de leur misérable réalité sociale. Rien de plus chronophage que ces messes sportives qui colonisent l’espace public et canalisent les énergies des masses. Avides de pouvoir, des entreprises multinationales voire même des États (Dubaï, Qatar) spéculent sans compter sur ce processus rampant d’abrutissement.

« Contenu idéologique dominant, souvent exclusif même, des grands médias, des commentaires politiques, des ragots journalistiques, des conversations quotidiennes, le spectacle sportif apparaît comme une propagande ininterrompue pour la brutalité, l’abrutissement, la vulgarité, la régression intellectuelle » nous fait remarquer le sociologue français Jean-Marie Brohm.
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Technique : Tutoriel de capture pour la TNT

Note de la Rédaction de Fortune : Nous encourageons tous les lecteurs à utiliser le type de matériel décrit dans ce tutoriel, afin de capturer les émissions intéressantes qui échappent à notre vigilance.

Le but de ce tuto est moins de montrer la technique que de présenter l’aspect inédit de ce logiciel très léger :

- L’enregistrement préventif programmé de programme TV ciblé

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Marius à Marseille enregistre tous les jours son JT France 3 Provence Cote d’Azur ainsi la locale de Marseille.
Paul à Orléans enregistre tous les jours son JT France 3 Centre.
Olivier fait pareil à Lille et Damien à Lyon…
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Conférence de Michel Desmurget : Les effets de la télévision (Rediff – Mai 2012)

Pour Michel Desmurget, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.

Bernard Stiegler : “Télécratie et captation du désir”

Bernard Stiegler est un penseur original et ses opinions politiques personnelles sont parfois un peu déroutantes. Il a pour but de montrer comment et pourquoi la relation politique elle-même est devenue un marché parce que l’appareil télécratique a « développé un populisme industriel qui engendre, à droite comme à gauche, une politique pulsionnelle qui a détruit le désir. »

En Europe, entre un tiers et deux tiers des enfants ont désormais la télévision dans leur chambre (les trois-quarts dans les milieux défavorisés en Angleterre). Aux États-Unis, dès l’âge de trois mois, 40% des bébés regardent régulièrement la télévision.

Les consommateurs de la télécratie sont ainsi, et se sentent, irrémédiablement tirés vers le bas, ce qui provoque une réelle souffrance. Ils souffrent d’être seuls devant leur télé, tout en ayant le sentiment d’appartenir à une « foule artificielle d’où surgissent des processus d’identification régressive. »

En 2004, Patrick Le Lay, ancien directeur de TF1 expliquait que le populisme industriel était devenu la loi de notre époque, les citoyens s’étant effacés devant « le temps de cerveau disponible ».
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Connaissez-vous Vance Packard ?

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a  finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.

En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.

Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.

Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2)  que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique. Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :

Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).

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Musique : Cassez vos télévisions !

Paroles de la chanson du groupe Île de France

La gueule de l’ennemi sur vos écrans est un cauchemar quotidien
Chacun est à son poste sur le canapé
Spectateur d’une minorité qui devient difficile à supporter !
Journalistes, artistes et politiciens
Se relaient à l’antenne et vous donnent la haine.
Journalistes, artistes et politiciens
Se relaient à l’antenne, c’est un cauchemar quotidien
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Bernard Stiegler : Les écrans et la jeunesse

Bernard Stiegler est philosophe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, fondateur et président de l’association Ars Industrialis, et directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou”.

Récemment, dans un article qui n’hésitait pas à affirmer que « la télévision tue », le journal Le Monde se référait à une étude menée par Zimmermann et Christakis, pédiatres de l’université de Washington, qui a établi un lien direct entre consommation précoce d’images animées et déficit attentionnel, mettant en évidence que la synaptogenèse des cerveaux infantiles était modifiée par le rapport aux images animées.

Le Temps de Cerveau Disponible (Rediff.)

Cruauté, violences psychologiques et sexuelles, humiliations : la téléréalité semble devenue folle. Son arrivée au début des années 2000 ouvrait une nouvelle ère dans l’histoire de l’audiovisuel.

Cinquante ans d’archives retracent l’évolution du divertissement : comment la mise en scène de l’intime, dans les années 80, a ouvert un nouveau champ, comment la privatisation des plus grandes chaînes a modifié le rapport au téléspectateur.

A l’aide de spécialistes, dont le philosophe Bernard Stiegler, ce documentaire démontre comment l’émotion a fait place à l’exacerbation des pulsions les plus destructrices.

(Diffusé sur France2 en 2010)

La mort à la télé donne envie d’acheter

Cela s’appelle la théorie du management de la terreur (TMT). Et cela dit, pour schématiser, que l’homme moderne, qui n’a plus autant que par le passé à se battre pour sa survie au jour le jour, passe beaucoup de temps à raffiner les constructions symboliques (culture, estime de soi) qui servent de paravents à sa peur de mourir. Comme une version sophistiquée de l’instinct de préservation qui ne l’a jamais quitté. Plus de deux cents études expérimentales ont, au cours de ces quinze dernières années, confirmé différents aspects de cette théorie. Notamment le fait qu’à toute manifestation de la mort, chacun combat cette angoisse primordiale en renforçant les comportements valorisés par sa culture. Or, dans notre culture occidentale, la possession de biens matériels constitue un élément fondamental du système de valeurs. La conclusion logique consiste à prédire qu’une plus grande présence de la Camarde renforcera les comportements de consommation.

Je dépense donc je suis. Pour tester cette hypothèse, le chercheur israélien Ilan Dar-Nimrod (université de Rochester, Etats-Unis) s’est focalisé sur le lieu où mort et incitation à la consommation se concentrent le plus : la télévision. Les Américains en consomment en moyenne plus de 5 heures par jour tandis que les Français se contentent (si l’on peut dire) de 3 heures et 47 minutes.

Pour estimer l’impact de la mort “vue à la télé” sur l’efficacité des réclames  et l’envie d’acheter, Ilan Dar-Nimrod a mené la petite expérience suivante avec une centaine de cobayes canadiens. Comme il l’explique dans l’étude qu’il a publiée dans le numéro daté mars-avril du Journal of Social Psychology, les participants à l’expérience ont d’abord regardé une vidéo de 10 minutes extraite de la série A la Maison blanche, ne contenant aucune allusion à la mort, suivie de la diffusion de quatre spots publicitaires (pour une voiture allemande, une voiture sud-coréenne, un fast-food et des jeans). Ensuite, ils ont visionné un extrait de la série Six Feet Under, au cours duquel un bébé succombait au syndrome de la mort subite du nourrisson, suivi là encore de quatre réclames (pour une autre marque de voitures allemandes, une autre auto sud-coréenne, une autre chaîne de restauration rapide et d’autres jeans). Au terme de chacune de ces deux parties, les personnes commençaient par mettre une note à l’extrait regardé. Puis elles évaluaient l’attractivité des produits présentés dans les publicités et leur désir de les acquérir. Ceux visionnés après l’extrait de Six Feet Under ont été jugés plus attractifs que les autres. Un indice favorable à la théorie de la TMT.

Consommer en réaction à la mort, pour montrer qu’on est bien vivant. Avoir pour être, en quelque sorte. Si d’autres études confirment les résultats d’Ilan Dar-Nimrod, il est permis d’imaginer que de grandes marques auront l’idée de financer la production de nouveaux feuilletons remplis de tueurs en série tous plus performants les uns que les autres… Il n’y a pas loin de la théorie du management de la terreur au marketing par la mort.

Le Monde

Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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Le pentecôtisme, bras armé de l’impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?

Le pentecôtisme, courant de l’évangélisme issu des États-Unis et connu pour ses manifestations liturgiques de masse très démonstratives, mais également ses méthodes fortement matérialistes, connaît un fort développement en Afrique Noire, comme dans le reste du monde.

Associé à l’image de Simone Gbagbo ou à une certaine extrême droite américaine (proche de l’ancien président George W. Bush), il est souvent vu comme un instrument de l’impérialisme US, chargé de propager à coup de prosélytisme leurs valeurs et leur vision du monde. Cependant, sur le terrain, le pentecôtisme africain obéit à des dynamiques un peu plus complexes que cette vue manichéenne ne pourrait le laisser penser.

Une implantation centenaire

Le pentecôtisme naît au début du XXème siècle aux États-Unis (en 1901 dans une église blanche du Kansas et en 1906 dans une église noire de Los Angeles) et au Royaume-Uni, d’une dissidence au sein d’églises réformées. Son dogme est fondé sur une interprétation littérale de la Bible, mais ce qui le différencie des autres mouvements protestants est l’importance accordée au « baptême par le Saint-Esprit », manifesté par les charismes (ou dons de Dieu aux croyants) et le lien direct et intime entre Dieu et le croyant.

Très vite, des missionnaires pentecôtistes arrivent en Afrique anglophone, par le biais de la colonisation britannique, notamment en Afrique du Sud, au Liberia et au Burkina Faso. Ceci est facilité par la création, dès 1914, des Assemblées de Dieu, fédération de communautés pentecôtistes américaines, disposant d’une puissante branche missionnaire qui fait de l’Afrique de l’Ouest son terrain privilégié d’évangélisation. Des Assemblées équivalentes apparaissent en Europe de l’Ouest et du Nord au milieu du XXème et vont envoyer des missions en Afrique Centrale. Ceci va résulter en la création d’églises nationales africaines autonomes, qui elles mêmes vont évangéliser les pays voisins. En parallèle, vont apparaître des églises totalement indépendantes et de taille très variable, comptant parfois quelques fidèles autour d’un pasteur.

Après une période d’ « institutionnalisation », un renouveau pentecôtiste est perceptible dès les années 1970, suivant celui observé en Amérique du Sud, d’abord marqué au sein des pays anglophones (Nigeria, Ghana) puis francophones (les deux Congo). Enfin, plus récemment, et avec moins de succès, le pentecôtisme tente de pénétrer les pays musulmans comme le Sénégal et le Maghreb.

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Les non-dits de la crise économique et financière

La critique des banquiers et des spéculateurs est juste. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la crise économique et financière.

La réalité est la suivante :

Les consommateurs et les rentiers contre les producteurs

Nous assistons à l’agonie d’un système qui s’est imposé depuis trente ans. Un système favorable aux consommateurs, aux assistés et aux rentiers, mais profondément pénalisant pour les producteurs et les forces vives des pays développés.

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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Coluche dénonce les mensonges des médias

Cette courte vidéo édifiante est un extrait d’une émission de la chaîne nationale française “Antenne 2” (aujourd’hui rebaptisée “France2“) où l’humoriste français Coluche explique et démontre que les médias véhiculent des mensonges, et ne sont plus un outil objectif disant la vérité aux citoyens.

En France, la majorité des médias de la presse écrite sont sous la coupe de 4 grands groupes : Lagardère, Dassault, Bouygues, et Rothschild.

Pour ce qui est de la radio et télévision française, la situation est identique puisque au final, 4 entreprises différentes seulement se partagent le gâteau des principales antennes.

Dans ces conditions où est l’indépendance des médias ? Où est le 4ème pouvoir ?

Enfin, notez-le bien, aucun des commentateurs de l’émission ne réagit à la démonstration éclatante de Coluche …

La condition humaine sous les ondes électromagnétiques artificielles

De plus en plus de personnes ressentent l’agression physique que constitue la présence d’ondes électromagnétiques artificielles dans l’air de notre vie de tous les jours, ondes qui sont nécessaires au fonctionnement des nouvelles technologies sans fil lancées sur le marché.

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Les personnes souffrant de ces nouvelles ondes sont très souvent totalement démunies pour expliquer la situation sanitaire, technologique et sociale à autrui, ainsi que leur situation personnelle qui en découle. Clairement, les implications de l’évolution sociétale à laquelle nous faisons face sont tellement énormes et ahurissantes, qu’il est bien difficile de les expliquer précisément et parfois d’y croire.

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Hollywood et la crise économique

Contrairement à ce qui se passait lors des crises précédentes, la récession économique semble cette fois atteindre Hollywood. Licenciements en masse, réduction des budgets et des productions, spectre d’une grève des acteurs… Rien ne va plus sur la colline dorée du 7ème art.

Longtemps, Hollywood s’est cru à l’abri des aléas économiques qui secouent régulièrement le pays : même pauvre, l’Américain moyen a besoin de rêver, et Hollywood n’est pas «l’usine à rêves» pour rien.

Après le krach boursier de 1929, le box-office a augmenté de 58,2 %. À la suite des attentats de 2001, il a fait un bond de 8,6 %.

Mais aujourd’hui, Hollywood fait face à un vrai malaise qui, derrière la surface glamour, commence à faire mal. Certes, des hôtels luxueux continuent de voir le jour à Beverly Hills (une suite dans le récent Montage coûte 7 500 dollars la nuit) et les stars ont toujours des salaires mirobolants. Jim Gianopoulos, patron de la Fox, le disait mieux que quiconque : «Le système n’est pas tellement bénéficiaire pour les compagnies, mais il l’est pour les individus.»

D’ailleurs, le box-office américain de 2008 n’est-il pas, avec plus de 9,6 milliards de dollars de revenus, une preuve de bonne santé ? Ah, mais c’est là que le bât blesse : ce chiffre est dû à l’augmentation du prix du billet et non au nombre de billets vendus, qui, lui, est fortement décroissant.

Selon un sondage, 32 % des Américains veulent réduire leurs dépenses cinéma en ces temps difficiles. La vente des DVD (énorme source de revenus) a enregistré une baisse de 9 %, et cela avant même que la crise n’atteigne des proportions effrayantes. Rien ne va plus à La-La-Land.
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