Société générale : La banque fermera 20% de ses agences d’ici à 2020

Le plan est “drastique”, selon les syndicats. La Société générale envisage de fermer 400 agences d’ici à 2020, soit quasiment 20% de son réseau.

L’information a été confirmée par plusieurs sources syndicales à l’AFP, mais “officiellement, la décision n’est pas prise”. La banque se refuse à “confirmer des chiffres précis de fermetures d’agences à ce stade” : il faudra attendre la fin de l’année pour qu’elle dévoile son dispositif d’agences à l’horizon 2020.

Environ 40 fermetures sont prévues en 2015. “Nous avons déjà commencé progressivement à optimiser le maillage de notre réseau d’agences avec quelques dizaines de fermetures d’agences par an, explique le groupe. La poursuite de la concentration du maillage est prévue essentiellement en milieu urbain et avec une taille moyenne d’agence qui sera plus grande.”

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Travailler moins pour gagner plus…

… Ou l’impensé inouï du salaire.

Cette conférence évoque le potentiel d’action collective que recèle de « droit du travail » : processus d’avancée historique continue de la propriété collective des travailleurs contre la propriété lucrative du capital, symbolisé dans la protection sociale, que l’on veut nous faire passer pour des « charges » !!!

Le salaire n’est pas le « prix » d’un travail (version de droite) , mais un « barème » imposé par la lutte, (version de gauche) c’est à dire un rapport de forces par lequel nous obligeons un propriétaire à payer aussi du travail libre à d’autres que nous (retraites, chômage, maladie…et bientôt pourquoi pas la jeunesse? via un salaire universel qui nous délivrerait du marché de l’emploi subordonné) ?

L’enjeu des retraites n’est pas financier (il n’y a aucun problème de financement des retraites) mais idéologique car ce sont les retraites qui sont en train de rendre visible que le salaire peut payer aussi du temps libre sans aucun danger pour l’économie. Il s’agit donc pour le capital de détruire toutes les formes de protection sociale issues de 1945 (sécurité sociale, retraite, conventions collectives, etc.).

Pour y résister il faut des syndicats, c’est à dire d’abord et avant tout des syndiqués ! Réinventer le syndicalisme est le seul moyen. L’atelier se propose de faire le point avec les participants sur leur rapport personnel au syndicalisme, et des moyens de réinventer un syndicalisme efficace et attirant, qui s’emparerait des méthodes joyeusement militantes de l’éducation populaire.

CGT, la couleur de l’argent

L’argent des syndicats reste une question taboue en France. Pour autant, certaines affaires comme celle du comité d’entreprise de Disney, d’Air France, de la SNCF ou encoure de la RATP ont mis au jour le manque de contrôles ou des procédés complexes voire illicites de financement.

La Cour des Comptes a notamment signalé des anomalies de facturation des garden party organisées par le CE de la RATP entre 2007 et 2010. La journaliste Lamia Belhacène a enquêté sur les finances de la CGT, le syndicat numéro un dans l’Hexagone.

Spécial investigation (C+ 01/06/2015)

Consommer à crédit en France et aux États-Unis

Comparant France et États-Unis, Gunnar Trumbull montre que le développement du marché du crédit à la consommation s’explique par des coalitions d’intérêts différentes qui ont influencé les politiques du crédit de manières opposées.

Ces dernières années, les travaux sur le crédit et l’endettement des ménages ont le vent en poupe notamment depuis la crise des subprimes qui a déclenché la crise financière en 2007-2008. Bien que le cas américain soit plus largement analysé dans la littérature, l’intérêt des chercheurs porte aussi sur d’autres pays d’Europe et d’Asie confrontés au problème du surendettement.

En effet, au cours du XXe siècle le crédit a de moins en moins fait l’objet de désapprobation morale dans les pays industrialisés occidentaux, et depuis les années 1970, des changements institutionnels majeurs ont transformé le cadre légal du surendettement pour faciliter les procédures de faillite personnelle.

Pourtant, en France il a fallu plus d’une décennie pour que les législateurs s’accordent, en 2003, sur les procédures de faillite personnelle qui autorisent l’annulation de la dette et donnent droit à un nouveau départ, comme le stipule la loi américaine depuis 1978. Cette différence de réglementation ne s’explique pas forcément par l’écart du nombre de ménages endettés. Pour comprendre cette différence, il importe de revenir sur le rôle que joue le crédit dans le système économique et dans le modèle de société des deux pays.
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L’affaire Coca-Cola (Docu)

Les réalisateurs German Gutiérrez et Carmen Garcia dressent un réquisitoire accablant contre l’empire Coca-Cola, soupçonné dêtre impliqué dans l’enlèvement, la torture et le meurtre de chefs syndicaux qui luttaient pour l’amélioration des conditions de travail en Colombie, au Guatemala et en Turquie.

Les cinéastes suivent les avocats en droit du travail Daniel Kovalik et Terry Collingsworth, ainsi que le militant Ray Rogers, directeur de la campagne Stop Killer-Coke!, alors qu’ils mettent tout en œuvre pour obliger le géant américain de l’industrie des boissons à répondre de ses actes dans cette bataille juridique pour les droits de la personne.

Réalisé par German Gutiérrez et Carmen Garcia (2009)

L’Union européenne contre nos salaires

Par Roberto Fiorini

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

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Europe : L’austérité aurait détruit 10 millions d’emplois

L’Institut des Syndicats Européens (ETUI) a publié une étude sur l’emploi en Europe. Les mesures d’austérité y sont décriées: près de 10 millions d’emplois à temps plein auraient été détruits. Le taux d’emploi serait passé de 65,8% en 2008 à 64,1% en 2013. Mais dans son livre publié fin avril, Herman Van Rompuy, le Président du Conseil européen, y défend les mesures, prises pour sauver l’emploi.

A l’approche des élections européennes, l’étude de l’Institut des Syndicats Européens (ETUI) n’est pas anodine. Teintée d’une note négative, celle-ci estime que l’Europe est à mi-chemin vers une décennie perdue et appelle au changement. Les résultats de l’étude indiquent que le taux de chômage européen, très élevé, met à mal la stratégie « Europe 2020″, lancée en 2010, et qui avait comme objectif de renouer avec une croissance durable et intelligente.

Dans son infographie vidéo, L’ETUI affirme que « les mesures d’austérité n’ont pas permis d’obtenir les résultats escomptés. Elles ont au contraire prolongé la récession au lieu de booster la croissance économique. (…) Avec la crise, les mesures politiques n’ont pas réussi à empêcher les destructions d’emploi. Plus de 9,9 millions d’emplois ont été détruits. »

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Pesticides: 68% des français estiment que l’Etat n’en fait pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité

Alors que la FNSEA organise ce jour des états généraux de l’agriculture afin de faire pression sur l’Etat pour affaiblir ce que le syndicat nomme « la lourdeur de la réglementation », un sondage IFOP effectué pour le compte d’Agir pour l’Environnement et Générations Futures relève que pour 68% des français, l’Etat n’en fait pas assez en matière de réglementation écologique pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité.

A la question : « Diriez-vous qu’en matière de réglementation écologique régissant notamment l’utilisation de pesticides ou la gestion des élevages industriels, l’État en fait trop, suffisamment ou pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité ? », seuls 5% des sondés répondent « trop », 20% « suffisamment » et 68% « pas assez ».

Ce sondage démontre de façon éclatante que les demandes de déréglementation du syndicat majoritaire ne rencontrent pas l’adhésion des Français. Ces derniers attendent au contraire une réglementation protectrice notamment en matière de pesticides et de gestion des élevages industriels.
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Musique : La chanson du revenu de base

Sur l’air de la mauvaise réputation (Georges Brassens), voici une modeste contribution artistico-clownesque au service de l’émancipation humaine. Paroles de la chanson du groupeRevenudeBaseFR.

Dans cette société sans emploi
Pas de revenu à la fin du mois
Au chômage ou au RSA
On nous parle d’assistanat

Il n’y a pourtant plus d’emploi pour tout le monde
Faudrait un revenu pour rester dans la ronde

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Employés de la grande distribution : “Pourquoi ne se révoltent-ils pas ?”

Des lignes de caisses d’un hypermarché au siège social d’une entreprise française de grande distribution, la sociologue Marlène Benquet a enquêté durant trois ans. Pour analyser les réalités du monde du travail et les relater dans son ouvrage: “Encaisser! Enquête en immersion dans la grande distribution“, La découverte, 2013.

: Pourquoi avoir décidé de travailler sur le secteur de la grande distribution ?

Marlène Benquet – Dans mes recherches, j’ai toujours souhaité analyser les transformations du travail et du capitalisme. J’ai donc cherché un secteur qui soit révélateur des transformations contemporaines de l’économie.

J’ai choisi le secteur tertiaire puis, au sein de celui-ci, la grande distribution car elle est très représentative des trois grandes évolutions de l’économie depuis la fin des années 70. A savoir un mouvement de féminisation – de plus en plus de femmes travaillent -, un de précarisation – la norme du CDI s’est raréfiée – et un autre de tertiarisation – on travaille de plus en plus dans le tertiaire et de moins en moins dans le secondaire.

Enfin, c’est un secteur où la question de la participation des salariés se pose avec d’autant plus d’acuité qu’il est, par définition, impossible de délocaliser l’activité. C’est un secteur qui est très consommateur de main-d’œuvre. La grande distribution représente plus de 600.000 salariés et Carrefour demeure le premier employeur privé en France.

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Le Parti Socialiste fera baisser les salaires à la rentrée

Par Roberto Fiorini

Que ce soit en Belgique ou en France, pour ne citer que ces deux pays, le PS qui y est à la barre, œuvre pour faire baisser les salaires. Di Rupo ou Hollande trahissent ainsi ceux qui les ont élus en se fiant à la bannière socialiste. Désormais ceux-là sont au service de l’Europe libérale.

On exige partout des sacrifices, mais pourtant deux économistes du FMI ont admis s’être trompé dans leur évaluation des conséquences de la rigueur (une erreur de coefficient multiplicateur).

Résultat de cette erreur, pour chaque euro soi-disant économisé sur le budget de la nation, ce sont deux ou trois euros d’impacts négatifs sur le PIB, selon le pays et le multiplicateur utilisé. Les conséquences négatives sont connues, calculables désormais, et pourtant aucune inflexion n‘arrive? Pourquoi?

Peut-être que richesse ne doit pas aller dans les mauvaises poches ? Touche pas au Grisbi qu’ils disaient !

Les salaires ne doivent plus suivre l’inflation, d’après Merkel et Bruxelles
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Ces lobbys qui nous pourrissent la vie

Roger Lenglet dénonce dans son dernier livre « 24 heures sous influences – Comment on nous tue jour après jour », la manière dont les groupes de pression influencent les moindres parcelles de nos existences…

«En refermant ce bouquin, soit on s’exile sur une île déserte, soit on se tire une balle…», confie un membre de la maison d’édition.

Philosophe, Roger Lenglet a passé plus de trente ans à enquêter sur les lobbys. Il raconte comment ces groupes de pression ont infiltré les moindres parcelles de nos vies, non sans danger. Morceaux choisis.

Pas de grève au travail
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Offensive générale du système

La radio Méridien Zéro recevait ce vendredi 12 avril 2013 Adrien Abauzit, auteur de Né en 1984, Roberto Fiorini Secrétaire Général de Terre & Peuple et Eugène Krampon rédacteur en chef de Réfléchir & Agir pour parler de la grande offensive que mène le Système et ce dans une relative indifférence médiatique et populaire. Sont évoqués en profondeur le futur marché transatlantique, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) actuellement discuté au parlement, la dépression des retraites, l’affaiblissement des aides sociales ….

Retraites : Les pensions complémentaires ne seront plus alignées sur l’inflation

Pour combler le passif des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés), le Medef a proposé ce 14 février aux syndicats de désindexer les pensions de l’inflation durant cinq ans. Dès le 1er avril, la valeur des points Agirc et Arrco, ainsi que les salaires de référence, évolueraient en fonction de l’inflation annuelle, moins un point. Et ce, jusqu’en 2017.

La désindexation des pensions est acquise! L’heure des décisions drastiques a sonné pour le patronat et les syndicats gestionnaires des régimes de retraites complémentaires du privé Arrco (tous les salariés) et Agirc (cadres) qui se retrouvaient pour une avant-dernière séance (l’ultime aura lieu le 7 mars) de négociation «pour sauver» ces régimes dont la situation financière est en grande difficulté.

Le calcul des pensions de réversion va aussi être revu. Et le taux d’appel des cotisations (qui ne donnent pas droits à des gains supplémentaires) pourrait passer progressivement de 125% à 130%.

Et le temps presse pour les 11 millions de retraités concernés qui se demandent à quelle hauteur seront revalorisées leurs pensions le 1er avril prochain. De fait, si rien n’est fait, le déficit Agirc-Arrco dépassera les 10 milliards d’euros en 2017 et les réserves financières seront épuisées dès 2017 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco.
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Chine : Revendications ouvrières pour un salaire juste

L’usine Honda Nanhai, dans la province du Guangdong, a connu en 2012 une importante grève qui a par la suite servi de modèle à d’autres. L’analyse de l’évolution des grèves du début des années 2000 à aujourd’hui en Chine révèle un changement fondamental : le passage de la conscience de la loi à la conscience des droits.

L’image de la Chine comme atelier du monde est étroitement associée à une armée de réserve constituée de travailleurs d’origine rurale représentant une main d’œuvre illimitée, bon marché et inorganisée, ainsi qu’à une organisation du travail qualifiée de « despotique » par certains chercheurs, orchestrée derrière les barreaux d’usines dortoirs . Si cet ordre despotique a cependant toujours été contesté par les travailleurs migrants , l’ampleur, les formes, les moyens et les arguments de cette contestation ont quant à eux beaucoup évolué depuis une quinzaine d’années.

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France : Les esclaves du BTP…

2013 est annoncée comme l’année noire du BTP, la plus sombre depuis l’après-guerre. Chaque mois le secteur du bâtiment compte plus de 8.000 chômeurs supplémentaires.

Certaines entreprises du secteur se lancent dans une concurrence sauvage et pour remporter les marchés, elles  baissent leur prix de 20 à 30 %. Comment y parviennent-elles ? Principalement en important de la main d’oeuvre à bas prix d’Europe de l’Est, du  Portugal ou d’Espagne.

Qui sont ces “entreprises prédatrices” ? Qui les contrôle ? Comment syndicats et patronats s’organisent-ils pour lutter contre cette concurrence déloyale ? Enquête sur cette crise du bâtiment, nouvelle fabrique à forçats made in Europe !

F2, envoyé spécial, 17 janvier 2013

Immigration-catastrophe : Merci patrons !

Par Michel Geoffroy

… Merci les partis « républicains » ! Merci les élites africaines !

(Chanson des “Charlots” datant de 1971, époque à laquelle les Français de Souche trouvaient encore du travail chez eux…)

Merci les patrons !

Merci au patronat français qui, avec une belle constance, a fait pression sur les gouvernements successifs de la Ve République pour faire ouvrir toutes grandes les portes de l’immigration de travail puis de peuplement, sans jamais en supporter les conséquences collatérales !

Merci en particulier à tous les dirigeants de l’industrie automobile française qui ont organisé dans les années 1960 des caravanes de promotion dans les pays du Maghreb, pour recruter à bas prix une main-d’œuvre destinée à concurrencer les salariés français ainsi que leurs syndicats et à éviter aussi aux entreprises d’investir dans l’innovation.

Merci à tous les patrons qui préfèrent employer des immigrés, en situation régulière ou non, en particulier dans les métiers de la restauration, du nettoyage, du gardiennage ou dans les services à la personne et les travaux publics.

Merci au MEDEF de promouvoir la « diversité » dans les entreprises et d’expliquer que notre économie a toujours plus besoin d’immigrés.
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Chine : Le Parti communiste aux prises avec le mécontentement social

Si, à quelques semaines du congrès du Parti communiste, on connaît les numéros un et deux de la future direction du pays, on ignore tout de leur programme. Les Chinois aussi. On devine seulement que les questions de la réforme politique et du rôle de l’Etat donnent lieu à de puissants débats internes. (…)

Dans le domaine des rapports sociaux, l’affrontement idéologique a été marqué par l’opposition entre ce que l’on appelle le « modèle de Chongqing », à la fois étatique, social et autoritaire, hier symbolisé par M. Bo, et le « modèle du Guangdong », libéral économiquement et ouvert politiquement, incarné par le dirigeant de Canton, M. Wang Yang. Tous deux tentent de répondre à une interrogation qui traverse tout le Parti communiste chinois (PCC) : comment faire face au mécontentement croissant de la population ? Cent quatre-vingt mille « incidents de masse » officiellement recensés en 2011, soit deux fois et demie plus qu’en 2008… Le budget de la sécurité s’est hissé au niveau des dépenses militaires, comme si l’« ennemi intérieur » était jugé aussi menaçant que celui de l’extérieur. Mais la répression a ses limites

Désormais, les blogs et certains journaux servent de caisses de résonance : « On peut donner la parole à la population, faire des reportages sur les motifs du mécontentement, à condition de ne pas s’en prendre aux très hauts dirigeants. On a beaucoup plus d’espace qu’avant, témoigne Yan Lieshan, ex-rédacteur en chef de Nanfang Zhoumo, quotidien de Canton réputé pour ses enquêtes sans complaisance. Cela ne veut pas dire que la volonté de contrôle a disparu. » Du reste, le directeur du journal a été limogé, il y a quelques mois, sur ordre du département de la propagande de Pékin. Weibo, le « Twitter chinois », est sous étroite surveillance. Certes les abus de pouvoir, les luttes pour la défense des droits sociaux ou de l’environnement, contre la corruption, occupent une très grande place sur les réseaux sociaux, mais, à tout moment, les autorités locales (ou nationales) peuvent interrompre le flux. C’est le règne de l’arbitraire.

Un syndicat plus si unique

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La trahison des élites syndicales (Rediff.)

La radio Méridien Zéro recevait le 31 octobre 2010 Patrick Gofman (ancien militant de l’extrême gauche trotskyste, journaliste, auteur… ), Argael (chercheur en sciences sociales) et Mr K.

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Petit rappel pour ceux qui auraient des doutes : la CFDT a soutenu le “oui” au référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen. Bernard Thibault, de la CGT, l’a soutenu contre ses bases.

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Une paupérisation qui menace la démocratie

Par Louis Chauvel

Le logement est le lieu d’observation idéal d’un phénomène plus général. Les jeunes seniors aisés habitent les centres-villes, où sont les emplois et les médecins, quand les jeunes actifs doivent se loger toujours plus loin, disposer de plusieurs automobiles (d’occasion), assurances, pleins d’essence, pour trianguler maison, école et travail. Prise dans le ciseau des salaires et du logement, leur capacité à élever leurs enfants est mise en défaut, alors que les associations familiales sont visiblement devenues des organisations d’aïeux.

Il en résulte une multiplication des jeunesses avec la prolongation de la crise : à la première jeunesse aux études (celle qui a un peu manifesté sa solidarité avec les retraités), succède la deuxième, entre l’âge de 23 et 28 ans, dans la transition douloureuse vers l’emploi, la précarité ou le chômage.

Une troisième jeunesse se structure, qui se prolonge souvent bien au-delà de 30 ans, faite du constat que le travail ne permet plus de se loger décemment sans le soutien patrimonial de parents riches et généreux (ou morts). Éloignée des centres de décision, cette « tiers-jeunesse » voit son revenu grevé en loyers ou remboursements, son temps libéré évaporé dans les transports et les loisirs pauvres.

Ces jeunes, de moins en moins jeunes, découvrent, à 40 ans, que, si nous sommes jeunes de plus en plus vieux, ils sont vieux de plus en plus jeunes, ce que leur DRH (direction des ressources humaines) sait rappeler à temps.

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Nicolas Sarkozy, le président des riches

Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy » [Editions Zones, septembre 2010].

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

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Les Français sont paresseux, c’est historique

Pourquoi les Français s’opposent-ils tant à la réforme des retraites? Une enquête sur les hérétiques du XIVe siècle éclaire la situation actuelle.

Pieter Bruegel dit l'Ancien - « Le pays de Cocagne »- Huile sur bois de chêne - 1567

L’histoire raconte toujours le présent –même celle qui reste à écrire. En France, c’est cette année le 35e anniversaire de la publication du Montaillou d’Emmanuel Le Roy Ladurie. Son sujet –la vie quotidienne dans un village isolé de la France du XIVe siècle– et son fil narratif –inexistant– auraient dû immédiatement plonger ce livre dans l’obscurité… Mais surprise: l’ouvrage est devenu un bestseller, et continue de si bien marcher que sa traduction anglaise a eu droit il y a quelques années à une édition anniversaire.

L’improbable succès de ce livre d’investigation historique, dans la France des années 1970 comme dans celle d’aujourd’hui, nous aide à comprendre les grèves massives qui paralysent actuellement le pays et menacent de vider de leur substance les réformes économiques et sociales proposées par le gouvernement conservateur du président Nicolas Sarkozy.

La paresse, une tradition littéraire française
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Citation du jour

«Mon expérience syndicale m’a appris que la direction de la force de travail appartient aux cadres. Le syndicat ne doit pas restreindre ce droit tant qu’il n’y a pas de discriminations ni d’injustices. Ford restreignait lui même son propre droit.»


Mike Widman, au sujet de son expérience syndicale lors de la crise des années 30, cité dans le livre
« Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p193.

(Merci à Pakc)

Violentes manifestations à Athènes

Grèce : 3 morts dans l’incendie d’une banque en marge des manifestations

Au moins trois personnes ont été tuées mercredi dans l’incendie d’une banque, déclenché par des cocktails Molotov, à Athènes où des violents affrontements ont éclaté, lors d’une grande manifestation organisée contre les mesures d’austérité.

Plusieurs dizaines de jeunes ont lancé des cocktails Molotov contre un immeuble abritant une agence de la banque Marfin dans le centre de la capitale grecque, mettant le feu au bâtiment alors qu’une vingtaine de personnes se trouvaient à l’intérieur. Au moins trois personnes, deux femmes et un homme, ont péri dans les flammes, a affirmé la police grecque, tandis que les pompiers ont pu évacuer à temps quatre autres personnes.
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La CGT a-t-elle viré capitaliste ?

Achat d’une entreprise, “facturation” du service syndical, gestion autoritaire du personnel : la centrale se convertit aux méthodes libérales. Ce qui ne va pas sans heurts…

A la CGT, Jean-Pierre Delannoy s’est fait une spécialité : “décoder” les discours des camarades dirigeants. “On ne comprend rien à ce qu’ils racontent”, déplore ce militant qui, lors du dernier congrès de la CGT, à Nantes, s’était opposé au leader Bernard Thibault. “Quand ils évoquent les retraites, ils parlent de ‘négociations systémiques’, d’ ‘obsolescence’ ou de ‘comptes notionnels.’ Il faut suivre ! La CGT qui prendrait des accents libéraux ? Concédons-le, le mouvement est timide. Mais il existe ! Chez les “réformistes”, on ne parle plus de lutte des classes, mais de compromis.

Des sujets longtemps tabous, comme l’actionnariat salarié ou la participation, ne le sont plus. Et des structures gérées par la CGT se retrouvent à la tête de groupes privés, comme la Compagnie internationale André Trigano (Ciat), une société cotée en Bourse. Ce mouvement pourrait s’accentuer. Car la CGT veut conquérir le monde de l’entreprise.

Quitte à emprunter les méthodes de l’ennemi honni, le grand capital. Enquête.

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Retraites : la réforme est lancée

Eric Woerth reçoit à partir de ce lundi les partenaires sociaux.

C’est parti pour plusieurs semaines d’intenses négociations. Le ministre du Travail, Eric Woerth, reçoit à partir d’aujourd’hui les partenaires sociaux pour trouver une solution au financement du système des pensions.

Nouvelles recettes

Avec un déficit du régime général de la branche vieillesse de la sécurité sociale de 9,5 milliards d’euros en 2009 et 11 milliards d’euros prévus pour 2010, le gouvernement est à la recherche de nouvelles recettes pour assurer la pérennité du système.

Il n’a pas prévu de dévoiler son projet avant la “fin mai, début juin,” pour déposer un texte au Parlement en septembre. Mais ces premières réunions seront l’occasion d’évoquer les différentes pistes de réformes.

Prélèvement spécifique

En pleine polémique sur le bouclier fiscal, les syndicats de salariés reprochent à Nicolas Sarkozy de focaliser les débats sur les efforts à demander aux salariés. La semaine dernière, l’Élysée a évoqué la possibilité de créer un “prélèvement spécifique sur une catégorie de population,” vraisemblablement les ménages aisés, pour une réforme plus juste.

Le Journal du Dimanche a d’ailleurs avancé hier l’hypothèse d’une CRDS additionnelle exclue du bouclier fiscal pour financer les retraites.

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Le Portugal adopte un plan d’austérité différent de [celui de] la Grèce

Le plan d’austérité du Portugal prévoit une réduction des dépenses, passant par une diminution des niches fiscales et par une maîtrise des rémunérations du secteur public, mais qui n’a rien à voir avec les hausses d’impôts et réductions des salaires à la grecque, rapportent des médias locaux.

Fonctionnaires portugais grévistes

Le gouvernement socialiste minoritaire portugais a approuvé samedi les grandes lignes de ce plan, qui doit être présenté à Bruxelles dans le courant du mois, mais en a repoussé la communication des modalités.

Les marchés sont plutôt fébriles lorsqu’il s’agit d’aborder la question de l’important déficit budgétaire du Portugal, qui a atteint 9,3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2009, depuis que la crise grecque a éclaté.

Ce qui inquiète surtout, c’est un coût du service de la dette qui va s’amplifiant en raison de la récession, même si la dette et le déficit du pays sont inférieurs à ceux de la Grèce. Le déficit budgétaire de la Grèce représente 12,7% du PIB et Athènes a l’objectif de le réduire de quatre points cette année.

Sans citer personne en particulier, le quotidien Diario de Noticias rapporte que le gouvernement réduira les crédits d’impôt attachés à la santé et à l’éducation à compter de 2011. Il ajoute qu’il diminuera les investissements publics et qu’il imposera les plus-values boursières.

Il ajoute que le gel des traitements de la fonction publique sera prolongé encore d’une année au moins au-delà de 2010.

“Mais des solutions plus radicales, comme celles promises en Grèce et en Irlande, comme la réduction du 13ème mois et des congés payés, ne sont pas envisagées dans le document”, écrit-il.

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Hollywood et la crise économique

Contrairement à ce qui se passait lors des crises précédentes, la récession économique semble cette fois atteindre Hollywood. Licenciements en masse, réduction des budgets et des productions, spectre d’une grève des acteurs… Rien ne va plus sur la colline dorée du 7ème art.

Longtemps, Hollywood s’est cru à l’abri des aléas économiques qui secouent régulièrement le pays : même pauvre, l’Américain moyen a besoin de rêver, et Hollywood n’est pas «l’usine à rêves» pour rien.

Après le krach boursier de 1929, le box-office a augmenté de 58,2 %. À la suite des attentats de 2001, il a fait un bond de 8,6 %.

Mais aujourd’hui, Hollywood fait face à un vrai malaise qui, derrière la surface glamour, commence à faire mal. Certes, des hôtels luxueux continuent de voir le jour à Beverly Hills (une suite dans le récent Montage coûte 7 500 dollars la nuit) et les stars ont toujours des salaires mirobolants. Jim Gianopoulos, patron de la Fox, le disait mieux que quiconque : «Le système n’est pas tellement bénéficiaire pour les compagnies, mais il l’est pour les individus.»

D’ailleurs, le box-office américain de 2008 n’est-il pas, avec plus de 9,6 milliards de dollars de revenus, une preuve de bonne santé ? Ah, mais c’est là que le bât blesse : ce chiffre est dû à l’augmentation du prix du billet et non au nombre de billets vendus, qui, lui, est fortement décroissant.

Selon un sondage, 32 % des Américains veulent réduire leurs dépenses cinéma en ces temps difficiles. La vente des DVD (énorme source de revenus) a enregistré une baisse de 9 %, et cela avant même que la crise n’atteigne des proportions effrayantes. Rien ne va plus à La-La-Land.
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Sur France 3 ce soir : “La mise à mort du travail”, plongée dans la condition salariée

France 3 diffuse les 26 et 28 octobre une série de trois documentaires intitulée “La mise à mort du travail”, sur la souffrance de salariés et la mécanique implacable qui y conduit, apportant un nouvel éclairage sur l’actualité de France Télécom et d’autres entreprises.

Les volets “La destruction” et “L’aliénation” occuperont la première partie de soirée le lundi 26 octobre à partir de 20H35. Suivra “La dépossession” le mercredi 28 octobre à 23H00.

La diffusion de ce triptyque a été avancée car “il y a urgence”, selon son producteur Christophe Nick. Il poursuit ici son travail sur la violence, entamé avec “Chroniques de la violence ordinaire” sur une cité sensible en 2005 et “Ecole(s) en France” en 2006.

Le réalisateur de “La mise à mort du travail”, Jean-Robert Viallet, a tourné pendant deux ans en immersion dans les entreprises, rencontrant autant les directions que les employés.

Elles sont “un des mondes les plus difficiles à pénétrer”, selon les auteurs.

Le premier volet alterne des séquences dans la consultation de la psychologue Marie Pezé à l’hôpital de Nanterre, au Conseil des Prud’hommes de la ville et dans le bureau d’un Inspecteur du Travail des Hauts-de-Seine.

Y défilent des caissières d’un même hypermarché, licenciées pour le vol de deux paquets de chewing-gum, ou poussées à la démission pour avoir monté une section syndicale. L’une en a perdu ses cheveux et est sous morphine pour des troubles musculo-squelettiques.

Une cadre supérieur décrit aussi ses pulsions suicidaires face aux “17% de plus” qui lui sont demandés chaque année en performance. Deux délégués syndicaux d’une société informatique rapportent insultes et menaces de mort reçues de supérieurs.

L’épisode se termine sur l’interrogation du Dr Pezé: “pourquoi donnons-nous notre consentement à ces pratiques ?” Lire la suite