Sport, le revers de la médaille

Le sport, machine à générer des milliards, est devenu le divertissement roi, un marché en pleine croissance, épargné par la crise. Mais le prix à payer devient de plus en plus lourd pour les sportifs de haut niveau : toujours plus d’épreuves, de matchs, de compétitions, pour satisfaire le public, enrichir les actionnaires des clubs et des sponsors, augmenter les recettes des télévisions.

Avide d’exploits, de records, de palmarès, l’industrie du sport du 21ème siècle est devenue une machine à broyer.

A la fin de leur carrière, les champions d’aujourd’hui sont souvent brisés physiquement et psychologiquement par les cadences infernales des calendriers sportifs qui ne respectent plus les rythmes chrono-biologiques et les limites naturelles du corps humain. A l’heure où d’anciens hockeyeurs ou perchistes se suicident, où d’anciens footballeurs ou boxeurs souffrent de démence et d’anciens dopés perdent leurs membres ou leur vie… il est temps de poser la question : le sport va-t-il trop loin ?

La pornographie c’est ce à quoi ressemble la fin du monde

par Chris Hedges*

« Cinquante nuances de Grey », le livre comme le film, est une glorification du sadisme qui domine quasiment tous les aspects de la culture américaine et qui repose au coeur de la pornographie et du capitalisme mondial. Il célèbre la déshumanisation des femmes. Il se fait le champion d’un monde dépourvu de compassion, d’empathie et d’amour.

Il érotise le pouvoir hypermasculin à l’origine de l’abus, de la dégradation, de l’humiliation et de la torture des femmes dont les personnalités ont été supprimées, dont le seul désir est de s’avilir au service de la luxure mâle. Le film, tout comme « American Sniper », accepte inconditionnellement un monde prédateur où le faible et le vulnérable sont les objets de l’exploitation tandis que les puissants sont des demi-dieu violents et narcissiques. Il bénit l’enfer capitaliste comme naturel et bon.

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Éloge de l’oisiveté

Réflexion autour de la valeur du travail, ce spectacle de Dominique Rongvaux est aussi une flânerie joyeuse à la découverte des routes parallèles empruntées par ceux qui, de tout temps, échappèrent au dogme de l’activisme. Et si l’oisiveté nous mettait sur la voie d’une société plus juste favorisant l’épanouissement de chacun ?

« Il existe deux types de travail: le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant à la surface de la terre ou dans le sol; le second, à dire à quelqu’un d’autre de le faire. » (Bertrand Russell)”

Alors, qu’est-ce que le travail ?

Bernard Stiegler : “Télécratie et captation du désir”

Bernard Stiegler est un penseur original et ses opinions politiques personnelles sont parfois un peu déroutantes. Il a pour but de montrer comment et pourquoi la relation politique elle-même est devenue un marché parce que l’appareil télécratique a « développé un populisme industriel qui engendre, à droite comme à gauche, une politique pulsionnelle qui a détruit le désir. »

En Europe, entre un tiers et deux tiers des enfants ont désormais la télévision dans leur chambre (les trois-quarts dans les milieux défavorisés en Angleterre). Aux États-Unis, dès l’âge de trois mois, 40% des bébés regardent régulièrement la télévision.

Les consommateurs de la télécratie sont ainsi, et se sentent, irrémédiablement tirés vers le bas, ce qui provoque une réelle souffrance. Ils souffrent d’être seuls devant leur télé, tout en ayant le sentiment d’appartenir à une « foule artificielle d’où surgissent des processus d’identification régressive. »

En 2004, Patrick Le Lay, ancien directeur de TF1 expliquait que le populisme industriel était devenu la loi de notre époque, les citoyens s’étant effacés devant « le temps de cerveau disponible ».
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Dominium mundi : L’Empire du management

Après “La fabrique de l’homme occidental” et “L’ÉNA, miroir d’une nation”, le cinéaste Gérald Caillat et l’anthropologue Pierre Legendre signent un nouvel essai documentaire ambitieux autour de la mondialisation en lui restituant sa profondeur historique et en faisant émerger les grandes questions muettes qu’elle véhicule.

Un management qui s’impose comme le joyau de l’Occident industriel et communicateur. Désormais appliqué au business, le mot est devenu une doctrine, une propagande, la boîte à idées de la nouvelle mondialisation.

Le management est un “empire mou”, c’est sa force, avec des airs de “dictature sans dictateur” dont les mots d’ordre forgés par l’Occident (“organiser, coordonner, commander, contrôler“) se sont emparés de la planète entière. Ce monde que le christianisme avait rêvé de conquérir, le voici entièrement soumis aux dogmes de l’efficacité gestionnaire et à ses liturgies – la communication et le spectacle.


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Théâtre : Pôle emploi à la dérive – Un autre regard sur les politiques d’emploi

Quatre conseillers de pôle emploi, et deux « demandeurs d’emploi » dans le cadre syndical du SNU Pôle emploi, décomposent la machine infernale de la fusion ANPE/ASSEDIC. Ou comment dans l’histoire du combat entre l’éléphant et le caïman, ce n’est pas l’éléphant qui gagne…

Quand la logique gestionnaire prend le pas sur l’accompagnement des chômeurs, la politique publique d’emploi est défaite et privatisée. Les conseillers ne sont plus là pour « aider » mais pour orienter le plus rapidement possible vers des officines privées de formation. C’est la destruction d’un métier dont on ne peut sortir que par une alliance entre conseiller et usagers.

Black Mirror : Une histoire digne d’Orwell ou de Huxley

Deuxième épisode de la série “Black Mirror” qui se déroule dans une société futuriste. Une société où il est littéralement impossible d’échapper ou de détourner son regard des écrans. Une société où l’on vit à travers et pour notre « double virtuel ».

Une société où tout se paye. Mais où la monnaie est remplacée par des « miles », des kilomètres qu’on passe sa journée à gagner en pédalant sur un vélo d’appartement. Une société où l’humain est esclavagé. Où la publicité règne, où la pornographie est reine ! Seul échappatoire de cet enfer ? Participer à une émission semblable à « Incroyable Talent ».

Une fois sélectionnés, on leur donne un sédatif, ils passent devant un jury de télévision plus vrai que nature qui les humilie, et le coup fatal… la pression du public.


Une histoire digne d’Orwell ou de Huxley par MayaLila

Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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