Soldes : Tout doit disparaître !

Près d’un vêtement sur deux serait vendu à prix cassé. A priori, il s’agit d’une bonne nouvelle pour tous les amateurs de mode. Mais les acheteurs réalisent-ils vraiment des bonnes affaires? Comment le marché du textile peut-il autant reposer sur un modèle économique au rabais? Jusqu’où certaines marques sont-elles prêtes à aller pour se débarrasser de leurs invendus?

Dans certains grands magasins, des collections sont spécialement créées pour les opérations promotionnelles. L’enquête sur ces vêtements «made in promo» conduit jusqu’en Macédoine, le nouvel eldorado du textile français, levant le voile sur l’un des secrets les mieux gardés de la profession, la destruction de stocks neufs, et sur les conditions de travail d’ouvrières du textile au Cambodge.

Réalisé par Rémi Delescluse (Juin 2015)

L’image du jour : Mode, un pull “Chômeur” pour… 285 euros

Ce n’est ni un buzz, ni une blague. La marque française Le Léon a mis en vente un pull où il est inscrit “chômeur”.  À l’heure où les chiffres du chômage explosent, le prix de ce pull 100% cachemire et brodé à la main coûtera la bagatelle de 285 euros.

Sept modèles sont proposés, dont les inscriptions sont, pour le moins… peu communes : “Le Cassou laid”, “Rockfort”, “Purée Jambon”, “Frog Killer” ou encore “Grande Gueule”. “Chacun pourra à travers Le Léon prôner fièrement ce qui nous caractérise et que le monde entier nous envie“, se vante le compte Twitter de la marque. Contacté par France TV Info, le créateur de la marque Léon Taieb, a tenté de se justifier :

Je voulais juste quelque chose de mignon. Le mot “chômeuse” par exemple, sonne moins mignon, c’est pour cela qu’il n’existe qu’en version masculine. Chômeur, je trouve ça hyper mignon comme mot (…) Au fond, on est tous un peu chômeurs. On portera ce pull le dimanche, par exemple, quand on ne fait rien.

Les produits de cette marque qui joue sur la fibre tricolore (cocarde, baguette, béret, étiquettes aux couleurs du drapeau français) sont fabriqués… au Népal.

On a voulu faire des pieds de nez à tous nos symboles franchouillards, tout ce qui fait de nous des gens si fiers d’être français.

RTL

Armée française : La ruine en héritage ?

Avec les réformes budgétaires, il semble que la phase d’autodestruction de notre Défense soit désormais irrémédiablement engagée. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy.
L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de “betteravisation” qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire.

Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique.

L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

L’affaire Louvois
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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Affaire Kerviel : la Société Générale a déjà récupéré 1,6 milliard d’euros

Un dispositif fiscal a permis à la banque d’être en partie remboursée après l’affaire Kerviel.

Jérôme Kerviel

La Société Générale a récupéré 1,6 milliard d’euros sur les 4,9 milliards de pertes après l’affaire Kerviel, grâce à un dispositif fiscal permettant de déduire la perte dans la déclaration de l’impôt sur les sociétés l’année suivante, avant toute décision de Justice, soit en 2008, selon les informations exclusives de Martial You d’Europe 1.

Un dispositif légal

Ce dispositif est parfaitement légal : quand une entreprise dégage une perte exceptionnelle dont elle n’est pas responsable, elle peut déduire 33% de cette somme dans sa déclaration d’impôts sur les sociétés. Sur l’exercice 2008, l’Etat a donc épongé un tiers de la perte générée par Jérôme Kerviel.

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Financièrement, la Première Guerre mondiale se termine dimanche

Ce dimanche 3 octobre 2010, les Allemands pourront enterrer officiellement la Première Guerre mondiale. C’est en effet ce jour-là que l’Allemagne soldera définitivement sa dette héritée de la Grande Guerre, près d’un siècle après le début de celle-ci, rapporte le journal allemand Bild.

«Le montant restant à payer est de 69,9 millions d’euros, une somme prévue au point 2.1.1.6 du budget fédéral 2010, intitulé “Dettes réglées à l’étranger”», précise le quotidien. «La plupart de l’argent ira à des particuliers, des fonds de pensions et des sociétés d’emprunts obligataires, comme convenu dans le cadre du traité de Versailles», ajoute The Daily Telegraph.

Une dépêche AFP relayée par Cyberpresse.ca expliquait l’année dernière pourquoi, 92 ans après la fin du conflit, l’Allemagne continue à payer. En 1919, le traité de Versailles imposait aux Allemands le paiement de 132 milliards de marks-or. Ruiné et frappé par une grave crise économique au début des années 1920, puis par la Grande Dépression, le pays était cependant incapable de s’acquitter de ces colossales réparations. L’Allemagne avait alors emprunté pour satisfaire aux exigences du traité.

En 1932, le moratoire Hoover annulait finalement ces réparations, mais il restait encore à l’Allemagne à rembourser les emprunts contractés pour leur paiement avant cette date.

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Rapatriement de la dette ou dé-mondialisation ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Parmi les nombreuses propositions à effet de juguler les dangers d’une dette publique jugée insupportable, on notera l’intéressant article signé de Rodolphe A. Müller et Pierre-Alain Schieb dans Le Monde du 8 juin.

Constatant une corrélation positive entre la quiétude des marchés et le pourcentage de la dette domestique dans la dette publique totale, les deux auteurs en viennent à proposer un plan de compensation inter-Etats et inter-créanciers, aboutissant à la renationalisation de la dette.

Aucun détail concernant la procédure suivie n’est indiqué. Simplement, il s’agirait d’une gigantesque compensation. Et, sans doute, compensation elle-même fort complexe, puisque les dettes publiques nombreuses, en théorie égales au nombre d’Etats, sont appropriées par des agents nationaux fort nombreux et fort divers : banques centrales, banques nationales et étrangères, compagnies d’assurances, fonds de pension, ménages.

Plus complexe encore – à supposer qu’il existe un accord politique international, regroupant un nombre significatif d’Etats concernés et volontaires – serait le taux de change entre les dettes compensées. Problème qui reste entier, dans une compensation entre Etats n’appartenant pas à un même zone monétaire. Mais, problème qui demeure, même à l’intérieur d’une zone, les nouvelles créances ne jouissant plus des rendements antérieurs. A titre d’exemple, les créanciers français de dette publique grecque verraient s’affaisser, au terme de la compensation, la rentabilité de leur investissement.

Mais il y a beaucoup plus grave. La compensation généralisée aboutirait à la mise sur le devant de la scène, et donc sa mise à l’index, de l’Etat le plus internationalement endetté. Le processus envisagé de rapatriement favorise peu les Etats dont l’endettement est faible ou repose sur une base domestique.

Ainsi, le Japon qui, certes dispose d’un Etat très endetté, serait peu favorisé par la procédure de rapatriement. Il n’y a quasiment rien à rapatrier et seulement 5,8% de la dette publique sont détenus par des étrangers.

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