Quand les socialistes défendaient le peuple…

Entretien avec Alain de Benoist

Vous venez de publier Édouard Berth ou le socialisme héroïque (Pardès). Pourquoi s’intéresser à un homme aussi peu connu ?

Il est en fait bien connu de tous les historiens des idées, qui le considèrent en général comme le plus fidèle disciple de Georges Sorel, auteur des Réflexions sur la violence et des Illusions du progrès. Édouard Berth (1875-1939) a été l’un des principaux théoriciens du syndicalisme révolutionnaire, c’est-à-dire de cette branche du mouvement ouvrier qui, estimant que la classe ouvrière ne pouvait compter que sur elle-même pour instaurer la « société des producteurs », n’avait qu’hostilité pour les partis politiques et donnait la priorité à « l’action directe » (soit l’action sur les lieux de travail) développée par les syndicats. Ce sont les représentants les plus actifs de cette tendance révolutionnaire, Victor Griffuelhes et Émile Pouget, qui parvinrent, en octobre 1906, à faire adopter par la CGT la célèbre Charte d’Amiens que l’on considère aujourd’hui comme l’acte fondateur du syndicalisme français. Berth eut, par ailleurs, un itinéraire extrêmement original puisque, sans jamais abandonner ses convictions, il participa, à la veille de la Première Guerre mondiale, à l’aventure du Cercle Proudhon, où se rencontrèrent maurrassiens et syndicalistes révolutionnaires, puis s’enthousiasma vers 1920 pour la révolution russe, au point de collaborer régulièrement à la revue Clarté, fondée par Henri Barbusse. Revenu de son léninisme, il collabora jusqu’à sa mort à La Révolution prolétarienne de Pierre Monatte.

Ce qui frappe, c’est aussi le contraste entre socialisme d’antan, tout entier voué à la défense de la classe ouvrière, et Parti socialiste actuel. Ce PS est-il encore socialiste ?
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De quoi la référence au populisme est-elle le nom ?

Par Christophe Guilluy

Se poser la question du « populisme », obsédante aujourd’hui dans le débat public, c’est déjà tomber dans le piège de la mise à distance des classes populaires. Cet a priori récurrent permet de délégitimer leur discours.

Le peuple français vu par l’intelligentsia parisienne (la famille Morel, épicentre de la série télévisée Les Deschiens, de 1993 à 2002)

En effet, l’approche de la crise par le « populisme » vise à décrédibiliser les réactions des classes populaires et, in fine, à occulter les causes du rejet des classes dirigeantes. Cette rhétorique vise à écarter la responsabilité des partis de droite et de gauche depuis une trentaine d’années. Il s’agit, en fait, de rendre illégitime la contestation des choix économiques et sociétaux effectués par les organisations ayant exercé le pouvoir, quelles que soient leurs étiquettes.

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Jacques Attali: “Alors la révolution pourra commencer en France…”

En primeur, L’Express publie des extraits du prochain livre de son éditorialiste, Jacques Attali, intitulé Urgences françaises. Ou ce qui pourrait arriver à la France si elle choisit la politique du pire.

“Nul besoin d’être grand clerc pour percevoir qu’aujourd’hui le pays se trouve, à nouveau, au bord de grandes secousses. D’innombrables frustrations, des peurs diverses, des colères multiples et contradictoires, des réformes manquées, des besoins non satisfaits, des frustrations se font partout sentir. Les Français remâchent leur mécontentement. Pour l’instant, chacun dans son coin, chacun à sa manière. Les uns n’en pouvant plus de n’avoir ni emploi valorisant ni logement décent, voire ni logement ni emploi. Les autres, furieux, de risquer de perdre petits ou grands privilèges. Beaucoup s’estiment victimes de la mondialisation et certains sont désormais prêts à se battre, jugeant qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tous sont angoissés à l’idée de n’avoir peut-être plus, un jour, les moyens de financer leur santé, leur retraite, leur logement, leur nourriture ou la scolarité de leurs enfants. [...]

Parmi ceux qui ont le plus de raisons d’être déçus et en colère, il y a les jeunes: ils commencent à comprendre qu’ils auront à payer la triple dette que leur laisse la génération triomphante des baby-boomers: la dette publique qu’il faudra rembourser; leurs retraites qu’il faudra financer; et le dérèglement climatique qu’il faudra supporter. Quand ils prendront vraiment conscience que les hommes politiques de tous les partis ont servi, et servent encore, avant tout, les intérêts de ces générations bénies des cieux, quand ils réaliseront que les syndicats servent d’abord les intérêts de ceux qui ont un emploi, les jeunes ne se contenteront pas d’un vote de protestation: ils quitteront le pays ou descendront dans la rue. La révolution commencera. [...]

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Le budget de l’UE à court d’argent en novembre

Le Parlement européen a jugé mercredi “inacceptables” les conditions posées par les Etats de l’UE pour une augmentation du budget 2013 et a averti qu’il n’y aura plus d’argent disponible en novembre pour financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

“Dès novembre, il manquera 2,5 milliards d’euros pour financer les actions du Fonds Social Européen”, a affirmé à l’AFP l’eurodéputé conservateur français Alain Lamassoure, président de la Commission des Budgets du Parlement européen.

Le budget européen pour la période 2014-2020 approuvé en février par les dirigeants européens prévoit 960 milliards d’euros en crédits d’engagements et 913 milliards en crédits de paiements. Une enveloppe de 6 milliards d’euros doit financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

Mais le compromis trouvé par les dirigeants de l’UE doit encore être approuvé par le Parlement européen, qui juge les montants insuffisants.

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Grèce : première baisse des prix à la consommation en 45 ans

Les prix à la consommation en Grèce ont baissé de 0,2% en mars, marquant le premier recul annuel de l’indice des prix depuis mai 1968, selon les données publiées mardi [9 avril 2013] par l’Autorité statistique grecque (Elstat).

En février, les prix avaient augmenté de 0,1% sur un an.

C’est la première fois depuis mai 1968 que l’indice des prix est négatif” en Grèce, a indiqué à l’AFP Michaïl Glenis, responsable du suivi de l’inflation de l’Elstat.

A l’époque, deuxième année de la junte des colonels en Grèce (1967-1974) l’indice des prix avait enregistré “une baisse de 0,3%, avant de commencer à monter en juin 1968 avec un taux de +0,5% sur un an“, a-t-il ajouté.

Les économistes diffèrent sur la signification de ce recul, soit entrée en déflation potentiellement dangereuse dans une économie hyper fragilisée et en récession sévère, soit premier symptôme de guérison après la potion amère de l’austérité, administrée depuis 2010 à la Grèce.
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Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie

Selon Karl Polanyi, le régime normal des sociétés 
est de subordonner le marché aux besoins des hommes, 
et non l’inverse.

Penseur au parcours très singulier, Karl Polanyi est l’un des fondateurs d’une discipline nouvelle, l’anthropologie économique, qui se consacre à l’étude des échanges dans les sociétés anciennes et ambitionne de théoriser, à l’échelle de l’humanité, ce qu’il en est des rapports entre société et économie.

Pourtant, son œuvre la plus célèbre, La Grande Transformation, ne sort pas du cadre de l’histoire européenne moderne. En fait, il y développe ses intuitions théoriques les plus marquantes pour l’ensemble de son œuvre et s’inscrit dans la lignée des penseurs qui, comme Karl Marx et Max Weber, s’attachent à comprendre la particularité du capitalisme moderne et son impact sur les sociétés qui l’ont adopté.

Libéralisme radical versus 
vie sociale

Pour Polanyi, de 1830 à 1870, l’Angleterre en particulier, mais aussi bien d’autres pays, ont connu le règne du marché « autorégulateur », unifié et étendu à toutes choses. Cet essor du marché libre est, selon Polanyi, un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité. Même si des marchés existaient depuis la nuit des temps, ils restaient sectoriels, fragmentés et subordonnés à d’autres impératifs sociaux : le droit des familles, les traditions, la religion, les frontières domaniales et nationales. Le libéralisme moderne a fait sauter les derniers verrous en transformant la terre, le travail et la monnaie en marchandises comme les autres.

Or l’idéal même de la « société de marché » ne peut, selon Polanyi, mener qu’à une catastrophe. Il cite certains faits historiques : la montée de la misère ouvrière, le travail des enfants, la décomposition des structures villageoises et familiales, la famine en Irlande. Pour Polanyi, ce ne sont pas des accidents de parcours : le libéralisme radical est, écrit-il, une utopie incompatible avec la vie sociale.

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Radio Courtoisie : “Le malaise est dans l’homme”

Addendum audio du 09/03/2012

Samedi 09 mars 2013 à midi, Pascal Lassalle (assisté de Franck Wilsdorf) recevait dans le Libre Journal des Lycéens sur Radio Courtoisie, Pierre le Vigan pour son ouvrage “Le malaise est dans l’homme – Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne“. La seconde partie de l’émission fut consacrée à une rencontre avec Alain Sanders et Serge Cadal suivie des chroniques régulières.

(Merci à Jérôme)

« Le Malaise est dans l’homme »

Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne. Les souffrances psychiques ne sont pas des maladies. Mais elles peuvent y mener. La condition de l’homme étant tragique, ouverte, risquée, la fragilité de l’homme est inhérente à son être-au-monde.

Toutefois, si le malaise est dans l’homme depuis toujours, le monde moderne et hypermoderne lui donne des formes nouvelles. Les sociétés traditionnelles fonctionnaient sur la base d’un modèle d’intégration sociale, au demeurant inégalitaire, où chacun néanmoins avait sa place, y compris le fou. Les sociétés modernes ont fonctionné sur le mode du refoulement et de la névrose.

La société du travail ne voulait pas connaître les états d’âme, ni même les âmes d’ailleurs. La société hypermoderne combine les exigences du travail et celles de l’autonomie : il faut être productif, il faut être performant, mais aussi « positif ». Il faut donner sa force de travail, mais aussi assumer un certain savoir-être, et non simplement apporter son savoir-faire.

La mobilisation de l’homme dans l’hypercapitalisme est donc totale mais elle n’est plus une mobilisation sous une forme guerrière qui était celle du « soldat du travail ». C’est une mobilisation pour plus de mobilité, plus de fluidité, plus de liquidité. L’hypercompétitivité et la lutte de tous contre tous tendent à devenir la règle.
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« Ne vous indignez pas, nous l’avons tous cherché » (Màj)

Addendum du 25/01/2013: « La fin de l’État-providence ne coûtera rien aux Français, elle leur rapportera »

On ne présente plus à nos lecteurs Max et Pascal Dray. Le premier est PDG d’un groupe français implanté dans de nombreux pays du monde. Auteur d’un ebook gratuit, Ne vous indignez pas, nous l’avons tous cherché (critique et entretien), il souhaite pour l’instant conserver l’anonymat. Le second est chef d’entreprise, docteur en économie et chroniqueur aux Nouvelles de France. Nous les avons réunis pour commenter l’actualité économique et sociale française.

Adeptes du prêt-à-penser, de l’interventionnisme et de l’étatisme, vous avancez aux risques et au péril… de vos certitudes. Les autres, vous allez vous régaler. Bonne lecture !

Suite de l’article sur Nouvelles de France

Max, un entrepreneur, a décidé d’écrire et de partager son « manifeste pour la responsabilité », rédigé autour de 8 principes forts comme « Osons », « Simplifions » ou « Reconnaissons la vraie valeur de la chose publique ». L’auteur ne se fait pas le défenseur de ses pairs ou le héraut d’une doctrine économique. Cet essai est d’autant plus accessible qu’il est gratuitement proposé au téléchargement et à la lecture en ligne.

En identifiant les anomalies et les contradictions de notre système économique, l’auteur a le mérite de frapper juste, de trancher et de proposer, loin de l’anesthésie ambiante et des postures de rebelles de salon. 

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France : paradis fiscal et idiot du village global

La France est bel et bien un paradis fiscal pour les multinationales et pour les moyennes à grosses entreprises. Elles peuvent en effet s’y établir et y prospérer quasiment sans payer d’impôts sur leurs bénéfices, en « triturant » ses lois à la limite de la légalité, souvent au-delà…

Menaces de nationalisation, spectre d’un taux d’imposition à 75% sur les plus fortunés, coûts salariaux élevés, code du travail rigide… Rien n’y fait ! Puisque la France est le troisième pays au monde (après la Chine et les Etats-Unis) à attirer les capitaux étrangers. C’est cette capacité de l’économie française d’avoir pu attirer quelque 43 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année 2012 que le New York Times qualifiait de « paradoxe » dans un article de décembre dernier.

Etrangement, la réalité crue du quotidien de ses classes moyennes et pauvres n’altère pas ce diagnostic selon lequel la France constitue une mine d’or pour des entreprises qui y bénéficient de crédits d’impôts et d’allègements fiscaux parfois substantiels sur des dépenses affectées à différents postes. Contexte idéal qui motive en effet l’installation sur l’Hexagone de grands noms comme Google, ou Amazon (qui y établit un second centre de distribution). A l’exemple de ces 171 compagnies ou usines qui ont opté en 2011 pour la France, préférée de très loin à l’Allemagne et à la Grande Bretagne.

Sachant que le gouvernement français actuel persévère dans cette voie avec des mesures emblématiques comme les allègements de 20 milliards d’euros de charges, ou encore le « Crédit Impôt Recherche » donnant droit à un remboursement de 45% des dépenses de l’entreprise sur le poste de la recherche et du développement.

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La France en état de “chocs”

La France vient de subir trois chocs majeurs en ce début d’automne 2012.

Philippe Mabille

Un choc social avec le franchissement de la barre des 3 millions de chômeurs, amplifié par la multiplication des plans sociaux.

Un choc économique, avec le sentiment d’une panne complète de croissance, qui risque de tourner à la récession en raison de l’austérité budgétaire.

Un choc fiscal, enfin, avec une loi de Finances qui va prélever 20 milliards d’euros de recettes nouvelles sur les ménages et les entreprises en 2013.

Du jamais vu !

Ces trois chocs ont pour point commun de fabriquer du découragement.

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Social, impôts : Hollande met la pression

François Hollande a tenu dimanche soir un discours quasi churchillien en proposant du sang et des larmes sur le plan fiscal, avec 30 milliards de mesures nouvelles pour 2013. Seule condition pour parvenir à un “redressement de la France dans les deux ans“. C’est le calendrier qu’il s’est donné pour inverser la courbe du chômage et rétablir la compétitivité de la France.

Ce qui passera, c’est confirmé, par une réforme du financement de la protection sociale, qui s’appuiera sur de nouvelles recettes, sans doute la CSG et une imposition écologique. Les partenaires sociaux ont eux été invités à s’entendre d’ici à la fin de l’année sur la redéfinition du contrat de travail, faute de quoi l’Etat prendra ses responsabilités.

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30 départements prévoient de grandes difficultés pour boucler leur budget

L’Assemblée des départements de France tire la sonnette d’alarme sur l’augmentation des dépenses sociales. Elle réclame une aide exceptionnelle de l’Etat de 400 à 500 millions d’euros pour boucler 2012 et une réforme de fond du financement des collectivités pour la suite.

Le financement des départements vire au casse-tête. Comme l’année dernière, où le gouvernement Sarkozy avait été contraint en fin d’année de mettre en place un fonds d’urgence de 150 millions d’euros pour permettre aux départements dans le rouge de boucler leur budget, 30 d’entre eux se trouvent aujourd’hui en difficulté. Certains évoquent même, sous le couvert de l’anonymat, l’idée de voter un budget en déséquilibre, ce qui est interdit par la loi. Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France, élu PS des Côtes-d’Armor, se dit « extrêmement inquiet » et va même jusqu’à faire du règlement de cette question le préalable à toute réforme de la décentralisation. Dans l’immédiat, pour boucler 2012, les élus plaident pour la création d’un fonds d’urgence de 400 à 500 millions d’euros.

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Régime chinois cherche cap désespérément

La récente visite d’Angela Merkel est venue le rappeler : la dynamique chinoise apparaît plus que jamais comme une planche de salut aux pays européens englués dans le marasme. A défaut de pouvoir se développer dans leur environnement immédiat, les groupes allemands mettent le cap à l’est et multiplient les contrats commerciaux avec la deuxième économie mondiale. De la même manière, lors de ses échanges avec son homologue chinois Wen Jiabao, Angela Merkel ne s’est pas cachée de courtiser les investissements chinois.

Réunion de clôture de la 5e session de la 11e Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois) au Grand palais du Peuple à Beijing, le 14 mars 2012

De fait, en dépit des remous qu’ils peuvent occasionner dans l’opinion publique, les capitaux chinois sont les bienvenus en Europe. Vignobles français, yachts italiens, machines-outils allemandes, infrastructures anglaises, portugaises ou grecques : le rapport de force économique apparaît inversé entre une Europe déboussolée et une Chine sûre d’elle et de son modèle.

En ce début d’automne, la fébrilité n’est pourtant pas uniquement du côté européen. A la chancelière allemande, Wen Jiabao n’a, d’ailleurs, pas caché son « inquiétude » la semaine dernière. La Chine l’avoue : elle a besoin d’une Europe solide pour continuer à faire fonctionner sa machine exportatrice. En juillet, ses ventes à destination de l’Europe étaient en baisse de 16 % sur un an. Or le Vieux Continent constitue son premier marché à l’export. Le coup est donc rude pour l’ensemble de la filière, déjà touchée par une nette érosion de sa compétitivité. Elle affiche, en valeur, une croissance à seulement un chiffre. Compte tenu de la hausse des coûts de production, cela signifie que le fameux moteur exportateur chinois a calé. Le risque social est réel, dans un pays où ce secteur constitue l’un des premiers pourvoyeurs d’emplois faiblement qualifiés.

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Chine : Le Parti communiste aux prises avec le mécontentement social

Si, à quelques semaines du congrès du Parti communiste, on connaît les numéros un et deux de la future direction du pays, on ignore tout de leur programme. Les Chinois aussi. On devine seulement que les questions de la réforme politique et du rôle de l’Etat donnent lieu à de puissants débats internes. (…)

Dans le domaine des rapports sociaux, l’affrontement idéologique a été marqué par l’opposition entre ce que l’on appelle le « modèle de Chongqing », à la fois étatique, social et autoritaire, hier symbolisé par M. Bo, et le « modèle du Guangdong », libéral économiquement et ouvert politiquement, incarné par le dirigeant de Canton, M. Wang Yang. Tous deux tentent de répondre à une interrogation qui traverse tout le Parti communiste chinois (PCC) : comment faire face au mécontentement croissant de la population ? Cent quatre-vingt mille « incidents de masse » officiellement recensés en 2011, soit deux fois et demie plus qu’en 2008… Le budget de la sécurité s’est hissé au niveau des dépenses militaires, comme si l’« ennemi intérieur » était jugé aussi menaçant que celui de l’extérieur. Mais la répression a ses limites

Désormais, les blogs et certains journaux servent de caisses de résonance : « On peut donner la parole à la population, faire des reportages sur les motifs du mécontentement, à condition de ne pas s’en prendre aux très hauts dirigeants. On a beaucoup plus d’espace qu’avant, témoigne Yan Lieshan, ex-rédacteur en chef de Nanfang Zhoumo, quotidien de Canton réputé pour ses enquêtes sans complaisance. Cela ne veut pas dire que la volonté de contrôle a disparu. » Du reste, le directeur du journal a été limogé, il y a quelques mois, sur ordre du département de la propagande de Pékin. Weibo, le « Twitter chinois », est sous étroite surveillance. Certes les abus de pouvoir, les luttes pour la défense des droits sociaux ou de l’environnement, contre la corruption, occupent une très grande place sur les réseaux sociaux, mais, à tout moment, les autorités locales (ou nationales) peuvent interrompre le flux. C’est le règne de l’arbitraire.

Un syndicat plus si unique

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Retraite : la génération 1956 devra cotiser pendant 41 ans et demi

Un décret déterminera avant la fin de l’année la durée de cotisation nécessaire pour les assurés nés en 1956, pouvant prendre leur retraite à partir de 2018.

Les assurés nés en 1956 seront bientôt fixés sur leur sort. D’ici à la fin de l’année, ils sauront combien de temps ils devront encore travailler s’ils veulent toucher une retraite à taux plein. Le gouvernement doit publier un décret en ce sens avant le 31 décembre. Mais le suspense est loin d’être intense : sauf surprise, les personnes de cette génération devront cotiser 41 ans et demi, soit autant que leurs aînés de 1955. Voici pourquoi.

Depuis la réforme Fillon de 2003, la durée de cotisation progresse régulièrement, au rythme de l’espérance de vie. Le principe fixé dans la loi est de maintenir le rapport constaté, au moment de sa parution, entre le temps passé à travailler et la durée de la retraite. En gros, ce rapport est de deux tiers-un tiers. Tous les ans, on fixe donc la durée de cotisation pour la génération âgée de 56 ans - suffisamment longtemps avant leur départ pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir -en fonction de son espérance de vie à 60 ans, telle que modélisée par l’Insee. L’an dernier, la progression de l’espérance de vie pour la génération 1955 avait déclenché une hausse de la durée de cotisation d’un trimestre.

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Et si la vraie peur du déclassement social était là ?

Avoir un emploi et en vivre dignement : deux souhaits qui sont désormais complexes à obtenir et à maintenir dans la durée. Le sous-emploi est un marqueur de la société française. Pour contenir cette attaque contre la sécurisation des parcours professionnels que 2013 annonce en progression, que faudrait-il essayer ? De plus serait-ce suffisant pour maintenir en état de marche l’ascenseur social ?

Selon l’un des fondateurs de la sociologie, Durkheim : “La cause déterminante d’un fait social doit être cherchée parmi les faits sociaux antécédents” (in Règles de la méthode sociologique). Ainsi donc les angoisses qui traversent et orientent les pensées de nos concitoyens seraient à trouver dans des faits antérieurs à la crise de 2008. Ceci semble un vrai paradoxe et pour l’instant une sorte d’énigme. Tentons d’y voir plus clair.
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La tyrannie de la vitesse

Nos sociétés ont accéléré la cadence. Accélération technique, accélération des rythmes de vie, accélération des changements sociaux. Comment en sommes-nous arrivés là ? Et si on prenait le temps de penser nos vies…

Des journées trop chargées, à se dépêcher, à courir, pour tenter d’effectuer ce qui, en se couchant, restera à faire. À terminer demain. « Il faudrait allonger les journées ! », dit une collègue. « Le temps passe trop vite ! », se plaint l’autre. « On vit comme des dingues », renchérit la troisième.

Le phénomène est pourtant ancien : le sentiment d’une accélération est exprimé dès le XIXe siècle avec l’apparition du chemin de fer et se concrétise, dans une multitude d’expériences, au cours de la révolution industrielle. Pourtant, de nombreux penseurs tiennent le phénomène comme caractéristique de notre époque récente, qu’ils appellent la « postmodernité », la « seconde modernité » ou la « modernité tardive ».

Où est passé le temps libre ?

Cette modification perceptive du temps est fondée. Les faits témoignent indéniablement d’une « accélération technique » – la plus visible et documentée : l’augmentation de la vitesse de déplacement, de transmission de l’information et de production. Dans ces domaines, la technique nous permet d’effectuer, par rapport à nos grands-parents, les mêmes actions dans un temps beaucoup plus court. L’histoire de la vitesse de transport – de la marche à pied au navire à vapeur, au vélo, à l’automobile, au train à grande vitesse (TGV), à la fusée spatiale – montre que l’on effectue la même distance en beaucoup moins de temps. Pareil pour le transport des informations : alors qu’il fallait des semaines aux messagers à cheval et aux pigeons voyageurs pour transmettre des informations, le temps requis avec Internet est celui d’un simple clic.

Pourquoi sommes-nous alors débordés, en manque de temps, alors que la technique est censée nous en avoir libéré ? Voici l’un des plus grands paradoxes : plus nous gagnons du temps, moins nous en avons. Le calcul, illogique, interpelle. Où sont alors tous ces gains de temps, ce nouveau « temps libre » généré par la technique ? Remis en circuit. Comme le souligne H. Rosa, « nous produisons plus vite mais aussi davantage », les gains de temps étant ainsi absorbés par l’augmentation de la croissance.

Voilà le problème : l’homme moderne est si gourmand qu’il veut parcourir, transmettre, produire trois fois plus (de distance, d’informations, de choses) alors même que la technique lui permet d’aller seulement deux fois plus vite. Si bien qu’il en vient à avoir moins de temps que son congénère en avait au siècle dernier.

Par conséquent, un sentiment d’urgence, anxiogène, pousse à accélérer la cadence.

Une vie sociale en renouvellement perpétuel

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Une étude passe au crible le malaise social au sein des classes moyennes

C’est un sujet récurrent des discours politiques que tente de cerner l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le centre de recherche et de prévision économiques de Sciences Po, dans un rapport publié cette semaine, signé du sociologue Louis Chauvel et intitulé Les Raisons de la peur : les classes moyennes sont-elles protégées de la crise ? [le rapport au format PDF] (…)

Se référant aux travaux d’autres chercheurs, Louis Chauvel rappelle que la dynamique sociale des années 1960 à 1980 n’était pas simplement fondée sur l’expansion numérique des classes moyennes, mais aussi sur “un projet social et politique cohérent, aujourd’hui déstabilisé ». Pour renouer avec cette dynamique, il faut, affirme l’auteur, miser sur “l’investissement productif dans des secteurs porteurs d’avenir de long terme ». Ou sinon, faute de comprendre les causes réelles du malaise des classes moyennes et d’en traiter les origines, “nous pourrions bien nous préparer à une décennie problématique », avertit M. Chauvel.

Lire l’intégralité de l’article sur le site du Monde

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… »

Par Bertrand de Kermel, président du Comité pauvreté et politique

Ban-ki-moon le 3 juin 2011 : “Nous ne pourrons construire un monde juste et équitable que lorsque nous accorderons un poids égal aux trois composantes du développement durable, à savoir les composantes sociale, économique et environnementale…” Voilà l’enjeu du Sommet mondial de Rio de juin 2012.

En prenant l’exemple du prochain Sommet mondial du développement durable, qui se tiendra à Rio en juin prochain, Michel Rocard vient de publier une très intéressante chronique sur le cercle, mettant en évidence l’incapacité des dirigeants de la planète, depuis le début du XXIe siècle, à s’attaquer aux grands problèmes et à les régler avec le souci de l’intérêt général.

Je voudrais revenir quelques instants sur le sujet proprement dit de Rio, car l’enjeu est crucial, et il est étonnant que ce thème n’ait pas été abordé depuis le début de la campagne.
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