La citation du jour (MAJ vidéo)

Liberté chérie

Aldous Huxley, préface de l’édition de 1946 du Meilleur des mondes ; traduction de Jules Castier ; éditions Plon.


« A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s’accroître en compensation. Et le dictateur (à moins qu’il n’ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d’encourager cette liberté-là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l’influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. »

Mon cerveau a-t-il un sexe ?

Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière. Cette divergence d’appréciation peut-elle s’expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ? Cette question n’est jamais neutre.

De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.

Sexe, un juteux business (vidéo)

Vendre sa virginité sur internet, faire monter les enchères pour se livrer au plus offrant ? C’est désormais possible en Allemagne, paradis européen du sexe tarifé. Les maisons closes comme le Paradise rapportent des millions en toute légalité.

Il y a aussi des clubs où le client peut avoir, pour un prix forfaitaire, autant de filles qu’il désire. Quant aux autorités allemandes, elles se frottent les mains et prélèvent de confortables « impôts sur le plaisir ».

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Temps Présent – RTS (03/07/14)

L’Empire du sexe

Avec un chiffre d’affaires annuel mondial estimé à 50 milliards d’euros, l’industrie du sexe occupe une place considérable dans nos sociétés. Prostitution, pornographie, objets sexuels? ce marché est désormais au centre du développement du capitalisme mondial.

Des États-Unis, en pointe sur la production de films, à la Chine, leader dans l’industrie des sex-toys, en passant par la France, avec une visite du dernier cinéma porno de Paris, la réalisatrice explore ce milieu qui fut longtemps laissé en marge mais qui occupe une place de plus en plus visible et assumée.

“La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique”

Dans un entretien avec Reporterre, Serge Latouche rappelle l’histoire de la décroissance, et prend ses distances avec la gauche.

Serge Latouche est professeur émérite d’économie et un des principaux inspirateurs du mouvement de la décroissance. On avait envie de le revoir, pour retracer les racines de la décroissance, entre Club de Rome, Illich et Gorz, et savoir où il en est par rapport au pouvoir, aux économistes altermondialistes, et à la gauche.

Reporterre – Quelle est l’histoire de la décroissance ?

Serge Latouche – L’histoire de la décroissance, en tant qu’étiquette, est très brève. Cette appellation a été inventée dans les années 2000 par des « casseurs de pub ». Elle a pour fonction de casser la langue de bois. Comme le dit Paul Ariès, c’est un « mot-obus ». Mais derrière ce mot, il y a tout un projet d’objection de croissance. Et ce projet a une assez longue histoire.

Elle débute en 1972 avec la publication du rapport au Club de Rome Les limites de la croissance. En tant que projet de société socialiste anti-productiviste et anti-industraliste, la décroissance est alors proche de l’écosocialisme qui apparaît dans les mêmes années avec André Gorz. Cette première phase de la décroissance est essentiellement une phase de critique de la croissance : on veut l’abandonner car elle n’est pas soutenable. C’est une phase « écologique ».

Mais un second courant, porté par Ivan Illich – qui a d’ailleurs refusé de participer au Club de Rome –, est apparu en disant que ce n’est pas parce que la croissance est insoutenable qu’il faut en sortir, mais parce qu’elle n’est pas souhaitable !

C’est la critique du développement – terme que l’on utilise dans les pays du Sud comme équivalent de la croissance au Nord –, c’est le mouvement post-développementiste. Personnellement, je me rattache à ce courant-là depuis que j’ai viré ma cuti au milieu des années 1960 alors que j’étais au Laos. La fusion de ces deux courants s’est opérée à l’occasion du colloque organisé en février-mars 2002 à l’Unesco « Défaire le développement, refaire le monde ».

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Grégory Dorcel: «Le sexe doit avoir un environnement haut de gamme»

A l’occasion du Salon de l’érotisme, Grégory Dorcel, PDG du groupe Marc Dorcel, confie à «20 Minutes» ses inquiétudes sur l’évolution du marché de la pornographie…

Chez les Dorcel, le porno est une affaire de famille. Après Marc, c’est son fils Grégory qui a pris la tête du groupe.

Avec 26 millions d’euros de revenus annuels, Marc Dorcel est le premier producteur mondial dans l’industrie de la pornographie.

Face à l’avènement des pureplayers, AdultFriendFinder et ses 350 millions d’euros de chiffre d’affaires ou Manwin, qui détient 50% des plateformes illégales ainsi que les activités télévisuelles de Playboy, Grégory Dorcel fait le pari de la qualité. A contre-courant du marché français du sexe.

Le porno payant avec la crise, c’est fini?

Marc Dorcel a connu 10% de croissance en 2010-2011 mais le marché de la pornographie est une catastrophe. Nous avons multiplié les investissements et les innovations: les magazines, les chaînes de télévision, la 3D, les services multimédia. Nos concurrents ont arrêté les investissements et donc la qualité. La majorité d’entre eux disparaît.

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Assassins Économiques

Petit résumé animé d’une interview déjà présentée sur Fortune, intitulée “Confessions d’un Assassin Financier” qui révèle la manipulation des économies du monde par les États-Unis.

Cette espèce d’assassins est constituée par des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre.

John Perkins sait de quoi il parle, c’était son “métier.” Il a exercé pour le compte des États-Unis et il confesse aujourd’hui ses terribles manipulations.

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La (re)traite des Blanches

Tous les arguments sont bons pour tenter de décrédibiliser la réforme des retraites, pourtant nécessaire car mettant en cause la solidarité intergénérationnelle et l’obligation d’aliments collective à l’égard de nos vieux.

Halde là !

C’est ainsi que l’on se lamente sur l’injustice de la réforme qui pénaliserait les femmes, lesquelles se verraient contrainte de prendre leur retraite plus tard que les hommes. La belle affaire ! Et d’expliquer que « l’avenir de l’homme », comme le chantait Ferrat, est obligé de s’arrêter de travailler pour élever les enfants ce qui le conduit à avoir des carrières en dent de scie, entre temps partiel et pluriactivité.

Doit-on rire ou pleurer devant une telle tartufferie de la gauche syndicale et politique qui puise son argumentaire dans un avis de la HALDE du 13 septembre écoulé et l’agite comme un vague chiffon programmatique ?

La Haute Autorité, dans sa lutte guillotinesque pour l’égalité à tout prix, « s’est saisie d’office de la question des inégalités de genre en matière de retraite » (sic !) et après avoir affirmé que « les femmes travaillent plus souvent à temps partiel, qu’elles évoluent dans des métiers moins rémunérateurs et qu’elles font moins d’heures supplémentaires [à quoi] s’ajoutent (…) les conséquences pour les femmes de la maternité sur leur déroulement de carrière et leur rémunération ainsi que les impacts de la répartition des responsabilités en matière de garde d’enfants (selon l’Insee les femmes assument 80% du noyau dur des tâches domestiques) et de garde des personnes dépendantes », appelle le gouvernement à « favoriser et rééquilibrer l’accès [des femmes] au congé parental » et à mettre en œuvre des mécanismes compensatoires destinés à corriger l’inégalité hommes/femmes dans l’accès à la retraite.

La femme à barbe

Si tout cela semble bel et bon, il s’agit de ne pas se laisser berner par un discours dont la sincérité de façade masque, en réalité, une manœuvre idéologique destinée à faire prendre les vessies d’aujourd’hui pour les lanternes d’hier.

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Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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