La Haute finance à l’assaut de votre patrimoine génétique

Le dieu-argent de la haute finance est un dieu gourmand voire vorace. Il n’a jamais de sensation de satiété. Ce 21ème siècle est son heure. Il s’est coup sur coup approprié sans grande difficulté le marché de l’emploi, a saboté le concept d’Etat-Nation, a privatisé les services publics, a démantelé les institutions publiques de plus en plus soumises aux besoins impératifs du marché mondial, a confisqué les capitaux de retraite et autres épargnes, a mis la main sur les ressources naturelles mondiales, a siphonné les monnaies nationales et les excédents des balances publiques, etc. La privatisation de la planète et de ses ressources est ainsi une réalité difficilement contestable.

Les exploits du dieu-argent sont innombrables. Le plus déterminant pour l’avenir de l’humanité serait la réussite du renversement déjà bien engagé de la suprématie des législations nationales en sa faveur. Pour faire simple, le système du dieu-argent supplante aujourd’hui les gouvernements qui lui ouvrent grand les portes de leurs territoires et de leur législation dans une ambiance d’impuissance mêlée d’un certain fatalisme.

Que ce transfert de la suprématie du peuple en faveur des marchés financiers soit reconnu constitutionnellement et l’on verra tomber tout rempart protecteur de l’homme, de son identité et par extension de l’humanité.

Cette fragilisation des droits de l’humain et de sa liberté de disposer de lui-même dans un environnement sécurisé est fortement aggravée actuellement par une technologie massivement soutenue par les marchés financiers qui a pris une option claire pour le transhumanisme.

Eugénisme, marchandisation de l’être humain, captation du patrimoine génétique, humanisation des robots et robotisation de l’humain sont devenus non seulement possibles mais exigés par des décideurs inconnus cachés derrière les marchés financiers.

La bataille de fond qui se livre actuellement est celle de l’identité de l’humanité, des libertés inaliénables et gratuites de l’homme. L’enjeu : La privatisation de la VIE et de l’immortalité. Rien de moins !

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Le transhumanisme, ce nouvel eugénisme ?

Le transhumanisme apparaît de façon récurrente dans l’actualité : neurosciences, intelligence artificielle, robotique, séquençage de l’ADN, autant d’ « avancées » qui sont les parties émergées de l’iceberg. Gènéthique se penche sur les fondements de ce courant qui prend de plus en plus de place dans notre vie quotidienne et semble être une résurgence de la pensée eugéniste. Deux philosophes, respectivement spécialistes de ces courants, livrent leurs réflexions sur les convergences entre eugénisme et transhumanisme.

Gènéthique : Pouvez-vous donner, chacun selon votre spécialité, une définition de l’eugénisme et du transhumanisme en rappelant les sources historiques et philosophiques de ces courants ?

D. Moyse : Historiquement, l’eugénisme est né sous l’impulsion de Francis Galton, le cousin de Darwin, au XIX ème, et son projet était « d’améliorer l’homme ». On voit donc aussitôt que l’eugénisme est, dans une certaine mesure, la forme initiale de l’intention d’ « augmenter l’homme » ! L’eugénisme s’est déployé sous deux formes, dites « positive » et « négative ». La première relevait de l’intention de produire les hommes les « meilleurs », par croisement des « spécimens humains » eux-mêmes supposés dotés d’aptitudes excellentes. La forme négative se manifestant de son côté par l’élimination des « moins bons », par le moyen de la stérilisation notamment.
Il convient d’insister sur le fait que l’eugénisme n’est nullement réductible à ses exactions ostensiblement criminelles, et qu’il ne fut pas du tout l’apanage des régimes politiques totalitaires, en particulier fascistes.