La crise va aggraver la délinquance

La politique d’austérité liée à la crise économique entraînera une hausse quasi automatique de la délinquance en France et le gouvernement aurait tort de réduire les moyens et les effectifs des forces de l’ordre: tel est le message de Nicolas Comte, réélu mardi à la tête du premier syndicat de police de France, Unité/SGP/Police.

Les plans de rigueur auront pour conséquence une hausse irrémédiable de la délinquance, il ne faut pas baisser la garde,” a-t-il dit mercredi. “Quand vous avez des taux de chômage extrêmement élevés, notamment dans des classes d’âge, chez les jeunes, cela a des conséquences sur le front de la sécurité,” ajoute-t-il.

Les policiers s’inquiètent à la fois du gel des dépenses annoncé par le Premier ministre François Fillon face à la crise de l’euro et de la poursuite de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Celle-ci doit entraîner la suppression d’environ 10.000 postes entre 2007 et 2012 en prenant en compte les recrutements prévus qui n’ont pas été réalisés, selon le syndicat. La police emploie environ 120.000 fonctionnaires.

Pour Nicolas Comte, il est clair que le métier de policier “va traverser une zone de tempête liée à la crise économique. On nous dit: ‘Nous ne pouvons pas toucher à la RGPP’. Mais la crise impose que l’ordre règne en France,” explique-t-il.

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L’alchimie de la crise financière

Par Jacques Guerber, dirigeant de banque, ancien président du directoire de Dexia-Crédit Local de France.

Le cœur de la crise financière peut se résumer en une gigantesque opération d’alchimie ayant permis de transformer, à partir de 2005 et à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars, le plomb, en l’occurrence des prêts immobiliers à des clients parfaitement insolvables, en or, en pratique des placements financiers rémunérateurs et bénéficiant de la meilleure note des agences de notation. En 2007 et 2008, l’or redevient très brutalement plomb, pour le plus grand malheur de ses acquéreurs.

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Fulcanelli et l’alchimie au centre du portail ouest de la cathédrale Notre Dame de Paris.

Le procureur de New York, Joseph Cuomo, vient de lancer une enquête auprès des banques d’investissement et des agences de notation, avec pour objectif de déterminer s’il s’est agi d’une expérience de chimie qui a mal tourné ou d’une escroquerie à grande échelle.

Que s’est-il passé ? Il y a une vingtaine d’années se développèrent de nouvelles techniques financières, titrisation et structuration, permettant de proposer aux investisseurs des titres adossés à des portefeuilles de centaines ou de milliers de prêts (ou d’obligations). La difficulté, pour les investisseurs, d’apprécier le risque de ces titres aurait condamné ces techniques à demeurer confidentielles, sans l’intervention des agences de notation.

Pour ce faire, celles-ci ne se sont pas appuyées comme à leur habitude sur le jugement de leur comité de notation, mais sur des modèles mathématiques simulant le comportement de ces milliers de prêts individuels dans des hypothèses de stress.

En pratique, le stress pris comme référence était le niveau de défaillance le plus élevé rencontré dans le passé pour le même type de prêts plus une marge de sécurité. Sur la base de ces calculs, les agences ont attribué des notes à ces titres complexes en utilisant la même échelle de notation que celle qu’elles utilisaient pour noter des États ou des grandes entreprises.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Obama accueille un sommet d’entrepreneurs du monde islamique

Lors d’un sommet d’entrepreneurs du monde islamique organisé lundi à Washington, le président américain a annoncé une série d’échanges commerciaux et liés à l’éducation avec des pays musulmans, signe de sa volonté de forger de nouveaux liens avec le monde islamique.

Le président a prononcé une allocution lors de ce sommet qu’il avait promis d’organiser à l’occasion de son grand discours du Caire en juin dernier, au cours duquel il avait plaidé pour un “nouveau départ” dans les relations entre le monde musulman et l’Amérique.

En nous écoutant les uns les autres, nous avons été capables de créer des partenariats,” s’est félicité M. Obama, notant que le Fonds pour la technologie globale et l’innovation, destiné à soutenir les investissements dans le monde musulman, avait “le potentiel de mobiliser” deux milliards de dollars d’investissements privés.

Le président a également dévoilé une série de partenariats destinés à renforcer les échanges économiques entre les États-Unis et les pays musulmans.

La Maison Blanche espère que ce sommet de deux jours contribuera à approfondir les relations en allant au-delà des discussions sur le terrorisme et les conflits, qui ont dominé les échanges diplomatiques entre les États-Unis et le monde musulman depuis plusieurs décennies.

En ouvrant cette réunion, le secrétaire américain au Commerce, Gary Locke, a souligné que le soutien au développement économique des pays musulmans serait bénéfique à cette partie du monde, mais aussi à l’économie et à la sécurité des États-Unis.
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Crise mondiale de l’emploi : le FMI nous propose de partager… le chômage !

Doit-on partager le travail ou le chômage ? La question, loin d’être anodine, pourrait être, en ces temps de chômage de masse, à la base d’un choix de société pour le futur. Dans le cas du FMI, on a une solution : mettre fin rapidement aux “privilèges scandaleux” des salariés en CDI !

Quelle est l’analyse du FMI sur la situation du chômage ?

Le FMI s’inquiète de la situation et écrit dans un chapitre des “Prévisions économiques mondiales” semestrielles :

(…) Le FMI a basé ces prévisions sur un examen des tendances de l’emploi lors des phases qui ont suivi les précédentes récessions mondiales. Pour plusieurs économies développées, la possibilité d’une reprise lente de l’activité et la nature de la récession récente présage de taux de chômages élevés à court terme”, a prévenu le Fonds.(…) Comme un chômage élevé peut rapidement devenir un problème structurel, cela pourrait entraîner des difficultés politiques et sociales graves (…) La profondeur et la durée de la Grande récession dans plusieurs économies développées, ont créé la nécessité de certains ajustements structurels pour leurs marchés du travail (…) La tâche des responsables politiques est de faire en sorte que cet ajustement se fasse le plus en douceur possible et de minimiser les conséquences économiques et sociales de long terme d’un taux de chômage obstinément élevé (…)

Et quelle sont ses suggestions, proposées dans son rapport ?

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L’Union Européenne devrait-elle subventionner la sécurité d’Israël ?

L’intégration d’Israël dans le programme européen de recherche lié à la sécurité ébranle les engagements d’impartialité de l’UE au Moyen-Orient.

Depuis que la Communauté Européenne a commencé à financer la recherche en 1984, autant les montants des fonds que la variété des sujets proposés ont considérablement augmenté (le dernier programme-cadre FP7 a un budget de 53 milliards d’euros sur sept ans). Il en va de même de la participation de chercheurs extra-européens à des projets accomplis en collaboration.

Per capita, aucun pays non-membre de l’Union Européenne n’a autant bénéficié des largesses de l’UE qu’Israël. En effet, selon la Commission Européenne, l’UE est maintenant deuxième à la Fondation des Sciences d’Israël en tant que source de fonds de recherche pour les associations académiques et les entreprises publiques israéliennes.

De plus en plus, en Israël, ce fonds aboutit dans le secteur déjà en pleine expansion de la sécurité. Les revenus israéliens tirés des exportations de produits liés au contre-terrorisme atteignent maintenant, selon le gouvernement israélien, un milliard de dollars par an.

Depuis qu’Israël a été intégré dans la « zone de recherche européenne », la Commission a conclu des douzaines de contrats lucratifs pour le plus grand plaisir d’Israël Aerospace Industries (une entreprise publique de fabrication de drones), de Motorola Israel (producteur de « barrières virtuelles » autour des colonies israéliennes) et d’Elbit Systems (l’une des plus grandes firmes privées de technologie militaire en Israël, qui prend en charge, autour de Jérusalem, des segments du « mur de séparation » construit entre les communautés juives et palestiniennes, pour reprendre le terme des Nations Unies).

Quelques 58 projets de recherche liés à la sécurité de l’UE sont maintenant financés par les 1,4 milliards d’euros de la composante recherche-sécurité du FP7. Des compagnies et institutions israéliennes participent à 12 d’entre eux. Parmi ceux-ci, elles en dirigent et coordonnent cinq. Seuls la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et l’Italie dirigent plus de projets.

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Les nanotechnologies, mal connues du grand public, au coeur d’un débat houleux

Le débat public sur les nanotechnologies a mis en lumière un “consensus sur la nécessité” de recenser ces substances et de fournir “une information large, précise et continue”, relève dans un bilan rendu public mardi la commission chargée d’organiser ce débat.

Les matières et déchets radioactifs font l’objet d’un large inventaire national rendu public. Pourquoi ne pas procéder de la même manière pour les nanotechnologies, note la Commission nationale du débat public (CNDP) en résumant dans ce bilan et dans un compte-rendu les propositions avancées lors du débat.

Organisé du 15 octobre au 23 février dans 17 villes en France, il a été “particulièrement perturbé” à Lille, Grenoble, Rennes, Lyon et Marseille et les trois dernières réunions (Orsay, Montpellier, Nantes) ont été annulées et remplacées par des débats sur internet, rappelle la CNDP.

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L’immense gaspillage de la nourriture

Au moment où l’on parle d’augmenter les productions agricoles de tous les pays, certains spécialistes ont rappelé que chaque année, 40% de l’alimentation disponible aux États-Unis sont jetés (cf. la revue PLoS One de la Public Library of Science), ce qui entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée pour ces productions…. et, si besoin était, confirment d’autres études plus anciennes concernant les pays développés : partout, on retrouve ces mêmes 30 ou 40% gaspillés.

La nouveauté est que le phénomène touche à présent les pays en voie de développement, où les pertes varient entre 10 et 60% des récoltes. Dans les pays riches, le gros des pertes se place « en bout de chaîne », car la distribution rejette, pour des raisons esthétiques (couleur, calibrages des fruits et des légumes par exemple) et fixe des dates de péremption de « large » sécurité.

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La défense française se privatise, comme aux USA

Sur le blog «Défense en ligne», Philippe Leymarie revient sur les problématiques actuelles de la défense française : la privatisation et la robotisation de la guerre, qui sont déjà une réalité outre-Atlantique.

Tombe d'Alain-Fournier

« Les forces armées face au défi de la privatisation de l’action militaire » : ce colloque international organisé le 18 mars dernier à l’Ecole Militaire à Paris, a mis en évidence le gouffre qui sépare, dans ce domaine, les pays dits anglo-saxons – USA, Canada, Royaume uni – où de larges pans de l’activité de défense et de sécurité sont abandonnés aux sociétés militaires privées (SMP), de la plupart des autres, soucieux de conserver dans le giron des Etats l’essentiel des fonctions « régaliennes », et plus regardants sur les activités qui pourraient être concédées à des entreprises privées…

Il y a actuellement en Afghanistan moins de soldats réguliers américains que d’effectifs de « contractors » privés : gardes du corps ; techniciens ; agents pour la protection de bâtiments ou de personnalités, la sécurité d’ONG, l’escorte de convois, le déminage, etc. Une partie de ces 100 000 hommes sont recrutés sur place, parmi les anciens militaires, policiers ou miliciens (dont se débarrassent les chefs de guerre locaux).

En Irak, 160 000 civils (dont plus de 13 000 « soldats de fortune », armés) assistent, complètent, côtoient les 189 000 militaires réguliers, en majorité américains. La Cour des Comptes, à Washington, vient d’étudier cinq cas particuliers de SMP américaines opérant dans ce pays : quatre interventions sont considérées comme meilleur marché, au final, que le recours aux forces régulières ; mais la Cour pointe les autres facteurs à prendre en considération (sélection, légalité, qualité, contrôle, perte de savoir-faire). Dans les faits, la population ne fait pas la différence entre les étrangers en armes et leurs statuts.

Fonds opaques

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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Comment franchir le cap de l’effondrement, aux USA… voire en Europe ? (redif.)

Dmitry Orlov est né à Leningrad (Saint Pétersbourg) et a immigré aux États-Unis à l’âge de douze ans. Il a été témoin de l’effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990.

Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique. Il est aussi un théoricien majeur du pic pétrolier, dont les travaux ont été publiés sur des sites tels que Life After the Oil Crash et Power Switch.

Il est l’auteur iconoclaste de “Reinventing Collapse — Soviet Example and American Prospects” (Réinventer l’effondrement – Exemple soviétique et perspectives américaines).

Nous vous proposons ici de larges extraits de trois de ses conférences ( 123 ), récemment données aux USA, où il compare l’effondrement qu’il prévoit pour ce pays, à celui qui a frappé l’URSS, et conseille à ses auditeurs différentes méthodes pour en franchir le cap.

Nul doute que la situation qu’il anticipe, comme ses solutions, soient assez largement transposables à l’Europe, dans l’hypothèse où la débâcle des Etats-Unis s’y propagerait.

Avertissement : cet article, d’un intérêt exceptionnel, est d’une longueur inhabituelle, malgré les coupes pratiquées dans les trois textes présentés. Si vous êtes pressé, sachez qu’ils se complètent, mais peuvent être lus séparément.

  • I – L’Union soviétique était mieux préparée à l’effondrement que les États-Unis (4 décembre 2006) Lire la suite

Données bancaires : l’UE se braque (contre les USA)

Washington parle de revers dans la coopération antiterroriste.

Le Parlement européen a bloqué jeudi, à une nette majorité, un accord controversé permettant le transfert aux Etats-Unis de données bancaires de citoyens de l’Union européenne, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Par 378 voix contre 196, ses membres ont exercé, pour la première fois, un droit de veto sur les accords internationaux, ce que leur permet, depuis début décembre, le nouveau Traité de Lisbonne, régissant le fonctionnement des institutions européennes.

Plus d’accès au réseau Swift

L’accord, signé fin novembre par les ministres de l’Intérieur de l’UE, permettait aux Etats-Unis de continuer à «tracer» le financement du terrorisme en utilisant les données bancaires collectées par Swift, une société basée en Belgique et dont 8000 institutions financières utilisent le réseau.

Mais le Parlement a suivi la recommandation faite, la semaine dernière, par sa Commission des libertés civiles, qui s’était inquiétée de la protection des données privées européennes et s’était prononcée pour de nouvelles négociations associant le Parlement.

Le New York Times avait révélé, en avril 2006, que Swift transmettait des millions de relevés de transactions bancaires à la CIA et au Trésor américain depuis 2002, forcé par un organisme antiterroriste créé après les attentats du 11 septembre 2001 d’ouvrir ses serveurs basés aux Etats-Unis. Ceux-ci contenaient des copies des transactions intra-européennes stockées dans le centre principal de Swift aux Pays-Bas.

Suite à ce scandale et à l’ouverture d’enquêtes par plusieurs gouvernements européens, Swift avait entrepris de modifier ses systèmes, entamant la construction d’un troisième centre informatique, dans un lieu tenu secret de la région zurichoise.

Revers pour les lobbies américains
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Retraites : un hold-up d’Etat

Le gouvernement s’apprête à réaliser un casse sur les retraites des 20 millions de salariés du privé dans la plus grande discrétion, révèle l’association Sauvegarde Retraites. Il profite du changement de statut de La Poste pour remplir les caisses de l’Ircantec, régime de retraite bénéficiant aux élus et fonctionnaires non titulaires. Et ce sont les cotisants de l’Arrco et de l’Agirc, c’est-à-dire les salariés et cadres du privé, qui sont détroussés. Le tour de passe-passe au profit du public orchestré par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, est une première.

Quelles en sont les (grosses) ficelles ? Pour comprendre, il faut savoir que les employés de La Poste embauchés avant 1990 ont un statut de fonctionnaire et la retraite qui va avec. Depuis 1990, les pensions des postiers relèvent de l’Ircantec et, à partir de cette année, les nouveaux embauchés tomberont dans le régime commun (Sécurité sociale plus Arrco-Agirc). À l’occasion de ce changement, le Sénat a fait passer un amendement accepté par Christian Estrosi qui prévoit que l’Ircantec recevra une soulte du régime Arrco-Agirc. On parle de 5 à 6 milliards d’euros, rien à voir donc avec un pourboire ! L’argument avancé pour justifier la soulte est spécieux, estime Sauvegarde Retraites.
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Sondage – Les Français et l’économie : une nation de schizophrènes ?

Un sondage TNS-Sofres a été réalisé fin octobre pour essayer de décrypter le complexe rapport des Français à l’économie et à l’entreprise. Le résultat en est troublant.

Il a été demandé si certains mots évoquaient des valeurs positives ou négatives. Certains termes sont sans surprise des valeurs-repoussoir : mondialisation, capitalisme, profit, libéralisme (avec respectivement 73, 72, 56 et 53% d’opinions négatives).

D’autre résultats sont plus surprenants : la nationalisation est majoritairement une valeur négative, tout comme le protectionnisme (52%/48%) ; l’entreprise privée (28% négatif) est mieux vue que l’entreprise publique (33%) et que l’administration (51%). Enfin, les valeurs travail/argent/consommation sont plébiscitées (84%/71%/66% de positif), mais aussi… le temps libre (94% de positif).

On peut dire que ces simples attributions sont bourrées de paradoxes : le libéralisme est majoritairement repoussé, mais les nationalisations aussi (retour du “ni-ni” ?) et, plus surprenant, les Français ont plus confiance dans le privé que le public. Le capitalisme et le profit sont conspués, mais pas l’argent et la consommation. Le travail est une valeur-refuge (une des explications de l’élection de Nicolas Sarkozy ?), mais le temps libre aussi (donc, a priori, pas de remise en cause des 35 heures).

Ces multiples paradoxes montrent que les français sont perdus. Mais, surtout, qu’une dichotomie (voire schizophrénie) croissante s’opère entre l’individu-consommateur qui ne veut pas changer son mode de vie (consommation, protection de l’Etat, pollution) et l’individu-citoyen qui ne veut pas subir les conséquences des actes de l’individu-consommateur (capitalisme effréné, taxes, dégradation de l’environnement). Lire la suite

La Russie peut-elle sauver l’Occident ?

Sergei Karaganov est Doyen de la School of International Economics and Foreign Affairs de la Russian Research University – Higher School of Economics. Cet article est basé sur un rapport sur la sécurité euro-atlantique préparé par le groupe russe du Valdai Club, dirigé par le professeur Karaganov.

Les rapides bouleversements dans l’économie mondiale et dans la politique internationale mettent au jour, une fois encore, un éternel sujet d’inquiétude en Russie : sa relation avec l’Europe, ainsi qu’avec l’ensemble des pays de la région euro-atlantique. La Russie appartient bien sûr en partie à cette région. Mais la Russie ne peut et ne veut s’y associer sans réserves – du moins pas pour l’instant. La situation est pourtant bien différente aujourd’hui.

Il semble de plus en plus manifeste que le monde euro-atlantique, dont les modèles économiques et politiques semblaient si triomphants il y a 20 ans, est maintenant à la traîne derrière la Chine et certains autres pays asiatiques. Il en est de même pour la Russie qui, malgré des discussions encourageantes sur le développement de l’innovation, souffre d’une économie en pleine décomposition puisque la corruption a été autorisée à s’y métastaser et que le pays repose de plus en plus sur la richesse de ses ressources naturelles. L’Asie est finalement le vrai vainqueur de la guerre froide. Lire la suite

La dette de la France à 1.457 milliards d’euros au 3ème trimestre

La dette publique de la France a augmenté de 29,4 milliards d’euros au troisième trimestre 2009 pour atteindre 1.457,4 milliards, soit environ 75,8% du PIB, selon les données publiées mercredi par l’Insee.

Ce pourcentage représente une hausse de 1,9 point par rapport à la fin du deuxième trimestre quand la dette au sens de Maastricht s’élevait à 1.428,0 milliards d’euros ou 74% du PIB (73,9% en première estimation).

Sous l’effet de la hausse de l’endettement, la dette de l’Etat a augmenté de 23,4 milliards d’euros au troisième trimestre pour s’élever à 1.158,8 milliards, précise l’Insee dans un communiqué.

Outre la dette de l’Etat, la dette publique au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des administrations de sécurité sociale (47,6 milliards), des administrations publiques locales (141,6 milliards) et des organismes divers d’administrations centrales (Odac, 109,4 milliards).

La dette des administrations de sécurité sociale a augmenté de 5,9 milliards d’euros et celle des administrations publiques de 0,5 milliard, “un mouvement comparable à ceux observés lors des troisièmes trimestres des années précédentes”, précise l’Insee.

Dans la loi de finances 2010, le gouvernement prévoit que la dette publique passera de 67,4% du PIB en 2008 à 77,1% en 2009, 84,0% en 2010, 88% en 2011, 90% en 2012 et 91% en 2013.

Le seul déficit public [annuel], lui, devrait représenter 116 milliards d’euros en 2009 ou 8,2% du PIB.

Le traité de Maastricht, mis en veilleuse par la crise, plafonne le déficit public à 3% du PIB et la dette à 60%.

La Commission européenne a donné à la France jusqu’à 2013 pour ramener son déficit sous les 3% mais Paris ne juge cet objectif réalisable que si la croissance revient à un niveau de 2,5% ou 3% à partir de 2011, bien au-dessus de la prévision de +0,75% retenue pour 2010.

Dans son communiqué, l’Insee souligne que le profil de la dette trimestrielle demeure révisable pendant plusieurs trimestres et que sa seule observation ne permet pas de présager celle du déficit public.

Reuters

Le secteur des services a été directement touché par la crise économique

Publicité, conseil aux entreprises, location de matériel pour les chantiers… : le secteur des services a été directement affecté par la crise au même titre que l’industrie et la construction.

C’est ce qui ressort d’une note sur les “services marchands”, secteur en forte croissance depuis trente ans, publiée, mardi 10 novembre, par l’INSEE.

Le lieu commun qui consiste à dire que les emplois dans les services sont protégés est faux”, explique Xavier Niel, chef de la division “services” de l’INSEE. “Mais, à l’intérieur de ce secteur, les différentes activités sont différemment impactées.”

Tout d’abord, ce secteur, qui employait plus de 5,2 millions de salariés en 2008, héberge l’ensemble de l’intérim, que cette activité s’effectue dans l’industrie, dans la construction ou dans le tertiaire. Or, la crise a d’abord affecté l’intérim.

“Avec 400 000 emplois équivalents temps plein aujourd’hui, on a perdu 30 % de l’emploi intérimaire en deux ans”, explique François Roux, délégué général de Prisme, le syndicat patronal du secteur. Lire la suite

Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme

Certains textes sont parfois difficiles à présenter ici, nous en avons déjà fait l’expérience (exemple). Pour autant, nous n’entendons pas nous censurer et, par là-même, censurer sur ce site des opinions que nous trouvons intéressantes, sous prétexte que leurs défenseurs ne sont pas “de notre bord”.

Redisons donc que, comme d’ailleurs pour les textes ou vidéos exprimant des pensées plus “orthodoxes”, chaque fois que nous citons un auteur “de gauche” ou “hétérodoxe”, une telle publication ne revient pas à cautionner toutes les options de cette personne, ni en général, ni dans le détail de l’article publié.

Tel est le cas de Slavoj Zizek (philosophe, psychanalyste, ancien candidat du parti Démocratie libérale slovène en 1991 à la première élection présidentielle libre qui a précédé l’indépendance de son pays en 1991), personnalité clairement “de gauche”, que le chapitre “critique” de Wikipédia présente même comme “stalinien”. Au lecteur de juger.

Vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, ce 9 novembre : célébrer cet événement devrait nous donner à réfléchir.

C’est un lieu commun que d’insister sur ce que ces événements ont eu de “miraculeux”.

Un rêve est devenu réalité, il s’est passé quelque chose qu’on n’aurait même pas envisagé quelques mois auparavant : des élections libres, la fin des régimes communistes qui se sont effondrés comme un château de cartes. Lire la suite