Dmitry Orlov : “Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain”

Par Dmitry Orlov - Juin 2005

Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle — symétriquement appelé les États-Unis1 — ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second.

Les gens raisonnables ne soutiendraient jamais que les deux pôles aient été exactement symétriques ; en même temps que des similitudes significatives, il y avait des différences également significatives, les unes et les autres étant valables pour prédire ce qu’il adviendra de la seconde moitié du géant super-puissant aux pieds d’argile qui autrefois enjambait la planète, lorsqu’elle se désagrégera aussi.

J’ai voulu écrire cet article pendant presque une décennie à présent. Jusqu’à récemment, cependant, peu de gens l’auraient pris au sérieux. Après tout, qui aurait douté que la locomotive économique mondiale que sont les États-Unis, ayant récemment gagné la guerre froide et la guerre du Golfe, continue, triomphalement, vers l’avenir brillant des super-autoroutes, des jets supersoniques et des colonies interplanétaires ?

Mais plus récemment le nombre de sceptiques a commencé de croître régulièrement. Les États-Unis sont désespérément dépendants de la disponibilité de pétrole et de gaz naturel peu chers et abondants, et accrochés à la croissance économique. Une fois que le pétrole et le gaz seront devenus chers (tels qu’ils le sont déjà) et de plus en plus difficiles à obtenir (l’affaire d’une année ou deux tout au plus), la croissance économique s’arrêtera et l’économie américaine s’effondrera.

Beaucoup de gens railleront ce pronostic déprimant, mais cet article devrait trouver quelques lecteurs tout de même.
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États-Unis : Après la faillite, le retour au Far West

Quel rôle l’État doit-il jouer, peut-on vivre avec le moins d’État possible ? Cette thématique était au centre de la dernière élection présidentielle américaine. Reportage dans deux villes qui partagent un même sort: elles sont au bord de la faillite. Mais c’est leur seul point commun.

Trenton, capitale du New Jersey, à majorité noire et hispanique, est complètement dévastée – et vit désormais avec une force de police amputée d’un tiers. Résultat : les crimes ont augmenté de façon spectaculaire. Une insécurité qui la fait glisser un peu plus dans l’abîme.

A une heure à peine de New York c ’est l’une des villes les plus dangereuses des États-Unis, un terrain de jeu pour les gangs et les dealers, et pourtant Trenton a dû licencier plus de 100 policiers, soit un tiers de ses effectifs. A l’image de nombreuses cités américaines au bord de la faillite, elle n’a même plus les moyens de payer pour la sécurité publique.

Colorado Springs, elle, vit aussi au régime sec, mais ici c’est un choix délibéré. Dans cette ville au pied des Rocheuses, le «moins d’État», c’est presque une religion.

Quand la crise a frappé, la ville de Colorado Springs a sauvé ses policiers, mais elle a sabordé d’autres services publics. Lampadaires éteints, parcs laissés à l’abandon, piscines fermées : les citoyens se sont réveillés du jour au lendemain dans un tout nouvel environnement. Ce qui est vraiment surprenant, c’est le programme d’adoption qui a été lancé par la ville: ainsi les plus riches ont pu se payer leur lampadaire ou leur parc… Et les businessmen les plus importants en ont profité pour prendre les rênes.

Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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La dangeureuse dérive de la « démocratie » américaine

Depuis 1945, nous avons pris l’habitude de considérer des Etats-Unis comme la première des démocraties, par la taille comme par l’exemplarité. Si cette appréciation a longtemps été juste, elle n’a malheureusement plus lieu d’être aujourd’hui, tant la situation a changé outre-Atlantique et ne cesse de s’éloigner des critères qui fondent ce système politique.

Par Eric Denécé

En effet, de nombreuses évolutions, consécutives à la nouvelle législation adoptée suite aux attentats du 11 septembre 2001, afin de renforcer la sécurité du pays par tous les moyens, ont progressivement éloigné les Etats-Unis du modèle démocratique qu’ils revendiquent. Sur le plan intérieur, les nouvelles lois antiterroristes adoptées sont attentatoires aux libertés civiles et confèrent à l’Amérique, par de nombreux aspects, les caractéristiques d’un Etat policier. Sur le plan extérieur, l’unilatéralisme et le mépris du droit international de Washington expriment un égoïsme et une tendance hégémonique de plus en plus préoccupants.

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États-Unis : 25 faits sur la ville de Détroit qui vous ébranleront

Détroit, une des villes qui a incarné le mieux le rêve américain, s’est déclarée en faillite jeudi dernier. Une juge a cependant contesté cette procédure, ce qui signifie que la déclaration officielle de faillite pourrait prendre des mois. Sur son blog « The Economic Collapse », Michael Snyder énumère 25 faits choquants sur cette ville autrefois prospère :

✔ La ville de Détroit doit de l’argent à plus de 100.000 créanciers ;

✔ La ville est endettée à hauteur de 20 milliards de dollars. Cela représente plus de 25.000 dollars par habitant (700.000 habitants vivent maintenant à Détroit, alors que la ville en comptait 1,8 millions à sa période de gloire) ;

✔ En 1960, Détroit était la ville qui se targuait d’offrir le plus haut revenu par tête de l’ensemble des Etats-Unis ;

✔ En 1950, la ville offrait 296.000 emplois dans l’industrie. Aujourd’hui, il y en a moins de 27.000 ;

✔ Entre Décembre 2000 et Décembre 2010, l’Etat du Michigan a perdu 48% de ses emplois manufacturiers ;

✔ De nombreuses maisons sont en vente à Détroit pour moins de 500 dollars ;

✔ Près de 78.000 maisons de la ville sont abandonnées ;

✔ Environ un tiers de l’ensemble de l’agglomération (362 kilomètres carrés) est inhabité ou en ruines ;

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États-Unis : Et si le pays se préparait à la guerre du climat ?

La multiplication des événements climatiques extrêmes et leurs conséquences économiques (pour la tornade Sandy, entre 33 et 55 milliards de dollars!), couplés à une raréfaction et à une compétition pour les ressources (eau, pétrole, terres cultivables, minerais) obligent les États-Unis à repenser entièrement les bases de leur puissance stratégique, leur défense et leur sécurité en y introduisant la prise en compte du développement durable.

Lors de la guerre d’Irak, le transport des ressources nécessaires au maintien du fonctionnement des climatiseurs militaires coûtait très cher en convois de pièces détachées et de carburant, attaqués au quotidien.

Une nouvelle science naît à la croisée des études stratégiques, de la sociologie de la Défense et de la sécurité environnementale, dont Jean-Michel Valantin est l’un des tout premiers spécialistes. Quand la Nature est la clé de la Guerre ou de la Paix sur la Planète,

L’immanquable contre-histoire du Net

Documentaire d’exception qui retrace la (véritable) histoire de l’Internet. Loin de vanter les travaux de la Darpa, l’agence de recherche militaire américaine qui a créé les bases du réseau, les deux auteurs Jean-Marc Manach et Julien Goetz ont préféré mettre en avant le travail des centaines de hackers et bidouilleurs trop souvent oubliés.

Dans l’ombre, ces aventuriers du code informatique ont réussi à transformer un tas de câbles pas très sexy en le plus formidable outil de télécommunications de l’histoire de l’humanité. “La plupart des gens qui ont créé Internet étaient des hippies, ils prenaient du LSD !” assène en introduction John Perry Barlow, cofondateur de la très respectée Electronic Frontier Foundation (EFF), qui milite pour les libertés en ligne.

“Au début, le système n’essayait pas de contrôler les êtres humains”, se souvient quant à lui Richard Stallman, gourou du logiciel libre et créateur de GNU, un élément vital de ce que l’on appelle communément Linux.

Un outil “dont aucun dictateur n’aurait osé rêver

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Algérie : Identification rétinienne pour les clients de la banque postale

La reconnaissance rétinienne sera prochainement introduite en Algérie dans les bureaux d’Algérie Poste. Ces banques disposeront d’une base de données où seront enregistrées toutes les données rétiniennes de leurs clients, garantissant selon elles, une sécurité maximale pour ces institutions bancaires.

Les usagers d’Algérie Poste devront donc faire enregistrer leurs données rétiniennes pour pouvoir retirer l’argent de leurs comptes. Pour arriver à cette étape, un dispositif est mis en place grâce au concours d’une caméra qui numérise et cartographie simultanément jusqu’à 400 caractéristiques des yeux des clients de la banque.

La lecture du dessin de la rétine ne prend que quelques secondes. Une fois le balayage terminé, il y a comparaison entre le dessin scanné et les dessins mémorisés dans la base de données.

Dans un reportage diffusé par l’ENTV, le PDG d’Algérie Poste, Mohand Laïd Mahloul, a fait savoir qu’un partenariat a été signé avec un opérateur étranger pour équiper les bureaux de poste afin d’utiliser la reconnaissance rétinienne.
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Israël : Manifestations contre les mesures d’austérité

Plusieurs milliers d’Israéliens ont défilé, samedi 12 mai au soir à Tel-Aviv et dans d’autres villes, pour protester contre le budget d’austérité qui va être présenté lundi par le ministre des finances au gouvernement libéral-conservateur de Benjamin Netanyahu. Ces défilés, dans un climat d’inquiétude socio-économique, faisaient écho à la vague de contestation sociale sans précédent qui avait secoué Israël pendant l’été 2011.

Les manifestants avaient, comme tête de turc, le nouveau ministre des finances, Yaïr Lapid, populiste sorti grand vainqueur des récentes élections législatives en se présentant comme le champion des classes moyennes et de l’égalité sociale.

Pour limiter le déficit budgétaire à 4,65 % du PIB cette année et à 3 % pour 2014, M. Lapid a proposé une hausse de 1,5 % des impôts directs pour les particuliers – limitée à 1 % pour les entreprises –, ainsi qu’une augmentation de la TVA (+ 1 %) et une réduction des allocations familiales.

Les médias israéliens ont fait état de 10.000 manifestants à Tel-Aviv, haut lieu de la contestation en 2011, et de plusieurs centaines à Jérusalem, Haïfa, Modiin, Rishon LetZion et Ashdod. “Il faut prendre aux magnats, pas à nous“, pouvait-on lire sur les pancartes. Sur la sellette, Yaïr Lapid a mis en garde les manifestants contre le risque d’un effondrement de l’économie israélienne, jusque là relativement épargnée par la crise internationale.
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Nanotechnologie : La révolution invisible

Ce documentaire s’interroge sur les nouvelles applications dans les domaines de nos vies, de l’électronique et de la production de nouveaux matériaux. Les nanosciences et nanotechnologies, nommées NST, peuvent être définies comme l’ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matériels à l’échelle du nanomètre.

En accédant à la capacité de manipuler la matière à l’échelle des atomes et des molécules, et d’exploiter les propriétés spectaculaires des objets de taille nanométrique, les nanotechnologies ouvrent un nouveau chapitre dans l’histoire des technologies, celui d’une miniaturisation du domaine de l’invisible.

La nanotoxicologie étudie les risques environnementaux et sanitaires liés aux nanotechnologies. Par exemple, la dissémination à large échelle de nanoparticules dans l’environnement ou dans le corps humain sont sujets à des questions éthiques. Pour certains, ces évolutions technologiques devraient simplifier notre quotidien et rendre le monde plus sûr, plus efficace et plus confortable, mais pour d’autres, le risque est élevé.


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Niger : les forces spéciales protégeront les mines d’uranium d’Areva

Le commandement français des opérations spéciales va envoyer des commandos et du matériel pour protéger les sites miniers d’Areva au Niger. Du jamais-vu.

Par

De manière très inattendue, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a donné son accord en début de semaine à une innovation majeure :

dans un délai très rapide, le COS (commandement des forces spéciales) viendra renforcer la sécurité des principaux sites d’exploitation d’uranium de l’entreprise française Areva au Niger,

à Imouraren, ainsi qu’à 80 kilomètres de là à Arlit, où cinq des actuels otages français du Sahel avaient été capturés par la katiba du chef radical islamiste Abou Zeid en septembre 2010.

Jusqu’à présent, les forces spéciales françaises ne participaient pas directement à la sécurité d’intérêts privés.

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Barbie est-elle esclavagiste ?

Salaires de misère, heures supplémentaires excessives, exposition à de multiples produits toxiques… Les conditions de travail dans les usines chinoises fabriquant des jouets pour le groupe Mattel – Barbie ou Fisher Price – sont jugées indignes par des organisations chinoises et européennes, qui ont enquêté sur place. Ce qui n’empêche pas le leader mondial du secteur de prétendre que ses produits sont conçus dans des conditions socialement responsables. Visite virtuelle dans une usine chinoise.

Oh, la belle chambre de princesse pour la nouvelle poupée Barbie ! Ah, la jolie caserne de pompiers de Fisher Price ! Alors que Noël approche, si vous souhaitez rester en contemplation devant les cascades de jouets, ne pas gâcher votre plaisir et celui de vos enfants au pied du sapin, ni perdre vos illusions consuméristes, arrêtez ici la lecture de cet article.

Car la « compétitivité » de l’industrie du jouet à un prix. Un prix cher payé par le consommateur occidental, vu les tarifs affichés, mais aussi par les ouvrières qui ont fabriqué et assemblé les composants de ces charmants bibelots en plastique. En tout cas pour les ouvrières chinoises qui travaillent pour Mattel, leader mondial de la conception, fabrication et vente de jouets.

Le groupe états-unien commercialise notamment les marques Barbie et Fisher price, et possède les licences pour les figurines de Superman et des Simpson. En 2011, l’entreprise a réalisé 4,8 milliards d’euros de revenus et 590 millions d’euros de bénéfices. Une large part des produits de Mattel sont fabriqués en Chine, où le groupe possède quatre de ses neuf usines, et où sont basés la majorité de ses autres fournisseurs.

Santé et sécurité ? Connaît pas
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Europe : Selon le chef de l’Armée suisse, « la crise de la dette de l’UE constitue la principale menace »

Lors d’une conférence à la Chambre de commerce belgo-suisse à Bruxelles, le commandant de corps suisse André Blattmann, chef de l’Armée, a déclaré que la crise de la dette en Europe et le chômage élevé qui l’accompagne constituaient, pour la Suisse, la plus grande menace en matière de politique de sécurité.

[...] Agacée, la porte-parole de la Commission européenne, Pia Ahrenkilde, a déclaré vendredi passé que Bruxelles ne comprenait pas les peurs de la Suisse. Que la Commission européenne n’avait aucune intention de commenter de pareils «scénario-catastrophe». Selon elle, l’Union européenne est et demeure un projet de paix. «C’est en tant que telle qu’elle a récemment aussi été honorée du prix Nobel de la paix». [...]

Le chef de l’Armée regrette la «colère de Bruxelles», mais il affirme qu’il maintient son point de vue. Il dit que le but de n’importe quelle organisation de sécurité était de se préparer à des cas difficiles. Qu’il avait parlé des risques pour la sécurité en relation avec la crise de la dette. Si des cohortes de réfugiés débordaient sur la Suisse, l’armée devait protéger l’infrastructure nationale sensible, même s’il ne désirait pas voir ce scénario. L’armée a exercé ce cas en septembre, au cours de l’exercice «Stabilo Due».

C’est ce qu’on peut dire de l’énervement provoqué par André Blattmann à Bruxelles. Il n’y a pas eu d’énervement semblable causé par la déclaration de Helmut Schmid, le mercredi 7 novembre, lors du forum économique de l’hebdomadaire de Hambourg Die Zeit. Il a parlé de la «veille de la révolution en Europe»,  formulant ainsi les choses de façon beaucoup plus nette en disant pressentir que “dans toute l’Europe la confiance dans les institutions européennes a diminué.

Mais il faut analyser plus en détail les raisonnements de Bruxelles. La circonstance curieuse que «l’UE a reçu un prix Nobel de la paix» (lequel a été remis au cours des dernières années à plusieurs criminels de guerre), est interprétée par la porte-parole de la Commission européenne comme s’il était impossible qu’il y ait des troubles. Nous nous souvenons encore parfaitement du politicien grec qui a déclaré, il y a quelques semaines, que la Grèce se trouvait dans une situation comparable à celle de la République de Weimar à son époque.
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L 611-1 : Au cœur de l’Inspection du Travail

La France compte 1.300 inspecteurs et contrôleurs du travail pour 1,5 million d’entreprises et 15 millions de salariés. À la fois observateurs et arbitres des conflits sociaux, ils sont aussi les plus proches témoins des transformations du monde du travail qui affectent salariés et chefs d’entreprise.

Pourtant, régulièrement, les missions de ce corps de fonctionnaires sans armes ni uniforme sont remises en question. En suivant pendant trois mois le quotidien de deux inspecteurs, ce film fait la chronique de l’activité d’une section d’inspection du travail dans l’Essonne.

Soldats de Fortune

La guerre va-t-elle devenir une activité commerciale ? Un exemple : l’Irak. Plus de 10 000 militaires privés sont présents dans le pays aux côtés des soldats de la coalition. Ils entraînent l’armée irakienne, gardent les installations pétrolières et les ambassades, escortent les hommes d’affaires. Qui sont ces “guerriers à louer” ? Qui les contrôle ? Comment sont-ils recrutés ? Enquête sur la privatisation de la guerre.

Partie 1:


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Active Denial System / Système de Refus Actif

L’Active Denial System (Système de Refus Actif) est une arme à énergie dirigée utilisant des micro-ondes à haute puissance. Il génère un rayon qui cause une sensation douloureuse. Cette arme “non-létale” est destinée au “contrôle des foules”, consistant à repousser des insurgés se cachant parmi la population, ou à repousser des manifestants hostiles sans les tuer. Cette arme a été déployée en Afghanistan et en Irak, et son utilisation est envisagée pour la sécurité intérieure aux Etats-Unis.

http://www.dailymotion.com/video/xrrtgz

L’ Active Denial System sur Wikipedia.

Département US de la Défense : Section des armes non létales.

Les villes fantômes et barbares de l’American Dream

Le nombre de villes quasiment insolvables ou d’ores et déjà en faillite aux USA ne cesse d’augmenter, imposant une économie urbaine d’apocalypse, avec une régression extraordinaire de tous les services publics. Les échos de cette situation sont de plus en plus nombreux et montrent l’absence totale de programmes nationaux, d’efforts du gouvernement central pour tenter d’enrayer cette tendance. Bien entendu, le gouvernement est lui-même enfermé dans une dette colossale et dans des dépenses colossales pour une politique étrangère de guerres multiples, d’aides à l’étranger pour conserver son hégémonie, d’un réseau de plus de 900 bases à travers le monde. L’Empire se vide de l’intérieur tandis qu’il continue à exercer sa violence extérieure sans aucune contrainte.

The Observer du 15 juillet 2012 consacre un reportage à la ville de Scranton, en Pennsylvanie, sur le point d’être déclarée en faillite. Cela permet d’évoquer le problème général du tissu urbain US, confronté à une situation de crise de “barbarisation” sans précédent. (…)

Le 16 juillet 2012, le site The Economic Collapse consacre un long article à la situation dans douze grandes villes des USA, surtout du point de vue sécuritaire. (L’article donne un très grand nombre de liens renvoyant à des articles publiés sur la situation dans ces villes.) Parmi ces douze villes, on trouve Chicago, Detroit, Philadelphie, Cleveland, St Louis, New Orleans, Oakland, Baltimore… La réduction radicale des services publics, notamment de la police, des pompiers et des services sanitaires, entraîne un effondrement de la sécurité, une augmentation catastrophique du banditisme, l’abandon des taches fondamentales d’entretien du domaine public, avec des quartiers entiers vivant en état de quasi sécession par rapport à l’ordre public, non seulement “zones de non-droit” mais zones détachées même de la référence du droit. Les statistiques nous donnent la référence froide de cette situation (la ville de Flint, dans le Michigan, détient un record, avec un coefficient d’assassinats plus élevé que celui de Bagdad). Certaines scènes font penser à des films hollywoodiens sur la barbarie post-postmoderne s’installant dans les lieux de la civilisation après de grandes catastrophes ou la désintégration de tout l’ordre social. Ainsi, de la ville de St Louis, avec ce “détail” qui nous a particulièrement frappé, où la barbarie et la sauvagerie que produit ce Système semble tout frapper, – à la fois la situation sociale, l’être humain, l’animal, absolument tout…

«The following is from a report by the local CBS affiliate in St. Louis… Lewis Reed is sounding the alarm. “I’ve witnessed packs of dogs, 10 and 15 dogs running together, and I’ve seen all these dogs I’m talking about they don’t have collars, they don’t have tags, these are truly wild dogs,” he said. Reed says stray dogs are terrorizing the north side. “It’s obscene that parents have to walk their kids to school, in some parts of the city, with a golf club to fend off wild dogs.”»

[La suite provient d’un rapport du correspondant de CBS à Saint Louis. Lewis Reed tire la sonnette d’alarme. “J’ai été témoin de meutes de chiens, 10 à 15 chiens, courant ensemble, et j’ai remarqué qu’ils n’ont ni collier ni tatouage ; ce sont de véritables chiens sauvages” dit-il. Reed dit que des chiens errant terrorisent la partie nord de la ville. “Il est effarant que des parents, dans certaines parties de la ville, aient besoin d’accompagner leurs enfants à l’école avec des clubs de golf pour repousser des chiens sauvages”. - (Merci à Irminius pour la traduction)]
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Brésil : Favelas et Contre-Insurrection

Transformer un million de consommateurs clandestins en clients déclarés, en dépit de la simplicité de la formule, est une tâche extrêmement délicate, qui exige la rupture d’un « pacte socio-spatial » qui était en vigueur tacitement dans la ville.“  Eduardo Tomazine Teixeira :

La pacification des favelas de Rio de Janeiro : une « contre-insurrection préventive » ?

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Les télégrammes de la diplomatie américaine divulgués par Wikileaks prouvent que la politique de « pacification » des favelas ressemble beaucoup à la doctrine contre-insurrectionnelle appliquée par les États-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais qui sont les insurgés de Rio de Janeiro ? S’agit-il des narcotrafiquants, dont le pouvoir des armes masque leur médiocre organisation et leurs intérêts purement commerciaux ; ou au contraire, est-ce la population des favelas qui fait l’objet de la « pacification » ?

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Trafic d’organes et prolifération nucléaire

Par Xavier Moreau

Les lecteurs de Realpolitik.tv n’auront sans doute pas été impressionnés par les pseudo-révélations de Wikileaks, sur la politique étrangère des Etats-Unis. Étonnamment, le site « dissident » n’aborde jamais la collusion entre les administrations américaines et les groupes islamo-mafieux, en Bosnie, en Afghanistan ou au Kosovo.

Akim Thaçi

C’est au Conseil de l’Europe que nous devons la mise en exergue, guère nouvelle pour nos lecteurs, de la nature exacte du clan mafieux albanais qui dirige le Kosovo, et plus particulièrement de son chef Akim Thaçi.

Il est difficile de dire ce que deviendra ce rapport. Les sociétés de communication anglo-saxonnes doivent être désormais sur le pied de guerre pour le discréditer, lui ou ses auteurs. Difficile également d’imaginer que cette affaire remonte jusqu’à l’ami personnel d’Akim Thaçi et administrateur du Kosovo à l’époque des exactions de l’UCK, Bernard Kouchner.

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Russie, Inde, Chine : une voie trilatérale vers un monde multipolaire

Une semaine après que le président américain Barak Obama eut annoncé son soutien à l’Inde qui revendique un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Inde et de la Chine (RIC) se sont réunis à Wuhan en Chine, les 14 et 15 novembre.

Les réformes de l’ONU faisaient partie des questions internationales les plus pressantes abordées par S.M. Krishna (Inde), Yang Jiechi (Chine) et Sergei Lavrov (Russie). Mais New Delhi est resté sur sa faim : la rencontre s’est clôturée par un communiqué conjoint en faveur des réformes mais n’allant pas au-delà d’une « appréciation positive du rôle joué par l’Inde dans les affaires internationales » .

La Russie a fortement appuyé la candidature indienne à un siège permanent, mais la Chine a refusé de clarifier sa position, mettant ainsi en évidence une compétition d’ambitions et de projets entre les deux membres pourvus du droit de véto au Conseil de sécurité – Chine et Russie – et le pays qui aspire à les rejoindre à la grande table.

Ces dissonances sur les questions décisives versent de l’eau au moulin des sceptiques qui considèrent que la RIC n’est qu’un club de parlote de plus. Cette conclusion est pourtant erronée. Ce qui compte ici, c’est l’importance croissante de la consultation au sein du trio des puissances émergentes qui détiennent les clés de l’ordre changeant du XXIe siècle.

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Crise systémique : l’heure de vérité approche !

Par Gilles Bonafi

Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance capitale, qui a fait deux lignes dans la plupart des grands quotidiens. En effet, lundi 8 novembre, Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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Poutine propose à l’Europe un nouveau « design économique »

Les 25 et 26 novembre, le premier ministre russe Vladimir Poutine a effectué une nouvelle visite de deux jours en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, et toute l’Europe attache une attention particulière à cet événement. C’est généralement le cas lorsque Moscou et Berlin ont l’intention de lancer des « exercices architecturaux » conjoints en Europe. Mais à l’époque actuelle, alors que l’Union Européenne souffre toujours de la « pathologie affectant l’euro » et que presque tous les pays de l’UE sont contaminés, l’Allemagne est la seule à s’en remettre et ce phénomène suscite une attention d’autant plus grande.

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Chômage : Non, nous n’avons pas tout essayé

Remettre les chômeurs au travail. Tout le monde est à peu près d’accord avec cet objectif alors que notre pays compte environ 3 millions de chômeurs “officiels” (classe A) auquel il faut rajouter 2 millions de quasi-chômeurs. Ensuite, les sentiments des français sont plus ambivalents sur la méthode à appliquer et leur sentiment à l’égard des chômeurs.

Le chômage est, sondage après sondage, LA priorité des français. Un nombre croissant et très important d’entre nous ont peur, pour eux-mêmes, du chômage et du glissement vers la précarité. Ce qui n’empêche pas des sentiments de suspicion à l’égard de ceux qui sont frappés sur le mode du «S’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot». 

En 2005, 70% des français étaient d’accord avec cette assertion, 43% partants pour une réduction de la durée d’allocation et 72% pour couper les allocs à ceux qui, au bout de quelques mois, refusent une offre. Ce sujet traverse toutes les démocraties. Les conservateurs britanniques projettent de durcir drastiquement les règles des allocations chômage britanniques : 1 refus =  3 mois de suspension, 2 refus = 6 mois, 3 refus = 3 ans. Sans compter des Travaux d’Intérêts Généraux.

Alors, les chômeurs sont-ils des fainéants profiteurs du système qu’il faut pousser à retrouver un travail ? Ou sont-ils seulement victimes du système ? Faut-il les indemniser généreusement ou les mettre à la diète? Les former, les faire bosser gratuitement pour la collectivité ? Chaque pays a mis en oeuvre des stratégies plus ou moins heureuses, humanistes, efficaces en fonction de son histoire et de sa culture. Petit passage en revue.

Ajustement entre chercheurs d’emploi et marché : une Theory in Progress

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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OGM : les Etats européens jugent les propositions de Bruxelles « insuffisantes »

La Commission européenne vient de subir un sérieux revers dans le délicat dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les ministres de l’environnement de l’UE ont à une large majorité recalé sa proposition – défendue par John Dalli, le commissaire chargé de la santé européen – de laisser aux Etats la décision de permettre ou non la culture de plantes OGM sur leur territoire. Malmenée la semaine dernière par les ministres de l’agriculture, cette proposition n’a pas trouvé grâce aux yeux des ministres de l’environnement, réunis jeudi 14 octobre à Luxembourg. Or, ce sont eux qui décideront de son sort.

« Nous refusons d’entrer dans la discussion tant que la Commission ne présentera pas des propositions répondant aux demandes votées à l’unanimité en 2008 », a annoncé la secrétaire d’Etat à l’environnement française, Chantal Jouanno, lors d’un débat public avec ses homologues. « Les ministres de l’environnement de l’UE ont à l’unanimité demandé en décembre 2008 (pendant la présidence française de l’UE) un renforcement de l’évaluation des OGM, une analyse des conséquences socio-économiques de leur mise en culture et un renforcement de l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire, dont le rôle a été mis en cause », a-t-elle rappelé ensuite face à la presse. « Rien de cela ne nous a été fourni », a-t-elle déploré.

La majorité de ses collègues ont émis les mêmes doléances. « La Commission est là pour mettre en œuvre les décisions du Conseil, pas pour défendre d’autres orientations », a conclu Mme Jouanno.

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Maurice Allais et le coût de l’immigration (Rediff.)

Peu de domaines ont fait l’objet d’autant de désinformation que l’immigration. Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français, a remis les pendules à l’heure dans un ouvrage paru en 2002, “Nouveaux Combats pour l’Europe, 1995-2002 : Un aveuglement suicidaire. Pour une autre Europe”.

Voici des extraits (pages 52 et 53) de cet ouvrage sans concession. Trois points méritent particulièrement de retenir l’attention :

- l’extension des allocations familiales aux étrangers est dénuée de sens commun ;

- il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix ;

- l’immigration a un coût élevé en termes d’infrastructures d’accueil.

« Il faut mettre fin à l’inconscience totale qui a caractérisé jusqu’ici la politique d’immigration de la France. Lire la suite

Stuxnet n’est pas clair – Cyberguerre contre l’Iran ?

Étrange histoire que celle de Stuxnet, un logiciel informatique malveillant (un «cheval de Troie» ) qui agite beaucoup le monde de la cybersécurité. Repéré depuis juillet, ce virus pourrait bien présenter la particularité d’être le premier vrai outil de cybersabotage (une arme de cyberguerre ou de cyberterrorisme, si l’on préfère) capable de s’en prendre sérieusement à des infrastructures vitales.

La centrale nucléaire de Bushehr, en Iran

Résumons : le virus se propage par des clefs USB et profite d’une faille de Windows, il est nocif et sophistiqué, il aurait été repéré en Inde et en Indonésie, il s’en prend à des systèmes dits Scada (Supervisory Control and Data Acquisition)… Jusque-là, rien de très passionnant pour le non-spécialiste.

Jusqu’à ce qu’il tique en lisant deux informations : Stuxnet s’en prend à des systèmes qui programment des automates de chez Siemens et 60 % des vers repérés l’ont été sur le territoire iranien selon Symantec.

De là, certain ont commencé à déduire que Stuxnet, qui pourrait, par exemple, mettre en panne une centrifugeuse, serait une arme secrète destinée non pas à prélever des informations secrètes, mais à paralyser la centrale iranienne d’enrichissement de l’uranium à Bushehr. Même si Siemens (qui avait installé certains des systèmes iraniens) le dément, l’hypothèse d’une attaque informatique (gouvernementale ?) contre la nucléarisation de l’Iran commence à avoir beaucoup d’adeptes.

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Edouard Balladur : «L’Europe à 27 est vouée à l’échec»

Dans un entretien au Monde, Edouard Balladur justifie l’offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy et son récent bras de fer avec la Commission européenne sur les Roms. Pour l’ancien premier ministre, “l’Europe à 27 est vouée à l’échec”, notamment à cause de l’écart des régimes sociaux entre les Etats membres. Son constat d’une Europe qui ne marche plus rejoint celui d’une France en déclin. La fin du quinquennat doit être, selon lui, consacrée à réduire les déficits, améliorer la capacité industrielle et se rapprocher de la fiscalité allemande. Dans l’immédiat, M. Balladur veut que les stock options et les retraites chapeau soient remises en cause.

Comment trouvez-vous le climat politique ?

Malsain. Je suis frappé par la violence verbale. Il est urgent que chacun retrouve son calme. J’observe, d’ailleurs, que la gauche commence à en être consciente car on lit des déclarations, venant de ses rangs, selon lesquelles l’antisarkozysme n’est pas un programme. C’est François Hollande qui le dit.

Et il a raison, mieux vaut éviter de sombrer dans le ridicule. Tout est matière à critique contre le gouvernement et contre le chef de l’État. On assiste depuis des mois à une sorte de cristallisation hostile qui se répand de façon épidémique. L’élection présidentielle approche, ce sera le temps des polémiques et des excès verbaux, mais aussi, je l’espère, des propositions ambitieuses. Cependant, la période de dix-huit mois qui nous sépare d’elle ne peut pas être perdue pour le pays. Il y a des débats à engager et des décisions à prendre.

N’est-ce pas Nicolas Sarkozy lui-même qui a mis la société sous tension avec son discours de Grenoble sur la sécurité, la chasse aux Roms, le conflit avec la Commission européenne ?

Ce n’est pas mettre la société sous tension que de la placer devant les réalités. La sécurité, la libre circulation en Europe, l’immigration clandestine, sont des problèmes essentiels qu’on ne peut éluder sous prétexte qu’il faudrait laisser l’opinion publique en repos, d’autant qu’elle ne l’est pas, et que les Français sont bien conscients de ce qui est en cause… Nos partenaires devraient être appelées à la lucidité. L’Europe à 27 est vouée à la confusion à et l’échec. Elle souffre de défauts que le traité de Lisbonne n’a pas corrigés… Que faire ? Revenir sur le principe de la libre circulation, ériger de nouvelles barrières ?

Il faut discuter d’un meilleur contrôle aux frontières de l’Union ; à l’intérieur, je ne vois pas comment la liberté totale de circulation pourra entrer en vigueur en 2013. C’est un problème que la divergence des régimes sociaux et juridiques rend difficile à résoudre rapidement. En attendant, la sagesse commande de repousser tout élargissement de l’Europe à 27 comme de la zone euro.

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La guerre des monnaies

Un article du Monde vient de mettre en exergue un phénomène qui ne date pas d’hier. En effet, on apprend dans cet article que le Japon a décidé de façon unilatérale de faire descendre la valeur de sa monnaie. Cette dernière n’a pas cessé de s’accroître ces derniers mois et la cause principale [en est le] changement dans la politique monétaire de la Chine. En effet, cette dernière souhaite de plus en plus se débarrasser de ses bons du Trésor américains ; les Chinois se sont donc naturellement rués vers les bons japonais. Ce faisant, ils font grimper de façon artificielle la monnaie japonaise, alors que la situation économique au Japon ne justifie en rien cette hausse.

Cette affaire montre le caractère totalement instable du système de changes flottants mis en place dans les années 70, suite à la déconnexion du Dollar et de l’or, qui était pourtant le pilier du système de Bretton Woods. Si le système a fait illusion jusqu’à présent, avec tout de même quelques graves crises, que ce soit dans les pays émergents ou développés comme en 1987, en 1992, en 1997, en 2002, c’est parce que l’Amérique et ses déficits étaient là. Or, la crise actuelle est plus grave, parce que le mécanisme qui permettait à la machine de continuer à fonctionner a disparu. Ce sont les déficits commerciaux américains toujours croissants et les politiques semi-keynésiennes de relance sans protection, qui ont permis à la croissance de continuer, en évitant ainsi une guerre mondiale des monnaies.

Sans la surconsommation américaine, le système à changes flottants montre son instabilité intrinsèque, chaque pays cherchant à profiter de ses excédents pour croître au détriment du voisin. Tout le monde comprime sa demande et, au final, il n’y a plus de croissance nulle part. Sans un pays consommateur absorbant tous les excédents, la planète est condamnée à la dépression et à la guerre monétaire.

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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La génération de Mai 68 profite à plein de sa retraite

Le journal Le Parisien évoque cette classe d’âge dans plusieurs articles. Une occasion de mettre en lumière sa situation souvent très particulière.

Papy-boom

La génération des 60-70 ans arrive à l’âge de la retraite. En masse.

Et la déferlante des « papy-boomers » va aller en s’amplifiant. Depuis 2006, on enregistre 750 000 départs à la retraite par an, au lieu de 450 000 précédemment. Un bond de 30 % !

Une retraite dont ils vont pouvoir profiter longtemps. Après l’âge de 60 ans, les hommes peuvent espérer vivre vingt-deux ans encore et les femmes vingt-sept ans.

Et cela progresse de deux mois tous les ans. Du jamais vu.

Le papy-boom fait qu’en 2050, un habitant sur trois aura plus de 60 ans, contre un sur cinq aujourd’hui.

Un tel poids démographique va peser lourdement sur l’économie française, qui devra supporter une hausse des dépenses de santé, des versements de pensions de retraite tout en étant confrontée à une réduction de la population active.

La génération de Mai 68 profite à plein de sa retraite

On connaissait les papys gâteaux, voici les papys gâtés. Bien dans leurs baskets, relativement à l’aise pour beaucoup, même si nombre de retraités tirent le diable par la queue, la génération des 60-70 ans est bénie des dieux. Lire la suite

L’imposture du “low cost”

Jusqu’où peut mener un libéralisme à tous crins ? Deux journalistes répondent pour une bonne partie à cette question que peuvent se poser certains consommateurs.

Les Éditions du Moment ont publié début novembre un livre qui a fait une entrée très remarquée sur les étals des libraires, « No Low Cost », des journalistes Bruno Fay et Stéphane Reynaud. Réel pavé dans la mare, les deux auteurs dénoncent l’imposture du low cost.

A contre-courant des circuits de consommation actuelle, ils révèlent l’imposture du low cost, grâce à des témoignages et des interviews inédites, et les véritables rouages du business low cost dans le tourisme, la santé ou encore la mode !

« La valeur des choses disparaît », constatent les auteurs, « emportant avec elle la valeur du travail, la valeur humaine. Le chaos. Notre système entre dans une spirale négative, un maelström vertigineux et infernal où tout devient moins cher, moins bon, moins innovant, moins social, moins écologique et moins durable. »

Bruno Fay et Stéphane Reynaud prédisent la naissance d’une « sous-civilisation » : « On n’ose plus parler d’achats du pauvre ou d’achats cheap, alors on essaie de persuader les gens qu’ils sont malins. En fait, il n’y a pas de consommateurs malins mais des gens qui n’ont pas le choix. »

Si on ne peut pas condamner la recherche du bas prix, on ne mesure pas toujours les conséquences d’une telle politique commerciale qui, sur le plan social et du droit du travail, sont parfois critiquables. Lire la suite

Afrique du Sud : voyage au coeur d’un ghetto blanc

C’est l’apartheid à l’envers. En Afrique du Sud, des « petits Blancs » laissés-pour-compte du nouveau régime croupissent dans une misère effroyable. Mis à l’écart dans des camps de fortune, ravitaillés par des Noirs, ils tentent de survivre tant bien que mal, parfois depuis plusieurs années.

Inimaginable il y a quinze ans : des volontaires noirs ravitaillent les 400 squatters afrikaners démunis de tout dans le camp de Coronation Park. (Finbarr O'Reilly/Reuters)

Direction Krugersdorps, une ville située au Transvaal, dans la province de Gauteng. A une trentaine de kilomètres de Johannesburg, dans un township de Blancs dénommé Coronation Park, végètent dans une crasse effroyable quelque 400 Afrikaners, ces Africains à la peau blanche d’origine néerlandaise, française, allemande ou scandinave, descendants des colons du XVIIIème siècle. Parmi eux, Anne Le Roux, 60 ans, est assise sur une chaise, les yeux rivés sur une photo. Ah… le mariage de sa fille… Il est bien loin ce temps où Nelson Mandela était le premier président noir du pays, où elle vivait avec son époux dans une maison à Melville, où elle travaillait comme secrétaire… Aujourd’hui, seize ans après l’accession au pouvoir de « Madiba », Anne partage une caravane déglinguée et une pauvre tente avec sept autres personnes, dont sa fille et ses quatre enfants, dans un campement pour Blancs.

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L’US Army à la chasse au trésor afghan

Le Pentagone a découvert un nouveau « Klondike » en Afghanistan. Près de 1 000 milliards de dollars seraient enfouis dans le sous-sol du pays, ce qui en ferait un géant minier d’une taille comparable à celle de l’Australie.

Minéraux en Afghanistan (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Depuis longtemps, les géologues russes et américains avaient identifié d’importantes richesses minières en Afghanistan. Dans ses rapports annuels sur les pays, l’US Geological Survey (USGS) avait listé les minerais présents en abondance dans ce pays : cuivre, or, minerai de fer, marbre, nickel, soufre, talc… Toutefois, Chin S. Kuo, le responsable de l’étude, notait que l’absence d’infrastructures, de main-d’œuvre qualifiée, sans oublier les problèmes non résolus de sécurité, interdisaient pour le moment l’exploitation de ces richesses.

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