Flamanville (76) : Travail dissimulé à l’EPR, Bouygues dans le viseur de la justice

La concurrence déloyale des travailleurs étrangers non déclarés revient au cœur des débats. Le procès en correctionnel de plusieurs entreprises, dans un dossier concernant 460 ouvriers polonais et roumains non déclarés sur le chantier de l’EPR de Flamanville s’est ouvert ce mardi 10 mars à Cherbourg.

Parmi les sociétés accusées de travail dissimulé, Bouygues Travaux publics. Entre 2008 et 2011, l’entreprise a eu recours à deux sociétés chypriote et roumaine, qui auraient fourni ces travailleurs.

Plusieurs millions d’euros auraient ainsi été détournés des caisses de la Sécurité sociale. Le préjudice est estimé entre trois et huit millions d’euros.

Complémentaires santé : inégalités assurées ?

Une enquête dans l’univers souvent opaque des complémentaires de santé, mutuelles ou assureurs, un passage obligé pour qui veut, en France, prendre soin de soi.

A compter du 1er janvier 2016, la mutuelle santé sera généralisée à l’ensemble des 17 millions de salariés du privé. Depuis vingt ans, les organismes complémentaires – mutuelles ou assureurs -, ont tiré profit de l’augmentation des dépenses de santé et du désengagement de la Sécurité sociale dans de nombreux domaines – l’optique, le dentaire ou les médicaments.

Plus de 700 sociétés se partagent aujourd’hui le marché, et le chiffre d’affaires du secteur est passé à 31 milliards d’euros en 2013.

Comment choisir sa mutuelle ? Et quelles sont les pratiques de ces acteurs majeurs de la santé ? Les remboursements ne sont-ils pas souvent dérisoires au regard des cotisations, élevées ? Les contrats, illisibles, nuisent aux plus fragiles, comme les personnes âgées. Enquête et décryptage.

Enquête de santé – Ces très chères mutuelles (France 5 – 27/01/2015)

Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

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Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Chine : Le combat isolé d’un médecin contre la corruption

Vous faire acheter un pacemaker dont vous n’avez nul besoin ou vous hospitaliser pour un simple mal de gorge: une femme médecin dénonce, seule contre ses confrères, les abus du système médical chinois gangrené par une corruption endémique au point de susciter une vague de violences de la part de patients révoltés.

Mme Lan Yuefeng, ancien médecin-chef spécialisée en échographie, a fait scandale lorsqu’elle a publiquement accusé l’hôpital où elle exerçait d’abuser délibérément les malades en leur prescrivant trop de médicaments et des traitements inutiles.

Les abus des hôpitaux suscitent l’indignation du public, mais la plupart des patients se laissent persuader par les médecins d’accepter toutes les prescriptions, raconte Mme Lan. Pour les convaincre, le personnel médical leur pose la question redoutable: “Qu’est-ce qui compte le plus pour vous, l’argent ou la vie‘”

Placée d’office en congé sans solde il y a deux ans, elle a néanmoins continué de se rendre dans cet hôpital de la ville sichuanaise de Mianyang (sud-ouest) -ce qui lui a valu dans les médias locaux le surnom de “médecin de couloir“.

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Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

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État-Unis : New-York en voie de privatisation intégrale

La ville de New York est le théâtre d’une expérience inédite. Elle bénéficie en effet d’un prêt de 10 millions de dollars consenti par Goldman Sachs qui investit dans un programme de réinsertion destiné à éviter la récidive chez les jeunes détenus à Rikers Island. 

Les deniers de Goldman Sachs arrangent donc bien les affaires d’une ville n’ayant plus trop les moyens financiers à consacrer pour lutter contre une récidive, qui touche tout de même près de la moitié de ses jeunes.

Loin de représenter un cas isolé, cette expérience de Rikers Island fait en réalité partie d’une nouvelle tendance – voire d’une mode? – d’investissement affublée de l’appellation philanthropique de “social impact bonds”, en français « obligations sociales ».

Si ce n’est que l’évolution du taux de récidive (dans ce cas précis) conditionne les profits de la banque, du secteur privé, bref des investisseurs, qui doivent être contractuellement rémunérés si celui-ci s’améliore et qui, à l’inverse, perdent leurs placements en cas d’échec.

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Pourquoi pauvres et riches ne développent pas les mêmes cancers (et ceux des pauvres tuent beaucoup plus)

Une étude américaine menée par le docteur Francis Boscoe révèle que les types de cancer varient selon que l’on est riche ou pauvre. La mortalité touche différemment elle aussi. Le cancer du col de l’utérus serait par exemple plus fréquent chez les précaires.

Le Dr Francis Boscoe, dans un étude publiée dans la revue Cancer, montre que la richesse ou la pauvreté de la personne aurait un lien avec le type de cancer développé.

Dans une étude précédente, menée par l’Université de Davis, en Californie et publiée en 2011, les chercheurs avaient constaté que les personnes ayant des faibles revenus avaient 50% de risque en plus de développer des problèmes cardiovasculaires. Cette fois, les chercheurs ont trouvé des liens entre le statut socio-économique et le type spécifique de cancer. Pour cela, l’équipe de chercheurs a analysé 2,9 millions de personnes a qui on avait diagnostiqué un cancer entre 2005 et 2009. Ces participants provenaient de 16 Etats des Etats-Unis.

Ils ont ensuite été divisés en cinq groupes en fonction de leur niveau de pauvreté, évaluée au moment où le diagnostic avait été fait. L’équipe n’a pas trouvé de lien entre le statut socio-économique et l’apparition d’un cancer, mais a trouvé un lien entre le statut socio-économique et le type de cancer. Sur 39 types de cancers sélectionnés, 32 ont été associés à la pauvreté, 14 sont plus fréquents dans les milieux avec un niveau de pauvreté très élevé, et 18 dans les milieux plus aisés.

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Venezuela : L’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent (Màj)

Addendum (prenant le contrepied de l’article ci-dessous) : Le menu Big Mac de Cararas

[...] Une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

grafico31De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %.

Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

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Souffrance au travail : De plus en plus de médecins censurés sur demande des employeurs

Des médecins du travail et des généralistes sont accusés par des entreprises de violer la déontologie médicale. Celles-ci font pression en portant plainte auprès de l’Ordre des médecins. Objectif : faire modifier des certificats médicaux en effaçant tout lien entre l’état de santé du patient et son travail. Ou obtenir que les récalcitrants soient blâmés. Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon, vient d’être ainsi condamné par l’Ordre suite à la plainte d’un employeur. Enquête sur des pratiques qui risquent d’avoir de graves conséquences sociales et environnementales.

Les médecins du travail devront-ils s’autocensurer ? Selon l’Ordre des médecins et sa chambre disciplinaire de la région Centre, la réponse est oui. L’Ordre vient de condamner à une « peine d’avertissement » le docteur Dominique Huez, médecin du travail d’EDF sur le site de la centrale nucléaire de Chinon. Sa faute ? Avoir accepté en urgence en décembre 2011 de recevoir un ouvrier, en état de stress avancé, travaillant pour un sous-traitant d’EDF, Orys. Cette filiale du groupe Ortec fournit des services à l’industrie pétrolière et nucléaire.

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Burn-out : Plus de 3 millions de Français menacés

Les salariés seraient de plus en plus touchés par cette forme d’épuisement au travail, selon une étude de Technologia. Le cabinet spécialisé milite pour sa reconnaissance comme maladie professionnelle.

Ils seraient de plus en plus nombreux à craquer, à bout de nerfs à cause de leur travail. Plus de trois millions d’actifs français feraient face à un « haut risque » de burn-out, un syndrome d’épuisement professionnel, selon une étude du cabinet Technologia dévoilée par L’Express et RTL.

13% des Français interrogés se disent soumis à un travail excessif et compulsif, relève l’étude du cabinet, spécialisé dans la prévention et l’évaluation des risques psychosociaux. Agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise et cadres font partie des professions les plus touchées.

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Frédéric Lordon : “Sortir de l’euro, mais comment ?”

« En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n’ont plus la même valeur qu’en Grèce ou en Allemagne. L’explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l’idée d’une sortie de l’euro concertée et organisée fait son chemin.

Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1]. Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

Ergo, conclusions :
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Sécurité Sociale : Éric Brunet diffuse une chanson controversée sur RMC (màj : machine arrière toute !)

Addendum : Les Inrocks du 16 juillet

Considéré comme l’un des pontes de la chanson nationaliste, Docteur Merlin pousse la chansonnette depuis trois décennies dans les manifestations de l’extrême droite. [...]

Vraisemblablement embarrassée par la diffusion de cette chanson d’extrême droite, RMC a supprimé la séquence de son podcast. C’est le blog Fdesouche qui a révélé le passage audio sur son site. [...]

Interrogée par les Inrocks, la productrice de l’émission, Camille Dahan, se montre gênée aux entournures :

“Nous avons en effet utilisé en illustration sonore une chanson du Docteur Merlin intitulée Y’a bon la sécu patron. Je peux vous confirmer que cette diffusion était une erreur de la réalisation. Et en aucun cas, nous n’avons voulu offenser qui que ce soit, ni faire passer une quelconque idée nationaliste en diffusant 15 secondes de cette chanson.”

Les Inrocks

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Au lendemain de notre article, Éric Brunet dans une bien curieuse formulation tient à faire savoir qu’il ne cautionne “ni le racisme ni l’antisémitisme, ni les amalgames douteux de cette nature, ni les différentiations religieuses“.

J’ai appris ce matin que c’était un chanteur nationaliste – Éric Brunet

Quel type d’amalgame Éric Brunet pratique-t-il en liant nationalisme et racisme ? Sa soumission sur le champ (d’honneur), face à la doxa médiatique l’éloigne de plus en plus des réactionnaires auxquels il prétend appartenir. N’était-il pas reçu sur Radio Courtoisie le 12 juillet dernier dans le Libre journal des idées politiques pour la promotion de son livre “Sauve qui peut !” ?

RMC Carrément Brunet 16/07/2013

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15/07/2013

Dans l’émission “Carrément Brunet” du 4 juin dernier, consacrée à la Sécurité Sociale, le journaliste Éric Brunet n’a pas hésité à utiliser, en illustration sonore, une chanson du Docteur Merlin associant sans équivoque immigration et déficit de la Sécu, intitulée “Y’a bon la Sécu patron”.

Probablement embarrassé par cette bourde en direct, le morceau a depuis été supprimé pour la rediffusion disponible en postcast. Fort heureusement l’un de nos lecteurs l’a récupéré. A noter que Gérard Bapt, député socialiste de la 2ème circonscription de Haute-Garonne, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale, était présent lors de cette émission.

Le Docteur Merlin est chanteur, guitariste et militant politique français proche de la “nouvelle droite”. Il définit lui-même cette chanson, composée en 1988, comme une “pochade, écrite sur le coin d’une table, qui a le mérite de tourner assez bien. Le côté bon enfant rejette d’ailleurs les responsabilités sur le système, qui, au nom du seul profit de quelques uns, déracine des populations entières“.

Paroles de la chanson:

Y’a bon ! Y’a bon la sécu, patron !
Y’a bon la sécu, la dis donc !
Y’a bon ! Y’a bon la sécu, patron !
Y’a bon la sécu ! Encow !
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Situation et perspectives des finances publiques 2013

La Cour des comptes présente, jeudi 27 juin 2013, son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques en application de l’article 58-3° de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). La Cour constate que la France a engagé depuis 2011 le redressement de ses déficits publics. Pour autant, seule une partie du chemin de redressement a été parcourue et, si l’atonie de la croissance doit être prise en compte, les efforts ne doivent pas être relâchés et doivent désormais se concentrer sur la dépense.

Le nécessaire rééquilibrage des comptes sociaux suppose des réformes infléchissant durablement l’évolution tendancielle des dépenses, en particulier des branches maladies et vieillesse.

La situation préoccupante des finances sociales et les perspectives sombres à court, moyen et long termes rappelées dans les chapitres 3 et 4 du rapport appellent de la part des pouvoirs publics des mesures énergiques.

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Santé : Comment éviter les “arnaques” aux remboursements des mutuelles et assurances

Par Benoît Lorentz

 Vous pensiez être pris en charge à « 100% » ? Mais vous ne comprenez plus grand-chose aux taux de remboursement que pratique votre complémentaire santé ? Normal. Mutuelles et assurances débordent de créativité pour que leurs clients ne s’y retrouvent pas, avec des prises en charge alléchantes sur le papier assorties d’options en tout genre. Petit décryptage, pour mieux comprendre ce que votre assurance ne vous dit pas, et s’apercevoir que, finalement, la Sécurité sociale est bien meilleur gestionnaire.

Votre complémentaire santé promet une prise en charge à 100 % de votre couronne dentaire. Et vous payez pourtant plus de 300 euros de votre poche… Votre monture de lunettes est remboursée à 1500 %, indique votre mutuelle ? Elle vous versera 42,60 euros, alors les montures coûtent plus de 60 euros. Deviner combien vous serez remboursés pour vos dépenses de santé semble relever du coup de chance, voire de la divination.

Entre les pourcentages de prise en charge, les franchises, les dépassements d’honoraires éventuels, l’offre de remboursement de votre complémentaire santé – mutuelles ou assurances – est loin d’être limpide. Du coup, il est impossible de faire des comparaisons avec l’offre du concurrent. Le système français des remboursements de santé est-il si complexe ? Ou cette complexité est-elle savamment entretenue ?

Mutuelles et assurances interviennent en complément du régime obligatoire de sécurité sociale. Avec un mode de cotisation différent: alors que vous cotisez pour la sécurité sociale au prorata de votre revenu, les tarifs des complémentaires varient aujourd’hui selon l’âge de l’assuré.
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1.000 à 1.500 euros : Coût mensuel de la trithérapie d’un malade du SIDA

En France, les patients sont intégralement remboursés pour les soins médicaux engendrés par leur affection. Mais à travers le monde, sur les 34 millions de personnes touchées par le SIDA, 8 millions n’ont toujours pas accès aux traitements.

Par Adeline Raynal

En France, les patients sont intégralement remboursés pour les soins médicaux engendrés par leur affection.
Mais à travers le monde, sur les 34 millions de personnes touchées par le SIDA, 8 millions n’ont toujours pas accès aux traitements.

Espagne : L’État pille le fonds des retraites pour les “paiements d’urgence”

Le Fondo de Reserva de la Seguridad Social, le fonds de la Sécurité Sociale espagnole, a saisi l’opportunité des promesses de Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, de faire « ce qu’il faudrait faire pour sauver l’euro », pour augmenter la part d’obligations souveraines espagnoles qu’il détient. 

Le fonds, qui a été créé pour garantir les paiements futurs des pensions, a acquis 20 milliards d’euros de dette espagnole l’année dernière, et il s’est débarrassé dans le même temps de 4,6 milliards d’euros d’obligations françaises, allemandes et hollandaises. 70% des achats ont eu lieu après les déclarations de Mario Draghi qui ont fait remonter le cours des obligations espagnoles.

Désormais, ce sont 97% de ce fonds de 65 milliards d’euros qui ont été investis en obligations souveraines espagnoles de plus en plus risquées, contre 90% en 2011, et 55% en 2008.

« On dirait qu’à défaut de disposer de sa propre banque centrale pour monétiser sa propre dette, le gouvernement espagnol a tout simplement pillé une autre entité quasi-gouvernementale pour s’assurer du rachat des obligations », écrit le blog financier américain Zero Hedge.

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Salaire à vie : L’emploi est mort, vive le salariat!

Et si, de la même manière que le suffrage universel est venu récompenser notre capacité à tous participer à la chose publique, un salaire à vie venait consacrer notre capacité à tous produire de la valeur? C’est l’idée mise en avant par l’économiste et sociologue Bernard Friot.

Imaginez une société où chacun d’entre nous toucherait un salaire à vie, versé de façon inconditionnelle à partir de la majorité. L’échelle des revenus serait de 1 à 4, soit de 1.500 à 6.000 euros.

Le passage d’un niveau à l’autre serait fonction de la qualification, équivalent du grade dans la fonction publique, attestant qu’une personne «peut participer à un certain niveau de création de valeur économique et a donc droit à un tel niveau de salaire». Ces qualifications, dont la liste précise serait sujette à délibérations, incluraient l’ancienneté, la pénibilité, les diplômes…

Cette société existe, du moins sur le papier: elle est l’œuvre de l’économiste et sociologue Bernard Friot, professeur à l’université Paris-X et auteur notamment de L’Enjeu du salaire, qui voit dans ce système du salaire à vie le moteur d’une véritable révolution. Il permettrait en effet de nous libérer de la «convention capitaliste du travail», qui nous réduit au rang de marchandises que l’on échange sur le marché du travail.

Pour cet universitaire, le chantage à l’emploi fait de nous des «mineurs sociaux» qui ne sont pas reconnus comme «producteurs de valeur économique», et le salaire à vie nous transformerait en «majeurs sociaux».
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La révolution du salaire à vie

Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l’avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail. Supprimer la propriété lucrative, redéfinir la valeur et instaurer un salaire à vie pour tous, en prolongeant le principe de la cotisation sociale, déjà présente chez les fonctionnaires, les retraités, et dans la sécurité sociale : telles sont les pistes évoquées par Bernard Friot pour émanciper les individus économiquement et sortir du capitalisme.

Japon : Un ministre prie ses concitoyens âgés de mourir, et vite

Le ministre japonais des Finances Taro Aso a accablé ses compatriotes âgés d’un lourd sentiment de culpabilité dans le cadre des réformes d’austérité qu’il impose au pays. Vu le vieillissement de la population, la sécurité sociale japonaise est aux abois. Le Japon compte en effet un tiers d’habitants (et d’électeurs…) de plus de 60 ans. Une facture lourde à digérer pour l’état nippon.

Le grand échiquier japonais, qui est également vice-Premier ministre, estime que les personnes âgées devraient avoir l’occasion de ne pas prolonger inutilement la fin de leur existence.

Mourir à temps – et si possible plus tôt que tard – est à ses yeux une bonne économie. “Que Dieu vous préserve de continuer à vivre alors que vous voulez mourir“, a déclaré Taro Aso. “Je ne pourrais pas me réveiller le matin en sachant que c’est l’État qui paie tout ça pour moi“.

Le ministre, qui est bien connu pour ne pas mâcher ses mots, a par ailleurs 72 ans. Il affirme avoir ordonné à ses proches de l’euthanasier quand son heure serait venue. Dans son discours, le ministre a ciblé les “gens pendus au bout d’un Baxter” et leur entourage qu’il a culpabilisés avec des mots très durs: “La problématique des dépenses faramineuses en gériatrie ne sera résolue que si vous les incitez à se dépêcher de mourir“.

Héritier d’une famille de riches industriels, le ministre de l’économie avait déjà affirmé en 2001 vouloir faire du Japon “une terre où tous les Juifs les plus riches voudraient s’installer“. Son franc-parler ou sa grossièreté – c’est selon – a déjà fait la une des journaux, notamment lorsqu’il déclarait (au sujet des prix du riz) que “même une personne atteinte d’Alzheimer sait dire si 16.000 ou 78.000 yens est plus cher”.

7sur7

Des hôpitaux débordés par des tuberculeux d’Europe de l’Est

Depuis quelques mois, des dizaines de Géorgiens, Tchétchènes et Russes, atteints d’une tuberculose ultrarésistante, débarquent en France. Outre le coût élevé de leur prise en charge, le risque de contagion inquiète les autorités sanitaires.

Par Yves Mamou

Le premier s’est présenté en janvier 2012 aux urgences de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris.

Un Tchétchène. Il avait les doigts des deux mains entièrement nécrosés. «J’ai été torturé», a-t-il expliqué. L’homme est squelettique et tousse. À l’issue d’une batterie d’examens, une tuberculose ultra­résistante de type XDR (extensive drug resistant), la plus grave des formes de tuberculose, peu sensible aux remèdes connus, est diagnostiquée.

Par chance, La Pitié abrite le plus important service de traitement des maladies infectieuses de France. Le Pr François Bricaire, chef du service, confine aussitôt le Tchétchène en chambre à pression négative pour bloquer la contamination. Il y restera cinq mois avant de rejoindre le centre de soins de suite de Bligny (Essonne).

Cet événement singulier s’est révélé le début d’un processus. Tout au long de l’année 2012, mais aussi en ce début de 2013, quelques Tchétchènes, quelques Russes, et surtout des Géorgiens sont venus en France, en quête d’une grâce contre la maladie mortelle qui les touchait, la tuberculose de type XDR.

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Équateur : Une nouvelle constitution pour bien vivre

Le 28 septembre 2007, le projet de nouvelle constitution proposé par le président Rafael Correa était approuvé par 64% des voix, confirmant une fois de plus l’adhésion de la population équatorienne au « socialisme du 21e siècle », modèle également en voie de réalisation au Venezuela et en Bolivie. Jetons un œil sur cette constitution aussi innovatrice qu’audacieuse dont la toile de fond est la notion du « bien vivre » (« sumak kawsay », en langue quechua) qui, empruntée à la vision indigène du monde, est définie comme « l’ensemble organisé, durable et dynamique des systèmes économiques, politiques, socioculturels et environnementaux » (article 275).

Les 444 articles de la nouvelle constitution, nous dit Magdalena Leon, du portail Internet Amlatina, proposent de « désactiver le néolibéralisme » et d’aller vers un système économique basé sur une répartition plus égalitaire des moyens de production et des bénéfices du développement.

Étroitement lié à une nouvelle conception du développement, le droit au « bien vivre » consacre, entre autres, les droits pour tous à l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation, la sécurité sociale, l’énergie électrique, les télécommunications de même qu’aux infrastructures routières et sanitaires.

La nouvelle charte caractérise le système économique comme « social et solidaire », reconnaissant que l’être humain en est à la fois le sujet et le but. Ce système doit tendre vers une « relation dynamique et équilibrée entre la société, l’état et le marché, le tout en harmonie avec la nature » (article 283).

Le droit à la propriété sous toutes ses formes (publique, privée, communautaire, coopérative, associative, etc.) est reconnu mais la vieille notion de « liberté d’entreprise » sans limite est remplacée par « le droit à développer individuellement ou collectivement des activités économiques conformes aux principes de solidarité et de responsabilité sociale et environnementale » (article 66).

Le terme « entreprise » n’est même plus utilisé dans le texte constitutionnel qui lui préfère les expressions « unités économiques » et « unités productives ».

Le travail, un droit social et économique

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États-Unis : La falaise fiscale vue de Chine

Tout récemment, bien que les discussions budgétaires américain n’aient donné aucun résultat, et que la « falaise fiscale » constitué une menace qui se profile pour les États-Unis et l’économie mondiale, le Congrès américain a voté de lourdes dépenses dans le cadre de la loi de programmation militaire pour 2013.

Cette loi témoigne encore d’ingérences diverses et abondantes dans les affaires des autres pays, comme la demande faite par le président américain pour vendre des chasseurs F16-C/D à Taïwan, la préconisation d’appliquer le traité de sécurité américano-japonais à la question des îles Diaoyu, qui constituent une grave ingérence dans les affaires intérieures et la souveraineté de la Chine.

Une telle scène témoigne d’un grave conflit entre un Gouvernement faible et les ambitions impérialistes et la puissance limitée de ce pays.

Car la puissance américaine est bien limitée. Le déficit et la dette nationale astronomiques des États-Unis sont des choses que plus personne n’ignore depuis bien longtemps. Pour cette raison, les responsables politiques américains devraient plutôt essayer de s’attaquer dès que possible au problème du plafond de la dette afin d’éviter que la « falaise fiscale » n’interrompe la reprise économique américaine durement gagnée, et cependant loin d’être assurée, et de limiter les dépenses fiscales à un niveau raisonnable.
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Qui finance vraiment la Sécurité sociale ?

Les prélèvements sur les salaires représentent 77 % des ressources de la protection sociale, relève le Haut conseil. Pour la première fois, cet état des lieux donne une image globale des ressources qui financent les prestations sociales, quel que soit le payeur.

C’est une étape dans la réflexion du gouvernement sur le coût du travail et la compétitivité, avant la publication du rapport Gallois, le 5 novembre. Le Haut conseil du financement de la protection sociale, un organisme placé sous l’autorité du Premier ministre qui réunit les partenaires sociaux, rend mercredi son premier « état des lieux ». Une version provisoire de ce rapport d’une soixantaine de pages a été transmis au patronat et aux syndicats pour qu’il y apportent leurs remarques. Contrairement au très attendu rapport Gallois, le document du Haut conseil n’est qu’un « diagnostic », a expliqué le gouvernement. Il na rien d’explosif, car il n’examine aucune piste de réforme pour l’instant. Cette deuxième étape, le Haut conseil ne l’abordera qu’en janvier, une fois que le l’exécutif l’aura saisi de scénarios à examiner.

Cet état des lieux n’en est pas moins indispensable à la veille d’une réforme du financement de la protection sociale, annoncée pour l’an prochain. Pour la première fois, ce document donne une image globale des ressources qui financent les prestations sociales, quel que soit le payeur : la Sécurité sociale elle-même (pour l’assurance-maladie, les retraites, les prestations familiales…) mais aussi les régimes de retraite complémentaire comme l’Agirc-Arrco, l’assurance-chômage, l’Etat et les collectivités locales (pour les minima sociaux, les aides aux personnes âgées et handicapées…), ou encore les mutuelles et institutions de prévoyance. Au total, 633 milliards d’euros de prestations ont été versées en 2010 par ces différents acteurs, soit 33 % du PIB.

Qui finance vraiment la protection sociale ? Avant tout, les salaires. Les prélèvements assis sur les revenus d’activité représentent plus des trois quarts des ressources (77 %) : les cotisations sociales bien sûr, qu’elles soient patronales ou salariales, mais aussi la CSG, qui pèse à 70 % sur les salaires. « D’un point de vue économique, la CSG constitue un prélèvement sur les revenus d’activité analogue aux cotisations sociales, même si son assiette est plus large », observe le rapport. Le Haut conseil confirme donc, s’il en était besoin, que « le financement de la protection sociale reste encore largement assis sur les revenus du travail ». C’est justement pour cela que François Hollande a fait le lien entre le coût du travail et la compétitivité.

Le projet de loi de financement de la securité sociale masque-t-il un big bang sur le système des retraites ?

Le gouvernement se penche ce lundi sur la loi de financement de la Sécurité sociale, dont le déficit devrait avoisiner les 13,1 milliards d’euros pour l’année 2012. Une concertation qui risque de réserver quelques surprises, notamment à ceux qui ont bénéficié de la promotion sociale et qui ne sont pas encore partis à la retraite…

Ce lundi 1eroctobre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doit être présenté, dans ses grandes lignes, devant la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Pour l’essentiel, il devrait s’agir d’une loi de transition, sans grande surprise : réduction du déficit de 14 à 11 milliards d’euros, avec 4 milliards pour les retraites, 5 milliards pour la maladie, et 2 milliards pour la branche famille.

Côté recettes, beaucoup d’acteurs privés bouillonnent d’impatience : ils craignent en effet un nouveau coup de bambou destiné à augmenter les recettes. Les assureurs complémentaires imaginent déjà le pire, dans un marché pourtant déprimé par l’instabilité financière et les diverses mesures du PLFR, comme l’augmentation du forfait social sur l’épargne salariale.

Mais, au-delà de ces péripéties habituelles, les signaux faibles se multiplient sur l’intention que pourrait avoir le gouvernement d’entamer un big bang sur le système des retraites en 2013.

Il y a d’abord la nomination des membres du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale, par décret du 20 septembre, dont la présidence est assurée par Mireille Elbaum. Cette ancienne conseillère de Martine Aubry, dans les années 90, est économiste, spécialiste du financement de la protection sociale. Elle s’est prononcée, durant la campagne électorale, en faveur d’une réforme en profondeur de notre système de retraites : fusion du régime général avec les régimes complémentaires, passage à un système par points.

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“Un médicament sur deux est inutile” selon Bernard Debré et Philippe Even

14.7 milliards d’euros : c’est le montant du déficit de la sécurité sociale pour l’année 2012. Selon la cour des comptes, qui a remis son rapport ce jeudi, le déficit est plus important que prévu. Bernard Debré, député UMP de Paris, et Philippe Even, directeur de l’Institut Necker, publient “Le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux”, où ils affirment que la moitié des médicaments dans nos pharmacies sont “inutiles”.

http://www.dailymotion.com/video/xtjc0a

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“Taxons les retraités”

La Cour des comptes estime à 12 milliards par an le coût pour les finances publiques des ristournes d’impôt et de charges accordées aux retraités.

Un constat sans concession et des remèdes explosifs. Dans son rapport, la Cour des comptes estime à 12 milliards par an le coût pour les finances publiques des ristournes d’impôt et de charges accordées aux retraités. Soit quatre fois la facture de la TVA réduite dans la restauration! Pour la Cour, il y a urgence à réexaminer ces dispositifs. «Les retraités sont dans une situation financière plus favorable que les actifs, notamment les jeunes», justifie son premier président, Didier Migaud.

La niche la plus injustifiée permet aux retraités de diminuer le montant de leur pension de 10% dans leur déclaration d’impôt sur le revenu (IR), comme les salariés en ont le droit pour compenser leurs frais professionnels. Or «les retraités n’ont plus à supporter de dépenses de ce type». En plus d’être injustifié, ce dispositif est également antiredistributif: plus la pension est élevée, plus la ris­tourne est importante. Et les retraités modestes, qui ne sont pas imposables, n’en profitent pas. Tout cela pour une niche qui coûte, au bas mot, 3 milliards par an au budget de l’État.
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Grèce : les soins de santé en péril

Après la pénurie de médicaments qui touche les pharmacies grecques, c’est désormais tout le système de santé du pays qui est en péril. Depuis les dernières mesures d’austérité concernant la sécurité sociale, les non-assurés doivent payer pour accéder aux soins. (Canal Z – 23 juillet 2012)

10% de la population n’a plus le choix, pour se soigner elle doit puiser dans ses économies.

Sécu : le déficit proche de 15 milliards en 2012

Les comptes de la Sécurité sociale montrent que le déficit du régime général en 2012 devrait atteindre 14,7 milliards d’euros. Sans mesures correctrices, le « trou » aurait atteint 15,5 milliards d’euros.

Prévision 2012, au 05 octobre 2011. Source : http://www.securite-sociale.fr/Evolution-du-deficit-de-la-Securite-sociale-Regime-general

Les comptes de la Sécurité sociale sont moins bons que ne le prévoyait la droite, les nouveaux prélèvements décidés par la gauche permettront de rétablir la situation, au moins en partie. C’est le message qu’a voulu faire passer le gouvernement, qui présentait les estimations actualisées de déficit pour le régime général en 2012.

Sans mesures correctrices, le déficit aurait atteint 15,5 milliards d’euros, une dégradation de 1,7 milliard par rapport à ce qui a été voté, à l’automne dernier, dans la loi de financement de la Sécurité sociale.

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La jeunesse a-t-elle été flouée par les baby-boomers ?

L’économiste Mickaël Mangot déclare coupable les “papyboomers” quant aux richesses qu’ils ont contribuées à créer mais qu’ils ont toutes avalées.

Comment redynamiser notre pays ? En faisant une croix sur une partie de nos rentes et en revalorisant le travail : telle est l’affirmation de l’auteur du livre Les générations déshéritées.


Vers la fin de la Sécurité Sociale ?

Depuis plusieurs décennies les déremboursements se sont multipliés, rendant pratiquement obligatoire l’adhésion à une complémentaire santé pour pouvoir se soigner, ils ouvrent ainsi un fabuleux marché aux assurances privées. Délibérément on plombe les comptes de la Sécu, on détruit un système basé sur la solidarité pour offrir aux actionnaires privés un pactole sur lequel ils bavent depuis de nombreuses années.

En 2001, la Sécurité Sociale présentait un excédent de 2,5 milliards d’euros. En 2003, elle présentait un déficit de 13 milliards d’euros, pourtant entre 2001 et 2003, ce n’était pas la crise. Alors pourquoi ce déficit vertigineux ? Simplement par le détournement d’impôts et taxes prélevés au nom du financement de la Sécurité Sociale mais réaffectés au déficit de l’État pour masquer les cadeaux et exemptions de cotisations accordés au patronat.

La réforme du financement de la Sécurité Sociale, comme les privatisations, les suppressions d’emplois dans les services publics, les mesures de restructuration dans l’industrie, toutes les attaques contre les droits ouvriers et démocratiques, sont prises, prétendument, au nom de la dette et des déficits publics.

Plus que jamais, la cohabitation entre un système solidaire et une organisation libérale de la société est une énorme contradiction. Les capitalistes veulent liquider un système de santé qu’il faut au contraire amplifier.

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La Grèce sous l’Occupation de l’oligarchie financière

Explosion du chômage, saignée dans l’éducation, salaires impayés, privatisations généralisées, élections reportées : les Grecs s’installent dans l’austérité imposée par la technocratie européenne au profit du secteur bancaire. Si la contestation ne faiblit pas, une alternative politique peine à émerger du fait de la division de la gauche. Basta ! est allé à la rencontre d’acteurs de la résistance.

« On ne se bat pas seulement contre les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. C’est devenu une bataille pour la liberté et la démocratie », affirme Alexandros Frantzis. Ce biologiste fait partie des Indignés athéniens. Comme beaucoup de Grecs, il est révolté par les mesures imposées par la « troïka » (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) pour l’octroi de son nouveau plan de sauvetage, validé le 21 février. Parmi les multiples exigences : la création d’un compte budgétaire bloqué consacré au remboursement de la dette et au paiement des intérêts, et l’inscription dans la Constitution grecque, dans les deux mois à venir, de la priorité donnée au service de la dette. Un engagement de la Grèce à payer les créanciers étrangers avant toute dépense nationale.

Pour Alexandros, ce plan constitue un inadmissible abandon de souveraineté : « La Grèce ne contrôle définitivement plus son budget. » Et les élections, sans cesse repoussées ? « Les élections, on a arrêté ! C’est mauvais pour l’économie », ironise sa camarade Sissi. La troïka a déjà exigé la signature des deux partis au pouvoir – Pasok (socialistes) et Nouvelle Démocratie (conservateurs) – invités faire appliquer sans condition les mesures validées par le nouveau plan en cas de victoire aux prochaines élections. Des élections très démocratiques, donc, puisque le programme – soufflé, voire imposé par des institutions européennes et internationales – ne peut varier d’une ligne. Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, avait d’ailleurs proposé de reporter les élections grecques (prévues en avril) pour mettre en place un gouvernement de techniciens. Jusqu’à l’ancien Premier ministre français Michel Rocard, qui se demande comment maintenir des élections dans un tel contexte : « Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire »

Le fisc allemand s’installe en Grèce

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Auto-entrepreneur : le mythe du travailleur indépendant

La France compte 740 000 auto-entrepreneurs. Un succès pour ce statut lancé il y a trois ans et présenté comme « une arme anticrise ». La promesse de revenus complémentaires et de créations d’activité dissimule cependant un véritable miroir aux alouettes : contournement du droit du travail, salariat déguisé sans les protections associées, isolement, transformation de travailleurs en sous-traitants bon marché…

« Recrute téléopérateur, vendeur, graphiste, livreur de pizzas, coiffeuse, maçon… sous le régime d’auto-entrepreneur. » Ce type d’annonce foisonne sur Internet. Nombre d’employeurs voient dans les deux initiales « AE » un nouveau mode d’emploi. Les avantages sont multiples : baisse des cotisations sociales, qui sont gérées par le prestataire, révocation immédiate sans procédure ni indemnités. Architecte, Simon travaille pour la même agence en tant qu’auto-entrepreneur depuis un an. « J’ai été le premier, explique-t-il. Après, ils ont enchaîné toute une vague. Ils exigent que toutes les nouvelles embauches soient sous le statut d’auto-entrepreneur. » Horaires fixes, présence continue au bureau, consignes régulières, client unique, sa situation actuelle a tout du salariat. De quoi écorner l’image du créateur libre et autonome vantée par les sites de promotion qui pullulent sur la toile : simplicité, rapidité, allègement fiscal… Faites fructifier vos talents et devenez votre propre patron en un clic !

Le statut d’auto-entrepreneur fête ses 3 ans. Il est présenté comme une « arme anticrise », selon son inventeur, Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises. Le dispositif rencontre un grand succès, dès son entrée en vigueur, en janvier 2009. Le nombre d’auto-entrepreneurs cotisant est passé de 78 500 début 2009 à près de 740 000 fin 2011. En janvier 2012, le dispositif a franchi le million d’inscriptions, malgré une hausse des radiations. De l’informatique à l’agriculture, en passant par la restauration, le journalisme ou l’éducation, tous les secteurs sont concernés. Même dans la Fonction publique [1]. Construction et commerce en tête, auto-entrepreneurs à tous les étages ! Et selon l’Insee, près d’un tiers des auto-entrepreneurs sont des demandeurs d’emploi. Chômeurs, devenez créateurs d’entreprise ! Derrière la promesse d’un complément de revenus ou de la création de son activité, c’est pourtant la porte ouverte au salariat déguisé et à la précarisation. Un véritable miroir aux alouettes.

Contourner le droit du travail

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Évasion fiscale : Mode d’emploi

Marianne avait fait sa Une sur ceux qui volent la France ! Petit rappel :

Alors que le Gouvernement nous taille un short grandeur XXL, le fisc pourrait réclamer 240 millions d’euros au baron Seillière et ses anciens acolytes. Mais cela fait 6 mois que Bercy aurait dû présenter la facture aux intéressés ? A suivre donc, Valérie Pécresse, la nouvelle Ministre du Budget suivant cela de près…


Pêcheurs en haute mer, producteurs de biocarburants, de films, aides à domicile et même tailleurs de pipe, la France compte trois fois plus de niches fiscales et sociales que de fromage. Ensemble ces dispositifs privent chaque année l’État et la Sécurité Sociale de 140 milliards d’euros de recette. Soit presque autant que le déficit de 2010.

Les Entreprises et particulièrement les plus grosses d’entre elles, profitent à plein de la manne (Report illimité des pertes, déductibilité des intérêts, Niche Coppé ou Sarkosy, Intégration fiscale, Régime Fille-Mère…).
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Madame Michu et Lady Gaga

Par Jean-Pierre Crépin

Quand un cinéphile me demande : quel est le plus grand rôle d’Omar Sharif ? Docteur Jivago ou Lawrence d’Arabie ?

Je réponds sans hésiter : « Tiercé magazine ! »

C’est en tous cas ce qui restera de ce fils des bibliothèques d’Egypte dans la mémoire collective, souvenir ou vestige d’une époque où l’on considérait que ce qui ne se monétisait pas ne servait à rien et où l’intégration des individus à une société ne se faisait plus que par le truchement des mass média financés par la grande consommation.

Il s’agissait alors de s’enrichir, les médecins n’étaient pas appelés sur le front de guerre des déficits et personne ne prétendait traverser le désert sans boire.

La sécurité sociale existait encore, le marché de la dépendance n’était pas entre les mains des dealers. Le jeu en ligne et ses recettes fiscales était l’avenir de l’homme.

La révolution consumériste, initiée par la Money Power, le jour ou celle-ci a pris conscience qu’il était plus rentable de vendre de l’inutile aux consommateurs que d’augmenter la productivité avec des travailleurs, s’achève.

Toutes les démocraties de marché vont devoir muter et redevenir, à l’image de l’Allemagne, des sociétés de production. C’est en tous cas la volonté clairement affichée de nos politiques.

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États-Unis : Greenspan craint une crise de la dette dans les deux ans

L’ancien patron de la banque centrale américaine, Alan Greenspan, craint une crise de la dette américaine si la classe politique ne prend pas des mesures rapidement pour réduire l’endettement du pays.

Mr. Greenspan, qui a dirigé la Fed pendant près de 20 ans, jusqu’en 2006, a estimé que le Congrès finirait par adopter un budget prenant en compte un bon nombre des propositions présentées en décembre par une commission parlementaire à la demande de la Maison Blanche.

« Je pense que le budget qui a été proposé par Alan Simpson et Erskine Bowles est le genre de budget qui sera approuvé par le CongrèsLa seule question est de savoir si ce sera avant ou après une crise sur le marché des obligations. »

La Commission nationale pour la responsabilité et la réforme budgétaires a recommandé des mesures très controversées, notamment à gauche, comme des coupes dans le budget de la Sécurité sociale et de programmes d’assurance santé fédéraux, et la suppression de 200.000 emplois publics. Le plan de la commission recommande une augmentation de 15 cents par gallon (3,78 litres) d’une taxe sur l’essence. Il propose d’éliminer des exonérations fiscales pour les entreprises et d’imposer un plafond aux dépenses militaires, des mesures susceptibles d’irriter la droite.

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Soins des clandestins : l’Igas et l’IGF épinglent les restrictions d’accès à l’AME

Le droit d’entrée de 30 euros pour les sans-papiers risque d’accroître les dépenses de l’État, bien au-delà de l’économie escomptée de 6 millions d’euros, estime les inspections des finances et des Affaires sociales.

Présentées comme des mesures d’économies, les restrictions d’accès à l’aide médicale d’État pour les sans-papiers – votées avec l’aval du gouvernement -risquent de produire l’effet inverse, à savoir un alourdissement des dépenses. C’est la crainte formulée par les Inspections des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) au terme d’une enquête sur « l’évolution des dépenses au titre de l’aide médicale d’État » (540 millions en 2009, soit + 13,3 % par rapport à 2008). Transmis courant novembre à Roselyne Bachelot et François Baroin, alors respectivement ministres en charge de la Santé et du Budget, leurs travaux ont été mis au placard pendant deux mois.

Et pour cause : les inspecteurs sont loin de souscrire aux mesures entrées en vigueur le 1er janvier. La mise en place d’un droit d’entrée (les parlementaires ont voté un forfait de 30 euros par an), censé apporter 6 millions d’euros par an, risque « de conduire à de lourds effets pervers », sans avoir « d’effet de responsabilisation des assurés ».

Sans se prononcer directement sur le forfait de 30 euros, ils soulignent que toute contribution, même modeste, dissuadera certains malades de se faire soigner, ce qui multipliera les « recours tardifs à l’hôpital, nettement plus coûteux ». Ainsi, si 10 % des malades retardent leur prise en charge, les dépenses de soins s’alourdiront d’une vingtaine de millions, trois fois plus que les économies attendues.

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Mourir pour les banques ? Non merci

Bruxelles devait-elle soutenir le sauvetage des banques de la faillite ?

Non, estime Gheorghe Piperea, un juriste roumain, car le maintien de l’État providence est plus important.

Et il cite l’exemple des Islandais, qui ont choisi de ne pas financer le sauvetage de leurs banques.

Entre octobre 2008 et octobre 2010, la Commission européenne a approuvé des aides d’État pour les banques à hauteur de 4 589 milliards d’euros, soit le PIB de la Roumanie sur 45 ans.

On ne sait pas combien parmi ces aides d’Etat sont passées inaperçues, car la Commission était (trop) généreuse avec ce type de financement.

Mille milliards d’euros ont été dépensés pour sauver les banques en 2008 et 250 millions en 2009. Pour tous les autres secteurs économiques réunis, les aides d’État approuvées au cours de la même période s’élevaient à 73 milliards d’euros (soit 60 fois moins).

Les aides d’État représentent le soutien accordé aux entreprises par les autorités publiques, avec l’argent public. Elles sont octroyées sur des décisions de l’administration, des décisions fondamentalement anti-concurrentielles et opaques, et sur lesquelles les citoyens ne sont pas consultés. Sans le savoir, le contribuable européen est impliqué dans cet effort, à la limite de la légitimité, de sauvetage des banques de la faillite.

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