La fin de la croissance ?

Nicolas Meilhan consultant senior à Frost & Sullivan et spécialiste transport et énergie, présente, à l’aide d’un diaporama graphique, les enjeux présent et à venir de la croissance mondiale à l’aune de son étroite corrélation au secteur pétrolier.

“Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut continuer à l’infini dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste” Kenneth Boulding

Les éconoclastes

La crise s’aggrave dans les services pétroliers

Schlumberger va supprimer 11.000 postes dans le monde.

La crise qui touche de plein fouet le secteur des services pétroliers monte d’un cran. C’est le message envoyé par Schlumberger lors de la présentation de ses résultats du premiertrimestre, en fin de semaine dernière : le géant franco-américain a annoncé la suppression de 11.000 emplois supplémentaires, qui viendront s’ajouter aux 9.000 suppressions annoncées en janvier. Au total, le groupe va se séparer de 15 % de son effectif global.

 

«  La chute brutale de l’activité, en particulier en Amérique du Nord, veut que nous prenions des mesures additionnelles », a commenté le CEO du groupe, Paal Kibsgaard. «  Nous pensons que le redressement de l’activité de forage aux Etats-Unis prendra du temps. » En outre, ce redressement «  ne permettra pas de revenir aux niveaux précédents, loin de là, ce qui prolongera la période de prix bas », a-t-il poursuivi.

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Créateurs de richesse ?

Surprise : un laborieux épluchage de chiffres par le New York Times démontre que les preneurs d’otages ne sont pas les vilains syndicalistes, mais les gentils « créateurs de richesse », vous savez, les entreprises. Voici un digest, car l’article est très long.

Quand General Motors a publié la liste des usines qui allaient fermer, il y a trois ans, au moment de sa faillite, les collectivités locales qui s’étaient crues partenaires se sont retrouvées en ligne de mire. Depuis des années, des Maires et des Gouverneurs en lutte contre le chômage offraient à GM des liquidités, des locaux gratuits, la formation du personnel, des réductions d’impôts. En 2007 encore, GM déclarait que « ces avantages fiscaux renforçaient leurs relations et que ce serait donnant-donnant » (procès-verbal d’un conseil municipal du Michigan). Et pourtant, au moins 50 des sites fermés en 2009 se trouvaient dans des communes ou des États qui avaient accordé de tels avantages, se montant à des milliards de dollars publics.

Certaines collectivités, prêtes à tout pour retenir GM, ont fait des offres plus importantes : l’Ohio a proposé 56 millions pour garder l’usine de Moraine, et le Wisconsin 153 millions pour celle de Janesville. En vain. GM est parti, et grâce au plan de renflouement fédéral, est de nouveau bénéficiaire. Pas les villes, qui ont épuisé leurs réserves pour préserver des milliers d’emplois aujourd’hui disparus.

La commune d’Ypsilanti (Michigan) poursuit GM en justice. « On ne peut pas faire des promesses pareilles et les oublier comme des pièces au fond d’un tiroir, » déclare son avocat. C’est pourtant ce que font des entreprises de tout le pays.

Le NYT a mené l’enquête pendant 10 mois, et fait les comptes : les États, les comtés et les villes accordent 80 milliards par an en avantages fiscaux aux entreprises. Tous les secteurs en bénéficient, y compris les conglomérats pétroliers, les entreprises high-tech, l’industrie du spectacle, les banques, et les grandes chaînes de restauration. Le coût de ces aides est impossible à estimer, car elles proviennent de milliers de collectivités, et on ne sait pas combien d’emplois sont vraiment créés, et combien l’auraient été sans elles.

Pour rechercher les chiffres par entreprise, par État, par commune, le NYT a créé une base de données sur le sujet: Explore the data

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