Hervé This : La gastronomie moléculaire

Hervé This, physico-chimiste, créateur en 1988 avec le physicien Nicholas Kurti du concept de gastronomie moléculaire, discipline scientifique qui étudie les transformations culinaires, nous présente ce qui pourrait être l’alimentation de demain…

La science des aliments existe depuis longtemps. Que des physiciens et des chimistes se soient intéressés à la cuisine ne nous dit pas si la gastronomie moléculaire est une science ou une technologie. Pour répondre à la question, il faut examiner la terminologie.

La technologie concerne l’objet technique et son perfectionnement. La science s’intéresse au monde, sans référence à la production technique, qu’elle se fasse à l’échelle artisanale ou industrielle. Avec la gastronomie moléculaire, nous sommes clairement dans le dernier cas, pas dans la technologie.

Une étude détruit le mythe de la fourmi travailleuse

Par ses fables, Jean de La Fontaine avait pour ambition de se servir “d’animaux pour instruire les hommes”. La fable qui ouvre son premier recueil est la célébrissime historiette de La cigale et la fourmi, inspirée d’Ésope. Si l’écrivain grec montre, dans son texte, les fourmis en train de s’activer – elles font sécher du grain –, son lointain successeur français ne se donne même pas cette peine et tient pour acquise, tout en la renforçant, l’image de la fourmi travailleuse.

Cette image a pris une telle force que, dans les définitions du dictionnaire une fourmi peut désigner une personne laborieuse et une fourmilière un lieu où s’affairent un grand nombre d’humains. On a d’ailleurs attribué le succès écologique des insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites…) à la division du travail et à la spécialisation des individus qu’ils mettent en place, un mode d’organisation dont Homo sapiens s’est inspiré dans bien des domaines, que ce soit l’industrie, l’informatique, la robotique ou la logistique.

Pourtant, tout cela pourrait bien être bâti sur un mythe car fourmis et travail ne seraient pas autant synonymes que cela, si l’on en croit plusieurs études dont la dernière en date vient de paraître dans le numéro de septembre de la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

Biologistes à l’université d’Arizona, les auteurs de cet article sont partis du constat, posé par plusieurs travaux antérieurs, disant que, dans des fourmilières étudiées, environ la moitié des individus semblaient inactifs. Ils ont donc voulu vérifier si c’était bien le cas et tester plusieurs hypothèses pouvant expliquer cette “oisiveté” comme par exemple un besoin de repos imposé par l’horloge interne ou un excès de travail.
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Une biologiste lauréate du CNRS pour sa thèse sur la “crise identitaire” d’un ver (Màj)

01/10/2015

L’Alsacienne Marie-Charlotte Morin, 27 ans, doctorante en biologie cellulaire à l’université de Strasbourg, avait été la vedette de l’édition nationale et internationale de “Ma thèse en 180 secondes”. Hilarant, son one-woman show autour de la cellule rectale d’un ver qui a envie de devenir un neurone avait conquis le public.

Que lui a apporté cette gloire éphémère ? Contactée en plein congé maternité, un bébé d’un mois pleurant à ses côtés, la lauréate de la finale nationale du concours “MT180″ en juin 2014, répond cependant avec joie à francetv info : “Une opportunité théâtrale. J’ai été contactée par un metteur en scène, Alexandre Taesch, et nous avons écrit une pièce sur l’évolution au sens de Darwin. Cela s’appelle ‘Tout le monde descend. Darwin, un grand pas pour l’hominidé.’ Pendant plus d’une heure, je vais me démener sur scène pour défendre Darwin face aux créationnistes ! Je commencerai à la jouer en avril prochain à l’Illiade à Strasbourg, puis dans d’autres cafés-théâtres de la ville. Et peut-être à Paris : nous sommes déjà en contact avec des salles.

A réaliser des rêves

Noémie Mermet, elle, a remporté la finale internationale du concours MT180 en septembre 2014, pour avoir expliqué l’enjeu de “l’implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCy dans un contexte d’allodynie”. Sachez plus simplement qu’elle travaille sur le développement des symptômes douloureux chez l’enfant.


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L’or vient de l’espace

Les astrophysiciens pensent désormais connaître l’origine de l’or : le métal précieux serait le fruit de la collision ultra-violente entre deux étoiles à neutrons il y plusieurs milliards d’années. Un choc si fantastique, qu’il aurait propulsé l’équivalent de dix Lune d’or massif dans l’Univers, dont les pépites terrestres. Explications.

Selon Edo Berger, de l’université d’Harvard, l’or, comme tous les éléments lourds, proviendrait d’un cataclysme cosmique, particulièrement rare et puissante : la fusion de deux “étoiles à neutrons“. Particularité de ces petits astres d’une dizaine de kilomètres de diamètre : une masse supérieure à celle du soleil, soit un milliard de tonnes pour un centimètre cube. Composées de neutrons  - d’où leur nom – elles sont en réalité le cœur d’astres morts, les “restes” d’étoiles ayant préalablement explosé en supernovas.

En cas de collision entre deux étoiles à neutrons, le choc forme un nuage de neutrons hautement concentré à l’intérieur duquel des réactions nucléaires permettent la formation, entre autres, de l’or. 

Nous estimons la quantité d’or produite lors d’un tel événement à 10 fois la masse de la Lune“, explique Edo Berger, dans sa théorie émise en 2013.
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Lorraine : A 14 ans, il invente un robot-jardinier et Google le récompense(Màj vidéo)

28/09/2015

Après avoir reçu les honneurs de Google, Eliott Sarrey a été acclamé, lundi 28 septembre, par ses camarades de classe. Une semaine après avoir été récompensé en Californie grâce à son robot jardinier, ce lauréat de 14 ans de la Google Science Fair a été reçu comme il se doit par ses camarades de classe : banderoles, félicitations, accolades…

L’apprenti ingénieur est rentré des États-Unis “avec un chèque de 10.000 euros signé par le géant Google pour développer son robot jardinier”. Il bénéficiera également d’une année d’accompagnement scientifique.


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05/08/2015

Eliott Sarrey, 14 ans, n’est pas un adolescent tout à fait comme les autres : il fait partie des 20 jeunes finalistes du concours “Google Science Fair“, qui vise à récompenser les inventeurs en herbe du monde entier. Eliott doit cette nomination à Bot2Karot, son robot-jardinier.

Jacques Attali : « L’ordre cannibale » (1979)

Interviews de Jacques Attali à l’occasion de la sortie de son livre “L’ordre cannibale” dans lequel il évoque l’évolution de l’homme et de la médecine. Il explique que progressivement l’homme pourra acheter des copies de lui-même, des organes artificiels et des machines permettant de se soigner. Ainsi, il estime que l’homme deviendra un objet de consommation pour l’homme lui-même.

Où vont la médecine, la maladie, la santé ? La crise de nos sociétés ne plonge-t-elle pas ses racines les plus profondes en ce domaine où les attitudes et les conceptions risquent, d’ici la fin du siècle, de se trouver radicalement bouleversées ? Telle est la première interrogation à laquelle répond Jacques Attali dans cette « économie politique du mal » réalisée au terme de plusieurs années de réflexion et d’enquête, notamment aux USA, au Japon et partout en Europe.

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Résurrection

Les progrès scientifiques de ces dernières décennies laissent entrevoir des possibilités telles que les vieux rêves des auteurs de science-fiction pourraient bientôt devenir réalité. Nous suivons trois chercheurs qui tentent de faire revivre dinosaures, mammouths et autres Néandertaliens. Mais n’y a-t-il pas des risques à défier ainsi l’évolution?

Enquête sur les neurones

On dit, entre autres, que les cellules du cerveau disparaissent au rythme de 50.000 par jour, qu’il y aura trois fois plus de cas de démence dans cinquante ans, que le cerveau des personnes âgées est plus lent, que le sucre cause la maladie de Parkinson. Mythe ou réalité?

La Robotique

Les robots ont transformé notre vie. Isis 2 par exemple est un système qui peut travailler à l’intérieur des centrales nucléaires. COBRA permet aux êtres humains d’éviter les rayons X.

Dans les usines automobiles des robots assemblent les différentes pièces pratiquement sans intervention humaine. En médecine généralement des robots analysent le sang et de nombreux médicaments sont conditionnés mécaniquement. Dans l’espace des robots à l’intelligence artificielle seront capable de déterminer leurs propres actions.

États-Unis : Militantisme et alimentation alternative

Les mouvements pour une alimentation alternative sont-ils une panacée contre l’obésité, les problèmes de santé d’origine alimentaire et la mauvaise alimentation ? Nul besoin d’être réactionnaire pour voir les limites de cette proposition ; difficile pourtant de renoncer à cette croyance. Julie Guthman, dont le travail a presque à lui seul inauguré la recherche scientifique sur ces questions, nous aide à comprendre pourquoi.

Vous êtes principalement connue comme spécialiste de l’obésité et des produits biologiques. Mais plus généralement, on pourrait vous décrire comme chercheuse en études sur l’alimentation, un domaine à la fois assez récent et spécifique au monde anglophone. De quoi s’agit-il et comment y êtes-vous venue ?

Julie Guthman : Un nombre important de travaux tombent sous la catégorie des études sur l’alimentation, y compris dans les sciences dures. Mais dans les sciences humaines et sociales, trois courants différents peuvent être observés. Premièrement, il y a des travaux assez descriptifs qui se rapprochent de la littérature populaire et qui décrivent, souvent en des termes admiratifs, une expérience alimentaire, un restaurant, ou des produits alimentaires.
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Téléphone portable : Les effets nocifs sur les insectes

À Bruxelles, des chercheurs du Département de Biologie ont dévoilés une étude sur l’impact des ondes GSM sur les fourmis. D’après une expérience, réalisée sur plusieurs colonies de fourmis exposées aux ondes d’un téléphone portable, ces insectes sociaux sont fortement touchés par les rayonnements électromagnétiques émient par nos GSM.

On constate que les fourmis exposées à moyen terme sont désorientées, perdent de leur mobilité, de leur mémorisation et ne récupèrent pas la totalité de leur performance soit un handicap de 50%. Les fourmis exposées à long terme meurent de façon prématurée. Une étude inquiétante.

A quoi ressemblerait la Terre sans l’humanité ?

Ce pourrait être un nouveau genre de film, mieux que Jurassic Park ou tout autre production hollywoodienne post-apocalyptique : que se serait-il passé si l’Homme n’avait jamais pris possession de la Terre? Nombre de paramètres seraient à prendre en compte, car nous avons peu à peu modelé la planète, y compris des espaces que l’on considère aujourd’hui comme naturels.

Il ne s’agit pourtant pas de reconstituer “Life after people“, cette extraordinaire série documentaire sortie en 2008 sur History Channel. Dans celle-ci, le parti-pris était d’examiner le plus sérieusement possible ce qui surviendrait de nos réalisations si l’humanité disparaissait du jour au lendemain.

Effondrement des gratte-ciels, lente disparition de tout ce que nous avons construit… Les films réalisés à grand renfort d’images de synthèse n’avaient rien à envier à Hollywood. L’ouvrage d’Alan Weisman “The world without us” (le monde sans nous, traduit en français sous le titre “Homo Disparitus”) fait également bien le tour de la problématique, et le site associé offre une intéressante chronologie de la disparition des vestiges de notre civilisation.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’images apocalyptiques et de visions de statue de la Liberté à moitié submergée ou de tour Eiffel envahie par le lierre, mais de nature paisible et jamais dérangée. Ce n’est plus “et si nous disparaissions“, mais “et si nous n’avions jamais existé“.
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La Terre perd le Nord

En 2005, deux scientifiques – le géologue français Jean-Jacques Orgeval et le géophysicien canadien Larry Newitt – mesurent que le pôle Nord s’est déplacé de près de 120 kilomètres en un an, soit une moyenne de 300 mètres par jour. Pour vérifier ces résultats spectaculaires, ils sont retournés au pôle magnétique en avril 2007, en pleine Année polaire internationale.

Leurs soupçons se sont vus confirmés et ces conclusions sont inquiétantes. Le pôle magnétique bouge si vite qu’il sera bientôt à la limite du rayon d’action du Twin-Otter, le seul avion capable de se poser sur la glace. L’imminence d’un prochain retournement des pôles magnétiques, comme la Terre en a connu en moyenne tous les 250.000 ans, fait partie des hypothèses envisagées.

Jean-Claude Heudin : « Transhumanisme et post-humain, un futurisme teinté de science-fiction »

La course vers l’Homme augmenté est en marche. Auparavant simple fantasme, le post-humain serait, selon certains, sur le point de naître. Futura-Sciences a rencontré Jean-Claude Heudin, spécialiste de l’intelligence artificielle, robots et “créatures artificielles” et directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin qu’il nous parle plus en détail du transhumanisme.

Laurent Alexandre : « Les neuro-révolutionnaires »

Faut-il mettre des limites à l’Intelligence Artificielle? Comment la maîtriser et doit-on l’interfacer à nos cerveaux biologiques? A l’ère des prothèses cérébrales, le risque de neuro-manipulation, de neuro-hacking et donc de neuro-dictature est immense.

Nous devons encadrer le pouvoir des neuro-révolutionnaires comme Google: la maîtrise de notre cerveau va devenir le premier des droits de l’Homme.

Météo de l’espace : Émergence d’une nouvelle science

La météorologie de l’Espace est une science en plein développement qui nous concerne tous. Elle vise à prédire les tempêtes solaires et à nous en protéger. En effet, les tempêtes solaires ne sont pas plus fortes aujourd’hui, mais leurs effets le sont.

Plus nous dépendons de technologies sophistiquées sensibles aux particules électriques émises par le soleil, plus nous devenons vulnérables à ce phénomène naturel. Les enjeux sont tels que les industriels, les scientifiques et les responsables politiques travaillent désormais sur la Météo de l’espace.

Idriss Aberkane : « Avec le biomimétisme, il n’y aura plus de déchets »

Idriss Aberkane, chercheur en neurosciences cognitives et ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco, fait partie de ces scientifiques qui s’attardent sur les incroyables capacités du vivant à créer ce dont il a besoin pour répondre à une situation spécifique. Son objectif, tirer des enseignements du biomimétisme et si possible des applications concrètes au profit d’un équilibre environnemental.


Au delà d’une vision purement scientiste, ce chercheur questionne la notion de « connaissance » en société qu’il observe comme le pétrole infini de l’avenir. Couplé à la maitrise du biomimétisme, cette connaissance pourrait mener à une économie bleue circulaire où les déchets seraient de l’ordre du passé car nous aurions simplement appris à ne plus en produire…

« Dans une société marquée par les notes et les labels, l’éducation actuelle est pratiquée de façon industrielle, avec pour objectif de servir l’économie. Ce qui produit le « gavage intellectuel » auquel sont soumis les enfants. Pour en sortir, il faut développer un appétit pour la connaissance, faire en sorte que les savoirs s’acquièrent dans le plaisir et non plus dans la douleur. » explique le chercheur sur le site de TEDx.

Il fut invité à discourir pour le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) dont le but est « d’explorer les avancée du biomimétisme, identifier ses acteurs, évaluer l’état de la recherche fondamentale et appliquée » pour encourager cette transition vers des modes de production plus sains.

« Révolution monétaire » : Débat entre Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean Baptiste Bersac

En juin dernier, le 4ème Singe et le Cercle des Volontaires se sont réunis autour d’Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac pour une discussion sous forme de table ronde sur la monnaie et l’économie.

En cette période trouble où le modèle économique du capitalisme arrive en bout de course et n’est plus pertinent pour répondre aux attentes de demain, il est temps de proposer une alternative.

Redéfinir le modèle de la monnaie, s’en détacher et mieux, comprendre notre dépendance à celle-ci est aujourd’hui d’autant plus simple qu’internet et l’arrivé des monnaies virtuelles (type Bitcoin) est une réalité.

Cette table ronde animée par Romain du 4ème Singe, réunit et donne la parole libre à trois intervenants aux réflexions de grande qualité sur le sujet :

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Le Pr Séralini dénonce des tests faussés sur les pesticides et OGM

Une nouvelle étude de Gilles-Eric Séralini assure que les tests de commercialisation des OGM et des produits chimiques sont faussés car l’alimentation des rats de laboratoire serait elle même polluée. Polémique en vue.

La nouvelle étude réalisée par Gilles-Eric Séralini, de l’université de Caen, provoquera encore sans doute une controverse. Selon ses travaux publiés ce soir dans PLOS one, tous les tests de réalisés au cours des 50 dernières années pour déterminer l’autorisation de commercialiser les produits chimiques ou les OGM seraient faussés.

En cause : l’alimentation des rats de laboratoires utilisés pour mener ces tests de toxicité. Elle contiendrait déjà des pesticides, des métaux lourds, des dioxines et de PCBs à des quantités pouvant induire une toxicité, selon le biologiste et ses confrères Robin Mesnage et Nicolas Defarge. 

Cette nouvelle étude qui a coûté une cinquantaine de millier d’euros (salaires des étudiants compris) a bénéficié du soutien des régions Île-de-France et Rhône-Alpes ainsi que des Fondations Lean Nature, Charles Léopold Mayer et du CRIIGEN.
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Ce que mes gènes disent de moi

Quelle est l’influence du patrimoine génétique et de l’environnement sur le comportement ? Peut-on changer sa personnalité ? Ce documentaire original et éclairant livre des réponses en filmant l’enquête très personnelle de la journaliste scientifique danoise Lone Frank.

Guyane : 50 scientifiques recensent la biodiversité

L’initiative est hors-norme. 50 scientifiques ont été envoyés pour un mois en plein sud de la Guyane, dans le massif du Mitaraka, à la frontière du Brésil et du Suriname. L’endroit est accessible seulement par hélicoptère.

L’opération “Planète revisitée” s’est installée là avec deux missions: “Essayer de compléter l’inventaire du vivant, autant que faire se peut ce qui est à porté de main d’une ou deux générations si l’on s’en donne un peu les moyens et surtout de travailler sur les groupes les plus vastes et les moins connus, en particulier les invertébrés“, détaille Olivier Pascal, Coordinateur de l’opération.

Menée par le Muséum d’histoire naturelle et l’ONG Pro Natura, cette opération est un défi logistique. Avec l’aide des militaires, il a fallu déboiser une parcelle pour le campement puis installer des centaines de pièges en tout genre. Car découvrir des nouvelles espèces de jour comme de nuit est l’un des buts principaux de cette exploration botanique.

Une fois les nouvelles espèces décrites, elles viendront enrichir une large base de données accessible au public. 5.000 espèces pourraient être identifiées pour cette expédition.

OGM : Un agneau-méduse se retrouve par erreur dans l’assiette d’un consommateur

Un agneau génétiquement modifié avec une protéine de méduse s’est retrouvé au sein de la chaîne alimentaire chez un particulier à l’automne dernier après une confusion à l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra).

Panthéisme, néo-paganisme et anti-christianisme dans l’écologie radicale

Nous allons traiter ici des rapports entre l’écologie radicale, les notions de panthéisme et de néopaganisme et l’antichristianisme. En effet, pour beaucoup d’observateurs, l’écologie comporte de facto un aspect néopaïen qui fait d’elle une sorte de religion néo-animiste qui serait fondée sur la sacralisation de la nature et sur le retour de cultes archaïques consacrés à la déesse Terre: le « culte de la Terre-mère ».

De fait, un premier constat montre que l’écologie profonde est largement panthéiste, cherchant à contrer la dédivinisation de la nature analysée en son temps par Heidegger. Ainsi, un écologiste comme Michel Serres revendique ouvertement son paganisme dans ses essais sur l’écologie.

Ces milieux écologistes alternatifs, issus des contre-cultures, évoluant à la fois aux marges du New Age et de l’écologie profonde, ont développé un panthéisme « écologisant » qui se manifeste très souvent au travers de pratiques néo-païennes animistes, que ce soit le druidisme, l’odinisme, le néo-chamanisme ou la sorcellerie.

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Le mystère de la matière noire

La matière noire, inconnue indétectable dans nos modèles physiques, peuplerait massivement le cosmos. Pour la première fois, un film montre la folle quête scientifique dont elle est l’objet.

Dans nos modèles physiques, le poids de toute la matière observable (étoiles, galaxies…) ne représente que 4 % de l’univers, alors qu’une matière inconnue, invisible, qu’aucun outil n’a jamais permis de détecter, peuplerait massivement le cosmos.

Aujourd’hui, astrophysiciens et cosmologistes, chercheurs dans les champs de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, unissent leurs forces pour résoudre cette grande énigme: quelle est la nature de cette fameuse matière noire ?

Épopée

C’est à la découverte de cette quête, la plus importante du XXIe siècle, qu’invite ce film. Existe-t-elle vraiment ? Faut-il remettre à plat toute la physique élaborée depuis Newton puis Einstein ?

L’aventure recèle les ingrédients d’une folle épopée : précurseurs ignorés, coups de théâtre, angoisses et polémiques, moyens considérables mis en œuvre, collaborations et compétitions pour une quête du Graal…

Un thriller haletant qui nous emmène à l’aube d’une révolution scientifique et métaphysique équivalente à celle de Copernic ou de Galilée. Notre manière de percevoir le monde sera-t-elle totalement remise en question ?

Chine : Le pays peut-il devenir une grande puissance technologique innovante ?

La Chine veut être un pays qui innove, et plus seulement le centre de production qui a été surnommé «l’usine du monde». Les crédits consacrés à la recherche y augmentent de 20% chaque année: ils représentaient 1,43 % du PIB en 2006 et il est prévu que ce chiffre passe à au moins 2,5% en 2020. C’est essentiellement le secteur des entreprises publiques qui  contribue à cette augmentation.

La Chine détient le record du monde en matière de dépôts de brevets, avec 2,3 millions de brevets en 2013. 825.136 étaient des brevets d’inventions comparables à ceux qui existent dans les pays occidentaux, tandis que les autres étaient des dessins et modèles, catégories répondant à des exigences plus faibles.

Par ailleurs, les entreprises chinoises se situent en troisième position pour les dépôts de brevets auprès de l’Organisation internationale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui siège à Genève. Au total, en 2013, les États-Unis ont déposé 57.239 brevets auprès de cet organisme, le Japon 43.918 et la Chine 21.516. Ce dernier chiffre représente une augmentation de 15,6% par rapport à 2012.

Depuis trois ans, c’est l’entreprise ZTE qui –avec environ 4.600 demandes de brevets par an– occupe la première place chinoise à l’OMPI. ZTE fabrique essentiellement du matériel de téléphonie, est présent dans 140 pays et consacre 10% de son chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Ses demandes de brevets atteignent le double d’une autre entreprise chinoise, Huawei, qui fournit des réseaux et des solutions numériques à de nombreux opérateurs de télécommunications.
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Isabelle Stengers : « Les sorcières néopaïennes et la science moderne »

Scientifique de formation et aujourd’hui professeure de philosophie à l’Université Libre de Bruxelles, Isabelle Stengers désigne les paroles sorcières dont usent le système capitaliste et « la science » pour justifier leur emprise. Des siècles de culture ultra-rationaliste et d’industrie ont éradiqué et discrédité tout ce qui relevait du commun, nous laissant vulnérables et impuissants. Pour récupérer une puissance de penser, d’agir et de coopérer, Isabelle Stengers convoque les activistes du « reclaim » et autres sorcières néo-païennes, qui nous invitent à résister à l’envoûtement capitaliste, au-delà de l’alternative entre réformisme et révolution.

Dans La sorcellerie capitaliste(1), écrit avec Philippe Pignarre, vous décrivez le capitalisme comme un « système sorcier sans sorcier ». Entendez-vous par là que le système économique et social dans lequel nous sommes plongés relève d’un ordre magique ?

Quand il n’est pas réduit à une simple métaphore, le mot « magie » ne sert plus guère qu’à établir des oppositions entre nous – qui vivons un monde où la rationalité est censée prédominer – et les autres peuples qui « croient encore en la magie ». J’ai pour ma part voulu prendre au sérieux la magie, sans me poser la question d’y croire ou de ne pas y croire. Avec Philippe Pignarre, nous parlons de « système sorcier » (c’est-à-dire d’un système utilisant une magie malveillante) pour dramatiser ce qui devrait nous faire penser aujourd’hui : le maintien, voire même l’intensification de l’emprise capitaliste, alors que ces dernières décennies, avec le déchaînement de la guerre économique, la référence au progrès a perdu toute évidence.

Dans les années 1970, on pouvait imaginer qu’en critiquant la notion de progrès, on s’attaquait à l’idéologie qui assurait l’emprise capitaliste. Or aujourd’hui, sauf pour quelques illuminés, la notion de progrès semble n’être plus qu’un réflexe conditionné, une ritournelle. Pourtant, l’emprise n’a pas faibli, bien au contraire.

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Les archéologues du futur (1/2) : High-tech sur fonds sous-marins

L’archéologie se tourne de plus en plus vers l’Europe de l’Est. Un voyage en deux volets en compagnie des chercheurs, entre pinceau et laser. Sur les côtes de la mer Baltique, des archéologues découvrent l’épave d’un navire du XVIIIe siècle.

C’est grâce à des photographies aériennes que l’ensemble de la flotte pu être repérée. Un mini sous-marin, équipé d’un sonar, photographie les bâtiments, puis des morceaux de bois sont prélevés pour être analysés en laboratoire.

Comment j’ai détesté les maths

Les maths vous ont toujours barbées, vous avez toujours pensé qu’être nul en maths était une fatalité, bref vous les avez toujours détestées! On aurait pu se contenter d’en rire si elles n’avaient pris une telle place dans notre société : Apple, Google, Goldman Sachs ne sont plus qu’algorithmes et formules mathématiques.

Comment les maths en sont-elles arrivées à souffrir d’une telle désaffection au moment même où elles dirigent le monde ? A travers un voyage aux quatre coins du monde avec les plus grands mathématiciens dont Cédric Villani (Médaille Fields 2010), Comment j’ai détesté les maths nous raconte comment les mathématiques ont bouleversé notre monde, pour le meilleur… et parfois pour le pire.

Réalisé par Olivier Peyon (2014)

Belgique : Un béton intelligent capable de s’auto-régénérer

Les ingénieurs d’un laboratoire de l’Université de Gand, en Belgique, travaillent sur un béton qui, à première vue, n’a rien d’extraordinaire. Et pourtant, il présente une propriété unique : c’est un béton capable de s’auto-régénérer en cas de fissure.

Selon Elke Gruyaert, ingénieur en génie civil à l’Université de Gand : “Ce béton est composé de polymères dits “superabsorbants”. Du coup, lorsqu’une fissure apparaît et que l’eau s’y infiltre, les polymères superabsorbants gonflent et colmatent ainsi la brèche.

Les polymères encapsulés sont incorporés dans le béton.Lorsque l‘échantillon est sec, les chercheurs le fissurent et attendent de voir ce qu’il se passe. Ils analysent alors ses propriétés mécaniques, son imperméabilité et sa résistance.

Dépression, une épidémie mondiale ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la dépression affecterait 350 millions de personnes dans le monde et le nombre de cas ne cesserait de croître. À la une des journaux, on parle d’épidémie.

Au Japon, le nombre de personnes dépressives est passé ainsi de quelques dizaines de milliers dans les années 1990 à 250 000 en l’an 2000, jusqu’à atteindre plus d’un million aujourd’hui. Une tendance qui n’épargne aucun pays. Quant à la consommation mondiale d’antidépresseurs, elle a doublé en une décennie, de 2000 à 2011.

Comment expliquer ces données alarmantes ? Comment nos sociétés en sont-elles arrivées à produire de la dépression à grande échelle ? Si la maladie laisse souvent l’individu seul face à sa détresse et à son histoire personnelle, ce film propose à l’inverse d’interroger les raisons collectives de notre désarroi. Du Japon à la Grèce en passant par l’Allemagne, les États-Unis, la Suisse et la France, des médecins, des philosophes, des sociologues, des anthropologues et des travailleurs sociaux, tous témoins et acteurs de ce phénomène, s’interrogent sur les racines et les conséquences de cette vertigineuse “épidémie”.

Réalisé par Michèle Dominici (2013)

Chine : Des scientifiques créent un œuf transparent à Pékin

Un œuf au poil pour voir grandir le fœtus d’un oiseau. Pour la première fois, des scientifiques chinois de l’université Tsinghua de Pékin sont parvenus à créer une coquille d’œuf artificielle et transparente. Elle a été réalisée avec un polymère organique à base de silicium. Ce composé souple permet d’imiter la texture d’une coquille réelle.

L’appel de 700 personnalités sur les dangers de l’intelligence artificielle

Les progrès de l’intelligence artificielle sont fulgurants, mais peu de recherches sont effectuées sur les conséquences de cette révolution technologique. C’est l’avertissement émis dans une lettre ouverte par un groupe de chercheurs et d’entrepreneurs. Parmi eux, Stephen Hawking et Elon Musk.

« Le financement de Skynet est voté. Le système se met en place le 4 août 1997, la décision humaine est éliminée de la Défense Stratégique. Skynet commence à apprendre à vitesse géométrique. il devient autonome le 29 août 1997 à 2h14 du matin, heure de Greenwich ». Terminator 2, 1991.

Et si la réalité rattrapait la fiction ? Sept cents personnalités du monde des sciences et de la technologie appellent, dans une lettre ouverte publiée le 10 janvier, à plus de prudence face à l’essor de l’intelligence artificielle, dont les récents progrès ont été fulgurants.

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Le ventre est-il notre second cerveau ? (Audio)

Cette émission de Science Publique fournit des informations captivantes sur le système intestinal, que la science commence à considérer comme notre second cerveau. Riche d’une centaine de millions de neurones, celui-ci gère de manière indépendante la désagrégation et l’assimilation des aliments. Mais surtout, il héberge une population de cent mille milliards de micro-organismes – dix fois le nombre de nos cellules – constitués en majorité de bactéries. La composition de cet écosystème, nommé microbiote, est spécifique à chaque individu.

Il contiendrait en effet plusieurs centaines de millions de neurones. Mais ce qui distingue surtout nos entrailles de notre encéphale, c’est la population qui l’habite. Il s’agit du microbiote intestinal, ou flore intestinale, qui contient pas moins de 100.000 milliards de micro-organismes. Soit deux fois plus que le nombre de cellules qui composent notre propre organisme.

Longtemps, cet univers intérieur est resté largement inexploré. Mais depuis les années 2000, la baisse du coût des techniques de séquençage de l’ADN permet aux chercheurs d’étudier ces populations de bactéries sans avoir à les cultiver en laboratoire. Ils commencent ainsi à analyser les 400 ou 500 espèces que nous abritons et qui participent activement à la fermentation des aliments mais aussi à l’entrainement de notre système immunitaire ou à la fabrication de vitamines.

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La planète a atteint ses limites

Réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, perte de nutriments agricoles… jusqu’à quel point l’humanité peut-elle modifier son environnement sans risquer d’importants désagréments ? C’est en cherchant à répondre à cette question qu’une équipe de chercheurs internationaux a forgé, en 2009 dans Nature, la notion de « limite planétaire ».

Leurs travaux, qui font date, identifiaient les seuils-limite à ne pas franchir pour éviter que « le système-Terre ne bascule dans un état très différent [de l’actuel], probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ».

Vendredi 16 janvier, dans la revue Science, la même équipe publie une mise à jour de cette étude et identifie quatre limites déjà franchies ou en cours de dépassement. Ces conclusions seront présentées au Forum économique mondial qui se tient à Davos (Suisse) du 21 au 24 janvier.

Changement climatique

Selon les chercheurs, les principales limites transgressées sont celles du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Les deux autres seuils franchis relèvent de dégâts locaux : l’un tient au changement rapide d’utilisation des terres, l’autre à la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore – deux éléments essentiels à la fertilité des sols.
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Comment le fait de respirer nous connecte à la planète entière

Respirer est un phénomène qui se déroule sans que nous n’y prêtions généralement attention. Pourtant, cette simple action nous relie à l’ensemble de la planète…

Respirer est une action automatique, qui se déroule même lorsque nous ne sommes pas conscients (lorsque nous dormons, par exemple). Une action à laquelle nous ne portons par conséquent que très peu d’attention, si bien qu’elle pourrait nous paraitre parfaitement banale. Et pourtant ! Un article publié le 17 décembre 2014 sur le site de la revue américaine Wired par le biologiste et géologue américain Curt Stager nous rappelle à quel point, loin d’être un phénomène anodin, la respiration nous relie en quelque sorte à l’ensemble de la planète…

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Un matériau révolutionnaire qui refroidit au soleil et renvoie vers l’espace son surplus de chaleur

Des chercheurs de l’Université Stanford ont conçu un nouveau matériau qui exposé au soleil et à l’air garde naturellement une température de 5 degrés inférieure à la température ambiante, soit un système de refroidissement « gratuit » (hors coût de sa fabrication). Ce matériau est d’autant plus étrange qu’il se débarrasse de sa chaleur dans l’espace et non pas dans l’atmosphère.

Selon leur article publié dans la revue Nature, le matériau mis au point par le professeur Shanhui Fan et son collègue Aaswath Raman du Département de génie électrique de Stanford, se présente sous la forme d’une fine « crêpe » de 20 cm de diamètre et 1,8 micromètre d’épaisseur où alternent des couches de verre (dioxyde de silicium) et d’oxyde d’hafnium (HfO2) déposées sur un support de silicium par des techniques issues des nanotechnologies.

Ce millefeuilles possède deux propriétés remarquables : d’une part, il reflète 97 % de la lumière visible – c’est un miroir très réflexif -, d’autre part il irradie une partie de la chaleur qu’il reçoit (lumière infrarouge) sous forme de radiation d’une longueur d’onde comprise entre 8 et 13 micromètres, ce jusqu’à se trouver à 5 degrés au-dessous de la température de l’air ou de la matière en contact avec lui.

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Les superpouvoirs de l’urine

Matière première, engrais industriel, outil de diagnostic pour les scientifiques, médicament, ressource énergétique, l’urine, fluide universel injustement méprisé, se prête aux usages les plus nobles.

En témoignent les expériences surprenantes menées par les scientifiques aux États-Unis, en Chine, aux Pays-Bas, au Danemark, en Angleterre ou en France. Ce voyage au pays de l’or liquide nous rappelle aussi que nous avons passé les premiers mois de notre vie dans l’urine.

Le transhumanisme : La prochaine étape de la civilisation

Le transhumanisme est la prochaine étape de la civilisation, et le laissez-faire est sa justification, sa condition préalable et sa limite :

  • Premièrement, c’est la seule philosophie qui fournisse une justification adéquate à la liberté transhumaniste, et une réponse solide à ceux qui l’opposent ;
  • Deuxièmement, c’est la seule philosophie qui permette au monde d’être suffisamment prospère pour que nous puissions effectivement nous le permettre, et laisse les gens utiliser leur argent à cette fin ;
  • Troisièmement, c’est la seule philosophie qui se développe en un cadre cohérent et rationnel permettant de gérer les nouvelles questions éthiques soulevées par le progrès technologique.

1. Le transhumanisme en tant que droit libéral
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