Cadre sup hier, artisan aujourd’hui (audio)

C’est un phénomène difficile à quantifier, cela dit, et qui ne se limite pas bien entendu au milieu de la finance. A en croire une étude, 74% des salariés européens rêveraient de se reconvertir.

Dans les faits, d’après le Cereq, le Centre d’Etudes et de Recherches sur les qualifications, 13% des hommes et 17% des femmes changent radicalement de parcours professionnel au cours des 7 premières années de leur vie au travail.

Le magazine de la rédaction – France Culture 27/06/14

Contrat de travail : Un salarié ne peut plus refuser sa modification, même pour une baisse de salaire

Votre patron va pouvoir modifier votre contrat de travail unilatéralement. En effet, dans un arrêt du 12 juin 2014, la Cour de cassation considère désormais qu’un salarié ne peut plus refuser toute modification de son contrat de travail voulue par l’employeur. Y compris pour une baisse de salaire… “si elle reste faible”.

La Cour de cassation a modifié son point de vue. Alors qu’elle l’excluait formellement depuis de nombreuses années, elle juge désormais qu’un employé peut se voir imposer une modification de son contrat, à condition qu’elle n’empêche pas, objectivement, sa poursuite, et donc qu’elle soit mineure.

Il s’agit, de la part du juge, de l’introduction d’une certaine souplesse dans les relations employeur-employé, qui était absolument exclue jusqu’à présent. La Cour jugeait invariablement que ce qui avait fait l’objet d’un contrat signé ne pouvait en aucun cas être modifié par une partie sans l’accord de l’autre. Elle admettait seulement que la modification refusée, si elle était nécessaire, puisse justifier un licenciement, mais avec indemnités.

Cette modification mineure, que le salarié doit désormais accepter, peut même porter sur des éléments essentiels, comme le montant de la rémunération. Ce que les juges considéraient jusque-là comme absolument intangible, sauf accord des deux parties pour la modifier. La Cour de cassation n’admettait même pas que le mode ou le montant de la rémunération prévus au contrat soient modifiés dans un sens favorable au salarié, sans l’accord exprès de celui-ci.

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Une France qui sacrifie sa jeunesse

La France est pour une fois sur la première marche du podium, celui du classement des inégalités de générations. Elle a sacrifié sa jeunesse plus que n’importe quelle autre société développée, comme le démontre l’étude des niveaux de vie.

Niveau de vie selon la génération: le cas alarmant des jeunes Français – Écart de niveau de vie par rapport à la moyenne (à caractéristiques des ménages équivalentes) en %.

En sciences sociales, cet indice, construit à partir du revenu net après redistribution (donc après impôts et droits sociaux) et rapporté à la taille du ménage, est l’aune à laquelle se mesure la progression du confort dans une société.

Le niveau de vie relatif des trentenaires a perdu 17%

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“Osons imaginer l’existence sociale en dehors du travail !”

Loic Wacquant, sociologue, explique que la société est prisonnière de mythes économiques tels quel le plein emploi et la croissance. Pourquoi la société ne parvient-elle pas à imaginer reconnaitre l’utilité d’autres activités en dehors du travail salarié et marchand? Pourquoi pas le faire grâce à un revenu universel?

Europe : “Sous-Smic” qui tapera le plus fort sur les jeunes ?

Un sous-smic pour les jeunes ? L’idée lancée cette semaine par le patron du Medef en a fait bondir plus d’un. Pourtant, il n’est pas le seul à se poser la question. La Grèce et le Royaume-Uni font déjà trinquer les jeunes, en modulant le smic selon l’âge. Les patrons espagnols et allemands aimeraient bien les imiter…

“Le Marché aux esclaves” – Gustave Boulanger (1882)

« Une marche d’escalier ». C’est ainsi que le président du Medef voit le salaire minimum en France. Le patron des patrons, Pierre Gattaz, a donc mis cette semaine les pieds dans le plat et le feu aux poudres à gauche, en proposant de raboter cette « marche »: il suggère l’instauration d’un sous-smic, dispositif « transitoire » et « temporaire » nécessaire à ses yeux pour relancer l’emploi en France.

Pascal Lamy avant lui

Une idée également défendue par l’ancien directeur de l’OMC, Pascal Lamy, le plus social-libéral des socialistes. Ce chantre de la flexibilité évoquait récemment les bienfaits potentiels pour l’économie française de « boulots pas forcément payés au smic »… D’autres, comme les économistes Élie Cohen, Philippe Aghion et Gilbert Cette, préconisent une évolution du salaire minimum, pour le rendre plus flexible et enrayer la « machine à chômeurs ».

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Pourquoi David Graeber soutient le revenu de base

Les bureaucrates amoncellent les papiers pour décider de ce que nous et notre travail valons. Mais ironiquement, suggère l’anthropologue américain David Graeber, ce sont ces fonctionnaires qui effectuent le travail le moins sensé de tous. Si nous donnions à chacun un revenu de base forfaitaire et éliminions ces emplois bureaucratiques ?

Paul Solman : Donc, vous aimez cette idée de revenu de base ?

David Graeber : Je pense qu’elle est formidable. C’est une reconnaissance du fait que personne n’a le droit de vous dicter comment vous pouvez le mieux contribuer au monde, et elle est basé sur une certaine foi — celle que les gens veulent apporter quelque chose. Je suis certain qu’il y aurait quelques parasites, mais la majorité des humains veulent vraiment faire quelque chose ; ils veulent sentir qu’ils ont contribué à la société qui les entoure.

Le problème est que nous avons ce gigantesque appareil qui s’occupe de dire aux gens qui est méritant, qui ne l’est pas, ce que les gens devraient faire, ce qu’ils ne devraient pas. Tout ceci vise à évaluer la valeur économique, mais en fait, l’ensemble du système s’est effondré en 2008 parce que personne ne sait vraiment comment évaluer la valeur du travail des gens, de leurs contributions, des gens eux-mêmes. D’ailleurs, philosophiquement il n’existe aucun moyen facile de le faire. Donc, la meilleure chose à faire est juste de dire : « alors autant que chacun décide par lui-même ».

Le problème est que nous avons ce gigantesque appareil qui s’occupe de dire qui est méritant, qui ne l’est pas, ce que les gens devraient faire, ce qu’ils ne devraient pas.

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«L’héritage est redevenu crucial»

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, les patrimoines sont concentrés en main de quelques-uns. C’est la thèse de l’économiste français Thomas Piketty.

Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, n’est pas homme à lancer des pavés dans la mare sans assurer ses arrières: ainsi, dans Le capital au XXI siècle, c’est 300 ans et 20 pays que le professeur a analysés avant de conclure: oui, les inégalités se creusent, et ce sera vrai tant que le taux de rendement du capital dépassera le taux de croissance de la production et du revenu.

Piketty ne se contente pas d’un constat, il propose aussi une solution capable de renverser la tendance sans pour autant couper la tête des riches.

Aujourd’hui comme au temps de Balzac, mieux vaut hériter que travailler, dites-vous en substance. Vraiment?

C’est un peu exagéré ! Mais je fais bel et bien le constat dans ce livre qu’il y a actuellement une tendance lourde à la progression des inégalités, et croyez-moi, je n’ai aucun goût pour les prévisions apocalyptiques.

La société du mérite telle qu’on la conçoit, c’est donc un leurre?

On s’est raconté beaucoup de belles histoires optimistes sur le triomphe du capital humain, sur la méritocratie et l’égalité des chances.

Si ces dernières sont plus vraies aujourd’hui que du temps de Balzac, elles sont en revanche moins vraies que durant les Trente Glorieuses. Pour résumer, un honnête salarié pouvait, durant les Trente Glorieuses, s’acheter une maison grâce au fruit de son travail. Aujourd’hui, ses chances sont quasi nulles, sauf s’il hérite.

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« Sommes- nous encore capables d’évaluer la souffrance au travail ? »

Bénédicte Litzler (avocate au barreau de Paris, spécialiste en droit social) présente son ouvrage “Harcèlement moral au travail, comprendre et se défendre” qu’elle a écrit avec la psychologue Anne-Françoise Chaperon et la journaliste Marie-Édith Alouf aux Éditions Odile Jacob.

Europe : En pilotage automatique néo-libéral ?

Par Michel Santi, économiste, auteur de « L’Europe, chronique d’un fiasco politique et économique », de « Capitalism without conscience » . Son dernier ouvrage est  « Splendeurs et misères du libéralisme »  (l’Harmattan).

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué en sa faveur le produit du travail des autres.

L’austérité tue

Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas ou plus productives. En fait, cette productivité a été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté – totalement indifférente- au creusement d’un fossé entre salaires réels et productivité.

L’Allemagne elle-même, qui s’érige en donneuse de leçon de productivité, n’a pu bénéficier d’une croissance au-dessus de la moyenne européenne qu’à la faveur de sacrifices constants exigés à sa population. Le moteur à l’exportation allemand ne rugit pas seulement par la grâce de la force productive de ses entreprises.

En réalité, c’est aux réformes dites « Hartz » entreprises dès 2003 – et qui ont consisté à transférer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier – que l’Allemagne doit d’avoir dopé ses exportations. Ce sont effectivement les réductions salariales et les réformes drastiques de son marché du travail qui ont amélioré notablement sa productivité, en y comprimant à l’extrême le coût du travail.

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La possibilité d’être humain (Docu)

À travers l’art et les outils primitifs, nous découvrons les prémices de l’humanité. Puis le film, à l’instar de notre société moderne, opère un basculement: l’agriculture et son évolution, la révolution industrielle et la nouvelle ère techno-scientiste.

Derrière la technique et les machines nous entrevoyons le travail, notamment le salariat intimement lié à la (sur)consommation. Un « docutopique » sur la société postmoderne, qui propose une alternative à la société, au règne de l’argent et à l’exploitation des travailleurs.

« Lorsque l’Homme se résigne à ne plus être à la mesure de son monde, il se dépossède de toute mesure. » Jacques Ellul

Et si la décroissance était la réponse au retour à une vie prospère ?

Après “Sous les pavés, la Terre”, Thierry Kruger et Pablo Girault partent à la rencontre de militants, activistes, sociologues, philosophes, artistes… d’hommes qui témoignent, dans leurs environnements, de leurs conceptions de la société postmoderne.

Des témoignages pour la recherche d’un nouvel ordre mondial, enfin à la hauteur des valeurs d’égalité et de fraternité prônées par notre société. On ne peut combattre la crise qui ronge notre économie avec les mêmes idées qui l’ont nourrie.

Le CDI ne fait plus le bonheur

Et si le salariat n’était plus synonyme d’épanouissement au travail ? Cette question (tout comme le titre provocateur de cet article) vise à remettre en cause notre vision monolithique mais obsolète du marché du travail : seul le CDI à temps plein protège les travailleurs et leur apporte sécurité et stabilité professionnelles.

La réalité n’est plus aussi schématique et, que l’on s’en réjouisse ou s’en lamente, le pacte sous-jacent qui liait un salarié à un employeur sous la forme d’un CDI est devenu léonin. Alors qu’il se basait sur l’échange d’une sécurité de l’emploi contre une « servitude volontaire » (la relation de subordination), ce contrat est aujourd’hui remis en cause, pour trois raisons essentielles.

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Anomie néolibérale et suicide au travail

Les gestes suicidaires en lien avec le travail se sont multipliés dans le monde ces dernières décennies et risquent d’augmenter dans les années à venir. On peut les considérer comme l’expression extrême d’une gamme de pathologies individuelles et sociales nourries par la compétition généralisée qui est au cœur du «  nouvel esprit du capitalisme ».

L’entreprise hypermoderne, illustrée ici par le cas de France Télécom-Orange, représente un microcosme dans le contexte plus large d’une nouvelle « gouvernementalité néolibérale » œuvrant « pour le marché  » (selon les expressions de Michel Foucault). Les individus atomisés y deviendraient les simples particules élémentaires de la machine concurrentielle. Ils sont niés dans leur altérité et contraints, sous peine de sanctions, à une obéissance aveugle. Placés au quotidien dans des situations tragiques de conflits de devoirs sans autre règle que l’injonction à la performance, les sujets perdent leurs capacités de jugement, l’estime de soi et la confiance en soi. L’expérience clinique tend à montrer que les plus vulnérables aux pulsions suicidaires sont les travailleurs les plus attachés à une éthique professionnelle et personnelle.

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Europe : Les mamans perdent leurs boulots

En Italie, seules 77,3% des mères conservent leurs emplois deux ans après l’accouchement contre 81,6% en 2006. En Angleterre, près de 50.000 femmes sur 340.000 perdent leurs emplois ou se retrouvent déclassées chaque année après un congé maternité. Une pratique discriminante, mais pourtant très répandue dans bon nombre de pays européens.

Les mamans mises au placard dans les entreprises. C’est le constat d’une étude menée par la House of Commons Library. 50.000 femmes sur 340.000 ayant un emploi perdent leurs postes à la suite d’un congé maternité. Pressions exercées par les supérieurs, déclassement voire licenciement, rien n’est épargné aux jeunes mamans promptes à reprendre le travail, révèle The Independent. Il faut dire que l’Angleterre est le pays d’Europe où le congé maternité est le plus long (52 semaines).

Pour celles qui conservent leur emploi, les perspectives d’obtenir une augmentation ou une promotion se réduisent. Les recours en justice sont difficiles à mettre en œuvre. Le quotidien souligne qu’une plainte pour discrimination à l’embauche après un congé maternité peut coûter jusqu’à 1.200 livres (près de 1.400 euros).

Yvette Cooper, ex Premier Ministre entre 2008 et 2009 sous Gordon Brown témoigne pour The Independent. Elle fut la première chef de gouvernement à prendre un congé maternité au cours de son mandat.
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Une société de l’incertitude

La rhétorique de la crise empêche de saisir les recompositions à l’œuvre au sein de la société française. En filigrane des mutations contemporaines, on peut pourtant saisir le modèle d’une société incertaine, prise entre la généralisation d’un principe d’autonomie et une demande de sécurité accrue.

Fransisco Goya : Une reine du cirque

Il est devenu banal de le constater : la société française a connu de profonds changements au cours de ces vingt dernières années. Elle manifeste pourtant bien des difficultés à penser ses propres transformations autrement que par l’actualisation de ses défections. D’où ce paradoxe : interpréter dans leur globalité les mutations sociologiques et politiques qui travaillent la France contemporaine n’a jamais semblé aussi délicat, voire périlleux. C’est ce paradoxe que nous voudrions contribuer à dénouer en mettant l’accent sur l’incertitude comme forme sociale et enjeu stratégique.

Ce que la crise nous cache

Les lectures si fréquentes en termes de crise, de déclin ou de manque sont à bien des égards l’expression d’une incapacité à penser le monde complexe, opaque et incertain dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il nous semble en effet qu’elles procèdent d’un réflexe quasi naturel de la pensée (chaque époque produit sa littérature de la décadence) qui incline à la déploration et à l’inquiétude en renvoyant souvent à un âge d’or plus ou moins révolu. Or elles ratent l’essentiel : en majorant ce qui se défait ou se déforme, on ne voit pas (ou pas assez) ce qui se restructure ailleurs et autrement, ou, plus profondément, le lien entre ces deux mouvements.

De ce point de vue, deux lignes de transformation se conjuguent. La première pourrait être caractérisée par la fragmentation. Nous vivions dans une société qui articulait les mondes du travail, les grandes familles politiques et les styles de vie dans une même représentation. Le travail salarié qui en était le pivot assurait une continuité du social au politique, et du public au privé, dans l’expression des conflits sociaux, la construction des identités collectives et des modèles sexués. L’Etat-nation en était la clé de voûte en embrassant un type d’organisation politique, une identité culturelle et un espace de souveraineté.

Or c’est cet agencement qui se défait aujourd’hui. Les représentations d’un espace social structuré autour de classes aux intérêts et aux styles de vie opposés se sont érodées. Le travail a perdu son rôle de « grand intégrateur » et sa capacité à donner sens aux identités collectives. Les sociétés nationales ont perdu leur légitimité, menacées par la globalisation d’un côté, la territorialisation de l’autre. Dès lors, c’est tout le socle de nos repères collectifs qui vacille.

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La qualité de vie au travail : Une nécessité pour les réformes à venir

Plusieurs études ont tenté d’appréhender le concept de la qualité de vie au travail et sa perception par les salariés français et européens. A l’heure où de nombreuses réflexions sont menées sur le marché du travail et les retraites, cette notion de « qualité de vie au travail », loin d’être accessoire, se révèle primordiale, tant elle apparait au cœur des préoccupations sociales et tant elle pourrait permettre d’aborder avec un peu de recul et de bénéfices les réformes à venir.

Dans l’enquête réalisée par TNS Sofres pour l’ANACT, (l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) les 1000 salariés actifs et occupés interrogés donnent à leur qualité de vie au travail la note moyenne de 6.1 sur 10, plus d’un sur cinq optant pour une note inférieure à la moyenne.

Le constat établi par les salariés français est aujourd’hui assez sombre : en effet, ils dénoncent majoritairement une dégradation de la qualité de vie au travail et apparaissent démotivés

Outre cette note passable, 68% estiment que la qualité de vie au travail des Français s’est dégradée au cours des cinq dernières années, près d’un sur deux (48%) considérant également que sa propre qualité de vie au travail s’est détériorée depuis le début de son exercice professionnel.

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Vers une société de «jobs à la con» ?

Le pamphlet d’un anthropologue américain dénonçant la bureaucratisation de l’économie et la multiplication des emplois inutiles, baptisés «bullshit jobs», a lancé une polémique.

Avez vous un «job à la con» ? Si vous avez le temps de lire cet article devant votre ordinateur au boulot, la réponse est probablement oui. Et à en croire la viralité du pamphlet consacré aux «bullshit jobs» (en VO) signé David Graeber, anthropologue à la London School of Economics et une des figures du mouvement Occupy Wall Street, vous n’êtes pas pas le seul.

Dans un court essai publié dans le magazine de la gauche radicale britannique Strike ! le 17 août, l’universitaire, qui n’aime pas qu’on le définisse comme anarchiste, décrit ce qu’il a baptisé le «phénomène des jobs à la con». Soit, selon lui, l’aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau, amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.

«Tout un tas d’emplois inutiles»

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Travailler plus, mais pour produire quoi ?

L’accroissement du P.I.B. sans discernement, prédateur en ressources, ne permet plus un accroissement du même ordre des emplois rémunérés. Travailler plus ou plus longtemps pour produire et consommer n’importe quoi n’est pas la réponse aux problèmes que pose cette “mauvaise croissance“. Il est temps de changer de paradigme.

Se désaliéner du travail rémunéré

L’article du philosophe Jean-Pierre Dupuy dans le monde du 06/05/2013 “L’enfer du travail” a inspiré ce qui suit. Il décrit pleinement dans quelle spirale infernale se trouve le “travailleur-consommateur” dans le monde global actuel. La référence à un dessin de Konk illustre bien le propos :

Dans une case un automobiliste se lamente “J’ai horreur de conduire, mais j’ai besoin d’une voiture pour me rendre à mon travail“. Dans une deuxième case, le même à l’usine : “J’ai horreur de mon boulot, mais il faut bien que je paie les traites de ma voiture“.

Cette situation, vécue par beaucoup, montre l’aliénation dans laquelle la société de consommation mondialisée, pilotée par des politiques économiques libérales, nous a enfermés. “L’enfer” du travailleur, aliéné à son poste, rejoint “l’enfer” du consommateur aliéné par les objets et les marques. Travailler plus pour consommer plus, faire des heures supplémentaires pour honorer ses dettes.

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Décroissance : « La liberté de consommer est une illusion bien cher payée »

Par Agnès Rousseaux

« Nous avons réussi à créer de la misère et du mal-être dans des sociétés d’opulence matérielle », assène Vincent Liegey. L’ingénieur et porte-parole du Parti pour la décroissance ne se contente pas de pourfendre le mythe de la croissance infinie.

Lui et les co-auteurs du livre « Un projet de décroissance » proposent d’accorder à chacun une « dotation inconditionnelle d’autonomie » : un revenu d’existence qui pourrait ouvrir bien des horizons. Et une invitation à nous questionner sur le sens de notre société.

Basta ! : Instaurer un revenu de base, aussi appelé revenu d’existence ou allocation universelle, est une revendication qui commence à émerger. Vous faites une nouvelle proposition en ce sens. En quoi votre projet est-il original ?
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Full Option

Dans un monde où la course à la rentabilité règne en maître, quelle est la place de l’humain et des revenus ? Voilà la question essentielle posée par « Full Option », documentaire qui tente de démontrer la déshumanisation progressive et inquiétante des travailleurs dans un monde globalisé.

Le réalisateur s’attache à comparer le « secteur humain » au secteur automobile, secteur qui est en proie à des délocalisations et des sous-traitances toujours plus complexes. Le documentaire part de la Belgique, passe par la Roumanie et atterrit en Thaïlande.

Il part à la recherche du travailleur idéal en appliquant le principe « quand un modèle s’avère peu rentable, on en essaie un autre… ».

Rapidement, le reportage questionne le problème de la division internationale du travail et la mise en concurrence des différents maillons de la chaîne de production, avec comme effet pervers une pression à la baisse sur les coûts du travail, au Nord comme au Sud. Quelle réponse apporter ? Le documentaire invite à l’interrogation et propose des pistes de réflexion et d’action autour de l’agenda du travail décent.