États-Unis : Espionnage, « Nos alliés israéliens ont dépassé les bornes ! »

L’espionnage de l’État hébreu aux États-Unis serait sans égal. Newsweek décrit la panique au sein des services secrets américains. Ces révélations ont aussi provoqué un débat parmi les médias israéliens.

Il n’y a pas d’honneur entre voleurs. Lorsque le monde a découvert que la National Security Agency (NSA) avait mis le portable de la chancelière Angela Merkel sur écoute, le comportement des Américains a été décrié et jugé indigne d’une nation amie.

Aujourd’hui, ce sont les responsables américains du renseignement qui s’élèvent – en toute discrétion et seulement derrière les portes closes du Capitole – contre les opérations d’espionnage de nos “amis” israéliens.

Selon plusieurs rapports confidentiels concernant un projet de loi visant à assouplir les conditions d’attribution de visa aux citoyens israéliens entrant aux États-Unis, les manœuvres israéliennes pour dérober des secrets américains sous couvert de missions commerciales et de contrats de technologie de défense ont “dépassé les bornes”.

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Ukraine : champ de bataille du Soft Power (2012)

L’Ukraine, ne nous est connue que pour ses bagarres au Parlement. En réalité, elles ne sont que l’expression d’une fragilité historique méconnue, pourtant toujours très actuelle. Comme le rapporte François de JABRUN dans son article « Les incertitudes de l’identité ukrainienne », l’Ukraine n’est devenue une réalité politique que très tardivement, lors de son indépendance en 1992, si l’on excepte une longue période de vassalisation sous le régime soviétique du XXème siècle.

Le contexte

L’Ukraine est donc un État Nation en devenir où vivent près de 50 millions d’ukrainiens. Mais à y regarder de près, c’est une mosaïque de plus de 20  groupes ethniques dominée par les Ukrainophones à l’ouest et les russophones à l’est.

Sur ce florilège d’identités potentielles, la langue, berceau de la culture et source d’échanges, y est érigée en appartenance et en barrières. Au centre de ces difficultés, l’identité ukrainienne peine à s’affirmer. Or, on le sait, une faiblesse dans une bataille est une cible.

Certains l’ont bien compris car, si l’Ukraine est isolée dans ses réformes politiques, son économie est prometteuse pour beaucoup. En effet, avec près de 5% de croissance en 2011, l’Ukraine vise une indépendance économique et est, de fait, en recherche de coopérations et de financements tout azimut. Tel est le terreau du champ où des États en concurrence se livrent bataille avec pour arme de prédilection l’influence.

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La Troisième Guerre mondiale a commencé en Ukraine

(Traduction libre par fortune.fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source)

Le titre de cet article n’est pas exagéré. En effet, la guerre a éclaté en Ukraine. Les États-Unis, comme les Russes, usent, pour l’instant, d’une guerre de type asymétrique, dans leur tentative de contrôler le pays .

Depuis 1980, suivant les recommandations du Colonel Charlie Beckwith, dans la foulée de l’échec de l’opération Eagle Claw, le Joint Special Operations Command (JSOC) a été créé comme une composante de commandement des États-Unis dépendant directement du commandement des opérations spéciales (USSOCOM).

Sa mission expresse consiste à mener des opérations militaires classifiées au moyen des différentes forces clandestines des États-Unis (comme les Navy Seals, les Rangers et les mercenaires civils tels que Blackwater maintenant connu sous le nom d’Academi) .

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EXCLUSIVITE FORTUNE : Ukraine – Dmytro Yaroch, Secteur Droit : «Ni l’OTAN, ni l’UE»

Interview exclusive avec le chef du Pravyi Sektor. Traduit de l’italien par fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source. Nous précisons que cette publication ne constitue pas une prise de position.

Il est le patron. Mystérieux, résolu, incontesté pour les siens, au parcours discutable pour d’autres. Il a mené son mouvement Pravyi Sektor à travers l’épopée de la révolution ukrainienne, de la lutte clandestine aux barricades et maintenant pointe droit vers le Parlement.

Est-il un guérillero ? Un 007 à la solde de puissances étrangères ? Est-il un révolutionnaire ou un chef de bande avec du flair pour une carrière politique ? Ce qui est certain, c’est que le nom seul de Dmytro Jaroch enflamme et divise l’opinion publique au sujet de la complexe question ukrainienne, entre partisans et détracteurs. Il a accordé une interview exclusive à Il Primato Nazionale [journal en ligne italien].

Quelle est la situation actuelle en Ukraine, du point de vue social et politique ?

La situation est assez compliquée. Même avant l’arrivée de Ianoukovitch au pouvoir, nous disions que dans notre pays il existait un régime d’occupation intérieure. Pendant le gouvernement de Ianoukovitch, la nature anti-populaire de ce régime a atteint son point culminant. Aujourd’hui, après la fuite de Ianoukovitch, ce régime a craqué, mais n’a pas été entièrement démantelé. Le Parti des régions et le Parti communiste n’ont pas été interdits. L’opposition d’hier ne contribue pas à la lutte contre la corruption. On ne remarque pas encore de ces changements qui conduisent à la construction d’une société juste et solidaire.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement provisoire de l’Ukraine ?
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Russie : Moscou, au cœur de tous les extrêmes

À Moscou, la jeunesse semble avoir perdu la tête, au cœur de la plus grande capitale d’Europe nous avons découvert une génération déboussolée. De plus en plus de Moscovites risquent leurs vies pour quelques minutes de frisson.

Même la jeunesse dorée est en quête de repère, l’élite russe souffre d’une mauvaise image à l’étranger alors certains veulent apprendre les bonnes manières grâce à une comtesse française.

Dans les banlieues, certains ont rejoint le mouvement ultra nationaliste qui traque les clandestins et les font expulser et d’autres jeunes basculent dans la violence et font régner la terreur dans les rues de Moscou.

Cette nouvelle génération n’a jamais connu l’Union soviétique. Découverte des jeunes Moscovites en pleine crise d’identité au cœur de la capitale où tous les excès sont permis.

Partie 1:

Partie 2:
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Radio Courtoisie : « Que veut Poutine ? »

Dans son libre journal du 12 mai 2014 sur Radio Courtoisie, Henry de Lesquen, assisté de Jacqueline Loevenbruck, recevait Vladimir Fédorovski, éditeur, écrivain. Thème : “Que veut Poutine ?”.

Crimée châtiment

Dans les années 1970, au cours d’une de ses interventions télévisées à vocation pédagogique, le président Giscard d’Estaing présentait la France de l’époque comme comparable à l’Ukraine en termes démographiques et économiques. Quarante ans plus tard, l’Ukraine est un pays très malade, ce n’est pas le seul en Europe mais c’est le plus inquiétant par sa dimension.

Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle perdure depuis l’éclatement de l’URSS et la transformation de sa nomenklatura en oligarchie libérale et prédatrice. Mais là où les autres anciennes républiques soviétiques et satellites sont parvenues à surmonter l’effondrement en restaurant un Etat, l’Ukraine est restée pure kleptocratie inefficace.

En monnaie constante, le pays crée encore moins de richesses qu’en 1992. Son PIB était alors équivalent à celui de la Pologne, il n’en représente plus que 40 % aujourd’hui et si  le revenu par habitant a légèrement augmenté ce n’est que parce que la population diminuait. En 2004, la « révolution orange » a suscité un grand espoir et une courte embellie, suivis d’une rechute  d’autant plus violente que la déception politique a été forte et que la crise de 2007 a entraîné le reflux rapide des capitaux étrangers. En 2009, le PIB chutait de 15 %. Depuis l’Etat failli est aussi en faillite.

Ukraine : Après le référendum au Donbass, quelle évolution de la crise ?

Le point de vue de Philippe Migault, directeur de recherche à l’IRIS.

D’après la commission électorale du Donbass, 89 % des électeurs qui se sont rendus aux urnes ce dimanche ont voté pour l’autonomie de la région. Quelles seront les conséquences possibles du résultat de ce scrutin ? Aussi, alors que Moscou s’est dit opposée à ce référendum et que les Occidentaux redoutent une annexion de la région par la Russie, un scénario à la criméenne est-il envisageable ?

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Les relations Russie-Biélorussie – l’affaire Uralkali

« La Russie nous [la Biélorussie] traite comme ses vassaux. Nous sommes une nation gouvernée de facto par la Russie dans les secteurs clés » (1). Mais plus encore qu’à un gouvernement de facto, c’est à l’absorption que la Russie aspire.

Par Mathieu PIEROTTI

Elle partage avec la Biélorussie une langue, une ethnie, une histoire, une religion et les deux nations sont intimement liées tant sur le versant politique que sur le versant économique.

Assénée régulièrement par le Président russe V. Poutine mais aussi par son homologue A. Loukachenko, la fusion politique des deux Etats, « possible [et] désirable » (2), était encore récemment envisagée dans un contexte de crise économique majeure en Biélorussie et concomitamment à la vente d’une partie stratégique de son industrie en échange de moyens de financement.

Avec l’affaire Uralkali – dont les tenants et les aboutissants ne sont pas entièrement démêlés – s’envolent déjà les illusions des plus crédules mais nous verrons à quel point, au contraire, elle est symptomatique d’une relation en dents de scie qui, depuis l’arrivée au pouvoir de V. Poutine, prend la tournure d’un mariage forcé sans réelle stratégie de long terme.

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Poutine, la Russie et les médias français : le coup de gueule de Vladimir Fédorovski

Le 2 mai dernier, des dizaines de pro-russes ont péri dans un incendie à Odessa, allumé au choix par de «jeunes supporters de foot» ou par des nationalistes ukrainiens de Pravy sektor. La télévision allemande a mené un travail d’enquête qui a révélé que certains snipers de Maïdan provenaient du camp anti-russe. Ces deux informations ont été très peu relayées en France. Pourquoi ce deux poids-deux mesures? Y-a-t-il selon vous un tropisme anti-russe dans les milieux médiatiques français ?

Par Eugénie Bastié

La guerre en Ukraine est triple: par les armes, par la propagande et par les services secrets. Dans cette triple guerre les journalistes occidentaux sont instrumentalisés. Même à la fin du communisme, période que je connais très bien, les journalistes étaient plus prudents, et les informations fausses ou non vérifiées finissaient par être démasquées -on se souvient de l’affaire des charniers de Timișoara.

Aujourd’hui, c’est pire que du deux poids-deux mesures, je suis ahuri par le manque de professionnalisme des journalistes, notamment français.

Les journalistes allemands et américains sont plus pointus, les Français, sont souvent politiquement correct et voient le monde en noir et blanc.

Or, comme l’a dit Hubert Védrine dans vos colonnes, «la haine ne fait pas une politique». La présentation unilatérale du massacre d’Odessa, imputé à la responsabilité russe, alors ce sont des russophones qui ont été brulés vifs, est à cet égard significative. Les journalistes ont donné les réponses avant de poser les questions, concluant à la culpabilité russe.

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Révolution en Ukraine : Et après ? (Deuxième Forum Polémia)

Forum organisé le mardi 13 mai à 20h à l’A.S.I.E.M., 6 Rue Albert de Lapparent, 75007 Paris, avec Pierre-Alexandre Bouclay, journaliste, spécialiste Russie et Pays slaves et Christophe Dessanti, journaliste indépendant. Animé par Philippe Christèle.

La crise en Ukraine bouleverse le visage de l’Europe.

Une fois de plus, notre « étranger proche » est déstabilisé et devient le point de cristallisation de volontés de puissance différentes.

Au-delà des traditionnels bobards de la presse paresseuse ou malhonnête, il est évident que les Américains poursuivent leur stratégie qui consiste à installer un arc d’instabilité autour de la Russie et, surtout, de maintenir des fractures entre Européens de l’Ouest et du grand Est. Pour Polémia, l’analyse n’est pas satisfaisante.

Enjeux identitaires, enjeux géostratégiques.
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Pierre-Yves Rougeyron : Entretien géopolitique et économique

Dans cet entretien réalisé le 22 avril 2014, Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote et fondateur de la revue Perspectives Libres, aborde les thèmes suivants: déclin des États-Unis, place de la Chine, de la Russie, la France dans le monde, l’impérialisme et l’anti-impérialisme français, la sortie de l’euro, la dette, l’ultra-libéralisme et le socialisme.

Prenez un cachou, Karpov (Maj vidéo)

J’ai déjà indiqué ici, avec toutes les réserves qu’impose mon ignorance des détails, que la politique russe en Ukraine, et singulièrement à l’égard de la Crimée était, sinon prévisible, du moins fort logique, et même compréhensible. Je dis cela avec toute la froideur que requiert, au-delà de mon goût pour les bons mots et l’ironie, le suivi de l’actualité internationale.

Par aboudjaffar

L’évolution de la crise ukrainienne m’échappe largement car elle ne m’intéresse pas au-delà des articles lus ici ou là et qui relèvent de la culture générale.

Je reste, en revanche, extrêmement attentif aux arguments des uns et des autres, ici, en France, où ce qui aurait pu être un débat entre adultes a tourné au pugilat.

On assiste ainsi, depuis des semaines, à de fascinantes contorsions, à de merveilleux retournements de vestes, et même à des coming out venant d’un peu partout.

La rationalité, à supposer que certains en aient un jour été capables, a cédé rapidement le pas à des coups de menton qui cachent mal un mélange de fascination malsaine pour la force armée et une série de certitudes idéologiques, glanées à l’extrême gauche ou à l’extrême droite, qui ont en commun d’être à la fois creuses, incohérentes et nauséabondes.

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Les stratégies de Gazprom : un problème géopolitique ? (article de 2010)

La puissance de Gazprom (Locatelli, 2007 ; Teurtrie, 2008 ; Dasseleer, 2009 ; Defeuilley, 2009) inquiète de nombreux décideurs politiques européens et divers analystes depuis le début des années 2000, car elle est corrélée au retour au premier plan de la Russie dans les relations internationales. Moscou s’affirme à nouveau comme un pôle totalement indépendant et sûr de sa force dans les affaires mondiales et européennes (Rucker, 2003 ; Tinguy, 2008 ; Reljic, 2009). Dans ce contexte, l’internationalisation croissante des entreprises russes suscite la crainte du retour d’une forme d’impérialisme russe. Dans cette optique, Gazprom serait un bras armé du Kremlin et un instrument diplomatique, une sorte de vecteur d’influence dans les anciennes républiques soviétiques et dans l’Union européenne (Verluise, 2006).

Par Yann RICHARD

Cette approche, fondamentalement géopolitique, n’est pas dénuée de fondement mais on peut se demander si elle est suffisante. Les relations entre Gazprom et l’UE relèvent-elles uniquement de ce qu’Yves Lacoste appelle une situation géopolitique (Lacoste, 1993) ? L’entreprise Gazprom est-elle un acteur géopolitique ? Une volonté de domination se cache-t-elle derrière l’internationalisation de cette entreprise ? Plus généralement, existe-t-il une relation frontale entre une Union européenne qui se débattrait dans sa dépendance énergétique extérieure et une Russie qui pratiquerait une forme masquée d’impérialisme ?

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Ukraine : Au coeur de la poudrière

Février 2014, en Ukraine, des manifestations anti-corruption tournent à la révolte générale. Dans la foulée le président Ianoukovitch s’enfuit, un nouveau gouvernement se met en place et la Russie s’empare de la Crimée, la partie la plus méridionale du territoire Ukrainien.

Tout cela s’est déroulé en quelques semaines sous le regard apparemment impuissant de la communauté internationale. Trois journalistes chevronnés se sont rendus « Au cœur de la poudrière Ukrainienne » pour apporter un regard différent sur ce qui se joue dans ce pays de 45 millions d’habitants aux frontières de l’Europe.

Divisé en communautés qui essayent toutes de tirer leur épingle du jeu, le pays est aujourd’hui aux mains de milices plus ou moins organisées et violentes, et tout le monde n’a que le mot « fasciste » à la bouche.

Partie 1:

Partie 2:
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Jacques Collin : « L’intelligence des plantes est démontrée par la CIA »

Dans cette vidéo, Jacques Collin, auteur à succès des livres “L’eau, le miracle oublié.“, “L’insoutenable vérité de l’eau” et “L’eau delà de l’eau” présente des aspects méconnus des plantes utilisées pour… détecter les mensonges.

(Merci à Godefroi de Javron)

La stratégie de l’Anaconda

Pour le géopoliticien allemand Karl Haushofer les Anglo-saxons pratiquent la politique de l’Anaconda, consistant à enserrer progressivement sa proie et à l’étouffer lentement. – Article rédigé par Édouard Rix, pour la revue Réfléchir & Agir, automne 2012, n°42, pp. 45-47.

Dans “Terre et Mer“, Carl Schmitt rappelle que les cabalistes du Moyen-Age interprétaient l’histoire du monde comme un combat entre un animal marin, une puissante baleine, le Léviathan, et un animal terrien, éléphant ou taureau, le Behemoth (1). Ce dernier essaie de déchirer le Léviathan avec ses défenses ou ses cornes, tandis que la baleine s’efforce de boucher avec ses nageoires la gueule du terrien pour l’affamer ou l’étouffer.

Pour Schmitt, derrière cette allégorie mythologique se cache le blocus d’une puissance terrestre par une puissance maritime. Il ajoute : « l’histoire mondiale est l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes » (2), axiome que reprendront les géopoliticiens anglo-saxons.

Le Sea Power de Mahan

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Les dessous de la mondialisation : Mongolie, le souffle de la mondialisation

La Mongolie est en train de vivre un moment historique : ancienne république soviétique, cette jeune démocratie coincée entre la Russie et la Chine s’éveille sur un tas d’or, d’uranium, de charbon et de cuivre.

L’extraction minière entraîne une croissance à deux chiffres, fait la fortune de nouveaux millionnaires mongols à l’image des frères Dagvadorj et attire les investisseurs du monde entier.

Réalisé par Isabelle Vayron de la Moureyre (2013)

Crimée : McDonald’s quitte le pays

Sans prévenir, l’Américain McDonald’s a fermé “temporairement” ses trois enseignes en Crimée, la péninsule ukrainienne devenue russe. Pour justifier cette fermeture, le géant du fast-food évoque des raisons de fabrication tout en proposant à ses employés d’aller travailler en Ukraine. Certains y voient une décision politique.

Une annonce accueillie avec ironie par les habitants. “C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui font attention à leur santé, à ce qu’ils mangent“, estime un Criméen.

L’ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski suggère ainsi que la Russie ferme également les enseignes McDonald’s sur son territoire.

De l’Ukraine à l’Eurasisme

Les chroniques de la vieille Europe recevait sur Radio Courtoisie Pascal Gauchon, rédacteur en chef de la nouvelle revue de géopolitique Conflits à propos de son dossier “Eurasie, le grand dessein de Poutine”.

2013, année Poutine. Le journal britannique The Times l’a nommé homme de l’année, le magazine américain Forbes l’a placé en tête des « personnalités les plus puissantes de la planète ». Jusqu’aux jeux Olympiques de Sotchi qui ont tourné à son avantage, alors que certains médias prédisaient le désastre… 2014, nouvelle année Poutine ? Sa feuille de route tient en un mot : Eurasie, un mythe auquel il entend donner un sens concret. Il s’agit de rassembler autour de la Russie les nations qui lui sont liées par la géographie et l’histoire. Avec cependant une première pierre d’achoppement, l’Ukraine. (extrait de Conflits n°1)

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Après la Crimée, la Finlande ?

Un ancien conseiller de Poutine a expliqué au journal suédois Svenska Dagbladet que le président russe cherchait à rendre une « justice historique », et qu’il cherchait à reformer la Russie historique de l’époque du Tsar Nicolas II et de l’Union Soviétique sous Staline.

Le président russe Vladimir Poutine ne se contentera pas de l’annexion de la Crimée, et il devrait également tenter de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande, a affirmé Andrej Illarionov, l’un de ses anciens conseillers les plus proches. Illarionov  a été conseiller économiste en chef du président russe entre 2000 et 2005.

« Des parties de la Géorgie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande sont des États que Poutine revendique », a déclaré Illarionov, qui a affirmé que Poutine estimait que l’accession à l’indépendance de la Finlande en 1917 était un « acte de trahison contre les intérêts nationaux » russes. Avant cette date, la Finlande avait été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe.

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Ukraine : Horizons de la révolution

(Notre lecteur Boreas nous transmet la traduction d’un article de Olena Semenyaka, ukrainienne, professeur de philosophie à l’Université de Kiev. Merci à lui.)

Même quand la différence géopolitique entre l’Occident et la Russie existait encore, la Russie ne satisfaisait pas entièrement à la définition de la puissance tellurique [ou continentale, ndt]. J’ai déjà commenté l’opposition faite par Carl Schmitt entre le Nomos de la Mer (les puissances thalassocratiques, atlantistes) et le Nomos de la Terre (bloc tellurique, continental) en ce qui concerne les États-Unis et la Russie, qui a toujours été tenue pour acquise par Douguine.

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Haroun (Vadim) Sidorov, l’auteur de l’article « L’État russe en tant que nomade, anarchiste naturel et technocrate » (…) remarque assez que l’identité russe a toujours été plus nomade (la mobilité asiatique), contrairement à la paysannerie européenne qui est directement liée à la terre où elle vit et qu’elle défend (définition du Partisan de Carl Schmitt et, à propos, auto-description des disciples de Stepan Bandera).

Les traditions de l’État russe ont toujours été marquées par une centralisation bureaucratique élevée (monarchisme-absolutisme-despotisme), par opposition à la haute mobilité verticale européenne et à l’accent mis sur les droits de l’aristocratie et les libertés locales ; le servage a existé en Russie pendant longtemps, jusqu’au déclenchement même de la révolution.

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La fière et discrète République de Gagaouzie

Territoire oublié d’Europe d’environ 150.000 habitants seulement, sa petitesse (18.323 km²) pouvant pousser à croire que c’est un artefact (ou l’origine d’une célèbre chanson britannique). Au contraire, c’est l’héritage d’une riche histoire, celle de turcs chrétiens ayant une filiation avec les peuplades mongoles qui dominèrent un temps l’Europe, de l’Est en particulier.

Peuple turcophone donc, creuset des tribus Oghouzes qui immigraient vers l’Ouest de l’Europe entre les X et XIIe siècle ap. J.-C. Ils ont été christianisés au cours du XIXe siècle à partir d’un échange de territoires entre les empires russe et ottoman en 1812 (l’Empire russe obtenant la Bessarabie).

Le chemin de l’indépendance de la Gagaouzie débute dès le XXe siècle.

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Ukraine : Après la Crimée, la Transnistrie ?

Vladimir Poutine va-t-il s’arrêter au rattachement de la Crimée? L’est de l’Ukraine pourrait être la prochaine étape dans son entreprise de lutte contre l’influence européenne et de reconstitution d’une grande Russie. Le petit territoire séparatiste situé en Moldavie a lui aussi demandé son rattachement à la Russie.

Mais les regards se tournent aussi de l’autre côté de l’Ukraine, vers un territoire gros comme la moitié de la Corse et beaucoup mentionné ces derniers jours du côté du Kremlin : la Transnistrie, située géographiquement en Europe mais de fait une enclave russe en Moldavie.

Mais où est donc la Transnistrie ?

Ce petit territoire au nom comme sorti du Sceptre d’Ottokar et au décorum tout soviétique est une étroite bande de terre coincée entre le fleuve Dniestr et la frontière ukrainienne, qui se fait appeler aussi «République moldave du Dniestr». État fantôme, la Transnistrie, 4.200 km2 et 500.000 habitants, s’est dotée des attributs d’un État : elle a sa propre monnaie (le rouble de Transnistrie), son hymne, son Soviet suprême, son drapeau avec faucille et marteau.

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Sont-ils tous devenus fous?

par Jacques Attali

Il m’arrive parfois de demander s’il est possible d’avoir raison contre tout le monde. Ou bien s’il faut se résigner à penser que l’unanimité vaut raison. Au vu du tour que prend l’affaire ukrainienne, je me sens cependant renforcé dans ma première intuition, exprimée ici : il est fou, pour l’Occident, de faire du problème de la Crimée l’occasion d’une confrontation avec la Russie.

Gérard Garouste : Dérive

Qu’on ne s’y trompe pas. On n’a jamais lu sous ma plume une approbation du régime actuel de la Russie. Ni de sa stratégie internationale. Et je ne parle ici que de l’intérêt de l’Occident, et plus précisément de l’Europe.

Et, pour moi, l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen.

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Ukraine : la fin de la guerre froide n’a jamais eu lieu

A l’heure où la bataille des sanctions enveniment les relations entre l’Europe et la Russie, Alain de Benoist livre sept clés pour comprendre les origines de la crise ukrainienne.

Ukraine

L’affaire ukrainienne est une affaire complexe et aussi une affaire grave (à une autre époque et en d’autres circonstances, elle aurait très bien pu donner lieu à une guerre régionale, voire mondiale). Sa complexité résulte du fait que les données dont on dispose peuvent amener à porter sur elle des jugements contradictoires. En pareille circonstance, il faut donc déterminer ce qui est essentiel et ce qui est secondaire. Ce qui est essentiel pour moi est le rapport de forces existant à l’échelle mondiale entre les partisans d’un monde multipolaire, dont je fais partie, et ceux qui souhaitent ou acceptent un monde unipolaire soumis à l’idéologie dominante que représente le capitalisme libéral. Dans une telle perspective, tout ce qui contribue à diminuer l’emprise américano-occidentale sur le monde est une bonne chose, tout ce qui tend à l’augmenter en est une mauvaise.

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Europe : Les alternatives au gaz russe seraient rares et coûteuses

La crise suscitée par l’annexion de la Crimée et la menace, brandie à Moscou, d’un arrêt des livraisons de gaz transitant par l’Ukraine ont relancé la réflexion sur les moyens de réduire la dépendance énergétique européenne à l’égard de la Russie, mais les alternatives sont limitées et coûteuses.

Les Vingt-Huit ont accompli quelques progrès en ce sens après les crises commerciales de 2006 et de 2009 entre Kiev et Moscou, qui avaient perturbé les livraisons. Leur réseau d’acheminement des hydrocarbures a ainsi été amélioré, ce qui écarte un tant soit peu le risque de nouvelles perturbations, mais la Russie leur fournit toujours un tiers du gaz, du pétrole et du charbon qu’ils consomment, moyennant 250 milliards de dollars annuels.

S’il n’est pas très compliqué de trouver d’autres fournisseurs pour le pétrole et le charbon, la question du gaz est plus problématique puisque les gazoducs européens sont alimentés par un unique fournisseur: le géant russe Gazprom.

La part de marché de Gazprom en Europe augmente (du fait de la diminution de la production européenne; ndlr). L’objectif de diversification de nos approvisionnements ne sera donc pas accompli avant 2020“, observe Thierry Bros, spécialiste du marché gazier à la Société générale. Après cette date, poursuit-il, les alternatives resteront quoi qu’il en soit plus coûteuses si le tarif russe n’explose pas, poursuit-il.

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Démission en direct sur Russia Today : Épisode de la guerre médiatique contre la Russie ?

Ces dernières semaines, alors que la bataille médiatique fait rage autour de la bataille pour l’Ukraine, le Mainstream médiatique s’est félicité de l’auto licenciement en direct d’une jeune employée de la chaîne étatique russe Russia Today.

Ce geste fut présenté de façon quasi-héroïque par le Mainstream francais. L’acte fut interprété comme le signe d’une résistance (!) contre le pouvoir russe au cœur de son dispositif et les médias présentèrent la jeune et jolie journaliste comme la « femme de la semaine » ou encore celle qui « défia Poutine » (!).

Pour certains journaux alors que la « propagande du régime fonctionnait a plein régime, des voix dissidentes se faisaient entendre », pendant que certains journaux titraient que la journaliste avait démissionné pour protester contre « la politique russe en Ukraine » ou encore car elle était « en colère » et « outrée » par Vladimir Poutine. Des médias français n’hésitèrent pas eux à même parler d’une réelle « fronde » au sein de la chaîne d’État.

La jeune femme, qui travaillait depuis 2 ans et demi à Russia Today, a expliqué qu’elle ne « pouvait plus travailler pour une chaîne financée par le gouvernement russe et qui absout les actions du (président russe Vladimir) Poutine (…) Mais aussi qu’elle était fière d’être Américaine et croyait a la diffusion de la réalité ».

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Crimée : Le point de vue d’Alain de Benoist

Alain de Benoist, directeur des revues Nouvelle École et Krisis et éditorialiste de la revue Éléments, répond aux questions de la radio iranienne francophone, IRIB, à propos des réactions des États-Unis et de l’Union européenne après la décision de Vladimir Poutine de faire entrer la Crimée au sein de la Fédération de Russie.

Pascal Marchand : géopolitique de l’Europe et de la Russie (vidéo)

Pascal Marchand est géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l’Europe et de la Russie et auteur de l’Atlas géopolitique de la Russie : La puissance retrouvée.

Interviewé pendant 42 mn par Agence Info Libre, il livre une synthèse historique, géographique, économique et stratégique des relations entre la Russie, l’Ukraine, les républiques du Caucase, l’Union Européenne et l’OTAN, et nous ramène avec brio sur l’actuelle crise en Ukraine et le récent rattachement de la Crimée à la Russie.

electrosphere.blogspot.fr

L’investissement direct étranger (IDE) en Ukraine

En augmentation durant ces dernières années, les IDE à destination de l’Ukraine ont connu un net ralentissement du fait de la récession mondiale et de la crise économique sévère qui a touché le pays. Après avoir rebondi en 2010 (+23,7% par rapport à 2009), les flux se sont taris. En 2012, ils ont baissé de 9,4% par rapport à 2011, s’élevant à 4,13 milliards USD.

L’échec du rapprochement avec Bruxelles et la perte du soutien du FMI sont autant de facteurs qui jouent négativement sur la confiance des investisseurs.

 

En dehors de cette conjoncture défavorable, un système judiciaire inefficace et corrompu, la complexité des lois et règlements, le faible respect des contrats et la mauvaise gouvernance sont de sérieux freins à l’investissement.

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Belgique : “Pour notre économie, le risque russe représente près de 7,5 milliards”

La tension géopolitique suite à la proclamation unilatérale d’indépendance de la Crimée et sa reconnaissance par la Russie n’est pas retombée. Le gros risque économique ne consiste pas tant aux expositions sur l’Ukraine ou la Crimée que sur la Russie, qui commence à faire l’objet de sanctions et va donc réagir par des contre-sanctions.

Le professeur Eric Dor, Directeur des Etudes Economiques de l’IESEG (Ecole de management de l’Université Catholique de Lille) vient de publier une étude qui décrit quel type d’exposition la Belgique a sur la Russie. Une bonne nouvelle : notre approvisionnement en gaz vient d’ailleurs. Une mauvaise : nos investissements dans ce pays frôlent les 2 milliards d’euros et nos exportations dépassent les 5 milliards…

« Les exportations totales de biens de la Belgique vers la Russie se sont élevées à 5,117 milliards d’euros en 2013, ce qui représente 1,45% des exportations totales de biens de la Belgique, 4,83% des exportations totales de biens de la Belgique vers des pays autres que ceux de l’Union Européenne, et 1,34% du produit intérieur brut de la Belgique », note Eric Dor.

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Alexandre Douguine : «Nous avons besoin d’une Europe indépendante des États-Unis»

Dans un entretien particulièrement roboratif recueilli par le quotidien Vetchernyaya Moskva (Moscou du Soir) du 12 mars et traduit pour Éléments par Olessia Tourkevitch, le philosophe russe Alexandre Douguine en appelle à une «grande Europe, forte et indépendante» pour sortir de l’impasse en Ukraine. Pour en finir avec les caricatures sur le «prophète de l’Eurasisme».

Nikita Mironov : A votre avis, quelle est la suite des événements en Ukraine après le référendum en Crimée?
Alexandre Douguine
: Maïdan se fissurera. Des guerres intestines commenceront au sein de la junte au pouvoir. Ils n’ont pas de vrai leader. Tout cela va créer de la confusion et de l’hésitation. En Ukraine, il y a un président légalement élu – Viktor Ianoukovitch – et il y a la Crimée russe, ce que le même Ianoukovitch a admis comme un fait accompli.

Certains experts estiment que les Américains peuvent se mêler de la situation…
Ils se sont déjà mêlés, ce sont eux qui ont organisé Maïdan. Ils avaient besoin de brouiller la Russie avec l’Allemagne et les autres pays de l’Union européenne.

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L’impossible embargo sur les Mistral vendus à la Russie

On ne fait pas du commerce avec de grands sentiments. Vendus 1,2 milliard d’euros par la France, le Vladivostok et le Sébastopol seront livrés.

Selon Laurent Fabius, qui l’a dit lundi soir sur TF1, la vente à laRussie des deux porte-hélicoptères de type Mistral pourrait être compromise. Le ministre des Affaires étrangères s’est toutefois montré très prudent, assortissant sa déclaration de conditions qui ne relèvent pas de décisions prises à Paris : “Si Poutine continue ce qu’il fait, nous pouvons envisager d’annuler ces ventes, mais nous demanderons à d’autres, je pense notamment aux Britanniques, de faire l’équivalent avec les avoirs russes des oligarques à Londres. Les sanctions doivent toucher tout le monde.”

En demandant aux Britanniques le gel bien peu probable d’avoirs d’oligarques, le risque pris par les autorités françaises est fort limité. 

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