Sommes-nous faits pour courir ?

L’évolution de notre rapport à la course, de la préhistoire jusqu’à la folie des baskets. Un documentaire captivant mené à grandes foulées par Niobe Thompson, lui-même coureur pour l’occasion.

Si nos ancêtres sont devenus bipèdes, c’est d’abord pour courir après leurs proies. Aujourd’hui, dans nos sociétés modernes, l’homme ne court plus pour survivre, mais il reste quelques rares endroits sur la planète où l’endurance physique conditionne sa vie.

Niobe Thompson, réalisateur et ethnologue, nous emmène en Afrique où évoluent pieds nus la plupart des meilleurs coureurs du monde, en Russie arctique, auprès des nomades éleveurs de rennes, et au Canada où se déroule l’un des plus grands marathons du monde, avec un objectif : étudier, à partir des récentes découvertes scientifiques, l’origine de la course

Diabète et obésité sont de puissants freins à la croissance mondiale

Selon une étude de Morgan Stanley (en anglais), 18,2 % de la croissance du PIB réel devrait être perdue en moyenne par les pays de l’OCDE sur 20 ans à cause de maladies liées au sucre. Le Chili et les États-Unis seraient les plus touchés.


“Vivre gras, mourir jeune”

Si le diabète promet d’être un marché prospère pour les big pharmas (50 milliards de dollars soit 46 milliards d’euros en 2020), il sera ravageur pour la croissance de nombreux pays. C’est en tout cas ce que pronostique Morgan Stanley dans une étude publiée le 18 mars.

La banque estime ainsi que 0,5 point de croissance du PIB des pays de l’OCDE sera perdu chaque année en moyenne à cause du diabète et de l’obésité, et ce jusqu’en 2035. Au total cela représenterait une perte moyenne de 18,2% de la croissance du PIB réel (ajusté avec les prévisions d’inflation ou de déflation, ndlr)  de ces pays sur 20 ans.

Quant à la croissance des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine, Afrique du Sud), si elle est estimée à 4,5% par an jusqu’en 2035, elle devrait tomber à 4,2% en prenant en compte les impacts des problèmes liés au sucre.
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La guerre invisible

Finie l’époque des hackers solitaires. L’heure est aux équipes d’ingénieurs, parfois d’anciens pirates informatiques, et de militaires, recrutés par les États, qui leur allouent des moyens colossaux. À travers le monde, ils façonnent la guerre de demain, un conflit invisible et lourd de menaces, dont le terrain d’affrontement est le cyberespace.

Menée aux États-Unis, en Russie et en France, cette enquête captivante raconte les dessous de cette guerre souterraine. Elle revient sur le premier conflit en ligne, mené contre l’Estonie en 2001, et raconte la cyberguerre froide entre les États-Unis et la Chine, dans laquelle Internet sert à espionner mais aussi à nuire.

Le Web est en effet devenu une redoutable arme de sabotage, la distribution de l’eau ou les transports en dépendant. Des opérations malveillantes, parties de simples ordinateurs, pourraient dès lors fragiliser les économies modernes voire les conduire à l’effondrement.

Dmitry Orlov : “La population européenne est moins instable qu’en Amérique”

Traduction d’un entretien avec Dmitry Orlov réalisé le 15 décembre 2011.

Quelle différence voyez-vous entre l’avenir de l’Amérique et celui de l’Europe ?

Les pays d’Europe sont des entités historiques qui gardent encore des vestiges d’allégeance par delà le domaine monétisé, commercial, tandis que les États-Unis ont commencé comme une entité commerciale, basée sur une révolution qui était essentiellement une révolte fiscale et donc n’avait pas de position de repli. La population européenne est moins instable qu’en Amérique, avec un plus fort sens de l’appartenance régionale, et elle est plus susceptible d’avoir des relations avec ses voisins, de pouvoir trouver un langage commun et de trouver des solutions aux difficultés communes.

La plus grande différence probablement, et la plus prometteuse pour une discussion fructueuse, est dans le domaine de la politique locale. La vie politique européenne est peut-être endommagée par la politique de l’argent (1) et le libéralisme de marché, mais au contraire des États-Unis, elle ne semble pas en complète mort cérébrale. Du moins j’espère qu’elle n’est pas complètement morte ; l’air chaud sortant de Bruxelles est souvent indistinguable de la vapeur dissipée par Washington, mais de meilleures choses pourraient se produire au niveau local.

En Europe il reste quelque chose comme un spectre politique, la contestation n’est pas entièrement futile, et la révolte n’est pas entièrement suicidaire. En somme, le paysage politique européen peut offrir beaucoup plus de possibilités de relocalisation, de démonétisation des relations humaines, de dévolution à des institutions et des systèmes de subsistance plus locaux, que les États-Unis.

L’effondrement américain retardera-t-il l’effondrement européen ou l’accélérera-t-il ?
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Russie : Tsipras va à Moscou pour trouver des soutiens concernant la dette grecque

Le Premier ministre grec est attendu à Moscou ce mardi soir pour une visite de 48 heures. Une visite durant laquelle Alexis Tsipras aura un entretien avec le président russe Vladimir Poutine.

Le dirigeant grec semble à la recherche de partenaires financiers susceptibles de soulager Athènes face à la charge de la dette.

Crimée et finances du Front National : Les textos secrets du Kremlin

La présidente du Front national est mentionnée à plusieurs reprises dans les textos d’un responsable du Kremlin révélés mardi. Rendus publics par un groupe de hackers russes, ces messages datés de mars 2014 évoquent des contacts entre les Russes et le Front national pour obtenir une prise de position officielle du parti d’extrême droite en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Ils font aussi état de discussions financières.

Timur ProkopenkoTimur Prokopenko

Le 17 mars, Marine Le Pen prend effectivement position sur le sujet et son conseiller international se rend en Crimée en qualité d’« observateur ». Selon les documents hackés, les Russes ne cachent pas leur satisfaction et envisagent comment « d’une manière ou d’une autre remercier les Français ». 

Dans les mois qui suivent, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen obtiennent tous deux des prêts russes pour leur financement politique à hauteur de 11 millions d’euros.

En février, les « Anonymous International » ont annoncé sur leur site Shaltaï Baltai avoir lancé une attaque contre Timur Prokopenko, chef-adjoint du département de politique intérieur au Kremlin.
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Le vieillissement de la population, un problème pour les émergents, aussi

Le vieillissement de la population ne concerne pas que les pays riches. Les émergents vont être rapidement touchés. Comment y faire face? En augmentant la productivité de l’économie, notamment. Par Martin Neil Baily, président du groupe de développement de la politique économique à la Brookings Institution et Jaana Remes partner au McKinsey Global Institute, San Francisco.

Le vieillissement de la population est souvent cité comme un enjeu économique majeur pour le monde développé. Mais un nouveau rapport du McKinsey Global Institute (MGI) montre que les changements démographiques constituent une menace encore plus grande pour les perspectives de croissance de nombreuses économies émergentes.

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Russie : Les emprunteurs en devises étrangères pris au piège

La devise russe remonte sensiblement aujourd’hui sur le marché des changes, autour de 59 roubles pour un dollar, mais elle a perdu la moitié de sa valeur depuis l’annexion de la Crimée il y a un an.

L’une des conséquences, c’est l’impossibilité de remboursement pour les particuliers qui ont contracté des prêts immobiliers en devises étrangères. Ils se retrouvent aujourd’hui pris au piège. Certains ont tenté d’attirer l’attention sur cette situation en manifestant hier sur la place rouge à Moscou.

Russie : Les constructeurs auto quittent le pays

Le marché automobile russe devrait se contracter de 25 à 35% cette année. Cette situation donne des sueurs froides aux constructeurs étrangers qui l’un après l’autre annoncent leur départ de Russie, l’arrêt partiel ou total de leur production ou bien encore leur décision de stopper leurs exportations de véhicules à destination du marché russe.

Ukraine : Kiev réclame l’intervention de l’ONU

La situation en Ukraine, les efforts pour la paix ou les réformes politiques pour lutter contre la corruption, le président ukrainien Petro Porochenko aborde ses questions. “Nous avons besoin de casques bleus pour garantir la paix et la sécurité”, affirme t-il.

États-Unis : Sanctions contre Douguine, le théoricien du nouvel impérialisme russe

Alexandre Douguine, penseur atypique, défend depuis longtemps le dépeçage de l’Ukraine au nom de sa vision d’une Russie « eurasiatique », influençant le Kremlin et une partie des radicaux européens.

Les États-Unis viennent de publier une nouvelle liste de 14 personnes à sanctionner pour leur rôle dans la crise ukrainienne. Au milieu des militaires, des personnages politiques favorables à l’ancien régime ou aux nouvelles républiques autoproclamées de l’Est du pays, figure un intellectuel russe, Alexandre Douguine.

Ce personnage atypique prône, depuis des années, le retour d’une grande Russie «eurasiatique», avec l’oreille attentive du Kremlin comme l’histoire récente l’a montré.

Si Douguine est très peu connu en Occident, il est en Russie un personnage public, notamment grâce à ses succès en librairie. Intellectuel, théoricien géopolitique, il prend part à la vie politique russe.
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Le jeûne : une nouvelle thérapie

Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d’hypertension, d’obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s’il existait une autre voie thérapeutique ?

Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne. Réputé pour sa source d’eau chaude, le sanatorium de Goriachinsk, dans la plaine sibérienne, est aussi connu pour son centre de jeûne, créé en 1995. Atteints d’asthme, de diabète, de rhumatisme, d’allergie… les patients, très encadrés, n’ingurgitent rien à part de l’eau durant douze jours en moyenne mais la cure se prolonge parfois trois semaines.

Après la douloureuse crise d’acidose des débuts, ils se sentent plus en forme et les deux tiers voient leurs symptômes disparaître après une ou plusieurs cures. Remboursé, ce traitement s’appuie sur quarante ans d’études scientifiques, malheureusement non traduites, qui ont démarré sous l’ère soviétique.

Bien qu’elles soient inconnues hors de Russie, des médecins et chercheurs occidentaux creusent aussi ce sillon, même si, aux pays du médicament-roi, ils bénéficient de peu de subventions.

Réalisé par Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman (2015)

Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Sous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google.

Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire.

Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015.

En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA.

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Russie : Oligarques, les nouveaux collectionneurs d’art

A l’heure actuelle, Moscou, capitale de la Russie, est la ville d’Europe qui compte le plus grand nombre de millionnaires et de milliardaires. La nouvelle mode pour ces oligarques russes, c’est d’investir leur immense fortune dans l’art.

Un moyen de se faire bien voir du Kremlin, de redorer leur image et de gommer les origines de leurs dollars, bien souvent acquis dans l’ombre du pouvoir depuis la fin de l’Union soviétique.

En suivant ces nouveaux amateurs, dont certains se prennent véritablement au jeu, ce documentaire donne une image inédite d’une Russie où coexistent l’art, l’argent facile et l’autoritarisme d’État.

Turkménistan : Bouygues, le bâtisseur du dictateur

Absence totale de liberté et culte caricatural de la personnalité n’ont pas empêché le Turkménistan d’entretenir de bons rapports tant avec les Occidentaux qu’avec les Russes ou les Chinois. Ce pays neutre d’Asie centrale, au sous-sol gorgé de gaz, représente un client de choix pour les entreprises étrangères qui savent ne pas poser trop de questions, à l’instar du champion français du bâtiment.

Vingt et un décembre 2006. Les télévisions d’État annoncent en boucle la mort du président du Turkménistan, Saparmourad Niazov. « Nous sommes tous sous le choc », indique alors à l’Agence France-Presse un haut responsable gouvernemental. Chez Bouygues aussi, c’est la consternation. Il y a de quoi. Implanté depuis 1994 dans cette république gazière d’Asie centrale, le groupe français de construction voit s’éteindre un client fidèle.

Autoproclamé « père des Turkmènes », le Turkmenbachi n’a jamais regardé à la dépense. Potentat mégalomane régnant d’une main de fer sur une population réduite à l’obéissance, Niazov n’a cessé de couvrir la capitale d’édifices de prestige. Un opulent palais présidentiel, des ministères somptueux, une banque centrale en forme de lingot, une maison des journalistes agrémentée de son profil…

Prestataire zélé, Bouygues a tapissé la capitale, Achkhabad, d’un écrin de luxe. Au nom de Niazov ou pour le compte de son successeur, l’actuel président Gourbangouly Berdymoukhammedov, aussi prompt à remplir le carnet de commandes du groupe.
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Propagande : “Je suis un occupant russe”

Traduction du dernier paragraphe:

Comprenez moi bien, je n’ai pas besoin de votre “liberté” hypocrite, je n’ai pas besoin de votre démocratie pourrie. Tout ce que vous nommez les “valeurs occidentales” m’est étranger. Mes intérêts sont ailleurs. Je vais vous le dire poliment une dernière fois : ne nous ennuyez pas ! Je construis la paix, je l’aime, mais je sais me battre comme personne.

Vocativ.com

Estonie : La forte minorité russophone restera-t-elle loyale ?

Un défilé militaire pour commémorer l’indépendance de l’Estonie: la scène se passe à Narva, tout près de la frontière russe. Dans le contexte géopolitique actuel, les habitants russophones de la ville sont-ils toujours loyaux envers l’Estonie ?

La doctrine Poutine

Entretien avec Michel Eltchaninoff*

Poutine est anti-moderne, conservateur et expansionniste. Persuadé de la décadence de l’Occident en général et de l’Europe en particulier, il prône une « voie russe », qu’il pense être un autre modèle politique et social. M. Eltchaninoff analyse cette doctrine.

La Vie des Idées : On présente souvent Poutine comme un autocrate à la fois nostalgique de l’URSS et soucieux de regagner une puissance perdue depuis la fin du bloc soviétique. Cette vision n’est-elle pas un peu simplifiée ? N’y a t-il pas une doctrine Poutine, qui ne se réduit pas au regret de la gloire passée ?

Michel Eltchaninoff : Poutine est un héritier du soviétisme. Il a vécu les quarante premières années de son existence en URSS. Il s’y est puissamment imprégné de certaines valeurs — patriotisme, militarisme, complexe de supériorité de la grande puissance. Il a servi ce qu’il considérait comme le corps d’élite de la nation : le KGB, devenu FSB après 1991. En revanche, il semble n’avoir jamais cru au modèle communiste d’une économie d’État ou d’une société sans classe. Il n’a donc pas voulu, à son arrivée au pouvoir en 1999, réhabiliter le soviétisme. Il a cependant affirmé vouloir réconcilier les héritages tsariste et communiste du pays.

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Ukraine : Entretien avec Guillaume Lenormand, un Français volontaire dans le Donbass

Loin des décisions prises en haut lieu, il se trouve de jeunes Européens, qui par idéalisme, par conviction politique, par idéal, ont décidé d’aller se battre en Ukraine et en Novorossia dans un camp ou dans un autre. Ce fût le cas de ces volontaires partis soutenir la révolution de Maïdan, par conviction nationalistes-révolutionnaires. C’est également le cas de cette poignée de Français, partis aux côtés d’autres Européens dans le Donbass défendre les partisans de Novorussia contre les forces armées ukrainiennes et les milices .

Rencontre avec Guillaume Lenormand, qui s’est engagé il y a plusieurs mois déjà dans le Donbass, au nom d’un idéal Européen et anti-impérialiste. Pour connaitre les raisons de son engagement, mais pour avoir également son avis sur la situation, son ressenti, loin des interprétations de salon que peuvent en faire les médias occidentaux trop souvent cantonnés à reprendre des dépêches AFP.

Pouvez-vous expliquer les raisons de votre engagement en Ukraine et en Novorossia ?

Guillaume Lenormand : Pour faire vite, je suis un militant nationaliste français, licencié en histoire, ayant fait un peu de tout (dont du dessin de presse sous le pseudonyme de Krampon).

La politique en France me semblant une impasse, j’avais envie d’aller défendre mes idées sur le terrain, de la manière la plus simple et la plus radicale. La Novorossia représentant pour moi l’exemple-type d’une « révolte contre le monde moderne », il m’a semblé assez naturel de m’engager pour elle. Ou alors peut-être que, comme mes camarades, j’avais trop lu Corto Maltese, Dimitri et Jean Mabire.

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Ukraine : Analyse économique de la crise – Entretien avec Volodymyr Vakhitov

Pour l’économiste ukrainien V. Vakhitov, les analyses de la crise politique ukrainienne exagèrent le poids de la tutelle russe. Le pays n’est pas aussi divisé qu’on l’affirme, partagé entre l’Ouest pro-européen et l’Est pro-russe. La révolte contre les autorités aujourd’hui est une protestation de grande ampleur contre un régime corrompu, qui confisque les richesses.

La vie des idées : Les événements actuels en Ukraine, et tout particulièrement à Kiev, donnent l’impression d’un pays profondément divisé, au niveau politique, économique, social, géographique, et même culturel. À quel point cette image correspond-elle à la réalité ?

V. Vakhitov : Je suis d’accord sur le fait qu’il y a une division économique et politique. Si vous analysez les élections de ces vingt dernières années, vous verrez que le pays se divise en deux, plus ou moins de part et d’autre du fleuve Dniepr : pro-communistes contre « nationalistes », Iouchtchenko contre Ianoukovitch, le Parti des régions contre Patrie, Timochenko contre Ianoukovitch, etc. Tout cela peut donner l’impression d’une division politique.

Toutefois, si vous prenez une carte de la Rzeczpospolita [1] au XVIIIe siècle et que vous la superposez à une carte de l’Ukraine contemporaine, vous verrez que cette frontière imaginaire suit à peu près le tracé de la frontière Est de la Rzeczpospolita (exception faite de la Région des Trans-Carpates et de la Crimée). Cependant, cette division n’est ni géographique, ni économique, ni sociale. C’est plutôt une division mentale, entre les zones d’influence ’pro-occidentale’ et ‘pro-russe’.

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Ukraine : La « Légion croate » se bat dans les rangs du bataillon Azov

Plusieurs dizaines de Croates se battent en Ukraine, dans les rangs du bataillon Azov, qui attire des volontaires d’extrême droite venus de toute l’Europe. Pour certains, la guerre en Ukraine serait l’occasion de se battre « contre la Russie, l’UE et les États-Unis ». Et tous les volontaires croates rêvent d’être envoyés au front contre les volontaires serbes, qui se battent avec les pro-russes…

Le sniper suédois Mikael Skilt est en Ukraine depuis un an. Il est désormais chargé de la formation de nouvelles recrues du bataillon Azov, une unité volontaire proche de Pravy Sektor, l’extrême-droite ukrainienne, qui attire des volontaires étrangers de nombreux pays.

Les responsables du bataillon, très engagé dans le combat contre les séparatistes du Donbass, notamment aux abords de la ville de Marioupol, grand port de la mer d’Azov, démentent pourtant tout lien avec l’extrême-droite internationale.

« Nous recrutons sans cesse de nouveaux volontaires et nous les formons pendant quatre semaines – c’est une condition pour rejoindre le bataillon. Ces dernier temps, les Croates sont de plus en plus nombreux à venir combattre en Ukraine », détaille Mikael Skilt.
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Musique : “Всем миром” (“Petit oiseau”)

Chanson du groupe russe Pelagea (qui est aussi le nom de la chanteuse):

У зялёному саду пташечкай пропела
Йетый пташки есть гняздо,есть у ней и дети
Йетый пташки есть гняздо,есть у ней и дети
А у мене у сироты нет никого на свети
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Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Union Europénne : Les sanctions contre la Russie ont déjà coûté 21 milliards d’euros

Les sanctions prises par l’Union européenne contre la Russie ont “un coût très important“, avec à ce jour un manque à gagner de 21 milliards d’euros pour les exportations européennes, a affirmé lundi José Manuel García Margallo, le ministre espagnol des Affaires étrangères, à son arrivée à une réunion à Bruxelles.

Nous sommes dans une situation extrêmement grave et l’accord qui peut être trouvé” sur un plan de paix, lors d’un sommet prévu mercredi à Minsk, “est la dernière chance avant de passer à un scénario d’augmentation des sanctions“, a-t-il estimé.

L’Espagne fait partie des pays européens réticents à l’idée d’alourdir encore les sanctions économiques drastiques imposées à la Russie depuis juillet 2014 pour son implication aux côtés des rebelles séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine, qu’elle est accusée de soutenir en armes et en soldats.

Les pays baltes, la Pologne et la Grande-Bretagne ont exprimé ouvertement leur soutien à un alourdissement des sanctions si les violences, qui se sont intensifiées depuis le début de l’année, n’étaient pas enrayées rapidement. En 2013, les exportations de produits européens vers la Russie ont atteint 120 milliards d’euros, selon des chiffres publiés par la Commission européenne. Moscou était alors le quatrième partenaire commercial de l’UE.

Le Point

(Merci à Pierre)

Moldavie : Un pays en transition

La Moldavie avait à choisir entre le géant russe à l’est et les sirènes de L’Europe à l’ouest. La jeunesse du pays a massivement penché vers l’ouest. Les partis libéraux pro-européens ont réussi à conserver leur majorité au parlement de la capitale, Chisinau.

Indépendante depuis le 27 août 1991, après avoir été sous le contrôle successif des Turcs, des Russes et des Roumains, la Moldavie a refusé l’unification avec la Roumanie cette même année, le centralisme roumain ayant provoqué le désir d’indépendance de la population moldave.

La Moldavie, État indépendant coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, considéré comme l’un des pays les plus pauvres d’Europe, est donc encore un état en transition: poursuivant sa voie vers une économie de marché, elle reste classée en première place des pays les plus appréciés des trafiquants. Toujours fortement lié à la Roumanie, le pays, s’il a développé des relations ambiguës avec la Russie dont elle reste dépendante énergétiquement, souhaiterait intégrer l’Union européenne.

Cherchant à conforter son indépendance vis-à-vis de la Russie et de la Roumanie, la Moldavie a mené une politique étrangère combinant relations de bon voisinage avec ses principaux partenaires régionaux et ouverture à l’Ouest. Depuis la sécession de la Transnistrie, province orientale de la Moldavie, le 2 septembre 1990, le gouvernement moldave ne contrôle plus l’ensemble de son territoire.

Ex-République autonome, rattachée à la Moldavie depuis 1940, la Transnistrie sécessionniste a fait appel à la Russie afin de la soutenir, entraînant des affrontements armés sanglants en 1992, et a instauré une véritable entité étatique, sans reconnaissance officielle internationale. La Russie y maintient toujours une unité de l’armée russe, faisant de la Transnistrie un moyen de pression dans ses négociations avec la communauté internationale.

Russie : La bourse de Moscou et le rouble plongent à nouveau

L’effondrement du rouble s’est déjà traduit par une envolée des prix, le taux annuel d’inflation dépassant déjà 11% en Russie. Les autorités russes ont prévenu que la croissance négative de l‘économie russe pourrait atteindre 5% cette année.

Grèce : Milliardaires et multinationales se partagent le gâteau des privatisations

En échange de l’aide financière internationale, la Grèce s’est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l’eau, infrastructures, patrimoine culturel… C’est la braderie générale !
Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d’irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d’austérité.

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d’une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d’autres partis, est réelle. Le mouvement de gauche saura-t-il inverser la tendance ? Et s’appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l’eau ?

Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d’austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s’est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu’à menacer leur état de santé [1].
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Baril à 50 dollars : risque de récession majeur pour le secteur pétrolier

Il y a des courses de fond. Celle-ci est une course vers le fond. Les cours du baril dégringolent à 50 dollars cette semaine, du jamais vu depuis le lendemain de la crise de 2008. Aussi vertigineuse qu’inattendue, la chute du prix de l’or noir atteint désormais 55 % depuis le début du mois de juin.

Est-ce la preuve d’un retour durable à l’abondance pétrolière ? Pas si vite.

Conséquence à la fois du boom du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et de la fragilité de la croissance économique mondiale, ce contre-choc pétrolier est en passe de mettre à nu bien des rois du pétrole.

D’ouest en est et du nord au sud, tous les producteurs pétroliers du monde, grands et petits, pompent aujourd’hui le brut à tombeau ouvert afin de sauvegarder un tant soit peu leurs chiffres d’affaires, en espérant que le concurrent d’à côté calanchera le premier.

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Russie : Le Kremlin investit dans un réseau de jeunes élites pro-Poutine

Alors que la Russie traverse l’une de ses plus graves crises économiques, des projets financés par le Kremlin, pour glorifier le patriotisme russe, se multiplient.

Enquête dans le monde de “SET”, la nouvelle organisation de jeunesse pro-pouvoir. Le concept : un centre “créatif” chaperonné par des “producteurs”, qui a pour mission de sponsoriser des projets patriotiques, souvent a la gloire de Vladimir Poutine.

Le dessous des cartes : Xinjiang, le grand ouest chinois

Au carrefour de la Russie, de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud, la région autonome chinoise du Xinjiang est majoritairement peuplée de turcophones musulmans. Lieu de tensions interethniques, cette périphérie occidentale de la Chine connaît pourtant un développement accéléré.

“Les investissements, ajoutés à la large immigration han, sont vus par les Ouïghours comme un pillage organisé de leurs ressources et comme une colonisation de l’intérieur.”

“Aujourd’hui les Han se sont imposés comme l’élite économique et sociale du Xinjiang, Pékin mène une politique répressive envers la culture et la religion des Ouïghours. La majorité des Ouïghours est hostile à la tutelle de Pékin.”

La Russie a “dépensé” 70 milliards d’euros pour soutenir le rouble en 2014

La monnaie russe s’est reprise mais reste fragilisée et orientée à la baisse depuis le début de l’année, plombée par la chute continue des cours du baril de brut.

Près de 70 milliards d’euros toutes monnaies confondues. Au total, les interventions de la Banque centrale de Russie sur le marché des changes ont atteint un solde net de 76,13 milliards de dollars (64, 48 milliards d’euros au cours actuel) et 5,41 milliards d’euros en 2014, rapporte lundi 12 janvier l’agence Interfax sur la base de données officielles.

L’an dernier, la monnaie russe a perdu 41% de sa valeur face au dollar et 34% face à l’euro en raison de la crise ukrainienne, à l’origine de sanctions économiques contre Moscou, et de la chute des cours du pétrole, principale source de revenus de l’État russe. Ce phénomène, ainsi que l’embargo alimentaire décrété par la Russie, a entraîné une flambée des prix (11,4% en 2014).

27,2 milliards de dollars pour le seul mois d’octobre

Les statistiques mensuelles de la banque centrale montrent que les interventions les plus massives ont eu lieu en mars, mois marqué par l’annexion de la Crimée (22,3 milliards de dollars, soit 18,89 milliards d’euros au cours actuel) puis en octobre (27,2 milliards de dollars) et décembre (11,9 milliards de dollars), quand la chute du pétrole s’est accentuée

Si elle s’est ensuite reprise, la monnaie reste fragilisée et orientée à la baisse depuis le début de l’année, plombée par la chute continue des cours du brut. En plus de ses interventions, la banque centrale a décidé mi-décembre de porter son taux directeur à 17% pour défendre le rouble, mais ce brusque resserrement du robinet du crédit risque d’aggraver la récession prévue par les autorités et les experts en 2015.

La Tribune

Chine : La nouvelle route de la soie

Alors que l’Unesco a inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité une partie de la “Route de la soie” d’origine, les autorités chinoises révèlent une carte de “la nouvelle Route de la soie”. Quelle est sa réalité historique et a-t-elle une chance de voir le jour ?

Russian disease, ou la maladie du soviétisme (De la crise économique qui frappe la Russie, et de ses origines)

Dans son édition du 17 décembre, La Croix tente de prendre du recul par rapport à l’actualité russe. Qu’il s’agisse des relations entre l’Ukraine et la Russie – envenimée depuis le rattachement contesté de la Crimée (‘Complications ukrainiennes’) au printemps dernier – ou de la dégradation de la situation économique, le journal souhaite se prémunir d’une corrélation simple, si couramment utilisée dans la presse.

La diplomatie suicidaire de Poutine (comprenez : parce que nationaliste et pan-russe) isole son pays dans le concert des nations ! En réalité, reprendre tout ou partie de ce raisonnement concourt à servir celui-là même que l’on entend affaiblir. C’est prêter en outre aux sanctions occidentales un poids qu’elles n’ont probablement pas. Le journal part du constat établi par son envoyé spécial Benjamin Quénelle - la perte de valeur du rouble par rapport au dollar – pour scruter la fragilité économique russe.

Dans son dossier central intitulé ‘La crise révèle les faiblesses du modèle économique russe‘, Alain Guillemoles pose quatre questions parmi lesquelles trois appellent des réponses rapides : sur les causes de la chute du rouble (division par deux des revenus tirés de l’exportation de produits énergétiques, accélération de la conversion en monnaie étrangère des épargnants), les réponses possibles de la banque centrale russe et les inflexions souhaitables de l’exécutif. Une question demeure, bien plus complexe : “Pourquoi l’économie russe est-elle en crise ?

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Arctique, la conquête glaciale

Longtemps à l’abri d’une exploitation industrielle d’envergure mondiale, l’Arctique risque de devenir le dernier eldorado pour les grandes compagnies pétrolières.


C’est en 2007 que Poutine, le premier, a déclaré son intérêt pour un potentiel pétrolifère estimé à 90 milliards de barils, exploitables dans un avenir proche. À sa suite, les autres pays riverains (États-Unis, Groenland, Norvège, etc.) ont réclamé leur part du gâteau, quitte à se disputer le tracé des frontières.

 

Mais déjà, plusieurs signes alarment les défenseurs de la nature : une première plate-forme s’est mise à dériver, tandis que la direction d’une centrale nucléaire russe, construite sur du permafrost en train de fondre, a observé un black-out informatif total.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Tania Rakhmanova (2013)

Merci à NOP

Les milliardaires se sont enrichis de 92 milliards de dollars en 2014

Les 400 personnes les plus riches concentrent une fortune de 4.100 milliards de dollars, selon Bloomberg. Elle n’a augmenté « que » de 2,3 % cette année, malgré la montée en puissance des milliardaires chinois.


4.100 milliards de dollars. C’est le montant de la richesse des 400 personnes les plus riches de la terre selon Bloomberg. Elle s’est accrue de 92 milliards cette année, soit une progression de 2,3%. Une hausse moins impressionnante qu’en 2013, lorsque les 300 personnes les plus riches avaient vu leur fortune croître de 500 milliards de dollars.

La performance des Bourses mondiales, notamment dans les pays émergents (Russie, Brésil…) ou en Europe, peut expliquer le ralentissement de la croissance, surtout exprimé en dollars. L’indice MSCI World n’a ainsi progressé que de 4% cette année, contre +24% en 2013.

Sans surprise, Bill Gates demeure l’homme le plus riche du monde avec une fortune estimée par Bloomberg à 87,6 milliards de dollars (+9,1 milliards). Il devance Warren Buffett (+13,7 milliards à 74,5 milliards) qui a bien profité de la hausse de Wall Street pour ravir la deuxième place au mexicain Carlos Slim, dont la richesse a fondu de 628 millions en un an… Le principal perdant du Top 5 mondial s’appelle Amancio Ortega Gaona (-4,6 milliards à 61,8 milliards).
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Russie : Les sources d’eau potable en danger

Polluer lacs et rivières en toute impunité faciliterait grandement les affaires de beaucoup d’entreprises en Russie. C’est le raisonnement de quelques députés, dont un milliardaire, qui tentent de faire adopter une proposition de loi qui modifierait le Code de l’eau dans ce sens. Une manœuvre qui met en danger la qualité de l’eau du robinet, déjà dégradée par l’attitude d’industriels irresponsables.

Des députés de Russie unie, le parti au pouvoir, cherchent à instaurer un droit à polluer les rivières. Leur proposition de loi modifiant le Code de l’eau autoriserait les usines de rejeter les eaux usées dans les zones de protection sanitaire des sources d’eau potable.

L’article qui est visé (art. 44), “entrave le développement des entreprises” et “nuit aux budgets local et fédéral”, justifient-ils. Le Comité de la Douma chargé d’examiner le texte et le ministère des Ressources naturelles ont émis fin novembre un avis négatif. Peut-être ont-ils été convaincus par les arguments de Greenpeace Russie, dont la pétition a récolté plus de 17000 signatures? Mais les six auteurs du projet n’entendent pas baisser les bras pour autant.

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