Les Brics veulent écarter les Américains de la présidence de la Banque mondiale

Les principales puissances émergentes de la planète ont publiquement rejeté dimanche le principe selon lequel la présidence de la Banque mondiale revient de facto à une personnalité américaine et ont dit songer à présenter leur propre candidature lorsque le mandat de Robert Zoellick arrivera à échéance.

Les ministres des Finances de l’ensemble BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont réunis ce week-end en marge du sommet du G20 organisé à Mexico et sont arrivés à la conclusion selon laquelle la présidence de la Banque mondiale, que Robert Zoellick quittera en juin, doit être ouverte à tous les pays. “Les candidatures devraient être fondées sur le mérite et non pas sur la nationalité ”, a déclaré à des journalistes le ministre brésilien des Finances Guido Mantega. Un autre responsable d’un pays membre de l’ensemble BRICS a déclaré qu’une réflexion serait engagée sur la pertinence d’une candidature commune en concurrence de celle qui sera proposée par les Etats-Unis. “C’est certainement une discussion que nous aurons ”, a-t-il dit.

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Des Brics toujours en béton ?

Même fragilisés, les émergents sont là pour durer.

Fatigués, les BRICS ? Fin 2011, ce groupe de grands pays émergents formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud a montré des signes de faiblesse. Croissance nulle au troisième trimestre pour le Brésil, bulle immobilière et déséquilibres en tout genre en Chine, etc. Albert Edwards a tranché. Fin novembre, le célèbre analyste de la Société Générale s’est moqué de l’acronyme Brics en lui attribuant une définition très personnelle et peu flatteuse : Bloody Ridiculous Investment Concept (Putain de Concept d’Investissement Ridicule). Eh oui, la traduction française n’atténue pas la rudesse de la formule.

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Russie : Rapport de forces

Par Alexandre Latsa

Moscou et la Russie toute entière ont encore connu une grande journée de manifestations le samedi 4 février 2012. Il était intéressant d’observer ces manifestations et de les comparer aux manifestations de décembre 2011. Une première grande manifestation de l’opposition avait eu lien le 10 décembre 2011 sur la place Bolotnaya à Moscou, regroupant entre 35 et 45.000 personnes. Beaucoup de manifestants contestaient les résultats des dernières élections législatives, mais le meeting s’était rapidement transformé en un meeting anti-Poutine.

Le succès de cette première manifestation a incité un certain nombre de personnalités de l’opposition politique, de leaders de mouvements et d’associations mais également de membres de la société civile (blogueurs, journalistes) à créer un mouvement protestataire de fond avec deux revendications principales: annuler les élections législatives et surtout exiger le départ du premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, Vladimir Poutine.

Dans cet élan, le 24 décembre, une seconde grande journée de contestation a été organisée à Moscou et dans toute la Russie afin de maintenir la pression et d’annoncer un grand mouvement de protestation durant le mois de février, destiné à faire vaciller le pouvoir de Russie Unie, et à forcer les autorités à tenir compte des revendications des manifestants.

Cette seconde grande journée  de mobilisation n’aura été finalement un succès qu’à Moscou, car le 24 décembre, en province et même à Saint-Pétersbourg, la mobilisation aura été bien plus faible que le 10 décembre. Mais à Moscou, la manifestation qui a eu lieu sur l’avenue Sakharov a réuni sans doute près de 50.000 personnes, soit plus que lors de la manifestation du 10 décembre.
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Une nouvelle opposition “Made in Russia”

Par Alexandre Latsa

Les élections présidentielles approchent, et la politique intérieure russe est un thème qui est revenu de façon assez récurrente au sein des analyses et tribunes récentes de RIA-Novosti. C’est aussi l’un des thèmes les plus discutés sur l’internet russe, surtout depuis décembre 2011. Récemment Maria Selina se demandait si une nouvelle vague d’émigration aurait lieu et elle en déduisait très adroitement que les manifestations de décembre 2011 pourraient théoriquement rassembler le cortège de ceux qui, rejetant le système politique russe, pourraient choisir de faire leurs bagages.

Mes lecteurs le savent, j’ai couvert les manifestations de décembre et publié des photos et des textes qui ont donné lieu à des débats enflammés sur le sujet. Bien sur la position d’étranger qui commente la scène politique russe n’est pas très confortable, mais néanmoins un regard extérieur et comparatif a parfois son intérêt.
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EuroBRICS : un basculement dans l’équilibre du monde

Un certain nombre d’experts, dont le politologue franco-européen Franck Biancheri, prévoient pour les prochaines décennies d’importants changements dans l’ordre du monde. Il ne s’agit pas d’annoncer des évènements encore inattendus, mais de mettre en perspective un certain nombre de changements en profondeurs (dits aussi systémiques) que la plupart des observateurs constatent mais dont ils ne tirent pas encore de conclusions significatives.

Ces changements vont du plus attendu au plus inattendu. Parmi les premiers se situe la montée en puissance d’un bloc asiatique comprenant évidemment la Chine mais aussi les autres puissances régionales, Corée du Sud et Japon en premier lieu. Même si un accord politique parfait ne règne pas encore entre elles, inévitablement, leurs compétitions et échanges croisés feront de l’Asie un des principal pôle de restructuration du monde de demain. Il y a tout lieu de penser que l’Inde en fera partie.

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L’aéronautique européenne met le cap sur la Sibérie

Eurocopter et ATR enchaînent les contrats avec UTair. La compagnie régionale russe, qui, jusque-là, volait avant tout sur Boeing, négocie aussi avec Airbus et profite des pétrodollars pour renouveler des flottes vieillissantes.

En Sibérie, EADS a trouvé sa terre sainte, la région de Tioumen. Et un prophète commercial : UTair, principale compagnie régionale russe derrière Aeroflot. « Un leader d’opinion dans l’aéronautique du pays ! C’est devenu notre premier client en Russie et notre collaboration doit créer des ouvertures vers d’autres sociétés », s’enthousiasme Laurence Rigolini, directrice de la filiale d’Eurocopter à Moscou.
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Medvedev : “La Russie est prête à investir dans la zone euro”

La Russie est “prête à investir” dans une opération de sauvetage de la zone euro via le Fonds monétaire international, a affirmé jeudi le président russe Dmitri Medvedev à l’issue d’un sommet UE-Russie à Bruxelles.

Nous allons continuer à vous fournir notre assistance et nous sommes prêts à investir tous les moyens financiers pour soutenir l’économie européenne et la zone euro.”

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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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Qu’est devenu l’or quand l’URSS a fait faillite ?

Un lecteur anonyme [du blog américain FOFOA, qui s'exprime ici - Note de Fortune] m’a envoyé ce court message sur « ce qui est arrivé au cours de l’or en Russie quand cette dernière s’est retrouvée en cessation de paiements ». Je pense que cela vaut la peine d’être partagé.

Des cigarettes ou des urinoirs, comme le préconisait Lénine ?

« J’étais assez jeune alors et je n’y connaissais rien. Je venais d’avoir 18 ans quand l’hyperinflation a éclaté.

Tout d’abord, quand vous parlez de l’URSS, vous devez comprendre que nous vivions dans un aquarium de propagande, qui existe au sein du même aquarium de propagande qui existe aussi de notre point de vue commun aujourd’hui. Ce qui signifie que pour nous, à l’époque, connaître la vérité comme l’américain moyen la connaît était un progrès immense et impensable et on pouvait trouver une personne sur cent (peut-être) qui en savait assez pour réaliser que l’URSS était tout simplement un gros mensonge. Je ne connais pas une seule personne qui en savait plus que ça et d’ailleurs, personne qui aurait pu participer à notre discussion actuelle.

L’or. Tout ce que nous savions, c’est que les urinoirs seraient en or quand nous atteindrions la prospérité communiste. Et que c’était un mensonge que le dollar US était garanti par de l’or. Rien d’autre. Nous savions que Staline exploitait les mines d’or et que des mines d’or sont toujours en exploitation mais nous pensions que c’était pour l’industrie de la bijouterie.

Je ne savais pas que Staline utilisait cet or pour acheter des matières premières agricoles. Il nous disait que les ces matières agricoles étaient un cadeau philanthropique des États-Unis et que sans ce don, nous serions tombés face à l’Allemagne. Et autant que je sache, toute personne honnête adorait les États-Unis pour cette aide magique au pire moment.
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Avenir de l’euro : le Financial Times a-t-il raison ?

Par Philippe Milliau, membre du bureau exécutif du Bloc identitaire

Depuis des mois, le Financial Times, principal journal financier mondial, celui qui donne le ton pour les opérateurs du monde de la finance, pronostique la crise de l’euro, puis « la possible fin de l’euro ». A supposer que cela soit vrai, est-ce souhaitable ? Assurément pas.

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Inondation en Australie : Cours du blé en hausse

Un an après les incendies en Russie, les inondations se poursuivent en Australie où près de la moitié de la récolte de blé pourrait être déclassée. De plus en Argentine, la sécheresse menace. Une nouvelle flambée des cours des céréales est donc envisageable et devrait être répercutée sur le prix du pain.

L’Afrique du Sud rejoint les pays émergents du groupe BRIC


L’Afrique du Sud a été formellement invitée à rejoindre le groupe BRIC des grands pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine), a annoncé vendredi 24 décembre la ministre sud-africaine des affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane.

« La Chine, qui assure la présidence tournante du groupe BRIC, conformément à un accord des Etats membres, invite l’Afrique du Sud à devenir membre à part entière de ce groupe qui s’appellera à l’avenir les BRICS », a déclaré Mme Nkoana-Mashabane à la presse à Pretoria. Le nouveau sigle correspond à l’orthographe anglaise de l’Afrique du Sud (South Africa). Ce pays a la plus forte économie du continent africain, équivalent à un quart du PIB de l’Inde.

Brésil, Russie, Inde et Chine, groupe informel qui tient des sommets réguliers, devraient représenter 61 % de la croissance mondiale en 2014, selon le Fonds monétaire international (FMI). Ils ont pris des mesures pour renforcer leur coopération financière et les investissements mutuels.

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Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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La démographie russe : Objet de tous les fantasmes

Par Alexandre Latsa

En octobre 2010, un grand quotidien français, réputé pour le sérieux de ses analyses internationales consacrait 6 pages à un dossier sur la démographie Russe. Le titre : “Quand la Russie disparaîtra : enquête sur un désastre démographique” était posé en grosses lettres sur la photo d’un enfant à l’air hagard et aux mains sales, dont on ne sait trop s’il était en haillons ou pas.

Enfants russes dans le square de Dvortsovaya, au centre de Saint-Pétersbourg, le 1er juin 2010 lors de la Journée nationale de la protection de l'enfance.

Un correspondant ayant vu la photo m’a demandé si c’était une photo colorisée datant du siège de Stalingrad. Le dossier analysait la période de déclin démographique que la Russie a connu après l’effondrement de l’Union soviétique et concluait que la population Russe devrait chuter à 80 millions d’habitants en 2050, le peuple Russe ayant plausiblement disparu en 2150.

Certes, l’effondrement politique, économique et institutionnel qui a suivi la disparition de l’URSS a contribué au déclenchement d’un désastre sanitaire et démographique sans précédent. En quelques années, l’espérance de vie s’est écroulée, et l’état sanitaire moyen s’est considérablement détérioré. La surconsommation d’alcool souvent frelaté, les empoisonnements liés et les suicides ont provoqué une explosion du taux de mortalité. Les maladies sexuellement transmissibles dont le sida, se sont développées, parallèlement à l’augmentation de la consommation de drogue.

Mais surtout, alors que de plus en plus de Russes mourraient, de moins en moins naissaient. L’augmentation de la mortalité s’est accompagnée d’une baisse de la natalité. Face à la crise économique, l’avortement était souvent la seule solution pour beaucoup de femmes. Par ailleurs pour 1993 on a estimé que sur 1,6 millions de naissances, il y a eu près de 5% d’abandons d’enfants.

La démographie russe est un sujet complexe, certes alarmant, mais qui bien souvent est traité de façon excessivement pessimiste dans la presse étrangère.
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La géoéconomie (Rediff.)

Pour Hervé Juvin, la géoéconomie va s’imposer comme l’économie de la sortie de crise. Quand l’économie se réconcilie avec la géographie et l’histoire, les climats, le sol et le sous-sol, la distance et la frontière, les peuples, les Nations et les cultures reprennent la place que la mondialisation et le libéralisme du marché avaient prétendu leur enlever.

Nous restons des hommes d’ici et des nôtres, de cette terre et de ses combats.

Trafic d’organes et prolifération nucléaire

Par Xavier Moreau

Les lecteurs de Realpolitik.tv n’auront sans doute pas été impressionnés par les pseudo-révélations de Wikileaks, sur la politique étrangère des Etats-Unis. Étonnamment, le site « dissident » n’aborde jamais la collusion entre les administrations américaines et les groupes islamo-mafieux, en Bosnie, en Afghanistan ou au Kosovo.

Akim Thaçi

C’est au Conseil de l’Europe que nous devons la mise en exergue, guère nouvelle pour nos lecteurs, de la nature exacte du clan mafieux albanais qui dirige le Kosovo, et plus particulièrement de son chef Akim Thaçi.

Il est difficile de dire ce que deviendra ce rapport. Les sociétés de communication anglo-saxonnes doivent être désormais sur le pied de guerre pour le discréditer, lui ou ses auteurs. Difficile également d’imaginer que cette affaire remonte jusqu’à l’ami personnel d’Akim Thaçi et administrateur du Kosovo à l’époque des exactions de l’UCK, Bernard Kouchner.

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Industrie pharmaceutique : Quand les Européens servent de cobayes

C’est la prochaine étape de la mondialisation, et il y a de bonnes raisons de ne pas vouloir que ça soit le cas,” constate Vanity Fair. Les laboratoires pharmaceutiques américains testent de plus en plus leurs médicaments à l’étranger, sur des personnes qui ne bénéficient pas de toutes les garanties de sécurité.

Cette tendance concerne les pays du Tiers-Monde mais aussi l’Europe, précise le mensuel new-yorkais. De 2004 à 2007, la part des essais cliniques effectués aux États-Unis a baissé de 5,2%, tandis qu’elle augmentait de 16% en Europe de l’Est, de 12% en Asie et de 10% en Amérique latine.

L’avantage pour les laboratoires, explique Vanity Fair, est de conduire les tests dans des conditions moins strictes et moins coûteuses, obtenir des résultats positifs et “ainsi convaincre la Food and Drug Administration américaine que les médicaments sont sûrs et efficaces pour les Américains.

En 2008, 80% des produits soumis à la FDA ont été testés hors des États-Unis, soit 58 788 tests. Quelque 876 d’entre eux ont eu lieu en Roumanie et 589 en Ukraine . L’Estonie, la Pologne, la Russie, la Lituanie, la Slovaquie ou la Croatie sont des pays également appréciés des laboratoires.

Hors de tout contrôle sérieux, ces tests sont souvent mortels. Le magazine cite l’exemple d’un test de vaccin contre la grippe effectué dans un refuge pour sans-abris de Grudziadz, en Pologne. Rémunérés 2 dollars, “les cobayes pensaient recevoir une vaccination normale. Ce n’en était pas une. Au moins vingt d’entre eux sont morts.

Press Europ

Russie, Inde, Chine : une voie trilatérale vers un monde multipolaire

Une semaine après que le président américain Barak Obama eut annoncé son soutien à l’Inde qui revendique un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Inde et de la Chine (RIC) se sont réunis à Wuhan en Chine, les 14 et 15 novembre.

Les réformes de l’ONU faisaient partie des questions internationales les plus pressantes abordées par S.M. Krishna (Inde), Yang Jiechi (Chine) et Sergei Lavrov (Russie). Mais New Delhi est resté sur sa faim : la rencontre s’est clôturée par un communiqué conjoint en faveur des réformes mais n’allant pas au-delà d’une « appréciation positive du rôle joué par l’Inde dans les affaires internationales » .

La Russie a fortement appuyé la candidature indienne à un siège permanent, mais la Chine a refusé de clarifier sa position, mettant ainsi en évidence une compétition d’ambitions et de projets entre les deux membres pourvus du droit de véto au Conseil de sécurité – Chine et Russie – et le pays qui aspire à les rejoindre à la grande table.

Ces dissonances sur les questions décisives versent de l’eau au moulin des sceptiques qui considèrent que la RIC n’est qu’un club de parlote de plus. Cette conclusion est pourtant erronée. Ce qui compte ici, c’est l’importance croissante de la consultation au sein du trio des puissances émergentes qui détiennent les clés de l’ordre changeant du XXIe siècle.

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Vladimir Poutine : plaidoyer en faveur d’une « communauté économique harmonieuse, de Lisbonne à Vladivostok »

Tribune de Vladimir Poutine, parue dans la Süddeutsche Zeitung du 25 novembre 2010

Il est évident, aujourd’hui, que l’éclatement de la crise mondiale en 2008 n’était pas seulement dû au gonflement des «bulles» et à l’échec de la régulation des marchés mais qu’il était de nature structurelle. Le problème central consiste dans l’accumulation de déséquilibres mondiaux. Le modèle selon lequel un centre régional multiplie les emprunts et consomme des biens sans frein alors que l’autre produit des marchandises bon marché et rachète des dettes a échoué.

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LEAP – 2ème semestre 2011 : explosion de la bulle des dettes publiques occidentales

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 décembre 2010

Le second semestre 2011 marquera le moment où l’ensemble des opérateurs financiers de la planète va finalement comprendre que l’Occident ne remboursera pas une partie importante des prêts réalisés au cours des deux dernières décennies.

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L’Europe et la France au pied du mur protectionniste

Angela Merkel souhaite une Allemagne forte. Cette phrase n’est pas anodine. Elle officialise le discours de puissance que l’Allemagne revendique de plus en plus au grand jour. La feuille de route du gouvernement Fillon ressemble, en comparaison, à une déclaration de l’armée du Salut.

Quand la France aura-t-elle le courage de regarder la vérité en face ? Telle est la question qui se pose après le remaniement ministériel. Les commentaires de l’opposition n’ont pas dépassé le niveau du café du commerce. Un tel vide dans le débat confirme un peu plus l’image d’un pays aux accents munichois.

Ne pas avoir de stratégie de puissance équivaut aujourd’hui à un sabordage pur et simple sur l’échiquier des nations. Beaucoup de francophiles déplorent à l’étranger que les élites françaises baissent les yeux et manquent de courage. Mais on a les politiques que l’on mérite. Les éternels discours sur la relance de la croissance et la défense de l’emploi ne remplacent pas une stratégie de puissance.

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Quel est le boulot de la Fed ? Financer les déficits budgétaires américains !

Par Eberhardt Unger

Normalement, le travail de la Fed est de combattre l’inflation et de favoriser la croissance en menant une politique monétaire favorisant la stabilité. Cependant, Ben Bernanke a étendu ces attributions aux financements des déficits budgétaires des Etats-Unis.

Les billets imaginaires sont à l'effigie de Ben Bernanke et valent 1.000 milliards de dollars chacun

Au cours des dernières années, les Etats-Unis pouvaient compter sur les autres pays pour acheter leurs obligations, notamment sur la Chine, le Japon, les pays de l’Opep, et les hedge funds – ayant leur siège à Londres, dans les îles anglo-normandes, sur l’île de Man et dans les centres financiers des Caraïbes. Les trois premiers investissaient ainsi les excédents de leur compte courant, et les fonds ont utilisé la déformation de la courbe des taux pour spéculer via le carry trade.

Mais depuis octobre 2009, la Chine n’est plus très motivée pour continuer ses achats d’obligations américaines et a même réduit son stock de 55 milliards de dollars.

En conséquence de quoi la Fed, elle-même, est devenue un acheteur de premier plan. Ainsi, le 17 novembre dernier, elle a acheté des bons du Trésor pour un montant de 873 milliards de dollars, dépassant ainsi les achats du Japon et presque à égalité avec ceux de la Chine, jusqu’alors le premier acheteur au monde.

Les nouvelles injections de liquidité sur les marchés financiers pour 600 milliards de dollars (QE2) sont supposées maintenir les taux des bons du Trésor à des niveaux faibles pour une très longue période et augmenteront encore le stock de la Fed, et ainsi la Banque centrale américaine va devenir très rapidement la plus importante détentrice de bons du Trésor devant la Chine.

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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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Crise financière : Menace sur l’Europe

Alors que Nicolas Sarkozy est en Inde, pays à la croissance insolente, l’Europe tente de se dépêtrer d’une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Il est des signes qui ne trompent pas. Entre juillet et décembre 2010, New Delhi aura vu défiler les dirigeants des cinq pays membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et France.

Le pays, considéré comme le deuxième moteur de la croissance mondiale (9 %) après la Chine, est de plus en plus courtisé par les puissances mondiales. Pas étonnant que Nicolas Sarkozy l’ait choisi pour sa première sortie depuis que la France est à la tête du G20.

Car, face à cette croissance insolente, l’Europe fait bien grise mine. Et même si les prévisions de croissance ont été relevées à 1,6 % pour l’année 2010 en Europe, le Vieux continent est englué dans une crise budgétaire et monétaire sans précédent.

Les grands argentiers de la zone euro se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour leur réunion mensuelle, en présence du directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.
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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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Ouvrages des « trouveurs de crise » du LEAP

Les chercheurs du Laboratoire européen d’Anticipation Politique (LEAP) publient des ouvrages exposant leurs anticipations et leurs méthodes d’analyse. La simple lecture des résumés reproduits ci-après ouvre des perspectives au lecteur fatigué de la pensée unique.

En fondant les éditions Anticipolis, nous faisons un double pari :

  • Créer une maison d’édition réellement européenne de par sa volonté de publier des ouvrages qui s’adressent directement à un public européen et qui sont donc dès l’origine conçus pour être publiés en au moins trois ou quatre langues.
  • Offrir au public européen des ouvrages qui tentent de décrypter l’avenir, en particulier l’avenir commun de notre continent, afin d’aider citoyens et dirigeants à mieux définir leur choix, leurs objectifs, leurs espoirs.

Les expressions littéraires que retiendra Anticipolis seront multiples, car l’Europe est diverse et l’avenir multiforme. Mais, elles auront en commun d’exprimer une conviction qui est au cœur de notre démarche. « Désormais l’avenir détermine le présent » comme le proclame notre devise. En effet, notre rapport à l’avenir s’est fondamentalement modifié en l’espace d’une cinquantaine d’années.

Notre époque est probablement la première qui souligne cette réalité : l’avenir influe désormais autant que le passé sur le présent de nos sociétés. En effet, jusqu’au milieu du XXe siècle, l’Humanité a essentiellement déterminé son action présente en fonction des habitudes, des traditions, des actions passées. Mais depuis quelques décennies, c’est notre anticipation des prochains modèles en préparation ou des exigences en matière de norme ou d’évolution du climat qui détermine nos choix. C’est dorénavant demain qui nous dicte aujourd’hui.

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Poutine propose à l’Europe un nouveau « design économique »

Les 25 et 26 novembre, le premier ministre russe Vladimir Poutine a effectué une nouvelle visite de deux jours en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, et toute l’Europe attache une attention particulière à cet événement. C’est généralement le cas lorsque Moscou et Berlin ont l’intention de lancer des « exercices architecturaux » conjoints en Europe. Mais à l’époque actuelle, alors que l’Union Européenne souffre toujours de la « pathologie affectant l’euro » et que presque tous les pays de l’UE sont contaminés, l’Allemagne est la seule à s’en remettre et ce phénomène suscite une attention d’autant plus grande.

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La Chine et la Russie abandonnent le dollar comme devise de leurs échanges commerciaux

La Chine et la Russie ont convenu de ne plus utiliser le dollar dans leurs échanges commerciaux mais leur propre devise, ont annoncé mardi le Premier ministre chinois, Wen Jiabao et son homologue russe, Vladimir Poutine, à l’issue de la quinzième rencontre de haut-niveau entre les deux nations.

Les deux dirigeants ont déclaré que cette décision reflétait un renforcement des liens entre Pékin et Moscou et n’était pas destinée à remettre en cause la devise américaine mais à protéger leurs économies respectives.

Par le passé, la Chine et la Russie utilisaient dans leur commerce bilatéral d’autres devises, dont le dollar, mais la crise financière internationale et la baisse du billet vert ont conduit les deux parties à considérer une autre alternative.

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Mistral gagnant

Par Alexandre Latsa*

Lorsque la Russie a rendu public son souhait d’acquisition de Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) Mistral, la France a répondu par l’affirmative. Rapidement pourtant, des voix se sont élevées, exprimant des réticences à cette transaction. Ces réticences émanaient d’États impliqués dans des contentieux plus ou moins importants avec la Russie (Géorgie, États Baltes) et qui craignaient un risque de déséquilibre de la sécurité régionale, crainte accrue par le conflit d’août 2008 dans le Caucase.

Pourtant il semble irréaliste d’imaginer que la Russie de 2010 ait des intentions agressives envers un pays européen et ces réticences ont été interprétées comme une possible crispation de Washington, embarrassé par une acquisition de matériel aussi sensible. Mais le cadre est sans doute plus large et concerne l’évolution des rapports de force sur les mers, et l’affaiblissement de la domination militaire et maritime américaine, acquise durant la guerre froide. Pour mieux cerner la situation, il convient de comprendre l’utilité des Mistral et regarder dans quel contexte global la Russie souhaite cette acquisition.

Les BPC sont des outils de projection, permettant de réaliser depuis la mer des opérations terrestres. Multi-fonctionnels, ils peuvent servir au débarquement de troupes, à la lutte contre la piraterie maritime ou encore à des actions humanitaires. Le Mistral, qui appartient à cette classe BPC, peut transporter jusqu’à 1200 hommes, 16 hélicoptères, jusqu’à 120 véhicules (dont des blindés), deux aéroglisseurs et des navettes de débarquement.

Le navire comprend en outre des canons, des batteries de missiles, des installations médicales, et un centre de commandement. La forte capacité de projection et de déplacement sur des théâtres d’opérations lointains que permet ce BPC est essentielle pour la Russie qui ne possède plus à ce jour de matériel équivalent, depuis le retrait des navires de type Rogov, au début de la décennie.

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Amitié France-Russie un passé, un présent, un avenir

Le cercle Aristote organise un congrès le vendredi 03 décembre, de 10h00 à 19h30, au 63 bis rue de Varenne 75007 Paris. Le congrès aura lieu dans les locaux de “ l’Institut de la Démocratie et la Coopération ».

Programme :

10h – 10h30 : Pierre-Yves ROUGEYRON, président du Cercle : Introduction.

10h30 – 11h30 : Valérie HALLEREAU, universitaire : « La réception de l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne en France ».

11h30 – 12h30 : Viatcheslav AVIOUTSKIY, docteur en géopolitique: «La diarchie au sommet du pouvoir russe ».

PAUSE DEJEUNER

13h30 – 14h30 : Xavier MOREAU, Courrier de Russie: «Histoire et géopolitique franco-russe ».

14h30 – 15h30 : Marc ROUSSET, ancien directeur général d’entreprise: « L’axe Paris-Berlin-Moscou ».

15h30 – 16h30 : Ekaterina NAROTCHNITSKAÏA, Directrice du Département « Europe et Amérique » au sein de l’Institut de l’Information scientifique en Sciences Sociales, Académie Russe des Sciences, Moscou : «Politiques et perceptions franco-russes ».

16h30 – 17h30 : Romain BESSONNET, Cercle Aristote : « La russophobie dans les médias français ».

17h30 – 18h30 : David MASCRÉ, docteur en mathématiques et en philosophie : « L’actualité de l’alliance franco-russe ».

18h30 – 19h : John LAUGHLAND, Directeur des Etudes de l’IDC : Conclusion générale.

9 intervenants de qualité, 9 raisons de vous y rendre !

Inscription obligatoire. Veuillez confirmer votre présence en écrivant à romain.bessonnet@sfr.fr

Alexandre Latsa et Scriptoblog

Manipulation massive sur le prix des métaux précieux

Addendum vidéo du 25/11/2010 (Merci à Christopher Johnson)

Ceci est l’une des plus grandes histoires de fraude économique de la décennie. Une de plus. Il y a eu Enron, l’affaire Bernard Madoff, la crise des saisies immobilières, l’assouplissement quantitatif et les autres, sans oublier le dollar US qui est manifestement mûr pour une dévaluation catastrophique.

Il s’agit de l’impressionnante fraude et la manipulation qui a lieu dans les marchés des métaux précieux, dont particulièrement l’or et l’argent, par des institutions financières majeures. Une histoire un peu complexe qui sera ici expliquée en termes simples et compréhensibles. C’est d’une importance capitale puisque cette fraude a le potentiel de causer un effondrement économique massif.

Depuis un bon moment déjà, plusieurs observateurs et experts aguerris avaient de sérieux doutes que les prix de l’or et de l’argent étaient vastement manipulés. Cependant, grâce à un témoignage d’un très courageux informateur, la manipulation éclatante des marchés mondiaux des métaux précieux est maintenant exposée publiquement. Elle révèle aux yeux de tous l’incroyable corruption du système financier mondial.

La U.S. Commodity Futures Trading Commission (CFTC) est une agence indépendante du gouvernement américain qui est chargée de la régulation des bourses de commerce, où se traitent les matières premières et qui a pour mission de protéger les usagers des marchés ainsi que le public de la fraude, manipulation et pratique abusive.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Poutine, de Gaulle russe !

Par Marc Rousset

Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbigniew Brzezinski, de l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’O.T.A.N.

Intronisé par Eltsine, il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des États-Unis, tout en se débarrassant des encombrants oligarques. Par son action, Poutine a d’ores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale, en lui proposant une aide et un autre modèle que le droit de l’hommisme décadent, de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain.

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National conservatisme [en Russie] : la modernisation sans l’occidentalisation

Par Xavier Moreau

En novembre 2009, lors du congrès du partie « Russie Unie », lors d’une intervention de près de deux heures, le premier ministre Vladimir Poutine et le Président Dimitri Medvedev ont présenté la modernisation de la Russie comme un enjeu vital pour l’avenir du pays.

Arkady Dvorkovic

Cette modernisation concerne bien entendu les aspects technologiques, comme l’illustre la future Silicon Valley de Skolkovo ou le projet de développement des nanotechnologies RosNano.

La modernisation concerne également deux tares héritées de l’expérience soviétique et des années Eltsine, le socialisme et la corruption. La corruption est un problème souvent évoqué, le socialisme l’est moins. Le socialisme s’est insinué profondément dans la société russe. Il contrarie fortement les processus de décision ou de production. L’irresponsabilité, le manque d’autonomie et l’absence de subsidiarité dans la direction des entreprises sont des difficultés que tous les entrepreneurs doivent affronter en Russie.

Il ne suffit donc pas à la Russie d’importer des technologies, il lui faut changer radicalement son mode de « gouvernance », que ce soit dans la fonction publique ou les entreprises privées.

L’enjeu de cette modernisation est parfaitement compris par le Président Medvedev. Il ne doit pas être assimilé à une quelconque occidentalisation. C’est d’ailleurs ce que rappelait récemment, le plus brillant de ses conseillers, Arkady Dvorkovic. Le Président Medvedev n’a d’ailleurs pas hésité à inviter la Chine à participer à cette modernisation de la Russie.

Il semble d’ailleurs que les Russes veulent répéter le modèle de développement chinois : accepter avec humilité le soutien et les investissements occidentaux, pour construire une puissance moderne, sans renoncer pour autant à ce qui fait l’identité de la nation russe.

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Soft power : la guerre culturelle des Etats-Unis contre la Russie (1991–2010)

Par Peter Bachmaier (né en 1940 à Vienne, il a fait ses études à Graz, Belgrade et Moscou. De 1972 à 2005, il a été collaborateur de l’Österreichisches Ost und Südeuropa Institut. Depuis 2006, il est secrétaire du Bulgarisches Forschungsinstitut en Autriche. En 2009, il a effectué un séjour de recherches à Moscou. Le présent texte est l’exposé qu’il a présenté au Congrès «Mut zur Ethik» à Feldkirch, le 3 septembre 2010.)

Au cours des deux dernières décennies, les Américains ont modifié leur stratégie : la guerre n’est plus définie purement sous l’angle militaire, elle a recours également à des méthodes informationnelles et psychologiques qu’on appelle «guerre psycholo­gique» ou «guerre culturelle». Ces méthodes ont une longue histoire.

L'Empire US en plein travail (parodie de la fameuse photo de la victoire d'Iwo Jima)

Le stratège militaire [anglais] Liddell Hart avait développé avant la Seconde Guerre mondiale la stratégie de l’approche indirecte. Pendant cette guerre, les forces américaines et britanniques appliquèrent la guerre psychologique contre l’Allemagne, laquelle fut ensuite utilisée pour rééduquer le peuple allemand. A l’issue du conflit, la CIA et le ministère de la Défense fondèrent, sur le modèle du Tavistock Institute of Human Relations, spécialisé dans la guerre psychologique en Angleterre, des think tanks (laboratoires d’idées) comme la Rand Corporation, l’Hudson Institute d’Herman Kahn, qui étaient dirigés avant tout contre l’Union soviétique.

(…)

La victoire sur l’Union soviétique a été réalisée avant tout à l’aide de ces méthodes non militaires. La stratégie dont l’objectif n’était pas la coexistence avec l’Union soviétique mais un «démantèlement» du système sovié­tique fut élaborée en 1982 par le gouvernement Reagan. Le projet comprenait 7 initiatives stratégiques dont le point 4 était : guerre psycholo­gique visant à pro­duire dans la nomenklatura et la population la peur, le sentiment d’insécurité et la perte de re­pères.

Cette guerre n’était pas dirigée seulement contre le communisme mais contre la Russie, comme le prouvent les affirmations de Zbigniew Brzezinski : «Nous avons détruit l’URSS et nous détruirons la Russie». «La Russie est un Etat superflu». «L’orthodoxie est le principal ennemi de l’Amérique. La Russie est un Etat vaincu. On le divisera et le mettra sous tutelle».

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L’Europe victime du protectionnisme mondial ?

223 mesures de restriction des échanges sont actuellement appliquées par les principaux partenaires commerciaux des pays de l’UE. Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire et l’automobile.

La Commission européenne a exhorté lundi 25 octobre ses partenaires commerciaux à lever leurs barrières protectionnistes afin de ne pas pénaliser la reprise mondiale, en présentant un rapport sur ce sujet à l’approche du sommet du G-20 de Séoul.

« La reprise économique étant encore fragile, les grandes économies mondiales doivent lever les mesures de restriction des échanges qui entravent la croissance. Nous devons supprimer ces obstacles, afin que l’économie mondiale se redresse », a estimé le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, cité dans un communiqué. « Le G-20 devra endosser un rôle de chef de file sur cette question lors du sommet de Séoul » les 11 et 12 novembre, a-t-il ajouté.

Selon un rapport de la Commission publié lundi, les principaux partenaires de l’UE ont mis en place 332 mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise financière en 2008. La Commission en dénombrait une centaine de moins (223) à l’automne dernier.

Sur la seule période comprise entre mai et septembre 2010, 66 nouvelles mesures ont été introduites, en dépit de la reprise économique dans de nombreux pays, souligne-t-elle. Par ailleurs, à peine 10% des mesures protectionnistes (37) mises en place depuis l’automne 2008 ont été supprimées, contrairement aux engagements pris par le G-20, le forum des vingt principaux pays développés et émergents de la planète, regrette-t-elle.

Les mesures prises en compte vont des interdictions d’importation à l’augmentation des droits de douane ou aux politiques incitant à acheter des produits nationaux. Elles proviennent essentiellement de Russie (60) et d’Argentine (62), suivies par l’Indonésie (34), les Etats-Unis (23) et la Chine (20). Par ailleurs, l’exécutif européen se dit toujours préoccupé par la politique d’incitation à l’achat de produits nationaux, avec de nouvelles mesures prises par le Brésil.

Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire (54 mesures), l’automobile (42), l’acier et autres métaux (39), les services (35) et le textile et l’habillement (35). Le rapport de la Commission porte sur 30 partenaires commerciaux de l’UE, sur la période allant d’octobre 2008 à septembre 2010.

L’Expansion

LEAP : 2010-2014, plongée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 octobre 2010

(…) notre équipe présente la mise à jour annuelle des « risques-pays » face à la crise. Fondée sur une analyse intégrant cette année onze critères, cet outil d’aide à la décision a déjà fait preuve de sa pertinence en anticipant fidèlement les évolutions des douze mois passés.

L’identification, début 2009, d’une nouvelle phase de la crise (la phase de dislocation géopolitique mondiale) avait imposé de prendre en compte de nouveaux paramètres (neuf indicateurs avaient été retenus en 2009) pour intégrer efficacement les tendances qui refaçonnent le système global (1). En cette fin 2010, [le] LEAP estime désormais que les différents pays de la planète sont entraînés dans une plongée collective au sein de cette phase de dislocation géopolitique aux aspects socio-économiques et stratégiques (2).

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