Haut-Jura : Être sans avoir

Comment peut-on vivre heureux aujourd’hui? Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd’hui? A 57 ans, Jean-Paul Grospélier n’a qu’un seul regret, c’est d’avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n’y suis jamais retourné ! »

Ce qui sonne comme une provocation n’est pas une ode à la paresse mais plutôt la profession de foi d’un homme qui pratique « sa décroissance » depuis 35 ans.

Le mode de vie autarcique choisi par Jean-Paul a néanmoins un coût que la plupart d’entre nous ne pourrait supporter: celui de cultiver 600 mètres carrés de potager, celui d’être un cueilleur, un glaneur, un menuisier, un boulanger, un mécanicien, un maçon, quand six mois d’hiver vous déposent parfois deux mètres de neige devant la porte.

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Agriculture : Un modèle à bout de souffle

Vendre leur production à un meilleur prix et pouvoir vivre décemment de leur activité: c’est ce que réclament les agriculteurs français depuis le mois de juin. La crise touche gravement plusieurs filières: la filière porcine, frappée par l’embargo russe, la filière bovine et la filière laitière, confrontée à la baisse de la demande et à la fin des quotas laitiers.

Par ailleurs, les agriculteurs accusent les autres acteurs du secteur, et notamment les intermédiaires et les distributeurs, d’avoir fait chuter les prix et de compromettre leur survie. S’ajoute à cela les prix des matières premières, des produits phytosanitaire et du matériel, qui ne cessent d’augmenter et de peser sur son budget, alors que leurs revenus n’augmentent pas, bien au contraire.

Selon le ministère de l’agriculture, près de 25.000 exploitations d’élevage pourraient déposer le bilan. Face à ces difficultés, d’autres agriculteurs tentent d’inventer une autre manière de pratiquer leur métier. Vente directe aux particuliers, agriculture biologique, agro-écologie… de plus en plus de d’exploitants s’écartent des circuits traditionnels. En sept ans, les surfaces cultivées en bio ont plus que doublé en France et dépasseront le million d’hectares d’ici fin 2015.

Le système agricole est-il à bout de souffle? Comment remédier à la colère des agriculteurs? Comment repenser l’agriculture aujourd’hui?

Médecins en zone rurale

Deux fois par an, c’est la bourse au stage. 200 internes à affecter dans les différentes disciplines et notamment chez les généralistes. Et pour les inciter à choisir la médecine rurale, ces étudiants pourront bénéficier d’une aide de l’État.

La formation d’un généraliste coûte à l’État environ 100.000 euros. Aujourd’hui en Auvergne, les maisons de santé pluridisciplinaire ont le vent en poupe. Il y en avait une seule en 2010, elles sont désormais 57.

Europe : Le désespoir des agriculteurs

Une commémoration se prépare devant la basilique de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne. D’ici au 11 octobre, Jacques Jeffredo, un maraîcher breton, compte installer sur place, 600 croix blanches pour autant de suicides parmi les agriculteurs français chaque année d’après ses estimations. L’“Institut français de veille sanitaire”: estime le nombre de cas à près de 200. C’est la catégorie socio-professionnelle la plus touchée dans le pays.

Jacques Jeffredo a pris l’initiative d’organiser une cérémonie pour honorer leur mémoire et alerter l’opinion. “J’ai beaucoup de collègues qui ont quitté ce monde et j’ai constaté qu’on n’avait jamais eu de journée de commémoration pour eux, j’en étais toujours triste, souligne-t-il, je sentais qu’il y avait une certaine forme d’injustice, pas de reconnaissance vis-à-vis de gens qui se tuent au travail pour nous nourrir tous.

Fin des quotas laitiers, recul de la demande et embargo russe
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Cinéma : “Premiers crus”

Premiers crus” de Jérôme Le Maire sort au cinéma mercredi 23 septembre. Le film a été tourné dans le vignoble bourguignon avec quelques 300 figurants et des stars comme Gérard Lanvin dans le rôle du viticulteur désabusé.

François n’a jamais pu convaincre son fils de lui succéder. Pourtant un jour, acculé, endetté, le viticulteur n’a plus que son fils pour l’aider et ce dernier finit par accepter. Le défi est énorme. Il doit redonner vie à ce qui fut un jour un grand cru.

Si “Premier cru” a été tourné au cœur du vignoble bourguignon, c’est avant tout une histoire de famille. Mais c’est aussi le quotidien d’hommes et de femmes qui depuis des générations vivent de ce que la terre leur a donné.

Le film est un bel hommage au monde rural. Alors à défaut d’être un grand cru, ce film nous invite à méditer sur le sens du mot famille. Il donne aussi envie de découvrir ou redécouvrir les magnifiques paysages de Bourgogne.

Le plan de Xavier Beulin qui va faire disparaitre les petits paysans

Modernisation, investissements, compétitivité, exportations, moratoire sur les normes environnementales… Voici la recette prônée par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin, pour sortir de la crise de l’élevage. Décryptage de ce « plan de sauvetage » de l’élevage.

Depuis le début de l’été, les chiffres alarmants se succèdent. Un éleveur de porcs abandonne son activité chaque jour, alerte Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), principal syndicat agricole français, et du groupe agro-industriel Avril-Sofiproteol. Quant au ministère de l’agriculture, il estime que 10 % des élevages (laitiers, porcins, bovins) seraient au bord du dépôt de bilan.

Face à cette crise de l’élevage, le gouvernement a mis en place un premier plan de sauvetage, le 22 juillet dernier : 600 millions d’euros pour restructurer les dettes et alléger les charges sociales. Insuffisant, selon la FNSEA, qui lance une nouvelle charge.

Le 23 août, à la veille d’une réunion avec le Président de la République et le Premier ministre, Xavier Beulin demande dans le Journal du Dimanche un grand plan de trois milliards d’euros pour « sauver l’élevage ». Le lendemain, à la sortie de la réunion, il annonce la venue de mille tracteurs à Paris pour ce jeudi 3 septembre. Lire la suite

Chronique d’une France rurale

Partant du constat que chaque semaine, en France, des centaines de fermes agricoles disparaissent, le mouvement «Terre de Liens» agit pour préserver une certaine conception du monde rural. Il rachète des fermes avant de les mettre en location, cherchant à promouvoir une agriculture biologique et respectueuse de l’environnement.

Plusieurs acteurs de ce mouvement, fermiers, administrateurs ou bénévoles, racontent pourquoi ils ont décidé de retourner cultiver la terre. Leurs témoignages éclairent une démarche qui vise à rapprocher les producteurs des consommateurs et à tisser entre eux des relations privilégiées.

La terre, bien commun

Partant du constat que chaque semaine, en France, des centaines de fermes agricoles disparaissent, le mouvement «Terre de Liens» agit pour préserver une certaine conception du monde rural.


Il rachète des fermes avant de les mettre en location, cherchant à promouvoir une agriculture biologique et respectueuse de l’environnement.

 

Plusieurs acteurs de ce mouvement, fermiers, administrateurs ou bénévoles, racontent pourquoi ils ont décidé de retourner cultiver la terre. Leurs témoignages éclairent une démarche qui vise à rapprocher les producteurs des consommateurs et à tisser entre eux des relations privilégiées.

Réalisé par Luba Vink et Aurélien Levêque (Chronique d’une France rurale – France3 23/02/2015)

6 millions de ménages en situation de vulnérabilité énergétique

5,9 millions de ménages, soit plus d’un sur cinq, sont en situation de vulnérabilité énergétique en France, contraints de consacrer une part importante de leurs revenus au chauffage de leur logement ou à leurs dépenses de déplacements, selon l’Insee.

Un ménage est considéré vulnérable lorsque ses dépenses pour le chauffage et l’eau chaude dépassent 8% de ses revenus et 4,5% pour ses déplacements. 700.000 ménages (2,6%) ont même des difficultés à assumer ces deux postes de dépenses, indique l’Insee dans une étude publiée jeudi.

Ainsi “certains ménages se trouvent face à un choix difficile: renoncer à d’autres dépenses pour se chauffer correctement ou se déplacer ou, au contraire, se résigner à avoir froid ou à se déplacer moins”, relève l’Insee.

14,6% des ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leur logement et 10,2% pour l’achat de leur carburant pour leurs déplacements, détaille cette étude, basée sur des données de 2008. Et cette vulnérabilité énergétique “augmente fortement” plus on s’éloigne des pôles urbains, puisque elle concerne près d’un ménage sur deux hors des aires urbaines.
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« Tous au Larzac ! »

Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment: jamais ils ne cèderont leurs terres.

Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France…

Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Plus que jamais le Larzac est vivant !

Rencontre avec Christian Rouaud, réalisateur du film “Tous au Larzac” le jeudi 1er mars 2012
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« Les Petits gars de la campagne »

Le documentaire est sorti dans les salles le 15 octobre, l’œil de la caméra se pose sur la crise du monde agricole, un monde presque à part et qui fait encore l’objet de fantasmes et de clichés. Ici, le réalisateur s’attaque à l’état des lieux du monde agricole depuis l’application de la politique agricole commune (PAC) et présente ses effets directs sur les agriculteurs et exploitants.

Sans jugement, ni mépris, le documentaire se fait chantre d’une politique agricole responsable et à l’écoute des premiers concernés : les professionnels. En un demi-siècle de réformes européennes et nationales, l’agriculture française a changé de visage, au gré des mutations économiques, sociales et environnementales.

En première ligne : la PAC (Politique Agricole Commune) qui a transformé le quotidien des agriculteurs et des exploitants. Un sujet auquel s’attaque le réalisateur Arnaud Brugier qui signe un documentaire d’1h20, sorti dans les salles ce 15 octobre.

Le documentaire retranscrit fidèlement la réalité de ces professionnels qui vivent au gré des politiques européennes et nationales. La PAC qui ne cesse d’évoluer, a indéniablement bouleversé leurs modes de culture et leur travail, au quotidien.

Le sacrifice des classes populaires

Émission “Les Matins” diffusée le 16 septembre 2014 sur France Culture, sur le thème: “Des statistiques aux réalités territoriales : une nouvelle carte sociale se redessine-t-elle?“ 

Invités: Christophe Guilluy, géographe, consultant, Béatrice Giblin, professeur des Universités et directrice de l’Institut Français de Géopolitique Université Paris VIII. Jean Lassalle, député Modem.

Retraités « réenracinés »

Les zones rurales attirent de plus en plus de nouveaux résidents. Qui sont ces aventuriers? Rencontre avec ceux qui, à l’heure de la retraite, reviennent sur les lieux de leur enfance.

Au début, Danielle Baudin-Crouzet n’arrivait pas à dormir à Armand (Haute-Loire). Trop de silence. La rumeur de la ville l’avait bercée si longtemps, avant son installation dans ce hameau, qu’elle sursautait au moindre bruit, au plus petit craquement. Un cri d’oiseau, le soupir des forêts, une voiture qui passe, un rien. L’endroit, elle le connaissait pourtant comme sa poche.

C’est là qu’elle a grandi, dans la ferme de ses parents. Et de là qu’elle a marché, chaque matin, pour se rendre à l’école primaire du petit village de Trabesson, juste au-dessus.

Quand elle en est partie pour Lyon, avec son diplôme d’institutrice en poche, ce fut sans regret. « La vie était dure », se souvient cette jolie femme, née en 1947. A 1.000 mètres d’altitude, dans ce paysage de sapins noirs et de chemins tortueux, les hivers semblent longs avec un seul poêle pour chauffer toute la maison.
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Les femmes de la terre

Rencontre avec des agricultrices. Le métier de ces femmes est une aventure périlleuse: un travail dur, solitaire, parfois précaire, qui réclame une passion et une détermination sans faille. Mais les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans le travail des champs.

Un agriculteur sur 3 est une agricultrice. Il y a 40 ans elles étaient à peine 8 %. Nadine a tout lâché pour réaliser son rêve, élever des vaches en Savoie. Isabelle est partie élever des chèvres avec ses trois petites filles, qui l’aident aujourd’hui à faire tourner son exploitation.

Portugal : Toujours plus de fermeture d’écoles en raison de la crise

Le regroupement scolaire du primaire au secondaire signe-t-il la mort des villages portugais ? Le gouvernement vient d’annoncer la suppression de 311 écoles supplémentaires pour l’année prochaine. Au grand dam des Portugais vivant en zone rurale…

Les écoles portugaises ferment leurs portes. Pas uniquement pour l’été. Près de 311 écoles primaires disparaîtront dès septembre prochain pour cause d’austérité budgétaire, annonce le ministère de l’Éducation.

Le pays entame pourtant depuis peu un début de sortie de crise et le gouvernement a refusé la troisième tranche d’aide européenne destinée à soutenir son économie. Mais selon Nuno Crato, ministre de l’Éducation, le pays souhaite volontairement poursuivre la « rationalisation du réseau scolaire » en fermant les écoles rurales où les élèves sont peu nombreux.

En 2010, le ministère révélait que sur 3200 établissements du premier cycle, 600 ont moins de vingt élèves et 400 moins de dix. Depuis les maternelles sont progressivement regroupées avec les classes primaires et secondaires.

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Haute-Garonne : Travailler gratuitement… pour payer moins d’impôts !

Les habitants d’un petit village d’à peine 100 habitants ont été mis à contribution pour effectuer divers travaux gratuitement. L’initiative du conseil municipal de Peyrissas – une petite commune située près de Toulouse – a de quoi faire sourire: inviter ses habitants à effectuer eux-mêmes des travaux d’ordinaire confiés à des intervenants extérieurs dans le but de ne pas augmenter les impôts locaux!

La première «demi-journée citoyenne» d’une série de trois prévue par la municipalité était organisée ce dimanche, a expliqué le maire sans étiquette Guy Loubeyre.

«On avait émis cette idée lors de la campagne électorale des municipales et cela avait été très bien accueilli», a-t-il précisé, en ajoutant que sa commune a «décidé de ne pas augmenter les impôts cette année. En contrepartie, pour éviter d’engager des entreprises, on a invité la population à participer, ce qui fera faire des économies à la commune, en gardant une capacité d’investissement».

Entre 8 et 12 heures, la centaine d’habitants du village se met donc à l’ouvrage! Les tâches sont diverses: débroussailler autour de la salle des fêtes, nettoyer le cimetière et les différents locaux communaux, ainsi que balayer les rues du village. Autre avantage de l’opération: permettre «aussi aux différentes générations de travailler ensemble et de se connaître. Ce sera un moment de convivialité», ajoute Guy Loubeyre, qui a prévu d’offrir apéritif et grillades une fois le travail effectué.

Au cœur de cette initiative, une vraie dimension politique: le gouvernement a annoncé au début du mois d’avril que dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros pour 2015-2017, les concours financiers de l’État diminueront de 11 milliards! Une mesure non négligeable, qui, selon l’Association des maires de France (AMF), entrainera «une baisse cumulée de 28 milliards sur la période 2014-2017» pour l’ensemble des collectivités et une «amputation de 30% des dotations au bloc communal» (communes et intercommunalités).

Le Figaro

(Merci à Horatius)

Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.

« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »

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Grèce : Retour à la terre pour échapper à la crise

Après six ans de récession dont quatre placés sous le signe d’une austérité toujours plus dure, la Grèce est exsangue. Ultime solution pour les personnes déclassées, le retour à la terre, avec son lot de désillusions… Reportage chez ces nouveaux ruraux pas toujours bien préparés à cette reconversion.

Cela fait maintenant six ans que la Grèce est en récession et quatre qu’elle subit la cure d’austérité sans précédent imposé par la Troïka. Le chômage, qui a explosé pendant la crise, est, de loin, le plus élevé de la zone euro. Selon Eurostat, il s’élève aujourd’hui 27,5% et dépasse les 58% chez les jeunes.

L’une des rares portes de sortie pour échapper au conséquence de la crise, c’est le retour à la terre. Pas si étonnant quand on se souvient que l’agriculture est resté le premier secteur de l’économie grecque jusque dans les années 1970 avant de perdre progressivement du terrain face à l’industrie et aux services.

Si on a du mal à le chiffrer avec certitude, le ministère de l’Agriculture ne faisant aucun recensement – et aucune déclaration n’étant nécessaire a moins de vouloir toucher d’hypothétiques subventions – le phénomène est réel.

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Le malaise paysan

Une étude récente menée en France démontre que les suicides chez les agriculteurs sont effectivement plus nombreux que dans le reste de la population. Crise économique, problèmes financiers, isolement poussent de plus en plus d’agriculteurs à la dépression et au suicide.

L’enquête de l’Institut de veille sanitaire révèle que 500 agriculteurs se sont suicidés entre 2007 et 2009. Sans doute plus car beaucoup de suicides sont classés comme accident. Un phénomène qui ne touche pas que la France.

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos : tous les deux jours dans les campagnes françaises un agriculteur se donne la mort. Une statistique macabre que l’on doit à une étude très sérieuse de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) publiée en octobre dernier.
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Des races en voie de disparition sauvées en toute discrétion

Au fin fond des campagnes françaises, des éleveurs s’emploient à sauver des races en voie de disparition: poules, vaches ou cochons que l’agriculture intensive avait abandonnés. Et c’est ainsi que des bœufs de race millénaire réapparaissent dans les prés du Sud-Ouest.

Sur les coteaux de Beaumarchès (Gers), quatre grands bœufs blancs se partagent une immense prairie vallonnée. Épaules puissantes, robe nacrée, ils sont issus d’une race rustique “très ancienne, arrivée avec les invasions Wisigoths, 400 ans après Jésus-Christ“, raconte leur éleveur, Christophe Masson, citant les “très sérieux travaux de recherches” menés par des étudiants de l’École normale supérieure (ENS).

Depuis un siècle, ces bovins de race mirandaise se sont considérablement raréfiés dans le paysage du Gers.

Dans les années 1900, il y en avait 180.000 dans le département. Il n’en reste que 350. Certains éleveurs n’en ont plus que deux ou trois à l’étable: on les appelle les collectionneurs“, explique Christophe Masson.

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A l’ombre des campagnes en fleurs, la misère progresse

Souvent délaissées par les médias, les campagnes françaises font état d’une réalité douloureuse, probablement éloignée des croyances populaires. Également fortement marquées par la crise économique, elles connaissent les mêmes enjeux de société que les villes, sans nécessairement recevoir l’attention nécessaire pour y faire face.

A cet égard, la toxicomanie a progressé sans qu’aucune véritable politique de santé publique n’ait été mise en place pour enrayer cette tendance.

Les « oubliés de nos campagnes »

Les clichés de l’exposition « Oubliés de nos campagnes », qui s’est tenue quai de Valmy à Paris jusqu’au 1er décembre dernier, sont saisissants. Les sujets habitent la France rurale, éloignée des grandes villes, des emplois, et deux yeux du monde.

Précaires, démunis, abîmés, alcooliques, drogués, chômeurs, laissés pour compte: les qualificatifs ne manquent pas pour décrire leur vie et peuvent même se cumuler les uns aux autres. Sans ressource, sans espoir, désœuvrés, ils sont nombreux à sombrer dans les dépendances pour oublier leur quotidien.

Isabelle, 52 ans, mère de trois enfants, est alcoolique depuis qu’elle a 17 ans, multiplie les tentatives de suicide, et se coupe peu à peu des fils et de sa fille dont elle ne parvient pas à s’occuper correctement. Matthieu, 27 ans, couvreur de formation, est toxicomane depuis 10 ans.

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Allemagne : Total rural

Wolfgang Beuse est le dernier fermier de Wildemann, un village de 1 300 âmes dans le massif allemand du Harz. Depuis la fermeture des mines qui faisaient sa richesse, cette région a misé sur le tourisme et vu peu à peu disparaître ses paysans. Wolfgang, lui, est toujours là. Depuis quarante-six ans, il travaille seize heures par jour dans sa ferme et s’en trouve bien.

Il ne s’est jamais marié, mais il a su rassembler autour de lui des gens attirés par son charisme et prêts à l’aider. Helmut, le vacher, garde dans les prés alentour son troupeau de vaches rouges, une race en voie de disparition. Manuela vient les traire après son travail dans une clinique gériatrique. Et lorsque Wolfgang est débordé, c’est toute la famille qui vient lui prêter main-forte.

Certains villageois ne voient en lui qu’un casse-pieds qui refuse la modernité. Les autres, en majorité, admirent sa puissance de travail, son amour de la nature et des autres, son esprit rebelle et désintéressé, son indépendance.

Pour ceux-là, Beuse est le seul à faire bouger les choses et à faire venir des gens, y compris le ministre régional de l’Agriculture. Ils ne redoutent qu’une chose : le jour où Beuse s’arrêtera.

Partie 1/2 :

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Paysans des villes : La tentation du retour à la terre

Ils étaient chimiste, coiffeuse ou agent immobilier… ils élèvent désormais des vaches, des cochons et des chèvres. On les appelle les “hors cadre familial”. Face au déclin démographique de la population paysanne, ces jeunes agriculteurs assurent la survie de nombreuses petites exploitations. Nous sommes partis à leur rencontre dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.

Christophe Masson est membre du réseau “slow food“, il incarne une vision de l’agriculture à taille humaine, centrée sur la qualité de la viande, le bien-être animal et la préservation de l’environnement. Ses 25 vaches paissent sur 50 hectares de prairie, une anomalie dans le paysage gersois, qui fut un des premiers à moderniser son agriculture.

Quand on est passé par la ville et qu’on voit la merde qu’on y mange, on ne peut pas avoir envie de la produire.

“Il y a cinq ans, je n’avais encore jamais vu de cochon.” Les bottes ancrées dans la boue, Nicolas Soisson déverse un mélange de petit lait et de céréales dans les mangeoires. Un grognement tonitruant traverse l’air humide de l’hiver gersois. En bas de la pente, six énormes porcs de 200 kilos s’élancent, traversent leur parcelle à vive allure et plongent le groin dans la mixture.
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Une jeunesse en jachère

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de la jeunesse, elle est toujours urbaine. La jeunesse n’est jamais campagnarde! Là où les jeunes des banlieues ont réussi à focaliser l’attention, à exprimer leur spécificité, les ruraux isolés sur d’immenses territoires n’arrivent pas à être visibles, n’intéressent pas et se sentent souvent dénigrés.

Même si l’on constate un vif intérêt pour la campagne, de la part d’un grand nombre de citadins lassés et atomisés, les jeunes, originaires de la campagne ou néo-ruraux se vivent comme oubliés des médias et des responsables politiques.

Nous allons les connaître davantage dans leur quotidien, recueillir des fragments de vie. Cette immersion permet de restituer la diversité des situations des jeunes campagnards d’aujourd’hui. Ils abordent leurs problèmes mais aussi leurs joies. Sans complaisance, en l’opposant à la ville très souvent, ces jeunes ruraux parlent sans détours et nous alertent sur ce que nous avons fait de notre territoire rural. Ils revendiquent le désir d’être mieux pris en considération…

La Vie moderne

Fils de paysans, Raymond Depardon a fui la ruralité montagneuse pour la ville et revient rendre hommage à une vie qu’il juge moderne. Des regards, des gestes, des silences bien souvent plus éloquents que la parole. Ce qui frappe, c’est le hors-champ. La relation qu’a noué le réalisateur avec son sujet saute aux yeux et même si on ne voit jamais (ou si peu) le réalisateur à l’écran, c’est bien elle qui est au coeur du film. Il en ressort des moments touchants de vérité sur le mode de vie des paysans assortie d’une démonstration de cinéma. Aller vers le réel, sans fioritures et mise en scène, tel est le vrai sens de ‘La Vie moderne’.

Bande annonce.

http://www.dailymotion.com/video/x6uuol

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« Je préfère avoir des amis que des hectares »

Ce documentaire, tourné dans les Hautes-Pyrénées, donne une bonne idée des problématiques de l’agriculture de montagne et de l’impact du pastoralisme sur l’aménagement du territoire. Il met en scène un haut-pyrénéen du Val d’Azun, Jean-Michel Miqueu, qui nous invite au cœur de son métier d’éleveur.

Tour à tour sont évoqués la difficulté du travail liée au relief et au parcellaire divisé, les coûts de fonctionnement (alimentation du bétail, carburant), la pression foncière et la raréfaction des terres agricoles (d’où la course à la surface qui explique le titre du film), l’individualisation du travail, la nécessaire complémentarité entre tourisme et pastoralisme (ouverture des estives, entretien des sentiers), la biodiversité qui doit prendre en compte la présence de l’homme, la précarité des baux, les prix de vente et la qualité de la viande, la spécificité des pratiques agricoles.

(Documentaire réalisé par Thomas Ermel en collaboration avec le Ministère de l’agriculture et l’Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées – Juin 2011)