Placements sur Internet : La ruine à portée de clic

Depuis quelques années, ils se sont multipliés sur internet: des dizaines de sites nous proposent de placer notre argent en nous faisant miroiter des gains rapides et faciles. Apparemment insoupçonnables, ils ont pignon sur rue et sont même parfois recommandés par des grands noms de la banque ou du web.

Pourtant, ils ont déjà fait des dizaines de milliers de victimes françaises. Des internautes crédules qui pour certains ont perdu plus de 100.000 euros en leur faisant confiance. Il faut dire que l’arnaque est bien rodée: avec ce type de placements, l’internaute est perdant dans 90 % des cas.

Derrière ces dizaines de sites, des filières très organisées repèrent, recrutent et dépouillent tous les jours de nouveaux clients grâce auxquels ils empochent de confortables bénéfices. En Bulgarie, à Chypre et en Israël, ou des dizaines de call center se sont spécialisés dans cette activité. Reportage sur ces filières d’autant plus redoutables qu’elles parviennent à détourner les règles bancaires européennes pour donner à leur activité l’apparence de la légalité.

SNCF : l’enfer bureaucratique

Par Sophie Coignard

Le rapport d’expertise sur le déraillement meurtrier de Brétigny-sur-Orge lève le voile sur un univers kafkaïen.

Image du film Le Procès, d’Orson Welles (1962)

D’abord, c’est le vocabulaire employé qui saisit : ruine, délabrement… Mais ce qui frappe durablement, à la lecture du rapport d’expertise sur le déraillement meurtrier qui s’est produit à Brétigny-sur-Orge le 12 juillet 2013, c’est surtout ce mélange de procédures en tout genre et de dilution des responsabilités qui caractérise les organisations post-staliniennes.

Pour résumer, les graves anomalies qui ont conduit à l’accident étaient connues depuis longtemps. Depuis 2008 exactement. Qu’a fait la SNCF pour y remédier ? Rien, puisque dans des rapports internes datant de 2009 et 2010, des spécialistes maison se disent “incapables de les gérer“. Oui, c’est écrit noir sur blanc !

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États-Unis : Maisons à vendre pour 1000 $

Les autorités municipales de Détroit tentent par tous les moyens de relancer l’économie de la ville après des années de mauvaise gestion qui ont mené à la plus grosse faillite municipale des États-Unis.

La Ville lancera un site web où elle affichera les maisons qui ont été saisies ou inhabitées. Une propriété sera vendue aux enchères chaque jour à un prix de départ de 1000 $.

Les acheteurs devront toutefois respecter certaines conditions, notamment de remettre la maison en état et qu’elle soit habitée dans un délai de six mois suivant la vente. Si les conditions ne sont pas respectées, ils perdront la maison et leur argent.

En décembre dernier, la Cour fédérale a autorisé l’administration municipale de Détroit à déclarer faillite après avoir accumulé 18 milliards de dettes.

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Olivier Delamarche interrogé par “Devenons citoyens”, janvier-février 2014 (Màj avril)

Voici, dans l’ordre inverse de leur parution, les sept premiers épisodes d’une série de douze courts reportages didactiques consacrés à l’économie contemporaine et à l’impact qu’elle a sur chacun d’entre nous. Les cinq reportages suivants restent à venir.

Les cinq vidéos ajoutées le 08/04/14 :

Sommes nous proches d’une insurrection générale ?


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«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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Blythe Masters commenté par Pierre jovanovic

« Tout ce que je vous avais annoncé sur l’avenir de Blythe s’est passé, plus vite même que je ne l’avais envisagé. Dans cette vidéo, je montre comment les destins, aussi lointains soient-ils dans le temps, finissent par se croiser… comme celui de Louis XIV et d’André Le Nôtre.

Son jardin est un pur joyau, s’offrant aux yeux de toutes les générations présentes et futures. Au moins, la dette gérée par Colbert a vraiment servi à quelque chose… mieux: elle a été transformée en une merveille du monde. Blythe Masters, elle, ne nous léguera que le Grand Crash grâce aux équations du cœur brisé.

Et aussi puissante et riche soit-elle, la reine des banquiers ne laissera pas de parc à son nom, ni de château majestueux, juste un océan d’amertume sur lequel flottent déjà des “cœurs brisés” par millions… »

Vietnam : La crise économique frappe le pays de plein fouet

Familles ruinées en bourse, dépressions qui se multiplient ou bonus de fin d’année payés en chaussettes, de plus en plus de Vietnamiens sont touchés par une crise économique dont ils tiennent le gouvernement communiste pour responsable.

Après avoir lancé en 1986 la transition vers l’économie de marché, le Vietnam était vite devenu un modèle pour les pays de la région, grâce à une forte croissance, un afflux d’investissements étrangers et l’émergence d’une classe moyenne.

Mais le pays est désormais en plein marasme économique, à cause de décennies de mauvaise gestion, selon les experts. Et les Vietnamiens ont perdu leurs économies et leur confiance envers le gouvernement communiste.

Ma famille n’a jamais été dans pire situation (…). Tous nos actifs ont disparu“, commente Nguyen Thi Huong, 37 ans, qui travaille dans l’immobilier. Ses revenus se sont raréfiés avec la stagnation du secteur, et elle a perdu tout son argent dans des investissements immobiliers et en bourse.
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Bompard : “La spéculation contribue à la ruine de ceux qui travaillent”

Le député Non-Inscrit du Vaucluse, Jacques Bompard, expose les carences de la loi séparant les activités bancaires et spéculatives.

En séance à l’Assemblée, le 12 février dernier, Jacques Bompard a expliqué en quoi le projet de loi séparant les activités bancaires et spéculatives était cruellement incomplet.

“Demain, comme hier, les épargnants seront les garants des dérapages bancaires à venir. Cette loi subit les mêmes logiques mondialistes dans la même continuité du mépris pour l’intérêt commun… Sur les 4.000 milliards de dollars des mouvements financiers internationaux quotidiens, 5% seulement alimentent le financement de l’économie réelle, les 3.800 milliards restant sont liés à des opérations spéculatives.”



(Merci à Damien)

Armée française : La ruine en héritage ?

Avec les réformes budgétaires, il semble que la phase d’autodestruction de notre Défense soit désormais irrémédiablement engagée. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy.
L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de “betteravisation” qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire.

Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique.

L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

L’affaire Louvois
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Attali : « Les financiers ont raison de ne pas se gêner »

Les puissances publiques des pays développés sont prêtes à se ruiner plutôt que de laisser s’effondrer des banques ou des institutions financières. Qui en profitent largement.

Rien n’est plus stupéfiant, en apparence, que l’euphorie qui s’empare de tous les marchés boursiers en cette fin d’année. La plupart des analystes sont d’accord pour dire que la crise financière est terminée, que les marchés financiers sont sous-évalués, que les indices boursiers ne peuvent que monter massivement en 2011, même en Europe : le consensus est de plus de 10% pour le seul CAC 40.

Et pourtant, au fond, rien n’a changé : les dettes publiques et le chômage continuent d’augmenter dans presque tous les pays occidentaux, tandis que l’euro et le dollar se disputent le prix de la monnaie la plus fragile. En Europe, comme au Japon, la récession est bien là. Aux États-Unis, 17% de la population active est au chômage.

Cette contradiction apparente est facile à expliquer. Les prêteurs et les investisseurs ont fini par admettre que leurs rêves les plus fous étaient en train de se réaliser : banques centrales et gouvernements des pays développés sont prêts à se ruiner, en s’endettant, en émettant de la monnaie ou en achetant des titres sans valeur, plutôt que de laisser s’effondrer des banques ou des institutions financières.
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Comment les Allemands deviennent eurosceptiques

La question de l’euro et de sa survie est clairement posée en Allemagne. Hans-Olaf Henkel, ancien patron des patrons, et europhile convaincu, prêche désormais pour l’éclatement de la zone euro et l’émergence de deux euros, un pour le Nord, un pour le Sud. Ce sentiment grandit outre-Rhin et explique nombre de choix de la chancelière.

« L’ultime bataille. Comment l’Europe ruine sa monnaie »

Quand, en France, on évoque Henkel, c’est plutôt au géant Allemand de la chimie et à ses produits ménagers « vus à la TV » comme Décapfour ou Minidoux, que l’on pense. De l’autre côté du Rhin, et davantage encore dans les milieux économiques, on pense Hans-Olaf, le prénom de l’ancien patron des patrons allemands. Lequel Hans-Olaf Henkel s’est dernièrement illustré par ses propos décapants sur la monnaie unique.

Dans son dernier livre, « Sauver notre argent, l’Allemagne est bradée » – tout un programme -, il ne propose rien moins que de liquider l’euro.

Sa thèse ? La solution à la crise européenne passe par la fin de la monnaie unique. Du moins sous sa forme actuelle, puisque y est prônée la séparation la zone euro en deux devises : une pour les pays du Nord, incluant l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-bas, et la Finlande et une autre pour les pays du Sud, dont la France.

Et Hans-Olaf Henkel, à l’instar du patronat allemand, de décliner ce qui ne convient pas à l’hyper puissance continentale. Cette nouvelle Zollverein, pourrait s’étendre à ses autres voisins germaniques : non membres de l’euro, il est persuadé que le Danemark, comme la Suède adhéreraient à l’euro du Nord.

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Dans les quartiers fantômes de l’Irlande ruinée

Addendum vidéo

C’est l’une des faces les plus stupéfiantes de la crise irlandaise : l’île est jonchée de lotissements vides et de bureaux laissés déserts, symboles de la bulle immobilière qui vient d’éclater.

Sur les cartes les plus récentes de Dublin, Clongriffin n’existe pas encore. Construit dans une banlieue cossue du nord de la capitale irlandaise, ce «centre-ville» flambant neuf est pourtant déjà mort. A l’entrée, une palissade noire court le long de main street, la «rue principale», et dissimule un grand terrain vague. Des panneaux promettent depuis 2007 l’ouverture d’un centre commercial, qui ne verra jamais le jour.

Un rapport publié en octobre a recensé plus de 2800 de ces cadavres sur l’île. En tout, ce sont 23.000 maisons ou appartements qui sont terminés, et vides pour la plupart. Quelque 20.000 autres sont jugés «presque achevés» ou «restés au stade de chantier». Autant de cicatrices d’une redoutable crise partie, comme aux États-Unis ou en Espagne, des folies l’immobilier. Si Dublin n’est pas épargné, l’intérieur de l’île (les comtés de Longford et Leitrim, en particulier, dans le nord-ouest) est encore plus touché par ce phénomène.

Au bout de la rue, la place centrale est entourée de bâtiments modernes, de béton et de verre, tous déserts: aucun de ces bureaux n’a trouvé preneur.

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Le risque croissant de la bulle sur les emprunts d’Etat américains

Par Jim Willie

La FED lutte contre la récession. Ben Bernanke : - "Passez-moi des munitions..." - "Désolé, Ben... Ce coupe-ongles est tout ce qui nous reste" (caricature américaine, juillet 2010).

La perception d’un risque grandissant d’une migration hors des titres obligataires américains est palpable, et cela pourrait arriver très bientôt.

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Le syndrome japonais menace la Chine

La Chine est peut-être à l’aube de sa propre décennie perdue, et un effondrement de Pékin ferait passer le malaise économique du Japon pour de la rigolade.

Cette année, la Chine a ravi au Japon la place de deuxième puissance économique mondiale, un changement dans la hiérarchie qui n’étonnera pas ceux ayant été un peu attentif ces vingt dernières années.

La véritable surprise, c’est que le Japon ait toujours été numéro 2. Tout comme le faire-part de décès d’un oncle lointain vous rappelle qu’il était toujours en vie, ce qu’il y a de remarquable avec le Japon, c’est comment ce pays est sorti furtivement de la scène mondiale. Une telle disparition est extraordinaire pour un pays dont l’hégémonie mondiale avait tout du fait accompli  (en français dans le texte) voici encore vingt ans. Mais l’ancien rouleau-compresseur asiatique des exportations s’est ratatiné, et cela par sa propre faute. Le livre Japan as Number One [Le Japon médaille d'or] se languit aujourd’hui à la 400 000ème place sur Amazon tandis que When China Rules the World [Quand la Chine mène le monde] est un best-seller.

Quand la population chinoise en âge de travailler atteindra son plus haut niveau, en 2015, ce sera vingt ans après que le Japon a touché le sommet de la vague, mais la Chine le fera à un niveau de prospérité bien moindre que celui du Japon à l’époque. La dure réalité est celle-ci: le Japon est devenu riche avant de devenir vieux, et la Chine sera vieille avant d’être riche.

Le truc drôle, c’est que le gros du modèle économique chinois a été emprunté au Japon: financer les investissements domestiques par des exportations à bas prix tout en exaspérant ses partenaires commerciaux. A certains moments, on a l’impression que seuls les noms ont changé. A l’époque, les constructeurs automobiles de Détroit accusaient Honda et Toyota de déverser des flots de berlines économiques et peu gourmandes en carburant sur les mères de famille américaines; aujourd’hui les secrétaires au Trésor s’arrachent les cheveux sur un yuan sous-évalué tandis que les excédents commerciaux chinois enflent.

L’explosion de la bulle

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Automne 2010 : la course à la ruine généralisée

Par Jean-Claude Werrebrouck

Ce que nous appelions fordisme boiteux dans l’article du 19 juillet dernier correspondait à la construction – depuis la fin des Trente Glorieuses – d’un désajustement macroéconomique entre offre globale et demande globale. La mondialisation (étape 2) permet d’échapper au partage classique des gains de productivité. Mais la demande globale se maintient par « artificialisation de la plus value relative » (étape 3), mais aussi par la magie financière au profit des ménages (étape 4) et la magie financière au profit des vieux Etats-providence (étape 5). La crise elle-même apparaissant comme le dépassement des limites autorisées par la fuite en avant par la dette et donc, la dislocation de la magie financière.

Nous disions aussi qu’il n’y aurait pas de rétablissement du paradigme perdu.

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Une économie américaine en ruine

Par Paul Craig Roberts

« La population de Detroit a diminué de moitié. Un quart de la ville est déserté, avec seulement quelques maisons encore debout dans des rues en grande partie abandonnées, » écrit Paul Craig Roberts, qui constate amèrement que la ville qui symbolisait autrefois la puissance industrielle américaine, est en ruine, à l’image de l’économie d’un pays dont la substance a été délocalisée.

Au 20ème siècle, Detroit symbolisait la puissance industrielle américaine. Aujourd’hui, elle est l’image d’une économie délocalisée.

La population de Detroit a diminué de moitié. Un quart de la ville est déserté, avec seulement quelques maisons encore debout dans des rues en grande partie abandonnées. Si la municipalité parvient à se procurer des fonds à Washington, les urbanistes vont diminuer l’étendue de la ville et créer des zones rurales ou de zones vertes là où il y avait autrefois des quartiers habités.

Le président Obama et les économistes énoncent des platitudes sur la reprise. Mais comment l’économie peut-elle redémarrer lorsque, durant plus d’une décennie, ses responsables ont transféré outre-mer les emplois à productivité élevée et à forte valeur ajoutée de la classe moyenne, et du même coup le produit intérieur brut qui leur était associé ?

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Révolte contre l’UE et le FMI : Grèce, Islande et Lettonie pourraient montrer la voie

Les petits pays d’Europe accablés de dettes pourraient suivre l’exemple de l’Argentine et ignorer leurs dettes. Cela reporterait le fardeau sur les pays créanciers et le problème pourrait être résolu grâce à un simple changement des règles comptables.

La ruine financière totale, autrefois un problème réservé aux pays en développement, frappe maintenant l’Europe. Le FMI impose ses «mesures d’austérité» aux pays périphériques de l’UE, la Grèce, l’Islande et la Lettonie étant les plus touchées. Mais ce ne sont pas nos habituels solliciteurs du tiers monde.

Historiquement, l’Islande a été colonisée par les Vikings qui envahirent avec succès la Grande-Bretagne. Les tribus lettones repoussèrent même les Vikings. Les Grecs, quant à eux, conquirent tout l’Empire perse. S’il y a des pays qui peuvent tenir tête au FMI, ce sont bien ces robustes guerriers.

Des dizaines de pays ont été dans l’incapacité de payer leurs dettes au cours des récentes décennies, le dernier étant Dubaï, qui a de­mandé le 26 novembre un moratoire sur sa dette. Si l’émirat arabe, naguère hyper-riche, peut le faire, des pays dont la situation est plus désespérée le peuvent également. Et quand l’alternative est de détruire l’économie indi­gène, il est difficile de prétendre qu’ils devraient s’en abstenir.
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L’empire américain est ruiné par ses guerres

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante, dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique, le budget de 3.800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.

En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue dangereuse : la dette.

Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée, qu’en raison d’une invasion. Le dernier exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.
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La Chute des départements ruraux

Rappel: 1/4 du territoire national en cessation de paiement, ce pronostic se confirme de jour en jour et de nombreux Départements risquent la faillite. La compensation très insuffisante des dépenses sociales obligatoires plombe les budgets des Départements, surtout les plus ruraux. Ils sont en plus victimes de la conjoncture, suite à la chute des droits de mutation, une part importante de leurs recettes.

En supprimant la taxe professionnelle et en engageant une vaste réforme des collectivités territoriales, le gouvernement prend le risque de fragiliser un peu plus les Départements. Vingt-cinq d’entre eux seront poussés à la faillite dès 2010. Tour de France des difficultés.

« Dans vingt-trois Départements, dont le mien, il y aura des budgets en déséquilibre, » a constaté François Hollande (PS), président du Conseil général de Corrèze. Dans le Nord, le président du Conseil général a pris la même décision que celui de Saône-et-Loire et ne fera voter son budget qu’au mois de mars.

Les transferts de compétence ont coûté 55 millions d’euros au Conseil général de la Meuse. Son président, Christian Namy (UMP) qui prend des mesures d’économie et « parie sur la baisse des taux d’intérêt en 2010 » pour avoir une chance de boucler son budget en renégociant sa dette. Dans le Bas-Rhin, le collaborateur du président (UMP) assure : « On va baisser les investissements. »

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco (PS) arrivera à boucler son budget 2010, mais pour 2011, il ne voit pas du tout comment il va pouvoir faire. Quant aux Bouches-du-Rhône « avec une autonomie fiscale réduite à 10%, elles ont « le couteau sous la gorge. »

Le Département de Seine-Maritime, très industrialisé, sera sans doute l’un des plus touchés par la suppression de la taxe professionnelle. Et dans les Landes : « nous avions prévu de compenser la baisse des droits de mutation par une augmentation de la taxe professionnelle… » Le Conseil général de Loire-Atlantique a d’ores et déjà annoncé des baisses de subventions, par exemple – 70% pour le FC Nantes. En Ille-et-Vilaine où les subventions de fonctionnement aux associations vont être réduites de 20 à 30 % et les nouveaux investissements gelés, le président du Conseil général accuse l’État de transférer « ce qui revient le plus cher : enfance, handicap, personnes âgées. »

http://www.dailymotion.com/video/xb8qww

Que faire pour surmonter la crise ? La “stratégie Alpha”

Une tribune libre de Michel Drac

Faut-il trembler pour ses placements à la banque ?

Réponse : oui.

En dépit de leurs bénéfices souvent plus que confortables depuis dix ans, beaucoup de groupes bancaires français sont fragiles.

Les récentes augmentations de capital de BNP-Paribas (4,3 milliards d’euros) et de la Société Générale (4,8 milliards d’euros) eurent pour motivation officielle le remboursement des aides d’Etat. Outre que cela revient à dire qu’on recourt à l’épargne publique pour refinancer indirectement un Etat surendetté, ce qui en soi est déjà assez malsain, ce n’est de toute façon pas la raison réelle.

La raison officieuse, mais assez évidente, est plutôt à chercher du côté des très mauvais ratios dettes sur capitaux propres de ces établissements, lesquels ont eu recours, depuis dix ans, à des effets de levier phénoménaux.

Ce ratio, en bonne gestion, ne doit pas excéder, pour une banque, le niveau approximatif de 10. Or, il avoisine 30 pour les grandes banques françaises.

On a calculé que pour leur redonner une structure de bilan stable, il faudrait injecter au bas mot 200 milliards d’euros de capitaux propres. Autant dire que les augmentations annoncées récemment ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à l’ampleur réelle du problème.

On objectera qu’en regard de leurs dettes, ces établissements possèdent des actifs colossaux. C’est vrai. Mais comme ces actifs renvoient pour l’essentiel à des créances sur des acteurs économiques eux-mêmes surendettés (ménages, entreprises, Etat), les banques françaises sont potentiellement le fusible qui, en sautant, apurera tôt ou tard l’énorme bulle de l’endettement. En France, comme ailleurs en Europe, au demeurant (les banques allemandes sont tout aussi fragiles). Lire la suite

«Contre la crise financière et écologique, la planification»

Economiste américain hétérodoxe, James K. Galbraith dénonce la mise en coupe réglée des Etats-Unis par une coalition de la droite et des grandes entreprises. Rencontre, à l’occasion de la sortie de son livre «L’Etat prédateur» (Seuil, septembre 2009).

James K. Galbraith est professeur d’économie à la Lyndon B. Johnson School de l’université du Texas. Economiste hétérodoxe, il s’inscrit dans une longue lignée marquée par la figure mondialement reconnue de son père, John Galbraith. Comme lui, il rejette de manière radicale la plupart des apports et des méthodes de la théorie économique néo-classique. Selon lui, les marchés n’apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la «planification».

Quelle est votre lecture de la crise ?

Pour comprendre ma position, il est indispensable de remonter le temps. Nous sommes au début des années 80. Au début des années Reagan et Thatcher. Partout, c’est le triomphe du TINA, There Is No Alternative ["Il n'y a pas d'alternative."]. Leurs politiques irriguent le reste du monde : la décentralisation est la grande amie de toute les libertés. La centralisation est à combattre. Ce catéchisme économique fait recette. Les politiques sociales sont mises sur la sellette. La chute du mur de Berlin renforce ces options politiques.

C’est-à-dire ?

Une conception de la politique économique dominait alors toutes les autres. La politique monétaire devait avoir un seul objectif, la lutte contre l’inflation. Les budgets publics devaient être équilibrés, le libre-échange le régulateur du commerce mondiaux et les impôts sur le travail et le capital devaient être réduits au maximum. Ce corpus de textes, frappé par un semblant de sceau scientifique, servait à légitimer le retrait de l’Etat. Et tirer un trait final sur toute forme d’interventionnisme. Ces principes étaient d’autant plus forts qu’ils semblaient cohérents, clairs, faciles à expliquer. Et donc à comprendre. Et qu’ils étaient soutenus par des économistes qui passaient pour des sommités. Pensez à Milton Friedman, le pape du monétarisme. Les progressistes passaient pour des rabats-joie, de jeunes vieillards prisonniers de leurs idées.

Ce corpus d’idées a-t-il été entièrement concrétisé ? Lire la suite

En route vers la Grande Dépression ?

Par Frédéric Lordon

(Si oui, sortons le gros bâton)

Ça commence comme un octosyllable, et pourtant la situation manque de poésie. On pourrait enchaîner sur l’aphorisme de comptoir en ajoutant que si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas davantage exclu. Tout cela pour dire qu’on avait été surpris de voir à l’automne 2008 les gouvernements capables de tout mettre sur la table pour sauver le secteur bancaire de la ruine complète (et nous par la même occasion) et que, de temps en temps, on pouvait ne pas désespérer complètement des effets d’apprentissage – la collection des erreurs qui avaient transformé le krach de 1929 en Grande Dépression avait été méditée et évitée.

Bien sûr, les banques s’en étaient tirées avec le magot des fonds publics, rigoureusement rien ne leur avait été demandé en contrepartie, et le scandale intrinsèque de ce rapt unilatéral s’agrémentait du spectacle de voir le manège repartir pour un tour – avec profits, bonus et inévitablement crise prochaine au bout de la séquence. Mais au moins nous n’étions pas morts, ça n’était pas si mal. 2008 et passim pouvaient échapper au bégaiement de l’histoire et n’être pas la simple répétition des années 1930.

No longer.

On prendra la brutalité du tête-à-queue général effectué par les politiques économiques européennes pour un indice de la puissance tutélaire acquise par les marchés de capitaux. Car il y a deux mois encore, l’analyse à l’ordre du jour, jusque dans la presse la plus raisonnable – financière et anglo-saxonne –, commandait de songer à sortir progressivement des plans de soutien à l’économie, mais pas maintenant et surtout pas trop vite.

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La pire catastrophe écologique continue, mais…

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

Il fallait bien que la guignolesque d’outre-Atlantique nous serve un pamphlet contre les compagnies pétrolières.

Le comique de situation fait parfois discrètement déraper les comédiens, drame oblige…

Le dérapage présidentiel : “Il est évident que le système a échoué, et gravement“, a également reconnu le président américain, n’exonérant pas son gouvernement. “Depuis trop longtemps, pendant une décennie ou plus, une relation de proximité a existé entre les compagnies pétrolières et l’agence fédérale qui leur permet de forer“, a-t-il constaté.

Ce mea-culpa n’est qu’un gros mensonge !

Comment le président des États-Unis pourrait-il ne pas savoir que le lien qui unit les pétroliers et l’administration américaine depuis des décennies, ne se situe pas au niveau de l’agence fédérale, mais directement au sommet de l’Establishment ? On ne devient pas président des États Unis sans le soutien financier des Cartels !

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Jacques Attali : “La crise ne fait que commencer”

Peut-on prédire les crises économiques ? Exercice évidemment périlleux, auquel se livre pourtant, depuis des années, Jacques Attali.

Ingénieur et économiste de formation, haut-fonctionnaire, il a présidé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) au début des années 90. Jacques Attali est aussi l’auteur de très nombreux essais, sur la politique, l’économie et la finance. Son dernier livre a un titre alarmiste : “Tous ruinés dans 10 ans ?



(Merci à Marie)

Bienvenue au bal des vampires

Par Denissto. Article intégral, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

C’est sans vergogne que les banquiers, tout juste sauvés de la faillite par les deniers publics, ont réussi à transférer leurs mauvaises dettes privées, en dettes d’États. Forts de cet incroyable privilège, ils spéculent maintenant sur les dettes de ces mêmes nations. Leurs discrètes succursales, plus connues sous le nom de hedge funds (1), cachées aux Îles Caïmans, mènent la curée.

La ruine des particuliers étant consommée, ce sont dorénavant sur les nations et autour de leurs dettes souveraines que ces vautours se rassemblent. La piétaille a droit à un mea culpa savamment orchestré par la déesse aux cent bouches, histoire de patienter quelques heures dans les files d’attente de la Soupe Populaire (2). Les débats au Sénat américain affichent complet, c’eût été une faute de goût électorale de ne pas participer à une telle pantomime ! On aurait aimé voir ces élus un peu plus assidus à l’audition de l’inspecteur général de la Réserve fédérale américaine (3), incapable d’expliquer la disparition de 9000 milliards de dollars.

Quand les médias braquent leur objectif sur un scandale financier, quand un sénateur accuse une banque d’avoir vendu « des produits de merde », ne vous imaginez pas informés, mais juste anesthésiés. Ce qui se joue en coulisse, vous le comprendrez encore une fois trop tard. Mieux encore, Goldman Sachs s’est déjà entendu avec la police financière pour payer une amende et fermer toutes enquêtes.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Par Eberhard Hamer

Depuis huit semaines, la crise de l’Etat grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des Etats-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’Etat en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des Etats risquant la faillite.

La soi-disant solution de la crise des fi­nances privées, ressemble à la tentative de guérir un toxicomane en lui fournissant sans limite de la drogue.

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La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée

« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées. — L’accent mis aujourd’hui sur l’endettement « insoutenable » des États et la « rigueur draconienne » qui devrait s’en suivre fait l’impasse sur le fond du problème : l’accumulation folle de dette privée – et ce, dans tout l’occident, bien au-delà du cas spécifique de l’immobilier subprime américain. Sans dépenses et interventions publiques vigoureuses, nos sociétés menaçaient de sombrer. Aujourd’hui où le privé s’est un peu rasséréné, et que les banques savent qu’elles seront absoutes, quelle qu’ait été leur irresponsabilité, le poids écrasant de la dette privée entassée au-delà de toute possibilité vraisemblable de remboursement n’en a pas fini pour autant de peser sur le réel. Dans des sociétés fragilisées, où les perspectives d’activité peinent à reprendre des couleurs, le service de ces dettes – anciennes, du privé, et nouvelles, des États – va exercer une pression de plus en plus débilitante sur les revenus et les dépenses, sur l’activité, l’emploi et les conditions de vie. Le remboursement au prix fort d’emprunts sur des biens aujourd’hui dévalués ou en voie de l’être, la ponction sur la richesse nationale exigée des États, sont les formes d’un « esclavage moderne, » au seul bénéfice de créanciers dont le pouvoir, la superbe et l’arrogance n’ont d’autre origine qu’une dangereuse irresponsabilité, permise par la complaisance d’autorités et d’experts ayant abdiqué devant l’apparente toute puissance de l’argent. Mais aujourd’hui, lorsque la BRI évoque dans sa dernière étude un service de la dette qui pourrait dépasser les 10% du PIB, il convient de tirer les conclusions.

Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

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L’Islande dans le maelström de la crise

Vivant de la prospérité de ses banques, le pays a subi durement la crise financière. Très endettés, mais prompts à s’adapter, les insulaires cherchent leur salut économique à la campagne, dans les métiers de l’agriculture, de la pêche ou de l’énergie, hier dédaignés.

En guise de protestation contre la crise, la population en colère brûlait, il y a une année, l’effigie de son premier ministre

En guise de protestation contre la crise, la population en colère brûlait, il y a une année, l’effigie de son premier ministre.

Ce n’est pas en arpentant les rues de la capitale Reykjavik que l’on verra des signes de détresse extrême. Les SDF islandais, été comme hiver, ne dorment jamais dehors: il existe des centres d’accueil pour hommes, pour femmes, mais aussi pour couples.

Chez ceux qui sont en train de perdre leur appartement parce que leurs traites, indexées sur des monnaies étrangères, ont doublé tandis que leurs revenus stagnaient, la gêne n’est pas encore visible: les banques ont reçu l’ordre de transformer les propriétaires défaillants en locataires de leur habitation. Les enfants peuvent ainsi rester dans l’école de leur quartier, et cela évite un vent de panique sur l’immobilier qui ferait encore baisser les prix. Et pourtant la crise est bien là, dans les bourses, dans les projets d’avenir qu’on abandonne, dans les têtes.

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Le grand retour de la bulle spéculative

En voulant sauver l’économie mondiale, a-t-on fait naître une nouvelle bulle qui sera à l’origine de la prochaine crise ?

Après les injections massives de centaines de milliards de dollars par les Etats et les banques centrales, dans le but d’éviter le naufrage des établissements bancaires et des constructeurs automobiles et pour soulager les ménages, de nombreux économistes mettent maintenant en évidence l’existence d’un accès de spéculation.

A l’appui de cette thèse, ils soulignent la flambée concomitante et quasi inédite des marchés boursiers, en particulier en Asie, des marchés obligataires, notamment sur les emprunts d’Etat, et du prix des matières premières, l’or et le pétrole en vedettes.

Depuis six mois, “tout monte !”, constate Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis. Selon lui, il s’agit de spéculation car ces hausses, souvent spectaculaires – la Bourse de Shanghaï a progressé de 63 % depuis le 1er janvier -, sont déconnectées de la réalité économique. “A la Bourse de Taïwan, les valeurs des actions représentent 100 fois les bénéfices des sociétés, 90 fois en Australie, contre 13 fois à la Bourse de Paris”, souligne l’économiste.

Pour M. Artus, cette bulle serait le fruit de l’abondance de liquidités issues notamment des plans de relance et de soutien lancés en 2008.

Pour endiguer la crise, les banques centrales ont d’une certaine manière “fait marcher la planche à billets”, explique-t-il, en ouvrant les vannes du crédit via des politiques monétaires accommodantes avec des taux d’intérêt proches de zéro et en achetant des titres, parfois toxiques, afin de soulager les établissements financiers. Lire la suite

“Cessons de nous ruiner pour sauver les riches”

Bob Herbert, éditorialiste du New York Times, s’insurge devant le scandale de l’insolente richesse retrouvée par ceux qui n’ont dû leur survie qu’au prix d’un sauvetage qui a ruiné l’Etat, alors même que la grande majorité de ses concitoyens lutte pour parvenir à joindre les deux bouts ou à conserver un toit.
Les grands titres qui faisaient la première page du New York Times ce samedi résumaient sans le vouloir la situation terrible dans laquelle nous avons permis que notre pays s’enfonce.

A droite, le titre de Une annonçait : « Le déficit US s’élève à 1 400 milliards de dollars – le plus important depuis 1945. »

Celui situé à proximité disait : « Le renflouement permet la renaissance des banques et des bonus »

Nous avons passé ces dernières décennies à couvrir les riches d’argent, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Nous avons abandonné les pauvres, étranglé économiquement la classe moyenne et mis en faillite le gouvernement fédéral – tout en donnant à peu près tout ce qu’ils voulaient aux banques, aux méga-entreprises et à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique.

Mais nous ne semblons toujours pas en avoir tiré les leçons qui s’imposent. Nous avons laissé tant de gens tomber dans le terrible abîme du chômage, que personne – ni l’administration Obama, ni les syndicats, ni certainement quiconque au Parti républicain – n’a la moindre idée sur la façon de leur redonner du travail.

Pendant ce temps, Wall Street tutoie les sommets. Je suis étonné de voir à quel point la population reste passive face à ce scandale qui perdure. Lire la suite