L’oligarchie et le mépris du peuple

Mais pourquoi ont-ils fait disparaître le peuple? Tel est le fil rouge du livre du journaliste Jack Dion, intitulé “Le mépris du peuple – Comment l’oligarchie a pris la société en otage“. Dans un pays qui se réclame des droits de l’homme et du citoyen, et dont l’histoire est celle des révoltes populaires, le peuple pointe aux abonnés absents. Il est banni des sphères d’un pouvoir régi par l’entre-soi de caste. Un système de monarchie républicaine permet de gouverner en ne représentant qu’une infime minorité du pays et en faisant le contraire de ce qui avait été annoncé.

Au terme d’une épuration sociale passée inaperçue, il n’y a quasiment plus d’ouvriers sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Dans les entreprises, où règnent les oligarques du CAC 40, les salariés sont exclus de toutes les prises de décision. Dans les médias, on ne parle d’eux que pour les dire rétifs aux « réformes » inévitables qu’impose une « loi du marché » devenue la nouvelle Bible. Désormais, une « prolophobie » sournoise a droit de cité. Tout ce qui vient de la France d’en bas est suspect, non digne de considération, voire subversif.

Même la notion de souveraineté populaire est jugée attentatoire à la nouvelle doxa. Dans la bouche des représentants de l’élite, le mot « populisme » est devenu l’injure suprême, comme si le simple fait d’écouter les voix d’origine populaire était un crime contre l’esprit. Quant à la France, elle est sommée d’oublier son histoire, sa spécificité, son originalité, pour s’aligner sur la mondialisation sans rivage édictée par les grands prêtres de l’Union Européenne, pour qui les nations n’existent plus.

Extrait d’un passage de son ouvrage portant le monde de l’entreprise.
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C’est cher d’être pauvre

Chauffage, électricité, logement, mutuelle santé, assurance, crédit bancaire, téléphonie mobile : plus on a un budget serré, et plus on paie cher. Un paradoxe qui ne semble choquer personne.

Et pourtant, Martin Hirsh, ex-Président d’Emmaüs France, a publié « Cela devient cher d’être pauvre », aux éditions Stock en 2013. Un livre qui dénonce cette double peine. C’est de ce constat que les journalistes d’Envoyé spécial ont enquêté sur ce phénomène qui pénalise les ménages les plus fragilisés.

Inventeur du revenu de solidarité active (RSA), Martin Hirsch explique dans son livre que, sur une année, un ménage avec un enfant, locataire d’un 70 m2 et ayant 1.540 euros ressources par mois va, sans s’en rendre compte, payer 1.025 euros de plus de charges fixes diverses que le même ménage gagnant 3.300 euros et louant 90 m2…

Quand on est pauvre, payer un loyer en ville, alors que le prix au m2 est plus cher pour les petites surfaces, est de l’ordre de l’impossible. Mais gagne-t-on à s’installer en banlieue ? Certes, le loyer est moindre, mais pour se rendre à son travail, il faut une voiture, ou une carte de transports multi-zones. Parfois, il faut les deux ! Au final, entre carburant et passe Navigo, les ménages se retrouvent à payer plus cher.
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Quatre vidéos pour comprendre le Revenu de Base

Les 4 mini-films de cette playlist sont le résultat d’un travail réalisé par Jean-Eric Hyafil, Jonathan de Mulder, Amaru Mbape, Léon Régent, Marc de Basquiat et Sébastien Calvez. La production de cette série de vidéos a été financée par 81 généreux donateurs. http://www.kisskissbankbank.com/fr/pr… et soutenu par le Mouvement Français pour un Revenu de Base : http://revenudebase.info/

Le revenu de base face aux défauts du RSA

Financer le revenu de base par l’impôt

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La grande pauvreté persiste en France

La France compte deux millions de personnes vivant avec moins de 651 euros par mois, 3,6 millions de mal-logés et 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France.

Deux millions de personnes vivent aujourd’hui en France avec au maximum 651 euros par mois (22 euros par jour) pour une personne seule au seuil à 40 % du revenu médian, soit en situation de grande pauvreté, selon l’Insee (données 2011). Pour ces personnes, il est quasiment impossible notamment de se loger sans compter sur l’aide d’autrui, de parents ou d’amis.

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Les vrais chiffres du chômage en septembre : 67.900 chômeurs de plus malgré 283.300 radiés

Toujours un inscrit sur deux qui ne perçoit aucune indemnité de Pôle emploi. Seuls 2 chômeurs sur 10 sortent des listes pour “reprise d’emploi déclarée”.

Après la fausse baisse du mois dernier, imputable aux augmentations des radiations, le rééquilibre se fait, donc, avec une moyenne hélas courante d’ environ 1000 chômeurs de plus par jour (lissée sur les 2 derniers mois).

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Septembre 2014 :

  • Défauts d’Actualisation : 194.800, 43,3 % des sorties des listes.

- Radiations Administratives (les punis) : 42.700, 9,5 % des sorties. +4,4 % sur 1 mois

- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 45.800 et 10,2 % des sorties.

Soit 283 300 radiés des listes (63 %) pour autres motifs que :
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Plus de la moitié des Français guettés par la pauvreté

5,60 euros, c’est ce qui reste chaque jour pour vivre, après avoir payé loyer et autres charges, à des milliers de personnes aidées par le Secours populaire, qui juge dans une étude rendue publique jeudi que “la pauvreté s’étend et s’enracine“.

Malheureusement, la pauvreté et l’exclusion continuent de gagner du terrain, mais on peut lutter et développer une nouvelle résistance“, a insisté le président du Secours populaire Julien Lauprêtre, lors d’une conférence de presse.

À partir de données recueillies auprès de 161 572 ménages (sur les 619 700 familles aidées par l’association en 2013), le Secours populaire souligne qu’”une part croissante de la population en est réduite à survivre”.

Parmi ces personnes, une petite moitié (46,7 %) a donné des informations sur ses ressources (salaire, RSA, prestations familiales, aides au logement, etc.) : 30 % d’entre elles disposent de ressources inférieures à 750 euros, pour 43 % elles sont comprises entre 750 et 1.250 euros et pour 20 %, elles s’échelonnent entre 1.250 et 1.750 euros.
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Les femmes au travail … à tout prix ?

Résumé d’une étude plus approfondie sur la difficile articulation travail/vie de famille et une analyse des solutions préconisées par le  ministre du droit des femmes : toutes les femmes au travail pendant que l’État s’occupe des enfants. (Accédez à l’article complet au format pdf en cliquant ICI).

En France, 60% des femmes de 15 à 64 ans travaillent, cela correspond exactement à l’objectif préconisé par l’Union Européenne. La France se hisse ainsi aux premiers rangs dans l’UE.  De 25 à 49 ans cette proportion s’élève à 84%. De plus, notre pays est reconnu pour être celui où se conjugue le mieux l’articulation travail/vie de famille. Celui aussi où le taux de natalité est le plus élevé.

Tout semble donc aller pour le mieux! Pas si sûr…

Le gouvernement, par la voix de Najat Vallaud-Belkacem veut atteindre, dans les dix prochaines années, les 70%  de femmes au travail. Pour commencer.

Est-ce vraiment le souci de répondre à l’attente des femmes et d’ « améliorer leur conditions » qui dicte la politique militante du « droit des femmes » inspirant nos gouvernements?

Certes, le problème est bien réel et justifie un plan d’action gouvernemental: question de la retraite future des femmes qui n’ont pas accumulé de points par leur travail, besoin d’autonomie, précarité des femmes abandonnées ou veuves avec enfants, difficile conciliation de la maternité et de l’emploi, problèmes de garde d’enfant, réinsertion aléatoire après une longue interruption de carrière liée à l’éducation des enfant…

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Musique : La chanson du revenu de base

Sur l’air de la mauvaise réputation (Georges Brassens), voici une modeste contribution artistico-clownesque au service de l’émancipation humaine. Paroles de la chanson du groupeRevenudeBaseFR.

Dans cette société sans emploi
Pas de revenu à la fin du mois
Au chômage ou au RSA
On nous parle d’assistanat

Il n’y a pourtant plus d’emploi pour tout le monde
Faudrait un revenu pour rester dans la ronde

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Femmes à la rue, destinées du bitume (extrait)

En France, il y avait 133 000 sans domicile fixe en 2011. Leur nombre est croissant. Le président du Secours populaire parle «d’une montée d’un raz de marée de la misère». Les femmes représentent un quart des sans abris. Et elles sont toujours plus nombreuses elles aussi, à vivre dans des conditions extrêmes qui font fi de leur vulnérabilité, de leur fragilité. Leur survie s’organise en fonction de leur identité féminine.

Documentaire de Katya Maksym (Public Sénat), version complète ici.

“Garantie jeunes” : Une nouvelle allocation pour 100.000 jeunes précaires

La “garantie jeunes“, promise par le gouvernement, sera expérimentée, ”pour une première vague de test”, dans 10 territoires de l’Hexagone, dès la rentrée prochaine. Dans un premier temps, près de 10.000 personnes seront concernés.

Cette allocation de 450 euros est destinée aux jeunes de 18 à 25 ans, qui ont quitté le système éducatif, qui n’effectuent pas de formation, qui ne travaillent pas et qui ne touchent pas plus de 483 euros par mois (plafond du RSA). Une situation précaire dans laquelle se retrouvent de plus en plus de jeunes.

Pour cette première phase d’expérimentation, seuls 10 territoires seront concernés: la Seine-Saint-Denis, le Vaucluse, le Finistère, l’Allier, l’Eure, les Vosges, l’Aude, le Lot-et-Garonne, les Bouches-du-Rhône et la Réunion. Le gouvernement a volontairement choisi des territoires ruraux et urbains. De plus, il a indiqué qu’il n’avait pas tenu compte des ”sensibilités politiques”.

Dès 2014, 10 autres régions entreront en phase d’expérimentation, afin de toucher ”jusqu’à 30.000 jeunes” : la Creuse, l’Essonne, l’Oise, la Seine-Maritime, la Savoie, le Pas-de-Calais, l’Ile et-Vilaine, la Dordogne. Au final, ce dispositif devra prendre en charge 100.000 jeunes par an ”en rythme de croisière”. Cette initiative est une suite logique face à l’état d’urgence pour le travail des jeunes, décrété par François Hollande.
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La France achète la paix sociale avec des étudiants factices ‘payés pour ne rien faire’

« Nous, direct, on signe on s’en va. Ici, on est payés à rien foutre», explique l’un de ces étudiants fictifs de l’Université de Perpignan, venu uniquement pour émarger le jour de l’examen pour pouvoir prétendre à sa bourse étudiante. « On a la bourse, on travaille de partout au noir, on s’en tire avec 1 500 euros facile », ajoute-t-il.

Dans le journal français Le Monde, Pascale Kremer explique que le problème des étudiants fictifs devient de plus en plus inquiétant. « Ces faux étudiants existent depuis toujours mais nous notons une accélération depuis deux-trois ans, en lien avec le chômage des jeunes et l’absence de dispositif de soutien financier pour cette période de transition entre lycée et activité », indique Fabrice Lorente, le président de l’Université de Perpignan, dans le département des Pyrénées Orientales.

Ces étudiants bénéficient d’une bourse de 470 euros mensuels pendant 10 mois, qui les autorise à travailler, et leur permet de bénéficier de nombreuses exonérations (dont celle des frais d’inscription à l’université), de l’inscription à la Sécurité Sociale, et de réductions. Mais pour la percevoir, les élèves doivent se présenter aux examens et à certains cours (« travaux dirigés », ou TD).

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Musique : ” Là-Bas (RSA) “

Le “Mouvement Des Rmistes pour un exil social en Belgique” (MDR) vous présente le nouveau clip de Jean-Jacques Goldman Sachs et Siriminima Sociaux.

La Belgique serait-elle une terre promise pour les Français bénéficiaires des minima sociaux ?

RSA (France) : 474 euros


MINIMEX (Belgique) : 785 euros

Pour mémoire en France:

Les vrais chiffres du chômage de mars 2013

On compte pour le mois de mars 2013 : 29.400 chômeurs de plus, malgré 28.2300 radiés 160.000 emplois (souvent précaires) pour 9.500.000 privés d’emplois et travailleurs pauvres occasionnels.

[...]Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Mars 2013 :
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Le RSA va t-il remplacer le SMIC ?

Nous allons commencer cette nouvelle année par une mauvaise nouvelle. Non, vous ne rêvez pas. Il ne s’agit pas d’une blague ou d’une grosse fatigue après les fêtes. Ce que vous allez lire ci-dessous est une réalité. Le gouvernement envisage sérieusement de supprimer le smic. De ce fait, le RSA deviendra de facto le seul “salaire” de référence.

Cette montée en puissance programmée du RSA au détriment du SMIC est un projet fou qui va modifier radicalement toute la politique sociale française.

Tout commence en 2011, le PS a préparé un programme politique qui a consigné noir sur blanc l’impérieuse nécessité de revaloriser très sérieusement le SMIC dès l’élection du candidat socialiste. Il se trouve que le même candidat socialiste, durant toute la campagne n’a cessé de prendre ses distances avec une grande partie du programme. Mais le plus marquant fut le refus de François Hollande de prendre à son compte l’augmentation importante du SMIC prônée par son parti.
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France : L’ornière des aides sociales

En 2009, 11,2 millions de Français ont bénéficié d’aides sociales pour un montant total de 59,5 milliards d’euros. Cela équivaut au budget de l’Éducation nationale soit 1/5 du budget de la France. Ces 11,2 millions de bénéficiaires ont des familles (parents, épouses, enfants, etc…). Ce sont donc au total plus 35 millions de personnes qui bénéficient, d’une manière ou d’une autre, des aides sociales, c’est-à-dire plus de 50% des Français.

Le modèle social français, au prix où il coûte aux contribuables, fonctionne-t-il ?

[…] Pour savoir si notre modèle social français fonctionne, prenons trois indicateurs qui permettront de le juger sur des résultats concrets : le taux de pauvreté, le revenu de solidarité active (RSA) et les « Restos du Cœur ».
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Afrique du Sud : un massacre qui met en lumière la vraie situation du pays

Par Bernard Lugan

Après plusieurs jours de violents affrontements entre grévistes et non grévistes ayant fait une vingtaine de morts et des dizaines de blessés, le 17 août, la mine de platine de Marikana à l’ouest de Pretoria a connu de vraies scènes de guerre quand, totalement débordée, la police s’est dégagée en tirant dans la masse des émeutiers armés. Bilan, une quarantaine de morts, plus d’une centaine de blessés et un demi millier d’arrestations. Les grèves insurrectionnelles se multipliant à travers le pays, le constat sécuritaire sud africain est que la police est incapable de faire face à des manifestants déterminés que les syndicats n’arrivent plus à encadrer.

Après cette description des faits, quelle analyse peut-on en faire ?

Comme je ne cesse de le dire depuis des années, le «miracle» sud-africain n’est qu’un mirage car l’échec de l’ANC est total et cela dans tous les domaines :

1) Le chômage touche environ 40% des actifs et le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40% des Sud-africains, est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.

2) Le climat social est empoisonné par les criantes inégalités nourries par les « Black Diamonds », ces nouveaux riches noirs, profiteurs insatiables qui ont fait main basse sur l’économie du pays et qui affichent avec insolence un luxe ostentatoire.

3) Le pays est livré à la loi de la jungle et des crimes sordides y font quotidiennement la « une » des journaux. En moyenne, plus de cinquante meurtres sont commis quotidiennement.

4) L’Affirmative Action ou « Ségrégation Positive », ou « Discrimination à l’envers », a remplacé le mérite et la compétence par la préférence raciale ou communautaire, tant dans les recrutements professionnels que dans l’obtention de contrats publics ou dans les grands choix politiques, administratifs, sociaux, etc.

5) Le pari qui était que la RSA allait décoller en raison de sa main d’œuvre noire à bon marché et de son encadrement blanc de haut niveau a été perdu car, depuis 1994, les Blancs diplômés ont quitté le pays, chassés par l’insécurité, les brimades diverses et la surfiscalité, ou bien ils se sont repliés dans la région du Cap. Quant aux Noirs, ils ne se satisfont plus de salaires de misère.

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70 à 80% des agriculteurs concernés par le RSA

Les agriculteurs affichent un meilleur moral que les années passées, notamment après la crise de 2009. Pourtant, 70 à 80% des éleveurs seraient susceptibles de toucher le RSA. Certains refusent l’allocation par fierté, d’autres ne peuvent tout simplement pas en bénéficier car ils sont propriétaires de leur exploitation.


La valeur travail dissoute
 dans le néolibéralisme

En 2007, Nicolas Sarkozy avait fait de la « valeur travail » un argument central d’une campagne électorale victorieuse. Cinq ans plus tard, cette dernière est plutôt en lambeaux. Car ce discours, dont l’efficacité reposait à la fois sur les faiblesses de la gauche en ce domaine et sur une certaine confusion sémantique, s’est brisé sur les effets délétères des orientations économiques néolibérales que le gouvernement a impulsées contre vents et marées.

Promouvoir la « valeur travail »… En fait c’est avant tout le slogan « travailler plus pour gagner plus » qui a incarné cette démarche, explicitement hostile aux trente-cinq heures, parées de tous les défauts : étouffoir mis sur le pouvoir d’achat, encouragement à la paresse, carcan posé contre la nécessaire flexibilité et compétitivité de nos entreprises. Or les trente-cinq heures ne justifiaient pas cette diabolisation, même si on pouvait en critiquer nombre de limites. Si elles se sont traduites par une certaine modération salariale, elles ont tout de même aidé à la création de plusieurs centaines de milliers d’emplois et n’ont guère freiné – on peut même le regretter – la tendance au développement de la flexibilité du temps de travail à l’initiative des directions d’entreprise. Leur faiblesse tenait plutôt dans l’intensification et la dégradation du sens du travail qu’elles ont accompagnées, notamment dans les secteurs les moins qualifiés et les moins organisés syndicalement du monde du travail. Pouvoir faire un travail de qualité, conforme aux valeurs que l’on investit dans son activité professionnelle, est devenu encore un peu plus difficile.

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Le travail gratuit stade ultime du capitalisme

Travail gratuit : le nouveau rêve de tout libéral (ou capitaliste, ça revient au même dans les faits malgré les dénégations des zozos en question) : déconnecter le travail de la rémunération et du capital. Précarité en hausse, stages qui s’enchainent dans l’espoir de trouver un travail rémunéré au prix “normal.“

A se demander si on ne voit pas naître une nouvelle classe sociale le précariat, à coté du salariat . Et si cette situation ne profite pas involontairement ou volontairement à certains salariés qui exploitent ainsi leur semblables pour éviter de tomber sous des sanctions ou de ne plus progresser dans leur carrière (en gros: font de la lèche et exploitent les stagiaires ni vu ni connu). Ce qui devait faire penser aux marxistes que la classe ouvrière ou le prolétariat (qui inclue pour eux les cadres) peuvent très bien se cannibaliser et toujours dans un même sens : les plus faibles en premier.

Ce phénomène insidieux associé à l’apparition d’une nouvelle aristocratie aboutira si rien n’est fait à une ploutocratie où les salariés mettront leur force de travail en vente dans des marchés aux enchères… Vous allez voir que cela existe déjà !

France : Stages et RSA
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Mayotte : Nouveau train de mesures sociales

Hier, en conseil des ministres, ont été décidées plusieurs mesures relatives aux droits sociaux à Mayotte. Elles concernent la couverture maladie, la retraite et une revalorisation des prestations familiales.

Mayotte a dit oui à la départementalisation

Les allocations liées aux premier et second enfant «seront alignées sur les DOM en 15 ans». Cette durée qui peut paraître longue est évidemment liée à la natalité galopante dont souffre Mayotte.”

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Chômage : Non, nous n’avons pas tout essayé

Remettre les chômeurs au travail. Tout le monde est à peu près d’accord avec cet objectif alors que notre pays compte environ 3 millions de chômeurs “officiels” (classe A) auquel il faut rajouter 2 millions de quasi-chômeurs. Ensuite, les sentiments des français sont plus ambivalents sur la méthode à appliquer et leur sentiment à l’égard des chômeurs.

Le chômage est, sondage après sondage, LA priorité des français. Un nombre croissant et très important d’entre nous ont peur, pour eux-mêmes, du chômage et du glissement vers la précarité. Ce qui n’empêche pas des sentiments de suspicion à l’égard de ceux qui sont frappés sur le mode du «S’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot». 

En 2005, 70% des français étaient d’accord avec cette assertion, 43% partants pour une réduction de la durée d’allocation et 72% pour couper les allocs à ceux qui, au bout de quelques mois, refusent une offre. Ce sujet traverse toutes les démocraties. Les conservateurs britanniques projettent de durcir drastiquement les règles des allocations chômage britanniques : 1 refus =  3 mois de suspension, 2 refus = 6 mois, 3 refus = 3 ans. Sans compter des Travaux d’Intérêts Généraux.

Alors, les chômeurs sont-ils des fainéants profiteurs du système qu’il faut pousser à retrouver un travail ? Ou sont-ils seulement victimes du système ? Faut-il les indemniser généreusement ou les mettre à la diète? Les former, les faire bosser gratuitement pour la collectivité ? Chaque pays a mis en oeuvre des stratégies plus ou moins heureuses, humanistes, efficaces en fonction de son histoire et de sa culture. Petit passage en revue.

Ajustement entre chercheurs d’emploi et marché : une Theory in Progress

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6 millions de personnes sans emploi

Tribune libre de Paysan Savoyard

Depuis le milieu des années soixante-dix, la France connaît une situation de chômage massif : le nombre des chômeurs oscille selon les périodes entre 2 et 3 millions de personnes, ce qui représente entre 8 et 11 % de la population active (concernant les causes du chômage, voir la tribune parue le 24 septembre 2010).

Ce chiffre de 2 à 3 millions de personnes, dont font état les gouvernements, les partis politiques et les médias, est considérable : il ne représente pourtant qu’une partie de la réalité. Il nous a paru utile d’insister sur ce point sensible (NB : les chiffres donnés ci-dessous concernent la métropole) :

Le nombre de chômeurs « officiels » est actuellement (second trimestre 2010) de 2,6 millions (il s’agit des chômeurs qui, conformément aux normes du bureau international du travail BIT, sont immédiatement disponibles pour occuper un emploi, n’ont pas travaillé du tout au cours du mois précédent et ont fait au cours du mois précédent une démarche de recherche active d’emploi).

Ce nombre des chômeurs (qui constituent ce que l’INSEE et Pôle emploi appellent la catégorie A) est le nombre officiel rendu public régulièrement. C’est ce nombre sur la base duquel est calculé le taux de chômage (le taux de chômage, rapport entre ce nombre et la population active, est actuellement de 9,3 %). C’est ce nombre, enfin, qui alimente le débat public (source : INSEE).

Il est à noter au passage que le gouvernement a restreint à différentes reprises le champ de cette catégorie A. Ces opérations statistiques étaient sans doute légitime puisque destinées à se conformer aux normes internationales : il n’en reste pas moins qu’elles ont eu pour les pouvoirs publics le grand intérêt de réduire sensiblement le nombre des chômeurs officiels (c’est ainsi qu’en 1992 le gouvernement – de gauche – a retiré du nombre des chômeurs officiels les personnes ayant exercé une activité réduite le mois précédent, ce qui a diminué le nombre officiel d’environ 300 000 ; en 2003 le gouvernement – de droite – a à son tour retiré de la statistique différentes personnes, notamment celles qui n’ont pas rencontré de conseiller ANPE au cours du mois précédent : cette opération a eu là encore pour effet de réduire le chômage officiel d’environ 200 000 personnes).

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Comment l’UE subventionne des organisations racistes noires sud-africaines

Le 12 juillet, le médiateur sud-africain chargé de la Presse faisait savoir qu’un article écrit par un nommé Andile Mngxitama et publié le 11 avril 2010 dans le City Press, très diffusé parmi les Noirs, avait contrevenu au Code de Déontologie. Celui-ci accusait en effet Terre’Blanche, l’AWB et les « racistes Blancs » de Ventersdorp d’avoir assassiné dix ans plus tôt le maire noir de la ville. Sauf que l’auteur du crime, Johannes Monatle, est en attente d’être jugé. Ce faisant, Mngxitama diffusait une propagande erronée incitant à la haine raciale contre les Afrikaners.

Thabo Mbeki et Nicolas Sarkozy au premier sommet Union européenne-Afrique du Sud, le 25 juillet 2008

Rien de nouveau en cela. Le jeune homme est le fondateur d’un groupe raciste noir du nom de “Blackwash” («Nous sommes un collectif de Noirs, par les Noirs et pour les Noirs exclusivement») qui demande aux Africains de ne pas « se livrer à des violences xénophobes contre les frères noirs » mais de « décharger leur colère contre les “colons” (sic) ».

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Les départements français en état d’urgence

Les présidents de département font le même diagnostic, à gauche comme à droite, sur la cause de leurs difficultés financières. Pour sortir de l’ornière, leurs grandes compétences sociales doivent relever d’un financement national.

Plus d’un an après avoir adressé au gouvernement les premiers signaux de détresse sur leur situation financière, les départements sont toujours en état d’alerte. « Si rien n’est fait d’ici à la fin de l’année, 25 d’entre eux vont se trouver dans l’incapacité d’assumer les missions qui leur incombent », assure-t-on du côté de l’Assemblée des départements de France (ADF). Une sorte de faillite à laquelle aucun des présidents de conseil général réunis jusqu’à jeudi à Avignon, pour leur 80 ème congrès, ne se résout.

Pour les élus départementaux, de droite comme de gauche, seule une révision du mode de financement des trois grandes allocations de solidarité, que sont l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), le RSA (revenu de solidarité active) et la PCH (prestation de compensation du handicap), permettra d’éviter cette funeste issue.

Les dépenses engagées par les conseils généraux pour honorer ces compétences sociales ont explosé et ne sont plus maîtrisables.

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Qui a endetté la France ?

Addendum du 20/10/2010 à cet article paru le 09/10/2010

Dans la version intégrale de son intervention, lisible ici, Jean-Yves Le Gallou a bel et bien évoqué la loi de 1973 :

Reconnaissons qu’il y a un autre service rendu à l’oligarchie qui remonte, lui, à 1973. Et il s’agit cette fois de l’oligarchie bancaire : en 1973, la Banque de France s’est vu interdire de prendre en pension des emprunts d’Etat : ainsi fut créé un revenu supplémentaire et sans risques pour les banques qui créent la monnaie qu’elles prêtent à l’Etat ; prêt qu’elles facturent 2% à 3% l’an, ce qui contribue ainsi à augmenter le profit des banques en creusant le déficit de l’Etat, à hauteur de 40 milliards d’euros par an de charge des intérêts.

(Merci à Boreas)

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Note de Fortune : dans la mesure où le texte qui suit n’évoque pas la loi du 3 janvier 1973, ni l’article 104 du Traité de Maastricht transposé dans la loi française du 4 août 1993, qui, pourtant, nous paraissent constituer une source fondamentale (même si elle n’est certes pas la seule) de l’endettement public, nous renvoyons, en complément, à ces articles :

- La dette publique une affaire rentable

- La dette publique française

- De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

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Par Jean-Yves Le Gallou

Qui a endetté la France ?

La réponse est simple : la dynastie des Endettors qui gouverne la France depuis 1981.

La dynastie des Endettors arrive au pouvoir en 1981 : elle ne l’a pas quitté depuis.

Lorsque François Mitterrand, Endettor-Ier, arrive au pouvoir, la dette de la France est de moins de 300 milliards (en équivalent euros actuels) ; il la porte à 650 milliards. Jacques Chirac, Endettor-II, double lui aussi la dette qui atteint à son départ de l’Elysée près de 1.200 milliards. Endettor-III, Nicolas Sarkozy, va faire encore mieux : en trois ans seulement il porte la dette à 1.600 milliards. Tous les premiers ministres successifs ont pris activement part à cette politique.

Tous ces hommes ont eu une logique courtermiste. Leur horizon s’est souvent borné à la prochaine élection : « Plaire aujourd’hui… et facturer le plus tard possible », telle a été leur devise.

La logique clientéliste des Endettors-Distributors

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Ils ont décidé de ne plus travailler

Jeunes, éduqués et lucides, ils ont choisi de braver une norme sociale fondamentale : ils ne bossent pas et ils l’assument. Même s’il faut manger des pâtes et compter ses amis.

Il est assis en terrasse, comme un touriste. Il prend son temps, il lit tout doucement Le Parisien.

Aujourd’hui, Grégoire ne travaille pas. Il ne travaillera pas davantage demain. A vrai dire, il a arrêté ce genre d’âneries en 2005. Depuis, rien, pas une seule rechute, ou si petite.

En cinq ans, affirme-t-il, j’ai bossé une semaine, au black, pour rendre service à un pote qui a sa propre boîte. Mais je n’ai plus envie, pour l’instant en tout cas. Je ne veux vraiment pas bosser.»

A l’heure où il partait autrefois au boulot, Grégoire s’est donc trouvé une nouvelle activité : il s’installe au café en bas de chez lui et observe le monde du travail qui se met en branle.

Comme ça, je mesure ma chance,” dit-il en rigolant. Il est 9 h 30, sa journée de non-travail commence.

Grégoire, informaticien de formation, n’est pas chômeur à proprement parler puisqu’il ne cherche pas le moindre job, et aurait même tendance à fuir les occasions qui se présentent. Ce n’est pas non plus un feignant complet puisqu’il se lève le matin, qu’il a des projets personnels (de type informatique) et qu’il lui arrive même d’en mener certains à terme.

Grégoire n’est pas davantage un rentier de haut vol, il n’a rien sur son compte. Grégoire non-travaille, simplement. Il n’est pas le seul.

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Ces départements au bord de l’asphyxie financière

Ils sont une vingtaine à ne pas savoir comment boucler leur budget. En 2011, ils seront deux fois plus. Recettes en chute libre, dépenses sociales qui explosent : les départements courent à la catastrophe financière. La semaine dernière, François Fillon a décidé de se saisir du sujet.

Philippe de Champaigne, Vanité (1646)

La Gironde qui dévoile devant micros et caméras un panneau « Département en danger » ; la Saône-et-Loire qui met en ligne « La Chute des départements », une vidéo déjà visionnée par plus de 16.000 internautes ; l’Association des départements de France qui adresse un mémorandum en forme d’appel au secours au Premier ministre… Lequel a annoncé le 1er février la nomination d’experts, chargés de fournir un diagnostic et des solutions.

C’est que la grogne et l’inquiétude se font de plus en plus palpables dans les conseils généraux, dont les élus sont confrontés à une redoutable équation financière.

D’un côté, des recettes en chute libre. En 2009, le marasme immobilier aurait provoqué un manque à gagner de 1,7 milliard d’euros au titre des droits de mutation, selon l’Association des départements de France.

De l’autre, des dépenses sociales qui s’envolent. Aide à l’autonomie des personnes âgées ou des handicapés, aux chômeurs ou aux travailleurs précaires via le RMI devenu le RSA : en 2008, déjà, les départements se plaignaient d’une facture indue de 3,8 milliards d’euros, représentant les prestations non compensées par un Etat mauvais payeur…

2009, année de récession, n’a sans doute rien arrangé. « Aucun autre niveau de collectivité n’accuse un tel trou budgétaire », observe Michel Klopfer, expert en finances locales.
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La misère cachée des campagnes

Ils ne se taisent plus. Ils ont reçu la mort en héritage, et le dénoncent publiquement. À Cavaillon, dans le Vaucluse, Jérémie, enseignant à domicile de 37 ans, veut attaquer l’État pour le suicide de son père, arboriculteur criblé de dettes. « Je veux que les pouvoirs publics prennent conscience qu’ils conduisent les agriculteurs à des situations de faillite ». Jérémie a créé une association, l’ARSFP, l’association pour la reconnaissance de la souffrance des paysans, qui regroupe 30 familles d’agriculteurs suicidés.

Au mois d’avril dernier, en Dordogne, Daniel Lemonie, agriculteur de 55 ans, a mis fin à ses jours. Son fils, Clément, 22 ans, a voulu « briser le tabou du suicide des agriculteurs », et il a révélé une partie du contenu de la lettre que son père lui a laissée : « Mon père s’excusait de me laisser avec des dettes. Je ne veux pas que sa mort passe inaperçue. Qu’on dise, c’est fini ». Non, ce n’est pas fini.

Depuis les années 1990, les crises agricoles se succèdent. Crise de la vache folle : le bétail se meurt, les hommes aussi. Plusieurs éleveurs se suicident dans l’Aveyron. La récente poussée de fièvre catarrhale vient de conduire un éleveur de la haute vallée de l’Aude à se donner la mort.

Chute des cours du vin en Languedoc-Roussillon : 25 suicides de viticulteurs en un an. Le cours du lait a tourné, lui aussi. Selon l’Apli, l’association nationale des producteurs de lait indépendants, environ 150 éleveurs se seraient suicidés en 2009. L’un d’entre eux a choisi de se tirer une balle dans la tête sur la place publique : cela s’est passé devant la statue de Jaurès à Carmaux, dans le Tarn, au mois de septembre.

Entre 2008 et 2009, le nombre d’actifs agricoles a baissé de 2 % en France. Les plus âgés prennent leur – maigre – retraite. On les croise sur les marchés. À 70 ou 80 ans, ils vendent les légumes de leur jardin. Ce jeudi, sur un marché du Gers, Antoine, retraité, vend des fèves et des petits pois. Il ramènera un peu plus de 50 Euros à la maison : « C’est toujours ça ».

Pour passer le cap, certains sollicitent le RSA, le revenu de solidarité active. D’autres cherchent un emploi salarié.

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Le RSA suspendu à la fronde des conseils généraux

Bobigny, capitale des départements en colère. Ce mercredi, 58 présidents de conseils généraux sont venus apporter leur soutien à leur homologue de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone (PS), dont le budget en déséquilibre, voté en avril dernier, a été retoqué par la Cour des comptes.

Dix départements en grande difficulté financière

Le département a jusqu’à vendredi pour adopter un budget en équilibre, faute de quoi le préfet prendra le relais. Mais Claude Bartolone n’entend pas plier. «Je vais demander aux conseillers généraux de maintenir le budget de révolte. L’État doit à la Seine-Saint-Denis 169 millions d’euros pour 2010, c’est une question de principe.»

Selon un rapport remis à François Fillon, dix départements sont aujourd’hui en grande difficulté financière, vingt autres viendront les rejoindre en 2011. «Si le nombre d’allocataires continue d’exploser, on ne pourra pas verser le RMI-RSA en septembre», assure Claude Bartolone.

Depuis 2002, les conseils généraux se sont vus confier l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), la prestation de compensation du handicap (PCH) et le RMI (revenu minimum d’insertion), devenu RSA (revenu de solidarité active). Le problème, c’est que pour calculer les sommes à transférer aux collectivités, l’État s’est basé sur ce qu’il dépensait lorsque ces allocations étaient à sa charge.

Résultat, chaque année, l’écart se creuse entre ce que les conseils généraux dépensent et ce qu’ils reçoivent : un total de 11,5 milliards d’euros d’allocations a été versé en 2008, mais la compen­sation de l’État n’a été que de 7,5 milliards. Le gouvernement a proposé une aide d’urgence aux dix départements en grande difficulté. Insuffisant pour Claudy Lebreton (PS), président de l’Association des départements de France et du conseil général des Côtes-d’Armor : «On a besoin d’un fonds d’urgence pour les départements. Sinon, il y aura des départements en cessation de paiement dès la fin de l’année.»

20 Minutes

Ils survivent grâce aux poubelles : les glaneurs

Glaneurs des villes, glaneurs des champs. Au XIXe siècle, les glaneuses, c’était ces paysannes immortalisées par le tableau de Millet qui ramassaient dans les champs les épis ayant échappé aux moissonneurs. Cette pratique date du Moyen Âge.

Les glaneurs (peinture à l’huile, 1883) – Georges Laugée

Une ordonnance de 1550 permet aux « personnes infirmes ou âgées, les enfants et les indigents qui ne peuvent pas travailler, de ramasser les épis de blé dans les champs après que le laboureur aura enlevé les gerbes », pendant trois jours, après le lever du soleil. À cette époque, il s’agissait d’un « droit d’usage sur la production agricole, réservé aux plus pauvres et aux nécessiteux ».

À l’heure du chômage de masse et de la précarité accrue, cette pratique qui s’inscrit dans le cadre d’un système de débrouille revêt une dimension essentiellement urbaine. Sur les fins de marchés ou autour des poubelles des rues commerçantes, on parle dorénavant de « glanage alimentaire » ou de « glanage urbain ».

Étudiants, mères de famille, chômeurs, retraités… pour survivre il n’ont qu’une solution : glaner les fruits et légumes à la fin des marchés ou faire les poubelles des commerçants. Karine, Joseph, Emilio et Fatima ont accepté que nous les suivions dans leur quête. Le phénomène n’est pas nouveau. Mais comme le montre une étude récente, il prend de l’ampleur. Crise oblige.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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De 540 M€ à 800 M€ de fraudes sur les aides sociales

Un rapport confidentiel de la Caisse nationale des allocations familiales estime que 2,15 % des bénéficiaires d’allocations sociales, soit 200 000 personnes, sont des fraudeurs.

A l’heure où l’affaire de la conductrice au niqab de Nantes relance le débat sur les fraudes aux prestations sociales, une étude inédite de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) dresse, pour la première fois en France, un état des lieux précis sur cette question sensible. Après avoir épluché 10 500 dossiers représentatifs des allocataires, les auteurs de cette étude confidentielle* en tirent deux conclusions majeures.

Des estimations à la hausse

La première tient lieu de bonne nouvelle : le taux de « bon droit » (prestations versées à bon escient) atteint 96,16 %, un score élevé. En clair : l’immense majorité des assurés ne grugent pas. La mauvaise nouvelle, ensuite : jusqu’à présent, la proportion de fraudeurs a été sous-estimée.

L’impact financier théorique de ces fraudes « serait compris entre 0,91 % et 1,36 % des prestations versées en 2009, soit entre 540 M € et 808 M € » (sur environ 60 Mds € ). Un chiffre nettement supérieur aux données connues à ce jour : en septembre 2009, la Cnaf avait estimé à 9 397 les fraudes recensées en 2008, pour 79,77 M € . Le coût réel serait donc sept à dix fois supérieur aux précédentes estimations…

Le document évoque d’ailleurs un « problème important de détection de la fraude. » Également mené par les autres caisses (maladie, vieillesse, etc.), ce travail exhaustif de recensement devrait permettre à la Cnaf de perfectionner son dispositif antifraude.

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Combien coûtent les campagnes de pub du gouvernement ?

Entre la promotion des causes nationales et celle des réformes, l’État dépense plus de 100 millions d’euros par an.

Comme toute entreprise, l’État a son plan de com, et ses budgets afférents. Cette semaine, la presse quotidienne a vu fleurir de pleines pages de pub dont le message est : « Nous devons trouver des solutions pour sauver nos retraites. » Une campagne à 5 millions d’euros, justifiée, selon le Service d’information du gouvernement (SIG), par l’enjeu de la réforme.

Il y aura deux autres messages dans les semaines qui viennent, un sur le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités, le dernier sur l’espérance de vie en France. Et des déclinaisons pour la télé et la radio. Suivra une seconde vague de pub une fois la réforme votée, « car il faudra bien l’expliquer. »

Cette double campagne « sans équivalent » depuis le début du quinquennat Sarkozy, s’insère dans un plan de communication dont le montant, qui n’est pas public, se situe entre 100 et 145 millions d’euros nets en 2009, pour 105 campagnes (contre une soixantaine l’année précédente).

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BUDGETS – Les départements au bord de l’asphyxie ?

L’autonomie a un prix. Après les lois Raffarin de 2004 relatives à la décentralisation, de nombreuses collectivités se sentent orphelines et surtout appauvries par l’État.

La loi de transfert des compétences n’avait pourtant qu’un seul objectif : redonner aux départements et aux villes un contrôle sur leurs dépenses, dans un “souci d’adaptation aux réalités locales pour plus de souplesse”.

Pourtant, à l’unisson du président de l’Assemblée des départements (ADF), Claudy Lebreton et du président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, qui parle de “départements low cost”, les élus grondent.

Mardi, sept départements ont menacé de saisir le Conseil constitutionnel. En cause, l’autonomie financière des collectivités territoriales et les nouvelles responsabilités budgétaires auxquelles elles sont confrontées. Transport, aide sociale, éducation, culture sont autant de trous percés dans la cagnotte des collectivités.

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Budget: le 93 fait sa loi

Finances locales: certains départements comme la Seine-Saint-Denis (93) reprochent au gouvernement de les conduire vers la faillite.

Plusieurs départements ont engagé un bras de fer financier avec l’État. Ils lui reprochent de ne pas avoir compensé certains transferts de compétences, avec des conséquences directes sur leur budget.

Le président de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone (PS), a fait voter jeudi un déficit de 75 millions d’euros pour son budget 2010 (1,8 milliards d’euros) alors que les collectivités locales ne peuvent présenter de budget en déséquilibre.

Compétences sociales

Les départements reprochent notamment à l’État de ne pas avoir compensé financièrement les transferts de compétences sociales.

Depuis la décentralisation, ces collectivités sont en charge du versement des trois prestations universelles: le Revenu de Solidarité active (RSA), l’Aide personnalisée à l’Autonomie (APA) et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).

Et depuis la crise, les montants versés n’ont cessé d’augmenter avec la hausse du chômage.

Un geste fort au niveau symbolique mais complètement illégal et qui pourrait entraîner la mise sous tutelle de la collectivité.

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France : le creusement des inégalités devrait continuer

Une étude de l’INSEE, parue le 02 avril 2010, illustre la très forte augmentation, entre 2004 et 2007, du nombre de personnes à très hauts revenus (information donnée hier sur Fortune). Plus généralement, l’augmentation des inégalités est mise en évidence par l’Institut. Selon lui, elle s’est poursuivie sur la période précitée et devrait s’amplifier encore.

A l’autre bout du spectre [des revenus], le taux de pauvreté connaît «une relative stabilité après une longue baisse», a expliqué Jean-Louis Lhéritier, un expert de l’INSEE, lors d’une conférence de presse. En 2007, le seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie de 908 euros par mois et concerne 13,4% de la population, soit huit millions de personnes.

Risque élevé d’être pauvre en cas de chômage

Les familles monoparentales, les personnes vivant dans un ménage immigré et les chômeurs, restent particulièrement exposés au risque de pauvreté monétaire.

«Plus de 30% des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté», note l’INSEE. De plus, le risque d’être pauvre est 4,7 fois plus élevé si on est au chômage. Enfin, plus du tiers des personnes appartenant à un ménage immigré vit sous le seuil de pauvreté, selon l’INSEE.

Pourquoi y a-t-il un creusement des inégalités ?

Parce qu’il y a une «déformation très importante de la hiérarchie des salaires».

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