La dernière enquête de l’Insee sur les niveaux de vie, rendue publique vendredi 7 septembre, est explosive. Que constate-t-elle en effet ? Qu’en 2010, le niveau de vie médian (19 270 euros annuels) a diminué de 0,5% par rapport à 2009, que seuls les plus riches s’en sont sortis et que la pauvreté, en hausse, frappe désormais 8,6 millions de personnes, soit 440.000 de plus qu’un an plus tôt.
Avec la fin du plan de relance, les effets de la crise se sont fait sentir massivement. En 2009, la récession n’avait que ralenti la progression en euros constants du niveau de vie médian (+ 0,4%, contre + 1,7% par an en moyenne de 2004 à 2008). Il faut remonter à 2004, précise l’Insee, pour trouver un recul semblable à celui de 2010 (0,5%).
La timide reprise économique de 2010 n’a pas eu d’effets miracle, puisque pratiquement toutes les catégories de la population, y compris les classes moyennes ou moyennes supérieures, ont vu leur niveau de vie baisser. N’a augmenté que celui des 5% des Français les plus aisés.
Dans un pays qui a la passion de l’égalité, la plupart des indicateurs d’inégalités sont à la hausse. L’indice de Gini, qui mesure le degré d’inégalité d’une distribution (en l’espèce, celle des niveaux de vie), a augmenté de 0,290 à 0,299 (0 correspondant à l’égalité parfaite et 1 à l’inégalité la plus forte). Le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% les plus riches et celle détenue par les 20% les plus modestes est passé de 4,3 à 4,5.
Les inégalités ont continué de se creuser par le haut. Ainsi, entre 1996 et 2010, le niveau de vie moyen des 10% les plus aisés a augmenté d’environ 2,1% par an en moyenne contre 1,4% dans l’ensemble de la population. En 2010, c’est l’évolution des salaires, limitée dans le bas de la distribution des revenus, qui explique en partie l’accentuation des inégalités, les 10% les plus aisés ayant bénéficié à la fois de salaires plus dynamiques et des rendements élevés de leurs placements.
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