Inégalité pour tous

Ancien secrétaire au Travail sous la présidence de Bill Clinton et actuel professeur à l’université Berkeley, Robert Reich soutient avec ferveur depuis toujours que l’accroissement des inégalités salariales constitue l’une des menaces les plus graves pour l’économie et la démocratie.

Analysant les origines de cette situation et ses conséquences à court terme, il pointe également les nombreux défis à relever avec cette facilité déconcertante qui lui est propre : celle de rendre accessible à tous des principes d’une grande complexité.

Pourquoi et comment l’accroissement insensé des revenus d’une infime minorité des plus riches, conjugué avec la fragilisation des classes moyennes, constitue la plus grande menace pour l’économie et la démocratie ?

Certes, la leçon d’économie que développe ici Robert Reich, ancien secrétaire au travail de Bill Clinton et actuellement professeur à l’université de Berkeley, n’est pas des plus réjouissantes pour qui ne verrait dans l’organisation de nos sociétés que beauté et justice.

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Richard Wilkinson : “Comment les inégalités économiques nuisent aux sociétés” (Rediff.)

Nous ressentons instinctivement que les sociétés qui ont des écarts de revenus énormes vont mal dans un sens. Richard Wilkinson met en graphiques des données concrètes sur l’inégalité économique, et montre ce qui peut empirer quand les riches et les pauvres sont trop éloignés : les effets réels sur la santé, la durée de vie, même des valeurs fondamentales comme la confiance.

(Merci à Boreas)

Gérard Foucher : « Combat contre la finance »

Gérard Foucher s’est transformé en résistant contre la finance en cherchant à comprendre le fonctionnement de la monnaie et du système économique. Une entrevue dans la bonne humeur pour comprendre la finance et son système de prédation de la richesse des peuples.

Auteur du livre “Les secrets de la monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde“, il était invité à Toulouse le 17 septembre 2013 par le groupe local pour le revenu de base, dans le cadre de la semaine internationale du revenu de base, à présenter la conférence gesticulée qu’il a créé sur la base de son livre.

États-Unis : Un millionnaire chinois invite 250 sans-abri dans un restaurant new-yorkais

Millionnaire, il a voulu faire profiter de sa fortune aux plus pauvres. Un richissime homme d’affaires chinois, Chen Guangbiao, a invité à déjeuner 250 sans-abri à New York, dans un restaurant chic de Central Park, mercredi 25 juin.

Une cérémonie l’a également désigné “meilleur philanthrope du monde“. Il a reçu un certificat des Nations unies pour officialiser ce titre. Il a aussi distribué sous les applaudissements 300 dollars (220 euros) à chaque invité. Il a enfin annoncé qu’il paierait le traitement d’une personne grièvement brûlée après s’être immolée par le feu.

PIB/habitant : Bercy s’alarme du décrochage de la France

La richesse produite par habitant a progressé beaucoup moins vite en France entre 1975 et 2012 que dans les autres pays riches.

Le Produit intérieur brut par habitant en France a “décroché” par rapport aux autres pays riches depuis 40 ans, selon une note publiée vendredi 13 juin par le ministère de l’Economie et des Finances.

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Pourquoi pauvres et riches ne développent pas les mêmes cancers (et ceux des pauvres tuent beaucoup plus)

Une étude américaine menée par le docteur Francis Boscoe révèle que les types de cancer varient selon que l’on est riche ou pauvre. La mortalité touche différemment elle aussi. Le cancer du col de l’utérus serait par exemple plus fréquent chez les précaires.

Le Dr Francis Boscoe, dans un étude publiée dans la revue Cancer, montre que la richesse ou la pauvreté de la personne aurait un lien avec le type de cancer développé.

Dans une étude précédente, menée par l’Université de Davis, en Californie et publiée en 2011, les chercheurs avaient constaté que les personnes ayant des faibles revenus avaient 50% de risque en plus de développer des problèmes cardiovasculaires. Cette fois, les chercheurs ont trouvé des liens entre le statut socio-économique et le type spécifique de cancer. Pour cela, l’équipe de chercheurs a analysé 2,9 millions de personnes a qui on avait diagnostiqué un cancer entre 2005 et 2009. Ces participants provenaient de 16 Etats des Etats-Unis.

Ils ont ensuite été divisés en cinq groupes en fonction de leur niveau de pauvreté, évaluée au moment où le diagnostic avait été fait. L’équipe n’a pas trouvé de lien entre le statut socio-économique et l’apparition d’un cancer, mais a trouvé un lien entre le statut socio-économique et le type de cancer. Sur 39 types de cancers sélectionnés, 32 ont été associés à la pauvreté, 14 sont plus fréquents dans les milieux avec un niveau de pauvreté très élevé, et 18 dans les milieux plus aisés.

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« The Shape of things to come (*) » : la géopolitique américaine comme tautologie

(*) À quoi ressemblera l’avenir

Franklin D. Roosevelt dit un jour : « En politique, rien ne se produit par accident, si cela arrive, vous pouvez être certain que cela a été voulu ainsi. » Cette vision déterministe des événements, qui contrevient à la pensée de David Hume pour qui association d’événements n’implique pas causalité, sous-entend le rôle de ceux qui élaborent les scénarios pour l’avenir, forment les tendances dont se nourrissent les élites politiques, économiques, militaires voire académiques [1].

Sans prétendre parler d’une seule et même voix, les scénarios développés par les géopoliticiens américains se font écho les uns aux autres et établissent des lignes de forces et des récurrences qui petit à petit dessinent l’avenir. Ces prophéties auto-réalisatrices ne forment-elles pas une vraie théorie de la révolution mondiale en ce début de 21ème siècle ?

S’il y a une approche géopolitique qui s’impose, c’est celle de la nouvelle hégémonie américaine dématérialisée, suivant la « Joint Vision 2020 » et sa « Full Spectrum dominance » par laquelle les Etats-Unis prétendent vaincre n’importe lequel de leurs adversaires avec ou sans allié [2].

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Et la ville avec le plus grand nombre de milliardaires est…

Moscou arrive en deuxième position, New York termine le podium. La Grande-Bretagne a la plus forte concentration de milliardaires par habitants au monde.

Et cette ville, c’est Londres, qui abrite plus de milliardaires que n’importe quelle autre ville au monde. La Grande-Bretagne a la plus forte concentration de milliardaires par habitant que n’importe quel autre pays, selon des chiffres publiés samedi.

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Pour la super-classe le travail est le nouveau «loisir»

L’économiste français Thomas Piketty, nouvelle star aux États-Unis, montre dans son dernier livre, “Le capital au XXIe siècle“, que les super-riches, les fameux 1%, gagnent plus d’argent de leur patrimoine que de leur travail.

Une oligarchie qui s’enrichit sans lien avec son mérite ou sa capacité de travail, ce qui en fait une question embarrassante au-delà des cercles économistes habituellement critiques du capitalisme.

Mais si une super-classe peut aujourd’hui amasser des sommes colossales sans travailler, une élite du travail s’est en parallèle constituée au début du nouveau millénaire, remettant en cause l’idée selon laquelle plus on gagne bien sa vie, moins on travaille.

Si jusqu’aux années 1960 les salariés les plus éduqués et les mieux payés travaillaient moins d’heures que les autres, ce n’est plus le cas au début du XXIe siècle, selon un article stimulant publié par deux chercheurs du département de sociologie de l’université d’Oxford, Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher.

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Piketty : « Le capitalisme se mord la queue »

Un nouvel économiste crée aujourd’hui la polémique et il n’est pas de droite. Début avril, à la conférence de l’Institute of New Economic Thinking, à Toronto, l’ouvrage de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, a été mentionné au moins une fois à chacune des séances auxquelles j’ai assisté. Il faut remonter aux années 1970, avec Milton Friedman, pour trouver un économiste ayant suscité un tel débat.

Comme Friedman, Piketty est un homme de son temps. Si durant les années 1970, les inquiétudes portaient sur l’inflation, aujourd’hui elles sont liées à l’émergence de ploutocrates et à leur impact sur l’économie et la société.

Piketty est convaincu que le niveau actuel des inégalités de richesse, qui est vouée à augmenter, compromet l’avenir du capitalisme. Et il le démontre. Cette thèse étonnante est très mal accueillie par ceux qui considèrent que le capitalisme et les inégalités sont interdépendants.

Selon cette idée, soutenue par le centre droit, le capitalisme a besoin des inégalités de richesse pour stimuler la prise de risques et les initiatives.
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Caprices de riches

Ces dernières années, le nombre de millionnaires et même de milliardaires a explosé sur la planète. Leur caractéristique ? Être riches, ultra riches. Leur problème ? Ils ont déjà tout. Alors la nouvelle tendance, c’est de vivre des expériences exceptionnelles.

Leur «délire» ? Boire 380.000 euros de champagne en une soirée, replonger dans les fastes de Louis XIV le temps d’un week-end, vivre avec voitures de luxe, jets privés, et yachts à disposition. De Paris à Cannes en passant par les châteaux de la Loire ou Monaco, rencontre avec de riches héritiers, des chefs d’entreprises ou émirs du Golfe.

Enquête sur ces riches qui peuvent quasiment tout se payer, au point d’avoir parfois tendance à vivre «au-dessus des lois».

Partie 1:

Partie 2:
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Ukraine : les milliards envolés des oligarques russes

Ils sont la partie visible de la richesse de la Russie. Les oligarques sont aussi victimes de la crise ouverte entre Vladimir Poutine et les Etats-Unis. La chute de la Bourse russe leur a fait perdre des milliards.

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Vladimir Poutine et Oleg Deripaska

Plus de 20 milliards de dollars… C’est, depuis le début de l’année, le lourd tribut payé par les milliardaires russes à la crise géopolitique et économique. Les 16 plus riches d’entre eux ont vu leur fortune fondre de 23,5 milliards de dollars (8.284 milliards de roubles, selon l’indice Bloomberg des milliardaires). Un véritable krach pour les nouveaux riches les plus en vue de la planète depuis l’effondrement de l’URSS. Sur les 18 Européens dont la fortune a chuté de plus de 1 milliard de dollars depuis le début de l’année, 10 sont russes !

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Les 5 familles françaises les plus riches détiennent un patrimoine cumulé supérieur à celui des 30% de ménages les plus pauvres

En France, les milliardaires Liliane Bettencourt, Bernard Arnault, François Pinault, Serge Dassault et Carrie Perrodo sont à la tête d’une richesse combinée estimée à 77,3 milliards d’euros, selon le classement du magazine Forbes.

C’est plus du double du patrimoine de leurs 5 homologues britanniques, qui ne totalise « que » 33,7 milliards d’euros. Mais ce n’est pas tout : la super-élite française dispose également de ressources financières supérieures à celles combinées des 30% de familles les plus pauvres du pays. En Grande-Bretagne, les cinq personnes les plus riches ont des actifs qui représentent 20% du total cumulés des ménages les plus pauvres.

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Paris : Dans les coulisses d’un prince du Qatar

Avec ce portrait, c’est un document exceptionnel que propose Capital. Pendant plusieurs mois, nous avons suivi l’un des hommes les influents du Qatar, ce pays qui fascine et inquiète les Français. Le prince Abdallah Al Thani est l’oncle de l’émir actuel. C’est un éminent personnage, ancien premier ministre.

À Paris, il a racheté l’un des plus beaux hôtels particuliers de la capitale: l’hôtel Lambert. Un palais dont la rénovation à grands frais a suscité des polémiques et où des caméras pénètrent pour la première fois avec Capital. Abdallah Al Thani est l’un des artisans du Qatar moderne, qui investit avec l’argent du gaz aux quatre coins de la planète et notamment en France.

Il a en partie inspiré les investissements dans le PSG, plusieurs palaces parisiens et quelques grandes entreprises du CAC 40. Avec ce portrait, Capital pénètre dans le quotidien d’un des hommes les plus riches du monde et décrypte les réelles intentions du Qatar dans notre pays.

Gérard Foucher : « Changer la monnaie pour changer le monde »

Conférence de Gérard Foucher au sujet de son ouvrage « Les secrets de la monnaie – changer la monnaie pour changer le monde » publié chez Yves Michel. Passionné de théâtre et aujourd’hui metteur en scène, l’auteur a également navigué 10 ans entre l’Afrique et les Caraïbes, sur un voilier de sa fabrication.

C’est en observant un monde répartissant les richesses de manière de plus en plus inégale qu’il est arrivé, à force de recherches et d’analyses, à la conclusion que « le code source » du fonctionnement de nos sociétés qu’est la monnaie est programmé pour générer ces inégalités.

Son intérêt pour ce sujet nous montre qu’il n’est pas réservé à une élite d’économistes ou de mathématiciens mais qu’il est bel et bien l’affaire de tous. Revenant brièvement sur les mécanismes de la création monétaire, Gérard Foucher évoque des solutions pour sortir de ce carcan et créer ensemble une société plus vertueuse.

Travail : Personne ne voit le plus grand bouleversement depuis 1800

La généralisation de l’automatisation dans tous les secteurs de l’économie va se poursuivre au cours de la prochaine décennie. Cette automatisation va nous enrichir sur le long terme, mais à court terme, le remplacement du travail humain va créer beaucoup de problèmes, notamment parce qu’aucun gouvernement ne se prépare à cette révolution, affirme The Economist.

L’innovation, et en particulier l’automatisation, a révolutionné notre façon de travailler. Elle a détruit des emplois, et en a créé de meilleurs. Une société plus productive est une société plus riche, et l’augmentation de la richesse provoque une hausse de la demande pour des biens et des services de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui, on ne voit plus de pool de secrétaires, mais il y a de plus en plus de programmeurs et de designers web.

Pour les travailleurs, ce seront d’abord les inconvénients de cette évolution qui se feront sentir. Même si elle suscite la création de nouveaux emplois plus intéressants sur le long terme, à court terme, la tornade technologique provoquera un élargissement des écarts de salaires, et ce phénomène est susceptible de créer des tensions sociales et peut-être même politiques. Or, aucun gouvernement ne s’y est préparé.

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Encore plus d’inégalités: comment les 0,01% ont distancé les 1%

Nous savons tous que les riches sont de plus en plus riches et de plus en plus nombreux, et que l’écart entre les 99% et les 1% n’a fait que se creuser. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il s’est aussi creusé entre les 1% et les 0,1% et même entre les 0,1% et les 0,01% affirme le New York Times. Le grand quotidien américain s’est intéressé à des données élaborées par des chercheurs de l’École d’économie de Paris et de l’Université de Californie de Berkeley qui ont été regroupées dans l’étude mondiale World Top Income Database.

Cette étude montre qu’en 2012, 90% des Américains gagnaient en moyenne 30.997 dollars, qu’1% gagnaient en moyenne 1.264.065 dollars, et que les Américains les plus riches, qui représentent 0,10% de la population, gagnaient même 206 fois plus que 90% de leurs compatriotes, soit 6.373.782 dollars.

En 1990, les 1% gagnaient 21 fois plus que les 90%, et les 0,10%, 87 fois plus que les 90%. En 1980, les multiples respectifs étaient 14 et 47.

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Christophe Guilluy : « Les élites sont obnubilées par les métropoles »

La nouvelle géographie sociale du pays rend inévitable la montée des antagonismes entre les métropoles « mondialisées » et la France des « invisibles ». C’est le constat de Christophe Guilluy, auteur de « Fractures françaises » où il étudie l’évolution socio-culturelle des classes populaires.

Que retenir du projet de loi d’affirmation des métropoles, définitivement voté le 19 décembre par le Parlement ?

Cette priorité est tout, sauf une surprise. Cela fait trente ans que les élites et la technostructure, obnubilées par la question économique, organisent la France autour de ces métropoles. Le texte du gouvernement Ayrault met simplement en forme cette vision sur les plans politique et institutionnel.

Pourquoi les métropoles correspondent-elles, selon vous, à l’expression de la vision dominante ?

Si les grandes villes sont les zones les plus inégalitaires de France, elles restent néanmoins les mieux intégrées à la mondialisation : les 40% de Français vivant dans les métropoles génèrent plus de 60% du PIB national. Les métropoles sont les vitrines de la mondialisation heureuse. La droite libérale, d’ailleurs, aurait très bien pu être derrière cette réforme territoriale.

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Mène-t-on une vie «riche de sens» dans les pays les plus pauvres?

«Là-bas, ils n’ont rien, mais ils sont heureux.» Nous avons tous entendu au moins une fois cette remarque formulée au retour d’un voyage dans un pays pauvre. L’idée selon laquelle le bien-être matériel nous éloignerait du vrai sens de la vie est bien ancrée chez ceux qui vivent dans des pays aisés.

Mais à défaut d’avoir des logements de bonne qualité, des restaurants élaborés et un nouveau Smartphone chaque année, les pauvres mènent-ils vraiment une vie riche de sens? En tout cas, plus riche que la nôtre?

C’est à cette question que tentent de répondre les psychologues Shigehiro Oishi (université de Virginie) et Ed Diener (université de l’Illinois) dans un article publié en décembre 2103 dans Psychological Science. Le New Yorker, qui en livre les conclusions, précise que les données sont issues d’un sondage annuel de l’institut Gallup, réalisé dans 132 pays.

On ne sera pas très surpris de vérifier – une nouvelle fois – que les répondants des pays riches sont plus nombreux à se déclarer heureux. De nombreuses études associent le niveau de richesse d’un pays au bonheur et au bien-être de ses habitants. Ces résultats se vérifient au niveau national, dans les moyennes des réponses des habitants, mais aussi au niveau individuel: les plus aisés des pays aisés sont les plus heureux.

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