En Grèce, les seniors face au « choc » de la crise : « C’est comme une guerre »

On les voit plus rarement sur la place Syntagma exprimer leurs inquiétudes. Une partie des retraités grecs, silencieux, dissimulent toutefois une colère sourde. Les seniors ont vécu le déclassement de leur pays comme une situation brutale et inédite. Ils observent, amers, les nouvelles générations frappées par le chômage et la désillusion.

Les dernières semaines ont été un « choc » pour Charalambos Tsavimos. L’homme de 60 ans a observé avec angoisse les files d’attente devant les distributeurs de billets. « En 1974, après la dictature, les banques avaient fermé, se souvient-il, mais c’était quelques jours seulement ». Charalambos connaît bien le système bancaire grec. De ses 18 à 56 ans, il a travaillé au sein d’Ethniki Bank. Chaque jour depuis le 28 juin, ce retraité retire ses 60 euros. « Ou plus souvent cinquante, car maintenant, beaucoup de distributeurs manquent de billets de dix ». L’argent sert, « pour acheter des médicaments pour ma mère de 89 ans, aider ses enfants, acheter de la nourriture ». Il parle d’un ton las et ferme longuement ses paupières.

Tout calculer, chaque jour

Sur le papier, Charalambos a un profil aisé. Sa pension de retraite est « confortable » : 1 800 euros par mois. Avant 2012, elle s’élevait à 2 500 euros. Mais chaque mois, il opère un contrôle méticuleux des dépenses. « Nous vivons à cinq sur cette pension », explique-t-il. Sa femme ne touche plus de retraite. Deux de ses enfants de 22 et 25 ans vivent à son domicile, dans le quartier de Patissia, au nord d’Athènes. L’un est étudiant, l’autre ne travaille pas. Un autre de ses enfants, diplômé, est parti vivre avec sa copine, il est au chômage. Le père essaye de les aider, environ 200 euros par mois. Seul un de ses enfants travaille : il s’est exilé à Londres.
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Grèce : Tsipras a-t-il vraiment obtenu quelque chose ?

A l’issue d’une interminable nuit de négociations, le Premier ministre grec a accepté de douloureuses concessions. En échange de quoi exactement?

Une misère, une humiliation, un esclavage“. Le cri du cœur est celui de Haralambos Rouliskos, un économiste athénien, après la publication de l’accord sur la Grèce. Après 17 heures de négociations dans la nuit de dimanche à lundi, les chefs d’État de la zone euro se sont mis d’accord sur un scénario de sortie de crise.

Mais celui-ci passe par une cure d’austérité d’une ampleur inédite pour Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a-t-il vraiment obtenu quelque chose en échange ?

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La cruelle absence d’une politique démographique européenne

Empêtrée dans ses difficultés du moment, l’Europe européenne ne voit pas arriver la prochaine crise… démographique.

En prolongeant le déficit actuel des naissances par rapport aux décès, et en excluant tout nouvel appoint migratoire, la population de l’Union est appelée à diminuer de près de 65 millions d’habitants d’ici 2060 selon certains scénarios de démographes. Et l’Europe, qui pesait encore près de 17 % du total planétaire en 1975, n’en pèserait plus que 7,5 % au milieu du siècle. Il est vraiment difficile d’imaginer dans ces conditions un continent européen dynamique et influent. Les remèdes sont connus mais difficiles à mettre en œuvre. Personne n’imagine appeler les Européens à faire des enfants pour nous “sauver” du désastre, et l’immigration ne peut servir que d’appoint. L’Europe devra donc plus que jamais miser sur la qualité de son capital humain, et non pas sur la quantité. “Il n’y a de richesses que d’hommes, oui mais… qualifiés et bien formés” dirait aujourd’hui Jean Bodin.

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Grèce : Les retraités se ruent sur les banques pour retirer leurs pensions

La panique gagne les Grecs. De nombreux retraités ont fait la queue devant les banques de la capitale, mercredi 1er juillet, alors qu’Athènes est en défaut de paiement depuis mardi soir. Les agences ont exceptionnellement ouvert pour permettre aux personnes âgées de retirer une partie de leurs pensions au guichet.

Le niveau de vie des retraités a baissé entre 2010 et 2015

Tout le monde parle du dernier rapport du COR (comité d’orientation des retraites) mais peu l’ont lu. Nous avons épluché les 125 pages de ce dossier et des informations importantes sont passées inaperçues. Ainsi, nous pouvons apprendre que pour équilibrer financièrement le système de retraite jusqu’à 2060 la pension moyenne des retraités devrait diminuer par rapport à sa valeur de 2013, de l’ordre de 20 % !

En plus les retraités ne sont pas des nantis: la preuve le niveau de vie moyen des retraités tend à stagner depuis 2008, voire même à baisser légèrement entre 2010 et 2015. Une des rares bonnes nouvelles de ce rapport est d’apprendre que lespérance de vie à 60 ans progresse assez régulièrement en France depuis 1945, en effet, en moyenne à la retraite nous profitons encore de 24,8 belles années.

Il est normal que le système de retraite soit en danger car la France compte 1,7 cotisant par retraité en 2018 pour environ 1,4 à partir de la fin des années 2040. Pas assez d’actifs pour trop de retraités, l’équation semble insoluble. En outre, les fameux seniors ne travaillent pas assez ou plutôt ne trouvent pas assez de travail : en 2014, le taux d’emploi atteint 68 % pour les 55-59 ans et 25 % pour les 60-64 ans. Enfin, les taux d’activité et d’emploi des 65-69 ans demeurent très faibles, autour de 5-6 %. 

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Chine : Le vieillissement de la population, talon d’Achille du géant asiatique

Cela fait 35 ans que la politique de l’enfant unique a été imposée aux Chinois. Et elle n’en finit pas de bouleverser la société et a des conséquences inattendues aujourd’hui… sur les personnes âgées.

Les retraites sont très faibles, et les seniors comptent sur leur enfant pour les aider dans leurs vieux jours. Mais que se passe-t-il quand cet enfant unique est mort trop jeune?

Travailler moins pour gagner plus…

… Ou l’impensé inouï du salaire.

Cette conférence évoque le potentiel d’action collective que recèle de « droit du travail » : processus d’avancée historique continue de la propriété collective des travailleurs contre la propriété lucrative du capital, symbolisé dans la protection sociale, que l’on veut nous faire passer pour des « charges » !!!

Le salaire n’est pas le « prix » d’un travail (version de droite) , mais un « barème » imposé par la lutte, (version de gauche) c’est à dire un rapport de forces par lequel nous obligeons un propriétaire à payer aussi du travail libre à d’autres que nous (retraites, chômage, maladie…et bientôt pourquoi pas la jeunesse? via un salaire universel qui nous délivrerait du marché de l’emploi subordonné) ?

L’enjeu des retraites n’est pas financier (il n’y a aucun problème de financement des retraites) mais idéologique car ce sont les retraites qui sont en train de rendre visible que le salaire peut payer aussi du temps libre sans aucun danger pour l’économie. Il s’agit donc pour le capital de détruire toutes les formes de protection sociale issues de 1945 (sécurité sociale, retraite, conventions collectives, etc.).

Pour y résister il faut des syndicats, c’est à dire d’abord et avant tout des syndiqués ! Réinventer le syndicalisme est le seul moyen. L’atelier se propose de faire le point avec les participants sur leur rapport personnel au syndicalisme, et des moyens de réinventer un syndicalisme efficace et attirant, qui s’emparerait des méthodes joyeusement militantes de l’éducation populaire.

De plus en plus de retraités contraints de vendre leur logement

C’est une tendance croissante constatée par les agents immobiliers. De plus en plus de retraités vendent leur logement. Pourquoi? Parce que les frais d’entretien deviennent ingérables et parce qu’ils veulent retrouver du pouvoir d’achat.

Selon les conclusions à venir du Conseil d’orientation des retraites. La situation des seniors ne va pas s’arranger.

La jeune génération moins bien lotie que l’ancienne

La génération Y est-elle la génération sacrifiée ? Alors que leurs parents ont connu l’âge d’or, celui des CDI et de l’immobilier pas cher, les jeunes sont confrontés à davantage de précarité. 

En effet, nombre de jeunes décrochent des CDD ou des petits contrats alors qu’au même âge leurs parents avaient déjà un CDI. En 1975, l’âge du premier emploi stable était d’ailleurs de 20 ans contre 28 ans aujourd’hui.

Les chiffres du chômage diffèrent aussi selon les époques. Alors que le nombre de demandeurs d’emploi était de 5% chez les jeunes il y a 40 ans, il atteignait 25% en 2013. Le taux de pauvreté chez les 18-29 ans est lui passé de 10% en 1970 à 19% en 2012. 

Quant à l’âge de départ à la retraite, là encore, la jeune génération est lésée. Les jeunes doivent désormais cotiser plus longtemps que leurs parents.
Mais ce n’est pas tout, le prix de l’immobilier a grimpé de 140% en l’espace de vingt ans. Si le revenu moyen par ménage a lui aussi augmenté, la progression reste assez faible avec seulement plus de 15,6%.

Les pensions des soldats coloniaux

Ce film dresse le portrait de Mohammed Mechti, ancien combattant marocain, engagé à 18 ans dans l’armée française, ayant servi toutes nos guerres depuis 39/45, et qui finit sa vie, ici, à Bordeaux loin des siens. Mechti est un homme déraciné, autant au Maroc qu’en France, un homme qui n’a plus qu’un seul but: retrouver une dignité qu’on lui a volé il y a 40 ans.

Pour toucher le minimum vieillesse que leur octroie aujourd’hui le gouvernement de la République Française, ces
anciens combattants sont obligés de demeurer sur le sol français neuf mois par an, et de ce fait, se retrouvent exilés à vie dans les villes de l’hexagone.

Aujourd’hui, cloîtrés dans des foyers pour quelques centaines d’euros, ces vieillards désœuvrés comptent les jours qui les séparent de leur famille puisque trois mois par an, l’administration française magnanime leur offre le droit de rentrer dans le bled.

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L’imprévoyance générationnelle : Question taboue

En France, l’idée des inégalités entre générations figure comme un non-dit. La raison en est simple: mettant en cause plusieurs choix politiques opérés par les générations vieillissantes, les dettes publiques sans cesse reportées ou les invraisemblables ratés du système d’enseignement français, sans parler du patinage artistique autour de la réforme des retraites, elle est quasiment taboue. En fait, personne n’a envie d’endosser le fiasco d’un égoïsme générationnel.

On renvoie alors la responsabilité aux élites politiques qui nous gouvernent, oubliant que celles-ci ont été démocratiquement élues et que l’opinion publique est plus que jamais une boussole qui oriente leurs choix. De surcroit, (presque) toutes les familles éprouvent une solidarité face aux difficultés potentielles d’insertion de leur progéniture et déploient la panoplie du parent responsable: encouragement pour conduire au plus haut niveau scolaire, aide matérielle et morale pour accompagner au mieux vers l’autonomie, accueil lors des différents « pépins » qui peuvent survenir dans la vie du jeune adulte.

Cet effort est évidemment indexé sur les revenus de chaque famille – 54 % des 18-24 ans et 34 % des 25-34 ans reçoivent une aide financière de leurs parents (BVA 2014, Les Français et leur budget). Ainsi, les parents se posant en premier amortisseur de la crise de la reproduction sociale, la perception du conflit de génération existe à peine. Cette question objective n’est pas perçue subjectivement.

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Les retraités français en exil fiscal au Portugal

De plus en plus de riches retraités fuient la France et traversent les frontières pour des pays plus accueillants fiscalement. Destination phare de ces exilés fiscaux depuis quelques années : le Portugal, qui exonère les ressortissants français.

Pour certains retraités, la tentation est grande de passer les frontières pour payer moins d’impôts. En cause, la suppression de certains avantages fiscaux en France, et l’exonération d’impôts pour ses ressortissants au Portugal… à condition qu’ils passent au moins six mois et un jour – 183 jours exactement − dans le pays d’accueil.

FranceTV Info

Un chômage à 35% d’ici 2025 ?

Entre 1989 et 2013, le taux d’activité réelle en France est passé de 42.75% à 36.88%. La faute à la “crise” ? Pas sûr. Il y a 18 mois, deux chercheurs britanniques ont évalué l’impact de la computérisation de l’économie sur le niveau de l’emploi.

Les chiffres sont sans appel. Aux États-Unis, 47% des emplois actuels sont tout simplement amenés à disparaître au cours des 10 prochaines années. Le cabinet Conseil Roland Berger estime qu’en France, ce sont 3 millions d’emplois supplémentaires qui pourraient être détruits amenant le taux de chômage (catégories A, B et C) entre 13 et 18% d’ici 2025.

Avec le vieillissement de la population, la destruction de 3 millions d’emplois supplémentaires serait fatale à un régime de retraites dont l’assiette est basée, pour l’essentiel, sur les salaires.

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Mulhouse (68) : Il vit dans sa voiture en attendant de toucher sa retraite

Gérard va avoir 61 ans. Ce Parisien, qui a travaillé pendant plus de 35 ans pour la Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile-de-France, dort parfois dans sa voiture à Mulhouse. Vivant des aides sociales, il attend de toucher sa retraite dans quelques mois.

« Tu devrais aller voir derrière le commissariat. Il y a un homme qui dort dans sa voiture. On l’aime bien. On essaie de l’aider. Son histoire est incroyable. » Gérard est presque devenu la coqueluche de certains policiers mulhousiens. Cet homme de bientôt 61 ans garde toujours le sourire et apprécie de discuter un peu avec des gens. Mais son histoire n’est pas très drôle.

« Vous savez pourquoi j’ai choisi de m’installer ici ? Ma voiture est au moins en sécurité , lâche-t-il hilare. Vous savez, j’étais fonctionnaire, alors en voir d’autres, comme des policiers, ça me rassure. En plus, il y en a certains qui sont très sympas. »

Sa place de parking, c’est son terrain de camping. Sa voiture, c’est sa demeure… et celle de ses deux chiens. [...] Gérard est sans domicile fixe et il mène cette vie de bohème depuis un peu plus de deux ans. Et ne croyez pas que cet homme n’a jamais travaillé.
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Ces retraités qui font le choix de reprendre le travail

Secrétariat, gardiennage, petits travaux : 500.000 retraités ont fait le choix de reprendre une activité cette année, soit quatre fois plus qu’il y a six ans. La motivation ? Le désir d’être utile, l’envie de changement ou le besoin d’argent. Des sexagénaires se lancent même dans la création d’entreprises.

Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Zoom sur ces retraités qui travaillent

À cause de pensions insuffisantes, les retraités sont de plus en plus nombreux à retourner travailler pour arrondir les fins de mois. En France, environ 400.000 retraités continuent à travailler, un chiffre qui a doublé en cinq ans.

Toutefois l’âge de ces nouveaux travailleurs est parfois un plus : les employeurs misent sur leur savoir-faire et leurs longues années d’expérience. Certains pensent désormais travailler toute leur vie…

Jacques Attali : « Je rêve d’une société sans retraite »

C’est un signe qui ne trompe pas : il collectionne les sabliers. Jacques Attali, économiste et écrivain, estime que la réduction du temps de travail est un échec de la société industrielle. Ses proches savent avec quelle minutie celui-ci organise son temps, une notion qui le rend philosophe. « Le temps ne passe pas, il n’y a que nous qui passons », affirme-t-il.

Pourquoi collectionnez-vous les sabliers ?

Le sablier est un objet intéressant : le verre c’est du sable, un sablier n’est que du sable, qui renvoie à la mer… d’où tout vient. La collection elle-même est un rapport au temps, un moyen d’aller contre la mort.

Comment s’organise votre quotidien ?

Je n’ai pas de quotidien, ni de routine, aucune de mes journées ne ressemble à la suivante ou à la précédente. Je dors peu et j’ai pour habitude de me lever tôt. Si je mène des activités de natures différentes, ma principale obsession est d’avoir du temps libre et de la solitude, de ménager du temps pour l’inattendu, pour lire, écrire ou faire de la musique. Certains dorment peu et ne font rien de leur journée, donc dormir peu n’explique pas tout, c’est l’intensité du temps qui compte.

Comment faites-­vous pour concilier obligations et moments de solitude ?
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Des retraites difficiles pour les agriculteurs

À l’occasion du Salon de l’agriculture, une équipe de France 3 s’est intéressée aux retraites des agriculteurs. À 78 et 83 ans, après 50 ans de travail, Yvette et Germain Bourry ont bien du mal à joindre les deux bouts.

Une longue vie de travail, mais une toute petite retraite de 500 euros par mois. C’est la moyenne pour une femme d’agriculteur, en raison du statut de conjointe ou d’aide familiale. Germain son mari, n’est guère mieux loti. À eux deux, ils dépassent tout juste 1.000 euros par mois.

Alençon (61) : Encadrée par un policier, une fonctionnaire est contrainte de partir en retraite

C’est une étrange façon de formuler ses vœux de bonne année à une employée. De retour au travail après la Saint-Sylvestre, Geneviève Godet est accueillie par un directeur de service et un policier municipal. Les deux hommes lui notifient son départ à la retraite et lui demandent de quitter les lieux.

Après 35 ans de service, cette fonctionnaire de la communauté urbaine d’Alençon se retrouve sans emploi et sans pension. Pour la collectivité locale, l’employée a atteint l’âge légal de la retraite. Problème: Geneviève n’a pas la totalité de ses trimestres.

Le travailleur en miettes ?

Zéro stock, just in time, good practices, qualité totale, promotion par le mérite… : suivez la tendance pour comprendre la déconstruction du système de santé-sécurité au travail. Une opinion de Christophe De Brouwer, professeur de médecine du travail (ULB).

Expression entendue dernièrement présentée comme une évolution du “travail en miettes”, titre du célèbre livre de Georges Friedman décrivant des méthodes de travail parcellisées à l’extrême de concert avec l’interchangeabilité du travailleur. L’individualisation au travail était en marche depuis la fin de la dernière guerre. Suite à la demande importante de main-d’œuvre durant cette période, cette individualisation s’accompagna d’une libération dans la vie privée et de travail.

Mais à partir des années 80, la crise aidant, les impératifs productifs se déplacèrent progressivement, non plus vers la quantité, mais vers la qualité commerciale du produit, compte tenu d’un concurrence de plus en plus globalisée. La relation entre la demande et l’offre de main-d’œuvre s’inversait, et la solitude du travailleur face à ces nouvelles organisations de travail deviendra un lot commun. Cette mutation dans l’organisation du travail s’accompagna d’une demande de polyvalence du travailleur, non pas, comme on l’avait cru, pour répondre à une diminution de la division du travail (Toyotisme), mais au contraire pour accentuer les capacités de flexibilité de l’entreprise.

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Grèce : Une nation déclassée prête à voter Syriza

Addendum : La Grèce entre chômage élevé et forte fiscalité

Électricité coupée, retraites et droits sociaux amputés : nombre de Grecs veulent la fin de l’austérité.

Ce matin-­là de janvier, il fait 3 °C à Athènes. Et seulement 13 °C dans l’appartement d’Evguénia Michalakou, dans le très résidentiel quartier d’Aghia Paraskevi, à l’est de la capitale grecque. « Cela vous semble peu ? Pour nous, c’est un petit miracle ! », lance dans un sourire cette pétillante quadragénaire. Après deux ans sans électricité, Evguénia et sa famille viennent en effet de se faire rétablir le courant le 31 décembre 2014.

C’est cette Grèce déclassée, lessivée par quatre années de crise et d’austérité, qui s’apprête aujourd’hui à voter pour la Syriza, aux élections législatives du 25 janvier. Le parti entend bien étendre à l’échelle nationale les recettes sociales expérimentées en Attique, la plus grande région de Grèce autour d’Athènes.

« Depuis, on a installé deux gros radiateurs électriques à roulettes que l’on balade de pièce en pièce, et nous avons retrouvé le plaisir de nous la- ver à l’eau chaude. Nous reprenons une vie normale », se félicite cette mère de deux garçons de 11 et 18 ans, réceptionniste téléphonique.
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Derrière le cliché de l’Allemagne travailleuse, le désir croissant de temps libre

Aujourd’hui, l’Europe semble s’accorder sur l’idée que la réduction du temps de travail serait néfaste à l’économie. L’Allemagne, leader économique de la zone euro, est souvent érigée en modèle. Pourtant, une certaine tranche de la population allemande semble vouloir s’orienter vers un autre modèle. Loin du cliché de l’Allemand travailleur, celle-ci exprime un désir croissant de faire plus de place à sa vie privée.

Gagner moins pour travailler moins

En Allemagne, 40% des employés seraient prêts à renoncer à une partie de leur salaire s’ils pouvaient en échange réduire leur journée de travail. Ce désir est particulièrement vif chez les cadres, dont le salaire est suffisant pour rêver à du temps libre. Plus de 60% se disent prêts à échanger de l’argent contre du temps. C’est ce que montre un sondage du cabinet de recrutement Rochus Mummert(1), basé sur plus de 1000 entretiens. Ce chiffre des 60% est révélateur d’une population qui commence à véritablement prendre conscience que l’argent ne fait pas le bonheur ; que le temps est tout aussi précieux, voire plus. Une prise de conscience qui correspond à une nouvelle tendance importante, et qui porte des noms: on parle de « life-work-balance », de « downshifting » et de « génération Y ».

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Retraites complémentaires : La faillite c’est demain (Màj)

Le rapport de la Cour des comptes ne devait être publié que jeudi, mais “Le Parisien” en dévoile les grandes lignes ce lundi 15 décembre. Principale mesure préconisée : travailler jusqu’à 64 ans pour les cadres, contre 62 ans aujourd’hui, afin de renflouer les caisses.

A l’Agirc-Arrco, organismes de retraite complémentaire des cadres et des salariés, les coûts de gestion sont 20 % supérieurs à ceux du régime général de la Sécu. A l’Agirc-Arrco, organismes de retraite complémentaire des cadres et des salariés, les coûts de gestion sont 20 % supérieurs à ceux du régime général de la Sécu.

Un rapport de la Cour des comptes, qui sera publié jeudi, sonne l’alarme concernant les retraites complémentaires du privé et préconise un allongement de deux ans de la durée du travail.

Le régime de retraite complémentaire des cadres, l’Agirc, en possible cessation de paiement d’ici fin 2017, c’est-à-dire demain. Celui des non-cadres, l’Arcco, lui aussi menacé à brève échéance… Voilà deux des constats chocs que la Cour des comptes s’apprête à dresser, jeudi, dans un rapport public thématique, qu’elle a pour la première fois décidé de consacrer à l’avenir des retraites complémentaires des salariés du privé*.
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Que faire de nos parents ?

La perte d’autonomie des personnes âgées est souvent difficile à gérer pour les enfants, que ce soit dans son aspect émotionnel ou en matière d’organisation et d’argent. Rares sont les enfants qui acceptent d’accueillir leurs parents chez eux, faute de place ou d’envie.

La France compte aujourd’hui près de 1,2 million de personnes âgées dépendantes, et les estimations laissent penser qu’elles seront près de deux millions en 2040. Comment vivre avec la culpabilité de placer sa mère ou son père en maison de retraite ? Où trouver la structure adéquate pour leur résidence et les moyens de la payer ?

Tunisie : Les vacances au soleil des retraités français

Ils ont entre 60 et 85 ans, sont retraités et ont décidé de passer entre 1 et 3 mois de vacances au soleil. A trois heures de vol de Paris, la Tunisie arrive en tête des destinations. 25° en plein mois de novembre, le soleil et la Méditerranée à deux pas…

Ce qui attire ces retraités, c’est surtout les prix. “Pour un séjour d’un mois, les clients ont déboursé 1 000 euros en moyenne. C’est tout simplement trois fois moins qu’en haute saison

Pour les hôteliers, ces vacanciers sont précieux. Ils sont écoutés, chouchoutés. “Cela nous fait remplir les hôtels durant tous les mois d’hiver. A partir du mois de novembre jusqu’au mois de mars“, explique le chef de réception du club Sangho de Zarzis.

A la clé, 850.000 euros de chiffre d’affaires et un hôtel rempli aux trois quarts en pleine saison creuse.

Ce que coûtent (encore) Giscard, Chirac et Sarkozy aux Français

Logement, personnel, frais de déplacement… L’Etat ne se contente pas de verser une généreuse retraite aux ex-Présidents. Une situation unique au monde.

Une fois battus ou retirés de la vie politique, les anciens présidents de la République n’ont pas de souci à se faire sur le plan matériel. Elevés au rang d’«ex», ils continuent d’être pris en charge par l’Etat, qui leur assure un train de vie plus que confortable. Une exception très française. Au 77, rue de Miromesnil, dans les beaux quartiers de la capitale, Nicolas Sarkozy reçoit ses visiteurs avec un certain faste. Tony Blair, René Ricol, Alain Finkielkraut, Florence Cassez tout juste libérée…

L’ancien chef de l’Etat dispose d’un appartement de 320 mètres carrés, composé de 11 pièces, dont une salle classée monument historique, avec des peintures datant du XIXe siècle. Prix estimé de cette location de luxe? Près de 180.000 euros annuels, soit 15.000 euros par mois. Nicolas Sarkozy n’a pas regardé à la dépense, et pour cause, c’est la République qui règle la facture. Conformément à une “décision” signée en 1985 par Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand, l’Etat met à la disposition des anciens présidents un appartement de fonction “meublé” et “équipé”.

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La retraite dorée du PDG de GDF Suez

Âgé de 65 ans, Gérard Mestrallet est encore à la tête de GDF Suez pour un an et demi mais sa future retraite fait déjà polémique. Selon le Canard enchaîné, GDF Suez a provisionné 21 millions d’euros en 2013 pour payer la retraite de son dirigeant.

Selon la direction du groupe, Gérard Mestrallet bénéficiera d’un complément de retraite annuel de 831.641 euros qui s’ajouteront à sa retraite de base de 90.000 euros, soit au total 921.641 euros par an. Cela représente un revenu de 76.803 euros par mois ou bien encore 53 fois le SMIC…

Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

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Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Le train de vie indécent de nos chers sénateurs (Màj vidéo)

Addendum du 01/10/2014 : Comment les sénateurs puisent dans la cagnotte de la réserve parlementaire

Ni vu ni connu, le 16 avril dernier, les 26 sénateurs qui forment le bureau du Sénat ont substantiellement amélioré le statut des fonctionnaires à leur service. D’un trait de plume, ils ont allongé de 6 ans la durée pendant laquelle un fonctionnaire peut travailler en dehors du Sénat sans perdre le droit d’y revenir. Portant ainsi ce qu’on appelle la “disponibilité” à 18 ans. Un confortable parachute.

Cette décision ne doit rien au hasard puisque le premier bénéficiaire n’est autre que Bernard Rullier, conseiller parlementaire de François Hollande et membre du prestigieux corps des administrateurs du Sénat.

Il aurait été difficile de priver le président d’un de ses conseillers en le rappelant pour une sombre affaire de règlement interne, reconnaît sous couvert d’anonymat un haut fonctionnaire. Et on se voyait mal le radier… D’autant que le conseiller est aussi un très proche de Jean-Pierre Bel, l’actuel président de la Haute Assemblée.

Bienvenue au Sénat, la deuxième chambre de la République, qui ce dimanche 28 septembre est repassé de gauche à droite, à l’occasion du renouvellement de la moitié de ses 348 élus. Ici, les privilèges se distribuent en toute discrétion, et l’opacité est la règle dès qu’il s’agit de cuisine interne.

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Ces retraités américains qui n’ont pas fini de rembourser leurs prêts… étudiants

Aux Etats-Unis, la dette étudiante des 65 ans et plus a atteint en 2013 quelque 18,2 milliards de dollars, contre 2,8 milliards en 2005.

Difficile de rembourser une éducation extrêmement coûteuse aux Etats-Unis, y compris pour les personnes âgées, dont certaines n’ont toujours pas fini de payer leurs prêts étudiants et voient désormais leurs retraites ponctionnées par l’Etat, qui veut récupérer son argent. Aux Etats-Unis, la dette étudiante des 65 ans et plus a atteint en 2013 quelque 18,2 milliards de dollars, selon un nouveau rapport du Government Accountability Office (GAO), l’équivalent de la Cour des comptes en France.

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Retraités « réenracinés »

Les zones rurales attirent de plus en plus de nouveaux résidents. Qui sont ces aventuriers? Rencontre avec ceux qui, à l’heure de la retraite, reviennent sur les lieux de leur enfance.

Au début, Danielle Baudin-Crouzet n’arrivait pas à dormir à Armand (Haute-Loire). Trop de silence. La rumeur de la ville l’avait bercée si longtemps, avant son installation dans ce hameau, qu’elle sursautait au moindre bruit, au plus petit craquement. Un cri d’oiseau, le soupir des forêts, une voiture qui passe, un rien. L’endroit, elle le connaissait pourtant comme sa poche.

C’est là qu’elle a grandi, dans la ferme de ses parents. Et de là qu’elle a marché, chaque matin, pour se rendre à l’école primaire du petit village de Trabesson, juste au-dessus.

Quand elle en est partie pour Lyon, avec son diplôme d’institutrice en poche, ce fut sans regret. « La vie était dure », se souvient cette jolie femme, née en 1947. A 1.000 mètres d’altitude, dans ce paysage de sapins noirs et de chemins tortueux, les hivers semblent longs avec un seul poêle pour chauffer toute la maison.
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États-Unis : Pas de repos pour Granny

Aux États-Unis, l’âge de la retraite ne sonne pas à 65 ans pour tout le monde. Les salariés américains prolongent désormais leur vie active jusqu’à 70, 80, voire 90 ans.

Rencontre, sur leurs lieux de travail respectifs, dans l’Ohio, avec ces «senior worker». Jo, 75 ans, Gene, 73 ans, Thelma, John et Caroll, 87 ans, et Evelyn, 93 ans, ne touchent pas une pension suffisante pour assurer leur niveau de vie et ont repris le chemin du travail.

Les employeurs trouvent leur compte avec cette main-d’œuvre disponible, fiable, productive et peu coûteuse.