Retraite : Quelles garanties ?

Que cela nous plaise ou non, nous vieillissons tous. Il y a autant de manières d’envisager sa retraite que de futurs retraités. Même il est une question qui taraude presque tout le monde : ma retraite est-elle garantie et me permettra-t-elle de vivre décemment ?

Gros titres dans les médias, analyses et scénarios catastrophe des experts financiers, mise en garde des politiques : le spectre d’une vieillesse précaire est sans cesse agité. Évidemment, il est impossible de nier l’évolution démographique: dans à peine 40 ans, un Français sur quatre aura plus de 65 ans. En Allemagne, un sur trois.

Faut-il pour autant en conclure que le principe de régime de retraite solidaire est menacé ? Ne s’agirait-il pas d’un épouvantail brandi par le secteur de la finance pour conclure des affaires lucratives ?

Rencontre avec le président du Conseil d’orientation des retraites sur les défis à relever et les solutions à apporter au système de retraite à la française.

A la recherche des travailleurs américains perdus

Le recul du taux d’activité, signifiant que des millions d’Américains se sont retirés du marché travail, commence à préoccuper la Fed et la Maison-Blanche. Difficile à analyser, le phénomène pourrait avoir des conséquences majeures pour l’économie américaine s’il se prolongeait durablement.

“Le rêve américain est terminé”

Dans les statistiques que va publier aujourd’hui le département du Travail américain pour le mois de février, les experts – et les membres du comité de politique monétaire de la Fed – ne vont pas nécessairement s’intéresser, en premier lieu, au taux de chômage. Celui-ci est tombé à 6,6 %, en janvier. Il a chuté rapidement au cours des derniers mois – il était de 7,3 % encore en octobre.

Mais ce reflux, plus marqué que les conjoncturistes ne s’y attendaient, se fait sans créations d’emplois massives. En janvier, l’économie américaine n’a créé que 113.000 jobs et, en décembre, encore moins : 75.000. Pas de quoi pavoiser, donc.

Lire la suite

Venezuela : L’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent (Màj)

Addendum (prenant le contrepied de l’article ci-dessous) : Le menu Big Mac de Cararas

[...] Une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

grafico31De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %.

Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

Lire la suite

« Comment vous préparer à l’effondrement économique »

Par

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Tous les jours ou presque, j’attire votre attention sur la nécessité de vous préparer à l’effondrement économique non pas à venir mais qui est en cours. Je voulais partager avec vous mes différentes réflexions à ce sujet, notamment parce que vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire pour savoir quoi faire, quand cela va se produire, etc.

http://imageshack.us/a/img31/7817/icarusdrowningbymopeyde.jpg

L’effondrement économique, c’est quoi ?

L’effondrement économique est un terme assez dangereux et trompeur. Pourquoi ? Parce que l’idée d’effondrement renvoi implicitement à un phénomène brutal et violent.

Pourtant en Grèce, rien n’a cessé du jour au lendemain. Vous y trouvez toujours des hôpitaux (devenus payants), des transports en commun (avec une fréquence moindre), des policiers (pour vous taper dessus avec de plus en plus de violence), des agents des impôts (qui désormais vous vident vraiment les poches), des magasins d’alimentation aux rayons remplis (mais où vous ne pouvez plus rien acheter puisque vous n’avez plus d’argent), etc. Je pourrais vous faire une liste à rallonge.

Lire la suite

Né après 1960? Pour bénéficier d’une retraite confortable, vous devrez compter… sur votre héritage

Pour bénéficier d’une bonne retraite, les personnes nées après 1960 devront compter essentiellement… sur leur héritage. C’est la conclusion troublante d’un récent rapport publié par l’Institut britannique des Etudes Fiscales (Institute for Fiscal Studies, IFS).

Bien qu’il ait été élaboré sur la base de données provenant du Royaume Uni, ses conclusions s’appliquent à d’autres pays du monde occidental. Une croissance économique molle chronique et une épargne faiblissante hypothèquent les perspectives d’avenir des jeunes générations.

On savait déjà que les perspectives d’avenir n’étaient pas roses pour la génération qui se trouve dans sa vingtaine aujourd’hui, qui aura du mal à accumuler un patrimoine similaire à celui de ses parents. Mais ce qu’indique ce rapport, c’est que ceux qui sont âgés de la cinquantaine et de la quarantaine se trouvent en réalité dans la même situation… Mais sans le savoir.

« Par rapport à ceux qui sont nés une décennie plus tôt, au même âge, ces cohortes n’ont pas un revenu plus élevé, elles n’ont pas épargné plus de revenu, elles sont moins susceptibles de posséder leur logement, elles sont susceptibles d’avoir des pensions privées plus faibles. Elles auront tendance à constater que la pension de l’Etat ne remplacera qu’une petite fraction de leurs revenus antérieurs », affirme le rapport.

Lire la suite

Retraite : Des anciens de Renault se retrouvent sans ressources

Sandouville (près du Havre): plusieurs dizaines d’anciens salariés du constructeur d’automobiles, séduits à l’époque par un plan de départ volontaire,  ne touchent que 332 euros par mois.

Le plan s’appelait PRV comme Plan Renault Volontariat. En 2008 plus de 200 salariés de l’usine de Sandouville avaient signé pour un départ volontaire. Mais ils ont vite déchanté, car pénalisés par le report de l’âge de la retraite ils sont devenus ni chômeurs ni retraités et se sont retrouvés sans ressources.

Regroupés au sein d’un collectif, 91 de ces ex-salariés avaient mené une action juridique contre leur ancien employeur et ont obtenu en août dernier gain de cause avec un accord amiable sous la forme d’une transaction (dont le montant est resté secret) visant à arrêter le contentieux.

Une approche purement juridique qui laisse au bord du chemin plusieurs dizaines d’autres salariés dans le même cas, mais qui n’avaient pas rejoint le collectif. Pour ces ex-salariés, la situation devient préoccupante puisqu’ils ne touchent plus les Assedic et pas encore la retraite. Certains n’ont que 332 euros par mois.

C’est le cas de Gérard Lescene (39 ans chez Renault) qui raconte sa situation catastrophique et déclare vouloir se défendre, même si le combat s’annonce long…

France3

(Merci à Anthonin)

La qualité de vie au travail : Une nécessité pour les réformes à venir

Plusieurs études ont tenté d’appréhender le concept de la qualité de vie au travail et sa perception par les salariés français et européens. A l’heure où de nombreuses réflexions sont menées sur le marché du travail et les retraites, cette notion de « qualité de vie au travail », loin d’être accessoire, se révèle primordiale, tant elle apparait au cœur des préoccupations sociales et tant elle pourrait permettre d’aborder avec un peu de recul et de bénéfices les réformes à venir.

Dans l’enquête réalisée par TNS Sofres pour l’ANACT, (l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) les 1000 salariés actifs et occupés interrogés donnent à leur qualité de vie au travail la note moyenne de 6.1 sur 10, plus d’un sur cinq optant pour une note inférieure à la moyenne.

Le constat établi par les salariés français est aujourd’hui assez sombre : en effet, ils dénoncent majoritairement une dégradation de la qualité de vie au travail et apparaissent démotivés

Outre cette note passable, 68% estiment que la qualité de vie au travail des Français s’est dégradée au cours des cinq dernières années, près d’un sur deux (48%) considérant également que sa propre qualité de vie au travail s’est détériorée depuis le début de son exercice professionnel.

Lire la suite

Le jeune pauvre et le vieux riche

De ces deux affaires qui agitent ces jours-ci la City, on pourrait tirer cette fable : “Le jeune pauvre et le vieux riche”. Alors qu’arrivent de nouvelles générations sur un marché du travail mou sur fond de croissance atone et d’inégalités montantes, les “baby-boomers” ne veulent pas entendre parler de retraite et refusent d’assurer la relève.

Premier épisode, le drame Moritz Erhardt, ce stagiaire de 21 ans affecté au département fusions-acquisitions de Bank of America Merrill Lynch, qui serait mort d’épuisement après soixante-douze heures de travail sans interruption. Travailleur compulsif, le jeune Allemand espérait impressionner ses supérieurs et être embauché à l’issue de ses études, l’an prochain.

CONFLIT INTERGÉNÉRATIONNEL
Lire la suite

Travailler plus longtemps préserverait de la maladie d’Alzheimer

Voilà une étude qui va pas manquer d’alimenter la polémique sur l’allongement éventuel du temps de travail lié à l’augmentation de l’espérance de vie.

En effet, selon une étude britannique réalisée par des chercheurs de l’institut de santé publique de Cambridge, sous la direction du professeur Carol Brayne, la proportion des personnes de plus de 65 ans atteintes d’Alzheimer au Royaume-Uni aurait baissé de près de 25% en l’espace de 20 ans, passant de 8,3% à 6,5%.

Pour la professeure Forette, présidente du centre international sur la longévité “à côté de l’hygiène de vie, nous devons reconsidérer le rôle bénéfique de l’activité professionnelle, sous réserve qu’elle soit exécutée de manière gratifiante, en matière de lutte contre le déclin cognitif et de prévention des différents types de démence sénile ».

Ces scientifiques ont comparé deux groupes comportant chacun 7.000 personnes tirées au sort. Les patients du premier groupe ont été tirés au sort entre 1990 et 1993 et ceux du second groupe, entre 2008 et 2011.
Lire la suite

Jean-Paul Gourévitch : “L’émigration en France”

Jean-Paul Gourévitch était l’invité du Direct des Contribuables le 13 juin 2013, 285.000 Français, dont de nombreux jeunes diplômés, des cadres supérieurs et de plus en plus de chefs d’entreprise mais aussi des retraités quittent chaque année la France, et beaucoup d’entre eux ne reviendront pas.

Selon un sondage du cabinet Deloitte, 27 % de jeunes diplômés en recherche d’emploi estiment que leur avenir professionnel se situe hors de France contre 13 % il y a un an.

Parmi les arguments qui poussent les Français à partir, on retrouve le manque de perspectives d’avenir, le poids des taxes et un climat psychologique et social défavorable aux créateurs de richesse. Et cette émigration a un coût pour l’État et donc pour les contribuables !

Expert international en ressources humaines, Jean-Paul Gourévitch est un spécialiste des migrations et a publié plusieurs monographies avec Contribuables Associés sur le coût de la politique migratoire en France : immigration et émigration. Retrouvez sur le site de Contribuables Associés sa dernière monographie sur les Français qui quittent la France et plus d’informations sur le site Le coût de la politique migratoire

Immigration : Ce qu’elle rapporte, ce qu’elle coûte

Le dernier rapport de l’OCDE sur l’immigration est formel : l’impact fiscal et budgétaire net des populations migrantes est globalement proche de zéro. Avec de notables différences d’un pays à l’autre.

Illustration de l’hebdomadaire Hara-Kiri n°63 en date du 13/04/1970

Alors que, confrontée à la crise et au chômage, l’Europe continue de s’interroger sur le coût de l’immigration pour ses finances publiques, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lui apporte quelques éléments de réponse dans son rapport annuel (« Perspectives des migrations internationales 2013») publié à la mi-juin.

Ledit rapport tord le cou à une idée reçue : « L’impact fiscal et budgétaire net de l’immigration, y lit-on, est proche de zéro dans l’ensemble de la zone OCDE. » Ce diagnostic se fonde sur « l’étude la plus complète jamais réalisée sur la question », explique l’un de ses auteurs, Thomas Liebig, administrateur à la division des migrations internationales de l’organisation.

L’immigration ne comblera pas les déficits budgétaires des États, mais elle peut aider à les réduire. « En général, les immigrés versent davantage sous forme d’impôts et de cotisations qu’ils ne perçoivent sous forme de prestations », constatent les experts, qui établissent ce solde positif à 3.283 euros par ménage, en moyenne, dans les trente-quatre pays membres de l’organisation.
Lire la suite

Retraite : Mieux vaut vieillir en France qu’aux États-Unis

Alors que s’amorce une énième réforme des retraites, les Français s’inquiètent: comme à chaque fois qu’ils entendent le mot réforme, ils savent que le nouveau régime sera moins favorable que le précédent. Ils peuvent avoir au moins une certitude: quelle que soit l’ampleur de la réforme, ils resteront mieux traités que leurs homologues américains.

Deux notes publiées par le service des études économiques du Crédit Agricole, l’une décrivant le système américain, l’autre montrant ses effets sur le niveau de vie des seniors, dressent un constat assez accablant: il ne fait pas bon vieillir aux États-Unis.

Contrairement à une opinion encore répandue en France, la base des retraites américaines est un régime public par répartition, géré au niveau fédéral, qui a représenté 773 milliards de dollars (un peu plus de 580 milliards d’euros) l’an dernier. C’est la première source de revenu des retraités américains, seuls 26% d’entre eux bénéficiant par ailleurs de prestations de fonds de pension privés.

Une très nette évolution se dégage d’ailleurs depuis une vingtaine d’années: les systèmes de retraite complémentaire dits à «prestations définies» (donnant des droits à la retraite connus d’avance) coûtent cher aux entreprises, qui leur préfèrent les systèmes à «cotisations définies», qui ressemblent plus à de l’épargne salariale qu’à une véritable préparation à la retraite.
Lire la suite

Retraites : les nouvelles générations vont payer pour les soixante-huitards

Comme vous n’avez pas pu y échapper, vous êtes certainement au courant que nous avons un léger problème de financement de nos retraites.

J’entendais encore hier une « jeune » retraitée m’expliquer qu’elle « avait cotisé 40 ans, alors sa retraite elle ne l’avait pas volée ». Son raisonnement est en partie faux. Certes elle a bien cotisé, mais les cotisations qu’elle a payé pendant 40 ans (et ce n’est pas elle qui en fixe le montant) n’ont jamais reflété le coût réel des retraites à venir mais celles du passé…

En clair, elle aurait dû, comme des millions de salariés de la génération du baby-boom devenant la génération du papy-boom, qui va se transformer inévitablement en clash des générations, payer beaucoup plus.

Ses cotisations ont été mal calculées (volontairement) afin de ne pas lui faire payer le véritable prix de la retraite à 60 ans. Peu importe que l’on soit pour ou contre la retraite à 60 ans (à titre personnel j’y suis favorable et en tant qu’observateur, à part pour de très rares fonctions, il n’y a plus de boulot passé 55 ans pour 80 % de nos seniors).

La réalité, c’est que la retraite à 60 ans a un prix. On accepte de payer ce prix ou pas. Comme l’argent ne tombe pas du ciel – sauf du côté de la Banque centrale américaine –, si on paie le prix de la retraite à 60 ans c’est autant d’autres choses que l’on ne peut pas faire ni payer. C’est un choix politique et démocratique.

Le coût des retraites de cette génération a été courageusement reporté sur les générations suivantes.

Lire la suite

Un jeune sur deux pense qu’il ne pourra pas prendre sa retraite avant ses 70 ans

Dans un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France, les Français de moins de 25 ans font part de leur pessimisme quant à leur avenir professionnel.

Près de la moitié des jeunes de moins de 25 ans estiment qu’ils ne pourront partir à la retraite qu’à plus de 70 ans, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.

Quelque 48% des jeunes de moins de 25 ans interrogés par l’institut de sondage considèrent que le seuil de départ en retraite sera, pour eux, supérieur à l’âge de 70 ans.

Par ailleurs, seulement 26% des personnes sondées se disent “confiantes” dans la garantie de toucher une retraite “satisfaisante” par rapport à leurs revenus, selon le sondage.

Le gouvernement entamera dans les prochaines semaines la difficile réforme des retraites, en étudiant les pistes contenues dans le rapport Moreau. Parmi elles, l’allongement de la durée de cotisations.

Sondage réalisé en ligne les 31 mai et 1er juin auprès d’un échantillon de 1017 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas.

L’Expansion

Jacques Attali: “Alors la révolution pourra commencer en France…”

En primeur, L’Express publie des extraits du prochain livre de son éditorialiste, Jacques Attali, intitulé Urgences françaises. Ou ce qui pourrait arriver à la France si elle choisit la politique du pire.

“Nul besoin d’être grand clerc pour percevoir qu’aujourd’hui le pays se trouve, à nouveau, au bord de grandes secousses. D’innombrables frustrations, des peurs diverses, des colères multiples et contradictoires, des réformes manquées, des besoins non satisfaits, des frustrations se font partout sentir. Les Français remâchent leur mécontentement. Pour l’instant, chacun dans son coin, chacun à sa manière. Les uns n’en pouvant plus de n’avoir ni emploi valorisant ni logement décent, voire ni logement ni emploi. Les autres, furieux, de risquer de perdre petits ou grands privilèges. Beaucoup s’estiment victimes de la mondialisation et certains sont désormais prêts à se battre, jugeant qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tous sont angoissés à l’idée de n’avoir peut-être plus, un jour, les moyens de financer leur santé, leur retraite, leur logement, leur nourriture ou la scolarité de leurs enfants. [...]

Parmi ceux qui ont le plus de raisons d’être déçus et en colère, il y a les jeunes: ils commencent à comprendre qu’ils auront à payer la triple dette que leur laisse la génération triomphante des baby-boomers: la dette publique qu’il faudra rembourser; leurs retraites qu’il faudra financer; et le dérèglement climatique qu’il faudra supporter. Quand ils prendront vraiment conscience que les hommes politiques de tous les partis ont servi, et servent encore, avant tout, les intérêts de ces générations bénies des cieux, quand ils réaliseront que les syndicats servent d’abord les intérêts de ceux qui ont un emploi, les jeunes ne se contenteront pas d’un vote de protestation: ils quitteront le pays ou descendront dans la rue. La révolution commencera. [...]

Lire la suite

État cherche créancier national

Suivant les pays, le rôle des investisseurs étrangers est prédominant et ajoute à l’instabilité. Certaines banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, sont devenues incontournables.

Les bureaux de l’Agence France Trésor

Les Italiens ne s’y étaient pas trompés. En lançant la Journée des bons du Trésor en 2011, ils avaient voulu inciter les particuliers de la Péninsule à placer leurs économies dans la dette publique afin de contenir la flambée des taux d’intérêt. Comme pour d’autres pays en difficulté dans la zone euro, l’Italie a pu ainsi augmenter la proportion des résidents dans les détenteurs de dette publique, comme le révèlent les statistiques sur les porteurs d’emprunts souverains que la Banque centrale européenne vient de mettre à jour.

Désormais, en Italie, les investisseurs étrangers ne détiennent plus que 35% de la dette. Ils en [finançaient] environ 45% juste avant que la crise de la dette éclate en Europe.

«La part des investisseurs non résidents est essentielle», explique Audrey Gasteuil-Rougier, économiste à la Société Générale, auteur d’une étude sur les détenteurs des dettes d’Etat publiée il y a quelques jours. «Ce sont souvent les premiers à vendre leurs titres d’Etat dès qu’il y a des inquiétudes sur le pays, ce qui constitue une source de financement plus instable. La crise des dettes publiques dans la périphérie de la zone euro nous l’a rappelé». L’économiste Jean-Pierre Béguelin voit lui une autre conséquence dans sa dernière chronique sur le site du Temps : «Plus la dette de l’Etat est détenue à l’étranger, plus ces sacrifices [les programmes d’austérité, ndlr] sont douloureux pour les résidents et plus la tentation du défaut grandit».

Alors que la dette des pays européens était en moyenne détenue à 80% par des résidents jusqu’au milieu des années 1990, la création de la monnaie unique a changé la donne. Ainsi, juste avant l’éclatement de la crise de la dette en Europe, des pays comme la Grèce ou le Portugal avaient vu cette proportion pratiquement s’inverser.

Renationalisation des dettes
Lire la suite

Portugal : Coupes sévères dans les dépenses publiques

Au moment où les politiques d’austérité suscitent mécontentements et doutes à travers l’Europe, le Portugal se met à son tour à la diète. Le Premier ministre portugais a annoncé vendredi une série de coupes sévères dans les dépenses publiques pour permettre au pays, sous assistance financière, de respecter ses engagements budgétaires.

Grâce à ces mesures, une douzaine au total, le Premier ministre espère parvenir à respecter les objectifs, déjà allégés deux fois, que la “troïka” (UE-FMI-BCE) des bailleurs de fonds lui a fixés: un déficit public à 5,5% du PIB cette année, à 4% en 2014 et à 2,5% en 2015 pour revenir en dessous de la limite des 3% définie par Bruxelles.

Dans un discours à la nation, Pedro Passos Coelho a annoncé le report de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 66 ans et l’allongement du temps de travail de 35 à 40 heures pour les fonctionnaires. Leur nombre devrait être réduit de 30.000 sur un total d’environ 700.000 par le biais de départs volontaires.

L’approbation de ces mesures par la “troïka” est la clé pour que le Portugal obtienne une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé par l’UE et le FMI en mai 2011. Elles doivent également permettre au Portugal d’obtenir un allongement des délais de remboursement des prêts qui lui ont été accordés, ce qui devrait faciliter son retour sur les marchés financiers avant la fin du plan d’aide jusqu’à l’été 2014.
Lire la suite

Des ménages français plus vulnérables financièrement

Les Français se sentent de plus en plus instables financièrement selon une étude mondiale Ipsos Mori réalisée pour l’assureur Genworth.

Plus d’un quart (26 %) des ménages français se disent financièrement vulnérables et 82 % citent le coût de la vie comme l’une de leurs principales inquiétudes pour l’avenir, d’après les résultats d’une étude Ipsos Mori portant sur 20 pays dans le monde et réalisée pour l’assureur Genworth. L’étude a été conduite entre octobre et décembre 2012 dans 14 pays d’Europe, cinq pays d’Amérique latine, plus la Chine.

Lire la suite