Reprise ou re-crise

La reprise est-elle là ou bien vivons-nous une nouvelle crise ? Que disent les chiffres ? Ils sont les baromètres de l’activité économique. Leur évolution est souvent vue comme un signe avant-coureur du redémarrage de l’activité. Que disent-ils aujourd’hui de la reprise française, promise et confirmée par le gouvernement ?

L’Angle Eco – France 2 05/10/2015

Terra incognita : La reprise mondiale, à quel prix ?

Emboîtant le pas aux Etats-Unis, la croissance en Europe accélère enfin. Mais le poids de l’endettement et le risque accru de guerre des changes fragilisent l’embelli.

Les faits – Une économie américaine qui reste encore très dynamique, une Europe qui repart et des pays émergents qui résistent : le paysage conjoncturel mondial, porté par un effondrement du prix du pétrole, a rarement été aussi positif. Salué par les marchés boursiers, ces faits dissimulent pourtant la montée de phénomènes incontrôlés et imprévisibles rendant l’avenir toujours aussi incertain.

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Ouvrons les yeux, l’Espagne ne va pas mieux !

Depuis le début de l’année, médias et économistes répètent à l’envi que l’économie espagnole est repartie, que la page “bulle immobilière” se tourne enfin. Un doux rêve, presque un mensonge. Mais surtout à quel prix ce supposé redressement se fait-il ?

Le ministre de l’Economie espagnol Luis de Guindos en conversation avec le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi (avril 2014)

Aujourd’hui un Espagnol a presque trois fois plus de “chances” de se retrouver au chômage qu’un Français, et ce, pour une durée deux fois plus longue…

Janvier 2014. Le Figaro titre : « L’Espagne, l’Italie et le Portugal ont inversé, eux, la courbe du chômage ». L’Espagne affiche alors 25,8% des chômeurs et pourtant nos voisins ibériques ont réussit à « inverser la courbe », les trois mots magiques, laquelle culminait un an plus tôt à 26,94%.

Quelque temps plus tard, en juillet 2014, le FMI annonce une hausse du PIB sur un an de 1,2%, alors que les dernières prévisions, qui dataient du mois d’avril, prévoyaient 0,9%. Et, cerise sur le gâteau, le FMI voit pour l’Espagne une hausse de 1,6% en 2015 ! Tant d’années de sacrifices, de soumission structurelle totale et d’amputation du coût du travail ont donc enfin porté leur fruit. Alléluia ! Cette fois, toujours pour nos confrères du Figaro, l’Espagne est la « bonne surprise de la zone euro » qui « remonte la pente ». Quand on sait que ce fameux PIB a baissé de 6 % entre 2008 et 2013, c’est sûr qu’il y a de quoi souffler un peu.

La Banque d’Espagne, qui elle, comme le gouvernement de Mariano Rajoy, fantasme sur des chiffres du PIB à 1,3 % et 2 % pour l’année prochaine, lance : « Les composantes privées – consommation et investissement des entreprises – ont été les principaux soutiens du PIB au deuxième trimestre ». En effet, la bonne santé du secteur touristique (28 millions de visiteurs au premier semestre) et des exportations (qui progressent plus vite qu’en Allemagne) ont de quoi faire envie. Seulement, fin août, plusieurs rapports ont sifflé la fin de la récré. Comme les chiffres de l’Ine (L’Insee espagnol), qui ne voit en Espagne qu’une hausse du PIB de 0,6% au second semestre (comparé au premier) et, surtout, une baisse des prix à la consommation qui vient faire planer le spectre de la déflation. Surprenant ça aussi ?

Le cancre de l’OCDE
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Olivier Delamarche : « Ce qui est considéré comme un risque, c’est que les économies repartent »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion le 30 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Il n’y aura jamais de reprise au Japon vu l’endettement et le vieillissement. La Grèce a fait du Madoff à la puissance mille. Les États-Unis ont vécu sur le mythe de l’indépendance énergétique. »

La Chine pulvérise les États-Unis sur la scène économique mondiale

Avez-vous déjà regardé un match de football ou un match de basket où une équipe domine tellement l’autre que dire que c’est une “tuerie” est un euphémisme? Eh bien, c’est ce que fait la Chine aux États-Unis. La Chine a complètement pulvérisé l’Amérique sur la scène économique mondiale.

Il était une fois une économie chinoise qui était une plaisanterie et l’économie des États-Unis qui était la plus puissante que le monde ait jamais vue. Mais au cours des deux dernières décennies l’économie américaine a décliné et dépéri, alors que l’économie chinoise s’est épanouie et envolée. Aujourd’hui, la Chine produit plus d’acier, plus d’automobiles, plus de bière, plus de coton, plus de charbon et plus de panneaux solaires que nous. La Chine possède le train le plus rapide du monde, l’ordinateur le plus rapide du monde et exporte deux fois plus de produits high-tech que nous le faisons.

En 2011, le déficit commercial américain avec la Chine était le plus grand déficit commercial qu’une nation ait eu avec une autre nation de toute l’histoire ; aujourd’hui la Chine a maintenant accumulé plus de 3 trillions de dollars en réserves de change. Chaque jour, nous abandonnons plus d’emplois, plus d’entreprises et plus de notre richesse nationale à la Chine. En termes techniques économiques, la Chine “nous a mené derrière le hangar à bois” – dans un recoin de la scène internationale – et nous a battu à plate couture.

Malheureusement, la plupart des Américains sont tellement accros à l’amusement qu’ils ne réalisent même pas ce qui se passe.

Si vous ne croyez pas que la Chine est en train de savonner la planche de l’Amérique au nez et à la barbe du reste du monde, continuez votre lecture. À suivre, les 47 signes prouvant que la Chine a complètement pulvérisé  l’Amérique sur la scène économique mondiale…

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La reprise américaine, mythe ou réalité?

par Myret Zaki

Si le taux de chômage tombe sous les 7%, mais que ce n’est dû qu’à des «emplois de bulle», il n’y aura pas de croissance; juste du déficit.

On parle de «reprise», aux Etats-Unis. Difficile d’imaginer terme plus vendeur en année électorale. La légende veut que les stimuli aient enfin agi. Que Ben Bernanke, le président de la Fed si injustement critiqué, ait réussi à «sauver» l’économie. L’argument de reprise repose sur les créations d’emplois, meilleures qu’attendu. Mais de quels types d’emplois s’agit-il? Rendent-ils les Etats-Unis plus riches, ou plus pauvres? Pour le savoir, il suffit de regarder le déficit commercial. Il s’élevait en janvier à 52,6 milliards de dollars, un record depuis l’été 2008. Si les emplois créés depuis la crise avaient été productifs, il se serait réduit. L’Amérique crée le mauvais type d’emplois. Ce sont surtout des emplois non durables dans le secteur des services (immobilier, santé, finance). Il y a très peu de jobs permanents, productifs, créés dans le secteur manufacturier, qui auraient permis aux entreprises d’exporter davantage de biens, et de réduire le déficit commercial.

Un taux réel de chômage de 22,4%

Il convient d’examiner plus avant ce que signifie une baisse du taux de chômage. Lorsqu’il est passé de 9 à 8,6 % en décembre, il fallait avoir en tête que sur ce seul mois, 315 000 travailleurs avaient quitté cette statistique, cessant d’envoyer des CV et de répondre à des offres d’emploi. Ce qui a entraîné une baisse mécanique du taux de chômage. Enfin, si l’on réinsère la population des chômeurs découragés à long terme, exclus des chiffres officiels depuis 1994, le taux de chômage aux Etats-Unis est aujourd’hui de 22,4%*.

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La guerre des monnaies aura lieu

Lors de sa réunion des 2 et 3 novembre, la FED a confirmé son opération QE2. De quoi s’agit-il ?

A l’issue de sa réunion de septembre, la FED avait déjà annoncé que la faiblesse de la conjoncture économique aux États-Unis pourrait l’amener, à partir de novembre, à mettre de nouveau en œuvre des mesures « non conventionnelles », c’est-à-dire des mesures quantitatives d’injection de monnaie centrale (« quantitative easing »), puisque les taux d’intérêt sont à zéro et que la politique conventionnelle ne peut donc aller plus loin.

La FED voulait ainsi rééditer sa campagne de 2009, et les analystes ont immédiatement trouvé un nom à son projet : QE2 (quantitative easing 2). L’annonce du 3 novembre confirme l’injection de 75 milliards de dollars par mois pendant 8 mois, soit au total 600 milliards de dollars.

Mais un examen attentif du compte-rendu des débats et des commentaires qui ont suivi la réunion de septembre montre que les motivations sont aujourd’hui très différentes de ce qu’elles étaient en 2008-2009. A cette époque, la FED était préoccupée par une chute de la demande. Aujourd’hui, les responsables semblent plutôt inquiets du risque de déflation.

De fait, malgré les montagnes de liquidités déversées par la FED en 2009, l’inflation sous-jacente pour les États-Unis (1) a continué de baisser pour être aujourd’hui en dessous de 1%, exactement comme cela s’est passé au Japon dans les premières années de la décennie 1990.

Ben Bernanke, le patron de la FED, est un spécialiste de ces questions et il fera certainement tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que son pays ne tombe dans la même spirale funeste.

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20 millions de personnes ont perdu leur emploi en 2009

La récession mondiale a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes dans le monde en un an et menace des millions d’autres si les plans de relance économiques étaient supprimés trop tôt par les gouvernements, a prévenu lundi l’Organisation mondiale du travail (OIT).

La crise mondiale de l’emploi est loin d’être terminée,” a averti  l’auteur principal du rapport, Raymond Torres, mettant ainsi en garde les gouvernements des plus grandes économies de la planète contre le risque pour le chômage d’un “désengagement précoce” des gigantesques plans de relance mis en place en début d’année.

Par ailleurs, “un total de 43 millions de personnes actuellement au chômage risquent de verser dans le chômage longue durée ou de devenir inactif” sans ces mesures, a ajouté M. Torres, dont l’étude porte sur 51 pays pour lesquelles les statistiques sont disponibles parmi lesquels les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, l’Inde, le Brésil, le Japon, le Canada ou encore l’Australie.
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Banques françaises : la facture de la crise atteint 33 milliards d’euros

La facture de la crise pour les banques françaises s’est élevée à 33 milliards d’euros depuis juin 2007, dont 8,5 milliards pour 2009, attribuable “principalement” aux actifs dits “toxiques,” a indiqué vendredi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

M. Noyer, qui s’exprimait dans le cadre de la présentation du rapport annuel de la Commission bancaire, a souligné que 2009 avait marqué un ralentissement sur ce plan.

Danièle Nouy, secrétaire générale de la Commission bancaire, a indiqué que les banques n’étaient pas sous pression pour liquider les actifs toxiques qui restent encore dans leur bilan.

Les cinq grandes banques françaises, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel et BPCE, maison mère de Natixis, ont dégagé en 2009 un résultat net cumulé de 11,7 milliards d’euros, en hausse de 93% par rapport à 2008. Toutes ont été bénéficiaires sur l’année.

Le gouverneur a relevé que la hausse des revenus des établissements français en 2009 “est essentiellement imputable aux bonnes performances des activités de marché.

Le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires), s’est affiché en hausse de 25%.

Pour M. Noyer, les banques françaises affichent actuellement une “bonne solvabilité.” Les tests de résistance effectués au niveau national ou européen “confirment la capacité de résistance des établissements français,” a assuré le gouverneur.

Toutefois, les banques françaises doivent aborder 2010 avec prudence car des sources de vulnérabilité existent encore comme le risque de décotes sur les actifs toxiques ou les effets induits par les déficits des États, a déclaré la Commission bancaire.
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Menaces sur la reprise économique

Par Nouriel Roubini

La montée des déficits budgétaires et de l’endettement public fait peser un risque sur nombre d’économies avancées.

Une menace qui était dans le passé celle des pays émergents.

L’abaissement de notations, l’accroissement des différentiels de taux d’intérêt et la contre-performance d’enchères de bons du Trésor de pays tels que le Royaume-Uni, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne montrent bien que les investisseurs, les autorités de surveillance des marchés obligataires et les agences de notation pourraient encore durcir leur position.

A moins qu’ils assainissent leurs finances publiques.

Les conséquences de la sévère récession et de la crise financière ont été plus lourdes pour les pays qui n’ont pas pris de mesures visant à corriger leur déficit budgétaire structurel pendant les années de croissance. En outre, une faible reprise économique combinée à un vieillissement de la population menacent d’alourdir le fardeau de la dette dans de nombreux pays industrialisés : États-Unis, Royaume-Uni, Japon et certains pays de la zone euro.

La monétisation des déficits budgétaires est également en passe de se généraliser de façon inquiétante dans de nombreuses économies avancées au fur et à mesure que les banques centrales gonflent la base monétaire en achetant une pléiade de bons du Trésor à court et à long termes.
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La France a peur, la France épargne

Les relations internationales sont essentielles, bien sûr, tout est naturellement politique, tout est probablement écologique, mais, sûrement et définitivement, tout est économique. A commencer par les préoccupations des citoyens. Américains, Chinois, Russes, Espagnols, Allemands, Grecs, Islandais, Dubaïotes, pour tous, c’est ça aussi la mondialisation, le podium des tracas est le même. En un l’économie, en deux l’économie et en trois l’économie.

Les Français ne font pas exception. Leur première inquiétude, pour 2010, selon un sondage Harris Interactive pour RTL : la dégradation du marché de l’emploi (69 %), contre 33 % pour les conséquences du réchauffement climatique et 18 % pour la menace terroriste. Leurs raisons d’espérer ? La reprise économique (64 %) – pauvres Français, qui n’ont pas encore été touchés par la grâce de la décroissance -, puis la hausse du pouvoir d’achat (57 %) – , pauvres Français, qui n’ont toujours pas compris que consommer c’est pécher. Loin, loin derrière, la prise de conscience des enjeux écologiques, avant une hypothétique victoire de la France à la Coupe du monde de football.

On peut voir dans cette hiérarchie la confirmation déprimante que l’intérêt personnel l’emporte sur l’intérêt collectif ou au contraire le signe encourageant, comme diraient les Anglais, que l’église est remise au milieu du village.

Au final, les Français se disent en majorité optimistes (60 %) pour 2010. Optimistes, mais précautionneux. En 2009, le taux d’épargne des ménages a progressé de 2 points, pour atteindre 17 % des revenus, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis 1983. Preuve supplémentaire de cette prudence, ce sont des placements extrêmement sûrs que les Français plébiscitent (Livret A et assurance-vie).

Première explication, la peur du chômage, qui incite à mettre de l’argent de côté en prévision d’un éventuel coup dur. Deuxième piste – plus polémique -, l’envolée de la dette publique, qui pourrait être à l’origine de cette épargne de précaution, phénomène connu, en science économique, sous le nom d’effet Ricardo-Barro.

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Alain Grandjean “craint une crise énergétique grave”

Alain Grandjean est membre de la commission scientifique de la Fondation Nicolas Hulot. Pour lui le monde est déjà entré dans une phase de plafonnement de la production pétrolière d’où le risque d’un emballement des prix lorsque la reprise économique se concrétisera.

http://www.dailymotion.com/video/xb7j5g

L’OFCE très pessimiste pour 2010

Le très officiel Observatoire français des conjonctures économiques n’y va pas par quatre chemins.

  • I – “Le plus dur est devant nous”, concernant l’emploi

La phrase est de Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, qui présentait ses prévisions de conjoncture ce lundi.

“On commet une indignité (vis-à-vis des chômeurs, ndlr) en affirmant qu’on est sorti de la crise”, a affirmé l’économiste. Le taux de chômage devrait en effet atteindre 10,6% de la population active fin 2010 contre 7,8% fin 2008, soit “la plus forte progression observée au cours des 25 dernières années”, selon l’institut. 700.000 emplois marchands devraient ainsi être détruits l’an prochain.

Après une année 2009 marquée par la plus grave récession depuis les années 30, l’OFCE table cependant sur un retour précaire de la croissance en 2010 avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,8%, très proche des prévisions gouvernementales (+0,75%).

Mais malgré quelques signaux positifs, ce rebond pourrait ne constituer qu’une “parenthèse”. Les conditions d’une “reprise solide” ne semblent pas en effet réunies en l’absence de “relais” dans la demande interne, a commenté Eric Heyer, expert de l’OFCE, lors d’une conférence de presse. Lire la suite