A table ! Voyage dans nos habitudes alimentaires

Depuis le 19 novembre 2010, le repas gastronomique français est classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Jusque-là, les «bonnes bouffes» entre amis, les repas de famille, les déjeuners de travail ou d’affaires nous semblaient banals, voire triviaux.

Avec cette distinction, ils deviennent un élément de notre patrimoine culturel, aussi importants à transmettre, sauvegarder et entretenir qu’une cathédrale.

Une histoire de miettes

Que devient l’alimentation des pauvres quand ceux-ci s’urbanisent ? La majorité des études en histoire de l’alimentation se sont focalisées sur l’alimentation des élites. Michel Bonneau propose, en faisant feu de tout bois, de retrouver la trace de repas évanouis.


William Harris Weatherhead- “Miettes de la table d’un homme pauvre” (1877)

Michel Bonneau nous livre ici un ouvrage étonnant. Étonnant par son ampleur, par l’objet qu’il se donne, par le nombre de références issues de disciplines diverses qu’il manipule, par l’amplitude de la période traitée, comme par sa forme, assez peu académique dans l’écriture comme dans l’organisation des idées.

Une telle somme rappelle le travail tout à la fois d’envergure et d’érudition qu’un autre géographe, Xavier de Planhol, consacrait à « L’eau de neige » et au goût discriminant pour le frais. Elle relève aussi d’une quête personnelle, comme l’indique la dédicace, où il rend hommage à la mémoire de ses ancêtres et « à toutes celles et ceux pour qui l’angoisse du manger était quotidienne et continue de l’être dans le monde d’aujourd’hui ».

L’objectif principal est d’étudier la table des pauvres de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, avec l’ambition de montrer « qu’à côté de la cuisine des puissants, existe une table modeste, reflet de la gastronomie des pauvres » (p. 37) et de réhabiliter des manières de faire et des pratiques du quotidien d’une façon qui n’est pas sans évoquer Michel de Certeau.
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Repas à bord

Enquête sur la restauration rapide servie en avion, dans le train ou en croisière. Alors qu’elle a mauvaise réputation , qu’elle est considérée comme industrielle, trop chère et sans saveur, des initiatives sont lancées. L’objectif est d’obtenir des produits plus frais au sein d’un marché d’un milliard d’euros.

Pour la classe affaire d’une compagnie asiatique, le chef étoilé Georges Blanc conçoit une cuisine raffinée. A l’aéroport de Roissy, dans la plus grande cuisine de France, 200 cuisiniers mijotent chaque jour plus de 60 000 repas. Dans le train, de nouvelles cartes de sandwichs apparaissent.

Allô j’ai faim : Repas à domicile

Menus concoctés par des chefs, petits plats «maison» à domicile pour parents surmenés, pizzas industrielles produites et livrées à la chaîne, recettes spéciales: se faire livrer un repas ou un en-cas est devenu banal. Le temps consacré au déjeuner et au dîner diminue: 33 minutes pour le déjeuner, le plus souvent au bureau et 38 minutes pour le dîner.

Avec pour corollaire l’essor du «prêt à manger». Les offres se multiplient. Mais quelles sont les recettes des professionnels de la livraison de repas pour tenir leurs engagements de qualité et de rapidité ?

Qui sont les leaders et les plus innovants ? Petits artisans aux abois, livreurs exploités, qui paie les pots cassés du «toujours plus vite, toujours moins cher» ? Comment ce nouveau business est-il encadré par la loi ? Enquête.

Nourriture toxique : les assiettes de nos enfants bourrées de produits chimiques !

L’empoisonnement progressif de notre nourriture quotidienne par les dérives chimiques et productivistes de l’industrie agro-alimentaire est un fait connu depuis longtemps par tous les spécialistes honnêtes et le public un tant soit peu averti. Cette situation vient à nouveau d’être confirmée de façon éclatante par une étude menée par un collectif d’associations écologistes et faisant analyser quatre repas types consommés par un enfant d’une dizaine d’années en une seule journée.

Dans ces repas consommés quotidiennement par nos enfants, l’association Générations futures a découvert pas moins de 81 substances chimiques différentes. Un constat qui fait froid dans le dos, surtout quand François Veillerette, le porte-parole de l’association, précise : « Nos analyses montrent qu’en 24 heures, un enfant est susceptible d’être exposé, uniquement par son alimentation, à des dizaines de molécules soupçonnées d’être cancérigènes ou d’être des perturbateurs endocriniens. »

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