Pourquoi les pays du Golfe investissent-ils autant dans les firmes européennes ?

Les investisseurs du Moyen-Orient se précipitent sur toutes sortes d’entreprises européennes et ils achètent à peu près tout ce qu’ils peuvent acquérir, expliquent Simone Boehringer et Thomas Fromm dans le journal suisse Süddeutsche Zeitung (traduction anglaise par WorldCrunch).

Le premier ministre irlandais Enda Kenny avec le premier ministre qatari Abdullah bin Nasser bin Khalifa al-Thani, à Doha, le 7 janvier 2014

Ils raffolent en particulier des sociétés allemandes.

Voici quelques exemples de leur « shopping » :
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La pratique du ‘tunnelling’

Des sociétés qui mettent en scène la faillite de certains de leurs sites de production pour s’en séparer plus facilement, qui organisent la chute de leurs revenus afin d’en justifier la fermeture et les licenciements qui en découlent; Qui, en résumé, imputent à la conjoncture et au marché leurs propres orientations stratégiques, depuis 2000, les économistes de la Banque Mondiale appelle cela du tunneling.

Par Caroline Castets

Une pratique encore relativement peu connue mais de plus en plus répandue chez les grands groupes internationaux. Ceux-là mêmes qui, depuis quelques années et

“sous couvert de la crise”, y ont recours pour restructurer à moindre frais et à moindre risque, indique Nadine Levrato.

Professeure d’économie et spécialiste des cessions d’entreprises, elle évoque un procédé consistant à habiller en “morts naturelles” les fermetures de sites sains et rentables pour un résultat final nettement plus avantageux qu’une restructuration menée à visage découvert. Surtout, elle pointe un phénomène qui, bien qu’encore discret, tend à se généraliser en toute impunité.

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JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

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Les entreprises françaises sont les moins rentables de toute la zone euro

L’information est passée relativement inaperçue. Selon l’INSEE, Le taux de marge des entreprises françaises est tombé à 27,7% au troisième trimestre, à son plus bas niveau depuis 1985.

Ces chiffres semblent contredire le sentiment général en France sur le creusement des inégalités et les milliards de profits réalisés par les plus grandes entreprises. Les sociétés du CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, auront réalisé environ 80 milliards d’euros de bénéfices cette année, une progression de 15% par rapport à 2012.

Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Si les multinationales vont bien, c’est parce qu’elles réalisent, comme leur nom l’indique, l’essentiel de leur chiffre d’affaires et plus encore de leurs bénéfices à l’étranger. Elles ne reflètent pas du tout la santé réelle des entreprises et de l’économie française.

L’état de santé, en moyenne, des entreprises françaises est très préoccupant. Leur taux de marge est bien plus faible que celui des entreprises allemandes (plus de 40%), mais aussi italiennes, britanniques et même espagnoles (entre 34% et 40%). Les entreprises françaises sont tout simplement les moins rentables de la zone euro. Les profits des entreprises françaises font à peine plus de 6% du PIB, les allemandes et les italiennes un tiers de plus, les espagnoles et les américaines deux fois plus.
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Petrochina au coeur d’un scandale

Pékin a lancé une vaste enquête qui fragilise le groupe.

Zhou Yongkang

Comme le 27 août dernier, PetroChina a dû suspendre, hier [9 septembre 2013], sa cotation à la bourse de Shanghai. Pendant toute la matinée, impossible d’acheter ou de vendre des titres de la première société pétrolière chinoise. Le temps pour cette dernière de démentir des informations de presse selon lesquelles cinq nouveaux cadres dirigeants de la société feraient l’objet d’une investigation dans le cadre d’une vaste affaire de corruption.

La direction de PetroChina semble être parvenue à convaincre les investisseurs, comme en témoigne le rebond de l’action PetroChina dans l’après-midi. Il n’empêche : ce nouvel épisode illustre la fragilité de la situation de PetroChina, depuis que Pékin a décidé de s’y attaquer.

Le premier acte de cette offensive a consisté à arrêter quatre hauts dirigeants du groupe. S’en est suivie l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Jiang Jiemin, l’homme qui a dirigé CNPC, la maison mère, ainsi que PetroChina, au cours des sept dernières années. Une enquête politiquement lourde, puisque Jiang Jiemin dirigeait, depuis, l’agence des participations de l’Etat, et avait donc rang de ministre.

Au-delà, les analystes constatent que c’est très certainement la personne de Zhou Yongkang, un ancien pilier de l’industrie pétrolière et de PetroChina, qui est visée dans cette affaire. La plupart des hommes récemment mis en cause pour des affaires de corruption font en effet partie du premier cercle des alliés de Zhou Yongkang. Lequel était, jusqu’à l’an dernier, l’un des neuf piliers du régime, et l’homme qui supervisait les services secrets.

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Chine : La croissance piégée par le crédit facile

Le ralentissement de la croissance économique en Chine contraste avec la dynamique du crédit, faisant redouter qu’une partie des financements octroyés ne servent qu’à refinancer des projets à la rentabilité douteuse ou des entreprises moribondes.

Ces craintes sont alimentées par l’examen conduit par Reuters de portefeuilles de “trust loans“, ces prêts accordés aux entreprises ou aux collectivités locales par des sociétés fiduciaires et qui enregistrent les plus forts taux de croissance parmi les instruments de financement de l’économie chinoise.

Sur la base de données acquises auprès de la société d’études spécialisée Use-Trust Studio, Reuters a pu établir que la moitié des “trust loans” émis en 2012 étaient utilisés pour refinancer des dettes antérieures et ne contribuaient pas directement à de nouveaux projets d’investissement.

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Les géants du fer accroissent leur mainmise sur un commerce moins juteux

Les géants du minerai de fer n’ont jamais produit autant, alors que la demande ralentit. Leur stratégie : contrôler le marché.

Les trois géants du minerai de fer ne cessent d’augmenter leur production alors que la demande des aciéries européennes est au plus bas et que celle des aciéries chinoises n’augmente plus au même rythme. Rio Tinto et BHP, les mastodontes australiens du fer, annoncent qu’ils ont dopé de 9% à 10% l’extraction de ce minerai entre juillet 2012 et juin de cette année, et qu’ils ne s’arrêteront pas là. Rio Tinto prévoit de produire 265 millions de tonnes de fer en 2013, et BHP 220 millions de tonnes, en étendant toujours plus l’exploitation des gisements d’Australie occidentale.

Leur concurrent brésilien Vale, numéro un mondial du fer, a de son côté obtenu l’autorisation d’ouvrir une nouvelle mine brésilienne dont le développement va lui coûter près de 15 milliards de dollars. On risque d’aboutir à un surplus de minerai de fer au cours des six prochains mois, ce qui devrait encore précipiter les prix vers le bas, ils ont déjà perdu 15% depuis le début de l’année.

Ce qui paraît incompréhensible est en réalité une véritable stratégie de la part des géants du fer : accaparer la majeure partie du marché mondial, justement parce que ce marché cesse de croître, pour conserver leurs bénéfices ! Eux seuls peuvent se permettre cette expansion, ils sont déjà les plus rentables, avec des marges qui atteignent encore près de 70% au prix actuel (129 dollars la tonne). En accroissant leur production, ils font des économies d’échelle, et donc préservent leurs marges ; ils évincent aussi les concurrents plus modestes, qui ne pourront pas tenir avec la chute des prix.

[Le] minerai de fer échangé sur la planète [constitue le] deuxième commerce de matières premières en volume après celui du pétrole.

RFI

Argent du proxénétisme et de la traite : “Une menace pour notre démocratie”

L’économie du crime est en pleine expansion. Pour l’endiguer, les outils se perfectionnent, notamment la confiscation des avoirs criminels. Éclairage.

L’exploitation du travail forcé et de la prostitution est devenue une activité cruellement lucrative. Elle touche plus de 20 millions de personnes dans le monde et fait 2,5 millions de nouvelles victimes chaque année. Quant aux profits de la traite des êtres humains, ils atteindraient 32 milliards de dollars par an et 3 milliards pour la seule Europe (chiffres ONUDC).

Gros profits et peu de risques
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Chine : L’inquiétude monte autour de l’endettement

La dette est supérieure à celle des autres pays émergents.

Attention au dérapage ! Les inquiétudes se font de plus en plus palpables au sujet de l’endettement de l’économie chinoise. En mars, la banque Nomura mettait en garde contre un risque de crise financière. En avril, l’agence de notation Fitch dégradait la note de la dette chinoise en monnaie locale en raison de l’explosion du crédit. Et hier [14 mai 2013], ce sont simultanément deux institutions, CLSA et Moody’s, qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Le courtier CLSA, régulièrement optimiste au sujet de la Chine, a en effet présenté, à Pékin, une étude qui fait état d’un risque en nette hausse en matière d’endettement. Son auteur, Francis Cheung, qui dirige la stratégie de CLSA pour la Chine, a ainsi dressé le tableau d’une économie «droguée» à la dette, comme en témoigne la hausse du crédit de 58% constatée lors du premier trimestre de cette année.

Efficacité remise en cause
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Musique : Ecowar

NB: En raison du son particulièrement “hardcore”, pensez à diminuer le volume de votre PC…

Paroles de la chanson du groupe Tagada Jones

Production et rentabilité ne laissent pas de place pour la qualité,
Pas de pitié sur le marché, l’économie doit tout dévorer,
Aujourd’hui encore, les aliments proviennent de la terre,
Mais depuis quelques années, la productivité leur a déclaré la guerre
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France : L’unique centre d’appels téléphoniques en coopérative

Dans l’univers impitoyable des centres d’appels, une petite entreprise se démarque en arrivant à concilier politique sociale et performance économique. C’est en partie dû à son statut : A Cappella est une Scop, une société coopérative de production. Les bénéfices sont en priorité redistribués aux salariés, et les valeurs sociales y sont prépondérantes.

Les centres d’appels en France, ce sont autant d’emplois que dans l’industrie automobile, soit environ 260.000 salariés. Depuis une dizaine d’années, les plateaux téléphoniques et leurs bureaux en « marguerite » ont poussé partout. Ils appartiennent à des sociétés spécialisées dans la « relation client » (Téléperformance, B2S…) ou sont gérés en interne par toute entreprise qui souhaite fidéliser ses clients ou en conquérir de nouveaux : banques, opérateurs de télécoms, assurances, vendeurs d’électricité ou de gaz, agences de voyages…

Ces centres sont souvent considérés comme des laboratoires où sont expérimentées les techniques de management de demain, visant à obtenir des salariés une productivité et une rentabilité maximales. « L’industrie automobile a été le laboratoire de la soumission des corps. Le nouveau lieu où se forgent les techniques d’asservissement des personnes, ce sont les centres d’appels », estime l’inspecteur du travail Jacques Dechoz.

« C’est là où l’on retrouve aujourd’hui la nouvelle classe ouvrière, et une proportion énorme de fils et filles d’immigrés. » Des salariés souvent jeunes, au statut plus ou moins précaire, payés au Smic ou pas loin, dans un secteur marqué par un fort turn-over.
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Full Option

Dans un monde où la course à la rentabilité règne en maître, quelle est la place de l’humain et des revenus ? Voilà la question essentielle posée par « Full Option », documentaire qui tente de démontrer la déshumanisation progressive et inquiétante des travailleurs dans un monde globalisé.

Le réalisateur s’attache à comparer le « secteur humain » au secteur automobile, secteur qui est en proie à des délocalisations et des sous-traitances toujours plus complexes. Le documentaire part de la Belgique, passe par la Roumanie et atterrit en Thaïlande.

Il part à la recherche du travailleur idéal en appliquant le principe « quand un modèle s’avère peu rentable, on en essaie un autre… ».

Rapidement, le reportage questionne le problème de la division internationale du travail et la mise en concurrence des différents maillons de la chaîne de production, avec comme effet pervers une pression à la baisse sur les coûts du travail, au Nord comme au Sud. Quelle réponse apporter ? Le documentaire invite à l’interrogation et propose des pistes de réflexion et d’action autour de l’agenda du travail décent.

Le marché de la charité

Les associations humanitaires se gèrent désormais comme des entreprises. La professionnalisation du secteur a modifié le rapport au don. La collecte de fonds est devenu un marché potentiel. Marketing, rentabilité, marché, la rhétorique économique a progressivement investi la sphère de l’humanitaire. « En tant que commercial, j’ai été formé à vendre un produit. On vend la détresse, on vend une situation d’urgence et des projets. » Le propos d’André Gasser est sans ambiguité. Cet ancien chef d’entreprise est aujourd’hui président des Parrains de l’Espoir. Basée à Illkirch, cette association, fondée en 1978, s’est spécialisée dans l’urgence et le développement. A l’origine, André Gasser conciliait ses activités de dirigeant et son engagement caritatif.

« Saturation du public »

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Le moteur hybride à air, progrès ou gadget ?

Tout dépend de l’évolution des autres technologies, à commencer par l’hybridation électrique, avant sa commercialisation, prévue en 2016.

Par Philippe Doucet

Annoncé par PSA la ­semaine dernière, le moteur hybride à air comprimé fait actuellement figure de nouvel espoir dans la lutte contre les rejets de CO2, dont le niveau maximal autorisé devrait être en Europe de­ 95 g/km en 2020.

Sans entrer dans ses détails ,

cette technologie consiste à stocker de l’air comprimé dans les phases de décélération et de freinage du véhicule pour le restituer ensuite en appoint du moteur thermique ou de manière autonome.

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Les banques face à leurs clients

La grande majorité des banques se sont détournées de leur ancienne fonction de conseil et préfèrent aujourd’hui traiter leurs prestations de service comme des produits à rentabiliser au maximum. Jouant du thème de l’autonomie du client, elles se défaussent sur lui du risque d’exclusion bancaire. Comment leurs salariés réagissent-ils face à cette nouvelle donne ?

En apparence, personne ne s’oppose à l’inclusion bancaire, censée favoriser l’inclusion sociale des personnes concernées et contribuer à la croissance économique en développant l’accès approprié aux services bancaires de ceux qui en étaient jusqu’alors exclus. Un large consensus semble unir décideurs politiques, comme l’illustre la mise en place du Partenariat global pour l’inclusion financière lors du sommet du G20 à Séoul en décembre 2010, établissements bancaires dont la Fédération bancaire française ne cesse de rappeler les efforts dans ce domaine, et monde associatif, comme en témoigne la publication récente par la Croix Rouge Française, le Secours Catholique et l’UNCCAS d’un Manifeste pour l’inclusion bancaire. Pourtant, promouvoir l’inclusion bancaire n’a rien de consensuel. Alors que cette thématique est souvent assimilée à une dimension secondaire de la lutte contre la pauvreté cantonnant les réponses bancaires apportées au sein des actions périphériques dites de responsabilité sociale des entreprises, s’interroger sur les moyens de sa promotion conduit en fait à questionner le cœur de l’activité bancaire. Comme en témoigne indirectement la hausse constante des accrochages entre clients et banquiers depuis l’éclatement de la crise financière [1], les salariés de banques en contact avec la clientèle rencontrent de grandes difficultés aussi bien pour la promouvoir que pour en assumer les échecs.

La thématique de l’inclusion bancaire conduit ainsi à remettre en question la vision d’une industrie bancaire au sein de laquelle les salariés en agence ne seraient que les rouages d’une mécanique bien huilée destinée à écouler toutes sortes de produits. La promotion de l’inclusion bancaire passe nécessairement par ces salariés et suppose son articulation parfois conflictuelle aux actes de vente qu’ils réalisent quotidiennement. Mais cette articulation est-elle possible au sein de l’établissement bancaire qui les emploie ?

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PSA Sochaux : Cadences en chaînes

L’usine PSA de Sochaux, berceau historique de l’aventure Peugeot, est le miroir d’une industrie qui a révolutionné ses méthodes en quelques décennies. Concurrence, globalisation des marchés, objectifs de croissance et de rentabilité ont, au fil des ans, métamorphosé le travail dans cette usine où l’on a longtemps été embauché de père en fils.

Depuis plus d’un siècle, l’usine Peugeot de Sochaux fait et défait la vie économique de la région. Trois équipes se relaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les ateliers pour produire 1.600 voitures par jour. En décembre 2008, la crise frappe de plein fouet le secteur automobile. A Sochaux, 800 contrats d’intérim ou CDD sont supprimés, ainsi que l’équipe de nuit. Lorsqu’au printemps le marché se redresse, l’usine a perdu plus de 1 milliard d’euros et ses dirigeants n’ont qu’un objectif : retrouver croissance et rentabilité.

Après avoir été les cobayes du taylorisme et du fordisme, après avoir vu les robots remplacer un certain nombre de leurs camarades aux postes les plus pénibles, les ouvriers doivent désormais se soumettre à une nouvelle doctrine, inventée par le concurrent japonais Toyota : le toyotisme.

«On fait tout pour que le salarié sur la ligne de montage soit un robot, ne se déplace plus et ait toutes les pièces nécessaires à proximité.»
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Les acteurs français sont payés trop cher

Une tribune qui dénonce et qui pourrait faire parler dans les prochains jours alors que le bilan n’est pas glorieux pour le cinéma français en termes d’entrées en 2012. Vincent Marval, producteur et distributeur pousse dans Le Monde un coup de gueule contre les acteurs français qu’il juge trop payés.

Ce qui conduit à avoir un coût de production de film trop élevé. «Après les films des studios américains, la France détient le record du monde du coût moyen de production : 5,4 millions d’euros, alors que le coût moyen d’un film indépendant américain tourne autour de 3 millions d’euros», note Vincent Marval, soulignant que ce «coût moyen ne baisse jamais», malgré la chute des audiences TV et du marché de la vidéo.

Il met notamment en cause Dany Boon qui, selon lui, toucherait un cachet de 3,5 millions d’euros pour son prochain film, Le Plan parfait, «dont les entrées ne seront pas suffisantes pour son salaire !». Et «un million pour quelques minutes dans Astérix, film qui fait exploser le ratio entrées/cachet/minute à l’écran…», attaque-t-il encore le comédien des Ch’tis.
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Distribution : la chute des empires

Distributeur en difficulté cherche stratégie de rechange désespérément. Ils sont nombreux les géants de la distribution qui pourraient publier cette annonce. Hier, c’était au tour de Darty de dévoiler son nouveau plan stratégique. Au menu, réduction de coûts et recentrage sur les marchés domestiques, les nouveaux leitmotivs du secteur.

Le joueur de flûte de Hamelin (carte postale allemande, 1902)

Partout, le constat est en effet le même : face à la montée en puissance des cybermarchands et à des consommateurs déprimés, les grands distributeurs doivent d’urgence reprendre la main s’ils veulent enrayer leur chute. Ce qui passe pour la plupart d’entre eux par la réduction drastique de leur présence internationale développée à marché forcé depuis le début des années 1990.

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« Cessons de protéger la finance comme si elle était ‘le sang’ de nos économies »

Une mise en revue critique et sans appel des dévoiements de l’hyper-capitalisme par l’auteur des « 7 plaies du capitalisme ».

“Les dix plaies d’Egypte”, enluminure du 14ème siècle

La crise de 2008 est le symptôme d’une mutation maléfique du capitalisme depuis la chute du communisme qui entraîne irrésistiblement vers le gouffre des inégalités, de la stagnation et du chômage l’ensemble des sociétés occidentales.” Ce diagnostic on ne peut plus sombre n’est pas posé par Jean-Luc Mélenchon mais par l’entrepreneur Henri de Bodinat dans un essai aussi incisif que percutant (*). Pour se faire comprendre, le cofondateur d’Actuel et de Radio Nova, aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement, puise dans le registre biblique pour décliner les sept maux qui font “courir le capitalisme à sa perte”. Surplombé par la cupidité, “la mère de toutes les plaies”, cet inventaire pointe au premier chef “l’infection” du système par le lobbying de grandes entreprises en quête de surprofits et qui mine profondément nos régimes politiques. Or en se concentrant dans les mains des groupes de pression financiers, ce mal atteint des proportions jamais atteintes.

L’interpénétration de la finance avec le pouvoir est quasiment totale. Les mesures ne se prennent plus dans le sens de l’intérêt général mais au bénéfice de la seule préservation des intérêts bancaires”, dénonce Henri de Bodinat qui appelle à couper d’urgence ce lien pour “sauver” le capitalisme. (*) A lire : Les Sept Plaies du capitalisme par Henri de Bodinat – éditions Léo Scheer.

La crise est, comme la fièvre du malade, le symptôme des dévoiements du système capitaliste. Avant 2008, les dirigeants et les organisations internationales ne voulaient pas voir ces dérives sur le mode du “tout va très bien Madame la Marquise”, en dépit des signaux d’alerte comme le gonflement hors de proportion des profits de la sphère financière.

Aujourd’hui pour traiter le mal, on pratique cette même méthode Coué en refusant de s’attaquer aux causes profondes ou en refusant de prendre les remèdes radicaux pourtant inévitables, comme par exemple à mes yeux la sortie de l’euro pour les pays européens les plus mal en point. On persévère dans le déni. Alors que nous sommes dans bon nombre de cas à la limite du point de rupture, en particulier dans les sociétés qui connaissent une proportion de jeunes au chômage insupportable. Le risque est de connaître des crises de plus en plus violentes allant jusqu’à des révolutions comme en 1789 ou 1917.

A biens des égards, la situation actuelle rappelle celle de la fin de l’Empire romain au III-IVe siècle après JC, quand une caste richissime côtoyait une plèbe désargentée. Une polarisation si forte qu’elle allait conduire à l’écroulement de l’Empire. Ce type de clivage ne concerne pas que les pays occidentaux puisqu’on retrouve ces inégalités aussi bien en Chine, en Inde et au Brésil. Ces pays – surtout la Chine – ont embrayé sur la voie du capitalisme en exacerbant toutes ses dérives.

La cupidité, mère de toutes les plaies

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