Louis Schweitzer : “La dette perpetuelle, c’est mieux que de laisser crever la Grèce !”

Louis Schweitzer, commissaire général à l’Investissement, est favorable à la proposition grecque de transformer une partie de sa dette en “dette perpétuelle”. C’est à dire que le débiteur paye les intérêts, comme pour toute dette, mais ne rembourse à priori jamais le capital.

Quand une entreprise a des difficultés, les créanciers se réunissent, et ils voient à quelles conditions l’entreprise peut survivre. La dette perpétuelle, c’est toujours mieux que de laisser crever !“, déclare Louis Schweitzer.

Des Dacia marocaines à la pelle pour l’Europe

Plus de 170 000 véhicules produits par Renault-Dacia au Maroc ont été exportés en 2014 à partir du port de Tanger-Med, soit presque deux fois plus que l’année précédente, a annoncé jeudi cette plateforme portuaire. “Le trafic véhicules au terminal Renault a enregistré une croissance de 43 % en un an”, a souligné le groupe Tanger-Med dans un communiqué.

Quelque 211 000 véhicules y ont ainsi été manutentionnés, “dont 170 100 à l’export provenant de l’usine Renault-Melloussa”, a-t-il ajouté. En 2013, l’usine de Melloussa, dans le nord du Maroc, avait produit plus de 100 000 véhicules, destinés pour plus de 90 % à l’export.

Tollé en France

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Kidzania : « Soyez prêts pour un monde meilleur ! »

Kidzania, le parc d’attractions où les enfants travaillent. Cette chaîne de parcs à thème s’apprête à ouvrir à Londres en 2015 et pourrait s’implanter à Paris. Elle permet aux 5-15 ans de découvrir le monde du travail, de l’entreprise et celui des marques. Certains parents ne semblent pas du totalement séduits…

Travailler comme les grands pour gagner des sous. Les attractions proposées par Kidzania sont bien loin du petit train de Disneyland Paris. Cette entreprise mexicaine a déjà attiré 31 millions de visiteurs depuis 1999 dans ses seize parcs à thème implantés dans une douzaine de pays. Et elle s’apprête à ouvrir à Londres et pourrait même s’implanter en France.

Le parc londonien sera situé au-dessus d’un magasin Marks & Spencer, dans l’ouest de la capitale britannique. Soit une mini-ville de 7.000 mètres carrés dans laquelle les enfants de 4 à 14 ans pourront travailler comme les adultes et gagner des kidzos, une monnaie virtuelle. Ils exerceront le métier de leur choix parmi une soixantaine, par session de 25 minutes à chaque fois, pendant que leurs parents feront leurs courses.

Les grandes marques omniprésentes dans le parc
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En dix ans, PSA et Renault ont perdu 70.000 postes en France

45.000 postes ont disparu chez PSA sous l’effet des plans sociaux successifs. Faute de recrutement, les constructeurs affichent des effectifs vieillissants.

Le tour de vis se poursuit chez PSA. Comme attendu , la direction a présenté hier ses projections d’emploi pour 2015. Dans le cadre du contrat social négocié avec ses syndicats, la direction table sur 1.500 congés seniors – le salarié peut partir deux ans avant sa retraite, reste inscrit dans les effectifs, mais ne touche que 70 % de son salaire –, ainsi que sur 1.400  mobilités internes, 550  mobilités externes sécurisées (le salarié peut réintégrer le groupe s’il le souhaite). Des mouvements destinés à faire des économies, qui seront compensées par 550 recrutements en CDI, ainsi que l’embauche de 2.000 jeunes en alternance.


Derrière cette réorganisation, c’est le bilan social dressé par PSA qui est particulièrement marquant. Il reflète, tout comme chez Renault, la saignée qu’ont connu les deux constructeurs sur les dix dernières années.

« Maintenant, on a une vision claire et très précise des effectifs », indique Christian Lafaye, délégué Force ouvrière. Selon les documents transmis aux syndicats, Peugeot Citroën Automobile (PCA), qui regroupe les usines et les centres d’ingénierie de l’Hexagone, ne compte plus que 58.100 salariés à fin septembre. Ce qui devrait situer les effectifs 2014 de la division automobile (PCA, réseaux de distribution…) entre 65.000 et 67.000 salariés, bien loin des 100.000 salariés employés il y a dix ans encore, en 2004.

Au global, les effectifs du groupe (en intégrant Faurecia, PSA Finances…) s’élèveront à moins de 83.000 salariés, soit une chute de 45.000 postes en dix ans, à la fois du fait des restructurations (plan de départ en 2011, fermeture d’Aulnay…), mais aussi de diverses cessions (Citer, Gefco…).
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Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

George Grosz : “Eclipse de soleil”

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.

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La Chine, prochain eldorado pour la voiture électrique ?

Les villes chinoises ont beau être saturées par la pollution atmosphérique, les voitures électriques y sont rares. Mais le vent tourne selon les constructeurs, qui tablent sur un marché potentiellement gigantesque, stimulé par des coups de pouce des autorités.

En accueillant le week-end dernier à Pékin le premier “e-Prix” de Formule électrique, la deuxième économie mondiale a marqué un point dans la promotion sur son sol des véhicules verts.

Les habitants de la capitale ont découvert avec surprise des bijoux de technologie frôlant les 200 km/h. Avec le message sous-jacent: les performances sous vos yeux se retrouveront dans la voiture que vous pourrez bientôt acheter.

Actuellement seuls 70.000 véhicules électriques et hybrides roulent sur les routes chinoises, selon les médias d’Etat. Pékin s’est néanmoins fixé l’ambitieux objectif de 5 millions de véhicules de ce type en circulation d’ici à 2020.

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Des voitures sans pilote bientôt testées en France

Le gouvernement français veut autoriser à partir de 2015 les tests de voitures autonomes sur routes pour aider les constructeurs et les équipementiers automobiles nationaux à progresser dans le domaine.

Cette initiative a été prise dans le cadre des plans de la Nouvelle France industrielle lancés en septembre par le gouvernement et encouragés par Arnaud Montebourg, pour doper l’industrie et l’innovation dans les dix ans à venir. «Dans le cadre du plan, de premiers essais en route ouverte auront lieu dès 2015, en parallèle du lancement de projets de recherche et développement», selon un document du ministère de l’Économie.

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Iran : les Etats-Unis prêts à sanctionner Michelin

Preuve s’il en était besoin que les sanctions mises en place contre l’Iran pour freiner ses ambitions en terme de nucléaire militaire seraient avant tout destinées à préserver les intérêts économiques et financiers des firmes US ….

Alors que début février, le secrétaire d’État américain, John Kerry a tenu à appeler directement le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius pour lui signifier ouvertement son désaccord, suite au déplacement sur le sol iranien de plus d’une centaine de patrons d’entreprises du CAC40, effectué à l’initiative du Medef, trois sénateurs républicains viennent de s’adresser au Pentagone pour lui demander de sanctionner les compagnies françaises qui cherchent à établir des relations commerciales avec l’Iran.

En visant en tout premier lieu Michelin, lequel pourrait faire de l’ombre à Goodyear ? Il n’est pas interdit d’y penser …

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Les frères ennemis André Citroën et Louis Renault: pour la course du siècle

Si Renault et Citroën, fleurons de l’industrie automobile, appartiennent au patrimoine français, leurs fondateurs restent méconnus. Ces deux frères ennemis ont partagé les bancs du lycée Condorcet, à Paris, ils se sont ensuite livré une concurrence acharnée, façonnant l’histoire industrielle du pays. Pourtant, malgré leur incroyable réussite, ces deux génies de l’automobile connaissent un destin tragique.

Retraite : Des anciens de Renault se retrouvent sans ressources

Sandouville (près du Havre): plusieurs dizaines d’anciens salariés du constructeur d’automobiles, séduits à l’époque par un plan de départ volontaire,  ne touchent que 332 euros par mois.

Le plan s’appelait PRV comme Plan Renault Volontariat. En 2008 plus de 200 salariés de l’usine de Sandouville avaient signé pour un départ volontaire. Mais ils ont vite déchanté, car pénalisés par le report de l’âge de la retraite ils sont devenus ni chômeurs ni retraités et se sont retrouvés sans ressources.

Regroupés au sein d’un collectif, 91 de ces ex-salariés avaient mené une action juridique contre leur ancien employeur et ont obtenu en août dernier gain de cause avec un accord amiable sous la forme d’une transaction (dont le montant est resté secret) visant à arrêter le contentieux.

Une approche purement juridique qui laisse au bord du chemin plusieurs dizaines d’autres salariés dans le même cas, mais qui n’avaient pas rejoint le collectif. Pour ces ex-salariés, la situation devient préoccupante puisqu’ils ne touchent plus les Assedic et pas encore la retraite. Certains n’ont que 332 euros par mois.

C’est le cas de Gérard Lescene (39 ans chez Renault) qui raconte sa situation catastrophique et déclare vouloir se défendre, même si le combat s’annonce long…

France3

(Merci à Anthonin)

Quand Obama oblige Renault à quitter l’Iran

Le “diktat” du président américain oblige Renault à cesser toute activité en Iran. Faute de quoi, l’Alliance Renault-Nissan risquerait de ne plus pouvoir commercer avec les États-Unis. Renault a produit à travers ses partenaires 100.000 voitures en Iran l’an dernier… Déjà, PSA avait dû se retirer en 2012 sous la pression de GM. Un manque à gagner pour l’industrie tricolore !

“Le président Obama a donné l’ordre de cesser l’activité en Iran”, a affirmé ce vendredi, Carlos Tavares, Directeur délégué de Renault, non sans ironie et une certaine amertume.

Faute de quoi, les entreprises qui commerceraient encore avec ce pays se verraient interdire toute activité aux États-Unis. “Des  discussions diplomatiques ont lieu d’État à État entre la France et les États-Unis” à ce sujet. Mais, en attendant d’éventuelles avancées sur ce sujet, Renault se voit contraint, après PSA, d’interrompre ses lucratives activités en Iran.

“On n’a pas le choix”; souligne Carlos Tavares.

Implantés historiquement, les deux constructeurs français sont frappés de plein fouet par le “diktat” américain. Ils détenaient tous les deux une part très importante du marché local… contrairement aux multinationales de Detroit GM ou Ford qui  en étaient absentes !

100.000 voitures
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Inde : Le marché automobile en chute libre après 10 ans de course folle

Jusqu’à peu considéré comme un eldorado pour les constructeurs automobiles, le marché indien enregistre sa chute la plus forte depuis 12 ans. En février, dernier chiffre connu, les ventes de voitures ont chuté de 26% par rapport à février 2012. Les marchands rivalisent d’offres mirobolantes pour appâter le chaland.

Allez-y, pincez-vous!” clame une publicité pour la Vento du constructeur allemand Volkswagen, vendue 13.400 dollars US. Mais l’acheteur n’a pas besoin de sortir le porte-monnaie tout de suite. Il échange son vieux véhicule contre le neuf, effectue un paiement symbolique d’une roupie et ne commence à payer que dans un an.

Parmi les offres en apparence alléchantes figurent aussi des ristournes allant jusqu’à 20% et des prêts sans intérêt. Reste à savoir si cela suffira à réveiller le troisième marché automobile asiatique et à écouler les stocks qui se sont formés ces derniers mois, faute d’acheteurs.

Sur l’exercice en cours, clos le 31 mars, les ventes devraient reculer par rapport aux douze mois précédents, après dix ans de croissance continue, selon la fédération indienne des constructeurs automobiles (SIAM).
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Usines françaises : L’hécatombe

1.300 petites entreprises qui faisaient le tissu industriel ont disparu depuis 2009. Seuls les salariés concernés se battent… ou se résignent. [...]

Ghislaine Lèchevin, 75 ans, retraitée, et son fils Gérard, 49 ans, CAP d’électromécanicien, chômeur. En médaillon, l’usine FFM de Péronne, dans les années 60, quand elle employait quelque 600 personnes.

Philippe Quévremont a été licencié de la Filature française de mohair de Péronne, dans la Somme, où il a passé trente-trois ans et dont il est devenu le directeur industriel. Il était à trois ans de la retraite.

Depuis, il revient pour vendre les machines, s’occuper. « Quand une usine ferme, on n’existe plus », dit-il. Le lustre passé de l’unique filature de mohair du pays hante les bâtiments du site industriel.

Au faîte de son activité, dans les années 70, l’usine, rachetée par une famille du Nord, emploie plus de 600 personnes, des femmes des environs qui, sitôt le certificat d’études obtenu, intègrent les ateliers.
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Les voitures à pile à combustible arriveront chez Renault en 2017

Renault-Nissan a signé un partenariat avec Ford et Daimler pour développer un système commun de pile à combustible.

L’alliance automobile Renault-Nissan a annoncé lundi avoir signé avec l’allemand Daimler et l’américain Ford un accord pour développer un système commun de pile à combustible, avec pour objectif de lancer des véhicules électriques avec cette technologie à partir de 2017.

“Cette collaboration devrait se traduire par le lancement des premiers véhicules électriques à pile à combustible abordables et de grande série au monde à partir de 2017″,

selon un communiqué daté du Japon.

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Renault : de qui se moque Carlos Ghosn ?

Le PDG de Renault lance un cri de détresse sur la compétitivité de ses usines françaises, oubliant au passage de préciser qu’il a déjà délocalisé 83% de la production actuelle et qu’une baisse des cotisations patronales ne servirait au mieux qu’à maintenir un minimum d’emplois. Restera t-il, dans peu de temps, une usine de production automobile en France ?

(…)

La compétitivité, un simple alibi ?

La réalité, c’est que monsieur Ghosn a fait des choix stratégique par lesquels la marque Renault est devenue, au fil du temps, un moyen de rebadger des productions DACIA (Brésil et Russie) et surtout ne doit pas gêner Nissan et sa filiale de luxe INFINITI si chers à son coeur. Et ce ne sont pas les véhicules électriques dont la diffusion devrait rester confidentielle, qui vont cacher le fait qu’à part la nouvelle Clio (dont seulement une partie sera fabriquée en France) et le serpent de mer Alpine, l’avenir industriel de Renault n’est plus en France.

L’argument compétitivité n’est qu’un alibi. Car, en admettant que le gouvernement français diminue de façon considérable les cotisations patronales, rien n’empêchera les constructeurs automobiles de continuer de développer leur outil de production dans les pays aux coûts salariaux et aux normes sociales les plus bas.

En fait, à terme, les clients de la zone Europe, deviendront des consommateurs d’appoint puisque les constructeurs ont déjà les yeux tournés vers la future clientèle des pays émergents où ils ont des usines ou des joint-ventures qui fourniront un jour ou l’autre… le marché européen.

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Il était une fois les patrons : 1981-2010 La montée des actionnaires

Ce documentaire, qui s’étend du début des années 80 à aujourd’hui, retrace les grandes étapes de la libéralisation de l’ensemble de l’économie française, des rapports entre les patrons et leurs actionnaires et de leur attitude face à la crise économique et financière de 2008. Le documentaire prend pour exemple quatre grandes entreprises françaises : Axa, Renault, Schneider Electric et SEB.

“La finance est repartie de plus belle, elle alimente sans doute la prochaine bulle. Libéralisme, mondialisation et finance ont accouché d’une créature que nul ne maîtrise plus.”

(Documentaire réalisé par Anne Kunvari – France 5 – Juin 2010)

Note : la première partie (Il était une fois les patrons : 1840-1976 La montée de l’Etat) est visible ici.

Le déclin de l’automobile française

L’existence de Renault et PSA n’est pas menacée, mais le déclin de la production automobile française semble irréversible. Avec la fermeture annoncée de l’usine d’Aulnay, c’est toute une filière qui s’interroge. Le tout sur fond de chute des ventes de voitures dans l’Hexagone.

Vieille nation automobile, revendiquant même en avoir été le berceau, la France est peut-être incapable de se régénérer dans un secteur qui, aux beaux jours de cette industrie, fournissait un emploi sur dix à l’économie.

Les consommateurs ne sont plus au rendez-vous. Cette année, sur six mois, les ventes de voitures particulières dans l’Hexagone ont baissé de plus de 14% et les marques s’attendent à un recul de 10% sur douze mois.

Tout se passe comme si le marché, dopé aux subventions, était devenu totalement dépendant. Quand elles disparaissent, il sombre. Même les surenchères dans les remises commerciales ne suffisent plus à le réveiller.

Car le marché français, avec un parc de plus de 33 millions de véhicules, est complètement mature. Autrement dit: proche de la saturation. On est loin de l’époque où, comme aujourd’hui dans les pays émergents, l’accès à l’automobile de nouveaux foyers entretenait la croissance du marché. Dorénavant, il n’y a guère que le renouvellement du parc pour dynamiser les ventes.

Dopé aux primes

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Emploi: Renault va implanter une usine en Algérie

Renault, qui négocie depuis plus de deux ans l’implantation d’une usine en Algérie, a signé avec les autorités de ce pays un protocole d’accord, mais les discussions continuent en vue d’un texte définitif, a indiqué vendredi le constructeur automobile.

Un protocole d’accord a été signé, qui démarre un (nouveau) processus de discussions“, a déclaré une porte-parole de Renault.

La signature du document est intervenue le 25 mai mais, a-t-elle souligné, “il n’y a à ce stade rien de décidé” en termes de calendrier pour la future implantation, ou en ce qui concerne les modèles qui y seraient fabriqués.

Dans un premier temps, une autre porte-parole du constructeur, sollicitée pour confirmer des informations du Figaro évoquant “un accord préalable”, avait fait état de la signature d’un “accord-cadre” entre Renault et Alger.

Interrogé sur la clientèle visée, le constructeur a expliqué que les voitures de l’usine seraient destinées au marché local. Mais il se refuse à donner plus d’informations, compte tenu des discussions en cours.

Dans la région, Renault a déjà une unité, à Tanger (Maroc), dont l’essentiel de la production est destiné à l’exportation.

Les discussions traînent en longueur car les deux parties s’affrontent sur le lieu d’implantation: le gouvernement algérien privilégie le site de Jijel, une ville portuaire située à 350 kilomètres à l’est d’Alger, pour des raisons d’aménagement du territoire, alors que Renault préférerait la banlieue d’Alger où il est plus facile de trouver de la main-d’oeuvre qualifiée.

Lire l’intégralité de l’article sur Le Point

Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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Maroc : Nouvelle usine Renault, symbole de notre suicide économique !

Chômage des travailleurs européens ou profits des multinationales dans les pays émergents fournissant des produits manufacturés à l’Europe : il va falloir choisir ! Sinon la révolte éclatera d’une façon inéluctable lorsque le taux de chômage sera tellement insupportable que la folie libre échangiste mondialiste apparaîtra comme un nez au milieu de la figure !

Pour l’instant, nous sommes seulement à mi-chemin de la gigantesque entreprise de désindustrialisation initiée dans les années 1950 aux États-Unis pour favoriser les grandes entreprises américaines, et dont le flambeau a été depuis repris par toutes les sociétés multinationales de la planète ! Pendant ces trente dernières années, la France a perdu trois millions d’emplois industriels, l’une des principales raisons de la crise de notre dette souveraine ! Si un protectionnisme douanier ne se met pas en place d’une façon urgente, les choses vont encore aller en s’accélérant ! L’oligarchie mondiale  managériale, actionnariale et financière a des intérêts en totale contradiction et en opposition frontale avec le désir des peuples européens de garder leur « savoir faire » et leur emploi !

L’usine géante Renault de Melloussa au Maroc

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Espagne : Les salariés sacrifiés à la chaîne

La dérégulation brutale du marché du travail décidée par Madrid touchera de plein fouet les employés des PME. Les syndicats tentent de résister.

Gabriel, la quarantaine, ouvrier travaillant à la chaîne de montage d’un véhicule catégorie poids lourd, annonce d’emblée la couleur face au projet de dérégulation du marché du travail du gouvernement conservateur espagnol : «Ils veulent balayer nos droits, en finir avec tout ce qu’on a obtenu pendant des années de lutte. Mais, vous savez, on va se défendre. On l’a toujours fait, et on est très résistants.» A une vingtaine de kilomètres de Madrid, sur la route de Barcelone, Iveco est un fortin. Sur près de quatre hectares de terrains et de hangars où sont fabriqués des véhicules industriels exportés dans toute l’Europe, se dresse un des symboles historiques de la lutte syndicale. Sous Franco, lorsque le groupe s’appelait Pegaso (et comptait 14 000 salariés), le régime n’osait se frotter à cette entreprise. Un des oncles de Gabriel y travaillait alors : «A l’époque, si la dictature voulait rogner leurs droits, ils faisaient des grèves de trois semaines et n’hésitaient pas à bloquer la route de Barcelone avec des troncs d’arbre.»

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Renault : Le circuit de l’argent de l’espionnage industriel

Les cartes pour comprendre comment les espions présumés chez Renault auraient été rémunéré. Pour l’heure la justice française n’a pas officiellement ouvert d’enquête, et cette affaire de traîtrise par des cadres de Renault au profit d’une entreprise chinoise reste une simple hypothèse.

Quand le travail tue

Parce qu’il y en marre de voir des gens détruits par leur travail, soumis à des logiques aberrantes, marre de voir des méthodes de management qui font perdre pied aux gens, on va aborder une question essentielle dans nos sociétés capitalistes : les suicides liés au travail, le mal être au travail, le burn out. Autant de maux sur lesquels on n’a encore aucune statistique fiable, et pour cause : l’enjeu pour les entreprises est de mettre tout cela sur le compte de « difficultés personnelles » des employés. Ca les arrangerait bien, mais c’est faux.

J’essaie de me pencher aussi souvent que possible sur la question des conditions de travail, et j’ai été amenée à interroger des médecins conseil, qui en Belgique travaillent pour les mutualités et reçoivent les salariés en souffrance. Même l’un des médecins que j’ai vu est devenu dépressif à force de voir défiler face à lui des gens au bout du rouleau, moralement et physiquement.

Des symptômes comme la fibromyalgie, qui empêchent de bouger, sont liés à un excès de stress et augmentent de manière vertigineuse. D’autres perdent leurs dents, leurs cheveux, ou carrément la vie. D’après ce médecin, ces phénomènes sont en augmentation exponentielle depuis le début des années 90. Et très peu de maladies liées au travail sont reconnues comme telles, grâce à un lobbying intensif des entreprises.

État des lieux

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Les entreprises du CAC 40 sont assises sur un confortable matelas de « cash »

Les vedettes de la cote disposent de près de 150 milliards d’euros de trésorerie. De quoi soigner leurs actionnaires et relancer les acquisitions. Le ratio dette nette/capitaux propres devrait retrouver, cette année, son niveau d’avant-crise.

Encore plus de cash et des ratios d’endettement qui s’améliorent. En cette sortie de crise, les grandes entreprises françaises affichent des bilans flatteurs. Les valeurs du CAC 40 détiennent ensemble (à l’exclusion des groupes financiers) 146 milliards d’euros de trésorerie, selon les données compilées par le cabinet Ricol Lasteyrie sur les comptes du premier semestre. Soit une hausse de 5 % par rapport à la même période de l’an passé (1).

«  Dans le contexte d’incertitudes sur la conjoncture, les groupes ont cherché à se constituer un matelas de cash : il sera sans doute d’abord consacré aux actionnaires - via des rachats d’actions et le versement des dividendes -mais aussi, à plus long terme, à des acquisitions », explique Claudia Panseri, responsable de la stratégie actions à la Société Générale.

La majorité des sociétés de l’indice parisien ont vu leurs « disponibilités » augmenter par rapport au 30 juin 2009. Les groupes de services aux collectivités - comme EDF et GDF Suez -ou France Télécom disposent en particulier de très importantes ressources. «  Il n’y a là rien d’étonnant : compte tenu de l’intensité capitalistique élevée, ils ont besoin de beaucoup de cash, mais ils ont aussi beaucoup de dette », reprend-elle.

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L’Europe, dernier croyant du libre-échangisme intégral

Sur l’antenne de RTL, Eric Zemmour a rappelé que le libre-échange a toujours été défendu par les grandes nations exportatrices.

C’est une idée surprenante mais rafraîchissante que RTL a eu d’embaucher Eric Zemmour pour faire une chronique matinale à 7h15. En effet, la première radio de France donne la parole à un journaliste qui a l’habitude de pourfendre le politiquement correct.

http://www.dailymotion.com/video/xcja9p

Après une chronique très intéressante sur l’euro, il a signé jeudi 11 mars une chronique sur le protectionnisme des États-Unis dans l’affaire du marché des avions-cargos auquel Airbus a renoncé. Cette intervention était d’une limpidité dont tous les partisans d’une autre politique (moi le premier) pourraient s’inspirer. En effet, le chroniqueur impertinent a réussi à présenter la réalité du commerce international depuis deux siècles d’une manière extrêmement pédagogique et clair.
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Les raisons de la chute de l’industrie française

Est disponible, depuis peu, un rapport sur la désindustrialisation en France, par Lilas Demmou, Chargée de Mission à la Direction Générale du Trésor et de la Politique Économique du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. Si ce texte n’est qu’un simple rapport de recherche, il nous éclaire néanmoins très bien sur l’état actuel de l’industrie en France et de son évolution, ces dernières années et dans le futur.

Usine chinoise

Il est clair que des données chiffrées manquaient. On apprend donc que « l’industrie a perdu 36 % de ses effectifs entre 1980 et 2007, soit 1,9 million d’emplois ou encore 71 000 par an », principalement dans l’industrie manufacturière. Pour expliquer ce recul impressionnant, trois hypothèses principales sont évoquées (en gras) :

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Euro faible : ne rêvons pas !

L’euro est tombé le 4 juin sous les 1,20 dollar, pour la première fois depuis plus de quatre ans. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la croissance européenne.

“Rêve du chevalier”, peinture à l’huile de Raffaello Santi ou Sanzio, dit Raphaël

La monnaie unique européenne continue sa dégringolade face notamment au dollar. Elle est tombée vendredi 4 juin sous les 1,20 dollar pour la première fois depuis quatre ans.

Mais on verse d’un excès dans un autre en pensant qu’après avoir été la raison de nos maux quand il était fort, l’euro faible est la solution à tous nos problèmes. Certes, il peut aider à compenser l’impact récessif de l’austérité. Mais on est loin d’un retour à une économie normale qui créé des emplois.

Du grand doute sur la construction européenne au procès d’une Allemagne égoïste et dominatrice, de la crainte de voir la Grèce faire défaut au risque d’une faillite d’une caisse d’épargne espagnole, de la peur de l’effet de dominos sur les autres États du sud de l’Europe à la litanie des plans de rigueur, les économistes rebondissent de modes en théories éphémères, de lectures partielles de la crise en affirmations sans lendemain.

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Chute de l’industrie automobile française: -50% en 4 ans

Depuis 2006, les constructeurs automobiles français ont réduit de moitié leur production dans l’hexagone. Des chiffres très inquiétants. Pour le blogueur Laurent Pinsolle, c’est le signe que le protectionnisme n’est plus une option, mais une nécessité.

C’est une conséquence directe du niveau de l’euro et de la libéralisation des échanges, notamment avec les pays d’Europe de l’Est. En seulement quatre ans, nos constructeurs automobiles ont tout simplement réduit leur production de voitures en France de 50% !

Des chiffres incroyables

Cette étude de l’INSEE de 2007 dresse le portrait du paysage automobile Français à fin 2006. Les chiffres ne sont guère riants. Alors que les constructeurs Français produisaient entre 3,2 et 3,4 millions de véhicules sur le territoire national de 2000 à 2005, on distingue une cassure brutale en 2006 où la production tombe à 2,8 millions, soit une perte d’un demi-million de véhicules. La production en dehors de France passe de 2,2 à 3,1 millions dans le même temps.

L’anarchie commerciale, c’est un vaste mouvement de départs de nos usines dans des pays où les salaires sont plus bas ainsi qu’une stagnation des bas salaires, comme le montre bien le cas de notre industrie automobile. Nos emplois ont besoin de protectionnisme.

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CAC 40 : les actionnaires d’abord

Malgré la crise, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits élevés en 2009. Et elles distribuent beaucoup de dividendes.

Alors que la hausse du chômage se poursuit, les entreprises du CAC 40 ont publié, ces dernières semaines, des résultats relativement bons pour l’année 2009. Elles ont, en effet, engrangé quelque 47 milliards d’euros de profits cumulés, en recul tout de même de 20% par rapport à 2008. Quant à leur chiffre d’affaires, il a baissé de 10% en moyenne.

Comment expliquer cette relative résistance ? En grande partie, par la nature de l’activité des champions français. Parmi les entreprises les plus profitables en 2009, on trouve en effet, en premier lieu, les banques, à l’exception notable de la Société Générale, qui n’en finit pas de payer le prix de la priorité qu’elle a accordée aux activités de marché, et des actifs toxiques, qu’elle avait inconsidérément accumulés jusqu’à la crise financière.

Les banques commerciales récoltent le fruit de l’aide des Etats et des banques centrales. Ces dernières ont en effet abaissé les taux d’intérêt à court terme quasiment à zéro, pour inciter les banques commerciales à prêter aux particuliers et aux entreprises à des taux attractifs. Ce qu’elles n’ont fait que de façon très limitée. Elles ont, en revanche, profité de cette aubaine pour gonfler leurs marges.

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Une vaste corruption cachée derrière un programme humanitaire

Le scandale « pétrole contre nourriture » est né du dévoiement du programme du même nom. D’un montant d’une centaine de milliards de dollars, celui-ci visait à compenser les effets des sanctions de l’ONU contre l’Irak.

Le programme « pétrole contre nourriture » à l’origine du scandale a fonctionné de début 1998 à mai 2003 pour satisfaire les besoins humanitaires d’une population irakienne souffrant des sanctions économiques imposées au régime de Saddam Hussein. Ces sanctions avaient été prises lors de l’invasion du Koweït, en août 1990. Elles étaient censées empêcher Saddam Hussein de se réarmer, au moment où il jouait à cache-cache avec les inspecteurs de l’ONU chargés de vérifier que son programme d’armes de destruction massive n’existait plus. Ces sanctions semblaient avoir aussi pour but inavoué de contribuer à un changement de régime à Bagdad, explique un analyste.

En janvier dernier, l’Irak a entamé une procédure judiciaire aux États-Unis pour réclamer des dédommagements aux entreprises étrangères impliquées, soit 93 sociétés, dont BNP et Renault, pour un total de 10 milliards de dollars.

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John Paulson : le financier qui s’enrichit avec les crises

Plus fort que George Soros ! Après avoir fait une « culbute » de 15 milliards de dollars en pariant sur la crise de l’immobilier, le « sultan des “subprimes” » mise aujourd’hui sur la flambée de l’or et le retour de l’inflation. Son fonds Paulson & Co. a été pointé du doigt parmi les « spéculateurs » qui auraient parié contre l’euro et la dette grecque. Fantasme ou réalité ?

Dans le jargon de Wall Street, on appelle cela un « dîner d’idées » ( « ideas dinner ») où l’on jette des pistes d’investissement en pâture. Celui du 8 février, qui s’est tenu à la Park Avenue Townhouse, dans l’Upper East Side, à l’initiative de la firme de courtage Monness, Crespi, Hardt & Co, a déjà fait couler pas mal d’encre. Beaucoup trop, selon l’entourage du milliardaire new yorkais John Paulson, fondateur de Paulson & Co, qui se retrouve aujourd’hui sous la lorgnette du Département américain de la Justice, au même titre que le fonds de George Soros, Soros Fund Management LLC, SAC Capital Advisors LP, ou Greenlight Capital, pour le simple fait d’avoir débattu entre eux de la possibilité de « shorter l’euro. »

En d’autres termes, de parier sur la baisse de la monnaie européenne sur le marché des devises. Encore faudrait-il pouvoir prouver la « collusion » en question. A cinquante-quatre ans, le « sultan des “subprimes” » va devoir s’habituer à jouer les « bouc-émissaires. » C’est la rançon du succès.

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Plans de relance : inutiles et nuisibles…

“L’industrie craint un ‘effet de manque’ à la fin des stimulus”, constate le Financial Times. L’inquiétude grandit donc dans les milieux d’affaires européens et américains : la reprise s’avère de plus en plus fragile et tous craignent maintenant un arrêt des différentes mesures d’aide et de soutien à l’économie.

Graphe prix immobilier US

L’alchimie d’un équilibre tient souvent à peu de choses. L’économie fonctionne depuis plusieurs mois sur le régime des excès : trop de liquidités, trop d’aides, trop de soutiens, trop de plans… Depuis la crise des subprime, plus personne n’ose parler de modération. Il en faut toujours plus, c’est-à-dire toujours plus d’argent.

Tout a commencé avec Ben Bernanke, qui voulait jeter des milliers de dollars du haut de son hélicoptère, et qui a ensuite transformé la Fed en machine à cash. N’importe qui peut maintenant obtenir du dollar gratuitement ou presque, il suffit de le demander.
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Inquiétudes sur l’après-prime à la casse

Les constructeurs automobiles, réunis au Salon de Genève, s’attendent à une chute de leurs ventes en Europe. Tous espèrent néanmoins y gagner des parts de marché, grâce au lancement de nouveaux modèles.

Placés sous oxygène l’an passé, les constructeurs européens ont pourtant pour la plupart basculé dans le rouge. Et 2010 s’annonce d’autant plus compliqué pour eux qu’ils vont devoir réapprendre à respirer seuls. En raison de l’arrêt ou de la diminution des primes à la casse, qui avaient soutenu à bout de bras les principaux marchés du Vieux Continent, PSA Peugeot Citroën anticipe ainsi un repli des marchés européens de 9 % cette année, Renault un recul de 10 % et Ford un plongeon de 15 %.

Les bonnes immatriculations de janvier et février (+ 17,8 % en France le mois dernier) «ne reflètent que les commandes prises en décembre», a estimé mardi au Salon de Genève Carlos Ghosn, le PDG de Renault. Ce dernier prévoit un fléchissement des ventes à partir du printemps.

«Nous nous attendons encore à un fort vent contraire en Allemagne et en Europe en général», a souligné de son côté Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen. Le marché allemand, après avoir décollé en 2009 grâce à la prime à la casse, pourrait perdre plus d’un million de voitures cette année.
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La prime à j’me casse

Derrière la « crise » et la « reprise », un mouvement historique se poursuit : la délocalisation vers les « pays à bas coût de main d’oeuvre ».

Exemple, dans l’industrie automobile.

« Le marché automobile français finit l’année 2009 en fanfare. »

C’est la bonne nouvelle économique de cet hiver – claironnée de télés en radios : « + 10 % par rapport à 2008 » !

Une « année record grâce à la prime à la casse », se félicite Christian Estrosi, le ministre de l’industrie.

D’autant que « les constructeurs français ont été les premiers bénéficiaires ».

Super

Super puisque, évidemment, ces « constructeurs français » ont embauché + 10 % de travailleurs…

Eh bien non : les licenciements – pardon : les « plans de sauvegarde de l’emploi » – se poursuivent tranquillement, à la fois chez Renault, Peugeot, et chez les équipementiers.

Car dans ce secteur, comme dans toute l’industrie, la « crise » ou la « reprise » ne changent pas grand-chose à un mouvement historique : la délocalisation continue. Depuis vingt ans, les ventes de voitures en France sont demeurée stables – tandis que la production sur notre territoire, elle, a diminué de moitié…

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Le “vrai-faux” bond des ventes autos en janvier

Comme annoncé, la diminution de la prime à la casse depuis le 1er janvier 2010 a entraîné une baisse des ventes automobiles en France en janvier. Les stratégies des constructeurs pour amortir cette chute semblent avoir plus ou moins payé.

Sur le mois de janvier, le nombre d’immatriculations s’est élevé à 171 005 unités en France, soit une hausse de 14% du marché par rapport à la même période en 2009, à l’époque du creux de la vague. C’est en effet à cette date que les différents pays ont instauré des plans de soutien au secteur automobile, à l’instar de la France, avec l’instauration de la prime à la casse entre autres. Mais le mois de janvier voit les ventes automobiles ralentir par rapport aux mois précédents, comme le mois de décembre (+48,6%).

Un recul dû essentiellement à la diminution de la prime à la casse depuis le 1 er janvier 2010. Cette dernière n’est plus que de 700 euros contre 1 000 euros jusqu’au 31 décembre 2009. En outre, les commandes passées en 2009 seront autant de commandes qui ne seront pas faites en 2010.

Toujours un effet prime à la casse

Une chute donc attendue par les analystes, qui notent « qu’il y a toujours un effet prime à la casse, même si celle-ci est réduite par pallier et les marques ont commencé à compenser cette baisse par le biais d’offres promotionnelles », selon Philippe Gattet, analyste du secteur automobile pour le cabinet Xerfi. Lire la suite

La crise accélère la désindustrialisation de la France

Total doit officialiser aujourd’hui [1er février 2010] la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque. Un exemple spectaculaire de la façon dont la crise accélère la désindustrialisation de la France. Une croissance en berne, des coûts de production élevés : ce n’est plus en Europe, mais dans les pays émergents que les industriels investissent.

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Dunkerque, ville symbole. Le 19 novembre 1988, le Premier ministre d’alors, Michel Rocard, annonçait « une très grande et très bonne nouvelle économique pour la France » : la construction par Pechiney d’une usine d’aluminium à Dunkerque.

Vingt ans plus tard, où en est-on ? Pour la ville du Nord, ce lundi est à marquer d’une pierre noire. Rexam, le groupe britannique qui avait repris l’usine de boîtes-boissons de Pechiney en 2001, a fait une croix sur ce site. Il doit envoyer aujourd’hui les lettres de licenciement à son personnel. Sur un marché en surcapacité, l’usine sortie de terre en 1991 n’était plus compétitive, selon la direction.

C’est ce lundi, aussi, que Total doit officialiser la fermeture de sa raffinerie des Flandres, autre cathédrale industrielle de la région. La raffinerie, qui emploie 370 salariés et 450 sous-traitants, est à l’arrêt depuis mi-septembre. Elle ne devrait pas redémarrer et serait transformée en dépôt.

Total gagne de l’argent, bien sûr. Dans dix jours, le champion français devrait dévoiler un bénéfice annuel d’environ 8 milliards d’euros. Mais ces profits ne viennent pas de la raffinerie des Flandres qui, elle, est déficitaire. D’où la décision de fermer l’unité, malgré la polémique qui s’annonce.

Dunkerque est un bon miroir de l’industrie française. Malgré le volontarisme politique qui a amené à créer des sites comme ceux de Pechiney, l’industrie ne cesse de perdre du terrain en France.
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