Année internationale des sols : pourquoi l’énorme gâchis planétaire en cours nous coûtera cher

“2015, Année internationale des sols” : l’ONU pose le problème de la dégradation des sols dans le monde. Une dégradation qui va nous poser de vrais problèmes, et pas forcément ceux auxquels on pense.

Atlantico :  L’ONU a décrété “2015, Année internationale des sols”. Selon les derniers chiffres, 45% des sols européens seraient “épuisés”, leur stock de matière organique fertile étant très bas.  Comment expliquer cette destruction et cet appauvrissement des sols en Europe, en France et dans le monde ?

Jean-Claude Marcus : Les sols sont au cœur des grands enjeux planétaires : la sécurité alimentaire, la qualité des masses d’eau souterraines et superficielles, la qualité de l’air, le changement climatique ou la biodiversité.

Le sol est une ressource naturelle qu’il faut protéger et utiliser durablement. Sa formation est très lente et sa destruction peut être rapide et quasi irréversible. C’est en ce sens que l’on peut qualifier les sols de ressources non renouvelables. Or ils subissent partout une réduction très rapide en quantité disponible (surface, épaisseur, volume) et en qualité utile pour les grands cycles de la biosphère : air, eaux, biodiversité, climat, croissance et maintien de la couverture végétale.

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Biodiversité, état des sols, pollution : l’environnement se dégrade en Europe

Biodiversité en déclin, écosystèmes dégradés, sols et ressources naturelles sous pression, milieux aquatiques souillés, pollution atmosphérique alarmante, déchets mal recyclés… C’est un tableau plus noir que vert que dresse le rapport 2015 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), rendu public mardi 3 mars. « Notre analyse montre que les politiques européennes ont relevé avec succès beaucoup de défis environnementaux au fil des années. Mais elle montre aussi que nous continuons à malmener les systèmes naturels dont dépend notre prospérité », commente Hans Bruyninckx, directeur général de l’agence de l’Union européenne (UE).

Cette synthèse de quelque 200 pages couvre une zone géographique de trente-neuf pays, aux vingt-huit membres de l’UE s’ajoutant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Kosovo, le Liechtenstein, la Macédoine, le Monténégro, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie. Les cinq années écoulées depuis la publication du dernier rapport, en 2010, permettent de mesurer les progrès accomplis dans certains domaines, comme la qualité de l’air et de l’eau ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « La mise en œuvre des politiques environnementales et climatiques a été dans l’ensemble bénéfique au fonctionnement des écosystèmes en Europe ainsi qu’à la qualité de vie et la santé de ses citoyens », souligne le document.

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