Émirats, les mirages de la puissance

Au début du siècle passé, les émirats sont des terres sans frontière, peuplées de tribus nomades. Leurs habitants dépendent déjà d’une ressource rare et convoitée : les perles, qui leur permettent de vivoter… jusqu’à l’entre-deux-guerres. À partir de 1929, le marché perlier s’effondre, engendrant famine et misère. Les émirats se vident. Mais très vite, un nouveau trésor surgit du Golfe, “l’or noir”.

Du désert aux cités vertes. Des villages de pêcheurs aux villes-mondes. Du commerce de la perle au capitalisme financier. Les émirats ont connu une transformation unique lorsqu’ils ont découvert que la fortune gisait sous leurs pieds, il y a près d’un demi-siècle. Avec des ressources pétrolières et gazières pharaoniques, le Qatar, les Émirats arabes unis et, dans une moindre mesure, le Koweït, sont parvenus depuis les années 1970 à renverser le rapport de force séculaire avec l’Occident.

Mais leur avenir est sans cesse menacé par l’instabilité du Golfe – où trois guerres ont éclaté en près de trente ans – alors que leurs populations, ultraminoritaires dans leurs propres territoires en raison de l’immigration massive, restent à l’écart du pouvoir réel.

Partie 1/2 : La conquête du Golfe

Partie 2/2 : La conquête du monde
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Irak : Achetons-nous du pétrole à l’État Islamique ?

A quel jeu de dupes jouent les gouvernements européens recrutés dans la coalition new-look constituée toutes affaires cessantes par Barak Obama contre l’État Islamique (EI)? Après pétrole contre nourriture, l’Irak sera-t-il le théâtre d’une nouvelle saga pétrole contre barbus?

La question n’est pas superflue à en juger par la manière dont on essaie depuis quelques jours de nous convaincre de l’extrême dangerosité de la clique de Abu Bakr al-Baghdadi l’émir à la Rolex (“…Il n’y a pas de temps à perdre face à la menace des djihadistes de Daesh qui a pris le contrôle de larges secteurs de territoires irakien et syrien, multipliant les exactions… » disait encore récemment François Hollande qui est prêt à toutes les aventures internationales pour oublier l’espace d’un instant son lent mais inexorable naufrage domestique).

Dangereux sûrement, ne serait ce que par l’appel à l’union sacrée et au soutien des forces de l’émir que viennent de lancer Aqmi (Al Qaida au Maghreb Islamique) et Aqpa (Al Qaida dans la Péninsule Arabique), en réaction à la mobilisation de la coalition occidentale.

Manquerait plus que l’annonce d’une association plus étroite entre le Front Al Nosra, en quelque sorte, la « filiale » syrienne d’Al Qaida, avec EI pour préparer un joli feu d’artifice local au cas où le locataire de la Maison Blanche se serait mis en tête de lancer la guerre d’Irak version III.
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Qatar : des organisations internationales dénoncent « une économie d’esclavage moderne »

« Je suis suivi par la police. On dirait qu’ils vont nous faire des problèmes. » C’est le dernier message envoyé le 31 août depuis le Qatar par Krishna Upadhyaya et Ghimire Gundev, deux militants britanniques des droits humains.

Depuis, ils n’ont plus donné de nouvelles. Les autorités qataries ont révélé le 7 septembre qu’ils étaient retenus prisonniers et interrogés pour avoir “violé les lois” de l’émirat [*]. Les deux hommes travaillent pour l’organisation norvégienne Global Network for Rights and Development (GNRD). Ils se sont rendus au Qatar pour rencontrer des travailleurs népalais et documenter la situation des travailleurs migrants sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022.

L’organisation Global Network for Rights and Development (GNRD) a lancé aux côtés de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la fondation pour la défense des droits de l’homme Front line defenders et de l’ONG contre l’esclavage moderne Anti slavery international une action pour demander la libération des deux militants.


1,4 million de migrants travaillent dans le petit émirat du Qatar. Ils constituent la majorité de la population du pays, mais n’ont pratiquement aucun droit.


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État islamique : D’où vient l’argent ?

(Traduction libre réalisée par Fortune)

En 2007, l’État islamique d’Irak était considéré comme «le plus riche des groupes d’insurgés» en Irak, avec 1 milliard à 1,5 milliards de dollars “de recettes grâce à des dons étrangers, une fiscalité appliquée et la confiscation de biens et de fonds Irakiens.” Mais l’irruption des États-Unis et les faux-pas de l’EI ont endommagé de façon significative la capacité du groupe djihadiste à lever des fonds.

Sept ans et trois acronymes plus tard, l’EI a amassé près de 2 milliards de dollars et a pris le contrôle de vastes portions de territoire dans le nord de l’Irak, y compris Mossoul et 35 pour cent de la Syrie.

Le redressement financier de l’EI a été marqué par un léger glissement. S’appuyant, depuis le départ des troupes américaines en 2011, davantage sur l’amélioration de la gestion organisationnelle et financière par le chef et calife auto-proclamé de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi que sur les réseaux locaux d’extorsions  (bien que ceux-ci soient toujours actifs).

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Libye : Est-il encore possible d’empêcher la création d’un “État islamique d’Afrique du Nord” ?

Par Bernard Lugan (Ce communiqué peut-être repris à condition d’en mentionner la source)

Au point de vue militaire la situation libyenne a considérablement évolué depuis mon précédent communiqué en date du 17 août dernier :

- A l’Est, en Cyrénaïque, l’offensive du général Haftar a été bloquée par les milices islamistes; le 22 juillet, à Benghazi, le quartier général de ses forces spéciales a même été pris d’assaut.
- A l’Ouest, en Tripolitaine, les milices de Misrata (Frères musulmans) et les salafistes de Tripoli surarmés par le Qatar et par la Turquie, paraissent prendre peu à peu le dessus sur les milices berbères de Zenten dans la région de l’aéroport principal de Tripoli. Le second aéroport de la capitale, celui de Maïtigua, est déjà contrôlé par les islamistes d’Abdelhakim Belhaj.

La stratégie des salafistes, des Frères musulmans et du Qatar est désormais claire : faire de la Libye une base de déstabilisation régionale. De fait, l’Égypte et l’Algérie sont directement menacées cependant que la Tunisie n’arrive pas à liquider les maquis des monts Chaambi. Quant au Maroc, il va être dans les prochains mois la cible d’un nouveau mouvement fondamentaliste baptisé Unicité et jihad au Maghreb al-Aqsa. Au Sud, le Mali, le Niger et le Tchad vont automatiquement subir la contagion de la situation libyenne.
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Comment la géopolitique du pétrole explique la crise en Irak

Les sunnites veulent se réapproprier des richesses qui leur échappent au bénéfice des chiites. Mais les djihadistes de l’EIIL comme les Kurdes et le pouvoir de Bagdad ont intérêt à maintenir les installations pétrolières en état de fonctionner. Au moins aussi longtemps que chaque camp espère l’emporter…

Par Gilles Bridier

En Irak, les conflits religieux rallumés par l’insurrection des djihadistes sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont de forts relents de pétrole. Dans un pays qui puise les neuf dixièmes de sa richesse nationale dans ses réserves d’or noir, le nerf de la guerre –l’argent– passe forcément par le contrôle des puits et des pipelines.

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Qatar : Scandale d’État et stratégie de conquête du monde (vidéo)

À l’occasion de la visite en France de l’émir du Qatar, Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de “Qatar, les secrets du coffre-fort”, revient sur la stratégie de développement du Qatar, notamment dans le sport.

TV5 Monde (01/07/14)

Les forçats de la Coupe du monde

Alors que des soupçons de corruption pèsent sur l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar en 2022, carnet de route sur les chantiers de construction où des dizaines d’ouvriers venus du Népal ont déjà trouvé la mort.

Mondial de football : Le livre qui enfonce la FIFA

Un livre au vitriol dénonce «le niveau de corruption écoeurant» de la fédération internationale de football.

La révélation du Sunday Times de Londres selon laquelle le Qatar aurait obtenu l’organisation du Mondial 2022 en versant cinq millions de dollars de pots de vin est une énième affaire éclaboussant la toute puissante Fédération Internationale de Football (FIFA), basée à Zurich. Ce serait même une véritable mafia, à en croire le livre décapant du journaliste britannique Andrew Jennings, qui a choisi de s’autoéditer en ligne pour «conserver toute sa liberté de ton» et dont la version française est disponible depuis une semaine sur Amazon : «Omerta. La FIFA de Sepp Blatter. Histoire d’une mafia»

«C’est une organisation dont le niveau de corruption est littéralement écœurant », résume Jennings qui a déjà publié plusieurs ouvrages sur les sales dessous de la FIFA et du Comité Olympique International. Le journaliste révèle ainsi que le Qatari Mohammed Bin Hammam, ancien président de la Confédération Asiatique de Football, accusé aujourd’hui par le Sunday Times d’avoir distribué des enveloppes pour l’obtention du Mondial 2022, avait financé les campagnes électorales 2002 et 2006 de Sepp Blatter, actuel président de la FIFA.
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Qatar : les filières de l’esclavage moderne (vidéo)

Du Népal au Qatar, enquête exclusive sur le drame humain de l’esclavage moderne. Pourquoi des jeunes partis en bonne santé meurent en si grand nombre sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022.

L’ex-ambassadrice du Népal à Doha a dénoncé une “prison à ciel ouvert” et dans un rapport publié en novembre 2013, Amnesty International décrit une situation proche de l’esclavage.

La Confédération syndicale internationale estime que si les conditions de vie et de travail ne changent pas, plus de 4 000 ouvriers pourraient mourir d’ici la Coupe du monde de 2022.

France 24 (01/04/2014)

Paris : Dans les coulisses d’un prince du Qatar

Avec ce portrait, c’est un document exceptionnel que propose Capital. Pendant plusieurs mois, nous avons suivi l’un des hommes les influents du Qatar, ce pays qui fascine et inquiète les Français. Le prince Abdallah Al Thani est l’oncle de l’émir actuel. C’est un éminent personnage, ancien premier ministre.

À Paris, il a racheté l’un des plus beaux hôtels particuliers de la capitale: l’hôtel Lambert. Un palais dont la rénovation à grands frais a suscité des polémiques et où des caméras pénètrent pour la première fois avec Capital. Abdallah Al Thani est l’un des artisans du Qatar moderne, qui investit avec l’argent du gaz aux quatre coins de la planète et notamment en France.

Il a en partie inspiré les investissements dans le PSG, plusieurs palaces parisiens et quelques grandes entreprises du CAC 40. Avec ce portrait, Capital pénètre dans le quotidien d’un des hommes les plus riches du monde et décrypte les réelles intentions du Qatar dans notre pays.

Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
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Mondial 2022 au Qatar : près de 400 Népalais morts sur les chantiers

En 2013, 185 Népalais auraient trouvé la mort sur les chantiers de la Coupe du monde de football qui doit se dérouler au Qatar en 2022. Selon un bilan établi par le Guardian, cela porte le total de travailleurs népalais ayant péri sur les chantiers des infrastructures à 382 en deux ans.

Les journalistes du quotidien britannique s’appuient sur des documents « officiels » auxquels ils ont eu accès. « Ces informations accentuent la pression sur la FIFA [Fédération internationale de football] qui doit exiger des changements rapides », écrivent les journalistes.

Selon le Guardian, le nombre d’ouvriers morts sur les chantiers pourrait être beaucoup plus important puisque le Népal n’est « qu’un des nombreux pays » à fournir de la main-d’œuvre au Qatar, qui emploierait au total 2 millions de travailleurs immigrés.

Le quotidien britannique, informé par les services de l’ambassade népalaise à Doha, avait déjà dénoncé les conditions de travail des ouvriers immigrés au Qatar. En septembre, les journalistes du Guardian avaient révélé que 44 travailleurs népalais étaient morts sur les chantiers entre le 4 juin et le 8 août. « Au moins 36 ouvriers ont trouvé la mort la semaine qui avait suivi nos révélations », expliquent les journalistes. Une façon de dénoncer l’inertie des autorités qataries.

Un dossier brûlant pour la FIFA
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Qatar : La puissance et la gloire

Le Qatar est un cas unique. Grand comme la Corse, il est dirigé par un émir qui se prend pour Napoléon. Mais un Napoléon moderne, qui gagne sa puissance sans invasions ni batailles rangées…

L’entrée du Qatar dans la cour des grands s’est faite soudainement, en 1995. Cette année-là, un jeune homme inconnu renversait son père, un émir discret assis sur les plus grandes réserves de gaz du monde, dont il avait décidé de ne rien faire pour ne pas gêner ses encombrants voisins saoudiens et iraniens.

Partie 1/2 : La puissance et la gloire (1995-2008)

Partie 2/2 : Trahisons et double jeu (2008-2013)
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Strasbourg : La ministre de l’Intérieur adoubée par les autorités musulmanes (dystopie)

NB: Ce texte correspond à une série d’anticipation et/ou de politique-fiction…

Strasbourg, 1er octobre 2022 – La ministre française de l’Intérieur, Cécile Dufloch, intervenait ce mardi à la Mosquée cathédrale de Strasbourg afin d’obtenir l’aval des autorités islamiques de France concernant sa nomination, dans un premier discours très attendu suite au partage du pouvoir de 2022.

J’affirme, ici même, que jamais je n’outrepasserai les droits et compétences de l’État français, qui en aucun cas ne doit interférer avec le domaine de compétence des autorités musulmanes“, a martelé le ministre, une main sur le Coran, l’autre sur la Constitution, face à un parterre de dignitaires musulmans venus de l’ensemble du monde arabe.

“Je remercie les délégués ici présents de leur confiance, et m’engage, dans le cadre de mes fonctions, à respecter le Partage du pouvoir de 2022 entre la Constitution française, d’une part, et le Coran, d’autre part.”

Je rappelle que j’ai été l’artisane de l’unification des autorités musulmanes de France. Visionnaire, j’appelai dès 2010 l’islam de France à “prendre ses responsabilités et à s’organiser”. Ma mission a, il me semble, réussi“, a poursuivi le ministre.

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Congo : Total finalise son alliance avec le Qatar

Total a finalisé aujourd’hui l’entrée de Qatar Petroleum International (QPI) au capital de Total E&P Congo à hauteur de 15%. Cette prise de participation, qui se fait via une augmentation de capital de Total E&P Congo de 1,6 milliard de dollars, va permettre au géant français de financer son grand investissement de 10 milliards de dollars pour développer le gisement Moho Nord.

Le principe de cette arrivée de QPI au capital de Total E&P Congo avait été annoncé en mai dernier.

Créée en 2006, QPI est une filiale à 100% de Qatar Petroleum, la société pétrolière nationale de l’Etat du Qatar

Le Figaro

Memorandum d’anciens du renseignement à Obama : ” La Syrie est-elle un piège ?”

MEMORANDUM FOR: Le Président – Sept. 2013

FROM: Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)

SUBJECT: La Syrie est-elle un piège ? (Is Syria a Trap?)

Priorité : IMMÉDIATE

Nous sommes au regret de vous informer que certains anciens collègues nous disent avec certitude que, contrairement aux déclarations de votre administration, les sources les plus fiables attestent que Bashar al-Assad n’est pas responsable de l’incident chimique du 21 août qui a tué et blessé des civils syriens, et les services secrets Britanniques le savent également. En écrivant ce bref rapport, nous préférons penser que vous n’avez pas été totalement informé car vos conseillers ont préféré vous ménager la possibilité future de nier – couramment désignée comme “le déni plausible”.

Nous avons déjà connu cette situation – avec le Président George W; Bush, à qui nous avions adressé notre premier memo VIPS juste après la déclaration de Colin Powell le 5 février 2003 dans son discours aux Nations Unies, dans lequel il avait colporté de faux renseignements pour justifier l’attaque contre l’Irak. Par la suite, aussi, nous avons préféré accorder au Président Bush le bénéfice du doute, pensant qu’il avait été trompé ou à tout le moins très mal conseillé.

La nature frauduleuse du discours de Powell était évidente. C’est pourquoi, l’après-midi même, nous avions fortement recommandé à votre prédécesseur “d’élargir la discussion au-delà [...] du cercle des conseillers clairement partisans d’une guerre dont nous ne voyions pas de raisons valables, et dont les conséquences seraient, d’après nous, catastrophiques.” Nous donnons le même conseil aujourd’hui.

Nos sources confirment qu’un incident d’origine chimique a fait des victimes, morts et blessés, le 21 août, dans la banlieue de Damas.

Nos sources insistent, cependant, sur le fait que cet incident n’était pas le résultat d’une attaque de la part de l’armée syrienne utilisant des armes chimiques de classe militaire provenant de son arsenal. C’est le fait le plus marquant, d’après un officier de la CIA qui travaille sur le dossier syrien. Elles nous expliquent que le directeur de la CIA John Brennan est en train de tromper les membres du Congrès, les médias, le public, et peut-être même vous, avec une supercherie du même type que celle qui a été utilisée avant la guerre en Irak.

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Syrie : Le gaz dans la bataille

En sous-main du conflit syrien, la rivalité entre le Qatar et l’Iran autour du champ gazier le plus important du monde.

David Rigoulet-Roze à propos de la “guerre du gaz” qui s’opère dans l’ombre entre le gouvernement de Bachar el-Assad et le Qatar.

Via Theatrum Belli

Intervention en Syrie : La recherche d’un prétexte à tout prix [1]

La coalition réunissant les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar vient de franchir un nouveau pas dans sa volonté d’intervenir en Syrie afin de renverser le régime de Bachar El-Assad. Utilisant ses énormes moyens de communication, elle vient de lancer une vaste campagne d’intoxication de l’opinion internationale afin de la convaincre que Damas a utilisé l’arme chimique contre son peuple, commettant ainsi un véritable crime contre l’humanité et méritant  « d’être puni ».

Par Eric Denécé

Aucune preuve sérieuse n’a été présentée à l’appui de ces affirmations. Au contraire, de nombreux éléments conduisent à penser que ce sont les rebelles qui ont utilisé ces armes. Ces mensonges médiatiques et politiques ne sont que des prétextes. Ils rappellent les tristes souvenirs du Kosovo (1999), d’Irak (2003) et de Libye (2010) et ont pour but de justifier une  intervention militaire afin de renverser un régime laïque, jugé hostile par les Etats-Unis  - car allié de l’Iran et ennemi d’Israël – et impie par les monarchies wahhabites d’Arabie saoudite et du Qatar. Il est particulièrement affligeant de voir la France participer à une telle mascarade.

  • [1] Ce texte reprend, pour partie, des analyses produites par Alain Chouet, Alain Corvez et Alain Rodier, tous trois anciens officiers du renseignement français.

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Liban : Une participation de Paris à une opération en Syrie exposerait les militaires français

Malgré les difficultés diplomatiques, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies, et la mise hors-jeu des Britanniques, le président Hollande a indiqué, ce 30 août, au quotidien Le Monde, ne pas exclure une intervention militaire en Syrie avant le 4 septembre prochain, jour où le Parlement sera convoqué en session extraordinaire pour débattre de la situation syrienne.

Soldat français de la Finul (Force intérimaire des Nations Unies au Liban)

Cette opération, a précisé le chef de l’Etat, ne viserait pas “à libérer la Syrie ou à renverser le dictateur (ndlr, Bachar el Assad)” mais à porter un “coup d’arrêt” à “un régime qui commet l’irréparable sur sa population”.

Pour les partisans d’une intervention, il s’agit, en “punissant” le régime de Bachar el-Assad pour sa responsabilité encore présumée dans l’attaque chimique du 21 août dernier dans les faubourgs de Damas, d’éviter que lui ou d’autres aient à nouveau recours à ce type d’armes. D’autres espèrent qu’elle permettra de renverser le rapport de forces sur le terrain en faveur de la rébellion, elle-même divisée. Cela étant, il n’est nullement question, selon les déclarations des présidents Hollande et Obama, d’en arriver là.

Seulement, l’équation syrienne est extrêmement compliquée. Et pour les opposants à cette intervention – qui ne sont pas forcément de farouches admirateurs de Bachar el-Assad ou même encore de Vladimir Poutine – lancer des frappes, même pendant un temps limité, ne servirait à rien, si ce n’est à obtenir une situation pire qu’avant. En clair, ce serait mettre un coup de pied dans un nid de frelons et ce n’est pas la meilleure chose à faire.

Le temps où l’ancien président Sarkozy évoquait “l’harmonie insoupçonnée” entre les différentes communautés qui se côtoyaient à Damas grâce à la “spécificité  d’un régime autoritaire laïque” (Libre, Robert Laffont/ XO Editions, 2001) est désormais révolu. Car le conflit syrien est une guerre civile impliquant Kurdes, arabes sunnites, chrétiens, alaouites et druzes.

Mais il tend aussi à s’internationaliser, avec l’engagement du Hezbollah chiite, allié de Bachar el-Assad, de combattants iraniens (probablement) et de jihadistes venus de l’extérieur prêter main forte à leurs homologues syriens (ndlr, pour rappel, ces derniers n’ont pas effrayé plus que ça le régime syrien quand il les laissait passer en Irak, à l’époque où les Américains y étaient encore présents… Mais passons).

En outre, des puissances étrangères se font ainsi une guerre par procuration, l’Arabie Saoudite et le Qatar tentant de damer le pion à l’axe chiite (donc Téhéran) qu’ils redoutent sans doute plus que tout, en soutenant telle ou telle faction rebelle. Qui plus est, il y a des intérêts dont on ne parle que très peu. Comme par exemple ce projet de Doha de faire passer un gazoduc via la Syrie et la Turquie afin d’exporter son gaz vers l’Europe sans passer par le détroit d’Ormuz, à la merci d’un coup de sang iranien. Seulement, Bachar el-Assad s’y était opposé…
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