Neuromarketing, des citoyens sous influence ?

Le neuromarketing pose un ensemble de questions éthiques sur l’utilisation des avancées scientifiques dans ce domaine. Où en sommes nous dans notre connaissance du cerveau et surtout, du fameux subconscient que les publicitaires convoitent ?

Ce documentaire révèle que les techniques publicitaires employées sont de plus en plus évoluées et peuvent échapper à notre contrôle “conscient”, mais aussi que les neurosciences intéressent beaucoup les industriels et politiciens.

Faut il y voir un danger pour nos libertés ? Sommes nous des citoyens sous influence ?

États-Unis : Visite chez Coca-Cola

Entrez dans les laboratoires Coca-Cola guidés par les chimistes et les ingénieurs qui conçoivent de nouvelles boissons. Le concentré de Coca-Cola est produit dans seulement 30 endroits dans le monde et envoyé ensuite dans 900 usines où y sont ajouté de l’eau et des édulcorants.

Comment cette gigantesque production est-elle organisée? Comment les bouteilles usagées sont transformées en bouteilles estampées Coca-Cola dans la plus grande usine de recyclage de bouteilles au monde en Caroline du Nord? Suivez des employés à tous les stades de la production, ainsi que les 4 générations successives qui ont travaillé dans la première usine au Tennessee.

Précurseur dans le domaine de la publicité, Coca-Cola est certainement la plus connue des marques. Il s’agit d’un soda à la recette secrète dont la marque a été officiellement déposée en 1887 par le pharmacien John Pemberton. Commercialisée à l’origine comme remède contre les problèmes gastriques, elle devient après la seconde guerre mondiale le symbole de l’américanisme.

Gunther Anders : De la désuétude de l’homme

La technique désacralise tout même si elle apparaît souvent comme magique et indispensable. La technique actuelle est très différente des sociétés antérieures. Les moyens dont nous disposons sont disproportionnés par rapport à nos capacités d’humains. Les humains sont vite limités, les machines ne le sont pas. La compréhension des finalités de nos ensembles techniques est très difficile.

La technique englobe tout. Notre vie est enserrée dans la technique, qu’elle soit machinique ou organisationnelle. Dans notre vie, selon Gunther Anders, il existe deux types de travail, celui de la journée et celui du soir ou du week-end, du temps libre. Le premier concerne la production, le second celui de la consommation.

La production des marchandises produit aussi la demande, l’offre sollicite la demande. Il y a une sorte d’inversion avec le développement de la science et de la technique. La publicité est en charge de faire écouler la production pour que se réalise le capital. Il y a bien un travail humain au service de la consommation.

Anders parle de l’importance de la télévision dans ces dispositifs. La télévision a pour fonction de produire le monde. Elle prend le relais des grands systèmes religieux et philosophiques. C’est la télévision qui donne maintenant une vision d’ensemble. La télévision nous rend consommateur du monde. Gunther Anders a observé la société américaine, où l’influence de la télévision était perceptible dès les années 40.
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La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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2029 : L’omniscience-fiction

Le modèle de Google pourrait permettre d’accéder à une certaine gratuité automobile, moyennant des publicités basées sur les données personnelles.

Février 2029, un samedi matin dans le quartier résidentiel d’une grande ville de province. La Peugeot déboule au coin de la rue, s’approche doucement de la maison, et se gare devant la grille d’entrée du jardin. Elle allume ses warnings.

Une manœuvre classique que la 708 Android effectue sans conducteur. Jean, qui patiente dans son salon, reçoit une notification de l’application Uber : «Votre voiture vous attend devant chez vous.» Il était déjà prêt, et avait suivi l’arrivée du véhicule autonome sur Google Maps. Sa fille Sarah le rejoint devant la porte pour l’accompagner faire les courses.

Jean déverrouille les portières avec son téléphone, qui lui servira de clé et d’identifiant numérique le temps de la réservation du véhicule. Dès l’ouverture de la portière, le smartphone déclenche la personnalisation automatique de l’habitacle. Les LED se teintent de bleu, sa couleur favorite. YouTube Auto lance sa playlist. Sarah râle : «Au retour, c’est moi qui ouvre la voiture !» Il l’a inscrite en deuxième conducteur. Avec elle, l’ambiance tournera au violet flashy sur fond de speed garage.
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Quand la pub avance masquée

Les publicitaires ont aujourd’hui affaire à des interlocuteurs avertis et les réclames des Trente Glorieuses ne font plus recette. En effet, il ne suffit plus désormais de dire qu’une lessive lave plus blanc que blanc pour convaincre les ménagères d’acheter leur baril.

Le consommateur moderne a atteint l’âge adulte et se méfie des affiches, rengaines et autres manipulations publicitaires, lorsqu’il ne tourne pas en dérision les slogans. Pour parvenir à leurs fins, les marques ont affiné leurs tactiques, quitte à masquer leur nature réelle et flirter avec la ligne rouge. Labels, produits de l’année, publicités sur Internet, quelles sont les nouvelles stratégies déployées par les professionnels de la réclame ?

France – 2013

Économie de l’attention : comment résister à l’accaparement de nos cerveaux par les entreprises ?

Écrans publicitaires dans la rue, à la télévision, sur le smartphone jusqu’à l’intérieur d’un article. Courriels et alertes en tout genre, suggestions des moteurs de recherches, conceptions des rayonnages de supermarchés… Commerciaux et services marketing se livrent une guerre sans merci avec pour territoire à conquérir l’attention que l’on accorde à telle ou telle information : notre temps de cerveau disponible. Face à ces sollicitations de tous les instants, de grands principes pour une écologie de l’attention émergent. Réflexions.

Si vous n’avez jamais été dans une école de commerce, il y a de fortes chances pour que vous n’ayez jamais eu de cours intitulés « Psychologie du consommateur et stratégies de persuasion ». En revanche, si vous avez été à l’Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec), ce type d’enseignements, dispensés aux marketeurs, commerciaux et publicitaires, vous apprend quelles sont les « variables qui influencent [la] perception [du consommateur] ».

Quelle part d’attention accorde le consommateur à un produit en fonction de sa place sur un rayonnage ? Comment concevoir et utiliser le storytelling afin de « capter l’attention du consommateur et créer une connexion émotionnelle avec la marque » ? Comment mettre en place un e-mail marketing « afin d’être bien perçues et ainsi susciter l’attention des internautes » ? Telles sont les questions existentielles abordées dans les grandes écoles et les universités, de HEC à Paris Dauphine, en passant par l’École supérieure de publicité.

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Le mythe de la croissance illimitée et les historiens

La lithosphère, la biosphère et même l’atmosphère n’ont jamais été autant sollicité que depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. La révolution industrielle, qui débute dans l’espace anglo-saxon à la fin du XVIIIe siècle, a bouleversé en profondeur les modes de vie des hommes. D’abord localisé en Europe et par l’ampleur que ce nouveau phénomène va prendre, le tout couplé à des raisons politiques et économiques, c’est bientôt l’ensemble de la planète qui est touché. Dans ce contexte, de nouvelles idéologies prennent forme. D’un côté le marxisme, de l’autre le libéralisme qui accouche bientôt du capitalisme. Le XXe siècle accélère cette mutation. Les deux grands conflits mondiaux changent la face du monde.

John Manship : Prométhée – statue du Rockfeller Center à New-York

Au terme de la seconde guerre mondiale, l’espace anglo-saxon parvient à imposer son mode de vie et une idéologie dominante servant ses intérêts. Le capitalisme est roi, les frontières économiques sont mises à bas, le libre-échange brasse les monnaies et pousse à la consommation sans se soucier des effets sur le long terme. Dans ce contexte nouveau, de nombreuses voix s’élèvent et tirent la sonnette d’alarme. L’environnement – plus largement – trouve aussi ses historiens. Ainsi, on voit apparaître, depuis les années 1970, une critique de la croissance, de plus en plus étayée par des travaux de recherches historiques et scientifiques. C’est ce que nous allons tenter de voir ici.

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Comment la publicité resserre son emprise sur nos consciences

Dans l’espace public, à la télévision, sur internet, et maintenant dans nos poches : la publicité est omniprésente. Devenant un art en soi dans le perfectionnement de ses formes, la réclame se nourrit désormais de nos données privées – que nous pensions intimes. Nous avons conscience de l’influence potentielle de la pub, mais nous ne doutons pas de l’ampleur réelle de son emprise sur nos vies.

La publicité ne date pas de la dernière pluie, mais elle est un phénomène particulièrement récent dans l’Histoire. L’émergence du régime capitaliste et la révolution industrielle ont donné une accélération sans précédent à la hausse de la production ; pour créer et soutenir la demande, la publicité est née. Dans les années 1830 apparaissent les premiers encarts commerciaux dans les journaux, tandis que les affiches publicitaires commencent elles aussi à recouvrir les murs des villes. Dès la fin du 19ème siècle, la réclame fait l’objet d’une création artistique à part entière, plusieurs peintres renommés étant appelés à travailler dans ce secteur nouveau. Dès lors, elle a pris une place prépondérante, en particulier dans les supports médiatiques à venir. Le cinéma, qui prend rapidement au début du 20ème siècle un large essor populaire, diffuse dès ses débuts des spots publicitaires avant les films. La radio, apparue en France au cours des années 1920, est immédiatement utilisée pour émettre des séquences pour vanter les mérites de produits sur le marché.

Toujours plus travaillée et efficace, la publicité va progressivement occuper une place centrale dans la vie des Français. Aujourd’hui, son périmètre ne cesse de s’élargir et elle occupe des espaces insoupçonnés. C’est d’autant plus important de l’identifier clairement, qu’elle conditionne en profondeur nos comportements et nos idées.

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Comment la publicité a-t-elle ciblé les enfants ?

En quarante ans, comment la pub a-t-elle évolué ? Comment a-t-elle influencé, reflété les changements sociétaux ? 20 Minutes revient sur l’évolution de la publicité en vidéo et s’associe à l’INA pour puiser dans les archives de la publicité française. Cette semaine, les enfants dans la pub.

Les enfants, consommateurs ? Dans les années 60, c’est loin d’être la principale préoccupation des publicitaires. Leur absence de pouvoir d’achat les écarte de la cible. C’est à l’époque la Régie Publicitaire, chargée de surveiller les spots, qui s’intéresse à eux. Le sociologue Sylvain Parasie explique dans «Et maintenant une page de pub» que cette Régie les perçoit alors comme des «téléspectateurs influençables qui ne doivent pas être incités à contester leurs parents ou leurs professeurs, et qui ne doivent pas être poussés à se mettre dans des situations dangereuses – par exemple en avalant des produits ménagers».

C’est très largement cette préoccupation qui demeurera… Jusqu’à ce que les publicitaires prennent conscience de l’importance des enfants dans l’élaboration des campagnes et de leur influence au sein de la famille. Dans les années 2000, plus de 50% des nouveaux produits introduits dans la famille l’étaient par les enfants. Logique qu’ils fassent désormais partie intégrante des spots, que les produits les concernent ou non…

Retour sur les pubs qui les mettent “à l’honneur.”

20 Minutes

États-Unis : Les séries TV diffusées en accéléré pour rajouter de la publicité

Aux États-Unis, les chaînes de télévision ont trouvé une nouvelle astuce pour allonger encore un peu plus les pages de publicité. Ainsi, pour insérer plus de spots publicitaires, il suffit de compresser au maximum la durée des programmes en les accélérant.

L’enjeu est énorme aux États-Unis : la publicité à la télévision rapporte plus de 60 milliards d’euros par an. Certaines chaînes infligent aux spectateurs jusqu’à 22 minutes de pub par heure.

Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
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Jus, yaourts, biscuits, où sont passés les fruits ?

Sensibles aux arguments du Plan national nutrition santé – ou PNNS -, les Français mangent officiellement de plus en plus de fruits. Mais sur les onze millions de fruits consommés chaque année, 60% se trouvent dans les produits étiquetés «à base de fruits» : jus, yaourts, biscuits, compotes, surgelés.

Cette consommation de fruits «transformés» a augmenté de 40% depuis dix ans tandis que celle des fruits frais a baissé de 6%.

Quelle quantité de fruits se retrouve réellement dans ces produits ? Ont-ils les mêmes qualités nutritionnelles que les fruits frais ? Que reste-il de l’atout «santé» des fruits après leur transformation par l’industrie agro-alimentaire ? Comment les marques, le marketing et la pub ont-ils détourné le message du PNNS ? Car dans certains cas, manger des produits «à base de fruits» peut être contreproductif, voire dangereux.

Réalisé par Eric Wastiaux (Mars 2015)

Poudres et potions de l’industrie alimentaire [Rediff.]

L’industrie va déployer une pléthore de techniques pour mieux vous conditionner dans vos choix de consommation. La réalité est moins édulcorée mais ne manque pas d’édulcorants. Pesticides, sucres et additifs, parfois nocifs pour la santé, se cachent derrière les grands sourires des personnages de publicité… Mais que mangeons-nous réellement ? Enquête.

À l’heure où la production alimentaire est devenue un processus de haute technologie visant les plus bas coûts, les aliments sont-ils aussi sains et naturels que les industries agroalimentaires voudraient le faire croire ? C’est à coup de publicités mensongères que les marques persuadent les consommateurs des prétendues vertus de leurs produits pour la santé.

Non seulement celles-ci sont rarement prouvées par des analyses sérieuses, mais quand la science s’en mêle, ses conclusions font froid dans le dos : vitamines de synthèse nocives à trop haute dose, recrudescence des réactions allergiques, addiction au sucre… Des artifices législatifs permettent également aux agriculteurs de multiplier les pesticides sans réel contrôle.

Malgré les protestations des associations de défense des consommateurs, les législateurs font souvent passer l’industrie et ses lobbies avant la sécurité alimentaire du citoyen… En nous dévoilant une réalité peu ragoûtante, ce documentaire rappelle que si le consommateur n’a qu’une seule arme, elle est de taille : lui seul est à même de faire évoluer la demande en changeant son mode de consommation.

Géolocalisation : Tous traqués ?

Les Français utilisent leur portable près de 170 fois par jour. Mais ils font bien plus que téléphoner. Ils prennent des photos, vont sur les réseaux sociaux, se déplacent… tout en se géolocalisant.

Une équipe de journalistes a rencontré plusieurs adeptes de ce procédé. Grâce à la puce GPS de leur smartphone, ils peuvent trouver la boulangerie ou le cinéma le plus proche, calculer leur trajet en voiture ou en bus, repérer les embouteillages…

Reportage de l’émission Envoyé spécial diffusée sur France 2 le 12 février 2015

Plus surprenant : ils peuvent aussi suivre leurs amis à la trace, draguer des passant(e)s, payer leur prime d’assurance de voiture moins cher et même… gagner de l’argent en faisant leurs courses ! Tout ça grâce à des applications de géolocalisation qui se téléchargent en un clic sur leur téléphone.

Mais à force de dire en permanence où nous sommes, notre portable est devenu un véritable mouchard, capable de nous traquer à notre insu… Une aubaine pour les publicitaires, les géants du net, et même les enseignes – qui peuvent cibler le contenu qu’ils vous envoient. La géolocalisation est désormais une arme commerciale redoutable qui menace notre vie privée.

Elle est Charlie… Nous aussi !

Charlie Riina, un mannequin canadien, a pris la pose en petite tenue pour une marque d’eau minérale. L’inscription “Je Suis Charlie” sur son t-shit suscite la polémique.

En portant seulement un bas de maillot de bain et un t-shirt blanc sur lequel est écrit

“Je suis Charlie”,

Charlie Riina a réussi à faire parler d’elle pour une pub.

Soit la playmate canadienne aux courbes généreuses veut choquer, soit elle n’a pas suivi l’actualité de ces dernières semaines.

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Chine : “Fred & Farid”, la réussite française

Manuel Valls est en visite officielle en Chine depuis mercredi 28 janvier. Le Premier ministre s’est rendu samedi 31 janvier à Shanghai où il a rencontré des entrepreneurs français. Parmi eux, un publicitaire, Frédéric Raillard.

Son entreprise “Fred & Farid” est l’une des plus dynamiques du pays. 95% de Chinois et 15% de Français sont employés par la société.

Le secret des frites de McDonald’s dévoilé par… McDonald’s

Le leader mondial de la restauration rapide a révélé les ingrédients ainsi que le processus de fabrication de ses frites dans deux vidéos. Une opération de communication savamment contrôlée.

Combien d’ingrédients utilisez-vous lorsque vous préparez vous-même vos frites maisons? Sûrement moins que l’entreprise américaine McDonald’s, qui fait intervenir 19 composants dans le processus de fabrication de ses fameuses «french fries».

Une des vidéos mises en ligne sur Youtube mardi 20 janvier, déjà visionnées 4 millions de fois, qui détaillent la préparation de ses frites, décrit les dix-neuf composants utilisés dans la fabrication des frites McDonald’s.

Un arôme naturel de bœuf y est par exemple inséré pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. L’acide citrique et le diméthylpolysiloxane interviennent 2 fois dans le processus.  A cela sont également ajoutés, sans surprise, des colorants afin de rendre les frites plus attrayantes, ainsi que des conservateurs.
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« L’empire de la consommation »

par Eduardo Galeano

L’explosion de la consommation dans le monde actuel fait plus de bruit que toutes les guerres et crée plus de tapage que tous les carnavals. Comme dit un vieux proverbe turc, « qui boit en compte, se soûle deux fois plus ». Les festivités assomment et assombrissent la vision ; cette grande ivresse universelle semble ne pas avoir de limites dans le temps et dans l’espace. Mais la culture de la consommation raisonne beaucoup, comme le tambour, parce qu’elle est vide ; et à l’heure de vérité, quand le fracas cesse, que la fête se termine, l’ivrogne se réveille, seul, accompagné par son ombre et la vaisselle cassée qu’il doit payer.

Le développement de la demande heurte les frontières que lui impose le même système qui la génère. Le système a besoin de marchés de plus en plus ouverts et plus grands, comme les poumons ont besoin de l’air, et en même temps il est nécessaire qu’ils soient au prix plancher comme le sont les prix des matières premières et de la force de travail. Le système parle au nom de tous, il donne à tous ses ordres impérieux de consommation, il diffuse parmi tout le monde la fièvre acheteuse ; mais, rien à faire : pour presque tous, cette aventure commence et finit sur l’écran du téléviseur. La majorité, qui s’endette pour avoir des choses, finit par avoir que des dettes pour payer les dettes qui génèrent de nouvelles dettes, et finit par consommer des illusions qu’il parfois matérialise en commettant un délit.

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Plan-de-Campagne (13) : Marchandise, terre promise

Située entre Marseille et Aix-en-Provence, la zone commerciale Plan-de-Campagne se prétend la plus visitée de France. Chaque mois, deux millions de personnes arpentent cet espace de 200.000 mètres carrés, enfilade de néons multicolores, de parkings, de grandes surfaces et de panneaux publicitaires.

Page 29 du magazine Europlan de Campagne1, le gratuit officiel de la zone commerciale, petit bimestriel bourré de pubs et de textes idiots. L’une des rubriques s’intitule « Le saviez-vous ? », vague compilation d’informations insolites, aussi absurdes que maladroitement rédigées.

Parmi ces dernières : « Lors de son lancement en 1938, Superman était beaucoup plus faible qu’aujourd’hui. En effet, il ne pouvait pas voler, il pouvait juste faire d’énormes sauts. [...] Superman a progressivement accumulé les pouvoirs au cours des années, jusqu’à ce qu’il devienne le caractère presque invincible que nous connaissons aujourd’hui. Il peut à présent voler dans l’espace, voyager plus vite que la lumière, résister aux explosions nucléaires. »

Un monde total, pour ne pas dire totalitaire, où l’humain est réduit à une seule fonction : consommer.

Le magazine ne s’y hasarde pas, mais le parallèle est tentant : Superman, ce « monstre » dont la puissance grandit à mesure que se généralise le modèle de la société de consommation, c’est Plan-de-Campagne.
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L’autre France du chômage

En France, dans les chiffres du chômage, il y a d’un côté, les personnes qui n’exercent aucune activité et de l’autre, ceux qui exercent une activité réduite. Ces personnes sont inscrites à Pôle emploi mais ont un petit boulot. En France, il existe 40.000 distributeurs de prospectus publicitaires. Plus de la moitié ont plus de 50 ans.

Depuis trois ans, une à deux fois par semaine, Mélodie Dewilder se rend dans cet entrepôt de Valencienne pour préparer sa tournée. “Aujourd’hui j’ai trois heures de distribution“, sourit-elle. A 23 ans, elle aimerait travailler dans les espaces verts mais en attendant, ce sont des kilos de publicités de supermarché qu’elle distribue.

La jeune femme est fière de son travail. C’est un CDI. Elle est payée 457 euros pour 48 heures de travail par mois. Chaque fois, c’est le même parcours en voiture et les mêmes boîtes aux lettres. “Cela me permet de payer mon essence et mon loyer. Le salaire n’est pas énorme mais j’arrive à m’en sortir“, explique Mélodie.

Carburant : Les chiffres des constructeurs sont-ils bidon ?

A les écouter, on ne sera peut-être même plus obligés de s’arrêter à la pompe. Publicité après publicité, les constructeurs automobiles annoncent des consommations d’essence toujours à la baisse. Mais nous disent-ils la vérité ? L’œil du 20 heures a mis son détecteur de mensonges en route.

A priori, il y a vraiment de quoi douter de ces chiffres. La semaine dernière, nous avons fait le tour des concessions auto. Bilan: tous les vendeurs annoncent des consommations différentes de ceux annonces dans les publicités.

Alors combien faut-il vraiment rajouter ? Selon les journalistes du magazine Autoplus, la consommation réelle est généralement 35% supérieure à celle annoncée. En cause : un protocole de test officiel qui permet aux constructeurs d’essayer leurs modèles dans des conditions qui n’ont rien à voir avec la route de tous les jours.

Grenoble : 2000 mètres carrés de publicités vont disparaitre des rues

Plus de 2000 mètres carrés de publicités vont disparaitre des rues de Grenoble. La municipalité veut en outre privilégier les petits commerces face aux géants.

«En raison de l’effondrement des recettes publicitaires traditionnelles, avec la concurrence notamment d’internet, la redevance à laquelle on pouvait s’attendre, en cas de nouveau contrat, n’était que 150.000 euros et non plus de 600.000 euros comme c’était le cas entre 2004 et 2014»

En saisissant l’opportunité de ne pas reconduire son contrat avec le groupe d’affichage et de mobilier urbain JCDecaux, Grenoble a décidé de bannir les panneaux publicitaires dans ses rues, pour les remplacer notamment par des arbres.

C’est là une promesse de campagne et une première en Europe mise en place par le nouveau maire écologiste Eric Piolle.

Pas de nouvel appel d’offre

«La municipalité fait le choix de libérer l’espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces d’expression publique et ne lance pas de nouvel appel d’offre pour de l’affichage publicitaire», indique la mairie dans un dossier de presse publié dimanche.

Entre janvier et avril 2015, 326 panneaux publicitaires seront ainsi déboulonnés par le groupe JCDecaux, dont 227 «sucettes» (de moins de 2 mètres de haut), 20 colonnes, et 64 grands panneaux de 8 mètres carrés.

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Nantes (44) : Alternatiba, le village des alternatives

Alternatiba est un mouvement international de regroupement des associations implantées à l’échelle locale pour proposer et mettre en œuvre concrètement des alternatives durables à l’économie de croissance moderne.

Supervénus

Supervénus est un court-métrage qui retouche une femme lambda pour la transformer de la tête aux pieds en une femme à la beauté parfaite. Tout du moins, une femme parfaite qui nous est montré quotidiennement dans les magazines et publicités.

Ce petit film est réalisé par Frédéric Doazan, un brillant réalisateur de films d’animation.

Après quelques retouches à l’aide de scalpel, d’implants mammaires, de collagènes et de liposuccion, la Supervénus apparait…

Bonus : Analyse et décryptage de “Supervénus” avec Frédéric Doazan, son réalisateur

Bernard Stiegler : « Infantilisation des adultes, puérilisation des enfants »

L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour…

« Pavillon de la publicité » – Exposition Universelle de Paris, 1937

Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines.

Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital.

Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915).

On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l’analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le passage du salaire à la tâche au salaire à l’heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ».

C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne – que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente.
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Périco Légasse : pourquoi la France est devenue moche

Ronds-points, parkings, zones commerciales…pour Périco Légasse, l’enlaidissement de la France est une conséquence de la mondialisation qui uniformise le territoire sous la bannière du double impératif produire/consommer.

FigaroVox : Les paysages français ont-ils beaucoup changé ces 30 dernières années du fait de la multiplication des zones commerciales et industrielles à l’entrée des villes ?

Périco Légasse : C’est même l’un des phénomènes marquants, voire déchirants, de la morphologie contemporaine française.

La France n’est pas qu’une entité culturelle de dimension internationale, c’est aussi un territoire culturel de réputation mondiale. Son visage participe de son image. Or nous assistons depuis trente années à un massacre organisé de ce tableau sur lequel s’est bâti, non seulement le renom touristique et pittoresque de ce pays, mais aussi sa légende de pays de l’art de vivre.

Il y a une quarantaine d’années, le journaliste Michel Péricard, avant qu’il ne soit élu député-maire de Saint-Germain-en-Laye, animait sur «la deuxième chaine» de l’ORTF une émission intitulée «La France défigurée». Il dénonçait déjà les ravages -que l’on appelle aujourd’hui environnementaux- d’un urbanisme brutal, de la mercantilisation sauvage des faubourgs de grandes villes et de «L’expansion économique» telle qu’elle est croquée dans la Soupe au chou, de Claude Zidi (1976) où Louis de Funés et Jean Carmet, symboles de la «France fossile» étaient confinés dans leur ferme comme des primates pour s’être opposés à l’ouverture d’un centre d’attraction autour de chez eux.

Caricature ? Hélas non, prémonition, car la réalité est bien pire.

Et de voir ces abords d’agglomérations ainsi transformés en boulevards de la surconsommation dans un concours de laideur fait mal au ventre. On a abîmé, souillé, détruit, violé des paysages magnifiques pour les remplacer par des enfers multicolores bétonnés ou métallisés afin que les citoyens viennent y accélérer la dynamique de défiguration de leur pays.

Il faut bien vivre, certes, et donner du travail à tout le monde, mais quand le remède consiste à enclencher un processus qui ruine l’économie nationale par un abaissement systématique des prix via une mutilation organisée du cadre de vie et de l’esthétique des espaces urbains, on se demande si la facture n’est pas chère payée. Je me promène en Europe, et il est vrai que peu de pays échappent à cette dégradation environnementale, toutefois, j’ai l’impression qu’en France, certains élus locaux ont lancé un concours de mauvais goût pour rendre les choses encore plus moches. Il faut avouer que l’horreur dépasse parfois la fiction.
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Quel est le coût de la pollution publicitaire ?

Vous pestez à chaque fois que vous ramassez des liasses de prospectus publicitaires au milieu de votre courrier ? Certains d’entre vous, verts de rage, ont apposé l’autocollant “Stop pub” mais en vain ? L’UFC-Que choisir publie, mardi 24 juin, une étude quantifiant le volume de cette pollution publicitaire aux coûts écologiques et économiques loin d’être négligeables.

Au cours du mois d’avril, 748 bénévoles de l’ONG répartis dans 59 départements ont comptabilisé le nombre de publicités non adressées qu’ils ont reçues dans leurs boîtes aux lettres. Parmi eux, 236, soit 32 % des participants, avaient préalablement apposé un autocollant “Stop pub”.

Résultat: les ménages n’ayant pas d’autocollant ont reçu en moyenne 72 prospectus dans le mois, soit 2,7 kilos par boîte aux lettres. Cela représente une augmentation de 35 % en dix ans et ce, malgré le développement de la publicité sur Internet et un marché publicitaire globalement en récession.

Les foyers équipés de “Stop pub” ont, eux, récolté “seulement“ 12 prospectus (371 grammes). Le constat est alors sans appel selon l’ONG : si quelques distributeurs ne le respectent pas, l’autocollant “Stop pub” a malgré tout permis de réduire la pollution publicitaire de 83 % en volume et 86 % en poids.

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France : 60% des films publicitaires sont délocalisés

Une étude réalisée par la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia alerte sur la délocalisation des films publicitaires. Certaines publicités sont produites hors de France par intérêt économique.

Les films publicitaires français sont majoritairement tournés à l’étranger. Alors que certaines publicités ne nécessiteraient pas d’être tournées hors du territoire il semblerait que les publicitaires préfèreraient réaliser leurs pubs au-delà de nos frontières, d’après une étude réalisée par la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam).

60% des films publicitaires sont délocalisés

C’est à l’occasion du Festival international de la publicité à Cannes que la Ficam s’est penchée sur la localisation des productions des films publicitaires commandés en 2013 par des sociétés publiques, parapubliques françaises ou ayant reçu un soutien de l’État.
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Détruire pour consommer toujours plus (Rediff.)

Serge Latouche, un des critiques de la société de croissance, les plus connus, a beaucoup écrit sur les mécanismes de surconsommation. Il y a selon lui trois instruments fondamentaux. Tout d’abord la publicité avec une obsolescence programmée et le crédit.

Depuis une génération, notre but dans la vie semble être de consommer à crédit. Emprunter de l’argent pour acheter des biens dont nous n’avons pas besoin. Cela n’a aucun sens non ?

Les critiques de la société de croissance mettent en valeur qu’elle n’est pas viable à long terme car elle se base sur une contradiction flagrante. Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec une planète finie est selon eux soit un fou soit un économiste. Le drame de cette métaphore c’est qu’il apparait bien qu’au fond nous sommes tous des économistes maintenant.

Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau produit toutes les trois minutes quelque part dans le monde ? Beaucoup de gens aujourd’hui ce sont rendus compte qu’il fallait changer les choses, surtout quand les politiciens eux-mêmes leurs ont dit d’acheter et de consommer pour relancer l’économie.

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Pléonexie : Vouloir plus, toujours plus…

En grec, le mot πλεονεξία ou pleonexia, est formé de pleon (plus) et echein (avoir), qui signifie littéralement, « avoir plus », « vouloir toujours plus ». Synonyme d’une avidité excessive, à laquelle on associe parfois de la convoitise, de l’avarice et de la cupidité, le terme fut vulgarisé par le législateur athénien Lycurgue (890-824 av. J.C.) et il est fort utilisé dès la naissance de la philosophie.

La pléonexie est le désir de l’excès, de l’hubris. De prendre plus. Terme qui dit l’envers d’une éthique de la juste mesure, de la mesure mesurée. Mot-signe du débordement. Les sagesses antiques ont tenté de conjurer les effets de la cupidité. Ainsi, “quand je tue, je suis dans la voie de la pléonexie“, nous dit Aristote.

La pléonexie, c’est la part maudite de tous les excédents: excédents de force, de puissance, d’énergie dans un monde fatigué par la contemplation honteuse de son pouvoir de production.

Pour les Grecs anciens, l’âme d’en bas (epithumia), était le siège des passions, situé dans le ventre. A travers les dialogues de Platon, on rencontre toutefois des défenseurs de cette âme d’en bas. Dans le « Gorgias », le sophiste Callicles soutient la nécessité de céder à l’âme viscérale, de réaliser toutes ses passions à n’importe quel prix à l’instar des animaux.

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