Suisse : Les entreprises infiltrent les salles de classe

Certaines entreprises élaborent des supports de cours qu’elles mettent à disposition des enseignants alémaniques. La Suisse romande est épargnée pour l’instant par ces pratiques qui visent «les clients de demain».

Qu’est-ce que l’énergie nucléaire? Quels effets secondaires peuvent avoir la pilule contraceptive?

Pour y répondre, certaines entreprises fabriquent des fiches d’exercices à destination des enseignants alémaniques. Elles s’introduisent ainsi dans les salles de classe et accèdent aux clients et citoyens de demain. Ces pratiques n’existent pas en Suisse romande pour différentes raisons.

La plateforme internet Kiknet, fondée il y a dix ans, met à disposition des fiches de travail en allemand sur environ 150 thèmes et dit enregistrer quelque 40’000 téléchargements par mois. Ce matériel gratuit pour les enseignants est financé par des entreprises, des associations, des organisations et des offices fédéraux.

Il peut aider des professeurs stressés à préparer leurs leçons. Mais lorsque La Poste enseigne aux enfants l’écriture des lettres, la Coop la consommation «durable» et le PLR le paysage politique en Suisse, cela ne revient-il pas à arroser les jeunes de publicité même au sein de leur classe? Un coup d’oeil sur ces supports montre que certains ne sont pas au-dessus de tout soupçon.

Publicité cachée
Lire la suite

Dans l’enfer de la malbouffe

Entre le fromage synthétique et les îles flottantes sans œufs, l’industrie agroalimentaire nous fait avaler n’importe quoi. Un livre enquête sur ce phénomène. A en perdre l’appétit.

Le scandale des lasagnes à la viande de cheval a jeté une lumière crue sur le phénomène de la malbouffe. Mais cet événement est une goutte d’eau dans la mer. Et ce serait presque une gentille rigolade par rapport aux futurs scandales qui risquent d’ébranler le domaine de l’agroalimentaire.

Dans un ouvrage sorti mercredi, «Vive la malbouffe, à bas le bio», Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, Jean-Luc Porquet et Wozniak, journaliste et dessinateur au Canard enchaîné, nous dressent le musée des horreurs de la bouffe.

Le bio
Lire la suite

« Mondialisons la lutte contre la pub »

La publicité a envahi le monde entier. Obsédante et d’une taille démesurée dans les grandes villes, nous ne pouvons nous y soustraire à moins de fermer les yeux; elle pollue le paysage à la campagne, grignote toujours plus d’espace dans les médias, collecte nos données personnelles et exploite nos créations sur Internet.

La pieuvre publicitaire a des effets néfastes autant sur la société que chez les individus. Elle est une nuisance cognitive, la sur-sollicitation par les messages publicitaires provoque une confusion mentale et génère du stress ; elle nuit à la santé, par exemple en prescrivant des comportements alimentaires qui sont cause d’obésité ; elle diffuse des critères de beauté qui favorisent l’anorexie ; enfin la publicité est une nuisance pour l’environnement, elle crée de faux besoins et incite au gaspillage des ressources de la planète.

Elle se substitue à l’école et aux parents pour éduquer les enfants. Elle se banalise à notre regard parce que nous sommes imbibés d’elle au quotidien. Nous pouvons recevoir ou subir en moyenne 600 messages par jour !

Bonus : Des pissenlits par la racine – Francis Blanche
Lire la suite

30 Glorieuses, 20 rugueuses : 50 ans d’économie racontés par la pub

Par un défilé d’images de publicité, cinquante années d’économie de la France se révèlent, d’une façon simple, chronologique et rigoureuse, mais aussi souvent drôle. Beaucoup plus qu’une collection de publicités, c’est également une véritable galerie de portraits des hommes politiques qui ont marqué les cinquante dernières années. Il s’agit d’un film intelligent sur l’évolution économique de la France et les rôles successifs que va endosser l’État devenu « providence », puis libéral. Avec le recul, c’est également une histoire de la vie ordinaire des Français, de la pénurie à la prospérité, de la croissance à la crise.

Partie 1 : 1945-1954, la reconstruction

Lire la suite

La ruée vers l’or des données personnelles

Nos données personnelles sont la matière première sur laquelle des géants tels Google, Amazon, Apple ou Facebook contruisent leur modèle et assurent leur richesse. Quand Big Brother rime avec big business.

« Facebook n’a pas été créé pour être une entreprise mais pour remplir une mission sociale : rendre le monde plus ouvert et connecté. » Ainsi parlait récemment Mark Zuckerberg, PDG et fondateur du réseau social le plus fréquenté au monde. On peut dire que le jeune homme de 28 ans a atteint son objectif : près de un milliard de Terriens partagent volontiers des tranches de vie avec leurs amis, « likant » leurs préférences, commentant leurs coups de coeur, signalant leur présence ici ou là…

Chacun jugera le paradigme de Zuckerberg à l’aune de ses convictions et de son expérience. Mais neuf ans après sa naissance, Facebook est bel et bien une entreprise et son patron est milliardaire. Cotée, elle aligne des revenus en hausse régulière et prospère sur un modèle économique assez simple dans son énoncé : butiner les informations numériques laissées dans notre sillage pour en faire un miel vendu aux annonceurs.

Un étudiant autrichien, Max Schrems, qui a eu la curiosité de demander le relevé de son activité sur Facebook a reçu… 1 222 fichiers ! Les coordonnées d’une personne se retrouvent en moyenne dans environ 400 fichiers, pointe également Alex Türk, ancien président de la Cnil.

Facebook : 5 dollars par tête
Lire la suite

Détruire pour consommer toujours plus (Rediff.)

Serge Latouche, un des critiques de la société de croissance, les plus connus, a beaucoup écrit sur les mécanismes de surconsomation. Il y a selon lui trois instruments fondamentaux. Tout d’abord la publicité avec une obsolescence programmée et le crédit.

Depuis une génération, notre but dans la vie semble être de consommer à crédit. Emprunter de l’argent pour acheter des biens dont nous n’avons pas besoin. Cela n’a aucun sens non ?

Les critiques de la société de croissance mettent en valeur qu’elle n’est pas viable à long terme car elle se base sur une contradiction flagrante. Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec une planète finie est selon eux soit un fou soit un économiste. Le drame de cette métaphore c’est qu’il apparait bien qu’au fond nous sommes tous des économistes maintenant.

Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau produit toutes les trois minutes quelque part dans le monde ? Beaucoup de gens aujourd’hui ce sont rendus compte qu’il fallait changer les choses, surtout quand les politiciens eux-mêmes leurs ont dit d’acheter et de consommer pour relancer l’économie. On peut dire qu’avec la société de croissance, nous sommes embarqué dans une voiture qui désormais manifestement n’a plus de pilote, va à tout allure et dont on peut prévoir le destin qui est soit de se fracasser contre un mur soit de sombrer dans un précipice.
Lire la suite

Stagiaires : Les secteurs qui abusent

Combien y-a-t-il de stagiaires en France? Dans quels secteurs sont-ils le plus exploités? Le collectif Génération Précaire livre son point de vue sur la situation, au lendemain de l’annonce de Geneviève Fioraso sur la réforme des stages.

Jeudi 7 mars, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, annonçait vouloir mieux encadrer les stages, en limitant notamment leur durée à six mois maximum. Elle dénonçait au passage certains secteurs d’activité, accusés de recourir abusivement aux stages, et citait les agences de publicité, qui compteraient selon elle jusqu’à 10 à 15 % de stagiaires. Une situation que dénonce Ophélie Latil, porte-parole de Génération Précaire, un collectif de défense des stagiaires.

Le Figaro Étudiant: À combien estimez-vous le nombre de stagiaires en France?

Génération Précaire: En 2006, on estimait qu’il y avait environ 800.000 stagiaires en France, et 1,2 million en 2008. Aucune enquête n’a été réalisée depuis par le ministère de l’Enseignement supérieur, malgré nos demandes. Nous nous sommes donc attelés à la tâche nous-même en 2010 et avons calculé une tendance à partir du faible nombre de réponses reçues de la part des établissements. Le chiffre que nous obtenions tournait alors autour de 1,5 million de stagiaires.

Mais il est important de comprendre que ce chiffre est sans doute sous-estimé, car il ne prend en compte que les universités. Or, tout le monde sait bien que les écoles de commerce ou les écoles d’ingénieur abritent elles aussi de nombreux stagiaires. La réalité est donc sans doute bien pire que ce que l’on imagine.

Lire la suite

Le marché de la charité

Les associations humanitaires se gèrent désormais comme des entreprises. La professionnalisation du secteur a modifié le rapport au don. La collecte de fonds est devenu un marché potentiel. Marketing, rentabilité, marché, la rhétorique économique a progressivement investi la sphère de l’humanitaire. « En tant que commercial, j’ai été formé à vendre un produit. On vend la détresse, on vend une situation d’urgence et des projets. » Le propos d’André Gasser est sans ambiguité. Cet ancien chef d’entreprise est aujourd’hui président des Parrains de l’Espoir. Basée à Illkirch, cette association, fondée en 1978, s’est spécialisée dans l’urgence et le développement. A l’origine, André Gasser conciliait ses activités de dirigeant et son engagement caritatif.

« Saturation du public »

Lire la suite

Bernays, ou la révolution du spin

L’indispensable Consciences sous influence de Stuart Ewen – dont la réédition devient plus urgente que jamais – révèle les prodromes du dol patent des décideurs de réduire les hommes au stade de servo-mécanismes actionnables et dirigeables à merci. A l’époque étudiée, maîtriser les masses impliquait la création d’une mentalité mécanique, aux réactions prévisibles et dénuées d’autonomie. L’idée de changement était implantée symboliquement dans l’esprit des sujets. Le consommatisme devait permettre la satisfaction des pulsions tout en assurant le contrôle social. Bref, depuis près d’un siècle la publicité a cherché une méthode scientifique d’influence psychique.

Dans ce domaine, le pionnier de l’ingénierie sociale fut incontestablement Edward Bernays. Neveu de Freud et lecteur de la Psychologie des foules de Gustave Le Bon, il comprit avant l’heure les mécanismes régissant le comportement humain. On peut d’ailleurs regretter que pratiquement aucun de ses livres ne soit traduit en français, pas même celui dont fut tirée la célèbre formule de « fabrication du consentement » (The engineering of consent). Promoteur d’un « capitalisme cynique », selon Christian Salmon, il anticipa sur les manipulations de masse omniprésentes amenées à se développer pour s’en faire le héraut et le praticien. Il conçut le spin (1), cette propagande de la com’ qu’il rebaptisa « conseil en relations publiques » afin d’en améliorer l’image dans l’opinion.

Lire la suite

Insurrections et guerre des pick-up: Toyota vs Zhongxing

Durant des décennies, le véhicule préféré des rebelles a été le pick-up japonais Toyota Hilux. Coriace, pas cher, simple et facile à réparer, le Hilux était aussi aidé par la solidité et la capacité de la soute, en arrière, où on peut fixer une mitrailleuse lourde, un canon léger, un lance-roquette et même certains petits systèmes de missiles anti-aériens.

Par Denis Arcand | monvolant.ca (02/09/2011).

Une guerre entre la Lybie et le Tchad en 1987 a même été surnommée The Toyota War. La Lybie avait de gros tanks russes, des hélicoptères de combat et des garnisons dans le désert; le Tchad avait des Toyota Hilux et 8000 nomades du désert armés de Kalachnikov et de petits lance-roquettes RPG 7. L’armée de Kadhafi a mangé toute une volée.

Durant 20 ans après cela, le Hilux a été le véhicule des révolutions, des guerres civiles et des conflits low-tech partout en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

Quelle publicité, ces photos d’agences de presse, montrant des combattants roulant sur les pires routes du monde dans des pick-ups avec un gros «TOYOTA» sur le panneau arrière.

Lire la suite

Consommation et Surconsommation

L’accès à la consommation nous est présenté comme la source du bonheur, alors que paradoxalement, être consommateur rend vaine toute tentative d’accéder au bonheur. La publicité est là pour nous rappeler à l’ordre, pour créer l’insatisfaction, le manque et une dépendance par rapport à des produits qui jusque-là n’étaient pas indispensables à l’épanouissement, et qui s’ajoutent à nos besoins.

Il serait plus sage de ne pas tenter d’avoir tout ce que l’on nous propose, mais de savoir apprécier ce que l’on a. Il faudrait d’ailleurs faire en sorte de se libérer de la surabondance (également surabondance de pollution, d’uniformisation, de stress … etc !) plutôt que de convoiter avec obsession ce qui nous fait défaut (le pouvoir d’achat, l’emploi, l’innovation, les parts de marché, la croissance, etc), pour plus de simplicité et moins d’illusionnisme. Posséder le dernier « iphone » est-il indispensable à la vie ?

Comment les hommes faisaient-ils avant toutes ces technologies high-tech qui se régénèrent indéfiniment ? Comment vivaient-ils, étaient-ils épanouis, étaient-ils en manque? En manque de quoi, de bien matériel ? Mais combien de ces choses sont vraiment utiles à notre épanouissement ? Ne servent-elles pas plutôt à cacher notre frustration devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à comprendre et à appréhender ?

L’expansion du développement transforme sur son passage l’autarcie des peuples en misère, et partout sur terre, goûter à « l’économie de marché » devient une addiction qui se substitue à tout mode de vie alternatif (gratuit) et indépendant (libre). Ce système économique arrivera à son apogée quand la mondialisation aura transformé toutes les cultures et toutes les ressources naturelles en marchandises identiques.
Lire la suite

Surplus : La consommation par la terreur

Cet essai en forme de collage réalisé autour de l’écrivain anarcho-primitiviste John Zerzan met en évidence les dérives et les dangers du développement effréné de nos sociétés de consommation et s’amuse habilement des propos irresponsables de nos dirigeants politiques et industriels.

“Surplus” dénonce les dérives du libéralisme, la coercition médiatique et publicitaire, la course insensée au profit, la surconsommation et son corollaire : la surexploitation des ressources et l’inégalité de répartition des richesses.

La violence extrême des manifestations des militants altermondialistes à Seattle, Gênes et Göteborg a ébranlé le monde entier. Surplus cherche à comprendre la rage de la jeune population contre notre société de consommation. Pourquoi abondance ne rime-t-elle plus avec jouissance ?

Collage, manipulation des sons et des synchronisations, répétitions suggestives, montage incisif, slogans martelés : le film utilise les mêmes techniques que la publicité et les shows télévisés. Ironique et sans concession, ce documentaire interroge plus qu’il ne dénonce ou ne donne de leçon…

Histoire du groupe Publicis

Publicis Groupe est un groupe de communication français fondé en 1926 par Marcel Bleustein-Blanchet dont la principale actionnaire est sa fille, Élisabeth Badinter et actuellement dirigé par Maurice Lévy. En 2009, c’est le troisième groupe de communication au monde par le chiffre d’affaires, présent dans 104 pays sur les 5 continents et compte environ 49.000 collaborateurs.

Connaissez-vous Vance Packard ?

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a  finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.

En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.

Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.

Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2)  que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique. Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :

Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).

Lire la suite

Les 3 pilliers du Système : Publicité, crédit et obsolescence programmée

Par Julien Jauffret. Article publié dans l’hebdomadaire “Minute” du 26 décembre 2012, disponible en kiosque ou sur Internet. Au cœur du Système : l’obsolescence technique, symbolique ou programmée.

Le socialiste anglais William Morris (1834-1896) qualifiait l’époque issue de la révolution industrielle – la nôtre – d’« âge de l’ersatz ». Être socialiste alors n’avait évidemment pas grand-chose à voir avec les progressistes imbéciles qui, couchés à plat ventre devant le marché, se revendiquent aujourd’hui du socialisme, même lorsqu’ils dirigent le FMI ou l’Organisation mondiale du commerce !

Plusieurs dizaines de consommateurs étaient prêts à tout ou presque en juin dernier pour recevoir des bons d’achats remis aux premiers clients qui se présenteraient nus comme des vers à l’ouverture d’un supermarché du nord de l’Allemagne.

C’est parce qu’il était « vieux jeu et conservateur » que William Morris dénonçait une production industrielle façonnée par les impératifs d’un marché s’étendant sans cesse et détruisant tout sur son passage. Une chose hantait cet homme de l’ancien monde, amoureux de « la belle ouvrage » : la chute vertigineuse de la qualité des produits fabriqués par l’industrie à laquelle il assistait.

« Depuis que j’ai entendu parler de vin fabriqué sans jus de raisin, […] de couteaux dont la lame se tord ou casse dès que vous tentez de couper quelque chose de plus dur que le beurre, et de tant d’autres mirifiques prodiges du commerce actuel, je commence à me demander si la civilisation n’a pas atteint un point de falsification telle que son expansion ne mérite plus d’être soutenue », disait-il, lors de ses nombreuses conférences à travers l’Angleterre.

Depuis Morris, la falsification s’est généralisée à tous les aspects de la vie. Là où nos ancêtres conservaient certains objets usuels du berceau à la tombe, et sur plusieurs générations, nous les remplaçons des dizaines de fois dans notre vie (casseroles, habits, draps, meubles à présent…) quand nous n’utilisons pas carrément des objets jetables.

C’est l’immense mérite du dernier livre de Serge Latouche, Bon pour la casse (éd. Les Liens qui Libèrent) que de montrer que cette « obsolescence » des produits industriels, loin d’être accidentelle, est au contraire inhérente à notre système économique qui, sans elle, s’écroulerait.
Lire la suite

Internet : Les données personnelles bientôt taxées?

Le gouvernement voudrait taxer l’exploitation des données par les géants du Net. Un marché de 1.000 milliards d’euros en Europe

Adresse postale, coordonnées bancaires, historique des recherches, achats effectués, sujets débattus par e-mail, orientations sexuelles, origines ethniques… Jamais les données personnelles des internautes n’ont été autant scrutées et utilisées par les acteurs du Net.

D’ici à 2020, cette mine d’informations, qui leur permet de monétiser leurs services en ciblant au mieux la publicité, pourrait représenter plus de 1.000 milliards d’euros en Europe, selon le Boston Consulting Group, soit l’équivalent du budget européen discuté pour la période 2014-2020! Le gouvernement l’a bien compris, qui s’intéresse de près à cette nouvelle manne fiscale.

Mandatés depuis juillet pour réaliser un rapport sur la fiscalité numérique, le conseiller d’État Pierre Collin et l’inspecteur des finances Nicolas Colin ont fait un point d’étape, jeudi, face aux ministres Fleur Pellerin et Jérôme Cahuzac. En jeu, un “mini-rapport Gallois”, pas moins, murmure-t-on à Bercy… Attendu fin janvier, le texte devrait proposer, entre autres pistes, la mise en place d’une taxe sur l’exploitation des données personnelles.
Lire la suite

Un jeu pour gagner un abri anti-atomique

Avis aux « survivalistes » et autres fous de l’apocalypse: la chaîne de télévision National Geographic Channel lance un jeu pour gagner un abri anti-atomique équipé et livré à domicile pour faire face au chaos redouté par certains le 21 décembre.

Complètement étanche et autonome en eau et électricité, il permet de « protéger ses occupants des effets mécaniques et thermiques d’une explosion nucléaire ». Ce concours est destiné à promouvoir une nouvelle émission : Familles Apocalypse qui va suivre et présenter le quotidien de familles américaines survivalistes qui se préparent à la fin du monde.

L’abri en béton armé est prévu pour accueillir jusqu’à six personnes dans une pièce de 8m2. Conçu par une société spécialisée, il est équipé pour faire face à une catastrophe naturelle, chimique ou nucléaire: soupape de décompression, murs de 25 cm d’épaisseur, éclairage à dynamo, lits superposés, masques à gaz, boîtes de conserve de nourriture d’urgence, etc.

Pour avoir une chance de le remporter, un jeu-concours est organisé en France sur un site internet. Encore faut-il avoir la place d’accueillir cet abri de la taille d’un semi-remorque et pesant 25 tonnes…

7sur7.be

Les gangsters du commerce

Opérateurs de téléphonie mobile, banques ou compagnies aériennes, tous redoublent d’une scandaleuse ingéniosité pour vous faire payer toujours plus.

Faire accepter à un consommateur de s’engager dans une relation commerciale permanente où se renouvelle régulièrement (et automatiquement) le système achat-vente, c’est le paradis pour l’entreprise. Si le principe de l’abonnement se limitait auparavant à certains produits et services, tels que les magazines ou la télévision par câble, il s’applique désormais à l’automobile, l’habillement, l’alimentaire…

Les relations entre les entreprises et leurs clients sont truffées de conflits d’intérêts sur fond d’hypocrisie, de marketing et de pub. Car au bout du compte, les entreprises commerciales veulent obtenir de leurs clients les plus grosses sommes d’argent possibles, tandis que ces derniers veulent débourser un minimum. La fidélisation des clients est la principale motivation qui pousse les entreprises à bien traiter leur clientèle. Rien de nouveau jusque là.

Mais les entreprises tiennent à présent à nous convaincre qu’elles sont nos gentilles amies et qu’elles prennent leurs décisions, en matière de prix, de qualité et de services, sur des critères éthiques. Une idée mise à mal ces derniers temps, comme en témoigne le scandale de la Barclays et du Libor. La banque a écopé d’une amende de quelque 360 millions d’euros pour avoir manipulé les taux d’intérêts interbancaires – le Libor, rebaptisé par les cyniques «Lie-More» [en anglais, «ment plus»].

Lire la suite

Très (trop) chers Jeux

Est-ce bien raisonnable ? Alors que la Grande-Bretagne traverse sa pire récession depuis 1945, que la zone euro est une nouvelle fois au bord de la crise de nerfs et que l’économie mondiale vacille, s’ouvrent ce vendredi les Jeux Olympiques les plus chers de l’histoire après ceux de Pékin.

On a beau aimer le sport et les valeurs de l’Olympisme, s’émouvoir devant ce rassemblement réputé universel et regretter en tant que Français que ces Jeux promis à Paris se déroulent de l’autre côté de la Manche, on reste sceptique devant la débauche de moyens déployés.
Lire la suite