Rupert Murdoch : Le magnat des médias

Homme d’affaires américain d’origine australienne, sir Rupert Murdoch est l’actionnaire principal du groupe de médias News Corp. Il possède des journaux, télés et sociétés de production qui dégagent un chiffre d’affaires annuel de plus de 33 milliards de dollars.

Un empire qui a failli sombrer suite à un scandale sans précédent, celui des écoutes téléphoniques illicites commises par le tabloïd britannique « News of the World ». Entre abus de pouvoir, corruption, adultère, séparation et condamnations, retour sur l’incroyable saga de ce puissant patron, de ses débuts jusqu’au rachat du quotidien « Wall Street Journal ».

Pour maigrir : Mangez du chocolat !

Depuis des décennies, l’industrie agroalimentaire, tout particulièrement le secteur florissant des produits de régime, aime s’appuyer sur un argument de vente imparable: les études scientifiques. Relayées par des revues spécialisées puis par la presse grand public, elles confèrent sérieux et légitimité à la plus fantaisiste des diètes.

Pourtant, malgré ces promesses apportées à grand renfort de chiffres, les consommateurs de yaourts, céréales, compléments alimentaires ou crèmes amincissantes n’obtiennent que rarement le résultat escompté. Ces études sont-elles aussi scientifiques qu’elles le prétendent?

Avec l’appui de médecins et de nutritionnistes, ce documentaire propose un décryptage des fausses promesses du business des régimes, notamment des biais méthodologiques d’une bonne partie des études, qui devraient les rendre impropres à la publication.

Les documentaristes apporteront la preuve de ce manque de rigueur par l’absurde, en mettant sur pied leur propre étude. Grâce à une méthodologie aussi lacunaire que les recherches incriminées, elle parvient à démontrer qu’une consommation régulière de chocolat permet à coup sûr de perdre du poids. Les revues spécialisées mordront-elles à l’hameçon?

Aides à la presse : Un scandale qui dure

Par Sébastien Fontenelle, journaliste. Auteur d’Editocrates sous perfusion, Libertalia, Paris, 2014.

Instaurées en France dès la fin du XVIIIe siècle pour « encourager la libre communication des pensées entre les citoyens », les aides de l’État à la presse n’étaient destinées qu’aux publications d’intérêt général. Elles profitent désormais aux groupes puissants, sans que leur contribution au débat démocratique saute aux yeux. Pourtant, les procureurs les plus inflexibles de la réduction des dépenses publiques restent cois…

Fustiger la dépense publique en exhortant à la réduire est devenu une discipline journalistique à part entière dans la presse française. Certains s’illustrent par l’excellence de leurs performances en la matière : on pense ici à Franz-Olivier Giesbert, qui reste rarement plus de deux semaines sans proclamer, dans l’hebdomadaire Le Point, que « la France doit cesser de dépenser plus qu’elle ne produit. Autrement dit, faire maigre (1) ».

De 2009 à 2013, Le Monde a été doté par l’État de 90 millions d’euros. Durant la même période, Le Figaro du sénateur Dassault a été nanti de 85,9 millions — cependant que Le Point devait se contenter de 22,9 petits millions…

Le propriétaire du Figaro, le sénateur (Union pour un mouvement populaire) et avionneur Serge Dassault, réclame lui aussi régulièrement qu’« on supprime toutes les aides », car « il ne faut pas que l’État aille donner de l’argent » (2) — sauf naturellement quand la puissance publique débloque 1 milliard d’euros pour moderniser l’avion de chasse produit par l’industriel, comme en janvier dernier…
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Vers un Mediapartgate : Edwy Plenel tombera-t-il pour fraude fiscale ? (Màj)

Addendum du 05/02/2014: L’Assemblée Nationale a voté le 04/02/2014, à une large majorité, “l’harmonisation des taux de TVA applicables à la presse“, appliquée jusqu’à présent unilatéralement par Médiapart, de façon illégale mais “légitime” comme l’ont souligné certains députés.

Quand Edwy Plenel dénonçait les “vieilles combines de l’État et l’argent qui corrompt” dans l’émission d’Olivier Galzi sur iTélé le 18 décembre 2013.

« La presse est au cœur du pluralisme des opinions – Ce qui est fait contre Mediapart est discriminatoire – Je suis un entrepreneur indépendant, sans subvention, sans aide publique je ne vis que de mes lecteurs – L’État est fainéant, incompétent, inconséquent – Un amendement parlementaire a effacé 4 millions de dettes du quotidien l’Humanité, ce sont de vieilles combines. »

Addendum : “Réponse” d’Edwy Plenel sur Tweeter le 03/02/2014 à 16:07:

Edwy Plenel, président de Mediapart est l’invité de l’université d’Orléans ce lundi 3 février 2014, pour un débat consacré aux mutations de la fabrique de l’information.

Fiscalité d’exception, manipulations comptables, entorse à une directive européenne, connivence gouvernementale et parlementaire pour effacer un redressement fiscal et ainsi, sous prétexte du vote d’une loi aux motivations complaisantes, mettre en place une mesure rétroactive au bénéfice d’un ami politique… Qu’en est-il de la prétendue indépendance et de la probité de Mediapart ? Fortune vous dévoile les secrets d’un scandale qui sera désormais public.

Le 17 janvier 2014, le gouvernement a annoncé vouloir modifier la loi relative aux abonnements de la presse numérique, en abaissant la TVA de 20% à 2,10%, afin d’en aligner le taux applicable à la presse en ligne sur celui des journaux papier.

Une loi rétroactive votée dans l’urgence

Une proposition de loi en ce sens a depuis lors été déposée par le groupe socialiste et adoptée à l’unanimité en commission. Elle prévoit une entrée en vigueur rétroactive au 1er février. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée pour ce texte, qui passera en séance (une seule lecture par chambre) le mardi 4 février.

Détail intéressant : ce véritable « cadeau fiscal » ne devrait pas profiter de la même manière à l’ensemble des organes de la presse numérique. A priori, trois médias en bénéficieront particulièrement, parce qu’ils font l’objet de contrôles et/ou de redressements fiscaux et que ceux-ci seront très probablement annulés par la même occasion (même si, pour le moment, seul le troisième est officiellement concerné, on voit mal, en considération de l’équité fiscale, pourquoi les deux premiers ne suivraient pas) : Indigo (éditeur de « La Lettre A », et de « Presse News »), Terra Eco et… Mediapart.

Dans une période de crise marquée par la rigueur et des augmentations d’impôts généralisées pour le commun des mortels, une telle générosité a de quoi surprendre ; d’autant qu’en prenant cette décision unilatéralement, la France agit en contradiction flagrante avec le droit communautaire européen.

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Les retouches photos bientôt interdites ?

“On observe de plus en plus de troubles du comportement alimentaire, indique Serge Hercberg, professeur de nutrition. Certains sont moins graves que d’autres. Mais les pratiques des régimes sont à la fois délétères parce qu’elles sont inefficaces et, d’autre part, elles peuvent entraîner des systèmes de privation qui peuvent avoir des conséquences très néfastes.

États-Unis : Les pauvres et la dictature des marchés

Pour écrire notre livre Days of Destruction, Days of Revolt (Jours de destruction, jours de révolte), Joe Sacco et moi avons passé deux ans à enquêter sur les endroits les plus pauvres des États-Unis. Nous sommes allés dans les “misérables zones sacrifiées” de notre pays – les premiers endroits obligés de s’agenouiller devant la dictature des marchés – pour montrer ce qui arrive quand le capitalisme dérégulé et l’expansion économique illimitée s’en donnent à cœur joie.

Nous voulions montrer les conséquences de l’exploitation sans foi ni loi des multinationales sur les familles, les communauté et la nature. Nous voulions pourfendre l’idéologie régnante du mondialisme et du laissez-faire capitaliste en montrant ce que devient la vie quand les êtres humains et l’écosystème ne sont plus que des marchandises à exploiter jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne.

Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales.

Ce qui s’est passé dans ces zones sacrifiées – les villes post-industrielles comme Camden, N.J., et Detroit, les mines de charbon de l’ouest de la Virginie où les compagnies minières ont fait exploser le sommet des montagnes, les réserves indiennes où le projet dément de l’expansion et l’exploitation économiques sans fin a causé ses premiers dégâts et la culture intensive où les travailleurs sont traités quasiment comme des esclaves – est en train se propager au reste du pays. Ces zones sacrifiées sont tombées les premières. C’est maintenant notre tour.
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Stagiaires : Les secteurs qui abusent

Combien y-a-t-il de stagiaires en France? Dans quels secteurs sont-ils le plus exploités? Le collectif Génération Précaire livre son point de vue sur la situation, au lendemain de l’annonce de Geneviève Fioraso sur la réforme des stages.

Jeudi 7 mars, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, annonçait vouloir mieux encadrer les stages, en limitant notamment leur durée à six mois maximum. Elle dénonçait au passage certains secteurs d’activité, accusés de recourir abusivement aux stages, et citait les agences de publicité, qui compteraient selon elle jusqu’à 10 à 15 % de stagiaires. Une situation que dénonce Ophélie Latil, porte-parole de Génération Précaire, un collectif de défense des stagiaires.

Le Figaro Étudiant: À combien estimez-vous le nombre de stagiaires en France?

Génération Précaire: En 2006, on estimait qu’il y avait environ 800.000 stagiaires en France, et 1,2 million en 2008. Aucune enquête n’a été réalisée depuis par le ministère de l’Enseignement supérieur, malgré nos demandes. Nous nous sommes donc attelés à la tâche nous-même en 2010 et avons calculé une tendance à partir du faible nombre de réponses reçues de la part des établissements. Le chiffre que nous obtenions tournait alors autour de 1,5 million de stagiaires.

Mais il est important de comprendre que ce chiffre est sans doute sous-estimé, car il ne prend en compte que les universités. Or, tout le monde sait bien que les écoles de commerce ou les écoles d’ingénieur abritent elles aussi de nombreux stagiaires. La réalité est donc sans doute bien pire que ce que l’on imagine.

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Fortune sur Radio Courtoisie : “Où est passé le quatrième pouvoir ?”

Cathy Cardaillac, assistée de Pierre Premier, recevait Claude Lorne, journaliste, Pierre Millan, porte-parole de Voix des Français Voix des Français, Benjamin Dormann, journaliste, Éric Fortin, responsable du blogue Fortune, et Olivier Magyar, rédacteur en chef de l’OJIM.

Radio Courtoisie : “Soyez informés sur ceux qui vous informent!” (Màj Audio)

Samedi 22 septembre à midi, Romain Lecap recevait sur Radio Courtoisie, Claude Chollet, président de l’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique (OJIM) et Benjamin Dormann, auteur de “Ils ont acheté la presse” afin d’évoquer le pouvoir des journalistes et des grands groupes de médias.

Fascination de la Civil War

Il est des références, des affluences et des intérêts qui parlent bien plus que toutes les enquêtes statistiques du monde. Il s’agit d’un éditorial du Washington Times du 7 août 2012 qui, jusqu’à hier (16 août 2012), était en tête des lectures des articles de ce quotidien (3ème aujourd’hui), qui a regroupé durant ce laps de temps le nombre phénoménal pour ce journal de 3.134 commentaires de lecteurs. Le titre et son sous-titre expliquent déjà, pour une bonne part, le succès de la chose, en rassemblant deux thèmes obsessionnels de l’inconscient et de la psychologie américanistes : «The Civil War of 2016 – U.S. military officers are told to plan to fight Americans».

Tout est remarquable dans cette affaire tellement accessoire qui parvient pourtant à rassembler symboliquement de manière assez juste les courants essentiels charriés par le système de la communication, influencés par les psychologies américanistes et qui, en retour, influencent eux-mêmes ces psychologies américanistes, l’ensemble formant la crise identitaire et déstructurante que nous jugeons terminale des États-Unis d’Amérique.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent

Par Eberhard Hamer

Les USA traversent, non seulement en raison du rachat des dettes des banques par l’Etat, mais aussi de leur dette publique qui avait déjà énormément augmenté – leurs crédits à l’étranger leur coûtent 1 milliard de dollars par jour –, leur pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Si les flux financiers cessent, ou s’ils se détournent du dollar, les USA sont en faillite.

Pourtant, les USA ne font pas un effort d’économie suffisant pour réduire leur dette publique croissante. Ils n’augmentent pas les impôts pour accroître leurs recettes, ne tentent guère de rogner sur les budgets publics, surtout pas sur leur budget militaire, celui qui a le plus augmenté.

Il faut dire que les USA, en divers endroits du monde, ont engagé au total 200 000 soldats. C’est pourquoi personne n’a compris que le plus grand chef de guerre du monde ait reçu le Prix Nobel de la paix, bien qu’il ait renforcé ses troupes. Peut-être était-ce une mesure préventive, car la guerre en Iran dépend avant tout de lui.

Les exemples de chefs politiques qui, confrontés à un échec économique, ont choisi la guerre comme dernier recours pour se maintenir au pouvoir, abondent dans l’His­toire. C’est encore plus vrai lorsqu’un pays connaît des crises économiques successives et que la guerre semble le seul moyen d’en sortir.

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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Ceux qui savaient

Par Paul Jorion

On me dit souvent : « Vous faisiez partie du tout petit groupe de gens qui savaient qu’une crise majeure allait éclater ». Je réponds en général qu’en 2002, entre collègues, à l’heure du déjeuner, on discutait de la crise qui s’annonçait.

Mais ça ne s’arrêtait pas là : nous écrivions des rapports à l’intention de la direction. Et comme ceux-ci étaient accueillis par un grand silence, mes collègues me faisaient souvent part de leur découragement : « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

Mes patrons n’étaient pas des imbéciles et cette interprétation désabusée me paraissait un peu courte. J’ai expliqué dans ma chronique du Monde – Économie des lundi 29 et mardi 30 juin 2009, intitulée « La bonne santé retrouvée des banques américaines », comment Angelo Mozilo, PDG de Countrywide, aussitôt qu’il eut compris, entreprit d’exercer toutes les stock options qu’il avait dans sa firme et de revendre l’ensemble de ses actions. Et ceci, le plus légalement du monde : en suivant le plan de désengagement par étapes prévu par la loi.

Je terminais ma chronique en disant ceci : “Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP de consciencieusement nettoyer la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

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De la force exemplaire du patriotisme russe

Les célébrations russes du 9 mai ou l’échec de la repentance

Par Xavier Moreau

Alexandre Nevski

Les fêtes de la commémoration de la victoire du 9 mai contre l’Allemagne nazie démontrent, ces dernières semaines, à quel point la Russie est unie autour de ce souvenir plein de tristesse et de gloire.

Il est abordé par toutes les générations de Russes avec le plus grand respect et la plus grande reconnaissance, vis-à-vis des vétérans de la « grande guerre patriotique ». La chaîne de télévision Russia Today a d’ailleurs recueilli le témoignage émouvant de Roland de la Poype, un Français parti continuer le combat contre l’occupant allemand au sein de l’escadrille Normandie-Niemen.

Cette unité autour de la victoire démontre que l’âme du peuple russe n’a été, jusqu’à présent, que superficiellement touchée par les modes de pensée occidentaux. Le patriotisme russe a su résister aux tentations individualistes de la société de consommation et de l’idéologie du désir.

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité est la plus forte, sans d’ailleurs que cela ne préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous ces facteurs, est loin d’être ridicule (graphique 1).

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Crise grecque : le grand concours de mensonges européen

On se focalise sur les déficits grecs, on refuse de considérer la possibilité d’une sortie de l’euro pour le pays, on fait comme si l’aide à la Grèce était une oeuvre caritative… Foutaises, selon Roland Hureaux.


Les Grecs sont accusés d’avoir menti pour entrer dans l’euro. Peut-être. Encore qu’ils ne doivent pas avoir été les seuls.

Ce qui est sûr, c’est que, de langue de bois en optimisme de commande, d’ignorance des problèmes économiques en volontarisme politique, presque tout le monde, dans le suivi de la crise grecque, ment ou, en tous les cas, parle à tort et à travers.

Premier mensonge : se focaliser sur les déficits publics grecs. Ils sont assurément un problème, un peu plus grave en Grèce que dans d’autres pays – un peu plus seulement- mais ce n’est pas le problème principal.

Le problème principal de la Grèce, c’est le différentiel d’inflation entre elle et les autres pays de la zone euro, singulièrement l’Allemagne, qui s’est creusé depuis dix ans, à hauteur de 30 à 40 %, et qui fait qu’aucun produit grec, même les olives, n’est plus compétitif. Si ce problème n’est pas résolu, les prêts du FMI ou de l’Europe n’alimenteront que le tonneau des Danaïdes. Ce n’est pas de 5 ou 10% que les Grecs devraient se serrer la ceinture pour retrouver leur compétitivité, c’est de 30 à 40%. Aucun pays ne l’a jamais fait, ils ne le feront pas.

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Quand Pôle emploi joue au téléthon pour chômeurs

A la lecture de la presse, l’œil est irrésistiblement attiré par un titre : « 1.700.000 embauches prévues en 2010 selon Pôle Emploi ! »

Dans la mesure où pour la seule catégorie A (qui correspond aux personnes sans emploi et tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi) le nombre d’inscrits à fin décembre 2009 était de 2.645.100 personnes, on serait tenté de dire que la France va retrouver le plein emploi dès cette année !

Plus sérieusement, d’où sort ce chiffre pour lequel n’importe quel politicien se damnerait ?

Chritian Charpy le directeur général de Pôle Emploi nous explique ce «miracle.»

« Il y a encore de l’emploi en France et les intentions de recrutements sont d’ailleurs en croissance depuis le début de l’année » Christian Charpy, le directeur général de Pôle emploi s’est voulu mardi raisonnablement optimiste en présentant le bilan de la neuvième édition de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre: « Cette année, les intentions d’embauches dans le secteur privé et une partie du public devraient avoisiner 1,7 million dans 383 bassins d’emplois de la métropole et des DOM. Près d’un établissement sur cinq (ce qui correspond à 524 900 employeurs potentiels) envisage de réaliser au moins un recrutement (…) »

Ah bon ! alors, il s’agit comme pour le bon vieux Téléthon de … promesses ?

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