Cinéma : Au Bord Du Monde

La nuit tombe. Le Paris « carte postale » s’efface doucement pour céder la place à ceux qui l’habitent : Jeni, Wenceclas, Christine, Pascal et les autres.


A travers treize figures centrales, Au bord du monde dresse le portrait, ou plutôt photographie ses protagonistes dans un Paris déjà éteint, obscurci, imposant rapidement le contraste saisissant entre cadre scintillant et ombres qui déambulent dans ce théâtre à ciel ouvert.

Un film documentaire réalisé par Claus Drexel (France – Janvier 2014)

(Merci à P.)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (3/3) La vie malgré tout

Le quotidien de quatre familles de la petite classe moyenne, ébranlées par la crise et confrontées à la peur du déclassement social. Cette série documentaire pose un regard profondément humain sur ces vies précarisées.

Frédéric Brunnquell a partagé les difficultés de quatre familles pendant sept mois, à Lille, Paris, Lyon et Nancy, recueillant leurs témoignages et capturant des instantanés du quotidien.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (2/3) Sans répit

En France, dix millions de personnes forment la petite classe moyenne, oubliée des statistiques et ignorée des politiques. En équilibre instable sur un fil, compte tenu de leurs faibles revenus (à peine au-dessus du seuil de pauvreté, soit 1 200 euros pour une personne seule et 2 600 pour une famille avec deux enfants), ces hommes et ces femmes se démènent pour ne pas sombrer dans la misère.

Frappés de plein fouet par la crise, ils ont vu leur niveau de vie se dégrader.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (1/3) Les rêves déçus

Le quotidien de quatre familles de la petite classe moyenne, ébranlées par la crise et confrontées à la peur du déclassement social. En trois volets, un regard profondément humain sur ces vies précarisées.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Creil (60) : L’ancien cadre, devenu SDF, raconte sa descente aux enfers

Plusieurs habitants l’ont remarqué, à Creil, surpris quand cet homme, tiré à quatre épingles, leur a demandé de l’aide dans la rue. « Cela peut arriver à tout le monde », lâche-t-il. Il n’aurait jamais imaginé que ça tomberait sur lui. Alors, il veut expliquer. Après avoir passé deux mois dehors, Christophe, 48 ans, raconte comment, alors qu’il avait tout, il s’est retrouvé à faire la manche en centre-ville.

Il a connu une autre vie « avant ». « En 1986, j’ai 20 ans, j’obtiens mon BTS action commerciale au lycée Jules-Uhry de Creil. A peine un mois plus tard, je suis embauché chez Nestlé, au sein de sa filiale Davifrais/Davigel, comme commercial à Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d’Oise). Très vite, je gagne bien ma vie… Au bout de 5 ans, je deviens cadre commercial et au bout de 13, le groupe me propose un poste d’inspecteur commercial à Nantes. Mais je n’arrive pas à convaincre ma famille de déménager, je dois dire non. » Le point de bascule.

« Après ce refus, j’ai peur d’être un peu bloqué dans ma carrière. Mais au même moment, une autre boite, DLG Loiseau-Regnault à Orly (Val-de-Marne), tente de me débaucher… Je leur dis oui. A l’époque, c’est le spécialiste des viandes cuites sous vide, toutes les restaurations collectives en veulent, la société est en plein boom. »

Trois ans plus tard, il sera licencié économique. « Mon mariage explose après 19 ans de vie commune et 3 enfants. » Cela aussi, « ça peut arriver à tout le monde… Et je pense me relever, j’ai toujours réussi dans la vie, j’ai 35 ans et de l’argent. Je me donne 3 mois pour retrouver un job mais ça ne marche pas, mes entretiens se passent mal, je dois revoir mes exigences à la baisse. »
Lire la suite

Le travailleur en miettes ?

Zéro stock, just in time, good practices, qualité totale, promotion par le mérite… : suivez la tendance pour comprendre la déconstruction du système de santé-sécurité au travail. Une opinion de Christophe De Brouwer, professeur de médecine du travail (ULB).

Expression entendue dernièrement présentée comme une évolution du “travail en miettes”, titre du célèbre livre de Georges Friedman décrivant des méthodes de travail parcellisées à l’extrême de concert avec l’interchangeabilité du travailleur. L’individualisation au travail était en marche depuis la fin de la dernière guerre. Suite à la demande importante de main-d’œuvre durant cette période, cette individualisation s’accompagna d’une libération dans la vie privée et de travail.

Mais à partir des années 80, la crise aidant, les impératifs productifs se déplacèrent progressivement, non plus vers la quantité, mais vers la qualité commerciale du produit, compte tenu d’un concurrence de plus en plus globalisée. La relation entre la demande et l’offre de main-d’œuvre s’inversait, et la solitude du travailleur face à ces nouvelles organisations de travail deviendra un lot commun. Cette mutation dans l’organisation du travail s’accompagna d’une demande de polyvalence du travailleur, non pas, comme on l’avait cru, pour répondre à une diminution de la division du travail (Toyotisme), mais au contraire pour accentuer les capacités de flexibilité de l’entreprise.

Lire la suite

L’accueil d’urgence des sans-abri débordé par la demande croissante de familles

La trentaine de salariés toulousains qui répondent au « 115 », le numéro national d’appel d’urgence pour les sans-abri, a symboliquement cessé le travail pendant deux heures lundi 8 décembre.

Ils protestent contre le nombre « misérable » de places qu’ils ont à offrir aux gens à la rue : « A quoi sert de faire fonctionner une plateforme téléphonique si c’est pour opposer un refus, dans 95 cas sur 100, faute de place ? », s’exaspère Sylvie Fernandez, éducatrice spécialisée au service du 115 local.

« Le département offre 2 000 places alors qu’il en faudrait 500 ou 600 de plus. Être chaque jour confronté à la détresse sans pouvoir y répondre est désespérant », poursuit l’éducatrice. Le 2 décembre, une grand-mère est morte dans sa voiture, qu’elle habitait avec ses enfants et petits-enfants, alors que cette famille réclamait un hébergement chaque jour depuis six mois, rapportent les grévistes.

Lire la suite

Royaume-Uni : La faim hante le pays

Le nombre de personnes contraintes de faire appel aux banques alimentaires a presque triplé en un an au Royaume-Uni. Selon un rapport parlementaire, c’est surtout le régime des aides de l’État, plus strict qu’auparavant, qui pousse les Britanniques vers la pauvreté.

Un rapport parlementaire sur la faim dans le pays, financé par l’Église, accuse la politique d’austérité de pousser les personnes vulnérables à être contraintes de faire appel aux banques alimentaires, selon The Guardian. Entre 2013 et 2014, plus de 913.000 personnes – dont un tiers d’enfants – ont reçu des aliments d’urgence d’une banque alimentaire pendant au moins trois jours, contre 346.000 personnes entre 2011 et 2012.

En effet, le rapport intitulé Feeding Britain (Nourrir la Grande-Bretagne), qui doit être publié aujourd’hui, souligne que “le pays est hanté par la faim, causée par les bas salaires, les inégalités qui se creusent, un régime impitoyable de sanctions [infligées aux bénéficiaires d’aides d’État qui ne remplissent pas les nouvelles conditions] et la désintégration du tissu social“.

Lire la suite

Paris : Maraudes fluviales pour venir en aide aux SDF

Avec l’arrivée du froid les associations qui s’occupent des SDF sont plus que jamais sur le terrain. On connaît les maraudes terrestres en ville qui viennent en aide aux SDF. Mais on connaît moins bien les maraudes nautiques.

Depuis 2006 à Paris, la protection civile a mis en place des tournées sur la Seine qui permettent d’arriver jusqu’aux sans abris qui vivent sur les quais au bord de l’eau.

Misère Valley, les laissés-pour-compte de Google & Co

La richissime Silicon Valley a relégué ses SDF dans un immense camp, “The Jungle”. L’immobilier a explosé, chassant de chez eux les oubliés de la révolution high-tech.

This is America“, semble dire la bannière étoilée ondulant dans la brise automnale, plantée tout en haut d’un arbre. Perchée dans les cimes, une espèce de cabane en bois, la “demeure” la plus luxueuse de “The Jungle“, l’un des plus gros camps de SDF des États-Unis, situé à San José, dans la richissime Silicon Valley.

Elle a été construite par Troy, ex-charpentier qui s’est retrouvé dans la rue il y a deux ans. Elle est vide depuis deux mois. Il paraît que Troy a trouvé un logement. Il reviendra peut-être. On revient toujours dans la Jungle.

Deux mondes parallèles

Le camp ressemble à la vision apocalyptique et désolée d’un monde après destruction atomique, tout droit sorti d’un roman de science-fiction. C’est un immense bidonville de tentes à même le sol, poussiéreux et sale. Plusieurs centaines de personnes vivent dans cette zone d’environ 25 hectares, qui s’est considérablement étendue ces deux dernières années.

Il faut slalomer entre des montagnes de déchets s’accumulant entre les arbres. Les chiens aboient. Parfois, un pied sort d’une tente, on voit un corps, allongé sur un matelas par terre. Des silhouettes fantomatiques traînent dans les allées des chariots remplis de bric et de broc.
Lire la suite

Portraits de la précarité en France

Vincent est chômeur de longue durée. Clara, un enfant à charge, ne travaille pas suffisamment pour assurer les dépenses du quotidien. Ils ont tous les deux accepté de témoigner de leur situation particulièrement difficile et de l’espoir qu’ils conservent tout de même de voir leur vie s’améliorer.

Espagne : un tiers des salariés ont gagné moins de 9.030 euros en 2013

La proportion de salariés vivant du salaire minimum (ou moins) a augmenté avec la crise économique. 3,6 millions de salariés ne dépasse même pas le seuil de 322,5 euros.

Manifestation à Madrid contre l’austérité en novembre 2012

Plus d’un tiers des salariés espagnols ont touché une paie de 645 euros maximum par mois en 2013, selon les chiffres de l’Agence nationale des impôts qui montrent un appauvrissement de la population active avec la crise.

Sur un total de 16,68 millions de salariés, 34% ont touché l’équivalent du salaire minimum qui est de 645 euros mensuel, payé sur 14 mois, soit 9.030 euros par an, révèlent ces chiffres publiés jeudi sur son site internet. Dans le cas de 3,6 millions d’entre eux, le salaire mensuel n’a pas dépassé 322,5 euros.

Les femmes et les jeunes plus touchés
Lire la suite

La grande pauvreté persiste en France

La France compte deux millions de personnes vivant avec moins de 651 euros par mois, 3,6 millions de mal-logés et 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France.

Deux millions de personnes vivent aujourd’hui en France avec au maximum 651 euros par mois (22 euros par jour) pour une personne seule au seuil à 40 % du revenu médian, soit en situation de grande pauvreté, selon l’Insee (données 2011). Pour ces personnes, il est quasiment impossible notamment de se loger sans compter sur l’aide d’autrui, de parents ou d’amis.

Lire la suite

Les vrais chiffres du chômage en septembre : 67.900 chômeurs de plus malgré 283.300 radiés

Toujours un inscrit sur deux qui ne perçoit aucune indemnité de Pôle emploi. Seuls 2 chômeurs sur 10 sortent des listes pour “reprise d’emploi déclarée”.

Après la fausse baisse du mois dernier, imputable aux augmentations des radiations, le rééquilibre se fait, donc, avec une moyenne hélas courante d’ environ 1000 chômeurs de plus par jour (lissée sur les 2 derniers mois).

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Septembre 2014 :

  • Défauts d’Actualisation : 194.800, 43,3 % des sorties des listes.

- Radiations Administratives (les punis) : 42.700, 9,5 % des sorties. +4,4 % sur 1 mois

- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 45.800 et 10,2 % des sorties.

Soit 283 300 radiés des listes (63 %) pour autres motifs que :
Lire la suite

Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

Hebergeur d'Images Gratuit

Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

Lire la suite

Trop pauvres, ils renoncent à se soigner

5,60 euros, c’est ce qui reste chaque jour pour vivre, après avoir payé loyer et autres charges, à des milliers de personnes aidées par le Secours populaire, selon une étude rendue publique jeudi 11 septembre. Rencontre avec des précaires qui peinent à payer certains soins de santé.

Au moins 17% des personnes interrogées ont déjà renoncé au moins une fois à voir un spécialiste et 9% ont déjà retardé la consultation. Quant à l’achat de prothèses, 19% ont renoncé et 13% ont retardé.

Le jobbing, entre complément de revenu et travail au noir

Pour arrondir leurs fins de mois, des milliers de particuliers passent par des sites de “jobbing”, pour proposer des services contre rémunération.

Réparer une fuite d’eau, garder un hamster, traduire un CV… Pour arrondir leurs fins de mois, des milliers de particuliers passent par des sites de « jobbing » et proposent de mettre à profit leurs compétences, moyennant rémunération. Au risque, parfois, de tomber dans le travail au noir.


Lire la suite

L’accès à l’eau potable, source de précarité en France

Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, 140.000 sans domicile fixe n’ont pas un accès à l’eau potable et 2 millions de personnes n’ont pas un accès suffisant à l’eau et à l’assainissement en France.

L’association France Libertés rappelle que si Paris dispose de 240 fontaines publiques, de près de 400 sanitaires gratuits et de 18 bains douches municipaux, ce type d’équipements est moins présent ou quasiment absent dans d’autres villes. Ainsi, Marseille ne “possède visiblement qu’une douzaine de toilettes publiques gratuites et une petite trentaine de fontaines à boire”, indique France Libertés.

Les douches publiques en particulier ont pratiquement disparu des villes : Strasbourg et Lyon n’en compte que deux, Nantes et Nice une, Marseille et Calais aucune, ajoute l’association. Un situation qui n’est pas sans poser des problèmes d’hygiène et de santé publique comme le montre ce reportage dans la cité phocéenne.

La solitude s’aggrave en France

Un Français sur huit est seul : en 2014, la solitude touche désormais 5 millions de personnes, un phénomène qui s’est surtout aggravé chez les plus âgés, même s’il n’épargne plus les jeunes, révèle lundi une enquête de la Fondation de France.

Edward Hooper – Automat (1927)

Les Français sont un million de plus qu’en 2010 à ne pas avoir de relations sociales au sein des cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage), souligne cette étude.

Si un Français sur huit est aujourd’hui seul, un sur trois risque de le devenir, poursuit l’enquête.

De toutes les générations, les plus de 75 ans ont subi de plein fouet cette montée de la solitude depuis quatre ans: en effet, une personne âgée sur quatre est désormais seule (27% en 2014 contre 16% en 2010).

Lire la suite

André Gorz : « Misères du présent, richesse du possible »

Critique radical du capitalisme, philosophe du travail, de l’autonomie du sujet et des communautés, André Gorz (1923-2007) est l’un des précurseurs de l’écologie politique et du mouvement pour la décroissance. (Les phrases à la première personne du singulier sont d’André Gorz).

Ilya Repine – Les Bateliers de la Volga (1873)

Introduction : Il faut oser l’Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d’asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu’il abolit.

Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l’imagination de tous.

Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j’ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon œuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d’un «travail» qui en est la misérable négation. C’est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.

Lire la suite

Faute d’argent, un Français sur quatre renonce à se soigner

Selon une vaste enquête, plus d’un quart des Français ont renoncé à au moins un soin en 2012 pour des raisons financières.

Au pays de la santé pour tous, ces données laissent perplexe. Selon une enquête de l’Institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes) publiée ce vendredi,

plus d’un Français sur quatre (25,7%) a renoncé à un soin dans les douze derniers mois pour des raisons financières en 2012.

Et les chiffres sont à la hausse : en octobre, le baromètre santé d’Europ Assistance dénombrait, lui, un Français sur trois dans cette même situation une année plus tard.

Soins dentaires et optiques en tête

Pour cette édition, l’enquête portrait plus précisément sur la nature des soins concernés. Parents pauvres de la santé, l’optique et le dentaire sont les plus touchés. 18% des bénéficiaires de l’assurance maladie ont ainsi renoncé à des soins dentaires en raison de leur coût et 10% à des soins d’optique.
Lire la suite

Belgique : 15% de la population est en risque de pauvreté

Ce mercredi sera remis le Prix fédéral de Lutte contre la Pauvreté 2014, qui récompense depuis six ans les personnes, associations et CPAS [NDLR : centre d'action sociale d'une commune] qui combattent la pauvreté. L’occasion de se poser la question : c’est quoi la pauvreté en Belgique aujourd’hui ? Petit état des lieux.

Qui est pauvre en Belgique ? Le seuil de pauvreté

En Belgique, le seuil de pauvreté (60% du revenu net médian) est fixé à 1000 euros nets par mois pour une personne isolée et 2101 euros nets par mois pour un ménage de deux adultes et deux enfants.

15,3% de la population belge a un revenu total (la possession d’une habitation n’est pas prise en compte) inférieur à ce seuil en Belgique et est donc en risque de pauvreté, selon les résultats de l’enquête EU-SILC 2011.
Lire la suite

1,4 million de salariés anglais ont un contrat sans garantie d’heures ni de salaire

Selon l’étude de l’Office national des Statistiques, 1,4 million de salariés relèvent de ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Environ 1,4 million de personnes sont employées en Grande-Bretagne au titre de contrats “zéro heure” sans aucune garantie d’heures de travail, et donc de salaire, selon de nouvelles statistiques publiées mercredi 30 avril qui font enfler la polémique sur ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Selon cette étude de l’Office national des Statistiques (ONS), “les employeurs en Grande-Bretagne utilisent environ 1,4 million de contrats ne garantissant pas un nombre minimum d’heures”.

Lire la suite

Jacques Attali : « Tout le monde doit s’habituer à l’idée d’avoir plusieurs emplois en même temps »

Extraits de l’entretien accordé par Jacques Attali au Bondyblog

[...] Vous dites qu’ « avec les nouvelles technologies et l’évolution des marchés, nous sommes tous en train de devenir des intermittents ». Êtes-vous en train de devenir un intermittent Mr Attali ?

J’ai toujours été un intermittent, enfin presque toujours. Un intermittent c’est quelqu’un qui fait plusieurs choses à la fois, qui n’est salarié de personne et qui a plusieurs activités. J’ai la chance à mon âge de n’être pas tellement en situation précaire, mais

je pense que tout le monde, mis à part les fonctionnaires, doit s’habituer à l’idée de se débrouiller, de créer sans cesse son propre emploi, d’avoir plusieurs emplois en même temps, de ne rien attendre de personne. C’est ça qui est l’avenir et ce n’est pas une situation négative, mais une situation positive.

[...] La création d’entreprise pour les classes populaires, c’est très dur !
Lire la suite

La fin du travail, la faim de travail

La vraie crise, pour Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, n’est pas à chercher dans les chiffres mais dans l’intensification, au-delà du supportable, du travail des actifs. Un travail de plus en plus «productif», vidé de son sens.

C’est un titre, à vrai dire, un peu sibyllin: «Le travail invisible», enquête sur une disparition. Le livre de Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, est pourtant une plongée passionnante dans les rouages de la crise. Une crise imputable aux excès de la finance, certes. Mais qui, en réalité, nous confronte surtout à nos vains espoirs et vraies contradictions.

Lire la suite

Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.

« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »

Lire la suite

Pourquoi pauvres et riches ne développent pas les mêmes cancers (et ceux des pauvres tuent beaucoup plus)

Une étude américaine menée par le docteur Francis Boscoe révèle que les types de cancer varient selon que l’on est riche ou pauvre. La mortalité touche différemment elle aussi. Le cancer du col de l’utérus serait par exemple plus fréquent chez les précaires.

Le Dr Francis Boscoe, dans un étude publiée dans la revue Cancer, montre que la richesse ou la pauvreté de la personne aurait un lien avec le type de cancer développé.

Dans une étude précédente, menée par l’Université de Davis, en Californie et publiée en 2011, les chercheurs avaient constaté que les personnes ayant des faibles revenus avaient 50% de risque en plus de développer des problèmes cardiovasculaires. Cette fois, les chercheurs ont trouvé des liens entre le statut socio-économique et le type spécifique de cancer. Pour cela, l’équipe de chercheurs a analysé 2,9 millions de personnes a qui on avait diagnostiqué un cancer entre 2005 et 2009. Ces participants provenaient de 16 Etats des Etats-Unis.

Ils ont ensuite été divisés en cinq groupes en fonction de leur niveau de pauvreté, évaluée au moment où le diagnostic avait été fait. L’équipe n’a pas trouvé de lien entre le statut socio-économique et l’apparition d’un cancer, mais a trouvé un lien entre le statut socio-économique et le type de cancer. Sur 39 types de cancers sélectionnés, 32 ont été associés à la pauvreté, 14 sont plus fréquents dans les milieux avec un niveau de pauvreté très élevé, et 18 dans les milieux plus aisés.

Lire la suite

Les femmes au travail … à tout prix ?

Résumé d’une étude plus approfondie sur la difficile articulation travail/vie de famille et une analyse des solutions préconisées par le  ministre du droit des femmes : toutes les femmes au travail pendant que l’État s’occupe des enfants. (Accédez à l’article complet au format pdf en cliquant ICI).

En France, 60% des femmes de 15 à 64 ans travaillent, cela correspond exactement à l’objectif préconisé par l’Union Européenne. La France se hisse ainsi aux premiers rangs dans l’UE.  De 25 à 49 ans cette proportion s’élève à 84%. De plus, notre pays est reconnu pour être celui où se conjugue le mieux l’articulation travail/vie de famille. Celui aussi où le taux de natalité est le plus élevé.

Tout semble donc aller pour le mieux! Pas si sûr…

Le gouvernement, par la voix de Najat Vallaud-Belkacem veut atteindre, dans les dix prochaines années, les 70%  de femmes au travail. Pour commencer.

Est-ce vraiment le souci de répondre à l’attente des femmes et d’ « améliorer leur conditions » qui dicte la politique militante du « droit des femmes » inspirant nos gouvernements?

Certes, le problème est bien réel et justifie un plan d’action gouvernemental: question de la retraite future des femmes qui n’ont pas accumulé de points par leur travail, besoin d’autonomie, précarité des femmes abandonnées ou veuves avec enfants, difficile conciliation de la maternité et de l’emploi, problèmes de garde d’enfant, réinsertion aléatoire après une longue interruption de carrière liée à l’éducation des enfant…

Lire la suite

États-Unis : Les employés des fast-food tentent de mondialiser leur grève

Un vaste mouvement de contestation des salariés des fast-food américains serait-il en train de traverser les frontières ? Après plusieurs mouvements de grève depuis 2012, plusieurs syndicats américains organisent une nouvelle journée de mobilisation, jeudi 15 mai, visant des grandes marques de restauration rapide comme McDonald’s, Burger King ou Taco Bell, avec l’espoir que les effets atteignent une trentaine de pays.

Ils réclament le passage à un salaire de 15 dollars de l’heure, ce que les dirigeants des entreprises concernées considèrent comme irréaliste et, selon eux, nuirait à l’emploi.

En plus de la journée de grève, qui devrait avoir lieu dans 150 villes aux Etats-Unis, les leaders du mouvements assurent que les soutiens viendront de plus de 30 villes à l’étranger, de l’Irlande à l’Italie en passant par Casablanca, Séoul ou Londres. En ligne, les organisateurs veulent fédérer autour du mot-clé #fastfoodglobal.

Lire la suite

Cinéma : Le documentaire sur l’environnement peine à respirer

Des films récents comme «La Ligne de partage des eaux» ou «Holy Land Holy War» témoignent de la difficulté de ce genre très présent dans les salles à transformer une inquiétude légitime en œuvre de cinéma.

Mercredi 23 avril est sorti en salles La Ligne de partage des eaux, de Dominique Marchais, un documentaire consacré à plusieurs enjeux environnementaux. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas seul –ni le seul documentaire, ni le seul à se soucier d’écologie.

Depuis une quinzaine d’années, profitant de certains dispositifs réglementaires et de l’effet d’une poignée de succès de box-office (Être et avoir, Le Cauchemar de Darwin), le nombre de documentaires sur les grands écrans ne cesse d’augmenter. En quinze ans, il est passé d’environ 40 à plus de 90 longs métrages.

Qui porte intérêt à la diversité des films et revendique la pleine appartenance de ce genre au cinéma devrait s’en réjouir. Les choses sont pourtant moins simples.

Lire la suite

Grande-Bretagne : la flexibilité est reine (Màj : reportage complet)

Addendum du 04/05/14 : Reportage complet Envoyé Spécial

Merci à Blueman et son remarquable blog


Article original du 03/05/14 :

Jusqu’à cinq millions de Britanniques seraient employés sous un contrat “zéro heure”. Sans horaires, ni salaire minimum garanti, ils dénoncent aujourd’hui un statut de plus en plus précaire.

Avec moins de 8% de chômeurs, le modèle britannique intrigue une Europe en pleine crise économique. Son mot d’ordre : la flexibilité.

Dans tous les secteurs, les habitants du Royaume-Uni apprennent à ne plus compter leurs heures. Ils oublient les horaires fixes et la pause pour le thé. Le magazine “Envoyé spécial” propose, jeudi 1er mai, à 20h45 sur France 2, une enquête sur une conception du travail qui semble éloignée de celle de la France.
Lire la suite

États-Unis : Dans 20% des foyers, plus personne ne travaille

Les chiffres de 2013 récemment publiés par le BLS (Bureau of Labor Statistics) nous ont réservé quelques perles, quelques trop tristes vérités qui nous rappellent à quel point les États-Unis vont de plus en plus mal.

Comme une réponse indirecte à ceux qui refusent d’analyser en profondeur les chiffres officiels du chômage américain, dont la véracité a déjà été rudement mise à l’épreuve, cette étude laisse transparaître un point majeur qui montre à quel point les familles américaines vivent leurs heures les plus sombres :

Dans 20 % des familles américaines, personne ne travaille.

En effet, sur les 80 millions de familles(*), 16 millions d’entre elles connaissent le « chômage total ». Il est donc assez facile d’expliquer pourquoi 1 américain sur 5 se nourrit grâce aux aides alimentaires de l’État.

C’est également le cas dans 12% des familles avec enfants, de quoi préparer un avenir serein pour les bambins, même si ici les chiffres n’ont que peu évolué (même baissé sur la dernière année).

Autre phénomène mis en avant depuis plusieurs mois sur le site, les familles se précarisent.

Ainsi, dans les familles où un des membres connaît déjà le chômage, on observe une baisse sur l’année de 10% du nombre de membre travaillant à temps plein.

(*) N.B : Une famille, selon le BLS, est un groupe de 2 personnes ou plus résidant ensemble et liées par la naissance, l’adoption ou le mariage.

News360x

La Grèce, crise et châtiments (Docu)

« Pour nous balancer des gaz lacrymogènes, s’insurge une femme, ils trouvent toujours l’argent, mais pour nourrir et loger les trois millions de pauvres en Grèce, il n’y a en jamais. » Depuis que la crise de sa dette publique a éclaté en 2008, la Grèce, mise au régime sec par la « troïka » Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne, s’enfonce dans une crise sans précédent.

Coupes budgétaires drastiques dans les services publics, salaires divisés par deux, salaire minimum fixé à 476 euros, augmentation de la TVA, baisse des retraites… la cure d’austérité, avalisée par un gouvernement libéral, devait aider le pays à regagner la confiance des marchés. Elle n’a pourtant pas permis de diminuer la dette, passée de 124 % du PIB en 2008 à 174 % aujourd’hui. Avec un taux de chômage avoisinant les 30 % de la population active, la misère s’est installée partout.

Réalisé par Angelos Abazoglou (France 5 – 22/04/2014)

France : L’emploi à domicile accuse une chute historique

L’emploi à domicile a enregistré, en 2013, une chute comme il n’en avait pas connu depuis dix ans, selon les données publiées vendredi 11 avril par l’(Acoss).

Tous les indicateurs sont au rouge :

- Le nombre de particuliers déclarant un emploi à domicile (hors assistantes maternelles) diminue de 3,2 % en un an. Il est repassé sous la barre symbolique des millions (1,99 million d’employeurs).

- Le nombre d’heures déclarées chute : en un an, le volume horaire déclaré a baissé de 6,1 % pour s’établir légèrement en dessous de 130 millions d’heures.

- Par ailleurs, l’activité des assistantes maternelles, qui jusqu’à présent résistait plutôt bien, retombe sous son niveau de la fin 2011. Le volume horaire déclaré recule de 1,9 % au dernier trimestre et de 1 % sur un an.

Au total, si l’on additionne l’emploi à domicile et les assistantes maternelles, ce sont plus de 70 000 particuliers employeurs qui se sont évaporés et de l’ordre de 11,6 millions d’heures déclarées en moins : l’équivalent d’un « plan social » de 7 200 emplois à plein temps.
Lire la suite

Il n’y a que dans deux pays de l’OCDE que l’on souffre plus de la faim qu’aux Etats-Unis

La vie n’est pas si mauvaise en Europe, parce que même si au sein de l’UE, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’argent pour acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a fortement augmenté depuis 2007, suite à la crise financière, c’est aux Etats-Unis que la situation s’est le plus détériorée.

L’agence de presse Bloomberg a repris des données de l’OCDE pour les combiner dans le graphique ci-dessous.

Il montre qu’il existe une population de gens qui ne peuvent se permettre d’acheter de la nourriture dans tous les pays d’Europe, et qu’elle représente 4,6% de la population totale en Allemagne, 9% de celle de la Belgique, et jusqu’à 30,1% de la population hongroise.

En Grèce, la proportion de personnes qui ne peuvent se permettre de s’acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a doublé, passant de 8,9% en 2007, à près de 18% aujourd’hui.

Mais dans la plus grande puissance économique mondiale, les États-Unis, 21,1% de la population ne gagnent pas suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre d’acheter toute la nourriture dont ils auraient besoin. Au sein de l’OCDE, seules la Hongrie et l’Estonie font pire.

Lire la suite

La fin de la trêve hivernale relance les expulsions locatives

La trêve hivernale protégeant les locataires s’est achevée lundi soir. En 2012, plus de 120.000 décisions de justice prononçant une expulsion ont été rendues, la plupart du temps en raison de loyers impayés.

Dès ce mardi (1er avril), à partir de six heures du matin, les expulsions locatives sont à nouveau autorisées. La trêve hivernale, qui a protégé pendant cinq mois les locataires menacés d‘être expulsés de leur logement, s’est en effet achevée lundi soir.

Retour sur un phénomène qui prend au fil de ces dernières années à cause de la crise une ampleur sans précédent.

Combien d’expulsions ont lieu chaque année?

Selon la Fondation Abbé Pierre, plus de 120.000 décisions de justice devant aboutir à des expulsions ont été prononcées en 2012. Soit une augmentation de 37% en dix ans. L’association s’inquiète de cette augmentation, «à l’heure où les phénomènes conjugués de hausse du coût du logement et de tassement du pouvoir d’achat frappent les familles aux budgets serrés».

L’association estime qu’environ 50.000 ménages menacés d’expulsion quittent volontairement leur logement avant que le recours à la force publique ne soit prononcé, souvent pour une solution d’hébergement temporaire et précaire.

Lire la suite