Afrique : Jeunesse, géopolitique d’un tsunami

La vulnérabilité dans laquelle vivent bon nombre de jeunes africains pourrait faire de la jeunesse du continent, le symbole primaire de l’insécurité humaine. Difficile de considérer les flux migratoires sans prendre en compte cette dimension du monde réel.

Qu’est-ce qu’être jeune en Afrique ?

Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre avec objectivité, tant la problématique de la jeunesse sur le continent africain est à la fois complexe et délicate. Si selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), est considéré de façon universelle et conventionnelle comme jeune, toute personne dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, cette définition semble ne pas correspondre aux réalités sociales et sociologiques en Afrique. C’est la raison pour laquelle, la charte africaine de la jeunesse de l’Union Africaine (UA) définit la jeunesse, comme la frange de la population africaine dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans.

Chômage, violence, désespoir, oisiveté, précarité, aventure, illusion, analphabétisme, illettrisme et sous-éducation.

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Mulhouse (68) : Il vit dans sa voiture en attendant de toucher sa retraite

Gérard va avoir 61 ans. Ce Parisien, qui a travaillé pendant plus de 35 ans pour la Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile-de-France, dort parfois dans sa voiture à Mulhouse. Vivant des aides sociales, il attend de toucher sa retraite dans quelques mois.

« Tu devrais aller voir derrière le commissariat. Il y a un homme qui dort dans sa voiture. On l’aime bien. On essaie de l’aider. Son histoire est incroyable. » Gérard est presque devenu la coqueluche de certains policiers mulhousiens. Cet homme de bientôt 61 ans garde toujours le sourire et apprécie de discuter un peu avec des gens. Mais son histoire n’est pas très drôle.

« Vous savez pourquoi j’ai choisi de m’installer ici ? Ma voiture est au moins en sécurité , lâche-t-il hilare. Vous savez, j’étais fonctionnaire, alors en voir d’autres, comme des policiers, ça me rassure. En plus, il y en a certains qui sont très sympas. »

Sa place de parking, c’est son terrain de camping. Sa voiture, c’est sa demeure… et celle de ses deux chiens. [...] Gérard est sans domicile fixe et il mène cette vie de bohème depuis un peu plus de deux ans. Et ne croyez pas que cet homme n’a jamais travaillé.
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La face sombre du Royaume-Uni : “Contrat zéro heure à Londres”

Très controversés au Royaume-Uni, les « contrats zéro heure » – qui ne garantissent aucune sécurité d’emploi, ni de salaire – sont au cœur des élections britanniques. Reportage de notre série sur le côté obscur du Royaume-Uni.

« Je pensais que ça serait plus facile », confesse d’emblée Julie, une jeune Française de 21 ans, au visage poupon, arrivée au Royaume-Uni il y a deux mois. « J’aimerais vraiment rester ici, mais je suis épuisée », ajoute-t-elle en souriant comme si elle voulait cacher sa fatigue sous un voile de légereté. En foulant le sol britannique, Julie s’est rapidement familiarisée avec le fameux « zero hour contract », littéralement « contrat zéro heure », qui remporte autant de succès que de critiques.

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Les enfants de la précarité

Depuis 20 ans la situation des pauvres en France se dégrade. On compte aujourd’hui 8 millions de pauvres dont 2 millions d’enfants. 13% des ménages français vivent sous le seuil de pauvreté c’est-à-dire avec moins de 950 euros par mois. Maintenant c’est en famille que l’on se rend au restau du cœur.

A travers des histoires simples, sans fioriture, nous découvrons les nouveaux visages de la pauvreté. Parmi les plus touchés, les femmes seules avec enfant. Femmes courageuses, habillées de dignité, elles ont décidé de se battre à tout prix. Pour leur gamin elles sont prêtes à tous les sacrifices. Sortir de la précarité est devenu le combat de leur vie.

La misère s’installe en ville comme à la campagne. Une précarité qui nous effraie, car les pauvres nous ressemblent de plus en plus. Qui peut se dire à l’abri ? Séparation, licenciement, accident de la vie, et c’est la vie qui bascule.

Zoom sur ces retraités qui travaillent

À cause de pensions insuffisantes, les retraités sont de plus en plus nombreux à retourner travailler pour arrondir les fins de mois. En France, environ 400.000 retraités continuent à travailler, un chiffre qui a doublé en cinq ans.

Toutefois l’âge de ces nouveaux travailleurs est parfois un plus : les employeurs misent sur leur savoir-faire et leurs longues années d’expérience. Certains pensent désormais travailler toute leur vie…

Royaume-Uni : Malgré la reprise économique, le pays est touché par la faim

En 2013, l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de Britanniques étaient mal-nourris, et qu’un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Aucune région n’est épargnée, pas même la riche ville de Londres, qui compte à elle seule quelque 90 banques alimentaires.

Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n’en finissant pas d’être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ?

Fin 2013, un rapport sur la faim et l’insécurité alimentaire au Royaume-Uni, mené par des parlementaires de tous bords a pointé la forte augmentation des prix des denrées alimentaires et du fioul domestique, à un rythme plus rapide que celui de la hausse des salaires et que celui de l’inflation.

Robert Clarck est un homme qui en impose. Un bon mètre 90, des tatouages bigarrés qui courent le long de ses bras, une voix de stentor qu’il déroule dans une parole rapide et gouailleuse. Pourtant, ce mercredi frisquet d’avril, Robert Clarck n’en mène pas large. C’est la deuxième fois qu’il se rend dans la food bank de son quartier, terme que l’on traduirait littéralement par « banque alimentaire » si l’expression reflétait vraiment l’esprit du lieu.
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Allemagne : Les ratés du salaire minimum

Le salaire minimum est entré en vigueur en Allemagne le 1er janvier. Cette réforme phare du gouvernement d’Angela Merkel est cependant largement contournée, dénonce l’hebdomadaire Die Zeit, laissant les travailleurs pauvres dans leur précarité.

Après dix ans de négociation et un “débat honteusement longdénonçait Der Spiegel, le salaire minimum est enfin arrivé en Allemagne le 1er janvier. La “lanterne rouge de l’Europe” – terme rarement employé pour qualifier le pays d’Angela Merkel et de la première économie du continent – rattrapait enfin son retard.

Mais le tableau que dresse l’hebdomadaire Die Zeit dans sa grande enquête publiée le 5 mars et intitulée : “Tout simplement exploité. Le conte de fée du salaire minimum”, laisse peu de place à l’optimisme.

Si Berlin a officiellement adopté un salaire minimum (8,5 euros brut de l’heure) à compter du 1er janvier 2015, des pans entiers de l’économie allemande ne l’appliquent pas, ou bien, plutôt, le contournent. Au premier rang desquels les secteurs de l’hôtellerie, de l’entretien, de la grande distribution ou du BTP.

Les quatre journalistes qui signent cet article ont interrogé des travailleurs qui, malgré le changement de législation, continuent à être sous-payés.
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Suisse : Stagiaires, les nouveaux esclaves

Des emplois déguisés en stages non payés, c’est la nouvelle réalité en Suisse. Connu à l’étranger, ce phénomène devient ici aussi un passage obligé avant un premier emploi.

Ainsi des jeunes universitaires qui ont terminé leurs études acceptent des stages non payés pendant un an ou deux, faute de trouver un premier emploi rémunéré. Mais comment font-ils à 28 ou 30 ans sans salaire ? Plongée dans le monde des nouveaux esclaves du travail.

Temps présent – RTS (26/02/2015)

La crise menace les commerces de proximité

Le boulanger, le coiffeur, le pharmacien… Nous avons affaire à eux tous les jours. Épargnés jusqu’alors, ces artisans-commerçants subissent aujourd’hui les effets de la crise. Avec, à la clé, un placement en redressement judiciaire ou une liquidation.

En 2014, ce sont 63 254 entreprises qui ont mis la clé sous la porte. Parmi ces fermetures, une forte hausse des faillites pour les très petites entreprises. Le constat est amer : les dépôts de bilan des entreprises de proximité ont augmenté de presque 18 % l’an dernier. Du jamais vu !

Envoyé spécial (05/03/2015)

Cash Investigation : Quand les actionnaires s’en prennent à nos emplois

Ils ne connaissent pas la crise. Ils gagnent toujours plus d’argent. La rémunération des actionnaires explose. En 2013, elle a atteint le montant historique de deux cents milliards d’euros en France. Pour arriver à de telles sommes, les grandes entreprises françaises ont recourt à des stratégies et des méthodes difficilement avouables.

Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés, certaines grandes entreprises sont prêtes à tout pour dégager toujours plus d’argent au profit de leurs actionnaires. Ce sont parfois ces mêmes entreprises qui bénéficient d’aides publiques massives.

Pendant un an, de Hénin-Beaumont à Toronto, en passant par Londres et Boston, Edouard Perrin a tenté de remonter les circuits financiers pour révéler qui s’enrichit derrière les plans sociaux et fermetures d’usines en France.

Cash Investigation (03/03/2015)

Bulgarie : « Nous sommes les esclaves modernes de l’Europe »

L’association des syndicats bulgares a annoncé vendredi que 600.000 Bulgares, soit près d’un quart de la population active du pays, gagnaient moins que l’équivalent de 200 euros par mois en travaillant à plein temps.

« Travailler du matin au soir et ne pas gagner assez d’argent à la fin du mois pour se payer la nourriture, l’électricité et le chauffage: c’est exactement la définition de l’esclavage. Ces 600.000 personnes sont les nouveaux esclaves de l’Europe. Ils ne vivent pas dans la pauvreté parce qu’ils sont paresseux, ou qu’ils ne sont pas formés, mais parce que leur travail ne coûte que quelques cents pour leur employeur.

Et même s’ils sombrent davantage dans la pauvreté, leurs employeurs continuent de s’enrichir.
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Les glaneurs des villes (Màj vidéo)

Addendum vidéo:

Reportage et photos Delphine Roucaute, Le Monde

Il est 23 heures, un samedi soir à Lyon. Dans une petite voiture, Maceo, Amaléa et Lou* discutent des derniers détails de leur expédition nocturne. « J’aime bien le Simply Market, on y trouve toujours plein de choses », avance Amaléa, emmitouflée dans sa grande doudoune. « Non, on va plutôt aller là où il y a le grand mur à escalader, on sera plus tranquilles », répond Maceo, les deux mains sur le volant.

Ils enfilent des gants de jardinage, fourrent des sacs de course dans leurs poches, et se préparent à se faufiler dans la nuit lyonnaise. Leur objectif : dénicher des aliments encore comestibles jetés dans des poubelles de supermarchés.

Les trois comparses sont membres des Gars’pilleurs, un mouvement créé il y a tout juste deux ans et dernier né de la sphère des antigaspi français. Aux côtés d’autres mouvements tels que la médiatique Disco Soupe, la start-up Zéro gâchis ou le réseau de glaneurs agricoles Re-Bon, Les Gars’pilleurs se donnent pour mission de lutter contre le gaspillage alimentaire et de sensibiliser le grand public à cette question de plus en plus saillante dans les sociétés contemporaines.

Leur outil de contestation est le glanage – pour certains dans les champs après la récolte, pour d’autres dans les poubelles de la grande distribution. Ils récupèrent les invendus, fruits et légumes mal calibrés et denrées fraîchement périmées pour ensuite aller les redistribuer dans la rue.
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Cinéma : Au Bord Du Monde

La nuit tombe. Le Paris « carte postale » s’efface doucement pour céder la place à ceux qui l’habitent : Jeni, Wenceclas, Christine, Pascal et les autres.


A travers treize figures centrales, Au bord du monde dresse le portrait, ou plutôt photographie ses protagonistes dans un Paris déjà éteint, obscurci, imposant rapidement le contraste saisissant entre cadre scintillant et ombres qui déambulent dans ce théâtre à ciel ouvert.

Un film documentaire réalisé par Claus Drexel (France – Janvier 2014)

(Merci à P.)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (3/3) La vie malgré tout

Le quotidien de quatre familles de la petite classe moyenne, ébranlées par la crise et confrontées à la peur du déclassement social. Cette série documentaire pose un regard profondément humain sur ces vies précarisées.

Frédéric Brunnquell a partagé les difficultés de quatre familles pendant sept mois, à Lille, Paris, Lyon et Nancy, recueillant leurs témoignages et capturant des instantanés du quotidien.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (2/3) Sans répit

En France, dix millions de personnes forment la petite classe moyenne, oubliée des statistiques et ignorée des politiques. En équilibre instable sur un fil, compte tenu de leurs faibles revenus (à peine au-dessus du seuil de pauvreté, soit 1 200 euros pour une personne seule et 2 600 pour une famille avec deux enfants), ces hommes et ces femmes se démènent pour ne pas sombrer dans la misère.

Frappés de plein fouet par la crise, ils ont vu leur niveau de vie se dégrader.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Classe moyenne, des vies sur le fil : Partie (1/3) Les rêves déçus

Le quotidien de quatre familles de la petite classe moyenne, ébranlées par la crise et confrontées à la peur du déclassement social. En trois volets, un regard profondément humain sur ces vies précarisées.

Réalisé par Frédéric Brunnquell (France 2014)

(Merci à NOP)

Creil (60) : L’ancien cadre, devenu SDF, raconte sa descente aux enfers

Plusieurs habitants l’ont remarqué, à Creil, surpris quand cet homme, tiré à quatre épingles, leur a demandé de l’aide dans la rue. « Cela peut arriver à tout le monde », lâche-t-il. Il n’aurait jamais imaginé que ça tomberait sur lui. Alors, il veut expliquer. Après avoir passé deux mois dehors, Christophe, 48 ans, raconte comment, alors qu’il avait tout, il s’est retrouvé à faire la manche en centre-ville.

Il a connu une autre vie « avant ». « En 1986, j’ai 20 ans, j’obtiens mon BTS action commerciale au lycée Jules-Uhry de Creil. A peine un mois plus tard, je suis embauché chez Nestlé, au sein de sa filiale Davifrais/Davigel, comme commercial à Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d’Oise). Très vite, je gagne bien ma vie… Au bout de 5 ans, je deviens cadre commercial et au bout de 13, le groupe me propose un poste d’inspecteur commercial à Nantes. Mais je n’arrive pas à convaincre ma famille de déménager, je dois dire non. » Le point de bascule.

« Après ce refus, j’ai peur d’être un peu bloqué dans ma carrière. Mais au même moment, une autre boite, DLG Loiseau-Regnault à Orly (Val-de-Marne), tente de me débaucher… Je leur dis oui. A l’époque, c’est le spécialiste des viandes cuites sous vide, toutes les restaurations collectives en veulent, la société est en plein boom. »

Trois ans plus tard, il sera licencié économique. « Mon mariage explose après 19 ans de vie commune et 3 enfants. » Cela aussi, « ça peut arriver à tout le monde… Et je pense me relever, j’ai toujours réussi dans la vie, j’ai 35 ans et de l’argent. Je me donne 3 mois pour retrouver un job mais ça ne marche pas, mes entretiens se passent mal, je dois revoir mes exigences à la baisse. »
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Le travailleur en miettes ?

Zéro stock, just in time, good practices, qualité totale, promotion par le mérite… : suivez la tendance pour comprendre la déconstruction du système de santé-sécurité au travail. Une opinion de Christophe De Brouwer, professeur de médecine du travail (ULB).

Expression entendue dernièrement présentée comme une évolution du “travail en miettes”, titre du célèbre livre de Georges Friedman décrivant des méthodes de travail parcellisées à l’extrême de concert avec l’interchangeabilité du travailleur. L’individualisation au travail était en marche depuis la fin de la dernière guerre. Suite à la demande importante de main-d’œuvre durant cette période, cette individualisation s’accompagna d’une libération dans la vie privée et de travail.

Mais à partir des années 80, la crise aidant, les impératifs productifs se déplacèrent progressivement, non plus vers la quantité, mais vers la qualité commerciale du produit, compte tenu d’un concurrence de plus en plus globalisée. La relation entre la demande et l’offre de main-d’œuvre s’inversait, et la solitude du travailleur face à ces nouvelles organisations de travail deviendra un lot commun. Cette mutation dans l’organisation du travail s’accompagna d’une demande de polyvalence du travailleur, non pas, comme on l’avait cru, pour répondre à une diminution de la division du travail (Toyotisme), mais au contraire pour accentuer les capacités de flexibilité de l’entreprise.

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L’accueil d’urgence des sans-abri débordé par la demande croissante de familles

La trentaine de salariés toulousains qui répondent au « 115 », le numéro national d’appel d’urgence pour les sans-abri, a symboliquement cessé le travail pendant deux heures lundi 8 décembre.

Ils protestent contre le nombre « misérable » de places qu’ils ont à offrir aux gens à la rue : « A quoi sert de faire fonctionner une plateforme téléphonique si c’est pour opposer un refus, dans 95 cas sur 100, faute de place ? », s’exaspère Sylvie Fernandez, éducatrice spécialisée au service du 115 local.

« Le département offre 2 000 places alors qu’il en faudrait 500 ou 600 de plus. Être chaque jour confronté à la détresse sans pouvoir y répondre est désespérant », poursuit l’éducatrice. Le 2 décembre, une grand-mère est morte dans sa voiture, qu’elle habitait avec ses enfants et petits-enfants, alors que cette famille réclamait un hébergement chaque jour depuis six mois, rapportent les grévistes.

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Royaume-Uni : La faim hante le pays

Le nombre de personnes contraintes de faire appel aux banques alimentaires a presque triplé en un an au Royaume-Uni. Selon un rapport parlementaire, c’est surtout le régime des aides de l’État, plus strict qu’auparavant, qui pousse les Britanniques vers la pauvreté.

Un rapport parlementaire sur la faim dans le pays, financé par l’Église, accuse la politique d’austérité de pousser les personnes vulnérables à être contraintes de faire appel aux banques alimentaires, selon The Guardian. Entre 2013 et 2014, plus de 913.000 personnes – dont un tiers d’enfants – ont reçu des aliments d’urgence d’une banque alimentaire pendant au moins trois jours, contre 346.000 personnes entre 2011 et 2012.

En effet, le rapport intitulé Feeding Britain (Nourrir la Grande-Bretagne), qui doit être publié aujourd’hui, souligne que “le pays est hanté par la faim, causée par les bas salaires, les inégalités qui se creusent, un régime impitoyable de sanctions [infligées aux bénéficiaires d’aides d’État qui ne remplissent pas les nouvelles conditions] et la désintégration du tissu social“.

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Paris : Maraudes fluviales pour venir en aide aux SDF

Avec l’arrivée du froid les associations qui s’occupent des SDF sont plus que jamais sur le terrain. On connaît les maraudes terrestres en ville qui viennent en aide aux SDF. Mais on connaît moins bien les maraudes nautiques.

Depuis 2006 à Paris, la protection civile a mis en place des tournées sur la Seine qui permettent d’arriver jusqu’aux sans abris qui vivent sur les quais au bord de l’eau.

Misère Valley, les laissés-pour-compte de Google & Co

La richissime Silicon Valley a relégué ses SDF dans un immense camp, “The Jungle”. L’immobilier a explosé, chassant de chez eux les oubliés de la révolution high-tech.

This is America“, semble dire la bannière étoilée ondulant dans la brise automnale, plantée tout en haut d’un arbre. Perchée dans les cimes, une espèce de cabane en bois, la “demeure” la plus luxueuse de “The Jungle“, l’un des plus gros camps de SDF des États-Unis, situé à San José, dans la richissime Silicon Valley.

Elle a été construite par Troy, ex-charpentier qui s’est retrouvé dans la rue il y a deux ans. Elle est vide depuis deux mois. Il paraît que Troy a trouvé un logement. Il reviendra peut-être. On revient toujours dans la Jungle.

Deux mondes parallèles

Le camp ressemble à la vision apocalyptique et désolée d’un monde après destruction atomique, tout droit sorti d’un roman de science-fiction. C’est un immense bidonville de tentes à même le sol, poussiéreux et sale. Plusieurs centaines de personnes vivent dans cette zone d’environ 25 hectares, qui s’est considérablement étendue ces deux dernières années.

Il faut slalomer entre des montagnes de déchets s’accumulant entre les arbres. Les chiens aboient. Parfois, un pied sort d’une tente, on voit un corps, allongé sur un matelas par terre. Des silhouettes fantomatiques traînent dans les allées des chariots remplis de bric et de broc.
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Portraits de la précarité en France

Vincent est chômeur de longue durée. Clara, un enfant à charge, ne travaille pas suffisamment pour assurer les dépenses du quotidien. Ils ont tous les deux accepté de témoigner de leur situation particulièrement difficile et de l’espoir qu’ils conservent tout de même de voir leur vie s’améliorer.

Espagne : un tiers des salariés ont gagné moins de 9.030 euros en 2013

La proportion de salariés vivant du salaire minimum (ou moins) a augmenté avec la crise économique. 3,6 millions de salariés ne dépasse même pas le seuil de 322,5 euros.

Manifestation à Madrid contre l’austérité en novembre 2012

Plus d’un tiers des salariés espagnols ont touché une paie de 645 euros maximum par mois en 2013, selon les chiffres de l’Agence nationale des impôts qui montrent un appauvrissement de la population active avec la crise.

Sur un total de 16,68 millions de salariés, 34% ont touché l’équivalent du salaire minimum qui est de 645 euros mensuel, payé sur 14 mois, soit 9.030 euros par an, révèlent ces chiffres publiés jeudi sur son site internet. Dans le cas de 3,6 millions d’entre eux, le salaire mensuel n’a pas dépassé 322,5 euros.

Les femmes et les jeunes plus touchés
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La grande pauvreté persiste en France

La France compte deux millions de personnes vivant avec moins de 651 euros par mois, 3,6 millions de mal-logés et 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France.

Deux millions de personnes vivent aujourd’hui en France avec au maximum 651 euros par mois (22 euros par jour) pour une personne seule au seuil à 40 % du revenu médian, soit en situation de grande pauvreté, selon l’Insee (données 2011). Pour ces personnes, il est quasiment impossible notamment de se loger sans compter sur l’aide d’autrui, de parents ou d’amis.

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Les vrais chiffres du chômage en septembre : 67.900 chômeurs de plus malgré 283.300 radiés

Toujours un inscrit sur deux qui ne perçoit aucune indemnité de Pôle emploi. Seuls 2 chômeurs sur 10 sortent des listes pour “reprise d’emploi déclarée”.

Après la fausse baisse du mois dernier, imputable aux augmentations des radiations, le rééquilibre se fait, donc, avec une moyenne hélas courante d’ environ 1000 chômeurs de plus par jour (lissée sur les 2 derniers mois).

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Septembre 2014 :

  • Défauts d’Actualisation : 194.800, 43,3 % des sorties des listes.

- Radiations Administratives (les punis) : 42.700, 9,5 % des sorties. +4,4 % sur 1 mois

- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 45.800 et 10,2 % des sorties.

Soit 283 300 radiés des listes (63 %) pour autres motifs que :
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Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

Hebergeur d'Images Gratuit

Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Trop pauvres, ils renoncent à se soigner

5,60 euros, c’est ce qui reste chaque jour pour vivre, après avoir payé loyer et autres charges, à des milliers de personnes aidées par le Secours populaire, selon une étude rendue publique jeudi 11 septembre. Rencontre avec des précaires qui peinent à payer certains soins de santé.

Au moins 17% des personnes interrogées ont déjà renoncé au moins une fois à voir un spécialiste et 9% ont déjà retardé la consultation. Quant à l’achat de prothèses, 19% ont renoncé et 13% ont retardé.

Le jobbing, entre complément de revenu et travail au noir

Pour arrondir leurs fins de mois, des milliers de particuliers passent par des sites de “jobbing”, pour proposer des services contre rémunération.

Réparer une fuite d’eau, garder un hamster, traduire un CV… Pour arrondir leurs fins de mois, des milliers de particuliers passent par des sites de « jobbing » et proposent de mettre à profit leurs compétences, moyennant rémunération. Au risque, parfois, de tomber dans le travail au noir.


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L’accès à l’eau potable, source de précarité en France

Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, 140.000 sans domicile fixe n’ont pas un accès à l’eau potable et 2 millions de personnes n’ont pas un accès suffisant à l’eau et à l’assainissement en France.

L’association France Libertés rappelle que si Paris dispose de 240 fontaines publiques, de près de 400 sanitaires gratuits et de 18 bains douches municipaux, ce type d’équipements est moins présent ou quasiment absent dans d’autres villes. Ainsi, Marseille ne “possède visiblement qu’une douzaine de toilettes publiques gratuites et une petite trentaine de fontaines à boire”, indique France Libertés.

Les douches publiques en particulier ont pratiquement disparu des villes : Strasbourg et Lyon n’en compte que deux, Nantes et Nice une, Marseille et Calais aucune, ajoute l’association. Un situation qui n’est pas sans poser des problèmes d’hygiène et de santé publique comme le montre ce reportage dans la cité phocéenne.

La solitude s’aggrave en France

Un Français sur huit est seul : en 2014, la solitude touche désormais 5 millions de personnes, un phénomène qui s’est surtout aggravé chez les plus âgés, même s’il n’épargne plus les jeunes, révèle lundi une enquête de la Fondation de France.

Edward Hooper – Automat (1927)

Les Français sont un million de plus qu’en 2010 à ne pas avoir de relations sociales au sein des cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage), souligne cette étude.

Si un Français sur huit est aujourd’hui seul, un sur trois risque de le devenir, poursuit l’enquête.

De toutes les générations, les plus de 75 ans ont subi de plein fouet cette montée de la solitude depuis quatre ans: en effet, une personne âgée sur quatre est désormais seule (27% en 2014 contre 16% en 2010).

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André Gorz : « Misères du présent, richesse du possible »

Critique radical du capitalisme, philosophe du travail, de l’autonomie du sujet et des communautés, André Gorz (1923-2007) est l’un des précurseurs de l’écologie politique et du mouvement pour la décroissance. (Les phrases à la première personne du singulier sont d’André Gorz).

Ilya Repine – Les Bateliers de la Volga (1873)

Introduction : Il faut oser l’Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d’asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu’il abolit.

Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l’imagination de tous.

Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j’ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon œuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d’un «travail» qui en est la misérable négation. C’est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.

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Faute d’argent, un Français sur quatre renonce à se soigner

Selon une vaste enquête, plus d’un quart des Français ont renoncé à au moins un soin en 2012 pour des raisons financières.

Au pays de la santé pour tous, ces données laissent perplexe. Selon une enquête de l’Institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes) publiée ce vendredi,

plus d’un Français sur quatre (25,7%) a renoncé à un soin dans les douze derniers mois pour des raisons financières en 2012.

Et les chiffres sont à la hausse : en octobre, le baromètre santé d’Europ Assistance dénombrait, lui, un Français sur trois dans cette même situation une année plus tard.

Soins dentaires et optiques en tête

Pour cette édition, l’enquête portrait plus précisément sur la nature des soins concernés. Parents pauvres de la santé, l’optique et le dentaire sont les plus touchés. 18% des bénéficiaires de l’assurance maladie ont ainsi renoncé à des soins dentaires en raison de leur coût et 10% à des soins d’optique.
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Belgique : 15% de la population est en risque de pauvreté

Ce mercredi sera remis le Prix fédéral de Lutte contre la Pauvreté 2014, qui récompense depuis six ans les personnes, associations et CPAS [NDLR : centre d'action sociale d'une commune] qui combattent la pauvreté. L’occasion de se poser la question : c’est quoi la pauvreté en Belgique aujourd’hui ? Petit état des lieux.

Qui est pauvre en Belgique ? Le seuil de pauvreté

En Belgique, le seuil de pauvreté (60% du revenu net médian) est fixé à 1000 euros nets par mois pour une personne isolée et 2101 euros nets par mois pour un ménage de deux adultes et deux enfants.

15,3% de la population belge a un revenu total (la possession d’une habitation n’est pas prise en compte) inférieur à ce seuil en Belgique et est donc en risque de pauvreté, selon les résultats de l’enquête EU-SILC 2011.
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1,4 million de salariés anglais ont un contrat sans garantie d’heures ni de salaire

Selon l’étude de l’Office national des Statistiques, 1,4 million de salariés relèvent de ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Environ 1,4 million de personnes sont employées en Grande-Bretagne au titre de contrats “zéro heure” sans aucune garantie d’heures de travail, et donc de salaire, selon de nouvelles statistiques publiées mercredi 30 avril qui font enfler la polémique sur ce symbole de l’ultra-flexibilité britannique.

Selon cette étude de l’Office national des Statistiques (ONS), “les employeurs en Grande-Bretagne utilisent environ 1,4 million de contrats ne garantissant pas un nombre minimum d’heures”.

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Jacques Attali : « Tout le monde doit s’habituer à l’idée d’avoir plusieurs emplois en même temps »

Extraits de l’entretien accordé par Jacques Attali au Bondyblog

[...] Vous dites qu’ « avec les nouvelles technologies et l’évolution des marchés, nous sommes tous en train de devenir des intermittents ». Êtes-vous en train de devenir un intermittent Mr Attali ?

J’ai toujours été un intermittent, enfin presque toujours. Un intermittent c’est quelqu’un qui fait plusieurs choses à la fois, qui n’est salarié de personne et qui a plusieurs activités. J’ai la chance à mon âge de n’être pas tellement en situation précaire, mais

je pense que tout le monde, mis à part les fonctionnaires, doit s’habituer à l’idée de se débrouiller, de créer sans cesse son propre emploi, d’avoir plusieurs emplois en même temps, de ne rien attendre de personne. C’est ça qui est l’avenir et ce n’est pas une situation négative, mais une situation positive.

[...] La création d’entreprise pour les classes populaires, c’est très dur !
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