Agriculture : Un modèle à bout de souffle

Vendre leur production à un meilleur prix et pouvoir vivre décemment de leur activité: c’est ce que réclament les agriculteurs français depuis le mois de juin. La crise touche gravement plusieurs filières: la filière porcine, frappée par l’embargo russe, la filière bovine et la filière laitière, confrontée à la baisse de la demande et à la fin des quotas laitiers.

Par ailleurs, les agriculteurs accusent les autres acteurs du secteur, et notamment les intermédiaires et les distributeurs, d’avoir fait chuter les prix et de compromettre leur survie. S’ajoute à cela les prix des matières premières, des produits phytosanitaire et du matériel, qui ne cessent d’augmenter et de peser sur son budget, alors que leurs revenus n’augmentent pas, bien au contraire.

Selon le ministère de l’agriculture, près de 25.000 exploitations d’élevage pourraient déposer le bilan. Face à ces difficultés, d’autres agriculteurs tentent d’inventer une autre manière de pratiquer leur métier. Vente directe aux particuliers, agriculture biologique, agro-écologie… de plus en plus de d’exploitants s’écartent des circuits traditionnels. En sept ans, les surfaces cultivées en bio ont plus que doublé en France et dépasseront le million d’hectares d’ici fin 2015.

Le système agricole est-il à bout de souffle? Comment remédier à la colère des agriculteurs? Comment repenser l’agriculture aujourd’hui?

Le saucisson acheté en France contient-il du porc français ?

Plus de cinq millions de saucissons se sont vendus l’année dernière. La grande majorité est industrielle. Certaines entreprises n’achètent que du porc français pour sa fabrication, mais c’est loin d’être la règle dans l’Hexagone. En moyenne, 35 à 40% du porc dans les saucissons vient de l’étranger: d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas ou du Danemark.

La première raison est le prix. Les pièces de porc français coûtent 20 à 30% de plus que chez nos voisins européens. Mais les industriels expliquent qu’ils ne trouvent pas suffisamment de viande en France. Parfois, le porc français et étranger sont mélangés dans un même produit. Il est difficile de s’y retrouver, car l’étiquetage de la viande transformée n’est pas obligatoire.

Périco Légasse : « Notre indépendance alimentaire est menacée »

La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsables de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu’aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l’intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu’il conduisait droit dans le mur, a entrainé l’agriculture française vers l’impasse.

S’il est un coupable à désigner en premier, c’est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s’enrichiraient.

S’il est un deuxième coupable, c’est la grande distribution, qui s’est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s’ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passer à l’époque ces deux entités qui se tapaient sur l’épaule pour de grands stratèges et l’agriculture française a cru à ce mensonge.
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Les routes du cochon [Rediff.]

La viande de porc est la plus consommée en France – plus de trente kilos par personne par an. Pourtant, difficile de savoir d’où proviennent les cochons une fois transformés.

Le reportage retrace le parcours de la filière porcine, chez les agriculteurs, dans les coulisses de l’industrie agro-alimentaire, dans les abattoirs outre-Rhin, où des intérimaires roumains et polonais travaillent dans des conditions très précaires. Mais toutes les garanties sanitaires sont-elles réunies pour les consommateurs?

Portraits d’éleveurs

Stéphanie Calloc’h est éléveuse à Pouldreuzic, dans le Finistère. Son père, installé depuis 1983, lui a transmis la passion du métier. Aujourd’hui, elle travaille à ses côtés, ainsi qu’avec sa mère et son compagnon.

« J’aimerais pouvoir transmettre ce métier à mes enfants tout comme mon père et ma mère l’ont fait pour moi et mon grand-père pour ses enfants. »

Du lard ou du cochon ? (vidéo)

En termes d’intelligence, les cochons n’ont rien à envier aux éléphants ni aux dauphins. Par ailleurs, le patrimoine génétique des hommes et des porcs est similaire à 90 %, à tel point que cette proche parenté est mise à profit en médecine : des chercheurs élèvent des porcs dont les organes pourraient être greffés sur des patients.

Présenté par Émilie Langlade et Gunnar Mergner (Xenius, Arte 24/06/2014)

Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
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Les routes du cochon (reportage)

Avec 35 kg par an et par personne, le porc est la viande la plus consommée par les Français, principalement sous forme de charcuterie. 70% des saucissons ou jambons vendus dans les rayonnages des supermarchés sont issus de porcs importés.

Ces dernières années, les éleveurs de l’hexagone ont vu se développer la concurrence redoutable de la filière Espagnole, et surtout allemande, avec une viande 20% moins chère. Dans quelles conditions ce cochon « low cost » est-il produit ? Quelle traçabilité pour cette viande ?

Envoyé Spécial du 20/02/2014

Des races en voie de disparition sauvées en toute discrétion

Au fin fond des campagnes françaises, des éleveurs s’emploient à sauver des races en voie de disparition: poules, vaches ou cochons que l’agriculture intensive avait abandonnés. Et c’est ainsi que des bœufs de race millénaire réapparaissent dans les prés du Sud-Ouest.

Sur les coteaux de Beaumarchès (Gers), quatre grands bœufs blancs se partagent une immense prairie vallonnée. Épaules puissantes, robe nacrée, ils sont issus d’une race rustique “très ancienne, arrivée avec les invasions Wisigoths, 400 ans après Jésus-Christ“, raconte leur éleveur, Christophe Masson, citant les “très sérieux travaux de recherches” menés par des étudiants de l’École normale supérieure (ENS).

Depuis un siècle, ces bovins de race mirandaise se sont considérablement raréfiés dans le paysage du Gers.

Dans les années 1900, il y en avait 180.000 dans le département. Il n’en reste que 350. Certains éleveurs n’en ont plus que deux ou trois à l’étable: on les appelle les collectionneurs“, explique Christophe Masson.

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Les travers du porc

Pour vendre une viande toujours moins chère, éleveurs, grands distributeurs et abattoirs se livrent une guerre impitoyable dans laquelle le grand perdant risque d’être le consommateur. Espèce menacée, goût qui disparaît, qualité de viande médiocre, tout le monde y perd. Pourtant, gagner sa vie tout en respectant les animaux et les consommateurs, c’est aujourd’hui possible dans cette filière.

Documentaire réalisé par Pierre Toury (2013)

(Merci à Pierre)

Les États-Unis ont-ils atteint un « pic de la viande » ?

Décidément, l’époque semble être aux “pics”. Après le peak oil (pic pétrolier), le peak gas (pic gazier) et le peak stuff (pic des objets), voici venu le temps du peak meat, soit le pic de viande. Aux Etats-Unis, la consommation de viande commencerait à diminuer, après avoir atteint un maximum en 2007. C’est ce que révèle l’Earth policy institute, cité par Terra Eco, mercredi 7 mars. Alors que les Américains consomment un sixième des produits carnés dans le monde, cette tendance outre-Atlantique pourrait signifier la fin du steak haché qui trône au centre de l’assiette.

Selon les chiffres du ministère de l’agriculture américain, la consommation de viande suivrait une course descendante après un pic en 2004, à 84 kg par an et par habitant. En 2011, les Américains n’auraient plus consommé “que” 78 kg. Et les prévisions pour 2012 tablent sur 75,5 kg, soit une baisse de 10 % sur les huit dernières années, comme le montre le graphique de la consommation américaine depuis le début du XXe siècle :

Quant à la consommation globale de viande dans le pays, elle chute aussi, après avoir atteint un pic en 2007, à 25 milliards de kg. En 2012, elle devrait être de 23,5 milliards, soit le niveau le plus bas depuis dix ans.

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Quand Monsanto souhaitait breveter le porc

Géant mondial du marché des semences qu’elle a largement converti à ses produits modifiés génétiquement, la multinationale Monsanto a tenté d’obtenir des autorités américaines un brevet sur des séquences d’ADN de porcs désirables pour l’élevage qu’elle a décodées.

(Documentaire de février 2007)

Partie 1 :


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Les dessous du business halal

Un documentaire sur les coulisses du marché halal, qui pèse près de cinq milliards d’euros, soit deux fois plus que le bio, et qui comporte autant d’abus. L’enquête s’intéresse au cadre global de ce marché émergent (15% de croissance annuelle)  pour ensuite entrer dans les détails. Outre les bonbons, une marque de volailles halal se voit épinglée, tout comme les pratiques du marché en gros de Rungis...

Pour qu’une viande soit considérée comme «halal», il est nécessaire que la bête ne soit pas le fruit d’un élevage intensif et ait été traitée durant sa vie avec compassion, avant d’être égorgée à la main, la tête tournée vers la Mecque. Pourtant ces rites ne sont pas toujours respectés, pire : la présence de porc dans des produits halal ne tiendrait plus de la légende…

Bonbons certifiés « halal » dans lesquels on retrouve de la gélatine de porc, certifications de complaisance, absence de contrôles et en même temps, un marché qui explose : tous les ingrédients pour une fraude à grande échelle sont réunis.

Partie 1:


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