Le casse-tête de la croissance

Le monde est confronté à un dilemme majeur. Si une croissance économique rapide, comme celle des 50 dernières années, est essentielle au développement, nous savons aussi aujourd’hui qu’elle peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour l’environnement. Comment pouvons-nous équilibrer les impératifs de la croissance et du développement avec la nécessité de garantir la durabilité ?

La croissance sans précédent du revenu par habitant au cours des vingt dernières années a sorti plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Dans les pays en développement, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu des années 1970 et le taux d’analphabétisme des adultes a été réduit de moitié environ ces 30 dernières années.

Mais cette croissance économique rapide a exercé d’énormes pressions sur l’environnement. Elle a de plus été accompagnée d’inégalités croissantes des revenus qui ont aujourd’hui atteint des niveaux historiques dans plusieurs pays (même si entre les pays mêmes, ces inégalités se sont atténuées). Dans ce contexte, l’on pourrait défendre l’idée qu’une croissance plus lente serait bénéfique pour le monde.

Dans ce cas, la solution est en vue. Selon un nouveau rapport publié par le McKinsey Global Institute (MGI), le vieillissement démographique et la baisse du taux de fertilité dans plusieurs régions du monde pourraient considérablement freiner la croissance mondiale au cours du prochain demi siècle.
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Espagne : 9 chiffres qui indiquent la profondeur de la crise

Les 9 chiffres qui indiquent la profondeur de la crise espagnole d’après Bloomberg :

✔ Au cours des cinq années antérieures à 2007, l’Espagne comptait pour presque la moitié des emplois crées dans la totalité de la zone euro.

✔ Maintenant, plus d’un quart des Espagnols sont au chômage, et la population espagnole a baissé en 2012 pour la première fois en quatre décennies.

✔ 26% des Espagnols sont au chômage. Près d’un tiers des chômeurs des 17 pays de la zone euro vivent en Espagne.

✔ Après l’éclatement de la bulle du secteur de la construction qui a attiré des travailleurs immigrés, la migration annuelle vers l’Espagne a été presque divisée par deux au cours des 4 années.

✔ L’année dernière, le nombre d’Espagnols qui ont migré au Maroc a été 32% plus important qu’en 2008. Après les pays d’Amérique Latine et les pays européen, le Maroc est une destination privilégiée des Espagnols qui émigrent.

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Plus de 18 millions d’Européens étaient au chômage cet été

Selon Eurostat, le taux de chômage de la zone euro a atteint le niveau record de 11,4% de la population active en août. Quelque 18,2 millions de personnes étaient alors sans emploi.

Le taux de chômage a atteint le niveau record de 11,4% dans la zone euro en août, selon les chiffres publiés ce lundi par Eurostat. Si ce chiffre n’est pas une totale surprise et correspond largement à celui qu’anticipaient les économistes, par contre les statistiques publiées recèlent une mauvaise surprise. les statisticiens européens ont en effet revu à la hausse les résultats du mois de juillet. Annoncé initialement à 11,3 % le taux de chômage de juillet est finalement de 11,4%

La situation est encore plus dramatique pour les jeunes. « En août 2012, le taux de chômage des jeunes s’est élevé à 22,7% dans l’UE27 et à 22,8% dans la zone euro, contre respectivement 21,5% et 20,7% en août 2011 » explique en effet Eurostat.Il s’agit en tout état de cause d’un niveau record.

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Etats-Unis: la job-machine est-elle vraiment repartie?

Les indicateurs du marché du travail américain sont difficilement lisibles. Certains ne montrent aucune embellie. Et ceux qui enregistrent l’amélioration la plus spectaculaire peuvent être relativisés.

A première vue, le marché du travail américain semble parfaitement dégrippé. Les nouvelles inscriptions au chômage sont retombées à leur niveau le plus bas en quatre ans, selon des chiffres publiés jeudi par le département du Travail.

Parallèlement, les créations d’emplois sont reparties. Le pays a créé en février 227.000 emplois de plus qu’il n’en a supprimé. Cela fait trois mois que les créations nettes d’emplois dépassent 200.000. Ces bonnes nouvelles ont eu un effet positif sur les marchés. Mais paradoxalement, elles ne rassurent pas tous les experts.

En effet, même si l’appareil statistique des Etats-Unis est très avancé, il n’est pas forcément très lisible. “En fait, il est difficile de porter un jugement sur l’état du marché du travail aux Etats-Unis. La plupart des indicateurs relayés dans les médias sont biaisés !“, estiment ainsi les experts de Merrill Lynch dans une étude récente.

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L’emploi augmente… et se dégrade

Lors de son intervention du mardi 16 novembre 2010, Nicolas Sarkozy s’est félicité de la création nette de 100.000 emplois en un an. Bonne nouvelle, mais qui se paye surtout d’une précarité accrue. Et qui ne suffira pas à compenser le déficit d’emplois engendré par la crise.

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6 millions de personnes sans emploi

Tribune libre de Paysan Savoyard

Depuis le milieu des années soixante-dix, la France connaît une situation de chômage massif : le nombre des chômeurs oscille selon les périodes entre 2 et 3 millions de personnes, ce qui représente entre 8 et 11 % de la population active (concernant les causes du chômage, voir la tribune parue le 24 septembre 2010).

Ce chiffre de 2 à 3 millions de personnes, dont font état les gouvernements, les partis politiques et les médias, est considérable : il ne représente pourtant qu’une partie de la réalité. Il nous a paru utile d’insister sur ce point sensible (NB : les chiffres donnés ci-dessous concernent la métropole) :

Le nombre de chômeurs « officiels » est actuellement (second trimestre 2010) de 2,6 millions (il s’agit des chômeurs qui, conformément aux normes du bureau international du travail BIT, sont immédiatement disponibles pour occuper un emploi, n’ont pas travaillé du tout au cours du mois précédent et ont fait au cours du mois précédent une démarche de recherche active d’emploi).

Ce nombre des chômeurs (qui constituent ce que l’INSEE et Pôle emploi appellent la catégorie A) est le nombre officiel rendu public régulièrement. C’est ce nombre sur la base duquel est calculé le taux de chômage (le taux de chômage, rapport entre ce nombre et la population active, est actuellement de 9,3 %). C’est ce nombre, enfin, qui alimente le débat public (source : INSEE).

Il est à noter au passage que le gouvernement a restreint à différentes reprises le champ de cette catégorie A. Ces opérations statistiques étaient sans doute légitime puisque destinées à se conformer aux normes internationales : il n’en reste pas moins qu’elles ont eu pour les pouvoirs publics le grand intérêt de réduire sensiblement le nombre des chômeurs officiels (c’est ainsi qu’en 1992 le gouvernement – de gauche – a retiré du nombre des chômeurs officiels les personnes ayant exercé une activité réduite le mois précédent, ce qui a diminué le nombre officiel d’environ 300 000 ; en 2003 le gouvernement – de droite – a à son tour retiré de la statistique différentes personnes, notamment celles qui n’ont pas rencontré de conseiller ANPE au cours du mois précédent : cette opération a eu là encore pour effet de réduire le chômage officiel d’environ 200 000 personnes).

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L’emploi continue de se détériorer aux Etats-Unis

Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée. C’est le secteur public qui, face à des contraintes budgétaires considérables, détruit le plus de postes. Quant au secteur privé, il continue d’embaucher mais moins rapidement que les mois précédents.

Le marché de l’emploi s’est détérioré fortement en septembre aux Etats-Unis, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington, à moins d’un mois des élections législatives. Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, indique le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail.

L’économie a détruit en septembre 95.000 emplois de plus qu’elle n’en créait, indique le ministère, ce qui traduit une progression des emplois perdus de 67% par rapport à août. Les analystes estimaient au contraire que le pays était revenu en septembre à l’équilibre avec un solde nul de créations ou de destructions d’emplois.

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“Un chômeur européen sur deux est victime du libre-échange”

“Naïve et laxiste, l’Europe a toujours adopté une vision de très grande ouverture au libre-échange, en sorte qu’elle est aujourd’hui la zone la plus ouverte au monde. Elle n’exige même pas de réciprocité dans l’ouverture aux échanges, c’est-à-dire que les marchés des pays avec lesquels elle commerce soient aussi ouverts que les siens”.

C’est ainsi que l’économiste pourtant très “européen” et libéral Christian Saint-Etienne a condamné la politique européenne actuelle dans un article “Le libre-échange est-il coupable ?” (Les Echos, 23 avril 2009).

Il appelait alors à la mise en place de “taxes compensatoires” face au dumping social et environnemental des pays émergents. Le hic, c’est que les accords de l’OMC comme les traités européens jusqu’à Lisbonne auxquels la plupart des partis ont dit “oui” interdisent formellement une telle politique, qu’elle soit nationale ou même européenne.

Peut-on en évaluer aujourd’hui les dégâts en terme d’emplois détruits et non créés ?

Pour la première fois, un autre économiste, eurocritique assumé celui-là, Jacques Sapir, s’essaye à ce difficile exercice d’une estimation de l’impact sur l’emploi du libre-échange inégal auquel, au nom de l’Europe intégrée, on a livré notre économie et nos populations.

Pour Sapir, l’effet net du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Il faudra y ajouter les chômeurs apparus depuis le début de cette crise (1,9 million supplémentaires dans l’UE au premier semestre 2009) qui est une crise du libre-échangisme inégal.

Le coût total, en incluant les effets induits et dynamiques, aura été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur. Mais le libre-échange inégal et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable. Lire la suite

Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

(…)

Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

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Les laissés-pour-compte des banlieues blanches anglaises

Violence, chômage, déscolarisation… Dans les banlieues britanniques, les classes populaires blanches ont vu leur situation s’aggraver avec la crise économique. Désabusés, ces citoyens à l’abandon se considèrent comme une « minorité oppressée » et n’attendent rien des élections. Un problème auquel les vainqueurs du scrutin devront tôt ou tard s’attaquer.

On les appelle parfois les « chavs », lorsqu’ils sont jeunes et vulgaires. Ou le « sous-prolétariat blanc », pour englober toutes les générations de ces classes populaires vivant dans les banlieues anglaises. Une « sous-classe sociale », que certains désignent plus crûment encore par le terme de « white trash » (littéralement « déchet blanc »), importé des États-Unis.

Il y a un peu plus d’un an, Trevor Phillips, le président de la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme mise en place par les travaillistes en 2007, estimait en tout cas que les Blancs pauvres étaient les vrais perdants de la récession. Selon lui, il faut reconnaître dans certaines régions du pays que « la couleur du désavantage n’est pas brune, mais blanche », assénait-il. L’ironie veut qu’une grande partie de cette population se considère désormais comme une minorité oppressée.

C’est certain : ces citoyens des couches pauvres de la population ne vont pas se déplacer en masse, demain, pour voter. La politique ne les intéresse plus. On représente le cliché de ces citoyens comme jouant au bingo dans des pubs vieillots, une pinte de bière à la main, ou pariant sur des courses de lévriers dans ces établissements spécialisés qu’on trouve dans les rues commerçantes du pays. Ils étonnent toujours par leur résignation.
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La France, paradis des grévistes ?

La légende nationale, et aussi l’image de la France à l’étranger, veulent que nous soyons le pays de la grève, comme nous sommes celui aux 400 fromages.

Ce constat est grandement à nuancer, on le voit dans cette série d’articles :

- La France, pays des grèves, sur Acrimed.

- Des grèves partout, sauf dans les statistiques, sur le blog Ecopublix.

- Les pays qui font le plus la grève en Europe, sur L’internaute.

Globalement, sur une échelle longue, le nombre de journées “perdues” (sur l’ensemble de population active) par les grèves a tendance à baisser : environ 1 million par an dans les années 60, 150 millions en 1968 (!), 2 millions dans les années 70 ; au milieu des années 70 (début de la crise et du chômage de masse) s’amorce une décrue pour atteindre 500.000 en 1980, remonter à 780.000 en 1995 avec les grandes grèves “Juppé” et, désormais, osciller, selon les années et le climat social, entre 300 et 800.000. Des chiffres à relativiser en fonction du nombre d’actifs (environ 25 millions sur la période).

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Emploi : une féminisation à géométrie variable

Si les femmes se sont taillé leur part du gâteau parmi les métiers les plus qualifiés, les inégalités persistent aux deux extrémités de l’échelle des rémunérations.

Une bonne nouvelle pour les femmes européennes : depuis le mois de mai 2009, leur taux de chômage, d’ordinaire systématiquement supérieur à celui des hommes, est pour la première fois passé en dessous du leur.

Un soudain rattrapage que l’on ne peut malheureusement imputer qu’à la crise. Les secteurs de l’industrie et de la construction, traditionnellement masculins, ont été particulièrement touchés par le recul de l’activité économique, tandis que ceux relevant du secteur tertiaire, plus investis par les femmes, ont été globalement plus épargnés. Mais cette statistique, bien qu’apparemment positive pour les femmes, souligne aussi que nombre de secteurs d’activités restent très majoritairement investis soit par l’un, soit par l’autre sexe.

Le rapport Grésy, consacré à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, a certes mis en évidence «les formidables avancées» déjà observées en la matière : les femmes représentent désormais en France 47% de la population active en 2007, et ce sont 83% des femmes de 25 à 49 ans qui travaillent. Lire la suite

L’inefficacité des politiques publiques maintient le Mexique dans la crise

A un carrefour de Mexico, Juan Barrera, 34 ans, lave les pare-brise des voitures. “Faut bien manger”, soupire ce maçon au chômage qui gagne moins de 150 pesos (7,7 euros) par jour. Comme lui, 900 000 Mexicains ont perdu leur emploi en 2009 dans le pays d’Amérique latine le plus touché par la crise. Voté lundi 16 novembre, le budget 2010 suffira-t-il pour redresser la barre ? Les experts en doutent.

En 2009, la croissance mexicaine devrait chuter de 7,3 %, contre une baisse de 2,5 % en moyenne dans les autres nations d’Amérique latine et des Caraïbes, selon le Fonds monétaire international (FMI).

“Le Mexique est trop dépendant du marché américain, qui concentre 80 % de ses exportations. Le pays est aussi victime de politiques publiques inadaptées qui lui ont fait perdre son potentiel de leader latino face au Brésil”, souligne Bernardo Bolmedo, professeur d’économie à l’Université autonome du Mexique (UNAM).

La production pétrolière, qui représente 40 % des ressources de l’Etat, ne cesse de décroître, entraînant, en 2009, des pertes fiscales de 14 milliards d’euros. Même dégringolade du côté des transferts de fonds des émigrés. La deuxième source de devises du pays devrait afficher une baisse annuelle de 13 %, selon la Banque du Mexique.

Quant au secteur touristique, il subirait une chute de 15,3 % en 2009, d’après la Confédération nationale du tourisme.

“Le Mexique doit investir davantage en matière d’infrastructures mais aussi en technologie, en éducation ou en recherche”, a déclaré le Prix Nobel d’économie 2001, Joseph Stiglitz, en visite à Mexico. Lire la suite