Comment les changements démographiques affectent-ils l’activité économique et l’inflation ?

Le changement démographique est l’un des plus importants déterminants du paysage économique et social futur. Plusieurs chercheurs ont observé comment les changements dans la taille et la composition de la population influencent les dynamiques macroéconomiques.

Les canaux à travers lesquels les changements démographiques affectent une économie incluent notamment les comportements d’épargne et d’investissement, les décisions relatives au travail et les réactions de l’offre et de la demande globales.

Dans les moyen et long termes, les changements dans l’offre de travail et dans la productivité (qu’ils soient considérés comme exogènes ou bien perçus comme provoqués par les changements démographiques) peuvent significativement altérer l’offre agrégée d’une économie et par conséquent la croissance économique, dans la mesure où les changements démographiques affectent le montant des intrants disponibles et la manière par laquelle ils sont combinés. A court terme, les transitions démographiques sont susceptibles d’affecter la demande agrégée, puisque le montant de consommation et d’investissement va fondamentalement déprendre des changements structurels des profils âge-gains de la population. (…)

Il est crucial d’analyser proprement les répercussions macroéconomiques des changements démographiques pour déterminer quelles sont les réponses politiques appropriées pour minimiser les effets adverses ou les distorsions indésirables. (…)
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Allemagne : Les clandestins, nouvelle main d’œuvre pour les régions de l’est ?

Pour gérer l’afflux massif de demandeurs d’asile en Allemagne, notamment dans le sud du pays, le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, a proposé cet été d’installer une partie de ces réfugiés dans les nouveaux Bundesländer.

Ces régions, dépeuplées depuis la chute du Mur, ont besoin de main d’œuvre et pourraient également offrir aux nouveaux arrivants des logements.

L’Épuisement de la Terre, l’enjeu du XXIe siècle – Daniel Nahon

Et si le véritable risque n’était pas le réchauffement climatique ? Et si c’était l’épuisement de la terre ? Comment nourrir dix milliards d’individus avec des sols surexploités ? Daniel Nahon sonne l’alarme. Les sols, soubassements féconds des civilisations humaines, s’érodent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Ils sont la peau de la Terre. Les argiles, une poussière de minéraux, les recouvrent d’une fine pellicule. Et nous la sollicitons de plus en plus, jusqu’à la maltraiter. La Vie pourra-t-elle continuer à y puiser ses aliments ?

Japon : Le mystère économique

Rien ne laisse paraître que le Japon serait en « crise », avec une économie stagnante depuis 20 ans. Par quel miracle, avec une croissance nulle si l’on s’en tient à la mesure classique de la Production intérieure, les Japonais restent-ils, de fait, aussi prospères, satisfaits de leur sort à les écouter et tous employés s’ils le souhaitent: le taux de chômage, depuis vingt ans, n’a jamais dépassé 3,5% avec, pour beaucoup, un emploi à vie dans les grandes entreprises? Pourquoi le Japon, qui statistiquement se porte si mal, va en réalité plutôt bien.

Ce paradoxe serait-il dû à l’endettement, un des plus élevés au monde, deux fois la production annuelle? La bonne vie, mais à crédit? L’explication ne tient pas, car cette dette, les Japonais la doivent à eux-mêmes: ils placent leur épargne dans des emprunts publics. Le Japon ne s’endette pratiquement pas sur le marché mondial et n’est guère menacé de banqueroute.

Mais, cette croissance nulle, les Japonais en ont un peu honte face au reste du monde – une « perte de face » mal ressentie dans les civilisations d’Asie – au point d’avoir élu le Premier ministre Shinzo Abe qui promit de renouer avec la croissance forte des années 1980. Lors de ces deux dernières années, son gouvernement a contraint la Banque centrale à fabriquer de la monnaie en surplus, ce qui a dopé la consommation: cette drogue, bien connue des économistes, produit toujours des effets provisoires.

L’« Abenomics » a fait grimper la croissance à 2% pendant deux ans, avant de retomber aux alentours de 0% cette année. Combien de sacs Vuitton une Japonaise peut-elle acheter ou combien de clubs de golf pour son mari ? L’euphorie achevée, chacun s’en est retourné à ses habitudes antérieures, un confort frugal et de l’épargne pour ses vieux jours.
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Afrique du Sud : De sécheresses en déluges

En Afrique du Sud, sécheresses et inondations majeures se succèdent, frappant parfois une même région d’une saison à l’autre. Les experts du climat annoncent une recrudescence de ces aléas naturels à l’horizon 2100 en cas de hausse de deux à trois degrés de la température moyenne du globe.

Du Cap de Bonne-Espérance aux savanes du Limpopo, le pays, dont la population a presque doublé depuis la fin de l’apartheid et qui est encore en pleine reconstruction, doit se préparer à mieux faire face à ces menaces qui pourraient entraver durablement son développement.

Démographie : L’étrange destin de la bombe “P”

Qu’est devenue la « bombe P »? Au milieu des années 70, racontent les démographes Yves Charbit et Maryse Gaimard dans leur livre (1), la bombe P, pour « population », faisait courir démographes, diplomates et organisations onusiennes.

En 1974, à la première conférence mondiale sur la population, organisée à Bucarest, il n’y a guère de doute sur son explosion prochaine. A l’époque, l’espèce Homo sapiens compte quatre milliards d’individus vivants, contre trois milliards en 1960, deux en 1927 et un seul en 1803.

L’accélération semble non seulement fulgurante, mais surtout grosse d’une menace, pour l’essentiel vécue comme venant d’un «Tiers-monde», selon le vocabulaire de l’époque, puisque les pays industrialisés ont à l’époque effectué leur «transition démographique», offrant la perspective d’une stabilisation à long terme de leurs populations.

Si le constat est partagé, on s’affronte sur la réaction. Certains réclament des politiques de planning familial et l’usage massif de la contraception. D’autres rétorquent que le développement économique est le meilleur des contraceptifs. Les deux auteurs racontent la passionnante histoire qui suivit.

Car, si nous avons dépassé le septième milliard en 2012, c’est à un rythme d’un milliard tous les treize ans, quasi identique à celui de 1974. La bombe P n’a donc pas explosé, pourraient penser certains.
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Les recettes-clé pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050

Le livre «The End of Plenty: The Race to Feed a Crowded World” (“La fin de l’abondance: la course pour nourrir un monde surpeuplé“) préconise une révolution bleue et une révolution rose pour pouvoir faire face à l’augmentation de la population mondiale.

En 2050, la Terre devrait compter 9 milliards de bouches à nourrir. Il faudra alors produire autant de nourriture qu’on en a produit depuis le début de l’agriculture pour alimenter tout le monde, explique Joel K. Bourne Jr., ex-rédacteur en chef de National Geographic sur NPR, la radio publique aux États-Unis.

La hausse démographique est d’autant plus problématique qu’on est arrivé à la fin de la révolution verte du siècle dernier. Les rendements atteignent un plafond, même s’il reste des innovations à venir dans les OGM, comme le riz c4 qui pourrait augmenter la production par 50% ou le riz qui peut résister aux inondations.

Les cultivateurs marins
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Chine : Le vieillissement de la population, talon d’Achille du géant asiatique

Cela fait 35 ans que la politique de l’enfant unique a été imposée aux Chinois. Et elle n’en finit pas de bouleverser la société et a des conséquences inattendues aujourd’hui… sur les personnes âgées.

Les retraites sont très faibles, et les seniors comptent sur leur enfant pour les aider dans leurs vieux jours. Mais que se passe-t-il quand cet enfant unique est mort trop jeune?

Bon premier mai !

Les financiers et les marchands qui dirigent le monde veulent imposer, par le biais des pantins qu’ils mettent au pouvoir pour gérer les affaires, un recul de l’âge de départ en retraite.

Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 63 ans. Ce qu’ils nous proposent donc, avec cynisme, c’est de travailler jusqu’au seuil de la mort.

L’espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d’années en bonne santé qu’une personne peut s’attendre à vivre (à la naissance). Une bonne santé est définie par l’absence de limitations d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l’absence d’incapacités.

L’AVBS est un indicateur d’espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité. Les informations utilisées pour son calcul sont des mesures de prévalence (proportions) de la population d’un âge spécifique étant dans des conditions de bonne ou mauvaise santé et des informations de mortalité par âge. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI).

INSEE

Didier Barthès / Denis Garnier : « Environnement et pression démographique »

Conférence donnée par l’association “Démographie Responsable” au salon écologiste “Primevère” de Lyon, le 22 février dernier. L’état d’urgence démographique y est clairement proclamé – avec chiffres incontestables à l’appui – et situé au premier rang des préoccupations écologiques.

Y est par ailleurs évoqué le risque de dérive que contient l’idée trop souvent sommaire de décroissance, consistant à régresser pour vivre plus nombreux, ce qui conduirait la société à une indigence généralisée.

L’influence de la démographie sur l’environnement peut être appréciée à l’aide des concepts d’empreinte écologique et de biocapacité. Cette dernière étant, in fine, reliée à la densité de population.

Partie 1:

Partie 2:
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5 prédictions autour de la “ville intelligente”

En 2015, c’est une certitude, la technologie continuera d’avoir un impact sur les villes de demain. Mais l’inverse est également vrai ! C’est ce qu’explique Mathieu Lefèvre, directeur exécutif de New Cities Foundation, plateforme de réflexion sur la ville de demain. Selon lui, l’année 2015 devrait même être marquée par l’ère de la “post smart city“: un nouveau modèle qui accorderait beaucoup plus d’importance à l’humain. On parlerait alors de “sensitive city“…

De quoi sera faite la ville de demain ? Il y a d’abord les certitudes. Fin 2015, la population urbaine mondiale aura crû de près de 2%, soit 70 millions de citadins supplémentaires – l’équivalent de la France. Un tel changement démographique annonce de profondes mutations culturelles, sociales, économiques et environnementales.

A cette première certitude s’ajoute une seconde plus tangible: l’avancée technologique. Il suffit de rappeler que le premier iPhone est sorti il y a moins de 8 ans, en 2007. De l’intelligence artificielle à l’impression 3D, en passant par les objets connectés et la biotechnologie, les technologies à haut potentiel disruptif abondent et auront un impact sur notre quotidien dont on ne saurait mesurer l’ampleur.

La smart city est née à la croisée de ces deux phénomènes. Si l’on peut prédire sans trop prendre de risques que la technologie continuera d’avoir un impact sur les villes de demain, l’inverse est également vrai : la ville a un effet important sur la technologie. Il ne peut exister d’Uber, d’Airbnb ou de Velib’ sans ville dense et dynamique. De quoi sera donc faite la ville de demain? Aventurons-nous dans quelques prédictions pour 2015.
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Pauvreté, inégalités et privilèges

Inégalités et pauvreté font plus que jamais recette. À l’abri de la pensée unique, les articles et les ouvrages fleurissent sur ces thèmes et il n’est pas un media qui ne veuille clamer sa compassion à grand renfort de titres racoleurs et parfois au prix des pires amalgames et raccourcis.

Amplement imité, OXFAM n’hésite pas à dénoncer la richesse individuelle des 85 individus les plus nantis de la planète, comparée à celle (individuelle ou collective) des 3 milliards et demis des plus pauvres, omettant que les avoirs de ceux-là sont constitués pour l’essentiel d’investissements qui font vivre ou survivre ceux-ci.

Ce sont précisément ces richesses qui financent les outils de l’économie mondiale, laquelle emploie et rémunère ceux qui participent à l’accroissement de la richesse globale de la société ; et que réduire ce mécanisme à une comparaison de revenus n’a aucun sens, sinon celui d’une stupide provocation préjudiciable à tous, à commencer par les plus démunis.

Thomas Piketty nous fait partager ses interrogations, aux chiffres controversées, quant au meilleur niveau du partage capital-travail et Bill Gates en débat avec lui sur Internet. Dans le même temps l’INED, dans son bulletin “Population & Sociétés” traite des politiques familiales en France et en Europe et de leur évolution récente face à la crise, en ne précisant pas de quelle crise il s’agit ; économique ou démographique ?
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Inde : Les pôles de développement économique

L’économie de l’Inde pourrait bien se remettre en branle sous peu. Le nouveau gouvernement est en train de rétablir la rigueur budgétaire et de dynamiser l’appareil d’État, faisant tant renaître l’optimisme que le regain de confiance des entreprises dans l’économie a ranimé l’investissement, particulièrement dans les infrastructures.

Mais les perspectives générales de croissance de l’Inde masquent un ensemble disparate de potentiels économiques qui existent au sein des États, des districts, de villes et même des quartiers – des occasions que les entreprises ne peuvent repérer qu’après des analyses détaillées.

Les données économiques de l’Inde sont prometteuses. La croissance annuelle moyenne du PIB devrait osciller entre 6,4 % et 7,7 % jusqu’en 2025. Ceci se compare favorablement avec le taux de 4,7 % de l’an dernier et se rapproche de la moyenne de 7,7 % enregistrée dans la décennie avant 2012. Elle se démarque notamment des prévisions de stagnation à long terme du monde développé.

Cette accélération placerait l’Inde parmi les grandes économies du monde qui croissent le plus et où le nombre de consommateurs indiens qui peuvent se payer des biens de consommation discrétionnaires passerait de 27 millions en 2012 à 89 millions en 2025. Mais le potentiel est loin d’être uniforme.
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Monde urbain : les projections 2014 de l’ONU

Tous les deux ans depuis 1988, la Division de la Population de l’ONU (Organisation des Nations unies) publie des projections relatives à l’évolution des populations urbaines et rurales. Depuis 2008, la population mondiale serait majoritairement urbaine. Cette proportion est estimée à 54 % en 2014 et projetée à 66 % en 2050. Les tendances repérées dans les précédentes livraisons de l’exercice se confirment, en s’amplifiant. Dans cette édition, pour la première fois, les experts ont produit des estimations et projections de population pour toutes les agglomérations de plus de 300 000 habitants.

De 2014 à 2050, la combinaison de la croissance démographique mondiale et du processus d’urbanisation devrait conduire à une augmentation de 2,5 milliards d’urbains. 90 % de cette croissance démographique urbaine serait concentrée en Asie et en Afrique, tout particulièrement en Inde, en Chine et au Nigeria. Ces trois seuls pays compteront pour 37 % de l’augmentation projetée. En 2050, l’Inde pourrait compter 404 millions d’urbains en plus, la Chine 292 millions, le Nigéria 212 millions. C’est dire, une nouvelle fois, l’ampleur des défis, en termes d’infrastructures, de logements, d’énergie mais aussi de services sanitaires et éducatifs.

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La Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages en 40 ans

La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent d’une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Jan van Kessel (1626 – Anvers – 1679), “Paradis Terrestre”

Ce rapport bisannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network, et présenté à l’Unesco mardi 30 septembre, se fonde sur trois indicateurs. Le premier, l’indice planète vivante (IPV), mesure l’évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons.

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Maghreb/France : Le choc des cultures

Ancien étudiant des beaux-arts et passionné de bio-mécanique et musculation, Frédéric Delavier est l’auteur du best-seller mondial “Guide des mouvements de musculation”, aujourd’hui dans sa cinquième édition et devenu un ouvrage de référence en morpho-anatomie.

Frédéric Delavier tente d’expliquer les causes des différences comportementales entre maghrébins et ouest européens et compare l’agressivité, la délinquance et le statut de la femme.

Inde : Le rêve d’une croissance à la chinoise

Ces dernières années, la Chine et l’inde ont toutes deux émergé en tant que superpuissances économiques mondiales, la Chine occupant toutefois la première place. Mais à l’heure où ralentit la croissance chinoise, et où la nécessité de réforme structurelle s’y fait de plus en plus pressante, les efforts du nouveau Premier ministre indien Narendra Modi en matière de réforme économique peuvent-ils lui permettre d’espérer voir l’Inde rattraper la Chine ?

Depuis les années 1980, la Chine connaît une croissance économique sans précédent, alimentée par une abondante main-d’œuvre à bas coût, de forts taux d’épargne et d’investissement, d’importantes réformes du marché, des politiques axées sur l’extérieur, ainsi que par une prudente gestion macroéconomique. Ses dirigeants aspirent désormais au statut de pays à revenu élevé, en développant pour cela des industries plus abouties sur le plan technologique.

Les performances économiques de l’Inde se sont révélées moins spectaculaires. La croissance économique a commencé à fortement s’accélérer au début des années 1990, grâce à la libéralisation du commerce et à d’autres réformes économiques. Ces réformes se sont par la suite relâchées, les déficits du budget et de la balance courante ont explosé, et la croissance annuelle du PIB est retombée aux alentours de 4 à 5%.

Conséquence, la Chine a pris de l’avance, son revenu par habitant ayant atteint 11 850 $ l’an dernier – soit plus que le double des 5.350 $ de l’Inde. La question se pose désormais de savoir si les efforts de Modi en direction d’une plus forte croissance permettront ou non de réduire cet écart de revenu au cours des prochaines décennies.

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Chine : Une marée humaine fait des vagues dans un parc aquatique

Des dizaines de milliers de personne ont essayé d’échapper à la chaleur ce dimanche 20 juillet en se réfugiant dans divers parc aquatiques à travers la Chine. Les provinces intérieures n’ayant pas accès à la mer, leurs habitants ont l’habitude de se tourner vers des sources d’eau artificielles.

Près de 15.000 visiteurs viennent ainsi chaque jour dans un parc aquatique de la province du Sichuan, dans le centre de la Chine, pour s’essayer aux joies de l’impressionnante machine à vagues au milieu d’une véritable marée humaine.

« Moins nombreux, plus heureux » : L’urgence écologique de repenser la démographie

Malthus était un écologiste avant la lettre. A la fin du XIXe siècle il mettait en évidence une constante historique: la population humaine avait tendance à augmenter plus vite que les ressources pour la nourrir. La littérature récente a pourtant choisi de ne parler presque exclusivement que d’agriculture : « Nourrir l’humanité », « Entre faim de terres et appétit d’espace », « La fin des terres, comment mangerons-nous demain », « Et si l’agriculture sauvait l’Afrique ? », « Vers l’autonomie alimentaire », etc. Certains pensent même qu’il nous faut oublier Malthus tellement son analyse est dénigrée.

Livre collectif, coordinateur Michel Sourrouille – Éditions Sang de la Terre, 178 pages

Dans le contexte de la littérature francophone, il est donc courageux d’aborder l’autre tenant de la relation population/alimentation, à savoir la maîtrise de notre croissance naturelle et migratoire. C’est ce qu’ont fait treize personnes dans ce livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ».

Leur constat est simple: une population moins nombreuse faciliterait l’organisation sociale, le partage de l’espace, et donc l’émergence possible de relations apaisées entre humains et avec la nature. Ils ont aussi considéré que nous n’avons pas le choix, la crise à la fois socio-économique et écologique nous impose de réguler l’augmentation de la population. Il leur semble intenable que l’espèce humaine augmente de un milliard de personnes tous les douze ans environ sur une petite planète dont nous avons déjà dépassé les limites.

Voici une première approche de ce livre, en espérant que cela vous donnera envie de le lire.

1/2) présentation synthétique du livre

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Russie : Démographie, la population ne baisse plus

Par Alexandre Latsa

La Russie en 2013 aura donc connu une hausse naturelle de population, le nombre de naissances dépassant celui des décès, et ce pour la première fois depuis 1991.

Décembre 2013 aura vu 157.904 naissances contre 152.066 en décembre 2012, soit 5.838 naissances en plus, et 157.641 décès, contre 159.239 en décembre 2012 soit 1.598 décès en moins. Au final en décembre 2013, la population russe aura donc augmenté naturellement de 263 habitants contre une baisse de 7.173 en décembre 2012.

Sur l’année 2013, le pays aura connu 1.901.182 naissances contre 1.896.263 l’année dernière, soit 4.919 naissances en plus, et 1.878.269 décès contre 1.898.836 l’année dernière, soit 20.657 décès en moins. La population a donc naturellement augmenté de 22.913 habitants, un record bien inattendu et imprévu, même pour les démographes les plus optimistes.

Brève synthèse de l’évolution démographique russe de 1992 à nos jours

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Grande-Bretagne : L’immigration de masse a rendu l’économie moins performante

(Exclusivité Fortune – Article publié dans The Telegraph le 2 septembre, traduit par nos lecteurs “839237″ et Fridericus_Rex, merci à eux pour leur réactivité.)

La semaine dernière, Mark Carney, le nouveau Gouverneur de la Banque d’Angleterre, s’est rendu à Nottingham pour y prononcer son premier discours. Il a abordé le thème de la productivité britannique qui, depuis des années, est à la traîne de celles d’autres pays développés et qui n’est pas plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2005.

Dans l’ensemble, les chefs d’entreprise ont tendance à soutenir une politique d’immigration – dite “de la porte ouverte” – ce qui contribue à répondre aux pénuries de main d’œuvre dans les secteurs clés.

Mais, plus particulièrement, cela exerce aussi une pression à la baisse sur les salaires. L’effet est similaire au fait d’avoir des niveaux durablement élevés de chômage, car elle crée une réserve inépuisable de main-d’œuvre bon marché.

Il semble que l’on assiste à la stagnation la plus importante de la productivité britannique. Les économistes ont largement décrit ce phénomène en le qualifiant d’« énigme »; mot qu’ils tendent à utiliser pour décrire une tendance qui tranche avec les normes passées. Pour la plupart d’entre nous, il ne s’agit cependant pas du tout d’un mystère. Lire la suite

L’économie est-elle une science exacte ? [Archive]

Par Oskar Morgenstern (avril 2000)

L’économie jouit d’une situation particulière parmi les sciences: ses résultats sont quotidiennement utilisés dans l’action politique. Cette situation ne favorise pas toujours l’examen critique des mesures et des théories. Plutôt que d’examiner s’il est possible de donner un contenu expérimental et mesurable aux concepts de la science économique, les économistes – en France tout spécialement- se sont longtemps enfermés dans des débats entre « littéraires » et « scientifiques ».

Ces querelles reflètent des conflits entre personnalités de formation différente. Elles n’apportent aucun élément de solution à la question : “L’économie est-elle une science expérimentale ?” Oskar Morgenstern, fondateur avec Von Neumann de la théorie des jeux, tente ici de répondre avec impartialité. S’il critique les économètres, ce n’est pas faute de connaitre leurs thèses; s’il juge les faits sociaux difficilement mesurables, ce n’est, pas faute de s’être penché sur le problème. L’économie est une science, mais l’incertitude y joue un rôle fondamental, qu’il est vain de dissimuler.

Lorsqu’on entreprit pour la première fois de recenser la population de la France, Laplace se rendit compte aussitôt qu’on n’arriverait jamais à dénombrer sans aucune erreur la totalité des habitants. Il demanda par conséquent que l’on calcule l’erreur probable et qu’on la fasse figurer dans le recensement publié. L’éminent mathématicien, qui apporta une contribution si décisive à la théorie de la probabilité, trouvait donc naturel, et même indispensable, pareille exigence de précision.

Mais rien ne fut fait en ce sens, et même de nos jours, il n’y a pratiquement aucun pays au monde où la publication de données sociales et économiques s’accompagne de considérations sur l’erreur probable. On se contente, d’une façon ou d’une autre, de -présumer qu’il n’y a pas d’erreur, bien qu’il soit facile à n’importe qui de constater que les erreurs abondent partout et qu’elles différent énormément d’une statistique à l’autre; pourtant, il serait éminemment désirable de connaître exactement, l’importance de ces erreurs.

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Le tour du monde en 90 minutes

La Station spatiale internationale (ISS) fait le tour du globe en 90 minutes. Que se passe-t-il sur Terre pendant ce laps de temps? combien d’arbres sont-ils coupés? Combien de fois la foudre frappe-t-elle? Combien de personnes naissent et meurent?

La Terre, qui compte désormais près de 6 milliards 800 millions d’hommes, ne cesse de se transformer et les dégâts sont visibles.

Insolite : Selon une étude, “la mortalité liée au cancer ne cesse de diminuer depuis 30 ans”

L’Institut National du Cancer vient de publier un rapport très intéressant qui constitue une véritable « somme » épidémiologique concernant l’évolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France depuis une trentaine d’années.

Il faut le répéter inlassablement, bien que le nombre de nouveaux cas de cancers ait sensiblement augmenté depuis 1980 (110 %), la mortalité réelle par cancer, une fois pris en compte l’augmentation de la population et son vieillissement important, n’a cessé de diminuer depuis 30 ans. De plus les patients touchés par un cancer ont 35 % moins de risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Cette vaste étude, qui porte sur l’ensemble des cancers, nous apprend qu’en 2012, 355.000 nouveaux cas de cancers ont été observés (200.L000 chez l’homme et 155.000 chez la femme).
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Révolution : Ce sont les urbains qui vont la connaître

Par René Trégoüet, Sénateur Honoraire, Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat.

Une étude qui vient d’être publiée par Navigant Research nous révèle que le nombre de citadins augmentera de 75 % dans le monde d’ici 2050 et passera de 3,6 à 6,3 milliards d’individus.

Au milieu de ce siècle, deux terriens sur trois seront donc devenus urbains, ce qui supposera de relever à une échelle inédite de nouveaux défis dans les domaines de l’énergie, de l’urbanisme, de l’environnement, des transports ou encore de la sécurité.

Ce rapport précise qu’en 2025 la planète comptera 37 mégalopoles, dont chacune aura une population supérieure à 10 millions d’habitants. Sans surprise, 22 de ces villes se trouveront en Asie.

L’OCDE, pour sa part, rappelle que les grandes mégapoles mondiales, qui occupent aujourd’hui 2 % de la surface du globe, consomment les trois quarts de l’énergie produite par la planète et émettent 80 % du CO2 d’origine anthropique.
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Turquie. L’écrivain Nedim Gürsel: ” On assiste à une révolte profonde contre l’arrogance d’Erdogan”

Nous avons rencontré l’écrivain turc Nedim Gürsel qui analyse les raisons de la révolte de la jeunesse à Istanbul mais aussi, selon ses informations, “dans une cinquantaine de villes”. Le romancier, lauréat du prix Méditerranée 2013 avec “l’Ange rouge” (Seuil), voit dans le mouvement ” un grand tournant pour Erdogan et l’AKP”.

Rédigé par Martine GOZLAN

Que se passe-t-il brusquement en Turquie?

NEDIM GÜRSEL

Tout a commencé avec un mouvement de protestation contre l’aménagement de la place Taksim, la destruction d’un parc où la municipalité veut installer un complexe commercial. Mais, très vite, ce mouvement a pris beaucoup d’ampleur. 80% des manifestants sont des jeunes, notamment des lycéens, d’ailleurs appuyés par le reste de la population.

C’est une réaction qui va beaucoup plus loin que la défense de l’écologie , c’est très profond. Il se déroule en ce moment des manifestations dans une cinquantaine de villes en Turquie, pas seulement les grandes villes. C’est donc un mouvement national qui s’explique par la dérive autoritaire d’un pouvoir qui veut imposer le mode de vie islamiste.

Dernier exemple en date: la limitation de la vente des boissons alcoolisées. Le Premier ministre Erdogan a osé dire: ” Allez boire chez vous!” Mais moi, je veux aller siroter mon raki sur le bord du Bosphore!   Et le pouvoir veut me renvoyer chez moi pour que je boive en cachette comme si c’était honteux dans l’espace public!

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Jacques Bethemont : “La question de l’eau en 2050, un drame planétaire prévisible ?”

Jacques Bethemont est géographe, spécialiste de l’évaluation et de la gestion des ressources en eau. Professeur émérite de l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne, il a fondé et dirigé de 1973 à 1995 l’Institut de géographie rhodanienne basé à Lyon, cadre de ses recherches qui intéressent la gestion des ressources naturelles, et plus particulièrement la gestion des ressources en eau, thème qui est à l’origine de son intérêt pour les pays méditerranéens.

Il a fallu 130 ans pour le premier doublement contre 45 ans pour le second, de sorte qu’un simple calcul de probabilité laisserait entendre qu’un troisième doublement portant l’effectif humain à 8 milliards d’individus aurait déjà dû se produire. Si donc, il y a croissance continue, il apparaît du moins que le rythme se ralentit et que les démographes s’accordent pour évaluer la charge humaine en 2050, à quelque 8-10 milliards d’individus plutôt qu’à 12 milliards comme le prévoyaient il y a de cela une vingtaine d’années les démographes.

La cause de ce ralentissement tient non pas aux guerres ou aux famines comme le prédisait Malthus (la démographie historique insiste sur le phénomène dit du « retour du guerrier dans ses foyers » qui tend à combler la perte démographique consécutive aux faits de guerre) mais à une diminution assez répandue de la fécondité dans les pays riches et dans certains pays en voie de transition rapide.

C’est dans ces pays pauvres d’Afrique subsaharienne ou d’Asie méridionale que se fera la croissance de la population mondiale dans les années à venir

Jacques Bethemont a publié Les richesses naturelles du globe, Les grands fleuves, Les États-Unis (1995), écrit en collaboration avec J.-M. Breuil, et Géographie de la Méditerranée (2000), tous chez Armand Colin, ainsi que La Vallée du Sourou (Burkina Faso) (2003),(L’Harmattan), en collaboration avec Pierpaolo Fagggi et Tanga Pierre Zoungrana.

Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)

Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.

Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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États-Unis : Plus d’un tiers des comtés sont en train de mourir

Washington (Associated Press) – Un nombre record de comtés américains – plus de 1 sur 3 – sont en train de mourir, frappés par le vieillissement de la population et des économies locales affaiblies qui poussent les jeunes adultes à chercher des emplois et bâtir une famille ailleurs.

Detroit, Michigan

Les évaluations du nouveau recensement de 2012, publiées jeudi, soulignent que la population se déplace, pendant que les États-Unis se heurtent à la croissance la plus molle depuis la Grande Dépression.

Les résultats reflètent également l’importance économique croissante de résidents d’origine étrangère, alors les États-Unis réfléchissent à une refonte d’une importante loi fédérale de 1965 sur l’immigration. Sans les nouveaux immigrants, de nombreuses agglomérations comme New York, Chicago, Detroit, Pittsburgh et Saint-Louis auraient affiché une évolution démographique nulle ou négative l’année dernière.

« Les immigrants sont des innovateurs, des entrepreneurs, ils font bouger les choses. Ils créent des emplois », a déclaré le gouverneur du Michigan Rick Snyder, un républicain, lors d’une conférence sur l’immigration dans son État, la semaine dernière. Affirmant que le Michigan devrait être une destination de choix pour les immigrants légaux, afin de dynamiser Detroit et d’autres zones en difficulté, Snyder a lancé un appel : « S’il vous plaît, venez. »
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Detroit, la faillite d’un symbole (Rediff.)

Détroit, la ville la plus pauvre des États-Unis, avec un taux de criminalité très élevé, était dans les années 1950, la quatrième ville du pays. Aujourd’hui, avec une population qui a considérablement chuté, Détroit offre la vision d’une cité engloutie entre usines désaffectées et friches envahissantes, sur un tiers de sa superficie. Les faillites successives des trois grands constructeurs : General Motors, Ford et Chrysler, ont détruit des dizaines de milliers d’emplois, directs et indirects. Élus, pouvoirs publics et population sont de plus en plus nombreux à proposer des alternatives, et certains parient même sur un renouveau prochain de leur ville.

Russie : Le point démographique de juin 2012

Par Alexandre Latsa

Le thème de la crise démographique russe est en train de passer de mode. Curieusement en effet on trouve beaucoup moins d’articles sur la crise démographique russe. Il y a encore un an ou deux pourtant, nombre d’experts prévoyaient un effondrement total de la population russe, le pays étant menacé par une crise démographique sans précédent.

La Russie lisait-on, était en outre une société “trop fermée et conservatrice, pour accepter une réelle politique migratoire” et l’inertie des phénomènes démographiques était soit disant tel telle “qu’elle ne pourrait espérer renverser l’évolution“.
Bien souvent, ces prévisions démographiques étaient totalement irrationnelles et émotionnelles, et basée sur des données ne prenant absolument pas en compte ni la structure sociologique de la population, ni les changements démographiques brutaux, eux-mêmes liés à de brutaux changements sociopolitiques.

Il est vrai que le pays a traversé une crise démographique sans précédent. 1991 fut la dernière année ou le solde positif naturel (hors immigration) fut positif avec 1.794.626 naissances et 1.690.657 décès, soit une hausse de population de 103.969 habitants. Ensuite, la population commença à diminuer, malgré les énormes flux entrées/sorties qui accompagnèrent la recomposition géopolitique et humaine postsoviétique.
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La soif du monde

En ce début du XXI° siècle, le développement rapide de pays à forte population, la détérioration de l’environnement, les changements climatiques, menacent l’approvisionnement en eau et donc les ressources alimentaires mondiales. L’homme sera-t-il capable de nourrir la planète tout en préservant la nature?

Le film nous emmène dans plus d’une dizaine de pays à la rencontre d’hommes et de femmes qui proposent des solutions et capte les émotions des familles qui en bénéficient.

Annonçons tout de suite cette “bonne nouvelle” : il y a largement assez d’eau pour tous sur notre planète ! Elle est très inégalement répartie et la mettre à la disposition des hommes est difficile, mais c’est possible !

Il faut aussi donner une moins bonne nouvelle : l’eau est de plus en plus souvent polluée ou porteuse de maladies. Chaque année, elle cause la mort de millions d’innocents. Le film montre la lutte engagée pour enrayer ce fléau.

A plus long terme, pourrons-nous accueillir dans des conditions acceptables deux milliards d’hommes supplémentaires d’ici le milieu du siècle ? Des choix que nous faisons aujourd’hui dépend le sort des 9 à 10 milliards d’humains qui peupleront alors la terre.

Japon : Les ventes de couches pour adultes dépassent celles pour bébés

Au Japon, dont la population jouit d’une longévité record, les ventes de couches pour adultes viennent pour la première fois de dépasser celles pour bébés. Environ 23 % des Japonais sont âgés de 65 ans ou plus, une proportion unique dans le monde, et si le taux de naissances continue de baisser, ils seront plus de 40 % en 2060, indique une étude officielle publiée en janvier.

« Environ 23 % des Japonais sont âgés de 65 ans ou plus, une proportion unique dans le monde, et si le taux de naissances continue de baisser, ils seront plus de 40 % en 2060, indique une étude officielle publiée en janvier. »

Le vieillissement de la population est un casse-tête pour le gouvernement qui doit assurer le financement des retraites et des dépenses de santé avec une population active qui décline d’année en année du fait de la baisse de la natalité. Le Japon comptait 127,799 millions d’habitants au 1er octobre 2011, soit un recul de 259 000 personnes, ou de 0,2 %, par rapport au 1er octobre 2010, selon le ministère des affaires intérieures.

La durée de vie moyenne des femmes, déjà exceptionnelle, devrait passer de 86,39 ans en 2010 à 90,93 ans en 2060, et celle des hommes de 79,64 ans à 84,19 ans.

Le Monde

Notre civilisation va t-elle s’effondrer sous son propre poids ?

A peu près inconnu en France, l’anthropologue américain Joseph A. Tainter trace un parallèle inattendu entre le déclin de l’empire romain et la situation présente des vieux empires occidentaux dont nous sommes, somme toute, les héritiers. Un parallèle qui, je crois, mérite d’être discuté. Les thèses de Joseph Tainter sont concentrées dans un ouvrage célèbre dans le monde universitaire anglo-saxon : L’Effondrement des Sociétés Complexes.

Plus une société est complexe, plus elle est fragile. « Durant les 10 000 dernières années, la résolution des problèmes a produit une complexité croissante dans les sociétés humaines », remarque Joseph Tainter. Pour continuer de croître, chaque problème rencontré signifie plus de complexité pour le résoudre. Car la croissance économique induit une population plus nombreuse, une division du travail exacerbée, des ressources naturelles en voie de raréfaction, plus d’informations à traiter – et moins de retour sur l’argent dépensé !

En mettant en oeuvre de nouvelles solutions complexes nous allons buter sur le problème des rendements décroissants – juste au moment ou nous allons être à court d’énergie bon marché et abondante. Au bout du compte, on atteint un point où toutes les énergies et les ressources à la disposition d’une société sont nécessaires uniquement pour maintenir son niveau actuel de complexité. Puis, quand le climat change ou qu’arrive la fin du pétrole, les institutions proches du point de rupture s’effondrent et l’ordre civil avec elles. Ce qui émerge ensuite c’est une société moins complexe, organisée sur une plus petite échelle.

M. Tainter a-t-il raison ? Quand la complexité augmente, les sociétés doivent ajouter de plus en plus de niveaux de gestion, mais dans une hiérarchie, un individu doit tenter de conserver une vue d’ensemble, et cela commence à devenir impossible. À ce moment-là, les hiérarchies cèdent leur place à des réseaux dans lesquels la prise de décision est distribuée. Nous en sommes à ce point : notre efficacité réside dans notre prise de décision très distribuée. Cela rend les sociétés occidentales modernes plus résistantes que celles dans lesquelles la prise de décision est centralisée, comme dans l’ancienne Union soviétique.

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Madame Michu et Lady Gaga

Par Jean-Pierre Crépin

Quand un cinéphile me demande : quel est le plus grand rôle d’Omar Sharif ? Docteur Jivago ou Lawrence d’Arabie ?

Je réponds sans hésiter : « Tiercé magazine ! »

C’est en tous cas ce qui restera de ce fils des bibliothèques d’Egypte dans la mémoire collective, souvenir ou vestige d’une époque où l’on considérait que ce qui ne se monétisait pas ne servait à rien et où l’intégration des individus à une société ne se faisait plus que par le truchement des mass média financés par la grande consommation.

Il s’agissait alors de s’enrichir, les médecins n’étaient pas appelés sur le front de guerre des déficits et personne ne prétendait traverser le désert sans boire.

La sécurité sociale existait encore, le marché de la dépendance n’était pas entre les mains des dealers. Le jeu en ligne et ses recettes fiscales était l’avenir de l’homme.

La révolution consumériste, initiée par la Money Power, le jour ou celle-ci a pris conscience qu’il était plus rentable de vendre de l’inutile aux consommateurs que d’augmenter la productivité avec des travailleurs, s’achève.

Toutes les démocraties de marché vont devoir muter et redevenir, à l’image de l’Allemagne, des sociétés de production. C’est en tous cas la volonté clairement affichée de nos politiques.

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Zone euro : Éclatement dans les dix-huit mois?

Les 4 invités de “C dans l’air” discutent des chances d’éclatement de l’euro à moyen terme. Comme le résume François Lenglet, l’euro a offert pendant 10 ans aux pays qui l’ont adopté la possibilité de se financer aux conditions les plus avantageuses du pays fort de la zone, l’Allemagne.

Malheureusement, si l’Allemagne a accru sa productivité de 5 % durant cette période, d’autres pays, les PIIGS, en ont profité pour s’endetter considérablement pour se livrer à la spéculation immobilière, comme l’Irlande ou l’Espagne, ou pour s’offrir les 35 heures, comme la France. Dans le même temps, les Grecs perdaient 65 % de productivité et se livraient à l’évasion fiscale tout en maquillant leurs comptes.


Une amélioration de la situation des pays surendettés devient de ce fait aléatoire, posant avec de plus en plus d’acuité la question de la survie de l’euro.

François Lenglet poursuit sa démonstration: les Grecs, les Irlandais, et aussi les Portugais et les Espagnols s’imposent d’énormes sacrifices en terme de rigueur financière. Ceux-ci, toutefois, ne servent pas à réduire l’endettement de ces pays, mais sont engloutis dans le paiement des intérêts plus élevés qu’exigent les marchés financiers en compensation des risques de défaut accrus.

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

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Le « Tigre celte » piégé par la mondialisation… et l’immigration

D’un montant de 85 milliards d’euros débloqués par le FMI et l’Union Européenne et assorti d’une panoplie de mesures radicales (15 milliards d’euros d’austérité, dont 10 milliards de coupe dans les dépenses et 5 milliards de hausses d’impôts, baisse sensible du salaire minimum, des retraites et des prestations sociales), le nouveau plan d’aide à l’Irlande parviendra-t-il à sauver ce pays ? C’est grâce à la mondialisation que la Verte Erin avait acquis son statut partout célébré de « Tigre celte », aussi performant que les « Petits Dragons » asiatiques, mais cette mondialisation avait pour corollaire un recours massif à l’immigration, et c’est ce boulet qui risque d’entraîner par le fond le rafiot irlandais.

Musiciens africains "basés en Irlande" demandant, en novembre 2009, que le programme irlandais d'aide financière à l'étranger ne soit pas réduit (source : wedocare.ie)


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