Cargill : La faim justifie les moyens

Nourrir la planète: c’est l’ambition affichée du numéro un du négoce en matières premières alimentaires, l’Américain Cargill. Cette multinationale inconnue du grand public achemine tous les ingrédients de base de notre assiette (viandes, céréales, huiles, etc.) d’un continent à l’autre.

Partie 1:

Son chiffre d’affaires: 121 milliards d’euros, deux fois celui de McDo et de Coca réunis, davantage que le PIB de la Hongrie.

Mais aujourd’hui, le géant Cargill est au centre de nombreuses polémiques: destruction des productions vivrières (et des emplois paysans), pollution, déforestation, réorganisation de la planète en zones de production ultraspécialisées.

En France, aux États-unienne et en Amérique latine, des agriculteurs et des riverains tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences négatives de cet agro-business mondialisé.

Enquête sur la multinationale, également soupçonnée de s’être enrichie lors des émeutes de la faim de 2008, en spéculant sur les matières premières qu’elle contrôlait.

Partie 2:
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Chine : Shanghai fait place nette pour accueillir Disneyland

Un parc d’attraction doit ouvrir en 2016 à Shangai, le premier en Chine. Les travaux ont pris du retard mais les autorités ont déjà commencé à faire place nette. Et pour cause : Shanghai est l’une des villes les plus polluées au monde.

Les usines de chimie, de plastique ou de verre sont donc priées d’aller polluer plus loin. La ville veut développer plus d’activités de services, au détriment des cols bleus contraints de partir toujours plus loin en banlieue pour trouver du travail.

L’Écologisme des pauvres : Étude des conflits environnementaux dans le monde

L’écologie, une préoccupation réservée aux nantis? Bien au contraire, nous explique Joan Martínez Alier, dans son ouvrage L’écologisme des pauvres, un classique de l’écologie politique. Paru en 2002, réédité en 2008 au moment de la crise financière, il est désormais traduit en français. L’auteur bâtit sa démonstration à partir de l’idée d’une écologie populaire, prenant sa source dans les conflits relatifs à la répartition des « biens » (comme le pétrole) et des « maux » environnementaux (comme la pollution).

Davantage issue des pays du Sud, elle est présentée comme le troisième courant de l’écologie, avec ses caractéristiques propres, distinctes du courant du « culte de la nature sauvage » et de « l’éco-efficacité », prévalant en Amérique du Nord et en Europe.

Des plantations d’hévéas du Brésil aux plateformes pétrolières du Nigeria, l’auteur observe les luttes liées à l’extraction des ressources du sous-sol, au stockage de déchets dangereux, à la destruction de mangroves, à la gestion de l’eau, à la pollution, à l’aménagement urbain, etc., des phénomènes contre lesquels se soulèvent ceux qui en souffrent le plus : des populations défavorisées.

Ce « cœur empirique » de l’ouvrage, dense et bien documenté, révèle des mouvements qui, certes hétérogènes, revendiquent cependant une cause commune : celle de la justice environnementale, soit davantage de justice sociale entre hommes, y compris par rapport à l’environnement.
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Cop 21 : Les grandes entreprises veulent faire entendre leurs voix

Gérard Mestrallet, PDG de Engie, ex GDF-Suez représentera lors de la Cop21 la voix des grandes entreprises invitées à participer à ce débat.

À la question de savoir s’il faut taxer le diesel et les technologies polluantes, le PDG répond “Nous pensons qu’il faut un prix au carbone et que c’est en fonction du niveau d’émission de CO2 qui fait réchauffer la planète qu’il faudrait mettre un prix et taxer le cas échéant“, souligne le PDG d’Engie.

Si la société Engie veut mettre en avant sa conscience verte, certaines ONG rappellent que l’entreprise va inaugurer de nouvelles centrales à charbon au Brésil et en Turquie avec des technologies qui restent polluantes pour l’atmosphère.

Diesel : La dangereuse exception française

En France, près des deux tiers des voitures neuves sont équipées de moteurs diesel. Et entre 1982 et 2012, le nombre de véhicules au gazole sur les routes de France a été multiplié par vingt.

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé a qualifié les gaz d’échappement des diesel, et les particules fines qu’ils contiennent, de cancérigènes certains. Mais, en France, «le diesel roi» ne semble pas près d’être remis en cause.

Cette enquête révèle pourquoi, malgré des normes de plus en plus strictes, la France ignore ce qu’un chirurgien-pédiatre qualifie pourtant de «catastrophe lente».

Fraude à la pollution : Quelles conséquences pour Volkswagen ? (Màj)

02/10/2015

Un peu moins d’un million de véhicules circulent en France avec un logiciel truqué, masquant les produits toxiques lors des contrôles antipollution. Il s’agit de Skoda, d’Audi et de Volkswagen. Le groupe allemand commence à organiser le rappel de ces voitures. Les Français vont prochainement recevoir un courrier leur demandant de ramener leur véhicule au garage.

23/09/2015

Comme British Petroleum en 2010 et sa marée, le constructeur automobile allemand risque de payer une facture très salée pour avoir violé les lois antipollution américaines.

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Pollution atmosphérique : 3 millions de morts/an (Màj vidéo)

Les plus défavorisés davantage impactés par la pollution

La pollution atmosphérique serait à l’origine de plus de 3 millions de morts prématurées. C’est une étude publiée par la revue scientifique britannique Nature qui le démontre. Les scientifiques estiment que si rien ne change dans la qualité de l’air, ce seront 6,6 millions de décès qui seront à déplorer en 2050.

Ces trois millions de décès qui surviennent prématurément sont essentiellement la conséquence de la pollution à l’ozone et aux particules fines. Les chercheurs de l’Institut allemand Max Planck ont obtenu ces résultats inquiétants après avoir combiné un modèle atmosphérique avec des données démographiques et sanitaires.

Ainsi, ils ont pu évaluer à 5 personnes sur 10.000 qui chaque année dans le monde succombaient précocement à la pollution de l’air.

Intérieur, extérieur, l’air pollué est partout
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Mode et développement durable sont-ils compatibles ?

Les grandes chaînes à bas prix ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats, ce qui entraîne de nombreux problèmes : exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays pauvres, consommation pharaonique en ressources et en énergie, pollution… Quelles solutions ?

Nos voisins allemands achètent quelque six milliards de vêtements par an. Ce qui s’explique surtout par la stratégie des grandes chaînes à bas prix qui ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats. De nombreuses enseignes proposent jusqu’à douze collections annuelles différentes. Les problèmes que pose la mode ” kleenex ” sont évidents.

D’une part, il y a l’exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays comme le Bangladesh et la consommation pharaonique en ressources et en énergie liée à la production. D’autre part les produits chimiques utilisés polluent considérablement l’environnement, rendent malades les travailleurs des pays pauvres et laissent des traces sur la peau des consommateurs. Ce sont surtout les vêtements destinés aux loisirs de plein air qui sont les plus discutables.

Xenius Arte (Septembre 2015)

L’Europe et Tchernobyl

Recueillis notamment dans les pays les plus contaminés – la Biélorussie, la Norvège et la Grèce – des témoignages et des analyses scientifiques parfois contradictoires sur les retombées du nuage radioactif rouvrent un débat occulté.

En avril 1986, le réacteur détruit brûle pendant plus de dix jours. Après être montés à près de 2.000 mètres d’altitude, les gaz radioactifs forment trois nuages qui, poussés par les vents, se dirigent vers la Scandinavie, l’Europe centrale et les Balkans.

Même si 70 % des retombées radioactives ont touché la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, d’autres régions d’Europe, en Norvège, en Grèce, en Autriche et en France, ont été durablement contaminées. Des images de synthèse reconstituent l’explosion et la propagation de la radioactivité vers le nord et l’ouest dans les jours qui suivirent l’explosion.

Construit comme un voyage transeuropéen sur les traces de ce triple nuage, le film recueille des points de vue parfois divergents quant à ses conséquences. Avec la participation d’associations et d’experts de l’Union européenne, mais aussi de simples citoyens, ce voyage nous conduit aussi dans une zone interdite en Biélorussie, tout près de la centrale (qui se situe, elle, en Ukraine).

Le nuage : Tchernobyl et ses conséquences

Le 26 avril 1986 explosait un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Le nuage radioactif qui en résulta contamina 40% du territoire européen. Comment les gouvernements, les hommes politiques, les experts, les industriels des pays touchés par ce nuage ont-ils réagi ?

Ce documentaire tente de lever le voile sur les zones d’ombre de la gestion politique de l’accident de Tchernobyl.

En 40 ans, un animal marin sur deux a disparu

Des océans à l’agonie. Le dernier rapport publié par l’organisation WWF décrit que les mammifères, les poissons ou les oiseaux, la population des animaux marins est en chute libre. Entre 1970 et 2012, elle a même diminué de 49%. Cette population est victime de l’activité humaine : pollution, changement climatique et surpêche.

À l’image de la pêche dans la méditerranée où 1,5 million de tonnes de poissons sont prélevées chaque année. Là-bas, près de 90% des stocks sont épuisés. Pour l’ONG environnementale, les aires protégées qui couvrent moins de 4% de la surface des océans sont trop restreintes et souvent mal gérées.

Si rien n’est fait, l’effondrement des écosystèmes marins menacera la sécurité alimentaire. Le poisson reste la principale source de protéine de près de trois milliards de personnes sur la planète.

Sénégal : Le naufrage du pétrolier Salem est-il la fraude du siècle ?

Le 17 janvier 1980, pétrolier de 200.000 tonnes coule au large de Dakar. Son équipage est sauf, mais sa cargaison, estimée à deux millions de barils de pétrole brut, disparaît mystérieusement. Et si ce n’était qu’une vaste supercherie?

Monsanto : la cour d’appel de Lyon confirme la responsabilité de l’entreprise dans l’intoxication d’un agriculteur

Paul François, céréalier à Bernac, avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto.

La cour d’appel de Lyon a confirmé ce jeudi 10 septembre le jugement qui avait reconnu la responsabilité du groupe américain Monsanto dans l’intoxication d’un agriculteur charentais. Une première en France. Paul François, céréalier à Bernac, avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide qu’il utilisait dans sa culture de maïs et produit par le groupe américain. Ce dernier avait déjà été condamné en 2012 à indemniser l’agriculteur et avait fait appel du jugement.

Le 27 avril 2004, l’agriculteur vérifiait une cuve ayant contenu du Lasso. Après avoir inhalé les vapeurs toxiques, il est pris de malaise. Crachant du sang, il devra être conduit aux urgences et sera arrêté pendant cinq semaines. L’affaire ne s’arrête pas là, Paul François est ensuite pris de violents maux de tête, d’absences et de problèmes d’élocution. Huit mois plus tard, ces filles le retrouvent inconscient, gisant sur le sol de la maison.
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Uranium et gâteau jaune : le mythe de l’énergie propre

Enquête sans concessions dans un monde dangereux où règne la loi du silence : celui de l’extraction de l’uranium, à l’origine de toute la chaîne du nucléaire.

Le film démarre en Allemagne, lieu d’implantation de la société Wismut, qui fut pendant des décennies le troisième producteur d’uranium au monde. Les autorités allemandes prévoient aujourd’hui qu’il leur faudra encore une trentaine d’années pour désamorcer la bombe à retardement écologique qui a touché la région.

L’enquête se poursuit en Namibie, où la mine de Rössing, ouverte en 1976, devait officiellement fermer. La société australienne Rio Tinto continue pourtant de l’exploiter et d’exporter l’uranium en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le vent, lui, se charge d’envoyer les micro-poussières radioactives vers le désert du Namib, un écosystème particulièrement fragile, et jusque dans la ville portuaire toute proche de Swakopmund, où vivent plus de 35 000 habitants.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Toxique ! Que faire des déchets ultimes ?

Si le stockage définitif des déchets nucléaires est une question récurrente dans le débat public, pas un mot sur les déchets ultimes, ni sur les conséquences d’un stockage définitif impropre. Cependant ces déchets scories des usines d’incinération comptent parmi les plus toxiques du secteur industriel. Une enquête sans concession sur la gestion des déchets toxiques.

Les solvants, les restes de peinture, les vieilles piles et les “déchets ultimes”, scories des usines d’incinération de déchets, comptent parmi les rebuts les plus toxiques du secteur industriel. Produits en masse, ils contiennent des métaux lourds, comme le cadmium, le plomb, le zinc ou le cuivre à des concentrations dangereusement élevées. Des substances qui, si elles sont rejetées dans l’environnement, peuvent pénétrer dans le corps humain par le biais de l’air, de l’eau ou de la nourriture et causer de graves dommages à la santé.

Allemagne – 2014

Strasbourg (67) : La ville, nouveau refuge pour les abeilles ?

Dans cette ruche de Strasbourg, 60.000 abeilles préparent la récolte. La colonie est en pleine activité et devrait produire 20 kilos de miel. Elles se trouvent en pleine ville, sur le toit de l’assurance maladie, à quelques rues de la cathédrale.

Un apiculteur professionnel intervient plusieurs fois par mois pour entretenir ces ruches. Pour lui, la ville constitue un cadre idéal pour les abeilles. “En ville c’est vrai qu’il y a de la pollution, mais elle est atmosphérique, elle n’est pas phytosanitaire. La campagne on utilise des pesticides de façon intensive, de façon considérable. On a une monoculture, généralement des céréales”, explique Jean-Claude Moes, apiculteur.

Une nourriture abondante et de qualité, c’est ce qui plait aux abeilles en ville. En quatre ans, une dizaine d’entreprises se sont lancées dans l’aventure à Strasbourg. Ces ruches ont surtout pour intérêt de réintroduire les abeilles en ville et de favoriser la pollinisation et la biodiversité indispensable à l’agriculture.

Notre bruit quotidien

Enquête sur le bruit et les pollutions sonores présentes à la ville comme à la campagne.

Les sons persistants sont une source majeure de stress et de fatigue. L’exposition à des niveaux sonores, notamment liés à des loisirs, peut être dommageable. Les médecins alertent sur l’ampleur du phénomène : un quart des jeunes Européens ont déjà subi des pertes d’audition irrémédiables et seront dans l’obligation de s’équiper d’appareils auditifs avant la cinquantaine.

Pour comprendre le rapport au son, immersion dans la famille Rupf, vivant à Francfort avec ses trois fils, et la famille Le Lionnais, installée à Plouha, une petite commune de Bretagne.

Allemagne – 2014

« Paradoxe de la productivité » : Réévaluer l’Internet des Objets

Il y a près de 30 ans, les économistes Robert Solow et Stephen Roach avaient suscité un vif émoi en soulignant qu’en dépit des milliards de dollars investis dans les technologies de l’information, ils n’avaient pas eu de gains de productivité pour corollaire. Les entreprises achetaient des dizaines de millions d’ordinateurs chaque année et Microsoft venait d’entrer en Bourse, permettant à Bill Gates d’engranger son premier milliard de dollars.

Et pourtant, les statistiques nationales américaines ont montré que non seulement la productivité n’augmentait pas, elle ralentissait, un phénomène connu depuis sous le nom de « paradoxe de la productivité ». « L’ère informatique est partout visible » a malicieusement lancé Solow, « sauf dans les statistiques de la productivité ».

Nous pourrions aujourd’hui nous trouver à un moment historique similaire avec une nouvelle innovation: le fameux Internet des Objets – le lien créé entre des machines et des objets et les réseaux numériques. Des capteurs, des étiquettes et autres ressources embarquées connectées signifient que le monde physique peut aujourd’hui être numérisé, suivi, mesuré et optimisé.

Comme auparavant dans le cas des ordinateurs, les possibilités semblent infinies, les prévisions ont été extravagantes – et les données ne reflètent pour l’instant aucune progression de la productivité. Il y a un an, l’entreprise américaine de conseil et de recherche Gartner plaçait l’internet des objets au sommet de la courbe Hype des attentes exagérées en matière de technologies émergentes.
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Uranium : Si puissant et si dangereux

On découvrit l’uranium au XIXe siècle, à partir de la pechblende, résidu de l’exploitation des mines d’argent tchèques. Ce n’est qu’au moment où Adolf Hitler incita des physiciens allemands comme Otto Hahn à se pencher sur la construction d’un réacteur expérimental, et sur la fabrication d’un matériau pouvant servir à l’armement nucléaire, que l’uranium se révéla dangereux.

Face à la menace d’une bombe atomique, Albert Einstein alerta le président Roosevelt, poussant ainsi le gouvernement américain à mettre sur pied un projet de recherche secret. Les 6 et 9 août 1945, des avions de chasse américains larguèrent deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, faisant 155.000 victimes. La contamination radioactive causa la mort de 110.000 autres personnes dans les semaines qui suivirent.

Avec la crise pétrolière, l’énergie atomique s’est imposée rapidement comme une solution énergétique «propre». Cette euphorie a pris brutalement fin en 1986, avec l’accident de Tchernobyl. La moitié de l’Europe a été touchée par ses retombées radioactives.

Il y a quelques années, nul ne pouvait imaginer qu’une catastrophe semblable puisse à nouveau survenir, jusqu’au désastre de Fukushima, en 2011. A l’heure où l’Allemagne organise sa transition énergétique, la France mise toujours sur le nucléaire.

Partie 1:

Partie 2:
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Chine : Menace toxique suite aux explosions de Tianjin

Une ville dévastée et un trou béant là où a eu lieu la plus puissante des explosions; Tianjin est profondément meurtrie ce vendredi 14 août, quelques 36 heures après la catastrophe. Un incendie s’est déclaré dans un entrepôt qui contenait des produits dangereux. Des explosions ont tout dévasté ensuite.

Selon un dernier bilan provisoire, on compte au moins 50 morts, dont 17 pompiers, et plus de 700 blessés. Et dans les hôpitaux, on craint davantage de victimes encore. Beaucoup de blessés sont dans un état grave.

Les premiers experts, spécialistes des armes bactériologiques et chimiques, sont arrivés sur place. Ils procèdent à des relevés de l’air pour mesurer l’ampleur de la pollution toxique. Les autorités chinoises se veulent encore rassurantes, mais on ignore encore pour l’heure quels produits étaient entreposés dans le port de Tianjin.

Marseille : « Le Vieux-Port est une décharge publique »

L’association écologiste Sea Sheperd a diffusé, ce mercredi, une vidéo éloquente montrant les fonds marins du Vieux-Port de Marseille jonchés de déchets.

Nous avons voulu montrer que tout ce qui tombe par terre un jour ou l’autre finit à la mer sur le Vieux-Port ou à 500 kilomètres d’ici“, a expliqué Kamel Benabi, plongeur à Sea Sheperd.

Tout le littoral n’est pas à l’image de la vidéo filmée par Sea Sheperd. “On pourrait comparer la Méditerranée à une rue dans une grande ville et le Vieux port à une décharge publique“, a-t-il précisé.

Burkina Faso : Une transition en or

Avec la crise économique mondiale, l’envolée du cours de l’or a créé des vocations au Burkina Faso. Des petits orpailleurs aux grosses mines étrangères, chacun veut tirer parti du précieux métal jaune. En pleine transition, le pays tente de réformer le secteur aurifère, sa première source de devises.

Part des exportations burkinabées en 1998 et de 2011 à 2014

«Le boom de l’exploitation artisanale de l’or en Afrique de l’Ouest, qui a permis la diversification des activités rurales, a un lien très étroit avec la grosse sécheresse de 1984, explique le géographe Matthieu Thune, qui a notamment étudié la mine de Kalsaka, dans le nord du pays.

D’abord, elle a rendu l’agriculture très difficile et poussé les paysans à trouver des sources alternatives de revenus. Ensuite, en faisant baisser le niveau des nappes phréatiques, la sécheresse a permis d’accéder à des filons de plus en plus profonds.»

Mais l’envolée du cours mondial de l’or à la fin des années 2000, avec un pic atteint en juillet 2011, a créé des vocations et un véritable goldrush chez les Burkinabés. Rien que dans la province du Tuy, où se situe Kari, il y a plus d’une dizaine de sites d’orpaillage.

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Le Québec : la poubelle province

Le documentaire déterre un scandale auquel tous les Québécois et tout payeur de taxes devrait s’intéresser : le modèle québécois de gestion des matières résiduelles est un désastre écologique doublé d’un échec économique.

En dépit des efforts des citoyens, par manque d’investissement et de volonté politique, l’industrie québécoise de la récupération et du recyclage bat de l’aile et la moitié des centres de tri sont menacés de fermeture.

Comment collecter et recycler les piles usagées ?

Depuis 1991, les piles sont considérées en Europe comme déchets dangereux. En France, la loi oblige les enseignes de la grande distribution à les récupérer. Des bacs de collecte pour piles usagées sont d’ailleurs disponibles à cet effet.

Selon Corepile[1], 1,2 milliards de piles sont vendues chaque année en France, soit 33 000 tonnes et chaque foyer français possède en moyenne 75 piles et accumulateurs portables neufs ou usagés !

Législation sur les piles

Ne plus jeter les piles à la poubelle mais les rapporter dans les lieux où elles sont collectées est une obligation conformément au décret n°99-374 du 12 mai 1999 relatif à la mise sur le marché des piles et accumulateurs et à leur élimination (JO du 16 mai 1999).

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Internet : la pollution cachée

Propre en apparence, le monde virtuel est beaucoup plus polluant qu’on ne l’imagine. Sa consommation vorace en électricité se heurte à la diminution des ressources énergétiques. En explorant l’univers des data centers, ce film pointe la question de l’avenir d’Internet, peut-être à l’origine d’une troisième révolution industrielle.

C’est l’histoire de Rebecca et de son double numérique. Cette petite fille qui vient de naître a déjà une identité virtuelle. Fil rouge de ce documentaire, elle incarne ce début de XXIe siècle qui a vu Internet envahir nos vies : la moindre de nos activités, comme payer nos impôts, acheter un livre, commander des fleurs, est numérisée, informatisée et circule via le réseau. Aujourd’hui, 247 milliards de mails transitent chaque jour par la Toile.

Une façon plus économique et moins polluante de communiquer, pourrait-on penser : il n’en est rien ! « Internet, c’est avant tout une infrastructure de réseaux lourde, rappelle Jean-Luc Vuillemin, directeur réseau chez Orange. Ce sont des millions de kilomètres de cuivre, de fibre optique. » Pierre angulaire du système, le data center est le centre qui permet de traiter les données, de les stocker, puis de les réorienter vers leurs destinataires.

Or, les besoins en électricité de cette base névralgique qui fonctionne jour et nuit sont énormes, parfois autant que ceux d’une grande ville ! Seule façon d’assurer à la fois la ventilation des milliers de serveurs en surchauffe et d’alimenter les générateurs qui prémunissent contre les coupures d’électricité…

Réalisé par Coline Tison et Laurent Lichtenstein (France – 2013)

Jean-Claude Lévy : « L’économie circulaire »

Jean-Claude Lévy est historien, géographe, journaliste. Il a occupé différentes fonctions dans plusieurs ministères et notamment collaboré à Révolution (hebdomadaire du Parti communiste français) dans les années 1980, à Libération, à la revue Passages.

Il est actuellement chargé d’une mission de réflexion sur la Chine, le développement durable et la coopération décentralisée au ministère des Affaires étrangères et européennes.

Le coût annuel de la pollution s’élève à plus de 100 milliards d’euros

Dans un rapport dévoilé ce mercredi 15 juillet, une commission d’enquête du Sénat a évalué pour la première fois le coût de la pollution. Le verdict est sans appel : plus de 100 milliards d’euros par an.

Particules fines, oxydes d’azote, émissions d’ammoniaque, ces polluants en suspension coûtent de plus en plus cher…

La Chine consommerait près de la moitié des antibiotiques de la planète

La surconsommation d’antibiotiques par la Chine aurait des conséquences désastreuses sur la qualité de l’eau des rivières du pays, vient de révéler une récente étude de l’Académie chinoise des sciences. 

Concentration en résidus d’antibiotiques par kg/km2 dans 58 bassins de rivières de la Chine continentale. (Source : South China Morning Post)

Le delta de la rivière des Perles serait une véritable « soupe d’antibiotiques ». L’expression employée par le South China Morning Post pour titrer un récent article sur la qualité de l’eau des rivières chinoises est radicale, tout comme les conclusions de la récente étude sur laquelle s’appuie le papier. Réalisée par des chercheurs de l’Institut de Géochimie de Guangzhou (Canton), sous la houlette de l’Académie chinoise des sciences, la recherche révèle que la rivière contiendrait l’une des plus importantes concentrations de résidus d’antibiotiques par km2 du pays. Selon les résultats de cette étude inédite à l’échelle nationale parue le mois dernier dans les pages de The Environmental Sciences & Technology, la surconsommation d’antibiotiques par les Chinois serait la première cause de cette pollution .

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Sardaigne : Du chardon pour la fabrication de bio-plastique

À en croire une récente étude menée par l’Université de Géorgie, 275 millions de tonnes de déchets plastiques sont produits chaque année. Sur ces 275 millions, 32 sont des déchets qui restent à terre alors que 8 millions de tonnes polluent les océans.

Un problème environnemental majeur pour la planète. Une solution à ce problème pourrait venir du chardon.

Chine : Pollution, le pays à bout de souffle

À quelques mois de la conférence sur le climat COP21, qui se tiendra à Paris, cap sur le pays le plus pollueur de la planète: la Chine. Pékin a beau avoir annoncé sa contribution pour réduire les gaz à effet de serre, le pays peine à mettre en place une économie plus verte. Le charbon représente toujours 70 % de l’énergie consommée en Chine.

Un soleil à peine visible, un brouillard épais qui recouvre tout… Après des décennies d’industrialisation à marche forcée, la Chine est à bout de souffle. En 2014, Pékin déclarait la guerre à la pollution et promettait de fermer les usines les plus polluantes. Mais derrière les effets d’annonce, prime la réalité économique. Comment concilier croissance et écologie ?

Malgré les mesures prises, difficile de s’en prendre aux entreprises disséminées à travers ce vaste territoire.La Chine viendra-t-elle à bout de sa pollution, l’une des plus importantes de la planète, sans porter préjudice à son économie ?

Afrique : La révolution énergétique

Imaginez que vous vous réveilliez un matin sans plus pouvoir accéder aux technologies modernes. Plus de réfrigérateur, plus de cuisinière, plus d’air conditionné. Vos enfants ne peuvent plus faire leurs devoirs après la tombée de la nuit. Vous n’êtes plus en mesure de recharger votre téléphone portable. Vous y êtes, bienvenue dans l’univers de l’Afrique non connectée – un univers dans lequel les défaillances du marché anéantissent impitoyablement toute opportunité de développement.

Près de 150 ans après l’invention de l’ampoule par Thomas Edison, quelque 620 millions d’Africains – soit deux tiers de la population de la région – vivent sans aucun accès à l’électricité. Ils sont encore plus nombreux à recourir à la combustion de biomasse pour cuisiner, plus de 90 % des populations rurales du Malawi, de Tanzanie et du Mozambique utilisant en effet de la paille, du fumier et du bois à brûler. En résulte une pollution de l’air intérieur à l’origine de 600.000 décès chaque année – frappant pour moitié les enfants de moins de cinq ans.

La communauté internationale s’est fixé pour objectif de garantir un accès universel à l’électricité et aux énergies modernes d’ici 2030. Or, le nombre d’individus privés d’électricité en Afrique sub-saharienne ne cesse d’augmenter. Dans 15 ans, si la tendance actuelle se poursuit, 15 millions de personnes supplémentaires vivront sans électricité au sein de la région.

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De l’Alberta à l’Arctique, le lourd tribut environnemental des sables bitumineux

Dans les plaines de l’Alberta, au Canada, des firmes pétrolières canadiennes et internationales, parmi lesquelles Shell et Total, exploitent les gisements de sables bitumineux à un rythme effréné. Malgré la chute actuelle des cours du pétrole, elles espèrent encore tripler leur production d’ici 2030. S’il est beaucoup question de l’impact des sables bitumineux en termes d’émissions de gaz à effet de serre, on parle moins de ses conséquences sur les ressources en eau. Extraction excessive et pollutions commencent pourtant à faire sentir leurs effets en aval, et peut-être jusqu’à l’océan Arctique. Sur fond de dérèglement climatique et de fonte des glaciers, le développement incontrôlé de l’industrie pétrolière de l’Alberta pourrait ainsi affecter une large partie du Grand Nord canadien. Premier volet d’une enquête exclusive sur les sables bitumineux et l’eau réalisée par Edward Struzik, journaliste canadien.

200 kilomètres en aval des exploitations géantes de sables bitumineux du nord de l’Alberta, un aborigène du nom de Joe Wandering Spirit vit dans une cabine d’une seule pièce, avec un chat sauvage et une meute de chiens de traîneau qu’il tient attachés lorsqu’il n’est pas en train de chasser, de poser des pièges ou de pêcher. Ici, au cœur du delta Paix-Athabasca, l’un des plus importants deltas d’eau douce au monde, vivre dans une contrée sauvage moitié terre moitié eau n’est pas sans risques pour un homme vieux de 75 ans comme lui. Chaque année, au moment de la rupture printanière des glaces, les rivières sinueuses du delta peuvent changer abruptement de cours et déborder soudain de leurs rives.

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Lobby de l’eau : Histoire d’une mainmise inique

L’école française de l’eau, apparue à l’orée des années 1960, incarne un modèle de gestion aujourd’hui exporté dans le monde entier. Il a peu à peu été dévoyé par des groupes d’intérêts qui ont fait main basse sur un marché qui génère près de 25 milliards d’euros en France chaque année.

C’est après la seconde guerre mondiale qu’émergent les caractéristiques qui structurent encore aujourd’hui la gestion de l’eau en France. Des ingénieurs et administrateurs coloniaux ont mesuré en Afrique noire, au Maghreb, comme aux États-Unis, la complexité de la gestion de cette ressource précieuse.

Ils vont, dans le grand élan de la planification gaullienne, inventer un modèle de gestion des ressources en eau qui fera école. Il s’agit, dans une période marquée par une urbanisation rapide s’accompagnant d’une pollution croissante, de rationaliser les différents usages de l’eau, pour l’énergie, l’industrie et l’agriculture, et donc le développement économique, mais aussi de développer l’adduction d’eau dans les campagnes, où seuls 30 % des foyers disposaient de l’eau au robinet en 1953, puis de doter le pays d’infrastructures de traitement des eaux usées.

Un chantier colossal alors que le développement de l’industrie et la modernisation de l’agriculture provoquent un important mouvement de population des zones rurales vers les villes. « Avec pour conséquence un développement rapide des besoins en eau et des rejets polluants mal traités. Les ressources ont été ainsi étranglées des deux côtés, par des consommations accrues et des pollutions insupportables », souligne M. Ivan Chéret, l’inventeur des agences de l’eau [1].
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Océans poubelles

Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4.500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution.

Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée. Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ?

L’océan sert de poubelle à l’industrie atomique depuis des dizaines d’années. Alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides.

Arctique, cimetière atomique

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La sixième extinction animale de masse est en route

Jamais la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné, estiment des scientifiques dans une étude publiée dans le journal “Science Advances”. Et selon eux, leurs calculs ont sans doute sous-estimé la gravité de cette nouvelle crise.

La dernière avait vu s’éteindre les dinosaures, il y a 66 millions d’années. Celle-ci pourrait bien faire disparaître les humains.

Une étude, publiée vendredi 19 juin, est formelle : nous sommes en train de vivre la sixième extinction animale de masse et ce “sans aucun doute notable”. Il s’agit des estimations les plus optimistes de travaux, publiés dans le journal Science Advances (en anglais).

Les experts de prestigieuses universités américaines Stanford, Princeton et Berkeley y affirment que les espèces animales disparaissent environ 100 fois plus rapidement que par le passé. Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation.

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Norvège : La première autoroute à abeilles inaugurée à Oslo

La capitale Norvégienne vient d’inaugurer la première autoroute à butineuses au monde. Un long corridor traversant la ville où des stations de pollinisation attendent les heureuses butineuses tous les 250 mètres.

L’information passée relativement inaperçue est rapportée par le Osloby, un journal local Norvégien. Le pays nordique n’est pas épargné par le phénomène d’effondrement des colonies d’abeilles et tout particulièrement des bourdons. Pollutions diverses, pesticides, étalement urbain et changements climatiques, ces insectes à l’utilité majeur pour l’environnement ne cessent de subir les conséquences de l’activité humaine chez eux comme ailleurs. Selon la liste rouge 2014 de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature), près d’un quart des bourdons d’Europe sont menacés.

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Viêt-Nam : ” Agent Orange “, la bombe à retardement chimique de Monsanto

Après 40 années de guerre ininterrompue contre la France puis les États-Unis, le Vietnam sort enfin de la guerre, le 30 avril 1975. Fin des bombes à billes, à fragmentation, qui déchirent les corps. Fin des bombes au phosphore, au napalm qui transforment les humains en torches vivantes. La paix et la reconstruction du pays sont à portée d’espérance.

Pourtant, en partant, l’armée américaine laisse un poison aujourd’hui invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d’Agent Orange produite entre autres par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. En s’infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaine alimentaire. Des millions de Vietnamiens sont victimes de la dioxine et atteints de lourdes malformations, de cancers. 40 ans après les derniers épandages, la dioxine continue de faire des ravages.

Comment qualifier cette catastrophe humaine et écologique que vivent le Vietnam et sa population ? Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des États dans le choix des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé ? Quelles sont les réparations possibles envers les victimes et les pays dévastés ? Le reportage aborde ces questions à travers des témoignages et l’analyse donnée par des scientifiques et historiens rencontrés au Vietnam, en France et aux États-Unis.

Réalisé par Thuy Tiên Ho et Laurent Lindebrings (France (2012)