Pollution des sols, le scandale caché

Le territoire français présente l’une des plus fortes densités de sites pollués au monde. Durant deux siècles, les industriels ont enfoui une grande variété de produits chimiques sur leurs terrains ou en pleine nature.

On compte ainsi près de 300 000 sites pollués en France. Une grande partie de cette surface est déjà occupée par des habitations, des établissements scolaires, ou encore des terrains de sport.

Les produits toxiques, invisibles à l’oeil nu, sont capables de remonter à l’air libre, sous forme de gaz toxiques, ou de se répandre dans les nappes phréatiques.

Réalisé par Sarah Oultaf

Plongée dans les plus grands cimetières d’ordures de la planète

La croissance des pays émergents, en ouvrant la consommation de masse à des populations nombreuses, remet la problématique de la gestion des déchets au centre des préoccupations environnementales. Des centaines de décharges géantes apparaissent dans le monde, et les normes internationales peinent à faire consensus chez les politiques.Quelle diversité de décharges, ressemblant parfois à des cimetières de déchets, peut-on trouver dans le monde ?

Stéphane Arditi : Les décharges du monde peuvent se singulariser de plusieurs manières. On peut en établir de deux grandes catégories que sont les décharges légales des décharges illégales. Les décharges légales répondent à des standards, des normes qui les obligent à de fortes contraintes.
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L’amiante devrait tuer au moins 70.000 personnes dans les années à venir

18 ans après son interdiction, l’amiante continue de tuer. Selon une étude, dans les 35 prochaines années, 70.000 à 100.000 personnes devraient en mourir en France. L’amiante provoque en effet 2.200 nouveaux cas de cancers chaque année et 1.700 personnes par an en meurent.

Monsanto: Sa vie, son empire en 3 minutes

Monsanto, probablement une des compagnies les plus critiquées dans la société actuelle. Pourtant, rien n’arrête ce géant américain qui ne cesse d’augmenter ses profits année après année.

Monsanto, c’est cette compagnie qui offre du maïs transgénique à la population pour se nourrir et qui demande aux agriculteurs de payer chaque année pour avoir le droit de planter les graines offertes par la firme.

Le résultat est inquiétant pour tous: les OGM sont de plus en plus utilisés un peu partout dans le monde et les petits agriculteurs ne peuvent poursuivre leurs activités, faute de fond. Et c’est ainsi que le monopole Monsanto est à nos portes.

Maladies chroniques, les enfants aussi ?

Dans les pays occidentaux, le nombre d’enfants atteints de maladies chroniques ne cesse d’augmenter. Et si les excès de la médecine et de l’industrialisation étaient responsables de l’affaiblissement croissant de notre système immunitaire ?

Allergies, troubles de l’attention, hyperactivité, asthme, eczéma, autisme, maladies auto-immunes… : en Europe, un enfant sur trois souffre de l’une de ces maladies chroniques. Aux États-Unis, ils représentent même plus de la moitié des enfants, et les chiffres sont en croissance constante.

Malgré les progrès de la médecine, nos systèmes immunitaires ne cessent de se retourner contre nous – à moins que ces progrès n’en constituent justement la cause ? Dans les pays en voie de développement, la prévalence de ces maladies reste en effet anecdotique : tout semble relier cette tendance inquiétante au mode de vie occidental.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Bert Ehgartner (2014)

Arctique, la conquête glaciale

Longtemps à l’abri d’une exploitation industrielle d’envergure mondiale, l’Arctique risque de devenir le dernier eldorado pour les grandes compagnies pétrolières.


C’est en 2007 que Poutine, le premier, a déclaré son intérêt pour un potentiel pétrolifère estimé à 90 milliards de barils, exploitables dans un avenir proche. À sa suite, les autres pays riverains (États-Unis, Groenland, Norvège, etc.) ont réclamé leur part du gâteau, quitte à se disputer le tracé des frontières.

 

Mais déjà, plusieurs signes alarment les défenseurs de la nature : une première plate-forme s’est mise à dériver, tandis que la direction d’une centrale nucléaire russe, construite sur du permafrost en train de fondre, a observé un black-out informatif total.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Tania Rakhmanova (2013)

Merci à NOP

Super Trash

Martin Esposito revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par une gigantesque décharge à ciel ouvert, la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Seule sa cabane est toujours là, un ancien abri pour les ouvriers agricoles de l’époque, maintenant à la lisière de la décharge.

Il décide de s’y installer et de vivre dans ce monde fait d’ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets.

Petit à petit les employés de la décharge se familiarisent avec sa présence et lui révèlent les secrets de cette “zone“ : l’endroit de l’enfouissement des fûts d’arsenic, le trajet du lixiviat, ce jus de décharge, ce poison mortel qui s’écoule à travers une rivière sauvage et foisonnante jusqu’à la mer.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Martin Esposito (France – 2012)

Russie : Les sources d’eau potable en danger

Polluer lacs et rivières en toute impunité faciliterait grandement les affaires de beaucoup d’entreprises en Russie. C’est le raisonnement de quelques députés, dont un milliardaire, qui tentent de faire adopter une proposition de loi qui modifierait le Code de l’eau dans ce sens. Une manœuvre qui met en danger la qualité de l’eau du robinet, déjà dégradée par l’attitude d’industriels irresponsables.

Des députés de Russie unie, le parti au pouvoir, cherchent à instaurer un droit à polluer les rivières. Leur proposition de loi modifiant le Code de l’eau autoriserait les usines de rejeter les eaux usées dans les zones de protection sanitaire des sources d’eau potable.

L’article qui est visé (art. 44), “entrave le développement des entreprises” et “nuit aux budgets local et fédéral”, justifient-ils. Le Comité de la Douma chargé d’examiner le texte et le ministère des Ressources naturelles ont émis fin novembre un avis négatif. Peut-être ont-ils été convaincus par les arguments de Greenpeace Russie, dont la pétition a récolté plus de 17000 signatures? Mais les six auteurs du projet n’entendent pas baisser les bras pour autant.

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L’or noir de l’Amérique

En 2009, la découverte d’un gigantesque gisement de pétrole de schiste dans le Dakota du Nord sonne comme une bonne nouvelle pour l’Amérique en crise. Plus de 16 000 puits pompent aujourd’hui le sol du Dakota du Nord.


Mais alors que l’argent et le pétrole coulent à flots, d’autres voix se font entendre : celles des fermiers de la région dont le bétail dépérit à vue d’œil, celles des habitants des petites villes dont l’eau potable s’irise soudain.

Le réalisateur est parti enquêter sur ce nouveau Far West et ses acteurs, avec en toile de fond les enjeux économiques gigantesques des hydrocarbures de schiste, mais aussi les enjeux de santé publique.

Réalisé par Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac (2014)

Alexis Escudero : « La reproduction artificielle de l’humain »

L’ouvrage d’Alexis Escudero, La Reproduction artificielle de l’humain1, a suscité de vives polémiques dans les milieux politiques « radicaux » [de gauche NDLR], certains critiques allant jusqu’à le qualifier de réactionnaire et machiste2. [...] PMA et GPA ne signifient pas l’égalité des minorités et des majorités sexuelles dans leur rapport à la procréation, mais la soumission de tous et toutes à l’institution médicale, l’État, l’économie, et la tyrannie technologique. Telle est la position d’Alexis Escudero.

À rebours des positions qu’a tenue la gauche ces deux dernières années, les partisans de la liberté et de l’émancipation doivent s’opposer à la reproduction artificielle de l’humain et à ce qu’elle implique inévitablement : eugénisme, marchandisation des corps et du vivant, manipulation génétique des embryons, transhumanisme.[...]

La dernière publication de la sociologue canadienne Céline Lafontaine, Le Corps-marché3, ouvrage sur la marchandisation de la vie humaine dans la bioéconomie, pointe l’un des nœuds du désaccord : « La volonté affirmée par certaines auteures de s’affranchir des conceptions biologisantes et naturalisantes de la différence des sexes au profit d’une perspective purement constructiviste a favorisé un certain aveuglement face aux enjeux réels des biotechnologies, surtout en ce qui a trait aux technologies de la procréation assistée. »

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Des pesticides dans nos assiettes

Et si la mort mystérieuse des abeilles était un signal d’alarme ? Les études se multiplient qui mettent en cause un type d’insecticide, les néonicotinoïdes, fabriqués notamment par la firme suisse Syngenta.

Ce sont de puissants neurotoxiques, 5000 à 10000 fois plus nocifs pour les insectes que le DDT. Ils se transmettent dans la chaîne alimentaire, donc dans notre nourriture, sans que l’on connaisse leurs effets à long terme sur la santé humaine. Une chose est sûre: ils n’affectent pas que les abeilles, mais toute la biodiversité.

Temps Présent (RTS – 2014)

5 % de la population est victime des maladies environnementales émergentes

La part de responsabilité de la pollution environnementale dans l’épidémie de maladies chroniques comme le cancer ou le diabète est reconnue. Mais aujourd’hui, l’alerte porte sur l’apparition de maladies neurologiques ou immunitaires causées par l’exposition aux polluants tels que produits toxiques, champs électromagnétiques, etc. Ces “maladies environnementales émergentes” touchent 5 % de la population, selon le Réseau environnement santé. Avec des conséquences sur la santé très invalidantes, tandis que les instances de santé publique semblent les négliger.

Fibromyalgie, électrohypersensibilité (EHS), syndrome de fatigue chronique, hypersensibilité chimique multiple (MCS), myofasciite à macrophage sont quelques noms des maladies environnementales émergentes. Elles toucheraient environ 5% de la population. Une proportion qui devrait croître, selon le Réseau environnement santé qui a organisé un colloque sur le sujet le 16 octobre dernier à l’Assemblée nationale.

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Capitalisme et climat, la sonnette d’alarme de Naomi Klein

Après cinq ans de travail acharné, Naomi Klein a sorti un livre qui risque encore de faire des remous: “This changes everything: capitalism vs the climate”. La dernière publication de la célèbre journaliste et activiste canadienne fait suite à ses deux best-sellers internationaux: “La Stratégie du choc” (publié en 2007) et “No Logo” (sorti en 2000).

De passage à Amsterdam fin novembre, Naomi Klein a attiré plus de 700 personnes lors d’une soirée co-organisée par l’Institut américain John Adams. Dans son livre, l’auteure explique l’échec, jusqu’à présent, des efforts pour résoudre le problème du réchauffement climatique par la collision frontale entre la montée du néolibéralisme, depuis la fin des années 80, avec les premiers signes et avertissements de la crise climatique au même moment.

“Cette crise est survenue à un moment particulièrement mauvais”, a-t-elle relevé. En résumé, les sociétés ont eu le droit de poursuivre des bénéfices à court-terme. La privatisation et la déréglementation ont été encouragées, alors qu’il aurait au contraire fallu promouvoir la coopération et l’action collective, selon elle.

A présent, il serait temps d’agir vite: “Les délais peuvent aider, mais nous sommes à la limite ultime. Nous n’avons plus d’extension. Nous devons travailler ensemble et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre”, a-t-elle exhorté son public en prélude à la Conférence de Lima en décembre 2014 et de la Conférence de Paris en décembre 2015.
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Carte postale de Pripiat

La ville ukrainienne de Pripiat se trouve à 3 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl et à une dizaine de kilomètres au nord de Tchernobyl. Elle est située dans la zone d’exclusion mise en place autour de la centrale après la catastrophe nucléaire de 1986.

Tout en conservant le statut de ville, elle est désormais une ville fantôme, inhabitée, tout comme les villages proches de Novochepelytchi, Kotcharivka et Kopatchi, situés à 7 km de Pripiat.

Filmé par Danny Cooke lors d’un tournage de documentaire pour CBS News sur la catastrophe de Tchernobyl.

Chine : Tianjin, une “smart city” verte qui peine à attirer des habitants

Le projet d’une éco-ville au cœur de la Chine mise sur l’écologie et le développement durable. Mais les habitants ne sont pas encore au rendez-vous.

Située au nord de la Chine, la ville de Tianjin construit depuis 2007 un éco-quartier à l’extérieur de l’agglomération. Le projet est le fruit d’un accord entre Singapour et les autorités chinoises qui ont, à eux deux, dépensé plus de 6,5 milliards de dollars. La philosophie du quartier se résume en trois “harmonies” selon les concepteurs : faire en sorte que les habitants vivent en harmonie entre eux, avec l’économie et avec l’environnement.

D’une superficie équivalente à la moitié de Manhattan le quartier semble très ambitieux. D’autant que les objectifs apparaissent contraignants puisqu’ils associent à la fois le social, l’écologie et l’économie. Mais l’accent est particulièrement mis sur le traitement des déchets et la pollution. Deux enjeux de taille dans un des pays les plus pollués du monde.

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Une idée pour nettoyer les villes (et lutter contre les rats): embaucher des fourmis

Une équipe d’entomologistes a trouvé une solution pour nettoyer les rues et freiner la prolifération des rats: faire venir des fourmis.


Selon un article publié dans la revue Global Change Biology, les fourmis peuvent fournir des services de nettoyage urbain efficaces. Et plus elles mangent, moins il restera de nourriture pour les rats.

En une année, les auteurs de l’étude estiment que les fourmis qui vivent sur un seul terre-plein en gazon au milieu d’une rue de New York peuvent consommer entre 300 et 500 hot-dogs (soit 5 kg de nourriture). L’ensemble des fourmis qui vivent sur les terre-pleins d’une rue longue de 12 km sont capables de manger l’équivalent de 60.000 hot-dogs en une année, résume le New York Times.

Pour parvenir à ces chiffres, le groupe d’entomologistes de la North Carolina State University a tout simplement laissé traîné de la nourriture dans les rues et les parcs de New York. Ils ont placé des déchets alimentaires américains typiques (chips, hot-dogs, cookies) dans deux types de récipients: l’un grillagé pour n’accueillir que les insectes, l’autre ouvert et accessible à tous les animaux urbains.
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La plupart des maladies sont liées à l’environnement

Dix ans après l’Appel de Paris, le cancérologue Dominique Belpomme espère faire reconnaître la pollution comme “crime de santé publique”.

À l’origine du plan cancer sous Chirac, le professeur Dominique Belpomme*, cancérologue de renom, a été le premier à ouvrir une consultation en médecine environnementale et à alerter sur le rôle des champs électromagnétiques dans différentes maladies comme celle d’Alzheimer. En 2004, il s’était entouré de scientifiques et d’écologistes pour lancer l’Appel de Paris. Dix ans après, alors que s’ouvre, ce vendredi à la maison de l’Unesco, le colloque anniversaire, Dominique Belpomme espère faire reconnaître la pollution comme “crime de santé publique”.

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La Méditerranée envahie par le plastique

Les chercheurs de Tara sonnent l’alarme : “À chaque relevé de filet, il a été prélevé des échantillons de plastique, et ce, dans toute la Méditerranée.”

Plastique dans échantillon de plancton prélevé à bord de la goélette Tara

La goélette Tara achève son expédition en Méditerranée. Son objectif était de traquer les micro-plastiques et d’étudier leurs effets sur les écosystèmes marins. Peu avant le retour du voilier d’exploration à Lorient, son port d’attache, les chercheurs n’ont pu que dresser un constat alarmant.

“Les premiers constats de l’expédition sont édifiants”, a assuré Gaby Gorsky, directeur scientifique de l’expédition qui a démarré en mai, dans une communication à l’AFP. “À chaque relevé de filet, il a été prélevé des échantillons de plastique ou de micro-plastique, et ce, dans toute la Méditerranée”, a précisé Stéphane Bruzaud, de l’université de Bretagne-Sud, soulignant des concentrations plus importantes dans les eaux de certains pays ainsi qu’à proximité des grandes villes, des ports et des zones touristiques.

Des “concentrations non négligeables” ont également été observées en haute mer, bien qu’on pourrait penser que les micro-plastiques y soient plus dispersés, a ajouté le Pr Bruzaud, interrogé par l’AFP. Dans cette vidéo, les scientifiques font une pêche “miraculeuse” au large de Bastia : un filet saturé de déchets plastiques !
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