Cette insurrection qui ne vient toujours pas

L’insurrection revient, peut-on déjà lire un peu partout. Les éditions La Fabrique publient «À nos amis», nouvel opus signé par le Comité invisible, et disponible en huit langues dès la sortie. Sept ans plus tôt, ce groupe d’anonymes avait publié un pamphlet, «L’insurrection qui vient», chez le même éditeur, dans un relatif anonymat.

Jusqu’à ce que le gouvernement attribue à la bande de Tarnac – des jeunes éduqués ayant choisi de lancer une épicerie communautaire dans ce joli coin perdu du Limousin – des attentats contre les caténaires de la SNCF, et l’écriture de cet ouvrage, qualifié de «danger terroriste» jusque sur les chaînes américaines.

L’affaire eut un grand retentissement, Julien Coupat, le supposé leader, passa par la prison préventive, jusqu’à ce que cela s’essouffle petit à petit devant les inconséquences de l’enquête. Rien n’a été prouvé, l’épicerie est ouverte de nouveau et le comité est toujours un groupe d’invisibles.

L’insurrection qui vient était un beau texte. Parfois anarchistes, parfois situationnistes, même s’ils s’en dédiront, les auteurs n’avaient pas peur des envolées lyriques et des clameurs générales. Le livre se rangeait presque dans la catégorie poésie, celle des espoirs et des folies, des rêves et de la mauvaise conscience de son temps.

L’échec des insurrections
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Russie : 6 mois de cabane au Baïkal (Rediff.)

Une demi-année de solitude au bord du lac Baïkal, c’est le défi qu’a relevé Sylvain Tesson, 39 ans (en 2011). Ce géographe avait déjà multiplié les expériences extrêmes, dont le tour du monde en vélo et la traversée de l’Himalaya à pieds.

Cette fois-ci, il ne se déplace pas mais reste seul, de février à juillet, dans une cabane en rondins chauffée au poêle à bois. Pour tout viatique: six mois de vivres, de la vodka, des cigares et des livres. La lecture et surtout l’écriture lui apportent du réconfort. “L’ennui c’est le sang qui coule de la blessure du temps“, note-t-il un soir de spleen. À méditer…

Damien Saez insulte Filipetti aux Francofolies de la Rochelle le 14 juillet 2013

Dimanche 14 juillet, le chanteur français Damien Saez s’est emporté aux Francofolies de La Rochelle, devant plusieurs milliers de personnes.

Il s’est lancé dans une critique du Ministère de la Culture (« ministère du vent, ministère des merdes »), de l’industrie musicale (« tous des putains »), et plus généralement des modes de vie, de consommation et de production dans la France actuelle.

Une prise de parole qui aura fortement impressionné les festivaliers. D’autant plus qu’elle est intervenue le jour de la Fête Nationale du 14 juillet, qui marquait également le 20e anniversaire de la mort de Léo Ferré, et alors qu’Aurélie Filipetti, la ministre de la culture actuelle, avait fait le déplacement à La Rochelle.

Censé terminer son concert pour laisser place au traditionnel feu d’artifice à 23h, le chanteur a prévenu : « Ils viennent de me dire qu’il ne restait plus que quatre minutes. » »Franchement, qu’ils aillent se faire enculer. Si ça coupe, on continuera ailleurs »…
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Musique : Grèce, “Belle et étrange patrie”

Traduction des paroles de la chanson “Omorphi ke paraxeni patrida“, d’après le poème de Odysseus Elytis, prix Nobel de littérature en 1979.

Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée

Elle jette les filets pour prendre des poissons
Et c’est des oiseaux qu’elle attrape
Elle construit des bateaux sur terre
Et des jardins sur l’eau
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