Le 30 avril, La modification du modèle bancaire français a été le thème abordé par Jean-Louis Mullenbach, expert-comptable, commissaire aux comptes interviewé par Stéphane Soumier dans Good Morning Business, sur BFM Business.
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Un financement spécifique pour la création d’entreprise dans les cités
Le nouvel outil annoncé par le président François Hollande devrait être mis en place, via la Banque publique d’investissement, dès cet été.

François Hollande en campagne aux Ulis (91), le 7 avril 2012
La nouvelle banque des PME, la Banque publique d’investissement (BPI), va créer un financement entièrement consacré à la création d’entreprise dans les quartiers les plus défavorisés, a annoncé lundi le président François Hollande, parlant d’un nouvel outil opérationnel “dès cet été“.
La nouvelle coqueluche du capital-investissement ? C’est… la Grèce
TPG, BC Partners, Rhone Capital… Les fonds de private equity américains se pressent pour racheter les entreprises grecques mises en vente dans le cadre du programme de privatisations du pays. Lequel devrait pourtant connaître en 2013 une sixième année de récession.

La Bourse grecque, à Athènes
Les fonds de capital-investissement se sont découvert un nouvel eldorado. Et il ne s’agit pas de l’Amérique du Sud, ni de la Chine, ni de l’Afrique mais… de la Grèce. Les fonds américains TPG et BC Partners sont sur les rangs pour racheter les 33% du capital de la loterie nationale OPAP mis en vente par le gouvernement grec, dans le cadre des privatisations exigées par le FMI (Fonds monétaire international), la Commission européenne et la BCE (Banque centrale européenne), en contrepartie du sauvetage financier du pays. Une participation valorisée 660 millions d’euros environ, sur la base du cours de Bourse actuel de la société.
Deux mois avant cette opération, un autre fonds de private equity américain, Rhone Capital, avait offert de racheter 39% du fabricant grec de matériaux de construction S&B Industrial Minerals. En janvier toujours, le fonds américain Paine & Partners avait acquis 56,5% du spécialiste des équipements d’irrigation Eurodrip auprès de la société de capital-investissement grecque Global Finance.
Des valorisations qui demeurent attrayantes
Pourquoi les fonds de private equity étrangers ont-ils les yeux de Chimène pour un pays en récession depuis cinq ans, et dont le Produit intérieur brut (PIB) devrait encore se contracter de 4,5% en 2013 ?
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Jacques Sapir : « L’Italie se prépare à des semaines très difficiles »
Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’économiste Jacques Sapir est un partisan déclaré d’une « dissolution concertée » de la zone euro.

Représentation de Mario Monti en Parrain (d’après l’affiche et le titre américain du film : “The Godfather”)
Quel est le risque majeur qui pèse sur l’économie italienne ?
On voit très bien qu’on assiste désormais à une contraction du crédit (un « credit crunch ») qui menace pratiquement un tiers des PME italiennes de cessation d’activité. La Confindustria (NDLR : l’organisation patronale italienne) le dit depuis plusieurs semaines et ce n’est pas une exagération.
Le marché de la charité
Les associations humanitaires se gèrent désormais comme des entreprises. La professionnalisation du secteur a modifié le rapport au don. La collecte de fonds est devenu un marché potentiel. Marketing, rentabilité, marché, la rhétorique économique a progressivement investi la sphère de l’humanitaire. « En tant que commercial, j’ai été formé à vendre un produit. On vend la détresse, on vend une situation d’urgence et des projets. » Le propos d’André Gasser est sans ambiguité. Cet ancien chef d’entreprise est aujourd’hui président des Parrains de l’Espoir. Basée à Illkirch, cette association, fondée en 1978, s’est spécialisée dans l’urgence et le développement. A l’origine, André Gasser conciliait ses activités de dirigeant et son engagement caritatif.
« Saturation du public »
Italie : «Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre »
Une grande majorité des chefs d’entreprise italiens, principalement des PME, sont en colère. Ils dénoncent la bureaucratie tatillonne, l’alourdissement de la fiscalité et la difficulté à trouver des crédits. Reportage auprès de ceux qui restent encore le fer de lance de l’économie de la Péninsule.

Manifestation contre les réformes à l’occasion de la participation de Mario Monti à une réunion politique à Bologne, le 16 juin 2012
« Ne le dites pas, mais la crise est si grave que je conseille aux entrepreneurs de ne pas payer la location des machines et de privilégier le paiement des salaires des ouvriers. » Ce président de la Chambre de commerce d’une grande ville industrielle regarde les chiffres de la croissance et l’augmentation rapide du chômage, avant d’expliquer : « Les sociétés de leasing ont déjà plein de machines sur les bras et cela leur coûterait trop cher de venir en démonter d’autres et de les entreposer dans un hangar. Il vaut mieux ne pas les payer plutôt que d’être obligé de licencier du personnel qualifié. Mais ce petit jeu ne pourra pas durer longtemps. On peut encore tenir six mois, mais si la demande ne repart pas, ce sera la catastrophe. »
La plupart des entrepreneurs italiens vivent désormais dans l’urgence. Depuis le début de l’année, cinq entrepreneurs du nord du pays se sont suicidés. « Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre », s’alarme le constructeur Paolo Buzzetti. « Le secteur est en train de mettre la clé sous la porte. Les entreprises ne licencient pas seulement les ouvriers, mais aussi les secrétaires et même les ingénieurs. » Depuis le début de la crise, le BTP a ainsi perdu plus de 500.000 emplois. « Personne n’a jamais affronté une crise de cette ampleur », confirme Maurizio Torreggiani, président de la section de Modène de la Confédération nationale des artisans.
Les 3 dogmes assassins à l’origine de la désindustrialisation
La France, cimetière d’usines : 900 fermées en trois ans. Le spectre d’une désindustrialisation dramatique quitte les chiffres froids, secs et désincarnés de la macro-économie pour miner le paysage du réel. Vertige d’une grande puissance industrielle au tapis, impuissante à invoquer la crise comme seule responsable de ces maux puisqu’au cours de ces dernières années, elle a fait beaucoup moins bien que ses classiques concurrents européens, l’Allemagne, le Royaume-uni, l’Italie.
Ainsi, dans la zone euro, entre 2000 et 2010, le poids de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le PIB accuse un recul de 3,7 points contre 5,2 points en France (plus de 100 milliards d’euros). La part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale de l’économie a régressé brutalement en une décennie de 30 %, passant de 18 % en 2000 à 12,5 % en 2011. Alors que ce ratio est de plus du double en Allemagne, de 18,6 % en Italie.
Du côté des exportations dont la balance commerciale accuse 70 milliards de déficit, les performances son calamiteuses : la France a perdu de 1998 à 2012, 41 % de ses parts de marché, le double de l’OCDE, le triple de l’Allemagne. Du côté des emplois, les chiffres sont encore plus accusateurs puisqu’en 30 ans la France a perdu 2 millions d’emplois industriels. A part l’agroalimentaire, le luxe et l’aéronautique, qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu, toutes les filières sont plus ou moins touchées.
Grèce : le Qatar va investir un milliard d’euros via un fonds d’investissement
Alors que la Grèce entre dans sa sixième année de récession, le Qatar et la Grèce vont investir chacun un milliard d’euros dans un fonds d’investissement commun.
Après avoir investi un milliard d’euros en Italie il quelques mois, le Qatar remet le couvert en Grèce. Le richissime Etat gazier va investir la même somme dans des PME grecques, via un fonds d’investissement commun avec la Grèce, en pleine récession, a annoncé le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, cité par l’agence officielle QNA. Ce dernier a précisé que le Qatar et la Grèce investiraient chacun un milliard d’euros (1,34 milliard de dollars) dans ce fonds, lors d’une conférence de presse avec son homologue grec Antonis Samaras à Doha mardi soir. « Nous voulons rééditer l’accord conclu avec l’Italie mi-novembre ( “IQ Made in Italy Venture” ) pour la constitution d’un fonds d’investissement doté de deux milliards d’euros, partagés à égalité entre les deux pays », a-t-il dit.
Nouveau scandale dans les banques britanniques
Barclays, HSBC, Lloyds et RBS ont vendu à des PME, depuis 2001, 40.000 contrats de produits dérivés censés couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Ces contrats sont en infraction avec la régulation en vigueur.

Les banques britanniques se sont fait une nouvelle fois prendre les mains dans le pot de confiture. Selon une enquête de la Financial Services Authority (FSA), 90 % de produits dérivés commercialisés auprès de petites et moyennes entreprises leur ont été vendus en infraction avec la régulation en vigueur. Il s’agit cette fois de «swaps» sophistiqués (baptisés interest rates hedging products, IRHP) censés les couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Une fois encore, les «usual suspects» sont en cause : le quatuor Barclays, HSBC, Lloyds et Royal Bank of Scotland.
Le démantèlement de Nyse-Euronext sonne le glas de Paris Place financière
La Bourse de Paris sera -t-elle demain à l’Europe ce que la Bourse de Nantes fut à l’Hexagone, terriblement province et marginale… avant d’être estompée du paysage financier ?
Par Patrick Arnoux

“Un pays, c’est un drapeau et une Bourse”avait coutume de dire l’un des grands banquiers de la place.
Alors, pauvre France, dont la chronologie boursière traduit une terrible descente aux enfers : il y a 20 ans, la Bourse de Paris comptait 786 entreprises cotées contre 586 en 2011. A cette époque, la capitalisation boursière de Paris représentait 78 % du PIB de la France contre 54 %.
Entretemps, les actionnaires ont déserté la bourse par millions. Attrition en forme de rude constat :
le premier marché boursier de la zone euro ne remplit plus son rôle de financement de l’économie. Quelques chiffres suffiraient pour démontrer le déclin alarmant de la place financière de Paris, et surtout sa déconnexion de l’économie réelle :
les sociétés cotées se finançaient en 2001 pour 26,9 % grâce à la Bourse, cette proportion a chuté à 5,4 % l’an passé comme le démontre la brutale baisse des levées de fonds : en 2012, une dizaine de PME ont levé 235 millions d’euros, contre dix fois plus – plus de 2,5 milliards – il y a six ans. Pire, l’an passé, les départs furent plus nombreux que les arrivées.
L’économie Française au bord du gouffre
Par Marc Fiorentino
Il règne une ambiance étrange. Tous les indicateurs de terrain, venant des chefs de petites entreprises entre autres, indiquent que l’économie Française est dans une situation extrêmement inquiétante. Consommation en baisse et chômage en hausse. Mais il n’y a pas de sentiment d’urgence, on est une fois de plus dans le déni. Je pense qu’il est temps de lancer un cri d’alarme.

Hausse du chômage, prévision de récession : la situation de l’économie Française m’inquiète.
Au-delà des chiffres officiels qui sont publiés, la réalité sur le terrain est assez effrayante. Le principal moteur de la croissance Française, la consommation, est à l’arrêt. Le non alimentaire, et notamment l’habillement, le textile est en baisse de 15% à 30% et même les dépenses alimentaires sont en baisse de 5%. Et je suis frappé par l’absence totale de sentiment d’urgence. Le gouvernement, et même les médias, continuent à fonctionner comme si nous traversions juste une période difficile alors que nous sommes au bord du précipice.
Le Qatar expliqué à ses supporters
En France, pour le peuple, c’est un sujet de conversation grâce au PSG, pour la sphère économique, c’est un acheteur potentiel, et pour la sphère politique, un problème grandissant.
La semaine dernière, des Qataris déjeunaient chez Bocuse dans le salon Murat. Ils venaient d’acheter 800 terminaux Artprice, le Bloomberg du marché de l’art dont les bureaux sont terrés à quelques centaines de mètres de là, sous la Demeure du Chaos. Le monde devient étrange. A la même heure, d’autres Qataris déjeunaient à Casablanca pour fêter un deal, la prise de 53 % du capital de Maroc Telecom. Surfant sur la médiatisation du PSG, son actif vedette, le Qatar a des airs de Vivendi période baroque et forcément, on s’interroge : l’émir Al Thani a-t-il quelque chose de Messier ?
Le Qatar n’est pas un pays, c’est une success story d’entrepreneur, l’ambition démesurée d’un homme, l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani.
Vu de loin, le Qatar n’est qu’un micro-État arabe qui fait son marché au gré du vent et des paillettes, profitant de sa manne d’hydrocarbures avant qu’il ne soit trop tard. Vu de près, c’est l’histoire d’un type dont on a de la peine à retenir le nom et le visage, et qui a été plus visionnaires et surtout plus volontaire que ses confrères des royautés voisines. Il est aussi d’un opportunisme politique risqué.
Où va le monde ? Et pourquoi le pire n’est pas encore sûr !
L’une des responsabilités du politique, sinon la première, c’est de ne pas compromettre l’avenir. Cela implique de prendre en compte les risques de catastrophe sociale, écologique et autre. Quatre auteurs répondent ici à ces questions avec des préoccupations proches mais des sensibilités intellectuelles différentes. Pour Yves Cochet, le seul élu politique des quatre, le culte du retour de la croissance va se fracasser contre le mur du réel. La croissance élevée ne reviendra plus : l’énergie abondante et pas chère, c’est fini. De là l’idée que les objecteurs de croissance doivent continuer d’autant plus à développer un autre imaginaire que la croissance, cette religion du toujours plus. Quel imaginaire ? Celui d’une société de sobriété, de partage, de nouvelles autonomies collectives.
Dès maintenant un grand accident écologique est possible : ce que l’on pourrait nommer un supplément du destin ou une accélération du destin. Loin de tout délectation morbide, il faut penser la catastrophe possible pour pouvoir peut-être l’éviter : c’est le « catastrophisme éclairé » pour lequel plaide Jean-Pierre Dupuy. Se saisir du temps du projet pour agir avant qu’il ne soit trop tard.
Mais il faut agir sur plusieurs fronts car l’écologie et l’économie font système. Explications. La folie de la finance a mis en péril l’économie réelle, celle qui, avec les P.M.E., crée la richesse réelle et l’emploi. En d’autres termes, la production est attaquée et souvent liquidée par l’économie casino. Ensuite, c’est la société elle-même, avec les États menacés de faillite, qui souffre de la crise de l’économie réelle. En bout de chaîne, c’est la planète dont les ressources et les équilibres sont détruits par la logique du turbocapitalisme. Une « sortie » de crise possible se profile. Elle n’est pas rose. C’est le replâtrage autoritaire du système, au profit d’une minorité de très riches. Mais ce n’est pas une fatalité. À l’encontre de ce risque de dérive oligarchique et autoritaire, l’objectif rassembleur pourrait être, selon Susan George, de reconstruire une société humaine à partir de l’idée que la Terre n’est pas un bien inépuisable. « On ne peut jamais gagner une guerre contre la nature », note Susan George. Nous sommes dans une planète de plus en plus remplie, et avec des terres cultivables qui ne sont pas multipliables à l’infini. D’où la nécessité de faire de l’usage économe et respectueux de la planète notre loi suprême.
Une planète rétrécie, mais quelles conséquences sur les humains ? Serge Latouche émet l’hypothèse d’une double tendance : d’un côté un mouvement vers l’uniformisation mondiale des usages technologiques – une humanité homogène –, de l’autre une tendance à la constitution, sur la base de la séparation politique, voire de l’apartheid, d’entités collectives de plus en plus réduites, de plus en plus identifiées par des références prémodernes (l’ethnie, la religion, etc.). Des micro-États ou de grandes tribus. Exemples : les petits pays issus de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, l’Ossétie du Sud, le Sud-Soudan, le Somaliland… Homogénéité du monde ou éclatement ? C’est cette dernière tendance qui est dominante selon Serge Latouche. Mais la fragmentation des États-nations n’est-elle pas le moyen pour les grandes puissances de conforter leurs positions ? D’être plus fort face à des petits encore plus petits et plus isolés ? C’est plus que probable, ce qui n’enlève rien à la réalité d’aspirations à des liens plus locaux, par réaction sans doute aux effets de la mondialisation.
Le « shadow banking » en Chine : risqué ou dangereux ?
Tandis que dans les pays développés, le système bancaire parallèle est associé à une ingénierie financière sophistiquée, son équivalent, dans les pays émergents, est davantage ancré dans la tradition, à l’instar de la Chine. Dans tous les cas, la croissance du shadow banking est une réponse à la raréfaction des crédits bancaires.
Le shadow banking « à la chinoise » est constitué d’une myriade d’acteurs, tels que prêteurs sur gages, trusts, ou autres organismes de garantie, dont certains n’exigent même pas de collatéraux en contrepartie de leur caution. Ce sont autant d’entités qui échappent à toute régulation. Le système bancaire parallèle inclut également le système financier informel. La China Banking Regulatory Commission distingue trois grandes catégories d’entités (Encadrés 1 et 2) : les institutions financières non bancaires, les institutions non financières, et les « autres ».
Marx et les crises
Marx considérait que les crises sont l’expression des contradictions internes au capitalisme, et qu’elles doivent conduire à son effondrement. Mais il a laissé sa théorie des crises inachevée. Dans quelle mesure peut-il donc éclairer la crise d’aujourd’hui ?
« Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme. » Ainsi commence le Manifeste du parti communiste. Curieuse formule ! Ne faut-il pas être mort pour revenir à l’état spectral, fantomatique ? À la manière de Jean Baudrillard, faut-il penser un retour spectral du communisme ? Ou ce revenant est-il enterré, un pieu enfoncé dans le cœur ? Dans Spectres de Marx, Jacques Derrida fait de Karl Marx lui-même un perpétuel revenant. Après sa mort, sa pensée est revenue hanter l’Europe et l’Amérique à la fin du XIXe siècle, lors de la grande dépression, et encore dans les premières années après la Première Guerre mondiale ; elle est revenue en force au cours des années 1930, pendant la grande crise. Il y aurait donc un lien entre les grandes crises qui, elles aussi, sont des « revenants », et les retours de Marx. Ce n’est pas si simple.
À la fin des années 1960, le spectre de Marx revient nous visiter, pas seulement dans les rues de Paris et dans les campus du monde entier. Or le monde est en expansion, dans la phase active des trente glorieuses. Marx hante les esprits et pourtant « même les tables ne tournent pas », comme il l’analysait. Le capitalisme triomphe un siècle après ses prédictions apocalyptiques : mieux, il produit un énorme accroissement de richesses dont jouissent aussi les masses populaires, la société de consommation explose, les inégalités ont régressé, « l’armée de réserve industrielle » (Marx nomme ainsi les chômeurs) a disparu ainsi que les crises périodiques avec leur cortège de misère, de chômage. À l’époque, de doctes et pourtant jeunes experts en marxisme se posaient sérieusement la question de la paupérisation en Europe, aux États-Unis, l’une des grandes prédictions de Marx. Était-elle absolue, alors que les PIB croissaient à des taux records, ou seulement relative, alors que la hausse des revenus des salariés n’avait jamais été aussi forte, que les inégalités régressaient ?
Chômage, paupérisation et inégalités
Quand le Qatar rachète l’Europe
Immobilier, sport, médias, industrie, art… Y a-t-il un domaine où les fonds d’investissement qataris sont absents ? Morceau par morceau, l’émirat achète l’Europe. Et s’assure ainsi un avenir confortable.

Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, Emir du Qatar
310 mètres. C’est la taille de la plus haute tour d’Europe, inaugurée à Londres la semaine dernière, à quelques jours de l’ouverture des jeux Olympiques 2012. Avec ses 95 étages de verre et d’acier, la “Shard London Bridge Tower” a coûté la bagatelle d’1,8 milliard d’euros. Financée à 80 % par quatre fonds d’investissement qataris.
Lorsque les pays européens, durement touchés par la crise, voient certains de leurs prêts gelés, et leurs taux d’intérêts grimper, vers qui se tourner pour trouver des liquidités ? Depuis quelques années, ils n’hésitent plus à faire appel à la manne financière qatarie qui investit à tout-va dans différents secteurs.
PME : se passer des banques
Le “Collectif PME” regroupe 480 entreprises et dénonce l’attitude des banques qui limitent l’accès aux crédit pour ces petites et moyennes entreprises. Ces PME ont donc dû se débrouiller sans les banques. Reportage en Alsace dans l’entreprise dirigée par la fondatrice de ce mouvement en plein essor. (Arte – 19 juin 2012)
Il y a un débat, pour ne pas dire une querelle, entre le discours officiel des banques qui est “on prête aux entreprises” et un discours des TPE et PME qui se voient refuser des crédits quand elles en ont le plus besoin.
Les PME sont taxées 25% de plus que les grands groupes
Les chiffres évoqués au printemps derniers sur les écarts de taxation entre grosses [et] moyennes entreprises sont confirmés par une étude. Elle souligne en outre que tous les secteurs ne sont pas égaux devant l’impôt.

Le débat sur la taxation des grosses entreprises, qui avait émergé lors de la campagne présidentielle du printemps dernier, refait surface. Une étude du cabinet de conseil en management des coûts, Lowendalmasaï, publiée ce mardi, montre que l’écart d’imposition entre les grosses entreprises de plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) est de 25% en moyenne.
Italie : Vague de suicides
Pourquoi les pauvres ne votent pas en fonction de leur intérêt économique
Ils devraient favoriser les candidats qui promettent d’augmenter les minima sociaux ou de mettre en place des politiques de redistribution plus généreuses. Or ça n’est pas toujours le cas. Des chercheurs américains ont décrypté le phénomène.

Qu’on se le dise : les citoyens économiquement les plus modestes ne sont pas toujours fans des politiques de redistribution. Du moins si l’on en croit leur vote. C’est ce que démontrent depuis plusieurs décennies les études électorales américaines. Et, de plus en plus fréquemment, les études électorales européennes.
Comme le confirme Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (centre de recherches politiques de Science Po), «Depuis une trentaine d’années, la sociologie, autrefois déterminante dans l’explication du comportement électoral, n’explique plus qu’en partie le vote.»





