Europe : 5 ans après la crise, la régulation du secteur financier a-t-elle avancé

Les gouvernements des vingt pays les plus riches l’avaient promis : le secteur financier sera réformé, les banques mises sous contrôle. Plus de finance folle, de sauvetage bancaire ruineux, de mise en péril de l’économie par la spéculation débridée. Cinq ans après les déclarations du G20, où en est-on ? L’Union européenne a voté une dizaine de directives, sous la houlette de Michel Barnier. Bonus des banquiers, organisation des plans de sauvetage, supervision et contrôle… Tour d’horizon de cette difficile reprise en main, avec Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, rare contrepouvoir au puissant lobby bancaire européen.

L’union bancaire européenne a pour objectif d’éviter que de nouvelles faillites bancaires ne soient supportées par les contribuables. Son principe a été adopté par les eurodéputés le 15 avril. Est-ce une mesure satisfaisante ?

Thierry Philipponnat [1] : La réforme de l’Union bancaire a pour objectif que la prochaine crise bancaire ne coûte pas d’argent au contribuable – contrairement à la crise de 2008 qui coûté 450 milliards d’euros aux pays européens. Et de casser le lien incestueux et complètement absurde entre les banques et les États : les banques financent les États mais comptent sur eux pour les sauver quand elles ont un problème. Après un an et demi de négociations, nous avons avancé dans la bonne direction. L’Union bancaire permet une surveillance unique des 130 plus grandes banques par la Banque centrale européenne (BCE). Et la remise à plat du système de « résolution », c’est-à-dire l’intervention publique lorsqu’une banque a des problèmes, avant qu’elle ne fasse faillite.

Désormais, les pertes financières devront être absorbées par les actionnaires et les créanciers, avant que les déposants et contribuables ne soient mis à contribution. Cette nouvelle directive européenne [2] est un vrai progrès, elle met fin à « l’aléa moral », qui fait que les gagnants et les perdants n’étaient pas les mêmes : certains pouvaient gagner de l’argent mais pas en perdre !

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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Chypre : Bientôt réunifiée et renflouée?

Après dix-huit mois de tergiversations et de nombreux échecs, les négociations pour la réunification de Chypre ont repris. Cette fois, elles semblent avoir une chance d’aboutir.

Vous découvrirez pourquoi avec nos deux invités chypriotes, Ioannis Kasoulides, ministre des Affaires étrangères, et Giórgos Lillíkas, candidat aux européennes, qui nous emmène dans la ville maritime de Limassol.

Autre grand thème, un an après le plan de sauvetage de la Troïka, la santé économique de l’île.

Partie 1:

Partie 2:
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Après le FMI, la Bundesbank préconise aussi une taxation exceptionnelle sur l’épargne

Lundi 27 janvier, la Bundesbank a préconisé que  les pays de la zone euro en difficulté devaient d’abord prélever une taxe exceptionnelle sur l’épargne de leurs propres citoyens avant de demander l’aide des autres pays, a rapporté le journal Frankfurter Allgemeine.

« Il est crucial qu’un pays en crise épuise d’abord ses propres solutions pour regagner la confiance dans sa capacité à gérer de façon durable ses finances publiques. Les programmes de sauvetage financés par les contribuables des autres États membres ne devraient être sollicités qu’en dernier ressort, lorsque la stabilité financière de la zone euro est mise en danger », écrit la ‘Buba’.

« Une taxation sur le capital correspond au principe de responsabilité nationale, selon lequel les contribuables sont responsables pour les obligations de leur gouvernement, avant que la solidarité des autres États ne soit requise », énonce la banque centrale allemande, dans son dernier rapport mensuel.

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[Exclu Fortune] Allemagne : La Cour constitutionelle risquerait de stopper la participation de la Bundesbank aux plans de sauvetage européens

Par Ambrose Evans-Pritchard

Le risque s’accroît que la Cour constitutionelle allemande bloque la participation de la Bundesbank aux OMT. La Cour pourrait contraindre les institutions allemandes à cesser leur soutien aux opérations de l’UE. Aux yeux des marchés, ceci minerait la crédibilité des politiques de sauvetage prévues par la BCE.

Selon Bank of America, le risque est relativement élevé d’un jugement de Karlsruhe consacrant l’illégalité des OMT telles qu’elles sont aujourd’hui prévues.

Le risque s’accroit de voir la Cour constitutionnelle allemande restreindre sévèrement le dispositif de sauvetage prévu pour l’Italie et l’Espagne, dispositif fonctionnant par rachats de titre obligataires. Ce qui pourrait, en empêchant la Bundesbank d’y prendre part, ranimer l’incendie de la crise de la dette en zone euro..

Le journal Frankfurter Rundschau rapporte que le verdict a été différé depuis le mois d’avril en raison notamment de la complexité de la question et de fortes différences entre les opinions des huit juges.

Plus le processus dure, moins vraisemblable devient-il que le tribunal – ou Cour constitutionnelle – se pliera aux demandes insistantes du gouvernement allemand, lequel espèrerait un jugement favorable à la machinerie de bail-out à laquelle il avait donné son accord.

Les conséquences seraient potentiellement très graves, spécialement à un moment où l’on s’inquiète déjà pour les marchés émergents,” selon un initié. “Nous ne pensons pas que la Cour ira jusqu’à interdire les rachats de titres, mais ils pourraient bien exiger certaines modifications susceptibles de compliquer sévèrement les choses.

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Dexia : le salaire des dirigeants augmenté de 30 % au 1er janvier

Trois dirigeants de la banque franco-belge en cours de démantèlement Dexia ont vu leur salaire augmenter de 30 % au 1er janvier, à 450 000 euros par an, révèle Le Journal du dimanche. Nommés mi-décembre au comité de direction de la banque, le directeur financier Pierre Vergnes, le responsable des risques Marc Brugière et le secrétaire général Johan Bohets ont vu leur rémunération passer de 340 000 à 450 000 euros, précise le JDD sans citer ses sources.

Ces salaires sont comparables à ceux des dirigeants du Crédit agricole ou des Caisses d’épargne. Pierre Vergne et Marc Brugière remplacent Philippe Rucheton, qui était payé 500 000 euros, et Claude Piret, qui était payé 480 000 euros, indique le journal.

La France a payé 6,6 milliards d’euros

Dans le contexte particulier de Dexia, la gestion en extinction est un métier complexe qui demande des compétences pointues et des professionnels expérimentés“, a fait valoir une porte-parole de Dexia auprès de l’AFP. “Les décisions prises par le conseil d’administration et annoncées le 13 décembre 2013 sont en ligne avec les pratiques de marché et conformes aux législations en vigueur“, a-t-elle ajouté.

Sauvé de la faillite par les États belge et français à l’automne 2008, le groupe Dexia a été durement frappé par la crise de la dette, ce qui a rendu nécessaire un second sauvetage en octobre 2011. Selon la Cour des comptes, les déboires de la banque ont coûté 6,6 milliards d’euros à la France.

Le Point

Grèce : L’argent tombe du ciel

La Grèce, à court de liquidités, a évité l’implosion grâce à la livraison secrète de cash par l’UE. C’est l’envers du décor de la crise grecque: un pont aérien nocturne a fait ainsi transiter plus de 20 milliards d’euros en billets, ni vu ni connu. Récit.

C’est le quotidien Daily Mail qui dévoile cette histoire rocambolesque qui a sauvé la Grèce, l’euro et l’Europe de la faillite. En sous-titre, résume le journal anglais: “Alors que la Grèce brûle et que ses banques sombrent, l’Union européenne, officiellement et via la Troïka, l’admoneste, exige des réformes et menace de l’exclure ; au même moment, secrètement, elle la ravitaille en argent frais“.

Des Boeing remplis de billets de banque alimentent nuitamment un improbable pont aérien, secrètement déployé pour éviter l’implosion du système. Ceci n’est pas l’extrait d’un roman d’espionnage, mais un fait établi: ces avions sont même peut-être passés au dessus de vos têtes.

Éviter la crise de confiance
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Exclusivité Fortune – Kai A. Konrad : “L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro”

Article transmis et traduit par notre lecteur JoeLeTaxi, merci à lui.

Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, s’attend à l’effondrement de la zone euro. Il propose que l’Allemagne quitte l’union monétaire – c’est l’Europe, non l’euro, qu’il faudrait sauver selon lui.

L’économiste du Max-Planck-Institut et conseiller scientifique en chef du Ministère des Finances, Kai A. Konrad, craint que le ralentissement de la dynamique économique constaté dans l’ensemble de l’Europe n’en vienne à s’accélérer notablement. Il affirme qu’en cas de crise grave l’Allemagne devrait abandonner l’euro. La crainte que cette sortie ne provoque une catastrophe pour l’économie allemande est selon M. Konrad largement exagérée. Tout au contraire, les entreprises du pays pourraient en sortir renforcées.

Die Welt: Monsieur Konrad, le gouvernement a reporté toutes les décisions importantes concernant la crise de l’euro à l’après-élections. Tente-t-on de tromper les électeurs ?

Kai A. Konrad: Je crois plutôt à un statu quo après les élections. Depuis l’apparition de la crise, la classe politique a toujours tenté de remettre au lendemain les décisions et de procrastiner.
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L’UE a payé 35 milliards d’euros de trop pour le sauvetage des banques

L’Union européenne a payé 35 milliards d’euros de trop pour les plans de sauvetage du secteur bancaire de la Grèce, de l’Espagne et de Chypre, affirme le Süddeutsche Zeitung sur la base d’une étude commandée par les Verts pour le Parlement européen et au Bundestag.

Achim Duebel de Finpolconsult a examiné la situation de sept banques dans les trois pays qui avaient reçu 90 milliards d’euros. Il conclut que plus d’un tiers de cette somme ont été gaspillés par des erreurs d’amateur. Il a découvert deux erreurs principales:

✔ Les gouvernements ont acheté des actions ordinaires de ces banques. Cela signifie qu’ils ont également absorbé les pertes de ces banques. Par contraste, le gouvernement américain a acquis des actions préférentielles des banques américaines en difficulté, ce qui implique une prise de risque bien moins importante.

✔ L’Union européenne n’a pas été assez rapide pour mener ces plans de sauvetage, ce qui a permis aux épargnants de sauver leurs économies avant l’annonce officielle de ce plan de sauvetage. L’auteur cite l’exemple de la banque espagnole Bankia où 2 milliards d’euros ont disparu dans les jours qui ont précédé le sauvetage.

Les Verts allemands utilisent maintenant l’étude pour accuser ces plans de sauvetage de gaspiller l’argent du contribuable allemand. Le député européen Sven Giegold estime qu’elle démontre que l’Europe a besoin de se doter d’une instance décisionnelle importante, une idée que le gouvernement allemand a toujours rejetée.

Express.be

Italie : Un plan de sauvetage de l’UE dans les 6 prochains mois

La seconde plus grande banque de l’Italie, Mediobanca, vient d’indiquer dans une note confidentielle à ses clients que « le temps était compté » pour l’Italie, indique Ambrose Evans Pritchard du Telegraph.

« La situation macro économique italienne ne s’est pas améliorée au cours du dernier trimestre, bien au contraire. 160 grandes sociétés italiennes ont été placées sous surveillance », écrit son analyste, Antonio Guglielmi. Il indique que la production industrielle italienne a chuté de 25% par rapport à son plus haut niveau de la décennie passée. Le revenu disponible s’est réduit de 9% et les cours de l’immobilier se sont effondrés pour retrouver les niveaux qu’ils avaient en 1985.

Le rapport de Mediobanca conclut que l’Italie n’aura pas d’autre choix que de solliciter un plan de sauvetage d’ici les 6 prochains mois, à moins qu’elle ne parvienne à emprunter pour moins cher et à relancer son économie.

Le PIB de l’Italie s’est contracté sur les 7 derniers trimestres, et une note de la Coface indique que le risque d’impayé provenant des entreprises italiennes, qui était auparavant 3 fois supérieur au risque d’impayé émanant d’entreprises françaises, lui est désormais 7 fois supérieur.
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États-Unis : « Strike debt », un plan de sauvetage du peuple par le peuple

Par Agnes Rousseaux

Trois ménages sur quatre sont endettés aux États-Unis. Si l’État fédéral est venu en aide aux financiers de Wall Street au bord de la faillite, il n’a pas porté secours aux familles plombées par des frais de santé, un prêt étudiant ou un emprunt immobilier. Le mouvement « Strike debt » a imaginé une solution : retourner les pratiques bancaires aux bénéfices des personnes endettées, en rachetant leurs créances dépréciées pour tout simplement les annuler. Explications.

Le mouvement Strike Debt – « grève de la dette » – vient de réduire à néant plus d’un million de dollars de dettes médicales dans les États du Kentucky et de l’Indiana. Un millier de personnes choisies au hasard, ayant contracté une créance de 900 dollars en moyenne à cause d’une hospitalisation ou d’une opération chirurgicale, ont vu leur dette effacée. Tout simplement.

Et ce n’est pas un miracle : c’est grâce au collectif Strike Debt, issu du mouvement Occupy Wall Street, qui a secoué les États-Unis il y a un an et demi. Ce collectif a décidé de retourner à son avantage, et aux bénéfices des personnes lourdement endettées, une pratique bancaire courante.

Quand les emprunteurs n’arrivent plus à rembourser, englués dans un prêt immobilier à taux variable ou un crédit étudiant à payer alors qu’on est au chômage, les banques cherchent à se débarrasser de cette créance devenue toxique. Pour récupérer une partie de leurs avoirs, elles « vendent » ces crédit à moindre coût à des organismes de recouvrement ou à des marchés spéculatifs.
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Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la (sic) premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

La Finlande ne veut plus sauver de banques avec de l’argent public

La population du pays, le dernier de la zone euro noté “triple A”, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté.

Angela Merkel et Jyrki Katainen, premier ministre finlandais

La Finlande a appelé mardi à épargner les contribuables de la zone euro dans les plans de sauvetage des banques européennes à l’avenir, estimant que les actionnaires et les créanciers devaient s’acquitter de la facture.

“Partout en Europe, nous devrions passer à une économie de marché normale, dans laquelle les propriétaires et les investisseurs accusent des pertes en cas de faillite d’une banque”, a déclaré mardi le Premier ministre Jyrki Katainen dans un discours sur l’Europe prononcé à Helsinki. Il a souhaité que l’union bancaire européenne, en cours de création, en fasse un principe fondateur, sinon “nous resterons dans la situation actuelle dans laquelle le contribuable paie de ses deniers les crises bancaires”, a-t-il précisé aux journalistes après le discours.

Katainen a dit vouloir que les décisions sur l’union bancaire soient prises dans l’année.

Après le discours, l’entourage du chef du gouvernement a précisé que le plan de sauvetage de Chypre était considéré par la Finlande comme un cas “unique”, et non comme un modèle à suivre dorénavant. Cet entourage a aussi rappelé que le gouvernement tenait à la protection des petits épargnants (moins de 100 000 euros). Les propos de Katainen interviennent au lendemain de la polémique créée par le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui a d’abord affirmé qu’il faudrait éviter de “faire porter sur les épaules du public” le coût des sauvetages de banques, avant de préciser que chaque pays était unique, et que Chypre était “un cas spécifique”.

Mardi matin, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a jugé que Dijsselbloem avait “eu tort” de sembler faire de Chypre un modèle. La population de la Finlande, le dernier pays de la zone euro noté “triple A” par des agences de notation, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté. Selon un sondage récent, réalisé à la demande de la chaîne de télévision publique YLE, la moitié des Finlandais ne veulent plus financer de plans de sauvetage, même si le résultat doit être la dissolution de la zone euro.

LePoint.fr

L’Espagne veut aussi instaurer une taxe sur les dépôts bancaires

Madrid pourrait lever auprès des banques une taxe de 0,2 % sur le montant des dépôts qu’elles détiennent. L’Espagne affirme que cet impôt nouveau n’a rien à voir avec celui de Chypre. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Par Romaric Godin

Cet impôt ne sera pas en effet directement levé auprès des épargnants,

mais il sera levé sur les banques. Ce sont ces dernières qui se verront imposées sur l’ensemble de leurs dépôts. En théorie donc, les clients ne seront pas touchés.

(…) En ne frappant pas les épargnants directement, cette taxe ne devrait pas créer de panique. En Europe, elle est, du reste, demeurée inaperçue au milieu de l’affaire chypriote. Mais il n’empêche : Jaime Becerril, analyste chez JP Morgan, estime que cette taxe est « risquée » et arrive « à un bien mauvais moment. »

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Accord de sécurisation de l’emploi, un dynamitage du droit du travail

Dans le projet d’accord sur la sécurisation de l’emploi trouvé le 11 janvier dernier, le patronat a fait carton plein sur la flexibilité et obtenu un maximum de dérogations au Code du travail. Décryptage.

Malgré quelques miettes lâchées aux 
salariés, comme l’instauration d’une complémentaire santé généralisée, des représentants du personnel au conseil d’administration ou la taxation des contrats courts…, les travailleurs sont les premières victimes de cette régression sociale inédite voulue par le Medef.

1. Faciliter les licenciements et éviter les poursuites

Dans le texte, la procédure de licenciement collectif pour motif économique et son contenu sont fixés, soit par un accord collectif majoritaire, soit par un document produit par l’employeur et homologué par la Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Une « validation » du plan social par les syndicats ou l’administration qui rendra plus difficile sa contestation devant le juge.

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Appel pour un plan européen de sauvetage pour les jeunes

Dix personnalités néerlandaises, parmi les plus influentes (politiciens, écrivains, humoristes, syndicalistes), tirent la sonnette d’alarme sur la question du chômage croissant des jeunes en Europe. Dans une tribune publiée par le Volkskrant à l’occasion du lancement, ce 16 août, de la campagne “Halte au chômage européen des jeunes”, par le syndicat FNV Jong, ils demandent aux dirigeants européens d’organiser au plus vite un sommet pour sauver l’avenir des jeunes.

Pendant que tous les yeux des Européens sont dirigés vers les plans de sauvetage des banques et des pays, un drame social se déroule en Europe, qui exige pour le moins un sauvetage immédiat : le chômage des jeunes qui grimpe jusqu’au ciel. […]

5,5 millions des moins de 25 ans sont sans emploi en Europe, près du double du nombre total des chômeurs de plus de 25 ans. Et ce chiffre est en hausse dans tous les pays, y compris aux Pays-Bas.

Les auteurs de l’appel mettent notamment en cause les coupes budgétaires dans le secteur de l’éducation des jeunes :

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Espagne : La prétendue exemplarité du système bancaire

Par Michel Santi

Il est parfaitement toléré que des établissements financiers européens de taille importante masquent leurs pertes si elles parviennent ainsi à traverser une crise violente. Les banques espagnoles n’ont-elles pas honorablement tiré leur épingle du jeu de massacre survenu à l’automne 2008 ? Si ce n’est que nous savons maintenant qu’elles étaient toutes sur un siège éjectable et que ces « provisions dynamiques » n’ont fait qu’aggraver leurs situations financières en rendant leur sauvetage beaucoup plus cher aujourd’hui.

Alors que l’Espagne a désespérément besoin d’un montant minimum de 100 milliards d’Euros pour sauver de la banqueroute son système bancaire, qui se souvient aujourd’hui que ces établissements financiers espagnols étaient cités comme référence il y a de cela quelques années à peine ?

Les autorités de régulation du pays ne se plaisaient-elles effectivement pas de rappeler haut et fort et de déclarer lors de toute conférence internationale que ses banques s’étaient sortis avec des dégâts négligeables de la crise financière et du crédit ayant culminé en fin 2008 et début 2009 ?

La technique des « provisions dynamiques » était présentée comme instrument suprême ayant épargné le système bancaire espagnol et qui consistait à faire des réserves lors des périodes fastes afin d’être armé à affronter les crises futures. Ce coussin – qui était supposé leur permettre de traverser les épreuves les plus rudes – était censé représenter l’arme contre cyclique par excellence pour lutter et surmonter les potentielles pertes futures causées par des prêts non remboursés.

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Banques : “possibilité sérieuse” que Chypre ait besoin d’une aide de l’UE

Le gouvernement chypriote a reconnu mardi qu’il existait “une possibilité sérieuse” que Chypre ait besoin d’un soutien financier de l’Union européenne pour son système bancaire, très exposé à la crise grecque.

“La mise en place d’un mécanisme financier de stabilité pour aider le système bancaire, en raison de problèmes liés à une exposition excessive des banques à la Grèce, est une possibilité sérieuse”,

a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du gouvernement, Christos Christofides.

Il a souligné que ce recours éventuel visait uniquement à “soutenir le système bancaire”.

Le gouverneur de la Banque centrale de Chypre, Panicos Demetriades, avait déjà affirmé ces derniers jours que son pays n’était pas loin d’une demande d’un plan de sauvetage européen pour son système bancaire.

Les banques chypriotes, très présentes en Grèce, détenaient en masse des obligations de l’Etat grec dont elles ont vu la valeur réduite à néant après l’opération de restructuration de la dette grecque.

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L’Espagne appelle l’Europe à l’aide pour ses banques

Le premier ministre espagnol demande à l’Europe «d’aider les pays en difficulté». L’Espagne n’a plus accès aux marchés. L’appel à un sauvetage bancaire semble imminent.

L’Espagne est au bord du plan de sauvetage. Si Madrid n’a pas encore officiellement appelé à l’aide européenne, celle-ci devient inéluctable, tant la pression des marchés est forte.

«L’Espagne va devoir manger son chapeau»

Refusant d’être assimilée à des petits pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, refuse un sauvetage souverain.

Elle juge cette solution non seulement inutile mais hors de portée de l’Europe. «Mettre l’Espagne à l’abri des marchés financiers pendant trois ans nécessiterait 600 milliards d’euros et l’Europe ne les a pas», rappelle un proche du gouvernement à Madrid. L’Europe ne dispose, il est vrai, que de 750 milliards d’euros de capacité de prêts, à travers le Mécanisme européen de stabilité (MES).

En revanche, Madrid s’accommoderait d’un sauvetage strictement bancaire, évalué à 100 milliards d’euros d’après les experts.

Il passerait par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté de 450 milliards d’euros, qui peut recapitaliser les banques en émettant des obligations, comme il l’a fait en Grèce le mois dernier.

Impossible dit Berlin.

D’après les traités, ni le FESF ni le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne sont autorisés à recapitaliser directement les banques. Le passage par une entité publique garante de l’utilisation des fonds européens est obligatoire.

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Berlin compte sauver l’Europe comme jadis la RDA

La chancelière qui est confrontée à une résistance inédite contre sa politique d’austerité au sein de l’Union, prépare la riposte à la “stratégie de croissance” de son principal opposant, le président français François Hollande.

L’hebdomadaire allemand (Der Spiegel) rend compte d’un projet en six points qui circule actuellement à Berlin et qui est censé mettre l’Europe à flots en la rendant… plus germanique : s’inspirant à la fois des réformes en Allemagne de l’Est après la réunification et du grand programme de flexibilisation de l’emploi appelé “agenda 2010”, la chancelière veut sauver l’euro par des réformes structurelles :

Merkel veut des programmes favorisant la création d’entreprises petites et moyennes tel que l’offre l’Allemagne. [...]

Les Etats européens souffrant d’un chômage important devraient réformer leur marché du travail selon le modèle allemand.

Ainsi, la protection contre le licenciement pourrait être assouplie, et on introduira des contrats de travail à bas salaire, plus légers en terme de charges patronales, et on renforcera la formation par alternance.

[Dans les pays du sud comptant de nombreuses entreprises profitant d’une protection étatique], des fonds devront être créés pour les privatiser tel qu’ils existaient en Allemagne de l’est. [..]

De plus, les conseillers de Merkel préconisent des zones économiques spéciales comme celle qui a porté la montée de la Chine.

Enfin, les États d’Europe du sud devraient investir dans les énergie renouvelables, réduire les obstacles fiscaux et favoriser la mobilité des travailleurs.

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Grèce: les 12 conséquences d’une faillite

Une partie de la nervosité observée sur les marchés semble être liée à la participation du secteur privé à l’opération d’échange d’obligations de la Grèce dont les détails doivent être révélés plus tard cette semaine.

Ceux qui sous-estiment le mélange explosif que forment les coûts de sauvetage accrus et le ressac géopolitique qui suivrait une défaillance désordonnée de la Grèce et sa sortie de la zone euro le font à leurs risques et périls.

C’est l’avis de l’analyste géopolitique Pierre Fournier, de la Banque Nationale du Canada, qui énumère aujourd’hui par ordre chronologique les 12 conséquences d’une faillite de la Grèce et de son exclusion de la zone euro.

1. Les créanciers de la Grèce seraient forcés d’accepter des décotes de 80 à 90%.

2. Les pays créditeurs seraient contraints d’honorer leurs garanties à l’égard du fonds de secours et de recapitaliser la BCE. Et cela, après avoir longtemps assuré à leurs populations que ce scénario ne se produirait jamais, ce qui attiserait l’hostilité grandissante à l’endroit des partis au pouvoir et des élites politiques de l’UE.

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La Grèce sous l’Occupation de l’oligarchie financière

Explosion du chômage, saignée dans l’éducation, salaires impayés, privatisations généralisées, élections reportées : les Grecs s’installent dans l’austérité imposée par la technocratie européenne au profit du secteur bancaire. Si la contestation ne faiblit pas, une alternative politique peine à émerger du fait de la division de la gauche. Basta ! est allé à la rencontre d’acteurs de la résistance.

« On ne se bat pas seulement contre les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. C’est devenu une bataille pour la liberté et la démocratie », affirme Alexandros Frantzis. Ce biologiste fait partie des Indignés athéniens. Comme beaucoup de Grecs, il est révolté par les mesures imposées par la « troïka » (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) pour l’octroi de son nouveau plan de sauvetage, validé le 21 février. Parmi les multiples exigences : la création d’un compte budgétaire bloqué consacré au remboursement de la dette et au paiement des intérêts, et l’inscription dans la Constitution grecque, dans les deux mois à venir, de la priorité donnée au service de la dette. Un engagement de la Grèce à payer les créanciers étrangers avant toute dépense nationale.

Pour Alexandros, ce plan constitue un inadmissible abandon de souveraineté : « La Grèce ne contrôle définitivement plus son budget. » Et les élections, sans cesse repoussées ? « Les élections, on a arrêté ! C’est mauvais pour l’économie », ironise sa camarade Sissi. La troïka a déjà exigé la signature des deux partis au pouvoir – Pasok (socialistes) et Nouvelle Démocratie (conservateurs) – invités faire appliquer sans condition les mesures validées par le nouveau plan en cas de victoire aux prochaines élections. Des élections très démocratiques, donc, puisque le programme – soufflé, voire imposé par des institutions européennes et internationales – ne peut varier d’une ligne. Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, avait d’ailleurs proposé de reporter les élections grecques (prévues en avril) pour mettre en place un gouvernement de techniciens. Jusqu’à l’ancien Premier ministre français Michel Rocard, qui se demande comment maintenir des élections dans un tel contexte : « Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire »

Le fisc allemand s’installe en Grèce

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La classe moyenne, cette grande perdante de la financiarisation du monde

Depuis la crise de 2007-2008, la classe moyenne apparaît comme la grande perdante sans qu’aucun débat de société n’ait eu lieu. S’appauvrissant peu à peu, elle est seule à payer les errements de la financiarisation du monde. Extraits de “Tondus comme des moutons” d’Alain Germain et Edmond-Henri Supernak (1/2).

Dès qu’une firme de notation financière cible un pays, le même processus se met invariablement en marche : programme d’austérité, coupes budgétaires, augmentations d’impôts, etc.

Si l’on examine les pays directement visés par ces firmes de notation financière tels que la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et si l’on y ajoute même un pays hors zone Euro tel que l’Islande par exemple, que constate-t-on ?

Le politique change ; le financier reste

Portugal. 23 mars 2011. Démission du gouvernement du socialiste José Socrates. Élections en juin 2011. Irlande. 25 février 2011. Défaite cuisante du Premier ministre Brian Cowen, remplacé par le chef du principal parti d’opposition, le Fine Gael, élu sur la base de nouvelles renégociations des conditions du plan de sauvetage. Dans les deux cas, les bases de négociations en cours demeurent les mêmes que celles qui ont fait tomber les gouvernements précédents. Preuve si nécessaire que le politique change alors que le financier reste. Il est probable que certains amendements seront ajoutés pour que chacun sauve la face, mais l’essentiel des conditions imposées demeurera en place.

Faire payer le public pour rembourser les banques

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Portugal : Malgré les efforts consentis, l’horizon reste sombre

La dégradation de la note française par Standard & Poor’s, vendredi 13 janvier, a éclipsé celle du Portugal, pourtant source d’une inquiétude autrement plus importante pour l’avenir de la zone euro. La note du pays est en effet passée de BBB – (qualité moyenne inférieure) à BB (titre spéculatif, ou dans le jargon économique, “obligation pourrie”).

Une dégradation “infondée”, selon le Portugal, qui relevait alors “une série d’incohérences” dans les conclusions de l’agence de notation. “Standard & Poor’s semble avoir substitué son analyse individualisée par pays à une analyse systématique basée sur la zone euro, dont découlent des conclusions qui ne reflètent pas de manière adéquate les réalités nationales,” détaillait le ministère des finances portugais, qui mise sur son programme d’austérité pour sortir le Portugal de la crise.

Nouvel accord d’austérité
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Irlande : Reportage sur les résidences fantômes

C’est ce que l’on appelle un lotissement fantôme. Un quartier aux logements vides, qui rappelle la descente aux enfers de l’Irlande. Aujourd’hui, le plan de sauvetage de l’Union Européenne et du FMI pour remettre sur pied le Tigre celtique s’accompagne d’une controverse et d’incertitudes sur l’avenir de l’euro….

Crise irlandaise/Europe : à qui le tour ?

Après la Grèce, c’est l’Irlande qui a enfin accepté l’aide de la zone euro pour combler son déficit public abyssal (-32% du PIB) et renfloué les caisses après une crise bancaire sans précédent. Le plan d’aide approcherait les 100 milliards d’euros. En aidant l’Irlande, les européens vont-ils réussir à éviter la contagion ?

(Merci à Titi)

Imaginer l’impensable : L’éclatement de la zone euro

La crise financière en Irlande s’est étendue au Portugal, puis à l’Espagne, obligeant l’Union européenne à épuiser le fonds de 750 milliards d’euros constitué pour soutenir les États de la zone euro en difficulté.

Les 16 membres de la zone sont essorés par les mesures d’austérité, le soutien populaire à la monnaie unique s’effrite et les contribuables allemands manifestent leur agacement face à cette série de plans de sauvetage coûteux.

Au final, un ou plusieurs pays décident ou sont contraints de renoncer à l’euro et de revenir à la devise nationale utilisée avant de lier leur destin à celui de l’Europe économique et monétaire.

Inimaginable il y a quelques semaines, ce scénario fait son chemin chez un nombre, certes encore réduit, mais croissant d’experts, au cas où les dirigeants de l’UE ne parviendraient pas à s’unir autour d’une stratégie forte pour sauver l’euro et à répondre aux inquiétudes des investisseurs sur leurs déséquilibres.
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Les plans anti-crise du G20 ont coûté mille milliards de dollars

Les politiques anti-crise mises en place par les gouvernements du G20 ont jusqu’à présent coûté quelque mille milliards de dollars (816 milliards d’euros), selon une étude publiée lundi par l’OCDE et la Cnuced (ONU).

Treize pays continuent à comptabiliser des actifs et des passifs liés à l’héritage des plans d’urgence,” indique le rapport commun publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Aussi, l’OCDE et la Cnuced appellent les pays du G20 à mettre un terme aussi rapidement que possible à leur plan de sauvetage et à s’attaquer d’urgence à des réformes en profondeur de la finance, vitales pour une vraie reprise économique.

A quelques jours du prochain sommet du G20 prévu à Toronto (Canada) les 26 et 27 juin, l’étude qui fait un état des investissements effectué par les vingt premières économies mondiales entre novembre 2009 et mai 2010 estime que “cet héritage des mesures d’urgence est grand.” “Le montant total des engagements publics — à travers des actions, des prêts et des garantis — en date du 20 mai 2010 dépassait les mille milliards de dollars,” précise-t-il.

Partant du constat que les politiques anti-crise avaient dans leur grande majorité contribué “à une plus grande ouverture et transparence pour les investisseurs étrangers,” le rapport met toutefois en garde contre “certaines mesures d’urgence destinées à limiter les effets de la crise” qui “menacent les flux internationaux d’investissements.

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La re-crise économique

Jeu de massacre sur les notes souveraines, relèvement des perspectives de croissance par le FMI, nouveau front en Hongrie, mauvais chiffres de l’emploi aux États-Unis, pagaille dans les caisses d’épargne espagnoles, et en toile de fond le “grand concours de privation” auquel se livrent les pays de la zone euro… Depuis que la crise grecque a éclaté au grand jour, les événements se succèdent à nouveau à une cadence qui empêche de prendre le nécessaire recul.

terre lambeauxEt au vent de panique qui avait débouché sur l’adoption du plan de sauvetage européen succède désormais une nouvelle phase faite de sourdes inquiétudes sur l’avenir. Comme si cette reprise tant et maintes fois promise pouvait tout aussi bien se dérober.

Et puis voilà un nouvel éclair dans le ciel orageux de la zone euro. Là-bas, tout au Nord.

De manière tout à fait inattendue, la Finlande annonce qu’elle est à nouveau retombée en récession au premier trimestre. L’économie finlandaise, qui dépend pour une large part des exportations, encaisse de plein fouet la crise mondiale. Pour le reste, la Finlande souffre des maux que l’on retrouve à des degrés divers un peu partout à l’échelle européenne: vieillissement rapide de la population, niveau de chômage élevé, des consommateurs de plus en plus frileux…

C’est évidemment là que l’on se dit que si un pays aussi innovant que la Finlande bascule à nouveau du côté obscur, il ne faudrait pas beaucoup pour que d’autres pays subissent le même sort. Poser la question, c’est déjà insidieusement redonner vie au scénario du “double dip” ou d’une reprise en forme de W.

Une chose est sûre: les pays européens sont pris en tenaille. D’un côté, ils subissent une hausse du coût de financement de leurs déficits, de l’autre, leur croissance est trop faible pour assumer l’austérité qu’ils ont décrétée.

V, U, L ou W… la forme actuelle la plus adaptée pour décrire la reprise serait plutôt le 0. Comme zéro rebond, en Europe tout du moins. Comme la forme du cercle vicieux dans lequel nous nous sommes enfermés.

L’Écho

L’Europe met les spéculateurs en échec

Les hedge funds accusés de parier contre l’euro n’ont rien gagné en mai, notent les observateurs. En cause, la réaction de l’Union aux attaques contre la monnaie unique et la morosité des marchés ces dernières semaines.

Le Spéculateur – Peinture à l’huile (1852) – Francis W. Edmonds

La crise frappant l’Europe n’a, contre toute attente, pas fait gagner d’argent en mai aux financiers accusés d’en tirer directement profit, voire de l’accentuer : les fonds d’investissement pariant sur les fluctuations des taux d’intérêt, la dépréciation des emprunts d’État. Abritant nombre de spécialistes de ces paris, les hedge funds appliquant une stratégie dite “global macro” ont même accusé des pertes – de 0,92% – en mai dernier, selon le bureau américain Hedge Fund Research.

Depuis le début de l’année, ces fonds censés s’enrichir grâce à la crise ont fait perdre 1% à leurs clients, alors que la moyenne des fonds d’investissement alternatifs gardait leur patrimoine intact (-0,3%). “Ce n’est pas la catastrophe, de telles fluctuations des performances sont la norme pour ces fonds ’macro’“, tempère Eric Bissonnier, l’un des responsables de EIM, firme basée à Nyon [Suisse] et spécialisée dans la sélection de hedge funds.

Plusieurs fonds en déroute

Il n’empêche. A la mi-avril encore, Louis Bacon – légendaire financier à la tête de Moore Capital – confiait à ses clients que le “plus intéressant investissement” résidait dans “l’écroulement potentiel de l’union monétaire européenne.” Le fonds vedette de Moore a pourtant subi des pertes inhabituelles de près de 8% sur les premières semaines de mai, selon un investisseur ne souhaitant pas être cité sur ces chiffres confidentiels.

L’agence Bloomberg indique de son côté que, sur les trois premières semaines de mai, le principal véhicule de Brevan Howard – le géant des hedge funds en Europe – n’a rien gagné. Et que le fonds Advantage de John Paulson, ce financier qui a fait fortune lors la crise des “subprime,” a perdu près de 7% de ses avoirs. Une déroute qui donne l’impression que les États européens ont remporté cette “bataille entre le pouvoir politique et les marchés” évoquée par la chancelière Angela Merkel le 6 mai dernier devant ses parlementaires.

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« L’euro ? Un pousse-au-crime ! »

Professeur émérite à l’université de Paris-Dauphine et auteur de nombreux essais, Alain Cotta n’a jamais cru à la pérennité de l’euro. Adversaire historique du traité de Maastricht, il plaide, comme ses collègues Jean-Jacques Rosa, Gérard Lafay ou Jacques Sapir, pour une révision complète des traités européens. Pour l’économiste, il faut abandonner la “bombe à retardement” qu’est la monnaie unique, au profit d’une monnaie commune.

Qu’inspire la crise actuelle à l’économiste que vous êtes, hostile au principe de la monnaie unique dès la négociation du traité de Maastricht, en 1991 ?

Quand on a prévu les choses avant qu’elles ne surviennent, on est toujours partagé entre la satisfaction d’avoir eu raison et la tristesse de ne pas avoir été entendu… Mais eu égard à l’intérêt général, c’est évidemment le second sentiment qui domine !

Je suis, pour tout vous dire, très sévère avec les hommes politiques, tout spécialement français. Et pas seulement s’agissant de leur inculture économique. Ce que je leur reproche, quelle que soit leur tendance, c’est d’être, à de très rares exceptions près, ennemis du raisonnement, du débat au sens philosophique du terme. Dès l’origine, la monnaie unique était un dogme, une eschatologie. Nous avons été un certain nombre à peser le pour et le contre, à nous projeter dans l’avenir en étudiant les scénarios consécutifs à la mise en place d’un système uniforme appliqué à des États dont les traditions politiques, économiques, sociales, et partant les capacités d’adaptation, étaient différentes, et parfois irréductibles les uns aux autres. En face, nous avons trouvé, non des arguments affûtés, mais un mur de mépris.Vingt ans plus tard, ce mur s’effondre. Et les pierres nous tombent dessus…

Pourquoi cet aveuglement ?

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A Cannes, le cinéma plonge dans les eaux troubles de la finance

La Croisette a présenté ce week-end quatre films qui s’inspirent de la crise financière, dont une oeuvre remarquable «Cleveland vs Wall Street» de Jean-Stéphane Bron. Un documentaire qui met en scène un procès intenté contre Wall Street par de vraies victimes des dérives de la finance, avec de vrais avocats et un vrai juge.

Ce que Cannes peut être cocasse parfois. Quoi de plus croquignolet, en effet, que d’entendre une star comme Michael Douglas, qui a touché jusqu’à 20 millions de dollars par film dans les années 90 et qui trône sur une fortune estimée à 200 millions de dollars, répondre, parcouru par des sueurs froides, à des questions sur le plan de sauvetage de la Grèce ou la possibilité, ou non, de moraliser les marchés financiers? Rien de plus croquignolet, sinon, peut-être le film qu’il est venu défendre hors compétition: Wall Street – l’argent ne dort jamais d’Oliver Stone, enfonceur de portes ouvertes qui signe là une comédie amusante sur le monde de la finance, un peu comme si Tex Avery avait illustré l’expression «Un éléphant dans un magasin de porcelaine.» Stone n’hésite par exemple pas à appuyer un dialogue sur l’explosion de la bulle spéculative en filmant des enfants qui s’amusent à souffler des bulles de savon.

D’une certaine manière, c’est un tournant dans l’histoire du cinéma dont on a toujours dit qu’il était incompatible avec les plongées dans les arcanes de l’économie. Il est vrai que, hormis quelques films de l’ère yuppie (Wall Street, Working Girl, Le Bûcher des vanités), peu de tentatives ont laissé des traces. Qui se souvient vraiment d’Executive Suite (Robert Wise, 1954), de Rollover (Alan J. Pakula, 1981)?

Le cinéma cherche toujours des publics potentiels, autrement dit des soucis qui touchent un large éventail de la population. Surtout aux États-Unis, depuis que la fin du Far West, puis la fin de la Guerre froide ont bloqué le levier qui permettait d’exprimer le monde en noir et blanc. Où sont passés les grands méchants? Il y a bien l’avenir écologique de la planète, mais hormis James Cameron avec son Avatar, personne ne voit vraiment comment, à moins d’imaginer une révolte des ibiscus et des poissons-clowns, retrouver un manichéisme rentable à partir de la cause verte.

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Le défi grec : un délai et des obstacles inédits

La Grèce n’est pas le premier Etat à devoir réduire son déficit de 10 points de PIB. D’autres y sont parvenus au cours des quarante dernières années. Mais leur exemple ne suffira pas à rassurer Athènes, qui fait face à un délai et à des obstacles inédits.

En échange du plan de sauvetage sans précédent de 110 milliards d’euros, la Grèce s’engage à suivre une cure intensive d’austérité. Ce plan vise à faire passer le déficit de 13,7% à 3%, et ce, en deux ans… Un programme ambitieux, certains diraient impossible… Pourtant, d’autres pays, comme l’Irlande, la Suède ou la Finlande, ont réussi par le passé à réduire leur déficit.

Ceux qui ont réussi…

Le rapport sur les finances publiques publié par le FMI en novembre 2009, liste les efforts de réajustement budgétaire d’une vingtaine de pays au cours des 30 dernières années (voir le tableau complet ci-dessous).

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La Dette Noire

Par Bill Bonner

Henry Paulson. Marco Draghi. Ces noms vous disent-ils quelque chose ? Ils devraient. Parce qu’à eux deux, ils vont vous coûter beaucoup d’argent. Dont une bonne partie de ce que vous espériez garder pour votre retraite. Comment est-ce possible ?

Commençons par Henry Paulson. Vous savez sans doute qu’il était Secrétaire au Trésor US du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il a également été président de Goldman Sachs entre 1999 et 2006.

Pratique, non ? Pendant qu’il était à la tête de Goldman, il a contribué à créer la bulle de dette hypothécaire subprime. Excellent pour les affaires de Goldman. Au plus haut de la bulle, en 2005, les employés de Goldman Sachs ont gagné en moyenne 521 000 $ par an — secrétaires comprises — soit 58 fois le salaire minimum européen. Paulson lui-même a gagné 38 millions de dollars cette année-là. Puis la dette des subprime a explosé… causant une réaction en chaîne dans le monde de la finance, qui a effacé l’équivalent de 30 000 milliards de dollars d’actifs.

Mais chez Goldman Sachs, on s’en est sorti comme… eh bien, comme des bandits. Tout en vendant de la dette subprime à ses clients — dont des hôpitaux, des universités et des fonds de pension — Goldman a utilisé son propre argent pour parier contre cette dette. Autant vendre une voiture pleine de défauts dangereux à une vieille dame… pour ensuite prendre une assurance-vie dessus.

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Goldman Sachs : la Maison Blanche sous influence (redif.)

“La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le Who’s Who des diplômés de Goldman Sachs.”

(Matt Taibbi, Rolling Stone, juillet 2009)

Pour de nombreux Américains, Goldman Sachs reste le diable. L’entregent, la qualité du lobbying, l’influence politique que l’on attribue à la première banque d’affaires du monde impressionnent toujours autant. Les administrations passent, “GS” reste. Son nom condense presque à lui seul l’identité des milieux d’affaires américains. “Quelque chose de similaire à ce que furent longtemps les Rothschild en Europe”, note le recteur de la Business School de l’université de New York, Thomas Cooley.

Goldman, dite encore “la firme”, continue de susciter louanges et jalousies – détestation parfois. Non seulement la banque est très rentable, mais admirateurs comme contempteurs admettent que sa “culture d’entreprise” lui confère des avantages inégalés. Et louanges et jalousies portent de plus en plus sur ses supposées connexions politiques. D’où son sobriquet : “GS” comme “Government Sachs”.

Goldman souffre désormais d’un “problème d’image”, notait le Wall Street Journal en juillet. En 2007, les 30 000 salariés de Goldman dans le monde ont géré 22 200 milliards de dollars d’actifs. Son PDG a perçu la plus forte rétribution de l’histoire de la finance : 74 millions de dollars, dont 41 en stock-options. La banque a eu un seul trimestre déficitaire en 2008 et a ensuite réalisé les plus gros profits de son existence : 5,3 milliards de dollars de bénéfices nets au premier semestre 2009 ! Depuis son niveau le plus faible, en novembre 2008, le cours de l’action GS a plus que triplé ! Lire la suite

(30.10.2009)

  • Etats-Unis : recul inattendu de la confiance des consommateurs

La confiance du consommateur américain s’est dégradée contre toute attente en octobre, montre l’indice du Conference Board publié mardi, en raison des inquiétudes croissantes concernant l’état du marché de l’emploi aux Etats-Unis. L’indice est ressorti à 47,7 après 53,4 (révisé de 53,1) en septembre et alors que les économistes l’attendaient en moyenne stable à 53,1. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis juillet où il était ressorti à 47,4. La composante évaluant l’appréciation de la situation actuelle est tombée à 20,7 contre 23 (révisé de 22,7) le mois précédent, son niveau le plus bas depuis 26 ans. La composante sur la situation à venir est également en net repli à 65,7 contre 73,7 (révisé de 73,3) en septembre. Les Américains jugeant difficile de trouver un emploi sont 49,6% contre 47% le mois précédent, montre aussi l’enquête du Conference Board. Ceux qui estiment que trouver un emploi est facile sont à 3,4%, contre 3,6% le mois précédent. La Tribune

  • Grande-Bretagne : le CA de Prudential en baisse de 9% au 3ème trimestre

Prudential, le premier assureur britannique, annonce une baisse de 9% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre. En Grande-Bretagne, les ventes ont chuté de 22%. Sur une période de neuf mois, les ventes de polices d’assurance ont diminué de 9% à 2,02 milliards de livres. Reuters

  • Bruxelles valide le plan de sauvetage de la banque britannique Northern Rock

Il s’agit du premier établissement de crédit victime de la crise financière en Grande-Bretagne. La Commission Européenne avait ouvert une enquête pour vérifier si les mesures soutenant la restructuration de l’établissement de crédit hypothécaire respectaient les règles communautaires sur les aides d’Etat. Elle a validé mercredi le train de mesures adopté. Northern Rock sera scindée en deux entités, une “banque saine” qui “poursuivra les activités commerciales” de l’établissement, et une structure de défaisance, une “bad bank”, qui “liquidera les actifs restants”, rappelle un communiqué de la commission. Associated Press (via Yahoo)

  • L’aéroport anglais de Gatwick vendu à un fonds américain : réduction de la dette de BAA

BAA, gestionnaire britannique d’aéroports et propriété du groupe espagnol Ferrovial, a accepté de vendre l’aéroport londonien de Gatwick à Global Infrastructure Partners, fonds basé à New York qui possède déjà l’aéroport de Londres City, pour 1,5 milliard de livres (1,6 milliards d’euros). En août 2008, la commission avait demandé à BAA de vendre trois de ses sept aéroports en Grande-Bretagne, deux à Londres et un en Ecosse, afin de briser son monopole. Les 1,2 milliard de livres (1,33 milliard d’euros) levés par cette vente permettront à BAA de couvrir tous ses engagements financiers importants jusqu’en 2011. L’opérateur précise que seront en particulier couverts 1,0 milliard de livres de dettes arrivant à échéance en mars prochain. La dette nette était de 9,771 milliards de livres à fin septembre contre 9,426 milliards à la fin 2008. La Tribune et Reuters

“Cessons de nous ruiner pour sauver les riches”

Bob Herbert, éditorialiste du New York Times, s’insurge devant le scandale de l’insolente richesse retrouvée par ceux qui n’ont dû leur survie qu’au prix d’un sauvetage qui a ruiné l’Etat, alors même que la grande majorité de ses concitoyens lutte pour parvenir à joindre les deux bouts ou à conserver un toit.
Les grands titres qui faisaient la première page du New York Times ce samedi résumaient sans le vouloir la situation terrible dans laquelle nous avons permis que notre pays s’enfonce.

A droite, le titre de Une annonçait : « Le déficit US s’élève à 1 400 milliards de dollars – le plus important depuis 1945. »

Celui situé à proximité disait : « Le renflouement permet la renaissance des banques et des bonus »

Nous avons passé ces dernières décennies à couvrir les riches d’argent, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Nous avons abandonné les pauvres, étranglé économiquement la classe moyenne et mis en faillite le gouvernement fédéral – tout en donnant à peu près tout ce qu’ils voulaient aux banques, aux méga-entreprises et à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique.

Mais nous ne semblons toujours pas en avoir tiré les leçons qui s’imposent. Nous avons laissé tant de gens tomber dans le terrible abîme du chômage, que personne – ni l’administration Obama, ni les syndicats, ni certainement quiconque au Parti républicain – n’a la moindre idée sur la façon de leur redonner du travail.

Pendant ce temps, Wall Street tutoie les sommets. Je suis étonné de voir à quel point la population reste passive face à ce scandale qui perdure. Lire la suite